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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 17:14

 

Médiapart

|  Par Iris Deroeux

 

 

 

Aux États-Unis, la vente d'herbicides a augmenté de 26 % entre 2001 et 2010. Principalement dans les cultures OGM, les agriculteurs n’obtenant pas les résultats promis avec les graines génétiquement modifiées.

 

 New York, correspondance

Alors qu’en France, le débat sur les OGM s’intensifie après la décision du Conseil d’État de suspendre l’interdiction de cultiver le maïs transgénique de Monsanto, puis celle de François Hollande de prolonger le moratoire sur ces semences, aux États-Unis, un rapport vient apporter de l’eau au moulin des anti-OGM.

Publié en juillet par Food and Water Watch – l’organisation de lutte pour la protection de l’eau et de la nourriture –, le rapport Superweeds, how biotech crops bolster the pesticide industry (« Les super mauvaises herbes, ou comment les cultures biotechnologiques renforcent l’industrie des pesticides », à lire ici) dévoile l’une des conséquences de l’agriculture aux OGM : le recours à des quantités de plus en plus massives de pesticides nocifs pour la santé et l’écosystème.

Quelques années seulement après la mise sur le marché des semences de Monsanto Roundup Ready, génétiquement modifiées pour être résistantes à un pesticide, le Roundup (également vendu par Monsanto), « les mauvaises herbes ont développé une résistance au glyphosate (le principal composant du Roundup Ready) et les agriculteurs se sont mis à appliquer de plus en plus d'herbicides : la consommation totale d'herbicides a augmenté de 26 % entre 2001 et 2010 », y lit-on. 

 

L'augmentation du volume d'herbicide. 
L'augmentation du volume d'herbicide.© Food and Water Watch

Cela se traduit d'abord par une augmentation de la dose de Roundup utilisée. « Le volume de glyphosate appliqué aux trois grandes cultures OGM, maïs, coton, soja, a été multiplié par dix entre 96 et 2012 », indique le rapport. « Les fermiers ont commencé par augmenter les doses de Roundup, puis ils sont passés d'une à deux applications par an », précise Chuck Benbrook, agronome à l’université de l’État de Washington, l’un des premiers chercheurs américains à avoir démontré l’augmentation de l’utilisation de pesticides, en 2004. « Les mauvaises herbes sont devenues folles ! À partir de 2005, ils ont commencé à ajouter d'autres pesticides... », poursuit-il.

On assiste ainsi au grand retour du 2,4-D, dont l’usage a augmenté de « 90 % entre 2000 et 2012 », selon les données recueillies par Food and Water Watch auprès du Département de l’agriculture et de l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA). Cet herbicide, qui était un composant de l’agent orange utilisé par l’armée américaine au Viêtnam, est par exemple interdit au Danemark, en Suède et en Norvège car considéré comme augmentant les risques de cancer, de troubles du système reproductif et d’affaiblissement mental.

Les conséquences de l'usage de ces produits toxiques sont pléthore. Le rapport pointe différentes études montrant que le glyphosate persiste dans les sols pendant un an après son application, et que le 2,4-D menace pas moins de vingt-huit espèces de saumons. Il rappelle encore les risques liés à l’usage de l’Isoxaflutole (développé par Bayer), toxique pour certains organismes marins, ou encore de l’Atrazine, lié à des problèmes de développement hormonaux de poissons et de grenouilles, notamment observés dans la rivière Detroit. Ce dernier pesticide est d’ailleurs interdit en Union européenne. Et les agriculteurs s’inquiètent de ce retour en arrière, comme en témoigne le conseiller agricole Dan Steiner, dans le Nebraska, interrogé par la radio publique américaine NPR, racontant qu’il y a vingt ans, « on devenait malade à force d’utiliser des pesticides (…), je crois que nous nous empoisonnions à petit feu »

La situation est de plus en plus préoccupante. Quand des mauvaises herbes résistantes étaient recensées dans cinq États américains en 2005, on en compte dans une douzaine d’États en 2012, indique Food and Water Watch. Et cette évolution met les spécialistes d’autant plus en colère qu’elle était parfaitement prévisible, comme le rappelle l’agronome Chuck Benbrook.

