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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 14:33

 

lapresse.ca

Publié le 22 juillet 2012 à 23h58 | Mis à jour le 23 juillet 2012 à 05h00

Plusieurs centaines de personnes ont convergé dimanche après-midi... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche)

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Plusieurs centaines de personnes ont convergé dimanche après-midi devant l'Assemblée nationale à l'appel de la CLASSE.

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

Samuel Auger

Samuel Auger
Le Soleil

(Québec) Les étudiants ont profité de la traditionnelle manifestation du 22 de chaque mois pour reprendre les rues de la capitale. Près d'un millier de carrés rouges ont déambulé dimanche après-midi dans les rues de la capitale pour dénoncer la hausse des droits de scolarité et les «politiques néolibérales» du gouvernement libéral de Jean Charest.

Un habitué des manifestations dans la capitale, «Banane... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche) - image 1.0

 

Un habitué des manifestations dans la capitale, «Banane rebelle», venu cette fois-ci avec sa famille : «Banane junior» et «Banane senior».

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

«Il y a peut-être eu moins de votes de grève dans la région de Québec, mais on voit que la région est toujours active», a lancé Jeanne Reynolds, une des porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

Plusieurs centaines de personnes ont convergé dimanche après-midi devant l'Assemblée nationale à l'appel de la CLASSE. L'association étudiante s'est dite satisfaite de la mobilisation en plein milieu des vacances estivales. «Il y a un eu ralentissement à Montréal et à Québec, ce qui est tout à fait normal», a plaidé Jeanne Reynolds. «Beaucoup d'étudiants sont au travail pour financer leurs études, et plusieurs autres sont retournés dans leurs régions.»

La CLASSE, frange plus radicale du mouvement étudiant, se prépare activement à une éventuelle campagne électorale estivale. Un scrutin à la fin de l'été pourrait toutefois coïncider avec la rentrée collégiale et universitaire, compliquant ainsi la tâche pour la mobilisation étudiante. «C'est quelque chose qu'il va falloir discuter avec nos membres», reconnaît Jeanne Reynolds. «Avec la loi 78, nous allons devoir reprendre trois mois de scolarité en six semaines. Ça va être très étrange et très difficile.» Avec un horaire aussi chargé, la CLASSE se demande quand les étudiants trouveront le temps de manifester.

Le mouvement étudiant croit aussi que la qualité du diplôme sera moindre cet automne en raison des réaménagements. «On voit que ce qui compte pour le gouvernement, c'est le diplôme, pas la qualité du diplôme. C'est dans la philosophie du gouvernement», dénonce Jeanne Reynolds.

 

Ambiance festive

La marche de la manifestation a pris son envol un peu après 14h dimanche. Les centaines de porteurs de carré rouge ont déambulé sur les grandes artères de la haute ville avec la collaboration des policiers, même s'ils avaient choisi de ne pas remettre leur itinéraire à l'avance. La loi spéciale 78 du gouvernement de Jean Charest force les manifestants à fournir leur trajet au moins huit heures à l'avance aux policiers.

L'ambiance se voulait festive, et les bruits des casseroles ont cédé la voie dès le départ à un concert de tubas, trombones et autres cuivres.

Un habitué des manifestations dans la capitale, «Banane rebelle», a une de fois plus galvanisé les foules. «Depuis février au Québec, il se passe quelque chose de beau, et c'est pour ça que je suis avec vous dans la rue», a lancé le coloré personnage, venu cette fois-ci avec sa famille : «Banane junior» et «Banane senior».

 

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 14:04

 

Rue89 - Témoignage -Francis Dupuis-Déri- 
02/07/2012 à 11h44
Depuis février 2012, la grève étudiante en réaction à la hausse de 75% des droits de scolarité à l’Université ne s’essouffle pas. Une grève dont il était difficile de prévoir qu’elle se transformerait en vaste mouvement populaire.

En réaction à la Loi spéciale 78, qui limite le droit de manifester et d’association, le bruit des casseroles a commencé à se faire entendre dans des quartiers jusqu’alors apolitiques. Et voilà que sont lancés, depuis la fin mai, des appels à des assemblées populaires de quartier.

Au départ, quatre voisines et voisins qui boivent quelques bières le soir sur leur balcon, discutant de la grève étudiante et s’inquiétant de son possible essoufflement. La question : comment maintenir la mobilisation ou même provoquer sa relance ?

Sont alors évoquées des pique-niques politiques qu’organisent des militantes et militants dans un quartier voisin, et surtout les assemblées de quartier en Argentine, lors de la crise financière il y a plus de dix ans. Personne sur ce balcon n’y a participé, mais on en connaît l’histoire, à tout le moins sous forme de mythe.

L’idéal démocratique retrouvé sous forme participative

L’idée émerge alors d’appeler une assemblée de quartier, à Montréal. D’autres bières sont ouvertes, un ordinateur allumé et la rédaction collective de l’appel est bouclée rapidement. Le lendemain, des tracts sont distribués dans les boîtes aux lettres et des affiches apparaissent sur la rue.

Une première assemblée aura lieu dans le petit parc Hector Prud’homme, du quartier Rosemont/Petite-patrie, le samedi 26 mai. Environ 150 personnes ont répondu à l’appel, tiennent assemblée et décident de se revoir, le samedi 2 juin.

Il y a bien là une réappropriation de l’idéal démocratique qui se conjugue ici sous sa forme participative et directe. D’ailleurs, lors des premières discussions libres, on débat du sens du mot « démocratie ». A un résident qui appelle à la mobilisation « des jeunes » aux prochaines élections provinciales, un autre répond que « la démocratie, c’est ici ; ce n’est pas élire quelqu’un pour nous gouverner ».

Fait cocasse : quelques jours après cette première assemblée, des affiches apparaissent appelant à la tenue d’une assemblée de quartier le 10 juin… Il s’agit d’une initiative lancée par d’autres voisins, eux aussi réunis un soir sur un balcon pour boire des bières, et qui ont eu exactement la même idée ! Une preuve que ce désir de se réunir en assemblée était bien partagé.

