Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
La commission de Bruxelles a fait un joli cadeau d’anniversaire à François Hollande au moment où il souffle sa première bougie à l’Elysée : un répit de deux années pour amener le déficit public de la France en dessous des 3% du PIB. On rappelle que le gouvernement français s’était engagé à y parvenir dès cette année, puis avait proposé de repousser l’échéance en 2014. Olli Rehn, commissaire européen à l’économie, a donc tranché au-delà des demandes françaises. Mais le cadeau est empoisonné et il n’y a que Pierre Moscovici pour y voir un tournant et l’abandon de la politique d’austérité aveugle et généralisée dans l’Union européenne.
D’abord parce qu’au niveau européen, la commission ne change pas de politique : elle ne demande pas des investissements massifs pour les infrastructures, des grands programmes de recherche, des fonds sociaux pour former els chômeurs, une mutualisation de la dette, la recapitalisation obligatoire des banques par leurs actionnaires, le rachat d’obligations d’Etat par la BCE. Non. Elle donne du temps pour faire la même chose qu’avant. Elle acte simplement que l’orientation qu’elle a soutenue mène droit à la catastrophe non seulement économique et sociale, mais aussi politique, car l’an prochain, il y aura de sélections au Parlement de Strasbourg. Comme on prête à José Manuel Barroso l’intention de briguer la tête de liste des conservateurs européens. On comprend mieux le véritable pourquoi de l’inflexion bruxelloise : l’électoralisme le plus minable, à l’instar d’un maire qui réduit les impôts locaux juste avant de se présenter au suffrage des administrés !
Ensuite au niveau français. La France aura donc un déficit de 3,9% en 2013, et même de 4,2% en 2014, selon Bruxelles. Retour au laxisme hexagonal? Non ! La France devra parvenir à moins de 3% de déficit en 2015, ce qui signifie un effort de 1,3 point de Pib ; soit plus de 26 milliards d’euros d’économies, en plus de qui est déjà programmé . On voit bien que l’austérité, rebaptisée « sérieux budgétaire » (sous la droite, le synonyme d’austérité, c’était « rigueur »…) par l’Elysée qui pense que cela fait moins peur, sera maintenue coûte que coûte. Alors où est le changement ? Il est écrit dans le communiqué d’Olli Rehn. La France a deux ans pour « mettre pleinement en œuvre » les réformes structurelles envisagées du « marché du travail, des retraites et d’ouverture des marchés ».
Le gouvernement Hollande-Ayrault a donc une feuille de route toute tracée : imiter le Chancelier social-démocrate Gerhard Schröder. En 2004, celui-ci avait lui-aussi bénéficié d’un « sursis » de Bruxelles, lorsqu’ avec l’aide de Jacques Chirac, il avait réussi à repousser les échéances de retour de l’Allemagne sous les 3% de déficit ! Jacques Chirac avait alors choisi de ne rien faire, quand son homologue allemand restaurait voire davantage la compétitivité de son pays, non pas par rapport à la Chine mais par rapport à ses alliés !
Avec les lois Artz (1,2,3 et 4) Schröder avait réduit les pensions des Allemands et ouvert la voie à a constitution d’un énorme secteur de services et d’industrie (agroalimentaire notamment) à bas coûts, qui « occupe » aujourd’hui près de 15 millions de paires de bras… Ces réformes, à contre courant du programme électoral du parti social-démocrate, avait profondément et durablement fracturé la gauche allemande et ouvert la voie à Angela Merckel. Hollande, pour se conformer au inonctions de la commission, devrait donc lui aussi choisir une voie pour laquelle il n'a pas été élu. Faut-il se réjouir d'un pareil anniversaire?