Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Montage du symbole « j'aime » de Facebook
Sur les réseaux sociaux, le nombre de « followers » (utilisateurs abonnés à un compte) sur Twitter et de personnes abonnées à une page Facebook (bouton « j'aime ») sont devenus les baromètres de la popularité des internautes et des marques, l'un et l'autre se confondant parfois.
Une société française, Boostic, propose de vendre des « followers » et des « j'aime » (ou « likes » en anglais) aux particuliers et aux entreprises, à l'instar de trois sites similaires qui se sont implantés dans l'Hexagone depuis quelques semaines.
Mais Boostic a passé la vitesse supérieure en investissant les panneaux publicitaires du métro parisien en fin de semaine dernière :
« Devenez le seigneur des réseaux […], l'ami des moteurs de recherche, mettez les projecteurs sur votre profil, gagnez dans votre stratégie de communication. »
Le système est simple : moyennant une bonne somme d'argent, l'entreprise s'engage à puiser dans sa « base de données de deux millions d'internautes français » et de cibler ceux qui ont « déjà montré de l'intérêt pour le profil, le produit ou la compagnie » et les solliciter à « aimer ou suivre le profil ou ou l'entreprise ». Le prix : 99 euros les 1 000 « j'aime » sur Facebook ou les 500 « followers » sur Twitter.
Plusieurs moyens sont possibles pour fournir ces fans :
Après plusieurs jours d'échanges d'e-mails et de coups de téléphone, impossible de joindre directement le dirigeant de Boostic, qui ne communique pas son numéro de téléphone.
Contacté, le site concurrent Acheter-Des-fans.com refuse de nous expliquer la méthode qu'il utilise pour fournir des fans à ses clients. « Secret industriel », explique-t-il.
Il nous explique avoir récemment émis un devis « de 15 000 euros, pour une grande entreprise française » portant sur « un million de fans Facebook ».
Aux Etats-Unis, l'« achat de fans » est florissant. « En pleine explosion », selon un des acteurs du marché français. En France, il est balbutiant et soulève de nombreuses questions. En se penchant un peu sur le site de Boostic, on note plusieurs anomalies :
Les publicités aperçues dans le métro sont « volées » . Une journaliste, qui prenait le métro parisien tôt le matin, a surpris plusieurs individus recouvrir des affiches publicitaires tout à fait classiques avec des publicités pour Boostic.
Contacté par Rue89, Mediatransports, la régie publicitaire de la RATP, confirme cette information :
« Boostic n'est pas référencé dans notre catalogue annonceur et actuellement il n'y a aucun contrat au nom de Boostic. »
Il a été impossible de joindre le dirigeant de Boostic France, malgré plusieurs jours d'échanges avec une collaboratrice de l'entreprise, qui ne pouvait pas répondre à nos questions.
Sur Internet, tout s'achète, y compris les amis Facebook. Ce genre de business prolifère aux marges d'Internet depuis longtemps. Mais ils s'affichent de plus en plus en pleine lumière : aux Etats-Unis, de nombreuses entreprises proposent le même type de service, comme Fanbullet ou Socialkik.
Seul hic : les professionnels du secteur s'accordent à dire que cette technique n'est pas très efficace. Philippe Couzon, community manager et consultant, explique sur son blog :
« Sur Facebook, ce n'est plus le nombre de fans qui compte mais, de plus en plus, le nombre de personnes qui en parlent. Sur Twitter, on regarde aussi l'engagement, les retweets, les contacts, l'augmentation du trafic. Une communauté, ce n'est pas seulement des “fans” mais aussi des interactions. »
Le tenancier d'Acheter-Des-Fans.com fait le même constat :
« C'est de la poudre aux yeux. Mais un internaute qui hésite entre deux produits ou deux marques va choisir celui qui a le plus de “likes” sur Facebook. »
Ce jeudi matin, le site internet de Boostic n'était plus accessible et affichait un écran d'erreur. Ses équipes n'étaient pas joignables pour réagir.