Des agoras populaires dans la rue

Rapidement, le compte-rendu de la première assemblée du 26 mai circule par courriel, accompagné d’une invitation à reproduire l’expérience un peu partout. La fin-de-semaine suivante, le 2 juin, plusieurs assemblées se tiennent. Il y a eu depuis des Assemblées populaires autonomes de quartier (APAQ) dans au moins huit quartiers de Montréal, et ailleurs au Québec dans les municipalités de Gatineau et de Mont-St-Hilaire.

Il ne s’agit pas encore d’un vaste mouvement de masse, mais le phénomène est tout de même étonnant, et dénote une volonté de vivre la démocratie autrement, réellement. Alors qu’au début de la grève, le mouvement est passé de l’agora étudiante (les assemblées générales étudiantes) à la rue, c’est maintenant la rue (les manifestations de casseroles) qui se dote d’agoras populaires.

Chaque assemblée est différente. Certaines comptent une trentaine de participantes et participants, alors que d’autres en comptent une centaine. Après avoir rappelé qu’elle se tient sur un territoire dérobé au peuple Mohawk, l’animatrice de la première assemblée de Rosemont/Petite-patrie a expliqué qu’il s’agit d’un espace non partisan, où la parole doit circuler de manière égalitaire, c’est-à-dire non-raciste et non-sexiste. La parole sera d’ailleurs accordée en priorité aux personnes qui s’expriment pour la première fois et en alternance homme et femme.

Pas de préfabriqué pour constituer une démocratie directe

Après une période de discussion libre sur la situation politique et sociale, l’assemblée se divise par affinités en sous-groupes ou « comités », pour discuter de répression policière, de mobilisation locale, d’éducation populaire, d’activités festives, d’action politique.

Ces comités vont se développer sur une base permanente, étant à la fois liés à l’assemblée et pourtant autonomes. D’autres assemblées se sont dotées d’un groupe de réflexion politique. On parle parfois de s’approprier un espace qui serait autogéré. D’autres discutent de la rédaction d’un manifeste des assemblées.

Quelques débats plus tendus portent sur le rôle que devraient jouer, ou non, les assemblées lors de ces élections, ou encore des possibilités d’arrimage, ou non, avec le réseau Occupy. Des tensions surgissent aussi au sujet de la meilleure structure a adopter pour faire fonctionner l’assemblée et ses comités : il n’y a pas de modèle préfabriqué pour constituer une démocratie directe. Par définition, ce sont celles et ceux qui y participent qui doivent s’entendre pour la constituer selon leur volonté.

Et de l’agora, retour à la rue. La veille de la fête nationale du Québec, le 23 juin, des assemblées ont appelé à une mobilisation inter-quartiers des casseroles. Cette manifestation a marché jusqu’au centre ville de Montréal pour rejoindre la manifestation nocturne.

Mais avec l’été qui est définitivement arrivé et les vacances qui approchent, personne ne peut prédire si la mobilisation se maintiendra, que ce soit sous forme de manifestations ou d’assemblées.

Mais déjà, l’automne québécois s’annonce chaud.

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 12:05
| Par Iris Deroeux

De notre envoyée spéciale au Québec

 

Jeudi soir 21 juin, une petite foule, faiblement éclairée par des lumières rouges, se presse au cabaret La Tulipe, lieu historique dans le quartier bobo du plateau Mont-Royal à Montréal. La couleur est de circonstance. Jeunes et moins jeunes viennent célébrer la sortie d’un ouvrage dédié au mouvement étudiant, carré rouge bien en vue. Pour un Printemps est un livre de 306 pages honorant la naissance de ce printemps de lutte sociale au Québec. Chants en français et lectures de poésie engagée se succèdent sur scène tandis que les livres se vendent comme des petits pains.

Est-il déjà l’heure de mettre le carré rouge sur un rayon de bibliothèque ? Pas vraiment. Les étudiants et Québécois présents semblent plutôt avoir besoin de se rassurer en feuilletant un bel ouvrage donnant à voir la moisson d’idées déjà récoltée. Car plus de quatre mois après le début de la grève, le dialogue entre le gouvernement québécois et les étudiants est toujours aussi inexistant, les universités ont fermé leurs portes et une certaine fatigue se fait sentir.

 

 
© La Montagne Rouge

Le gouvernement libéral de Jean Charest campe sur ses positions et refuse de revenir sur la hausse des frais de scolarité ou de mettre en place des états généraux de l’éducation, comme le demandent les étudiants afin de réfléchir au financement de l’université. Préférant la stratégie de la loi et de l’ordre, il a fait voter la loi 78 le 18 mai dernier, une loi spéciale signant l’arrêt des cours – et par conséquent de la grève – jusqu’au 17 août, date à laquelle la session universitaire doit reprendre.

La loi interdit d’entraver l’accès aux cours et limite le droit de manifester en rendant illégaux les rassemblements de plus de 50 personnes sans en alerter la police au préalable ainsi que les piquets de grève à l’entrée des facs, passibles d’amende allant de 1 000 à 125 000 dollars.

« De quoi tuer le mouvement », s’inquiète Noémie, étudiante en cinéma et membre de la Boîte Rouge, qui documente la lutte étudiante et diffuse ses images sur les réseaux sociaux (nous en avions parlé ici). La Boîte rouge couvre l’événement au cabaret La Tulipe. Gabriel, l’un des fondateurs du collectif, se dit épuisé, mais toujours aussi déterminé : « Rien n’est réglé ! Le retour en classe sera donc un retour en grève », assène-t-il.

En attendant, « l’été est peut-être une pause nécessaire, car on s’essouffle », ajoute-t-il, précisant qu’il a commencé un job d’été à plein temps, comme de nombreux étudiants. Le lendemain, il ne pourra se rendre à la grande manifestation mensuelle du 22, la quatrième du genre, un bon thermomètre de la mobilisation. En ce mois de juin, elle a lieu à la fois à Montréal et à Québec.

