Jean Gicquel ne met pas en cause le travail « de grande qualité » de ces clubs, en revanche leur financement parfois directement par des grands groupes privés du secteur pose problème.
Ainsi du club Hippocrate financé par l’un des leaders du secteur, GlaxoSmithKline, le numéro 7 de l’industrie pharmaceutique mondiale:
« l’objectivité revendiquée dans les travaux de ces clubs parait dès lors sérieusement sujette à caution ». Prudent, le déontologue ne pointe pas de conflits d’intérêts mais relève que l’actuelle règlementation n’est pas satisfaisante :
« Il en va donc de la responsabilité du parlementaire de faire en sorte de ne pas être en contradiction avec les principes énoncés dans le code de déontologie ». Le Déontologue réclame plus de transparence et la mise en place d’une charte déontologique concernant les sociétés de relations qui animent ces clubs.
Déjà des mesures ont été prises pour la prochaine législature, puisque toute invitation, voyage où tout présent de plus de 150 euros que pourraient proposer des contributeurs privés devra être déclaré au Déontologue.
Car le lobbying n’est pas toujours là où l’attend. Pas seulement privé, il peut aussi provenir d’organismes publics, d'origine gouvernementale, juridique (conseil constitutionnel, Conseil supérieur de la Magistrature), économique (Conseil général de la Banque de France). Des organismes extra-parlementaires dont le nombre ne cesse de croître qui consitutent « un ensemble disparate autant qu’étrange » et dont la gestion « proche du maquis » mérite réflexion.
« Le principe de la séparation des pouvoirs s'en trouve objectivement affecté » s’inquiète le Jean Gicquel.
Voué à servir la représentation en la protégeant contre elle-même et ses propres abus, mais aussi
« de l’anti-parlementarisme diffus », le Déontologue doit s’installer dans le paysage institutionnel lors de la prochaine législature bien qu’il préconise déjà que son
« existence fasse l’objet d’une reconnaissance plus formelle ». Une conclusion en forme d’appel à l’extension des pouvoirs de contrôle du déontologue pour l’installer durablement dans le paysage institutionnel et qu’à l’instar de celui de la Cour des comptes pour les journalistes économiques, le rapport du Déontologue de l’Assemblée Nationale s’impose, à terme, comme la Bible des journalistes politiques. Histoire de mettre fin à l'entre-soi parlementaire. On peut toujours rêver...