Un « fait divers » qui préoccuppe grandement les observateurs indépendants qui constatent que les autorités communistes chinoises renforcent leur étau sur les dissidents et leur contrôle sur tous les médias, au moment où une nouvelle génération de dirigeants doit arriver au pouvoir à l'automne.
Pour éviter la multiplication des suicides suspects,
le dissident Hu Jia a conseillé aux victimes des répressions policières de déclarer en ligne ou devant notaire qu'ils n'avaient pas l'intention de se suicider.
Quelques semaines avant sa mort, Li Wangyang était parvenu à donner une interview à une télévision de Hong-Kong. Un document poignant. On le voit fébrile, marcher difficilement, son intervieweur écrit les caractères des questions qu'il lui pose sur sa main ou sa cuisse. L'esprit vif, il reconnaît en lui son vieil ami de toujours, qui l'accompagnait lors de ses combats de jeunesse.
Il raconte son placement à l'isolement dans une cellule sombre de 2 mètres carrés,le quartier de la prison que les prisonniers redoutent le plus, sa grève de la faim, les tortures infligés par les matons, les poids de 50 kilos qui tenaient ses chevilles, les pinces spéciales qu'ils lui appliquaient sur les tempes et les os jusqu'à ce qu'il perde connaissance avant de recommencer. Des sévices réservés aux condamnés à mort. Malgré ses souffrances, il dit ne rien regretter:
«subir des persécutions politiques quand on soutient la démocratie...Il y a eu tant d'étudiants sur la place Tian'anmen, de jeunes étudiants, des étudiants patriotes dont le sang a coulé et qui ont été sacrifiés...J'ai seulement fait de la prison. Ils ne m'ont pas encore guillotiné et même si j'avais été guillotiné, je n'aurais rien regretté. Regardez, Taiwan est devenue une démocratie, et même la Birmanie semble sur le point de renoncer au régime du parti unique Je me battrai jusqu'au bout contre la dictature du parti unique…Ses jours sont désormais comptés. Nous sommes dans la dernière ligne droite».