À Montréal, où la marche était organisée par la fédération étudiante de la CLASSE (Coalition large de l’Assé), 10 000 personnes se sont rassemblées, moins que le mois dernier mais assez pour prouver que le mouvement est vivace. Ont défilé des étudiants, des actifs, des retraités, des familles, des associations et des partis d’opposition tel que Québec Solidaire, très populaire chez les étudiants grévistes… Arborant le carré rouge, ils ont croisé sur leur chemin des habitants sortis sur leur palier, casseroles en main, pour afficher leur soutien. À découvrir en images ci-dessous (cliquer sur l'image pour lancer le portfolio). (*A voir sur le site de Médiapart )


Cliquer sur l'image pour lancer le portfolio 

Cliquer sur l'image pour lancer le portfolio© Iris Deroeux

Le mouvement s’est transformé, mais il divise toujours autant

« La morphologie du mouvement a changé depuis le passage de la loi 78 », analyse Marcos Ancelovici, sociologue spécialiste des mouvements sociaux à l’université McGill de Montréal. « En suspendant les cours, cette loi a vidé l’espace physique où se retrouvaient les étudiants, mais elle a fait entrer d’autres segments de la population dans le mouvement. Considérée comme une loi menaçant les libertés individuelles, elle a mobilisé des Québécois qui ne s’étaient pas forcément penchés sur la question universitaire. Des centaines de juristes ont par exemple manifesté fin mai, un public a priori pas très enclin à descendre dans la rue », poursuit le chercheur qui estime que le mouvement devient ainsi plus solide.

« Avant le passage de la loi 78, on soutenait le mouvement individuellement, par sympathie avec la cause étudiante. Après le vote, nous avons officiellement pris position pour condamner la loi », explique Christian Simard, président de l’association écologique Nature Québec et ancien député du Bloc Québécois (parti fédéral souverainiste et social-démocrate), qui tient à manifester ce 22 juin. L’occasion de dénoncer haut et fort « la politique environnementale catastrophique de ce gouvernement ». Stimulé par le mouvement étudiant, l’ancien député salue la « renaissance du collectif » en cours selon lui.

 

 
© La Montagne Rouge

Cette « renaissance » prend notamment la forme d'assemblées de quartiers, une nouveauté née suite au passage de la loi 78. « Au lendemain du vote de la loi, les manifestations de casseroles ont commencé dans différents quartiers de Montréal, de manière spontanée. Mais au bout de dix jours, les casseroles finissent par lasser… Début juin, ces manifestations ont donc donné naissance à des assemblées de quartiers, qui réunissent entre 50 et 100 personnes chaque semaine », explique le sociologue Marcos Ancelovici.

Une page Wiki a été créée afin de recenser toutes les assemblées baptisées « assemblées autonomes de quartiers ». Ici, le blog de l’assemblée populaire et autonome du quartier Rosemont-Petite patrie donne un bon aperçu des débats qui s’y tiennent.

« Ce sont des groupes de voisins de tous les âges qui tiennent ainsi à entretenir la mobilisation et qui expriment finalement un désir fort de participation. Y sont abordés des thèmes fédérateurs comme le débat sur la hausse des frais de scolarité et les conséquences de la loi 78, mais aussi d’autres sujets politiques », poursuit le chercheur.

Ce genre d’initiative prouve bien que le mouvement n’est plus seulement étudiant et qu’il révèle d’autres fractures. Organisant une table ronde sur ce conflit, le 13 juin dernier, l’Institut du Nouveau monde à Montréal – un think tank dont l’objectif est de favoriser la participation citoyenne – a ainsi organisé un sondage parmi les quelques 300 personnes réunies afin de demander à chacune : « Que cache le mouvement étudiant pour durer si longtemps ? » En première place, venait la réponse « un conflit entre la social-démocratie et le libéralisme », en deuxième, « un désir de démocratie participative » et en troisième position, « un contexte pré-électoral ». 

Participant à cette table ronde, le sociologue et chroniqueur Mathieu Bock-Côté, auteur de Fin de cycle, Aux origines du malaise politique québécois (aux éditions Boréal), estime que ce conflit indique « le désir d’un remplacement, le besoin de nouveaux termes pour définir le jeu politique ».

« Le gouvernement Charest a induit une forte dose de cynisme, il a créé une sorte de sécheresse démocratique, il ne comble pas notre besoin d’idéal », analyse le chercheur, pour qui cette longue crise a tout de même des effets dommageables. « Le débat se polarise, se radicalise. Une part significative du Québec, surtout en dehors de Montréal, n’embarque pas dans la crise et cela affecte le lien social. Pour l’instant, ce mouvement provoque un certain enivrement, mais ensuite il faut s’attendre à la gueule de bois », conclut-il, un peu inquiet.

 

 
© Iris Deroeux

Une analyse que ne partage pas le sociologue Marcos Ancelovici, pour qui « le progrès social ne se fait pas dans l’unanimité, mais dans le conflit. Il y a toujours une opposition, ça vaut pour les droits des femmes, les droits des gays… C’est la façon dont les sociétés évoluent ». Mais à court terme, il est aujourd’hui difficile d’entrevoir l’évolution du conflit étudiant et l’issue de cette crise.

L’issue de la crise et la perspective d’élections anticipées

Pour les étudiants, il s’agit d’abord de rester mobilisés et visibles d’ici le 17 août, date de reprise de la session universitaire, qui marquera sans doute le retour de la grève. « La clé, c’est d’aller informer », estime Noémie, 19 ans, l’étudiante en cinéma de la Boîte Rouge. « Ça commence dans nos familles ! Mes parents habitent à Québec, c’est un autre monde, ils ne comprennent pas notre démarche. C’est triste, mais ce n’est pas de leur faute. Leur seule source d’information, c’est la chaîne de télévision TVA. Alors ces temps-ci, je prends le temps de leur parler, même si c’est difficile de jouer le rôle du donneur de leçon face à ses parents. »

Les syndicats étudiants partagent cette volonté d’aller dialoguer avec un public réfractaire ou mal informé : cet été, la FEUQ – le plus grand syndicat étudiant – compte aller expliquer sa position sur la hausse des frais de scolarité dans les nombreux festivals de la région ; la CLASSE – la fédération étudiante qui enregistre la plus grande part de grévistes et dont le message est le plus radical – veut organiser une série de conférences à travers le Québec.

