Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
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LA CENTRALE DE BELLEVILLE ou Quand on ne peut résoudre un problème de fuites, on tente de modifier le texte légal réglementant le niveau de porosité d'une enceinte de confinement...
Belleville-sur-Loire : Une centrale nucléaire au béton poreux
1987-1989 : cafouillages de la mise en service de la centrale
Les deux réacteurs raccordés au réseau EDF en 1987 et 1988 vont connaître très rapidement de nombreux problèmes et incidents. En effet, dès le départ, il y eut un problème de porosité des enceintes de confinement de la centrale, du fait de la présence de calcaire dans les granulats de la Loire utilisés pour la construction, ce dont EDF était consciente. En juillet 1987, lorsque la tranche 1 est raccordée au réseau, ses enceintes de confinement ont un taux de fuite de 2,05% alors que le taux de fuite autorisé à la construction est de 1% du volume d’air par jour. Ainsi, la centrale de Belleville est mise en service, alors qu’elle ne respecte pas les normes de sécurité.
1998-2000 : « redécouverte » de la porosité des enceintes de confinement.
Après 10 années de fonctionnement émaillées de plusieurs incidents passant généralement inaperçus, la centrale de Belleville va connaître de nouveaux problèmes qui vont la mettre sous les feux de l’actualité.
En effet, un problème réapparaît : la porosité des enceintes de confinement de la centrale qui n’a pu qu’augmenter en 10 ans de service. L’autorité de sûreté nucléaire, la DSIN (Direction de la sûreté des installations nucléaires) a saisi en juillet 1998 ses deux ministères de tutelle (Environnement et Industrie) du problème qui selon elle « ne remet pas en cause la sûreté mais le respect de la réglementation ». D’après l’estimation de l’IPSN (Institut de protection et de sûreté nucléaire), le niveau de fuite dans l’enceinte interne dépasserait la valeur maximale fixée par décret en cas d’accident. Ce taux de fuite ne doit pas excéder 1,5%, or d’après les experts de la DSIN, ce taux de fuite se situe à Belleville entre 1,9% et 3,9%.
EDF et la CGT, avec l’appui des municipalités locales noyautées par EDF lancent une campagne pour exiger le redémarrage de la centrale de Belleville. Grâce à la pression du lobby nucléaire et à une campagne de désinformation (EDF affirme que l’arrêt de Belleville va provoquer une pénurie d’électricité pour l’hiver suivant, alors qu’elle a un excédent de 10%), EDF obtient le redémarrage de la centrale de Belleville le 23 septembre 1998 alors que le problème de la porosité des enceintes de confinement n’est toujours pas réglé, les normes de sécurité ne sont pas respectées.
L’année suivante, les travaux démarrent pour faire des réparations, essayer de retrouver la norme dans les taux de fuite grâce à des résines et autre rustines ...
EDF communique sur les réparations comme si tout était réparé pour toujours !
2011 : Un problème de fuites !
En 2011 des documents internes d’EDF affirment qu’aucune solution industrielle valable n’a été trouvée pour contrecarrer de manière définitive les fuites dues à la porosité du béton qui enveloppe les centrales de Belleville. EDF a cherché -sans succès- des solutions aux défaillances à travers des sortes de rustines injectées dans les murs. Toutefois, ces documents démontrent qu’il ne s’agissait que d’un sparadrap à un problème sérieux. Malgré l’intervention les fuites dépassent toujours les limites imposées par la loi, et en l'absence de solutions, la seule issue préconisée par EDF dans son document interne consiste... dans un changement à la hausse de la limite maximale des fuites radioactives!
http://www.vodeo.tv/documentaire/nucleaire-faut-il-avoir-peur-de-nos-centrales#video_rating
Genre : Reportage
Réalisation : Camille Le Pomellec
Production : Ligne de Mire Production
Diffusion : F 2
Durée : 34mn
Année : 2011
RESUMÉ :
Trois mois après l'accident nucléaire de Fukushima au Japon, et quelques jours après la décision de l'Allemagne de fermer toutes ses centrales dès 2022, une majorité de Français sont d'accord pour remettre en cause le "tout nucléaire". Dans leur esprit, désormais, les centrales ne sont pas infaillibles.
