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Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes

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De la France à la Chine, la folle fuite en avant dans le nucléaire

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

De la France à la Chine, la folle fuite en avant dans le nucléaire

23 octobre 2015 / Noël Mamère
 

 
 

EDF et une société chinoise ont signé un partenariat pour la construction de réacteurs en Grande-Bretagne. L’opérateur français s’obstine dans une technologie dépassée alors qu’il pourrait être leader des énergies renouvelables, estime Noël Mamère.

 

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Noël Mamère

Noël Mamère est député écologiste


En aout 2008, Nicolas Sarkozy s’était félicité de la finalisation de l’accord de coopération entre EDF et l’électricien chinois China Guangdong Nuclear Power Holding Group (depuis devenu China General Nuclear Power Corporation, CGNPC), pour construire et exploiter deux centrales nucléaires EPR en Chine.
 Mardi 20 octobre, à l’Assemblée nationale, Ségolène Royal s’est de même réjouie de l’accord entre les deux principaux groupes nucléaires chinois et français pour le financement de la construction des réacteurs EPR d’Hinkley Point, en Grande-Bretagne. Dans le domaine du nucléaire, au moins, la continuité de l’État ne se dément pas !

Il y a trente ans, c’est EDF qui commençait son partenariat avec la Chine, en y construisant sa première centrale nucléaire… Aujourd’hui, c’est la Chine qui finance EDF et qui devient majoritaire dans ses projets ! Cette folle et insupportable fuite en avant aura de graves conséquences :

Un risque financier inconsidéré pour EDF

Une augmentation des tarifs, qui va coûter extrêmement cher aux contribuables et aux consommateurs Français et Britanniques. Ils vont s’endetter pour poursuivre dans une technologie dangereuse qui appartient déjà au passé. Les opérateurs, paniqués par l’augmentation du prix de la construction du réacteur, vont chercher à faire des économies sur la sécurité et recourront à la sous-traitance. Déjà, selon le Spiegel, les risques sismiques du projet d’‪EPR à ‪Hinkley Point ont été sous-évalués ! Les chantiers d’Olkiluoto, en Finlande, et de Flamanville, en France, avec leur multitude de malfaçons (cuve défectueuse, béton de mauvaise qualité…) le démontrent. Sur les quatre réacteurs EPR en cours de construction dans le monde, aucun ne fonctionne encore. La Finlande, qui demande des dédommagements pour un retard de dix ans, a renoncé à un deuxième réacteur.

 

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Construction de la centrale nucléaire de Flamanville, en 1980.

EDF prend un risque financier inconsidéré. Déjà endettée à hauteur de 37,5 milliards d’euros, censé racheter les activités réacteurs d’Areva, elle prévoit également de dépenser 50 milliards d’euros sur dix ans, une somme sous-estimée selon l’Autorité de sûreté nucléaire, pour les travaux de remise aux normes et de prolongation des réacteurs français.

EDF, qui devrait devenir le leader de l’énergie renouvelable, choisit une fois de plus le nucléaire. À la veille de la COP 21, ce choix est politique. Côté face, le gouvernement continue de préserver l’énergie nucléaire en France et joue au chat et à la souris avec les écologistes en s’engageant à fermer Fessenheim… en 2018. Côté pile, il développe son rôle de premier VRP mondial du nucléaire.

Très nette violation de la loi européenne sur la concurrence

Les projets d’EPR en Grande-Bretagne illustrent la création d’un statut d’exception en Europe. La vente de réacteurs n’étant possible qu’au prix d’entorses manifestes au droit européen de la concurrence « libre et non faussée ». Si les EPR d’Hinkley Point sont un jour construits, leur électricité à 125 € le MWh, sera moins compétitive que celle des énergies renouvelables, dont les coûts ne cessent de baisser. Ce projet n’est finançable qu’à condition d’être massivement subventionné par le gouvernement britannique, ce qui constitue une très nette violation de la loi européenne sur la protection de la concurrence. C’est pourquoi le gouvernement autrichien a décidé de porter plainte auprès de la Cour de justice de l’Union européenne.

Pour la Chine, en revanche, l’accord est tout bénéfice. Si le projet est mené à son terme, ce sera la première fois qu’une centrale nucléaire occidentale est détenue par la Chine. Le programme nucléaire chinois vise à faire de ce pays un acteur majeur du nucléaire mondial...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

 

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