 

 
© La Montagne Rouge

Pour Jeanne Reynolds, 20 ans, l’une des porte-parole de la CLASSE, l’objectif ultime serait que le mouvement étudiant donne lieu à une grève générale à la rentrée. « Nous sommes en train d’écrire un manifeste en nous inspirant du manifeste du Refus Global de 1948, écrit par Paul-Emile Borduas, qui dénonçait l’immobilisme de la société québécoise et qui a joué un rôle important dans la Révolution Tranquille des années 1960 », explique-t-elle. « Et nous étudions la possibilité d’une grève générale avec différentes organisations, comme la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics », poursuit-elle, en faisant référence à ce regroupement d’une centaine d’associations communautaires et de syndicats québécois. Formée en 2010 « afin de contrer les intentions néo-libérales du gouvernement Charest », et les coupes dans les services publics, elle prône la grève générale comme moyen d’action (voir leur site ici)« La question des frais, c’est la pointe de l’iceberg. Nous, nous souhaitons renverser l’ensemble de la politique néo-libérale », résume Jeanne.

Ainsi, plusieurs options se profilent pour la mi-août : un retour en classe, peu probable ; la poursuite de la grève étudiante malgré les interdictions et les amendes prévues par la loi 78 ; une grève dépassant le cadre étudiant, si d’autres syndicats la rejoignent. « Le mouvement risque de redémarrer de plus belle et nous verrons alors tous les effets de la loi 78. Selon cette loi, les professeurs sont obligés de donner cours… Mais les profs ne sont pas des robots ! Comment vont-ils faire, voter une grève, se mettre dans l’illégalité ? Quelle présence policière va se déployer ? », s’interroge Mathieu Bock-Côté.

Il précise que l’autre option de plus en plus probable est la tenue d’élections anticipées en septembre, si le Premier ministre Jean Charest en décide ainsi. « Ça peut être une stratégie gouvernementale payante pour sortir de la crise », note le sociologue Marcos Ancelovici. « Il faut savoir que le gouvernement Charest était au plus bas dans les sondages avant le déclenchement de la grève, en février dernier. Face au mouvement étudiant, il a opté pour la ligne dure, en faisant le pari de la loi et de l’ordre. C’est un geste calculé, qui permet de faire oublier son bilan et les accusations de corruption sur lesquelles se penche actuellement la Commission Charbonneau », poursuit-il, soulignant que sa réélection couperait court à tout projet de négociation avec les étudiants.

Selon un sondage réalisé auprès de 1 000 personnes par le quotidien Le Devoir et l'agence Léger-Marketing, 55 % des Québécois souhaitent que le Premier ministre convoque des élections d'ici à la mi-septembre, soit plus d'un an avant la fin du mandat de son gouvernement. Selon cette étude, si les élections avaient eu lieu durant la semaine du sondage, celle du 11 juin, les deux grands partis auraient été au coude à coude, avec 33 % des intentions de vote pour le Parti libéral de Jean Charest (et 56 % chez les non francophones), et 32 % pour le Parti Québécois.

Du côté de l’opposition, il n’a échappé à aucun étudiant que Pauline Marois, à la tête du Parti Québécois (PQ, social-démocrate), venait de retirer son carré rouge, comme si elle se préparait bel et bien à entrer dans une course où une sympathie trop affichée pour le mouvement pourrait lui porter préjudice… Des membres de la société civile ont déjà lancé un « appel au Front uni », espérant que les partis d’opposition s’unissent pour mettre fin à l’ère Charest, du PQ à Québec Solidaire en passant par Option nationale. Sans grand succès pour le moment.

 

 
© Iris Deroeux

Mais si une campagne électorale se profile, elle risque d'éclipser le mouvement. « La perspective d’élections ne nous enchante pas vraiment, note Jeanne Reynolds, de la CLASSE, aucun parti ne peut satisfaire l’espoir de la population. » « Nous privilégions la démocratie participative, plutôt que quatre ans d’endormissement une fois les élections passées, alors nous poursuivrons notre mobilisation », explique-t-elle. « Face à la colère actuelle, il n’y a pas de réponse électorale précise possible », analyse Marcos Ancelovici, pour qui ce mouvement est aussi « le signe d’un désenchantement face aux grandes institutions tels que les partis.» 

Interrogés sur leur vote si jamais des élections se tenaient à l’automne, les étudiants sont en effet hésitants. Certains mentionnent leur attachement à Québec solidaire, ce petit parti qui partage leur vision, ne serait-ce que sur la gratuité de l’éducation, mais ils disent aussi que c’est un vœu pieu, « un idéal », et pas forcément la meilleure solution pour se défaire du gouvernement Charest. Ainsi, lorsque les étudiants portant le carré rouge parlent de partis, leur enthousiasme et leur langage si riche pour défendre une société plus juste semblent s’évanouir un instant. Ils sont entrés en politique, mais autrement.

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 14:53

 

Isabelle Porter   24 juin 2012 10h19  Musique
Drapeaux et carrés rouges se sont côtoyés, hier sur les Plaines.
Photo : Renaud Philippe
Drapeaux et carrés rouges se sont côtoyés, hier sur les Plaines.
Québec - Les artisans de la Fête nationale ont cherché avec un certain succès à rassembler les carrés de toutes les couleurs autour hier soir. Mais à Québec, les gens sont venus en moins grand nombre que par le passé.

Malgré le beau temps, la cuve naturelle dans laquelle se massent les foules des Plaines était loin d’être remplie quand le spectacle a débuté vers 21h.

