Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
Par democratie-reelle-nimes
Source : http://www.reporterre.net
22 septembre 2015 / François de Beaulieu
/http%3A%2F%2Fwww.reporterre.net%2Flocal%2Fcache-vignettes%2FL720xH481%2Farton8101-fa21e.jpg)
Ce pourrait être une anecdote : pour favoriser l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le préfet de Loire-Atlantique s’apprête à autoriser la destruction du campagnol amphibie, une espèce protégée. Derrière cet acte, il y a au fond la remise en cause des principes de protection de la biodiversité.
François de Beaulieu est membre des Naturalistes en lutte
Le préfet de Loire-Atlantique a mis en ligne le 8 septembre 2015 toutes les bonnes raisons et les pièces du dossier qui vont être utilisées pour la rédaction de son arrêté autorisant la destruction d’une espèce protégée au plan national, le campagnol amphibie, sur le site du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
On peut se demander pourquoi il a attendu si longtemps puisque, de toute évidence, rien de neuf n’a été apporté au dossier depuis mars 2014. Sans doute gardait-on ce dossier pour pouvoir envoyer un signe positif d’avancement aux partisans du projet qui continuent à ronger bruyamment leur frein. C’est sans grand risque et il y a peu de chances que les foules se mobilisent pour ce qui n’est, après tout, qu’une espèce de rat aquatique (rappelons cependant que 30 000 personnes ont défilé le 22 février 2014 à Nantes derrière un triton marbré…).
Cette consultation du public, purement formelle, n’en doutons pas, est ouverte jusqu’au 11 octobre 2015. Les Naturalistes en lutte travaillent déjà activement à démonter le dossier dont on note, malgré le caviardage effectué par la préfecture, qu’une partie des études a été menée par le Groupe de recherche et d’étude pour la gestion de l’environnement (GREGE), un bureau d’études spécialisé.
On peut déjà relever que l’argument principal tient au fait que « sur la moitié nord de la façade atlantique, les données recensées s’avèrent positives sur une grande majorité de mailles et sur la plupart des carrés-échantillons réalisés en Bretagne en révélant sa présence sur cette partie du territoire ». Conclusion : on peut donc autoriser la destruction du campagnol amphibie. Comme l’espèce est absente du Centre, du Sud-Est et du Midi-Pyrénées, on peut se demander où elle est protégée…
Oui, la Bretagne est un bastion pour le campagnol amphibie et on ne peut ignorer que la connectivité entre les zones où l’espèce est présente est capitale. Le fait que l’on soit ici sur une vaste zone humide, en tête de deux bassins versants, lui donne une valeur importante pour le maintien du campagnol amphibie. Insistons : si le campagnol amphibie n’est pas protégé là, où le sera-t-il ?
Le bureau d’études Biotope qui avait réalisé le dossier principal concernant la biodiversité concluait que, grâce à ses savants calculs, on allait compenser l’atteinte aux espèces protégées. Le GREGE fait progresser la doctrine en considérant que l’espèce étant bien présente en Loire-Atlantique, il n’est même pas utile de gaspiller de l’argent en prévoyant des compensations sérieuses pour la petite bête.
/http%3A%2F%2Fwww.reporterre.net%2Flocal%2Fcache-vignettes%2FL367xH550%2Fcamp-f2a08.jpg)
On rappellera simplement que le Conseil national de la protection de la nature (la plus haute instance scientifique consultée sur les dérogations aux lois sur la protection de la nature) a rendu un avis défavorable unanime sur le dossier « campagnol amphibie » présenté par le préfet de Loire-Atlantique.
*Suite de l'article sur reporterre
Source : http://www.reporterre.net
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog