Athènes s’est réveillée, jeudi 25 juin au matin, avec la gueule de bois. Et un sentiment de colère aussi. « Depuis le début, je soutiens l’idée d’un accord avec nos créanciers, mais là ils sont devenus déraisonnables ! », s’emporte Panos Demopoulos, un jeune ingénieur de 33 ans venu tôt lire la une des journaux au kiosque de son quartier avant d’aller au travail. « Tsipras avait cédé sur presque tout et il avait bien fait, mais maintenant ils exigent toujours plus. A quoi jouent-ils ? »
Cette perplexité devant les incohérences des demandes des créanciers et le durcissement de leurs positions lors de l’interminable journée de négociations à Bruxelles mercredi, était largement partagée. Et traversait d’ailleurs tous les bords politiques.
Le document raturé de rouge, contenant les contre-propositions des créanciers au plan grec présenté lundi, a ainsi fait le tour des médias. « Sur le plan symbolique, ce rouge professoral corrigeant la copie d’un mauvais élève heurte profondément les Grecs, explique le politologue Elias Nikolakopoulos. Mais, au-delà de la forme, ce qui est désormais très préoccupant, c’est que ce document expose clairement un modèle économique précis, un diktat ne laissant aucune marge de manœuvre à ce gouvernement pour alléger, même un tout petit peu, la pression de l’austérité en Grèce. »