 

© Food and Water Watch

Un cercle vicieux dont il est possible de sortir ?

« L'argument de Monsanto était que les graines Roundup Ready permettraient d'utiliser un seul pesticide, moins risqué que d'autres, et en moindre quantité. L’argument était recevable : les mauvaises herbes et les désherbages sont les pires choses à gérer pour un agriculteur, ça leur a bel et bien simplifié la vie et permettait par la même occasion d’augmenter leurs profits », rappelle-t-il. Dès 1996, ils ont en effet embrassé la technologie, soutenue par des administrations américaines déroulant le tapis rouge pour les géants de l’agrochimie.

Aujourd'hui, les semences dites « Roundup Ready » (prêtes pour le Roundup ou tout autre herbicide principalement constitué de glyphosate) représentent 93 % du soja, 88 % du coton et 86 % du maïs cultivés aux États-Unis. Si Monsanto est le fournisseur numéro un, cinq autres entreprises dominent ce marché : Syngenta, DuPont, Bayer, Dow et BASF.

« Mais nous avons constaté une baisse de l’usage des pesticides pendant seulement trois ans ! Et les mauvaises herbes ont commencé à résister, ce qui est une évolution logique. Monsanto et consorts ont été maintes fois prévenus », continue Chuck Benbrook. « Si, en 1996, le gouvernement avait au moins imposé à Monsanto d'indiquer sur ses étiquettes que ces semences ne devaient être plantées qu'une fois tous les trois ans, nous aurions pu éviter cette crise et l'agriculture américaine serait plus saine. »


L'amarante, mauvaise herbe. 
L'amarante, mauvaise herbe.

 

Le message semble enfin passer, en témoignent les articles de plus en plus nombreux dans la presse américaine narrant les mésaventures de fermiers du Nebraska, de l’Iowa ou encore de Géorgie ou d’Arkansas, où l’amarante étouffe des champs de coton ou de soja. Mais il est peut-être déjà trop tard.

Les grands groupes des biotechnologies continuent sur leur lancée et proposent comme solution à cette crise... de mettre sur le marché de nouvelles variétés de graines génétiquement modifiées, résistantes à d'autres pesticides que le Roundup. Comme le rappelle le rapport de Food and Water Watch, les entreprises testent actuellement des variétés de semences résistantes à des pesticides « plus dangereux » ; « Monsanto développe des semences résistantes au dicamba, Syngenta du soja tolérant son produit Callisto, et Dow Chemical du maïs et du soja résistant au 2,4-D ».

Ils auraient tort de s'en priver. Comme nous l'apprend encore ce rapport, les grands bénéficiaires de la crise en cours sont les fabricants de pesticides, dont les entreprises de semences et de l'agrochimie elles-mêmes. « Le marché mondial de la “protection des cultures” a triplé, passant de 26 milliards de dollars en 2001 à 64 milliards en 2012. Les herbicides représentent la moitié de ces ventes. Tandis que le marché des semences génétiquement modifiées a explosé passant de 115 millions de dollars à sa création en 1996 à 15 milliards en 2012, une multiplication par 130 », lit-on.

Est-il seulement possible de sortir de ce cercle vicieux ? « Il faut diversifier les cultures par tous les moyens », préconise l’agronome Mike Owen, de l'Université de l'Iowa, un État où de plus en plus d’agriculteurs font face à des « super mauvaises herbes ». Il insiste notamment sur la rotation des cultures (plutôt que de la monoculture), puisqu’elle réduit les risques de résistance. Mais, en Iowa, le chercheur dit constater de « petits changements, arrivant trop tard ». « Trop de fermiers attendent d'avoir des super mauvaises herbes dans leurs champs pour changer de méthode », juge-t-il, soulignant que l'information sur le sujet est pourtant largement disponible désormais.

