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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 20:43

 

euronews.com

26/07 23:34 CET

 

 

 

Près d’un millier de personnes se sont rassemblées jeudi dans le centre de Moscou pour demander la libération des manifestants arrêtés le 6 mai à la veille de l’investiture de Vladimir Poutine au Kremlin. Ce jour-là, des heurts avaient éclaté entre les manifestants et la police qui avait interpellé notamment des dirigeants de l’opposition.

“Nous devons montrer aux détenus, à leurs parents et à nous-mêmes que nous sommes solidaires, que nous ne les laisserons pas tomber. Nous serons toujours à leurs côtés”, souligne le blogueur Alexei Navalny. Le leader du Front de gauche Sergei Udaltsov était présent également le 6 mai. “Les autorités nous ont provoqués. J’ai presque été piétiné comme tous les autres. Et aujourd’hui, on nous accuse d‘être à l’origine de bagarres et de troubles”, explique-t-il.

Plusieurs centaines de manifestants avaient été arrêtés le 6 mai. Une dizaine d’entre eux ont été inculpés de trouble à l’ordre public et sont toujours en détention.

“Deux nouveaux opposants, ayant participé à la marche du 6 mai, viennent d‘être interpellés”, souligne Alexander Shashkov, le correspondant d’Euronews à Moscou. “Cela porte à douze désormais le nombre de personnes actuellement en détention. Le comité du 6 mai, qui est à l’origine de ce rassemblement, les a baptisées : les otages des autorités.”

 

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 21:23

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 13.07.2012 à 19h39

Par Anna Benjamin


Les forces anti-émeutes ont violemment réprimé la manifestation de L'Autre Russie, dimanche 15 avril, à Saint-Petersbourg.

Depuis quelques semaines, les parlementaires russes ont adopté plusieurs lois répressives. Dernière en date, celle qui vise à imposer des contrôles stricts aux "agents de l'étranger", tels que les organisations non gouvernementales (ONG) qui  reçoivent des fonds ne provenant pas de Russie. Adoptée définitivement vendredi 13 juillet, elle clôt une série de lois qui régissent désormais l'Internet russe, les manifestations ou encore le délit de diffamation.

  • Réprimer les manifestations

Depuis le 9 juin, manifester en Russie sans une autorisation officielle coûte cher : des amendes minimales de 7 200 euros pour toute action "portant préjudice à la santé et aux biens" pour les particuliers, de 14 512 euros pour les responsables administratifs et de 24 194 euros pour les personnes morales. Lors d'un rassemblement, le port d'un masque ou la possession de "produits spiritueux, bières ou boissons conçues à base de bière" sont interdits. Les simples incitations à "troubler l'ordre public", telles que définies par les tribunaux, seront sanctionnées. Le Kremlin prévoit aussi de mettre à disposition des militants, "des parcs à manifestation".

Pour la première fois dans l'histoire récente du Parlement russe, les députés de l'opposition ont déposé plus de trois cent cinquante amendements pour ralentir l'examen de ce texte. Pour le leader de Russie juste, Guennadi Goudkov, ce texte est "contraire à notre Constitution qui, justement, donne le droit aux citoyens russes de se rassembler librement et pacifiquement". A l'inverse, les députés de Russie unie, majoritaires, affirment qu'ils veulent "protéger la santé et la vie des gens".

  • Museler l'Internet russe

La Douma a adopté mercredi 11 juillet des amendements à une loi sur Internet, avec une majorité écrasante de quatre cent trente-quatre voix. Aucun député n'a voté contre. La loi amendée sur "la protection des enfants" contre les dangers pour "leur santé et leur développement" doit maintenant être adoptée par la Chambre haute du Parlement, le Conseil de la Fédération, et être ensuite ratifiée par le Kremlin.

>> Lire : "Le Parlement russe a adopté un texte de loi controversé sur Internet"

Les amendements visent à créer un registre fédéral pour réglementer l'activité des sites Internet contenant des informations interdites par la loi, obligeant leurs propriétaires ou les fournisseurs d'accès à les fermer. La loi cible des sites diffusant de la pornographie à caractère pédophile, faisant la promotion de la consommation de drogue ou donnant des conseils pour se suicider. Mais il n'y est pas précisé à quel organisme fédéral reviendraient les décisions dans ce domaine.

En Russie, des sites Internet et des opposants redoutent la censure.  Wikipedia en russe a, lui, décidé d'interrompre mardi 10 juillet pour vingt-quatre heures son fonctionnement, en signe de protestation. Le premier ministre, Dmitri Medvedev, a défendu cette loi, lors d'une rencontre avec des responsables du parti au pouvoir, Russie unie. "L'Internet doit être libre", mais ses activités doivent toutefois être fondées sur "un certain nombre de règles", a déclaré M. Medvedev, cité par les agences de presse, estimant qu'il fallait respecter "le droit à l'information" et aussi "le droit à la protection contre un contenu dangereux".

