Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Le Monde.fr avec AFP | 21.04.2012 à 11h08 • Mis à jour le 21.04.2012 à 18h54
Des milliers de personnes ont manifesté samedi 21 avril en fin de journée dans un village chiite, près de Manama, à l'appel de l'opposition, après l'annonce de la mort d'un protestataire, selon un militant. Rassemblée près de Darraz, un village chiite à 10 km au nord du circuit de Sakhir où doit se dérouler dimanche le Grand Prix de Formule 1 de Bahreïn, la foule a scandé des slogans hostiles au régime, a indiqué le militant.
"Pas de concession!", ont répété les protestataires avant de se disperser dans le calme, a-t-il ajouté.
Selon lui, une marche en direction du circuit, à l'appel de militants, n'a cependant pas eu lieu en raison d'une forte présence policière. Mais des manifestations sporadiques ont éclaté dans plusieurs villages chiites autour de la capitale, où les forces anti-émeutes sont intervenues en tirant des bombes lacrymogènes et des bombes assourdissantes contre les protestataires, selon les témoignages d'habitants.
UN MORT DANS UNE MANIFESTATION
Dans la matinée, l'opposition chiite bahreïnie a annoncé la découverte du cadavre d'un homme sur le lieu d'une manifestation nocturne anti-régime dans un village chiite près de Manama. "Le cadavre du martyr Salah Abbas" a été découvert près de Chakhoura, un village près de Manama, où une manifestation hostile au régime a été réprimée "sauvagement" par les forces de sécurité, a annoncé le Wefaq, principal groupe de l'opposition, dans un communiqué.
Selon un membre de sa famille, Salah Abbas a été arrêté par les forces de sécurité alors qu'il participait à la manifestation de Chakoura. Après cette arrestation, "nous n'avons pas eu de nouvelles de lui jusqu'à l'annonce de la découverte de son corps samedi matin", a ajouté ce proche, qui a requis l'anonymat.
Le ministère de l'intérieur a confirmé la mort de Salah Abbas, dont le corps a été découvert samedi matin "avec une blessure sur le côté gauche", selon un communiqué de l'Autorité des affaires de l'information. "Une enquête est en cours" et l'affaire est "traitée comme un homicide", a ajouté l'Autorité. "Le gouvernement condamne tous les actes de violence et assure que les auteurs de ce crime, quels qu'ils soient, seront traduits en justice", a déclaré la chef de la sécurité publique, Tarek al-Hassan, cité dans le communiqué.
Des affrontements entre manifestants et forces anti-émeutes ont eu lieu dans des villages chiites. Des dizaines de personnes ont manifesté à l'entrée de Karzakan, Al-Malikiyah, Dumistan et Sada, situés à quelques kilomètres du circuit, près de Manama, ont-ils rapporté. Certains étaient encagoulés et d'autres portaient un linceul barré de l'expression "Je suis le prochain martyr".
Des jeunes ont mis le feu à des pneus sur des routes jouxtant leurs villages et lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction des forces de sécurité, qui les ont dispersés à coups de gaz lacrymogènes et de bombes assourdissantes, ont-ils ajouté.
"NON À LA FORMULE DE SANG"
La foule a scandé des slogans hostiles au gouvernement, répétant "A bas Hamad", en référence au roi de Bahreïn Hamad ben Issa Al-Khalifa, lors de ces manifestations qui ont lieu à l'appel du mouvement des "Jeunes du 14 février". Ce mouvement, un collectif radical, a appelé à "trois jours de colère" coïncidant avec le Grand Prix prévu dimanche, sous le slogan "Non à la Formule de sang".
Vendredi, au premier jour des essais libres, la police a dispersé par la force des milliers de manifestants anti-régime dans la région de Boudaya, à 4 km à l'ouest de Manama, selon l'opposition.
Les manifestations à répétition, à l'appel de l'opposition chiite qui réclame des réformes constitutionnelles dans ce royaume dirigé par une dynastie sunnite, ont conduit à un renforcement de la sécurité autour du circuit de Sakhir. Malgré ces manifestations, le prince héritier, Salmane Ben Hamad Al-Khalifa, a écarté toute annulation du Grand Prix, comme cela avait été le cas l'an dernier en raison des troubles dans son pays.
Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé samedi "les atteintes à la liberté de la presse" commises, selon l'organisation, par les autorités bahreïnies et notamment le refus des autorités de délivrer des visas à certains journalistes pour couvrir le Grand Prix. "En décembre 2011, nous avions classé Manama parmi les dix endroits les plus dangereux pour les journalistes et, jusqu'ici, nous n'avons observé aucune amélioration significative des conditions de travail des médias", indique RSF dans un communiqué. En outre, "plusieurs journalistes n'ont pas pu se rendre au Bahreïn pour couvrir le Grand Prix de Formule 1", indique RSF.