Était-ce un impact des tensions sociales? Le signe d’une crainte? Une réaction aux mesures de contrôle imposées par la Ville? Le directeur de la Fête nationale, Gilles Grondin n’osait se prononcer. «Les gens arrivent plus tard, je ne sais pas, je ne suis pas capable de l’expliquer », a-t-il déclaré.

Vendredi, l’organisation avait lancé un appel à la trêve. Les carrés de toutes les couleurs seraient les bienvenus avait annoncé Biz de Loco Locass, mais on invitait les gens à penser plus au bleu et au Québec.

Pas de casseroles

La Fête nationale avait aussi demandé à une agence privée de sécurité de confisquer toutes les casseroles à l’entrée du site des spectacles. Ce contrôle venait s’ajouter au périmètre instauré par la ville de Québec pour empêcher les gens d’apporter de l’alcool ou des feux d’artifice sur le site des célébrations.

M. Grondin a justifié l’interdiction concernant les casseroles par «la sécurité». On n’en voulait pas au même titre qu’on ne voulait pas de bouteilles qui pourraient être utilisées comme projectiles, a-t-il précisé.

Croisé au début du spectacle, le responsable de la sécurité, Martin Sirois, a fait valoir que la règle n’avait pas eu à être appliquée. Les carrés rouges avaient laissé leurs casseroles à la maison.

Doux printemps

Les artistes qui participaient au concert, eux, n’ont pas pu s’empêcher de faire allusion au printemps érable. «On a eu une vraie confrontation d’idées entre la gauche et la droite et ça, c’est ben correct », a lancé l’animateur Gildor Roy au début de la soirée.  «Ce soir je vous propose une trêve, de célébrer ensemble», a-t-il ajouté en parlant d’une  «gang», une « famille ».

Lors de l’hommage rendu au défunt Sylvain Lelièvre, il a dressé un parallèle entre la chanson « Marie-Hélène » et les étudiants de 2012.

Puis Paul Piché, qui arborait le carré rouge, en a remis dans son discours patriotique. «Cette année, on a eu tout un printemps », a-t-il lancé avant d’entonner « Heureux d’un printemps. « Cette année, le cœur, l’espoir et la rue ont parlé », a-t-il dit déclenchant une forte clameur dans la foule.

C’était la première fois cette année que le spectacle était animé par le chanteur et comédien Gildor Roy. L’accompagnaient sur scène Dumas, Lisa Leblanc, Paul Piché, Marie-Mai, Marie-Pierre Arthur, Andrée Watters, Raffy et les Loco Locass.

Le concert qui était télédiffusé en direct par Télé-Québec débutait à 21h et se terminait autour de 23h. Les Loco Locass remontaient alors sur scène pour boucler la soirée avec un nouveau spectacle.

Les préparatifs de la Fête nationale ont suscité toutes sortes d’inquiétudes au cours des derniers jours. On se demandait comment la fête se mêlerait aux manifestations étudiantes et si les nouvelles restrictions sur la consommation d’alcool seraient bien acceptées.

C’est la deuxième année qu’il est interdit d’apporter ses propres consommations sur le site. Or, on n’a pas vraiment pu tester la nouvelle formule l’an dernier puisque la pluie avait refroidi la foule de toute façon.

 

Drapeaux et carrés rouges se sont côtoyés, hier sur les Plaines. Au soleil couchant, sur les Plaines d'Abraham. Foule sur les Plaines, à Québec. Foule sur les Plaines, à Québec. La Fête nationale avait demandé à une agence privée de sécurité de confisquer toutes les casseroles à l’entrée du site des spectacles. Ce contrôle venait s’ajouter au périmètre instauré par la ville de Québec pour empêcher les gens d’apporter de l’alcool ou des feux d’artifice sur le site des célébrations. La Fête nationale avait demandé à une agence privée de sécurité de confisquer toutes les casseroles à l’entrée du site des spectacles. Ce contrôle venait s’ajouter au périmètre instauré par la ville de Québec pour empêcher les gens d’apporter de l’alcool ou des feux d’artifice sur le site des célébrations. Un drapeau des patriotes dans la foule, à Québec. L'animateur de la soirée, Gildor Roy, avec Paul Piché Les carrés de toutes les couleurs seraient les bienvenus avait annoncé Biz de Loco Locass, mais on invitait les gens à penser plus au bleu et au Québec. Loco Locass Dumas en prestation Dumas en prestation Marie-Mai était de la liste des invités de la Fête nationale à Québec. Malgré le beau temps, la cuve naturelle dans laquelle se massent les foules des Plaines était loin d’être remplie quand le spectacle a débuté vers 21h. Le spectacle de la Fête nationale sur les Plaines, à Québec. Malgré le beau temps, la cuve naturelle dans laquelle se massent les foules des Plaines était loin d’être remplie quand le spectacle a débuté vers 21h. Le spectacle de la Fête nationale sur les Plaines, à Québec. Loco Locass était parmi les invités. Le spectacle de la Fête nationale sur les Plaines, à Québec.
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    23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 22:16

    23 juin 2012 15:41; Act: 23.06.2012 15:48 Print

    De dix à vingt mille étudiants et citoyens de tous bords sont descendus vendredi dans les rues de Montréal et de Québec pour protester contre la hausse des droits de scolarité.

     

     
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    23.06 Après quelques jours de pause, les manifestations ont repris au Québec. Photo: Reuters/Mathieu Belanger
    23.06 Après quelques jours de pause, les manifestations ont repris au Québec. Dix à vingt-mille étudiants sont descendus dans la rue à Montréal et à Québec. La 49e nuit de manifestations s'est soldée par un avis de dispersion. La police a chargé à la matraque plus d'un millier de manifestants dimanche soir à Montréal. 09.06 Des nouveaux affrontements ont eu lieu vendredi soir. 06.06 Le député Amir Khadir a été arrêté lors de la manifestation de mardi soir à Québec. 23.05 Les manifestations continuent au Québec. 22.05 Une marée humaine a envahi les rues de Montréal, au centième jour de conflit entre le gouvernement et les étudiants. 19.05 La situation n'est pas en passe d'être résolue au Québec. Le gouvernement a imposé sa ligne dure contre le mouvement étudiant en faisant voter une «loi spéciale», accueillie par des lancers de cocktails Molotov ne marge d'une manifestation. 05.05 Une nouvelle manifestation a donné lieu à plus de 100 interpellations. Plus tard dans la journée, un accord entre les manifestants et le gouvernement a été annoncé. De violents affrontements entre étudiants contestataires et policiers ont éclaté vendredi dans le centre-ville de Montréal. Les étudiants dénoncent la décision du gouvernement québécois d'augmenter les droits de scolarité de 325 dollars par an pendant cinq ans à compter de l'automne. Soit une hausse totale de 1625 dollars ou 75%. La police de Montréal a fait état d'au moins 12 arrestations, quatre à six blessés, dont trois dans ses rangs.