Lire : "La version russe de Wikipedia ferme pour protester contre une loi sur Internet"

  • Les ONG, des "agents de l'étranger"

La Douma a adopté vendredi 13 juillet un texte de loi plaçant sous un contrôle étroit les organisations non gouvernementales qui bénéficient d'un financement étranger et ont une activité "politique". Le texte, présenté il y a une semaine par Russie unie, avait été mis en urgence à l'ordre du jour de la Chambre basse du Parlement russe. Ce texte prévoit leur enregistrement séparé. Ces ONG devront s'afficher comme "agents de l'étranger" dans toute communication ou activité publique et subir un contrôle financier très strict, sous peine d'une amende allant jusqu'à 300 000 roubles, soit 7 500 euros, et à une peine de prison pouvant atteindre deux ans.

Ce projet de loi s'inscrit dans la ligne fixée par le président Vladimir Poutine, qui a accusé ces derniers mois les dirigeants de l'opposition et des ONG qui avaient dénoncé des fraudes électorales aux législatives de décembre 2011 d'œuvrer pour le compte de puissances étrangères, plus précisément des Etats-Unis. Une source au Kremlin citée par l'agence d'information Ria Novosti a affirmé que la loi toucherait non seulement des organisations de contrôle électoral mais aussi de lutte contre la corruption, comme l'antenne russe de Transparency International, et des organisations écologistes.

Les organisations de défense des droits de l'homme et des libertés ont dénoncé un texte ayant pour but de débarrasser la Russie des ONG les plus gênantes. "Ce texte permettra, par une application arbitraire, de harceler toute ONG déplaisant au pouvoir", ont écrit dans une lettre ouverte jeudi des défenseurs des libertés, dont Lioudmila Alexeeva, présidente du groupe Helsinki de Moscou.

Lire : "La Russie met sous contrôle les ONG, ces 'agents de l'étranger'"

  • Vers un durcissement du délit de "diffamation"

Vendredi 13 juillet, était aussi discuté un texte visant à durcir la répression du délit de "diffamation". Ce dernier, dont le président Medvedev avait, en décembre 2011, retiré toute qualification "pénale" pour le considérer comme une simple violation "administrative", refait son apparition dans le code pénal. Avec un durcissement des amendes à la clé, allant jusqu'à 5 millions de roubles, soit environ 125 000 euros, contre quelques milliers auparavant.

"Les articles de la loi sur la diffamation permettent aux fonctionnaires d'interdire la profession de journaliste, qui essaie de dire ce qui va et ce qui ne pas vas, dans la mesure où pas une seule personne ne sera en mesure de payer jusqu'à la fin de sa vie une amende de 5 millions de roubles", a mis en garde l'un des manifestants, le journaliste Timour Olevskiï.

Anna Benjamin

 

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 15:38

 

Le Monde.fr | 14.06.2012 à 15h36 • Mis à jour le 14.06.2012 à 15h36

Par Marie Jégo

Des policiers russes lors d'une manifestation à Moscou le 7 mai 2012.

Arrestations, perquisitions, interrogatoires : depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin pour son troisième mandat le 7 mai, "les Russes se retrouvent dans un Etat policier ", constate le journal des affaires Vedomosti dans un éditorial publié jeudi 14 juin.

Le service "E" (pour extrémisme) du ministère de l'intérieur n'en finit plus de s'activer, le comité d'enquête est sur les dents, comme si les détracteurs de Vladimir Poutine - le blogueur anti-corruption Alexeï Navalny ou le léniniste de choc Sergueï Oudaltsov - constituaient à ce jour la plus grave menace pour la sécurité du pays.

Tandis qu'interrogatoires et perquisitions s'enchaînaient mercredi 14 juin pour la troisième journée consécutive, un scandale a éclaté, impliquant le chef des enquêtes criminelles de Russie, Alexandre Bastrykine, en charge des dossiers "sensibles" et réputé proche de Vladimir Poutine. Mercredi 13 juin, le journal russe d'opposition Novaïa Gazeta a accusé M. Bastrykine d'avoir menacé de mort son rédacteur en chef adjoint, Sergueï Sokolov, contraint, dans la foulée, de fuir à l'étranger pour sa sécurité.

"Vous avez brutalement menacé de mort mon adjoint, Sergueï Sokolov", accuse Dmitri Mouratov, le rédacteur en chef de Novaïa Gazeta, dans une lettre ouverte publiée par le journal.

Intervenant à la radio Echo de Moscou, Dmitri Mouratov a raconté comment, dans la nuit du 4 au 5 juin, le général Bastrykine, excédé par un article récent qui le mettait en cause, a ordonné à ses gardes du corps d'emmener Sergueï Sokolov... dans une clairière des environs de Moscou pour lui dire sa façon de penser.

Après avoir demandé aux gardes du corps de s'éloigner, le général a expliqué au journaliste qu'il pouvait aussi bien le tuer, précisant que l'enquête criminelle sur cet assassinat serait alors menée par ses propres services, autant dire à jamais enterrée.

 

SIX JOURNALISTES ET COLLABORATEURS ASSASSINÉS

L'épisode, "digne d'un film noir hollywoodien", selon Dmitri Mouratov, a mis le Landernau de la presse moscovite en émoi. Une trentaine de journalistes (sur les milliers que compte la capitale) ont tenté d'aller protester devant le siège du comité d'enquête, une dizaine d'entre eux ont été embarqués.

