L’hebdomadaire britannique commence par reprendre les travaux d’Emmanuel Saez, un économiste de Berkley qui a fait des études sur l’évolution des inégalités de revenus depuis 1913. C’est lui qui a inspiré
les travaux de Camille Landais et Thomas Piketty en France. Il montre que les 10 % qui gagnent le plus gagnent 46 % des revenus totaux aujourd’hui, comme à la fin des années 1920 et au début des années 1930, contre un peu plus de 30 % de 1940 à 1980.
Le 1 % qui gagne le plus concentre environ 18 % des revenus, à peine moins que le pic de 1929, contre 8 % de 1960 à 1980. Enfin, le 0,1 % qui gagne le plus a touché 12 % de l’intégralité des salaires en 2007, battant largement le record de 8 % de 1929, après être tombé à 2 % en 1973.
The Economist affirme que de 1993 à 2010, plus de la moitié des gains de revenus aux Etats-Unis sont allés au 1 % qui gagne le plus, démontrant que l’économie ne tourne que pour une petite minorité.
Assez logiquement, les revenus des plus riches ont plus baissé que la moyenne avec la crise.
The Economist évoque une chute de 36 % des revenus des 1 % les plus riches de 2007 à 2009, contre 11,6 % pour les 99 % restant. Mais il semblerait que ce ne soit qu’une pause puisque leurs revenus ont progressé de 11,6 % en 2010 par rapport à 2009, quand ceux des 99 % restants n’ont progressé que de 0,2 % ! A priori, la tendance devrait rester la même ensuite…