L'enquête d'Envoyé spécial révèle que des risques connus par les autorités ont été minorés. C'est le cas à Fessenheim, en Alsace, où non seulement les mesures contre les risques sismiques sont contestées par les Suisses, mais où certains autres risques ont été ignorés. Un rapport encore confidentiel issu du conseil général d'Alsace évoque le risque de fissure du Grand Canal, en amont de la centrale, et une possible inondation du site nucléaire : un scénario digne de Fukushima.
Les centrales les plus récentes ont aussi une faille. Des documents confidentiels obtenus par l'équipe d'Envoyé Spécial révèlent que les enceintes de confinement des réacteurs présentent un taux de fuites supérieur au minimum autorisé par la loi : 1,5%. C'est le cas pour les centrales de Flamanville (Manche) et de Belleville (Cher). Le problème avait déjà été soulevé en 2001 par l'ASN, l'Autorité de sûreté Nucléaire. En réponse, EDF propose de changer la loi et doubler le taux de fuite minimum autorisé !
Comment dans ces conditions, prolonger la vie des centrales nucléaires pendant 60 ans... ? Et comment rétablir la confiance de la population dans une industrie qui ne joue pas le jeu de la transparence.
Désormais la caravane a un but prioritaire: savoir si l'information suivante qui nous a été communiquée est exacte.
Le gouvernement ayant apparemment pris la mesure de la catastrophe de Fukushima envisagerait de fermer la centrale de Fessenheim avant la fin de l'année 2012. Il hésiterait même plus précisément entre le 21 et le 25 décembre ...
Si cette information se vérifiait ce serait une excellente nouvelle.
Petit bréviaire des accidents de la Centrale de Saint Laurent des Eaux à l'usage de ses voisins
Le silence pour les agneaux …
Certaines centrales ont une fâcheuse habitude de connaître des problèmes. Saint Laurent des eaux a ouvert le bal en 1969, année nucléique pour cette vieille dame qui a connu une cure de rajeunissement en 1983. Dès le début de son existence, la dame a joué de mauvais tours à la Loire sa voisine. Depuis, quelques incidents notoires ont fini par mettre en doute la continuation (pas la contamination probable) de ce site. Mais revenons à cette belle histoire faite de temps forts.
Le 17 octobre 1969 rien moins que 50 kilogrammes d'uranium se prennent d'envie de fusion lors d'une très banale (nous dit-on) opération de chargement d'un réacteur graphite-gaz. Voilà ce qu'on a appris bien des années plus tard car dans sa sagesse ineffable l'état par l'entremise des autorités de la centrale a souhaité qu'aucune information ne fût révélée à la populace (pardon on doit dire population dans un état démocratique).
La contamination, puisqu'il faut bien admettre ce terme, aurait été limitée au seul site, démontrant ainsi la redoutable efficacité des fils barbelés et des clôtures dûment utilisés pour séparer cet espace sécurisé d'un monde sans pitié. Selon l'échelle INES actuelle, il s'agissait alors d'un accident qui se situerait au niveau 4. Nous pouvons légitimement redouter le comportement de ces charmants responsables si quelques degrés supplémentaires avaient été franchis ….
C'est grâce au personnel de la Centrale que des fuites finissent par atteindre le monde réel. Non, rassurerez-vous, pas des ondes nocives et cancérigènes car celles-ci, en France, ne franchissent jamais les frontières qu'on veut bien leur fixer, mais des bribes d'informations. Ainsi, on apprend, bien après la bataille, que dans le réacteur A1, cinq combustibles sont alors entrés en fusion.
Officiellement, la contamination se serait arrêtée aux frontières du site. Depuis, cette formule porte le doux nom de « nuage de Technobyl » une spécificité française que le monde entier nous envie. Il est bien injuste que cette charmante commune ligérienne soit ainsi privée d'une expression qu'elle a eu le privilège d'inaugurer.
La population n'avait pas été prévenue. EDF, responsable de la centrale, avait à l'époque qualifié l'évènement de simple "incident". Il s'agit pourtant de l'un des plus graves survenu en France. Voilà la preuve, messieurs les thuriféraires du nucléaire que nous n'évoluons pas dans un domaine ordinaire et qu'en dépit des dénégations gouvernementales, la transparence ne sera jamais de mise dans ce secteur à hauts risques.