Journal d'opposition, Novaïa Gazeta frappe les esprits en raison de son triste record : six journalistes et collaborateurs assassinés depuis l'entrée en fonction de Vladimir Poutine en mars 2000.

A ce jour, trois enquêtes seulement ont abouti. Ni l'assassinat par balles d'Anna Politkovskaïa en 2006, la reporter critique du Kremlin, ni celui de Natalia Estemirova en 2009, la militante des droits de l'homme en Tchétchénie, encore moins l'empoisonnement de Iouri Chekochtchikhine en 2003, ce député de la Douma connu pour ses investigations sur la corruption, n'ont été élucidés.

Plus que la faiblesse du système judiciaire russe, c'est la volonté politique qui est en question. "Nous nous abstiendrons de citer ce que vous avez dit à Sergueï Sokolov de façon imagée sur le journal, sa politique rédactionnelle ou encore sur notre collaboratrice assassinée Anna Politkovskaïa", écrit Dmitri Mouratov dans sa lettre ouverte.

Qu'a bien pu dire Alexandre Bastrykine, par ailleurs professeur à la chaire "Etat et Droit" de l'académie du ministère de la justice, de la reporter Anna Politkovskaïa ?

C'est ce dernier qui dirige l'enquête sur son assassinat, sans beaucoup de succès. Le procès des tueurs à gage est sans cesse repoussé, les commanditaires restent introuvables et l'un des protagonistes du dossier, l'ancien policier Dmitri Pavlioutchenko, arrêté en août 2011, vient d'être libéré de prison dans l'attente d'une improbable comparution.

Les méthodes de travail champêtres du chef de la "crime" n'ont donné lieu à aucun commentaire officiel. "Pas de démission, pas la moindre responsabilité pour M. Bastrykine. Selon l'usage, il va certainement recevoir de l'avancement ou une médaille", prévoit Vedomosti.

Marie Jégo

 

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 16:15

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.06.2012 à 18h16 • Mis à jour le 08.06.2012 à 18h16

Arrestation d'un militant de la coalition d'opposition L'Autre Russie arrêté lors de la manifestation de Saint-Pétersbourg, le 24 décembre.

Le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé, vendredi 8 juin, avoir promulgué une loi instaurant des amendes considérables pour punir les organisateurs d'actions de protestation ou leurs participants en cas de troubles.
 

"Non seulement j'ai signé la loi, mais j'ai étudié le dossier envoyé par la Douma" (Chambre basse du Parlement russe), qui estime que ce texte est comparable à ceux de la législation européenne, a déclaré M. Poutine.

"En comparant cette loi avec la législation dans d'autres pays européens - l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Grande-Bretagne, la France - notre loi n'a pas de dispositions qui seraient plus dures que celles prévues par des lois similaires dans les pays mentionnés", a-t-il ajouté.

 

 AMENDE DE 25 000 EUROS

Les amendes prévues en cas de rassemblement non autorisé ou en cas de trouble à l'ordre public lors de manifestations ayant reçu l'aval des autorités peuvent aller jusqu'à 300 000 roubles (7 300 euros) pour les personnes physiques contre 5 000 roubles (125 euros) actuellement. Pour les personnes morales - les organisations politiques par exemple - l'amende peut atteindre 1 million de roubles (plus de 25 000 euros). La loi entrera en vigueur dès sa publication samedi dans le journal officiel Rossiiskaïa Gazeta, a souligné le porte-parole de M. Poutine, Dmitri Peskov.

Un rapport d'experts du Conseil consultatif pour les droits de l'homme auprès du Kremlin a jugé jeudi que cette loi violait l'article 31 de la Constitution, qui garantit la liberté de rassemblement. Il a par ailleurs estimé que les amendes instaurées sont "démesurées par rapport aux conditions matérielles de la majorité des citoyens". Enfin, il relève que la loi est trop vague pour garantir les droits des citoyens étant donné que le texte ne précise pas ce qui peut être considéré comme une "infraction à l'ordre public" pendant une manifestation.

La victoire avec près de 50 % des suffrages de Russie unie aux législatives de décembre, obtenue selon l'opposition et des observateurs au prix de fraudes massives, a déclenché une vague sans précédent de contestation ces derniers mois contre le pouvoir de M. Poutine.

 

 "UNE ERREUR À CORRIGER"

L'Union européenne s'est inquiétée jeudi des "possibles implications de cette loi" en soulignant que "des réglementations qui découragent l'engagement civique n'aident pas à atteindre l'objectif" d'un "dialogue constructif" entre l'Etat et la société civile. L'ex-président soviétique et père de la perestroïka, Mikhaïl Gorbatchev, a qualifié la promulgation de la loi d'"erreur". "C'est une erreur et il faudrait la corriger", a-t-il déclaré à l'agence Interfax.

Pour le chef du parti d'opposition Iabloko, Sergueï Mitrokhine, l'entrée en vigueur du texte équivaut à "une interdiction des rassemblements politiques". "Maintenant n'importe qui peut être puni en se voyant infliger un travail d'esclave et une amende folle. Je ne peux pas appeler les gens à manifester en sachant qu'ils risquent la prison", a-t-il ajouté.

