Avec un peu de chance, la production reprendra avant… 2014. Depuis le mois de mai,
impossible de se procurer une dose d’Immucyst, un médicament prescrit dans le traitement des cancers de la vessie. L’unique site de production, une usine Sanofi-Pasteur située au Canada, en a arrêté la distribution en raison de problèmes industriels. Pour les 40.000 personnes souffrant de ce cancer en France, l’annonce de cette nouvelle a été rude.
Une partie du stock tampon français – 12.000 doses – a fini par être débloquée début juillet. Reste que les quantités mises à disposition des malades demeurent limitées.
« Nous devrions tenir 3 mois avec ce stock », explique Patrick Coloby, président de l’
Association française d’urologie (AFU).
« Nous sommes obligés de nous adapter à une situation imposée ». Une alternative thérapeutique, à savoir un médicament similaire produit par un autre laboratoire pharmaceutique, a été mise en place et des recommandations temporaires ont été édictées par les professionnels. Pas de quoi véritablement rassurer les patients.
« C’est une crise sanitaire grave, la situation ne se débloque pas », s’inquiète l’un d’eux, malade depuis 2009 et ne supportant que le produit de Sanofi-Pasteur.
Le cas de l’Immucyst est, hélas, loin d’être une exception. Depuis quelques années, en France, les pénuries de médicaments se généralisent. L’été dernier,
TRT-5, un groupe d’association de lutte contre le sida, tirait la sonnette d’alarme, constatant qu’un grand nombre de malades se trouvaient dépourvu d’anti-rétroviraux. Si des problèmes de fabrication peuvent, de fait, expliquer une partie des pénuries, ce n’est pas la principale raison. Cherchez plutôt du côté de la recherche de la rentabilité à tout crin…