Complétons la démonstration, par l’absurde.
Une obligation, c’est un peu comme un crédit, mais plus subtil. Au lieu de rembourser tous les mois un bout du total (capital et intérêt confondus), l’émetteur de l’obligation (ici l’État Français par l’intermédiaire de « Bons » du « Trésor ») ne paie que les intérêts (mettons 4%) une fois l’an à son prêteur (un bankster, la plupart du temps étranger), et s’engage à rembourser le capital au terme du contrat. Comme nous sommes dans un système de boursicotage généralisé, les obligations peuvent bien sûr être refourguées de bankster à bankster, et une émission de un milliard peut se retrouver éparpillée en de multiples endroits.
Le bankster peut aussi utiliser l’argent des « épargnants », et notamment celui des gros malins qui cherchent toujours les « bons placements », pour souscrire ces obligations. Derrière la « dette », il peut donc y avoir des « produits » genre « assurance vie », ce que la plupart de leurs titulaires seraient sans doute étonnés d’apprendre.
Quand l’État français a besoin d’argent (quand il doit rembourser des bons du Trésor à échéance, par exemple), il émet de nouveaux bons du Trésor. D’aucuns parleraient de « cavalerie », mais ce sont des mauvaises langues…
Puisque Sarkozy, ce grand gestionnaire, a réussi l’exploit d’augmenter la dette française de 600 milliards d’euros en moins de 5 ans (soit environ 10000 euros par personne, enfants compris…), on comprend bien que la situation ne risque pas de s’arranger.
Et comme les banksters ne sont pas stupides et comprennent bien qu’ils risquent de ne jamais revoir leur flouze, ils en profitent pour augmenter les taux d’intérêts qu’ils réclament aux États. Pour l’Italie, ça dépasse les 7%, pour la Grèce, c’est plus de 25…
Nous sommes donc dans un cyclone infernal d’où nous ne pouvons sortir que lessivés.
Rappelons encore une fois que le montant de la dette française, c’est à peu près exactement le montant des intérêts payés aux banksters, et que nous aurions fort bien pu nous passer de cette félonie (pour reprendre le vocabulaire ciselé d’Etienne Chouard). Désormais, c’est trop tard, puisque la félonie a été gravée dans le marbre du « traité de Lisbonne » (celui qui nous a été refilé en sens inverse du sphincter, avec un mépris total de la démocratie qui avait dit « Non ! », par Sarkozy bien sûr, mais aussi par Hollande et la plupart des « socialistes » sans lesquels cette saloperie n’aurait jamais été possible), et qu’il n’y aura jamais d’unanimité des 27 pays pour la défaire.
Le dernier sujet de discussion à la mode, celui dont se gargarisent tous les téléconomistes (qui sont les premiers à répéter partout qu’il faudra payer cette dette alors qu’un enfant de 5 ans comprendrait que ce n’est pas possible et que ça le sera de moins en moins…), ce sont les « Eurobonds ». En français, « Euro-obligations ».
Le principe est simple : au lieu que ce soient les États qui émettent des obligations, à des taux prohibitifs, ce serait directement la Banque Centrale Européenne qui garantirait et mutualiserait la dette de tous les États européens et empêcherait donc l’envolée des taux. L’Allemagne s’y oppose, ne voulant pas payer pour les pays comme la Grèce ou l’Italie (alors que sa dette est officiellement de 2000 milliards d’euros,
et même de 7000 selon certaines sources… ). Mais apparemment cela finira par se faire.
Comme ceci est contraire aux fameux principes du Traité de Lisbonne et à son dogme d’indépendance de la Banque Centrale, il faudrait le tripatouiller. Bien évidemment, tout cela se jouera entre eurocrates dans des salons feutrés, le peuple sera soigneusement tenu à l’écart, et on comprend pourquoi…
Car les médias feront croire que c’est une bonne nouvelle. La preuve, c’est que « les marchés » seront rassurés, et la bourse s’envolera. On les comprend : c’est l’assurance pour eux de récupérer tout leur pognon, y compris les intérêts parfaitement indus.
Mais il y aura des contreparties :
- Tout d’abord un nouveau recul de la démocratie. Les États abdiqueront une prérogative de plus : la politique budgétaire de la France sera désormais officiellement décidée par les eurocrates, c’est la contrepartie du sauvetage. Sarkozy ou Hollande pourront bomber le torse, ils ne seront plus que les exécuteurs des basses œuvres décidées à Bruxelles ou à Francfort (ou à Wall Street puisque nombre de ces eurocrates sont leurs valets et obligés).
- Ces eurocrates, à l’exemple de ce que fait le FMI quand il prête de l’argent à un pays pauvre, vont exiger des États une réduction immédiate et drastique des déficits budgétaires. Et cela ne se traduira pas, ou alors à la marge, par des hausses d’impôts pour les riches ou les multinationales, ou par un rattrapage du taux des cotisations sociales, siphonnées depuis des décennies sur ordre du Medef, sous prétexte de « compétitivité ». Il ne s’agira pas non plus de mesures folkloriques comme la hausse des taxes sur le coca, ni même d’un jour de carence supplémentaire pour les salariés malades.
Non, il s’agira d’un assaut final contre toute forme de Service Public ou d’aide sociale. Tout ce qui aura résisté tant bien que mal aux coups de boutoir (alias « réformes ») des différents gouvernements qui se sont succédé depuis 30 ans sera fracassé. La concrétisation du rêve libéral, des fantasmes de Milton Friedman.
Suppression rapide de toute forme de fonctionnaire. Privatisation de la sécu, des retraites. C’est à dire suppression pour les pauvres, qui ne pourraient évidemment pas payer.
Vous aviez envisagé la retraite à 70 ans ? A 80 ans ? Eh bien c’est pour bientôt…
Le traumatisme sera terrible, et pour cause : imaginez que des hommes en armes frappent à votre porte et exigent le règlement de 100 000 euros de dettes qui incombent à votre famille de 4 personnes. C’est le vrai chiffre… Les communicants de Hollande vont avoir du boulot pour faire avaler ça…