L'un des leaders de l'opposition, Boris Nemtsov, a pour sa part promis d'aller jusqu'à la Cour de Strasbourg pour contester cette nouvelle loi "anticonstitutionnelle, qui va à l'encontre de la Convention européenne des droits de l'homme".

La loi entrera en vigueur à quelques jours d'un nouveau rassemblement de l'opposition prévu le 12 juin à l'occasion d'une fête nationale. La mairie de Moscou a autorisé vendredi une marche à laquelle les organisateurs attendent 50 000 personnes et qui débutera à 8 heures GMT place Pouchkine, en plein centre de Moscou, pour finir avenue Sakharov où plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient manifesté en décembre contre les fraudes électorales.

 

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 12:16

 

 

LE MONDE | 07.06.2012 à 14h33 • Mis à jour le 07.06.2012 à 14h33

 Par Marie Jégo

 

Le Kremlin le voulait, la Douma l'a fait. Mardi 5 juin, les députés pro-Poutine de la Chambre basse du Parlement (238 sièges sur 450) ont adopté une loi draconienne qui limite le droit des Russes à se rassembler et à manifester.

Dorénavant, les participants à des rassemblements, autorisés ou non, seront punis de lourdes amendes - de 20 000 à 300 000 roubles, soit 500 à 7 200 euros - s'ils entravent l'ordre public, la circulation des personnes, ou "causent du tort aux plantations". Les plus démunis (le salaire minimum est de 4 600 roubles, soit 112 euros) pourront toujours payer en effectuant des travaux d'utilité publique.

Le président Vladimir Poutine l'a dit : la loi va "renforcer le caractère démocratique de notre Etat". De leur côté, les députés de Russie unie, le parti au pouvoir, assurent que le texte est "conforme à ce qui se fait dans l'Union européenne". Que les législateurs cherchent à protéger l'ordre public, quoi de plus normal ? Théâtre, à l'hiver 2011-2012, de protestations de rue sans précédent contre la "démocratie dirigée" de Vladimir Poutine, la Russie doit réglementer le déroulement des manifestations. Soit.

Mais il faut bien constater que tout est fait en dépit du bon sens. Pour commencer, le texte est si flou qu'il confine à l'absurde. "Une fête de mariage peut tomber sous le coup de la loi si elle se transforme en rassemblement politique et que l'ordre public est violé", explique avec le plus grand sérieux Alexandre Sidiakine, l'un de ses auteurs. Et quelle démesure : fouler la pelouse pendant une manifestation coûtera plus cher que le recel de matériaux nucléaires, puni à l'heure actuelle d'une amende de 5 000 roubles (121 euros) !

Vu de la forteresse des bords de la Moskova, les manifestations sont, il est vrai, plus radioactives que le plutonium, le strontium et le polonium réunis dans un tiroir à chaussettes. Et pour cause, le 12 juin, l'opposition appelle à une nouvelle "marche des millions". Une fois de plus, les rues de Moscou vont retentir du cri des mécontents, cette classe moyenne urbaine avec laquelle l'élite politico-militaire au pouvoir ne veut pas dialoguer. C'est que le Kremlin n'a pas l'habitude d'être chahuté.

Pour que tout soit prêt pour le 12 juin, les députés ont été priés de voter le texte au pas de charge. La procédure aurait dû prendre moins d'une demi-journée, la Douma n'étant "pas un lieu pour les discussions", comme le faisait remarquer jadis son ancien président Boris Gryzlov.

Or, surprise, mardi 5 juin, jour du vote, la Douma a fait sa bronca. Pendant onze heures, les députés de l'opposition (sociaux-démocrates de Russie juste) ont présenté amendement sur amendement, 400 en tout, pour retarder l'adoption de la loi.

Le texte a fini par être voté, mais les députés, fourbus d'avoir tant discuté, ont quitté l'Assemblée aux environs de minuit, du jamais-vu depuis la guerre russo-géorgienne d'août 2008. Si elle reçoit l'aval du Sénat puis le blanc-seing du président, la loi entrera en vigueur d'ici quelques jours. Seule ombre au tableau, son adoption a suscité un tel tollé que le succès de la "marche des millions" est désormais assuré.

Mikhaïl Fedotov, le conseiller du président pour les droits de l'homme, prévoit "une radicalisation de l'humeur protestataire". "La loi est une entrave aux principes d'un Etat de droit et au droit des citoyens à se réunir pacifiquement", a expliqué Alexeï Koudrine, ancien ministre des finances, sur les ondes de la radio Echo de Moscou.

La sénatrice Lioudmila Naroussova, veuve du maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak, le mentor de Vladimir Poutine en politique, aurait aimé lire le texte avant de voter. "Pourquoi tant de précipitation ?", a-t-elle interrogé. Mme Naroussova devrait s'en rendre compte, l'heure est au tour de vis. Sa propre fille, Ksénia Sobtchak, une présentatrice vedette devenue égérie de l'opposition, a disparu du petit écran depuis qu'elle fréquente les manifestations. Aucune chaîne ne veut d'elle désormais.

