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Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes

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Bachir Saleh : recherché par Interpol, il court les brasseries parisiennes

 

| Par Louise Fessard
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Les autorités françaises ne semblent pas pressées du tout de mettre la main sur Bachir Saleh, l’ex-directeur de cabinet de Kadhafi, au cœur des révélations de Mediapart et réclamé par les autorités libyennes. Retour sur une semaine de cafouillages gouvernementaux, pendant laquelle cet homme, recherché par Interpol, a pu rencontrer tranquillement des journalistes de Paris Match dans une brasserie en plein cœur de Paris.

Samedi 28 avril, une note du 10 décembre 2006, extraite des archives des services secrets libyens, montre que Mouammar Kadhafi avait bien décidé de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, à hauteur de 50 millions d’euros. Par la voix de son avocat, Bachir Saleh, s’empresse de démentir avoir été le destinataire de cette note. Surnommé le “caissier de Kadhafi”, Bachir Saleh était le responsable du Libyan African Portfolio (LAP), un fonds souverain libyen crédité de plus de 40 milliards de dollars, qui a servi à de nombreuses opérations d'investissement sous l'ère Kadhafi. Accueilli à bras ouverts et protégé par le ministre de l’intérieur Claude Guéant qui lui  attribué une autorisation provisoire de séjour pour regroupement familial, il est recherché par la Libye pour escroquerie, comme le montre sa notice rouge sur le site d’Interpol.

 

Capture d'écran du site d'Interpol, le 30 avril. 
Capture d'écran du site d'Interpol, le 30 avril.© LF



Lundi 30 avril, le premier ministre, François Fillon commence par prétendre sur RTL qu'il ne dispose d'« aucune trace d'un mandat international » visant l'ex-directeur de cabinet de Kadhafi. « J'imagine que le gouvernement français serait au courant », ajoute-t-il même sans sourciller. Ses déclarations font long feu, tous les journaux ayant déniché et publié depuis longtemps la notice rouge visant un certain Bashir Al-Shrkawi (le troisième nom de Bachir Saleh) dont les photos sont identifiées par l’AFP comme correspondant à Bachir Saleh. Lundi midi, Me Ceccaldi, l’avocat de Bachir Saleh, confirme que son client était recherché.

Ce qui n’empêche pas le président de la République d’affirmer mardi 1er mai, que «sur le mandat d'Interpol, c'est une autre identité » et que des vérifications  des «services du Quai d'Orsay et du ministère de l'intérieur» s’imposent. Naturellement, si «M. Saleh est recherché par Interpol, il sera livré à Interpol», ajoute Nicolas Sarkozy. Ouf, nous voilà rassurés.

Mercredi 2 mai, Paris Match rencontre et photographie Bachir Saleh devant une brasserie parisienne. «Vous voyez bien que je ne suis pas en fuite», leur déclare-t-il. «Hier, jour où le président Nicolas Sarkozy se déclarait prêt à le livrer à Interpol, il retrouvait au Ritz son ami Dominique de Villepin, écrit l’hebdomadaire. Ce dernier était, comme souvent, accompagné de Alexandre Djhouri, homme d’affaires intermédiaire sur de gros contrats internationaux.»  Toujours mercredi, le Conseil national de transition lybien (CNT), au pouvoir en Libye, demande à la France d'extrader Bachir Saleh, «conformément à la notice internationale diffusée par Interpol pour des fraudes financières et des actes criminels». La Libye qui rappelle la France au respect du droit international, c’était inédit.

Le porte parole du CNT, Nasser Al-Manaa, ajoute que le nom de Bachir Saleh «apparaît deux fois dans la liste d'Interpol. Il est répertorié comme Bachir Saleh et sous un autre nom. Le bureau du procureur général expliquera dans les prochains jours les raisons pour lesquelles le nom est répété sur la liste». En attendant, voilà déjà la preuve que le gouvernement français a menti, puisqu’il ne pouvait ignorer qu’au moins une des fiches était au nom de Bachir Saleh.

Le 4 mai, nous appelons le ministre de la justice, celui de l’intérieur et celui des affaires étrangères pour savoir où ils en sont de leurs petites vérifications. «Pas de commentaire sur une affaire en cours», répond la chancellerie. «Voyez avec le ministère de la justice», répond le Quai d’Orsay. L’intérieur ne répond rien (mais nous avons l’habitude). Apparemment, les autorités judiciaires ont tout de même fini par trouver ce que la presse avait compris dès lundi. Attention, scoop : Bachir Saleh est bien recherché par Interpol.

« Comme (Bachir Saleh) est l'objet d'un mandat de recherche, dès qu'il sera découvert, il sera interpellé et donné à la justice », assure Claude Guéant, interrogé vendredi soir sur France 24 et RFI. Par contre, il ne lit pas Paris Match. Interrogé sur le fait que Bachir Saleh avait été photographié mercredi en plein centre de Paris par des journalistes, Claude Guéant répond : « Je ne suis pas au courant ». Avec un ministre de l'intérieur aussi bien renseigné, la traque semble mal partie. Reste une question : si Bachir Saleh est réellement recherché par les autorités françaises, il doit être inscrit au fichier des personnes recherchées (FPR). Est-ce-le cas ?

 

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