Je sais, nous évoquons un autre temps, une période antédiluvienne où le pouvoir gaulliste avait la main mise sur l'information. J'admets volontiers cette remarque et attends votre explication pour l'incident suivant. Le 13 Mars 1980, un autre accident de niveau IV (une spécialité pour cette centrale qui depuis a hélas pris 22 ans ) a conduit à la fusion de deux éléments combustibles du réacteur à un autre gaz graphite. Gravement endommagé, le réacteur fut indisponible pour deux ans et demi. L'accident nucléaire, porté à 4 sur l'échelle INES, est le pire jamais enregistré sur un réacteur en France. (Méfions-nous de cette formule, nous savons si peu en ce délicat domaine).
Par la suite, une campagne d'échantillonnage de sédiments dans la Loire menée par l'Institut de la Marine Biogeochemistry de l'Ecole Normale Supérieure de Montrouge (Hauts-de-Seine) a établi la présence de traces de plutonium à partir de Saint-Laurent jusqu'à l'estuaire, dont l'origine est attribuée soit à l'accident de 1980, soit encore à celui de 1969.
Les poissons du fleuve royal, interrogés sur ce sujet, sont restés muets comme des carpes. Nous en sommes donc réduits, une fois encore, à des hypothèses. Le courant ne semble pas passer entre la vérité et la sécurité nucléaire. La seule certitude, c'est que les régions en amont ne furent pas touchées par la pollution fluviale.
1er juillet 1984 Croyant agir sur le réacteur PWR Saint-Laurent B1 (880 MWé), à l'arrêt, un opérateur, supposé infaillible, ordonne l'ouverture de vannes de Saint-Laurent B2, en fonctionnement. Ces vannes séparent le circuit primaire du circuit de refroidissement à l'arrêt (30 atmosphères). L'irruption de l'eau primaire aurait rompu ce circuit et causé un important accident de perte de liquide de refroidissement. Heureusement les vannes ne fonctionnent pas, justement à cause de la différence de pression. Cette erreur vient d'une mesure d'économie qui a conduit à faire un seul bâtiment auxiliaire pour deux réacteurs.
Le 12 Janvier, 1987, à 9h30 (vous pouvez apprécier les progrès concernant la précision des faits), le refroidissement d'un réacteur gaz-graphite n'est plus possible car la Loire est gelée. (La glace qui obstruait les prises d'eau a ensuite été brisée par des explosifs mis en place par l'armée française, il faut bien se donner la main entre spécialistes) Voilà bien une contrariété supplémentaire qu'il était bien difficile de prévoir quand on fréquente des écoles d'ingénieurs. Étrangement, c'est également une période de grande consommation d'énergie, à la grande surprise des prévisionnistes de cette noble entreprise ….
Le réacteur est fermé en cas d'urgence, et le refroidissement ne peut être assuré par les moteurs diesels de secours. Le réseau EDF est en surchauffe, il est impossible de venir en aide à la centrale. In-extremis les moteurs diesels sont réparés. On a eu chaud dans la région sans naturellement le savoir. Une centaine de personnes ont également été évacuées suite à un dégagement de fumée dans un bâtiment administratif, provenant de la surchauffe de résistances électriques du système de chauffage du bâtiment.-
L'unité de production numéro 2, autrement dit l'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux s'est arrêté automatiquement, jeudi 5 avril 2012 à 13 h 30, dans le cadre d'une procédure d'urgence. La faute à un capteur d'eau défaillant (défaut d'isolement) qui a commandé à tort l'ouverture d'une vanne provoquant une montée intempestive du niveau d'eau dans le générateur de vapeur, ce qui a déclenché l'arrêt.
Le remplacement du capteur est programmé, EDF envisage le redémarrage du réacteur ce lendemain dans la soirée. Au même moment, les pompiers sont intervenus pour un dégagement de fumée observée dans un bâtiment administratif de l'établissement. Une centaine de personnes ont été évacuées, la fumée provenait de résistances électriques du système de chauffage. Le matériel a été mis hors tension le temps nécessaire aux réparations.
La centrale nucléaire de Saint Laurent des eaux est à bout de souffle. Elle a cumulé depuis de nombreuses années les arrêts de productions, parfois sur plusieurs années. Elle n'est plus fiable, pourtant il faut fermer les yeux sur certaines défaillances pour maintenir l'activité indispensable au tissu économique local. Une fermeture serait une catastrophe financière, mais que serait une catastrophe nucléaire alors ?
Almanachement sien.
C'est Nabum