Il y a aussi les punkettes du groupe Pussy Riot, emprisonnées pour avoir chanté "Sainte-Marie, mère de Dieu, débarrasse-nous de Poutine" dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. Maria Alekhina, Nadejda Tolonnikova et Ekaterina Samoutsevitch encourent sept ans de détention pour "extrémisme". Elles sont en prison depuis quatre mois. La justice les estime bien plus dangereuses que l'ex-policier Dmitri Pavlioutchenkov, l'un des inculpés du meurtre de la journaliste Anna Politkovskaïa, qui vient tout juste d'être renvoyé chez lui en attendant le procès.

En matière de contraventions abusives, rappelons le cas de l'institutrice Tatiana Ivanova, condamnée à 750 euros d'amende pour avoir dénoncé les fraudes aux législatives de décembre 2011, nombreuses dans le bureau de vote no 99 de Saint-Pétersbourg qu'elle présidait.

Elus grâce aux fraudes, les députés de la Douma "savent manier le paradoxe", se gausse Ilia Milstein, éditorialiste du site d'information Grani.ru.

Alors que la crise menace, que le rouble se déprécie, que les indices boursiers chutent, que la fuite des capitaux se poursuit, la Douma veut aider l'Etat à remplir ses caisses. La perception des manifestations, dès lors, sera tout autre. Bientôt, ironise l'éditorialiste, "les manifestants seront perçus comme de bons patriotes, alors que ceux qui restent à la maison seront vus comme des radins, indifférents au sort de la patrie".

jego@lemonde.fr

Marie Jégo

 

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 17:46

Le HuffPost avec AFP  |  Publication: 25/05/2012 08:43 Mis à jour: 25/05/2012 09:04

 

Des images incroyables. Au moins un député a dû être transporté à l'hôpital à la suite de heurts au Parlement ukrainien entre plusieurs dizaines de députés pro-pouvoir et d'opposition qui se sont accrochés autour d'un projet de loi sur le statut du russe dans ce pays.

Des dizaines d'opposants ont d'abord bloqué dans l'après-midi la tribune parlementaire pour tenter d'empêcher l'adoption de ce projet de loi préparé par des parlementaires favorables au pouvoir en place . Le texte élargit les droits d'utilisation officielle de la langue russe dans le pays, ce qui revient de facto, selon l'opposition, à lui donner le statut de deuxième langue d'Etat, à côté de l'ukrainien, même si formellement il ne l'autorise pas.

Le président de l'assemblée, qui devait lancer le vote de la loi, a fini par renoncer à cette idée, mais cela n'a pas calmé les députés d'opposition. Plusieurs d'entre eux se sont jetés sur leurs adversaires, qui ont répondu par des coups de poing, les uns ôtant cravate et veste pour rentrer dans la bagarre, les autres essayant comme ils le peuvent de calmer les esprits.

Un parlementaire d'opposition s'est retrouvé à un moment les jambes en l'air. Un de ses collègues s'est jeté sur un des auteurs du projet de loi controversé et l'a roué de coups.

 

Regardez les images de cette incroyable bagare:

 

 


À l'issue du pugilat, au moins un opposant a été blessé à la tête et transporté à l'hôpital en ambulance, a indiqué un responsable parlementaire. Les députés de la majorité pro-pouvoir ont cependant annoncé que l'examen de ce projet de loi pourrait être poursuivi dès vendredi.

L'Ukraine compte une importante communauté russophone et le statut du russe ne cesse de provoquer des conflits dans cette ex-république soviétique de 46 millions d'habitants, située entre la Russie et l'Union européenne. Faire du russe la deuxième langue d'Etat était une des promesses électorales de l'actuel président Viktor Ianoukovitch dont le parti est en position fragile, selon des sondages, à l'approche des législatives prévues fin octobre.

Une scène politique en proie à des remous, en attendant l'Euro de football

L'Ukraine est en proie à des remous sur sa scène politique, avec notamment l'incarcération depuis août de Ioulia Timochenko, ex-Première ministre et opposante à Ianoukovitch. Elle a été condamnée en octobre à sept ans de prison pour abus de pouvoir et s'était lancée dans une grève de la faim. Son sort pourrait influencer la bonne tenue de l'Euro 2012. Le championnat d'Europe des nations de football doit se tenir dès le 8 juin en Ukraine et en Pologne. François Hollande a laissé entendre qu'il n'ira pas en Ukraine pour l'Euro.

Ce n'est pas du tout la première fois que les hommes politiques ukrainiens montrent le mauvais exemple:

 


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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 15:53
| Par La rédaction de Mediapart

Quelque 550 manifestants contestant la victoire de Vladimir Poutine à l'élection présidentielle ont été arrêtés lundi 5 mars à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Parmi eux, plusieurs dirigeants et personnalités de l'opposition, dont le responsable du Front de gauche, Sergueï Oudaltsov, celui du mouvement Solidarité, Ilia Iachine, l'écologiste Evguenia Tchirikova ou le blogueur spécialisé dans la dénonciation de la corruption, Alexeï Navalny, qui étaient restés avec environ 2 000 personnes sur la place Pouchkine à Moscou après la dispersion d'un rassemblement qui avait réuni 20 000 personnes.

Les résultats officiels donnent 63,6 % à Vladimir Poutine, élu dès le premier tour, contre 17,2 % au communiste Guennadi Ziouganov et 8 % au faux nez du Kremlin, le milliardaire Mikhaïl Prokhorov.

