La Banque du Vatican a bien du mal à rompre avec ses « mauvaises » habitudes : blanchiment, corruption, fraude fiscale. Connu pour son opacité, l’Institut des œuvres de religion (IOR) – la « Banque de Dieu » – s’est trouvé au cœur des plus grands scandales politico-financiers en Italie.
En parallèle de la réforme de la Curie (le gouvernement de l’Eglise) – récemment entachée par les scandales de « Vatileaks » – le Pape François souhaite renforcer le contrôle Vatican sur cet établissement bancaire, et vient de créer pour ce faire une commission spéciale, sur laquelle il a tout pouvoir. Six transactions suspectes avaient notamment été signalées en 2012 par le conseiller de l’Autorité d’information financière (AIF), qui supervise l’IOR.
L’IOR gère 19.000 comptes appartenant en majorité aux membres du clergé catholique, soit environ 7 milliards d’euros. En 2007, le Saint Siège accusait un déficit d’environ neuf millions d’euros. Mais c’est sans compter divers placements. Selon un document secret, le Vatican disposait en 2008 de 340 millions d'euros en devises, 520 millions en obligations et une réserve d'or contenant une tonne de lingots, soit 19 millions.
Si de nombreux journalistes et spécialistes du Vatican ont souvent dénoncé l’opacité de la Banque du Vatican, d’autres comme Jean-François Colosimo, théologien et spécialiste du Saint Siège, soulignent que le secret est nécessaire pour soutenir les congrégations religieuses persécutées, tels que les Chrétiens de Chine ou Solidarnosc au temps de l’URSS.
Nommé quelques jours avant la démission du pape Benoit XVI, le nouveau président l’IOR, l’Allemand Ernst von Freyberg, a promis de faire vérifier un par un les comptes de l'IOR par l’Agence américaine de consultants financiers Promontory.