« Cette crise devrait mener à l’abandon de la technologie OGM en agriculture, estime quant à lui Chuck Benbrook. Mais ça n’arrivera pas aux États-Unis, le marché est inondé de ces semences. » Comme le rappelait mi-juillet Tom Philpott, journaliste du site Mother Jones, spécialiste des questions d’agriculture et d’environnement, si les agriculteurs continuent d’acheter les graines Monsanto, « c’est en partie par habitude ». « Mais la réponse se trouve aussi dans la position dominante des géants des semences OGM sur le marché. Et l’année dernière, le département de la Justice a mis fin sans état d’âme à son enquête sur Monsanto et ses pairs, pour violation des lois anti-trust », écrit-il ici, rappelant une enquête de Michael Gray, de l’université de l’Illinois, montrant que les agriculteurs de l’État ont du mal à s’approvisionner autrement.

« Aux États-Unis, la solution repose entre les mains des fabricants de semences, qui doivent multiplier l'offre sans OGM », note Chuck Benbrook, reconnaissant quelques évolutions de ce côté-là. On observe d’une part une augmentation significative des ventes de graines conventionnelles – dont certaines également fabriquées par Monsanto… –, notamment pour le maïs, qui sont en outre moitié moins chères que les semences OGM (ici, la croissance des ventes de plusieurs fabricants de semences conventionnelles). S’y ajoute une percée des semences biologiques. « Ce sont de toutes petites avancées », tempère Chuck Benbrook.

Si changement il y a, il arrive aussi, doucement, via les urnes : deux États viennent de voter par référendum pour l’étiquetage obligatoire des produits contenant des OGM, au nom du « droit de savoir ce que contient la nourriture », le Connecticut et le Maine. Des mesures pour le moment symboliques, puisqu’elles n’entreront en vigueur que si un certain nombre d’États limitrophes votent également en ce sens. Selon un sondage Thompson Reuters, 93 % des Américains sont en faveur de cet étiquetage.

 

Lire aussi

 

 

 

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 13:37

 

 

france24.com

05/07/2013

 

 

Dans l’ouest de l’Inde, l’État du Maharashtra a interdit à Mahyco, la filiale indienne du géant Monsanto, de vendre les graines de son coton OGM. Cette décision est un revers pour la multinationale américaine et pourrait avoir des conséquences importantes en Inde. Ici, plus de 90% des cotonniers recourent aux semences OGM. Plus grave, le ministre de l’Agriculture a dressé un lien entre les suicides de fermiers ruinés et l’usage de semences génétiquement modifiées.

Par Constantin SIMON / Mandakini Ghalot

Nous sommes partis dans le cœur agricole de l’Inde. L’état du Maharashtra est depuis dix ans le laboratoire de Monsanto en Inde. Au moment de la récolte du coton, les champs brillent de fleurs blanches, les usines croulent sous une neige de coton. Mais derrière cette abondance, nous avons été frappés par le désespoir des paysans. Surendettés par l’achat d'engrais et de pesticides, certains ne voient d’autre issue que le suicide. Ces dernières années, plus de 10 000 paysans ont mis fin à leur vie, en général en avalant les pesticides qui devaient les sortir de la misère.

Si les graines de Monsanto-Mahyco ont permis les premières années d’augmenter les rendements, les parasites ont fini par développer des résistances. Surtout, les petits cotonniers indiens n’étaient pas préparés à la transition OGM : 80% des champs du Maharashtra sont touchés par la sécheresse alors que le coton OGM requiert des systèmes d’irrigation complexes.

Notre reportage raconte l’histoire d’un échec, d’une deuxième "révolution verte" qui n’est jamais arrivée. C’est aussi l’histoire d’un pays, deuxième producteur mondial de coton après la Chine, d’abord acquis à la cause OGM, mais qui commence aujourd’hui à contester le rêve Monsanto.

 

 

 

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 14:59

 

 

Le Monde.fr avec AFP

 

01.08.2013 à 14h49 • Mis à jour le 01.08.2013 à 16h47

 
 
Un champ de maïs à Godewaersvelde, nord de la France, le 22 août 2012. Monsanto, le géant a déclaré le 18 juillet 2013, qu'il laisserait tomber toutes les demandes d'autorisation à développer de nouveaux aliments modifiés génétiquement dans l'Union européenne.

Début juillet, le rapporteur public du Conseil d'Etat avait jugé "excessif" le moratoire interdisant la culture du maïs transgénique MON810, de la firme Monsanto, en France. Le rapporteur public de la plus haute juridiction administrative française avait conclu que si des mesures étaient prises – comme l'encerclement du MON810 par des cultures conventionnelles et l'éloignement de toute ruche –, la cohabitation de ce maïs avec le reste de l'environnement était possible.