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 14:28

 

Back in the USSR 05/03/2012 à 07h49

Zineb Dryef | Journaliste Rue89 


 

Une femme sort de l'isoloir à Stavropol, le 4 mars 2012 (Eduard Korniyenko/Reuters)

 

 

Face à la foule réunie dans la rue, place du Manège, près du Kremlin, Vladimir Poutine, vainqueur de la présidentielle russe ce dimanche avec 63,9% des voix, a évoqué un scrutin honnête :

« Nous avons gagné ! Nous avons gagné dans une lutte ouverte et honnête. Merci mes amis, nous avons gagné une lutte honnête et ouverte.

Mais ce n'était pas juste l'élection du président de la Russie, c'était un test très important pour nous tous, pour tout notre peuple, un test de maturité politique, d'autonomie et d'indépendance.

Nous avons montré que personne ne peut rien nous imposer, personne ni rien. Nous avons montré que nos concitoyens savent faire facilement la différence entre le désir de renouveau et les provocations politiques dont le but est de détruire notre Etat et d'usurper le pouvoir. » (Traduction : Le Monde)

Le discours de Vladimir Poutine (en russe) (note perso : la vidéo n'est plus accessible...)

Pourtant, les opposants et les associations d'observation du scrutin ont dénoncé des irrégularités massives, malgré l'installation de 180 000 webcams par le pouvoir « pour que chacun puisse suivre le déroulement de l'élection en direct ».

En réalité, ça n'a pas si bien marché que cela, selon les journalistes de l'AFP. Ainsi, certaines urnes étaient invisibles, certaines webcam diffusaient des écrans noirs ou étaient placées hors cadre...

Selon les observateurs de l'OSCE, l'élection a « clairement biaisée en faveur d'un des candidats », de nombreuses « irrégularités » ayant été enregistrées.

Des images montrant un cas de bourrage d'urnes dans un bureau de vote du Daguestan ont largement circulé dans le pays. On y voit deux hommes mettre de nombreux bulletins dans l'urne, sans se presser. Ce cas, très médiatisé, a valu à ce bureau de voir ses résultats annulés.

 

 

Bourrage d'urnes au Daguestan

 

Dans un reportage du Figaro suivant les observateurs de l'ONG Golodans à Saint-Petersbourg, la conclusion de leur journée est plutôt pessimiste. Sur 1 753 bureaux de vote de Saint-Pétersbourg, ont été observé, :

« Plus de 260 incidents [...] dont 14 cas de bourrage d'urnes, 16 cas de vote sous une fausse identité et 199 situations dans lesquelles nos observateurs ont été refoulés des bureaux de vote. »

Les opposants et diverses associations s'organisent désormais pour remettre en cause le scrutin :

 


Les élections du 4 mars 2012 en Russie (DR)

 

  • en invalidant le scrutin dans les bureaux de vote où des fraudes ont été constatées : une association recense sur une carte participative tous les incidents dont ses observateurs et dont les internautes ont eu connaissance ;
  • en descendant dans la rue : le parti d'opposition Iabloko a annoncé qu'il se joindrait aux manifestants de ce lundi soir, décidés à se rassembler « en masse » pour contester la victoire de Vladimir Poutine.

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 14:27

Lettre de Russie | LEMONDE | 01.03.12 | 14h21   •  Mis à jour le 01.03.12 | 14h24

par Marie Jego (Lettre de Russie)

 
 

Plus la présidentielle du 4 mars approche, plus les nerfs sont à vif. Chaque camp fourbit ses armes. Chez les "anti-Poutine", une armée d'observateurs s'apprête à surveiller le vote pour empêcher les fraudes. Rien qu'à Moscou, des dizaines de milliers de volontaires, formés par les ONG, vont tenter d'empêcher la répétition du scénario joué aux législatives de décembre 2011 : urnes bourrées dès l'ouverture des bureaux de vote, réécriture des protocoles de décompte des voix après leur fermeture.

Pour Vladimir Tchourov, le président de la commission électorale centrale, les observateurs sont un casse-tête. Trop nombreux, ils sont une source potentielle de déstabilisation. En conséquence, ils pourront "être expulsés des bureaux de vote" à tout moment, a-t-il prévenu.

Le "magicien" des élections, comme l'a surnommé le président Dmitri Medvedev, se donne beaucoup de mal pour que tout se déroule conformément aux voeux du Kremlin : en un tour et avec une confortable majorité des voix pour le premier ministre Vladimir Poutine, candidat à un troisième mandat et donné favori par tous les instituts de sondage (entre 50 % et 66 % des suffrages).

Des primes confortables ont ainsi été promises aux membres des commissions électorales de quartiers en cas de victoire du "leader national" dès le premier tour. "L'élection est un plaisir qui coûte cher", expliquait récemment le président de la Cour des comptes, Sergueï Stepachine. Elle peut "conduire à des pertes financières excessives", a renchéri le député Andreï Issaev, membre du parti pro-Kremlin Russie unie. Voilà pourquoi les employés des commissions électorales locales seront gratifiés si le scrutin n'a qu'un tour. Contribuer à économiser les deniers publics, voilà qui mérite récompense.

