Quarante quatre morts, dont 34 tombés sous les balles de la police mais le marché du platine tient bon. Rarement le cours de ce précieux métal aura été aussi élevé. Depuis les affrontements du 16 aout à Marikana, en Afrique du sud, sa valeur a même bondi de 9%,
atteignant son plus haut niveau depuis mai 2012. Un lien de cause à effet entre les mineurs sacrifiés et le cours du métal ? On ose à peine y croire. Et pourtant, si l’argent n’a pas d’odeur, le platine n’en a pas beaucoup plus.
Selon le site indépendant mineweb, spécialisé dans l’analyse financière des métaux précieux, les événements survenus dans la mine de Marikana perturbent certes les marchés du platine :
« Il y a régulièrement des tensions dans les régions minières mais le niveau de violence est surprenant » constate une analyste de Mitsui precious metals, une agence financière spécialisée dans les métaux précieux. Néanmoins
« la demande reste encore inférieure à l’offre et s’il n’y a pas de nouvelles perturbations, il n’y a pas de raison de voir les prix du platine flamber à court terme ». Bref, le marché du platine digère pour l'instant plutôt bien le massacre de Marikana. On respire.
Troisième producteur de platine au monde, Lonmin qui affiche un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars pour 311 millions de bénéfices, n’avait pas répondu favorablement aux demandes d’augmentations de salaires des syndicats de mineurs qui réclamaient une multiplication par trois de leurs salaires, proche de 400 euros en moyenne.