      

    A Montréal, la manifestation a attiré de 10'000 à 15'000 personnes, selon des estimations de l'AFP, tandis qu'une porte-parole d'un syndicat étudiant parlait de 100'000 personnes. Par une température de 30 degrés, la foule était composée majoritairement de jeunes, mais aussi de familles et de retraités défilant dans une ambiance bon enfant au son des casseroles, des tambourins et des sifflets.

    Environ 5000 manifestants étaient également réunis à Québec, la capitale de la province. A deux jours de la Saint-Jean-Baptiste, la «Fête nationale des Québécois», une multitude de drapeaux fleurdelisés ont flotté au-dessus de la foule.

    Sur une pancarte, un étudiant s'interrogeait: «131 jours de mépris, Charest, où as-tu mis ton coeur?» Son affiche interpellait le Premier ministre libéral Jean Charest, alors que le conflit, qui polarise fortement le Québec, est entré dans son cinquième mois.

    La mobilisation de vendredi, alors que bon nombre d'étudiants sont retournés dans leur famille ou ont trouvé un travail saisonnier, avait valeur de test pour la suite du mouvement des étudiants.

     

    Un cul-de-sac

    «Je participe aux manifestations depuis le début. Je suis venu pour m'assurer que le moral tient et qu'on continue notre mouvement», a expliqué Julien Vadeboncoeur, 27 ans, étudiant en sociologie à l'Université du Québec à Montréal, venu avec sa fille en poussette.

    «Ceux qui comptent sur un essoufflement vont se tromper. Ils ont compté sur la division du mouvement pendant des mois et ils ont entraîné le Québec dans un cul-de-sac», renchérissait Amir Khadir, député de Québec Solidaire à l'Assemblée nationale du Québec.

    Les étudiants protestent contre la hausse des frais de scolarité et la loi 78, dite «loi spéciale», qui a suspendu les cours dans les établissements en grève jusqu'à leur reprise à la mi-août, en plus de limiter le droit de manifester.

    Les étudiants veulent faire reculer le gouvernement sur une hausse prévue des frais de scolarité de 1778 dollars (82%) sur sept ans, ce qui les rapprocherait de la moyenne canadienne. Une majorité de la population (56% selon un récent sondage) est toutefois d'accord avec le gouvernement. Après trois rondes de pourparlers, le gouvernement a quitté la table de négociations le 31 mai dernier.

     

    Manipulation

    Réagissant à ces nouvelles manifestations, le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, a accusé le syndicat étudiant le plus militant, la Classe, de manipuler les trois autres. «La Classe n'a toujours qu'un seul mandat (...), c'est le gel des frais de scolarité en route vers la gratuité et le jour où la Classe aura une ouverture pour que les étudiants participent davantage au financement des universités, ce jour-là, ça vaudra la peine de se rasseoir. Entre-temps, c'est une illusion», a-t-il dit.

    Encouragé par les sondages, le gouvernement envisagerait de déclencher des élections anticipées à l'automne pour trancher.

    (ats)

     

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    23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 22:11

     

    lalibre.be

    Caroline Grimberghs

    Mis en ligne le 23/06/2012

     

     

    Les réseaux sociaux maintiennent la flamme créative de la révolution intacte au sein de cette génération ultra-connectée qui a trouvé son combat.
    Chaque mois a son 22. Et pour le 5e mois consécutif, ce 22 juin ont déambulé dans les rues de Montréal et Québec, casseroles, chaudrons et autres couvercles avec, au bout de la cuiller en bois, des citoyens en colère. La hausse des frais de scolarité reste la pierre d’achoppement d’un conflit aux allures de plus en plus larges.

    Ce sont les jeunes qui restent le moteur de cette mobilisation. Via les outils qu’ils maitrisent, ils maintiennent la flamme de la révolte intacte : Plus de 8000 personnes avaient confirmé leur présence à la manifestation du 22 juin via Facebook . Le réseau social est plus que jamais mis à profit par ces jeunes désireux de populariser leur combat. Que ce soit Martine ou les Schtroumpfs, les personnages de notre enfance se rallient à la cause des étudiants québécois). Sur Twitter, les hashtags se succèdent, mêlant humour, désespoir et organisation, entre #ManifEnCours et #ManifDating. "Les réseaux sociaux ont réussis à faire sortir les gens de leur maison" estime Vincent-Olivier Bastien, vice-président de la Fédération Étudiante Collégiale du Québec (FECQ).

     

    Armés de leurs smartphones, ils filment et photographient les scènes surréalistes où des étudiants se font arrêter pour ‘avoir lu 1984’ dans le métro. "Vêtue d’une robe fleurie et d’un sac rempli d’objets dangereux tels une pomme et une bouteille d’eau, j’ai voulu pointer du doigt la haute présence policière et l’attitude frôlant le terrorisme des forces de police. Avec les autres passagers du wagon, nous avons été placés face contre mur. On nous a dit de ne pas revenir sous peine d’être arrêtés. J’ai commis un acte irréparable de désobéissance civile en redescendant dans la station et en retournant lire dans un wagon. Lorsque les policiers m’ont vu manger ma pomme, ils m’ont interceptée et les deux policiers se sont fait un chaleureux high five pour se féliciter de leur bon travail" explique Marilyne, étudiante à l’Université de Montréal. Les textes de ce type fleurissent sur le net, partagés et diffusés au maximum au sein d’une génération ultra-connectée qui a trouvé son combat. Au point pour certains de se le faire marquer au fer rouge sur la peau : un ‘Tatoo-o-thon’ (marathon du tatouage) propose d’inscrire sur les corps impatients le symbole de la révolte étudiante, le carré rouge.