La tension est montée d'un cran mercredi 29 février, quand Vladimir Poutine, visiblement très agité, s'en est pris à l'opposition, l'accusant de préparer des fraudes électorales ainsi qu'un assassinat. "Ils cherchent une victime sacrificielle parmi des gens célèbres. Ils sont capables de flinguer quelqu'un et d'accuser ensuite le pouvoir", a-t-il déclaré, lors d'une rencontre avec les représentants de son comité de soutien. "Je connais ces méthodes et cette tactique, cela fait dix ans qu'ils tentent de le faire", a ajouté l'ancien lieutenant-colonel du KGB, friand de roman noir.

Qu'on se le dise, les opposants "vont eux-mêmes bourrer les urnes (...) et présenter des plaintes eux-mêmes" pour discréditer le pouvoir, a affirmé M. Poutine, également amateur des scénarios de fiction. Ces déclarations sont une façon d'annoncer la fraude électorale à venir. Le plus inquiétant est évidemment l'allusion à l'assassinat d'une personne célèbre. Tout le monde garde ici en mémoire les meurtres des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme - Anna Politkovskaïa en 2006, Natalia Estemirova en 2009 et bien d'autres opposants moins connus - restés non élucidés à ce jour.

Dans les cuisines des appartements, dans les cafés, à travers la blogosphère, chacun est persuadé que Vladimir Poutine, une fois élu, va serrer la vis. Dans cette optique, chaque camp se prépare au 5 mars, le lendemain du vote. C'est comme si l'élection était déjà terminée avant d'avoir eu lieu.

Mercredi 29 février, le blogueur Alexeï Navalny a prévenu que la victoire du candidat Poutine ne serait pas reconnue par l'opposition. Le même jour, au centre de Moscou, des militants anti-Poutine ont tenté de distribuer des tentes, en prévision de manifestations de longue durée. Ils en ont été empêchés par la police et des membres de la jeunesse poutinienne. Depuis peu, pro et anti-Poutine se disputent les places du centre de la capitale, en vue des manifestations de l'après-4 mars.

Même les terroristes ne pensent qu'à l'après-élection. "Notre objectif final était d'aller à Moscou pour tenter d'assassiner Poutine après la présidentielle", a confessé Adam Osmaev, arrêté le 4 février à Odessa, en Ukraine, alors qu'il préparait un attentat contre le numéro un russe. Encadré par deux gardes masqués, le prévenu Osmaev, le visage tuméfié et badigeonné de zelionka (liquide vert iodé), a été montré sur toutes les télévisions en train de faire des aveux.

Cette confession, visiblement arrachée sous la torture, n'était guère convaincante. La ficelle est un peu grosse. Lors de leur arrestation, Adam Osmaev et ses complices avaient été décrits par les services ukrainiens comme préparant un attentat contre un oligarque ukrainien. A quelques jours de la présidentielle, ils sont présentés désormais comme des terroristes tchétchènes complotant contre le Kremlin. Selon la version officielle, ils sont venus des Emirats arabes unis jusqu'à Odessa pour s'entraîner à mettre une bombe sous le cortège de Vladimir Poutine à Moscou.

La nouvelle a suscité des commentaires sarcastiques dans les médias et dans la blogosphère. "Réel ou pas, le projet d'attentat a été annoncé par la première chaîne, six jours avant la présidentielle. C'est un attentat qui tombe bien", a raillé Oleg Kachine, le commentateur politique de la radio Kommersant FM. "S'agit-il d'un attentat réel ou d'une blague ?", a interrogé le tabloïd Moskovski Komsomolets. "En Papouasie, des cannibales ont été arrêtés car ils préparaient un attentat contre Vladimir Vladimirovitch Poutine. Ils comptaient le manger juste après l'élection", ironise le blogueur Aristocle.


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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 14:58

Point de vue | LEMONDE | 27.02.12 | 13h29   •  Mis à jour le 27.02.12 | 14h09

 
 

L'année est riche en élections présidentielles. Mais alors que la lutte sera intense en France et aux Etats-Unis, le résultat de la présidentielle du 4 mars en Russie ne semble guère faire de doute. Pourtant, cette absence de suspense quant au résultat ne doit pas laisser croire que l'enjeu est limité.

D'un point de vue occidental, la permutation de poste de Vladimir Poutine, qui devrait quitter ses fonctions de premier ministre pour redevenir président - ce qui lui aura permis de contourner la règle interdisant au président d'exercer plus de deux mandats consécutifs - pourrait laisser penser qu'il s'agit d'un "business as usual" dans le petit monde fermé du Kremlin. Mais ce n'est pas ainsi que l'ont perçu mes concitoyens, insultés par cette perspective inouïe de devoir supporter un président inamovible pendant la prochaine décennie, voire plus. Les pauvres, la classe moyenne et les riches sont descendus dans la rue, rendus furieux par les basses manoeuvres et autres arrangements qui ont marqué les élections législatives de décembre 2011. Ce mouvement, soutenu même par les élites, a changé l'équation et réduit en poussière le mythe persistant selon lequel les masses tiennent à M. Poutine parce qu'il incarnerait la stabilité.

