Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes

Publicité

Austérité : Grève Générale le 6 septembre en Espagne et Italie

 

Written by équipe Actualutte. Posted in Europe, Monde, Une

Tagged: austérité, espagne, grève, italie

Published on septembre 02, 2011

DR

ITALIE :

Exécrable pour l’opposition, bancal pour la Cour des comptes et la Banque d’Italie, considéré comme un «vol flagrant» par le syndicat CGIL qui appelle à une grève générale le 6 septembre, le projet de loi budgétaire rectificative issu de l’accord de lundi entre Silvio Berlusconi et son principal allié au gouvernement, la Ligue du Nord, n’en finit pas de susciter des remous.

À l’évidence, le compromis politique a été rédigé à la hâte, moins pour répondre aux attentes des marchés et aux exigences de rigueur­ de la BCE et de Bruxelles que pour satisfaire les appétits politiques de la coalition au pouvoir.

Ce plan retouche le programme budgétaire adopté le 14 août en Conseil des ministres, qui remodelait lui-même le plan triennal adopté le 15 juillet par la Chambre des députés. L’objectif reste inchangé : retour à l’équilibre des comptes publics, ou presque, d’ici à la fin 2013, avec un déficit public ramené de 3,9 % à 0,2 % du PIB. Ce qui nécessite environ 48 milliards d’euros d’économies ou de recettes supplémentaires en deux ans.

En revanche, les mécanismes employés diffèrent sensiblement. Abandonné, le prélèvement de «solidarité» sur les revenus dépassant 90 000 euros par an annoncé mi-août. Tout comme la fusion des communes de moins de 1 000 habitants (l’Italie compte 8100 municipalités) et le regroupement d’un certain nombre des 110 provinces, qui font doublon avec les 21 régions. L’objectif initial était pourtant de libérer 70000 postes émargeant au budget de l’État.

Les réformes structurelles sont différées
Mercredi encore, le gouvernement a dû renoncer à exclure du décompte des annuités de cotisation retraite les périodes d’études ou de service militaire. Quelque 100 000 à 130 000 Italiens sont concernés. La mesure, jugée inique par beaucoup, aurait permis d’économiser 500 millions d’euros l’an prochain.

Du coup, la Banque d’Italie estime que le projet budgétaire repose trop sur les rentrées fiscales, qui représentent les trois quarts de l’effort. Une fois de plus, les réformes structurelles sont renvoyées à la prochaine législature : il faudrait pourtant diminuer par deux la pléthore de parlementaires (un millier), dégraisser les services publics et les administrations locales, réduire les privilèges exorbitants de la classe politique. Des décisions qui requièrent de l’audace.

Le Parlement doit approuver le projet d’ici au 15 octobre. Quelque 1 300 amendements ont été déposés. On peut parier qu’ils aggraveront sensiblement les dépenses. Silvio Berlusconi a bon espoir de gouverner jusqu’à l’échéance électorale de 2013. Les marchés, eux, voteront sans doute avant.

ESPAGNE :

Les syndicats espagnols appellent à la grève le 6 septembre contre l’inscription de la « règle d’or » dans la Constitution. Les Indignés et Izquierda Unida mobilisent pour un vote.

Le Parlement espagnol a commencé, hier, l’examen du projet d’inscription de la « règle d’or » dans la Constitution, proposée par le premier ministre José Luis Zapatero. Le texte devrait être adopté jeudi.

L’Espagne est le premier pays à obéir à l’appel du 16 août de Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel. Ceux-ci avaient demandé aux pays de la zone euro d’inscrire la limitation des déficits dans leur loi fondamentale. Porte-parole de la Commission européenne, Amadeu Altafaj a approuvé une « démarche positive » qui souligne « l’engagement des autorités espagnoles à garantir la soutenabilité à long terme des comptes publics ».

En matière de respect des normes libérales, l’Espagne n’a pourtant rien à prouver. Avant la crise financière, elle faisait partie des bons élèves du pacte de stabilité. En 2007, son déficit public n’était que de 1,9 %. Sa dette de 39,2 %. La crise a provoqué le presque doublement de la dette et l’explosion du déficit. En 2010, ils étaient respectivement de 60,1 % et de 9,2 %.

Hier, seuls 17 des 319 députés ont voté contre la décision d’utiliser la procédure d’urgence pour examiner la « règle d’or ». Le Parti populaire (opposition de droite) a voté unanimement. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) au pouvoir n’a connu qu’une seule défection. Cette grande coalition de circonstance fait dire à Cayo Lara, coordinateur d’Izquierda Unida (communiste), « le Parlement va dans un sens, le peuple dans un autre ».

Avec un taux de chômage astronomique (20,89 % !), c’est d’investissements publics dont a besoin l’Espagne. Ils permettraient de relancer l’économie et d’en finir avec le modèle de croissance basé sur la construction à tout-va.

Toute cette semaine, des manifestations, inspirées par le mouvement des Indignés, se tiennent pour protester contre la modification constitutionnelle. 115 000 personnes ont d’ores et déjà signé une pétition pour réclamer un référendum. Izquierda Unida compte bien réunir les 35 députés pour obtenir un vote populaire, qui pourrait se tenir simultanément aux élections générales anticipées du 20 novembre.

Le 6 septembre, les syndicats matérialiseront leur opposition, avec une grève pour obtenir un référendum. Le 29 septembre dernier, leur première grève générale en huit ans, contre l’austérité, avait été fortement suivie.

Dans cette affaire, le PSOE est bien embarrassé. La Constitution fera mention de la « règle d’or ». Mais la limitation du déficit à 0,4 % du PIB est renvoyée à une loi organique. Le PSOE ne parvenait pas à se mettre d’accord sur un seuil. Il faut dire que les syndicats ne pèsent pas leurs mots. Pour l’UGT, l’objectif de cette règle d’or est de « satisfaire les demandes des spéculateurs ». Pour les Commissions ouvrières, il s’agit d’une « menace permanente contre les institutions de l’État providence ».

Le secrétaire général du Parti communiste d’Espagne, José Luis Centella Gomez, a, lui, estimé qu’il « se confirme que le capital entend profiter de la crise pour consolider son modèle néolibéral ».

Gaël De Santis

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article