     

    Ce lundi, la FECQ, l’un des trois principaux syndicats d’étudiants à lancé un "ultime appel à la médiation" au gouvernement Charest pour que puissent reprendre les négociations laissées en jachère depuis le 31 mai dernier. "Nous avons lancé l'ultimatum maintenant car il devient pressant de trouver une porte de sortie pour le conflit, pour éviter que les sessions ne soient encore annulées, et pour assurer que le retour en classe se fasse dans le calme. Nous espérons toujours une reprise des négociations car nous croyons que la résolution du conflit doit passer par des discussions avant tout, et non par une loi. Mais, même si un accord est trouvé, nous ne pensons pas que la grogne sociale va s’arrêter là : une grande partie du Québec attend les élections pour voir un changement dans la Province" explique Vincent-Olivier Bastien.

     

    Ce vendredi soir, pour la 59e soirée consécutive, les rues de Montréal étaient prises d’assaut par les manifestants. Jean Charest est ‘poursuivi’ : des manifestations ont été organisées par des étudiants québécois et brésiliens devant son hôtel de Copacabana, où il s’est rendu pour assister au sommet Rio +20. "Il n’a pas à parader à l’international alors qu’il saccage nos droits fondamentaux au Québec!" estime Rushdia Mehreen, déléguée de la CLASSE au Sommet des peuples. Qui lâchera le premier ? Pour le moment, chacun campe sur ses positions. "Le mouvement n'est clairement pas sur le point de s'essouffler" estime la FECQ. "Il change et se transforme en une grogne générale et permanente. Le mouvement perdurera durant l'été et nous verrons la population continuer de faire des manifestations jusqu'à des élections générales".

     

    La manifestation du 22 juillet est, en tout cas, déjà sur les rails …

     

     

     

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    23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 22:04

     

    http://www.youtube.com/watch?v=VrsNjU-srM8

     

     

     

    Publiée le 18 juin 2012 par mathieucyr

    La légère distortion entre les mots et la pensée.

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    17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 13:47

     

    Publié par Poetes Indignes le 17/06/2012

     

    Conférence de Montreal – Montreal conference June 11th 2012

    Interview Dan Dicks de Press for truth et le 1% était en ville du 11 au 14 Juin 2012
    Interviewed Dan Dicks from Press For Truth and the 1% was in Montreal June 11 – 14 2012

     

     

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    17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 13:27

     

     

    Le coporte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, a invité, le samedi 9 juin 2012, lors du Festival des solidarités tenu à Montréal, les syndicats à faire front commun avec les étudiants dès cet automne. Seul l’élargissement de la lutte pourra donner le souffle nécessaire pour casser l’intransigeance du gouvernement de Jean Charest, premier ministre du Québec, à appliquer son agenda néolibéral.

    Le mouvement étudiant, le mouvement syndical, le mouvement écologiste, le mouvement populaire et les autres mouvements sociaux sont en effet placés devant un dilemme essentiel. Soit, ils montent au combat de façon isolée au risque de se voir imposer les volontés gouvernementales; soit, ils élaborent ensemble une plate-forme commune de revendications partagées et un plan d’action de résistance et se donnent des structures de coordination leur permettant de dépasser l’isolement dans lequel le gouvernement Charest voudrait bien les enfoncer. Le mouvement étudiant, le mouvement syndical et les autres mouvements sociaux devront ainsi identifier des revendications communes qui iraient au-delà de la hausse des droits de scolarité, a-t-il soutenu, en citant comme exemple la lutte contre la tarification des services publics et la contestation de la loi 78.

    «Une éventuelle victoire n’est possible, selon le coporte-parole de la CLASSE, que par la consolidation d’un réel front commun entre les organisations partageant une base de principe solide et qui n’ont pas peur de nommer la lutte comme elle doit être nommée, c’est-à-dire une opposition de principe au néolibéralisme, une opposition au principe de l’utilisateur payeur». Il souhaite participer à construire une grève sociale à partir de l’automne. Il a ajouté : «Aller plus loin cet automne, cela voudra dire envisager sérieusement une mobilisation générale de la société. Cela voudra dire organiser concrètement la grève sociale.»

    Le président de la Confédération des Syndicats Nationaux (CSN), Louis Roy, croit qu’il est possible de créer un front commun social, mais il souligne que la mobilisation des membres de sa centrale et des autres restent à faire.

    Jusqu’ici l’Alliance sociale des centrales syndicales et de la FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec) a bel et bien dénoncé les projets de tarification et de privatisation des services publics. Mais de telles dénonciations sont loin d’être à la hauteur de ce qui sera nécessaire pour faire reculer le gouvernement Charest. La Coalition contre la tarification et la privatisation des services publics a multiplié les initiatives, a accompli un important travail d’élaboration, de formation et de dénonciation des politiques gouvernementales…

    Mais, le gros des troupes syndicales est resté en marge des mobilisations. Cette situation doit être dépassée et le mouvement syndical, particulièrement le mouvement enseignant qui est le plus directement concerné et dont des secteurs sont mobilisés, doit faire un travail systématique d’implication large et militante dans les mobilisations en cours et plus particulièrement dans la grande manifestation du 22 juin prochain.