M. Poutine a réagi en se moquant des manifestants, allant jusqu'à prétendre qu'il avait confondu le ruban blanc symbole de cette opposition avec celui employé pour promouvoir le port du préservatif. Les pouvoirs publics ont, quant à eux, réagi avec discrétion en lançant des réformes qui permettent l'enregistrement de nouveaux partis politiques pour les prochaines élections à la Douma, et le retour à l'élection, plutôt que la nomination, pour la désignation des gouverneurs de régions. Sans le vouloir, ces utiles réformes pourraient constituer le catalyseur de transformations plus fondamentales.

Elles donnent l'espoir que les graines de la modernité peuvent être plantées dans le sol russe sous la forme de candidats de valeur pour la haute fonction publique. Des personnalités de l'opposition capables de relever le défi posé par les structures du pouvoir pourraient émerger. D'ici là, l'opposition politique devra se rassembler en deux ou trois nouveaux partis, aux capacités suffisantes pour dépasser le statu quo et permettre d'éviter le piège du Kremlin consistant à diviser pour mieux régner sur une myriade de petits groupes rivaux.

S'il s'agit là d'une vision à terme, que peut-on attendre de l'élection ? Mon espoir est que la participation sera forte et que mes chers concitoyens prendront le temps d'étudier les quatre candidats participant au scrutin, même si nombre d'électeurs ont préféré trouver d'autres noms, qui n'ont pas été autorisés à participer. En 2004, la dernière fois que M. Poutine était candidat à la présidentielle, il l'a remporté au premier tour. Nous verrons bien ce qu'il va advenir cette fois. Mais soyons clairs : s'il est contraint à un second tour, alors la situation sera différente.

Un second tour signifierait que le changement que nous attendons est en chemin : qu'une évolution, et non une révolution, est possible. Nous ne voulons pas du sang qui a abreuvé les rues de différentes capitales, mais nous souhaitons que les choses changent. C'est la mission de notre génération que de changer sans guerre civile les paradigmes de la Russie.

Les abus de pouvoir des dirigeants ont trop longtemps été notre lot. Nous devons moderniser notre économie, construire une société civile authentique, mettre fin au nihilisme légal et éradiquer la corruption. Nous devons faire cela pour permettre à nos enfants et petits-enfants d'avoir une vie meilleure. Nous devons le faire aussi pour notre pays, ce pays que nous aimons et qui doit prospérer et s'adapter à un monde en mouvement.

Il suffit pour s'en convaincre d'analyser les tenants et aboutissants des révolutions arabes. Les situations de ces pays et de la Russie sont différentes, mais l'on peut trouver des points communs. D'abord, du Caire à Damas, de Moscou à Magadan, les citoyens veulent être traités avec respect et dignité - mon pays ne fait pas exception !

Ensuite, les révolutions arabes nous ont montré que personne ne peut retenir la puissance des nouvelles technologies pour informer et mobiliser. La technologie a rendu le pouvoir au peuple. D'ici dix ans, les classes moyennes russes éduquées représenteront la majorité de la population. Elles demanderont leur place autour de la table, dans un système démocratique et pluraliste et n'accepteront pas qu'on la leur refuse.

Personne ne s'attend à ce que cela se produise en une nuit, mais le vote du 4 mars offre une chance de mettre fin au monopole du pouvoir du probable président. Nous ne devrions pas redouter cela. En forçant la tenue d'un second tour, nous mettrons le pays sur le bon chemin. Le pouvoir présidentiel, qui jusqu'à présent n'écoutait personne, sera contraint de commencer à tendre l'oreille aux désirs du peuple qu'il est censé servir. L'Etat, qui jusqu'à présent considérait comme acquis son pouvoir monopolistique, devra modérer son comportement. Les politiciens, qui se sont regroupés en opposition, pourraient devenir une force à qui parler, une voix pour exprimer les pensées et les vues de ceux qui étaient jusque-là ignorés. Le pouvoir serait contraint d'engager des négociations avec l'opposition et une transition en douceur, réelle, pourrait débuter.

J'apprécierais aussi un changement de comportement de la part des pays occidentaux. Ils devraient cesser de faire la danse du ventre devant un tuyau de gaz ! Ils doivent parler haut et fort, d'une seule voix, pour réclamer de vraies réformes démocratiques. Il est temps pour eux de reconnaître que le seul moyen de garantir, à long terme, un développement harmonieux de nos relations est d'arrêter de se cacher derrière le mythe de la stabilité pour légitimer un régime qui déçoit son propre peuple - un peuple qui est en train de se réveiller.

Et donc je vous demande de regarder de près les résultats de cette élection. En France et aux Etats-Unis, le vote revient à choisir entre de vraies visions politiques alternatives. Dans mon pays, le calcul électoral est plus simple : choisir Poutine au premier ou au second tour. Mais ne vous y trompez pas ! Le retour du "président Poutine" au Kremlin, après soit avoir manipulé les votes au premier tour, soit avoir été forcé à un second tour, alertera le monde que de vrais changements sont en cours en Russie. Un changement politique inéluctable. Et bienvenu.


Ancien président de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski a été condamné à 14 ans de prison et incarcéré dans une colonie pénitentiaire de Karélie. Il est reconnu prisonnier de conscience par Amnesty International.

Mikhaïl Khodorkovski

 


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