Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Actualité Lille
vendredi 23.03.2012, 05:22 - La Voix du Nord
En juin dernier, on avait pris l'habitude de les voir sur la place Richebé.
Sur des lambeaux d'étoffe ou des plaques de carton, les Indignés lillois se faisaient fort d'exposer leurs utopies. Rendre (plus) humaine une société marchande rythmée par les à-coups du CAC 40. Imposer le débat face à un avenir marqué par la crise économique. Réinventer le dialogue, avant de relancer la société. Place Richebé, le camp des Indignés est resté un mois. Avec ses assemblées générales nocturnes et ses animations citoyennes. Ce week-end marquera le retour de la visibilité de ces militants.
« Les actions ne se sont jamais arrêtées, précise Cédric Joly, l'un des animateurs lillois du mouvement.
Après la levée du campement, nous avons poursuivi les réunions. Les assemblées populaires reprennent. » En juin dernier, les Indignés lillois soulignaient que même en Espagne, berceau du mouvement, une pause avait été faite dans le campement de Madrid. Ils n'avaient pas tort. Un mois plus tard, fin juillet, une marche démarrait de Madrid et rejoignait Bruxelles le 8 octobre. Celle-ci avait d'ailleurs effectué une escale à Lille le 3 octobre.
Ce week-end, un nouveau groupe d'Indignés s'ébranlera de Lille. « Cette fois, c'est direction Paris, indique Cédric Joly. On part samedi vers 10 h. » En tout, un périple de 261 kilomètres étalés sur plusieurs jours, marqué par une série d'étapes (Lens, Arras, Albert, Amiens, Argenteuil, etc.). Chaque arrêt sera l'occasion d'un campement ou, en tout cas, d'un point de rencontre permettant débats et moments de convivialité. « À Lille, avant le départ, on renouera avec les assemblées, tout comme avec les auberges espagnoles », complète Cédric Joly. Une façon de mêler le militantisme et l'art de la fête.
Après les lieux de vie à la fois stables et éphémères que représentaient les campements, les Indignés tablent désormais sur des villages mobiles. Une façon de provoquer les rencontres autant que les prises de parole. L'action lilloise ne démarre pas par hasard. À partir d'autres métropoles (Marseille, Toulouse, Bayonne...), des groupes de marcheurs se mettront également en route vers la capitale. Toutes devraient converger à Paris le 21 avril. Dans la région, la première étape sera donc lensoise. Là-bas, les manifestants, qui espèrent voir des citoyens se joindre à eux, seront accueillis par le groupe des Objecteurs de croissance. Les événements s'enchaîneront jusqu'au lendemain avec le signal de départ. Destination Arras, où la ville a déjà prévu de mettre des douches et des toilettes à leur disposition. Les Indignés rappellent que ces manifestations à longue distance sont des marches « citoyennes ». Elles sont donc ouvertes à tous. • L. B.
PHOTO ARCHIVES CHRISTOPHE LEFEBVRE