     

    L’urgence d’agir devant le rapetissement des droits démocratiques auquel font face le mouvement syndical et l’ensemble des mouvements sociaux

    La loi 78 ne fait pas que restreindre le droit de manifester. Cette loi s’attaque d’abord au droit des étudiantes et des étudiants du Québec de s’organiser, d’agir collectivement, de faire grève… Elle s’inscrit dans la tradition de la négation des droits collectifs. Depuis des décennies maintenant, tant le gouvernement fédéral [du Canada] que les gouvernements provinciaux ont rapetissé le droit de grève des travailleurs et des travailleuses et ont placé une multitude d’obstacles au droit d’association. Depuis des décennies, les syndicats du secteur public ont vu leur droit de grève réduit jusqu’à sa caricature. Il ne s’agit plus aujourd’hui que d’un droit virtuel. C’est ainsi que les décrets ont pu succéder aux décrets et que les syndicats ont souvent été réduits à négocier les adoucissements à ces mêmes décrets. C’est ce même genre d’attaque que subit le mouvement étudiant organisé.

    Pour les gouvernements néolibéraux qui dominent la vie politique au Canada et au Québec, il s’agit d’abord de réduire les organisations syndicales à l’impuissance pour ensuite tenter d’imposer ses politiques néolibérales. Toute la stratégie de concertation sociale est maintenant dépassée. Vouloir maintenir une telle stratégie, à l’époque de la gestion néolibérale, c’est accepter de servir de courroie de transmission aux intentions des patrons et de leurs gouvernements de faire payer aux travailleuses et aux travailleurs le coût de leur crise.

     

    Pour élaborer une plate-forme commune, des moyens d’action et des perspectives d’action concrètes, des États généraux du mouvement syndical et des mouvements sociaux s’imposent

    Il est maintenant essentiel que s’ouvre dans le mouvement syndical et les mouvements sociaux un vaste débat pour définir les orientations stratégiques de l’action collective, y compris sur les manières de dépasser les limites introduites par le droit au travail. La tenue d’Etats généraux du mouvement syndical et des mouvements sociaux pourrait être un moment fort de la nécessaire coordination des mouvements sociaux s’ils veulent créer les conditions lui permettant de résister à l’offensive d’envergure dont ils sont l’objet.

    Dans le secteur public municipal, une offensive d’ampleur se prépare. Là aussi, c’est la restriction des droits démocratiques des organisations syndicales qui est à l’ordre du jour. En effet, les municipalités exigent de plus en plus clairement du gouvernement du Québec que leur soit accordé un droit de lock-out [fermeture provisoire d’une entreprise comme moyen de lutte contre les salarié·e·s]. Dans le secteur privé, comme à Rio Tinto Alcan, le lock-out est de plus en plus utilisé comme arme patronale. Les conditions de la convergence dans la lutte sont réunies.

     

    Comment briser l’isolement au moment de la rentrée?

    Comment éviter une résistance isolée et inefficace à la loi 78? Quelles tactiques de résistance faut-il mettre au point? Ne faudrait-il pas mettre sur pied des comités de coordination locaux et régionaux des différents mouvements sociaux pour évaluer collectivement les marges de manœuvre, les formes d’action et la défense contre la répression policière et les menaces de sanctions? Comment convaincre la majorité de la population que l’intransigeance gouvernementale empêche de créer les conditions normales d’enseignement ? Quel instrument de communication se donner pour réaliser cette tâche ? Comment assumer collectivement que les enseignant·e·s syndiqué·e·s ne soient pas les exécutant·e·s plus ou moins passifs de cette loi? Cela ne peut passer que par l’action collective et par une solidarité agissante.

    Ainsi, le Syndicat des profs de Marie-Victorin (SECMV) indique la voie: on propose que «l’Assemblée générale demande à ses membres d’exprimer leur solidarité avec le Syndicat étudiant et l’ensemble du mouvement étudiant du Québec en s’engageant à refuser d’enseigner sous la contrainte de la loi 12 (projet de loi 78). » C’est élargir la grève étudiante vers le mouvement enseignant. Les fédérations syndicales enseignantes doivent se joindre à un tel mouvement… pour rendre les lois répressives impossibles à appliquer.

    La tenue d’Etats généraux serait un moment de synchronisation des dynamiques de mobilisation des mouvements sociaux et un lieu de détermination des perspectives à déployer dans le sens de nos revendications.

     

    Déployer et concrétiser une telle démarche impliquera des ruptures

    On ne peut compter pour impulser les dynamiques du changement qu’en se basant sur les éléments les plus décidés et les plus mobilisés. Il ne faut surtout pas faire de la mobilisation de tous et de toutes la condition du développement des initiatives, car on ne saura faire que du sur-place.

    Alors que la crise européenne semble s’approfondir, le projet néolibéral se fera plus dur et plus audacieux contre les acquis de la population et plus dangereux pour l’écrasement des libertés démocratiques, particulièrement celles des mouvements sociaux… La résistance dans cette longue bataille contre le néolibéralisme oblige les mouvements sociaux à repenser l’intégralité de leur stratégie et leurs formes de collaboration.

    Bernard Rioux, le 12 juin 2012.


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    15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 21:46

    Plusieurs dizaines de jeunes manifestants montréalais se sont fait tatouer jeudi soir un carré rouge, symbole de la révolte étudiante, qui sur l'epaule, qui sur le mollet ou sur le ventre, avant le début de leur habituelle manifestation nocturne.

    L'opération, lancée par un blogueur et baptisée Tatoo-o-thon, s'est déroulée au parc Emilie-Gamelin, d'où devait partir la 52e marche rythmée par la musique des casseroles.

    Selon ses organisateurs, près de deux cents personnes avaient formé des files d'attente pour orner leur corps, a priori pour toujours, de l'emblême du "printemps d'érable" étudiant.

    La marche s'est déroulée pratiquement sans incident par une chaude soirée qu'animaient par ailleurs des concerts en plein air des Francofolies.

    Une personne a été arrêtée à la suite d'un jet d'objet sur les forces de l'ordre, a indiqué la police.

    Le conflit entre les étudiants et le gouvernement provincial est entré jeudi dans son cinquième mois. Les manifestations et les concerts de casseroles semblent attirer moins de participants ces derniers jours, mais elles pourraient connaître une nouvelle intensification à la reprise des cours prévue à la mi-août, aucune solution mutuellement acceptable n'étant actuellement en vue.

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