Une conclusion confirmée, jeudi 1er août, par sa décision de lever ce moratoire français. "Il ressort en effet de la jurisprudence de la Cour de justice de l'UE qu'une telle mesure ne peut être prise par un Etat membre qu'en cas d'urgence et en présence d'une situation susceptible de présenter un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l'environnement", souligne le Conseil d'Etat.

Lire : "Le maïs transgénique de Monsanto pourrait faire son retour en France"

 LE GOUVERNEMENT "PAS FAVORABLE AUX OGM"

Les ministres de l'environnement et de l'agriculture, Philippe Martin et Stéphane Le Foll, ont immédiatement réagi après cette décision du Conseil d'Etat – qui suspend pour la deuxième fois une interdiction du MON810 décidée par le gouvernement – en rappelant leur engagement de "maintenir le moratoire sur la mise en culture de semences OGM, afin de prévenir les risques environnementaux et économiques pour les autres cultures et l'apiculture". Ils promettent une nouvelle décision avant les prochains semis du printemps 2014.

Jeudi matin, sur Europe 1, M. Le Foll avait déjà souligné que le gouvernement n'était "pas favorable aux OGM", ajoutant que "le Conseil d'Etat n'est pas le décideur, ce n'est pas lui qui dit si on peut ou pas interdire les OGM, il ne s'appuie que sur la base juridique pour dire si elle est valide ou pas".

 

 TOXICITÉ ET BIODIVERSITÉ

Europe écologie-Les Verts s'est dit "consterné et scandalisé", tandis que plusieurs organisations écologistes, paysannes, apicoles et d'agriculture biologique ont appelé jeudi à "des mesures d'interdiction définitive des cultures d'OGM, à l'instar de huit pays européens", arguant que "80 % des Français refusent toujours les OGM". "Les productions OGM contaminent les chaînes alimentaires, par les pollens et les graines transgéniques, mais aussi par les pesticides très liés à ces OGM, pesticides nuisibles à la biodiversité et à la santé", expliquent ces associations.

Comme les autres cultures génétiquement modifiées le maïs MON810 est en effet suspecté de toxicité, mais aussi de porter atteinte à la biodiversité. Cette culture, qui disperse autour d'elle une toxine Bt (pour Bacillus thuringiensis) destinée à éliminer les insectes ravageurs, pourrait jouer avec d'autres pesticides un rôle dans la forte diminution du nombre d'abeilles.

 

Lire aussi :  "La coccinelle, victime collatérale du MON810"


 UNE INTERDICTION DEUX FOIS LEVÉE

La France, comme d'autres pays européens (Autriche, Hongrie, Grèce, Roumanie, Bulgarie, Luxembourg), avait interdit depuis 2008 la culture du MON810 sur son sol, avant que le Cour de justice de l'Union européenne ne soit saisie, notamment par Monsanto. En 2011, la justice avait déjà suspendu cette interdicion, pour carence de fondement juridique. Le gouvernement Fillon avait alors décidé un nouveau moratoire en mars 2012, en s'appuyant sur des conclusions de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire, plutôt floues.

L'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), l'Union française des semenciers (UFS) et la Fédération interprofessionnelle de la production de maïs et de sorgho (FNPSMS) avaient alors déposé un recours au Conseil d'Etat, arguant que cette interdiction "ne repose sur aucun élément scientifique sérieux" et que "les producteurs de maïs impactés par la pyrale et la sésamie [deux insectes ravageurs du maïs] subissent un réel préjudice économique".

 

 LE SEUL OGM CULTIVÉ EN EUROPE

Le maïs MON810 a été l'un des tout premiers autorisés en Europe, dès 1998. Le premier à susciter, aussi, une vive opposition des écologistes. Jusqu'à aujourd'hui, il a été peu cultivé en France : 5 000 hectares en 2006, 22 000 hectares l'année suivante. Lassé des attaques dont il fait l'objet, Monsanto avait annoncé, début 2012, qu'il ne le commercialiserait plus "tant que la France n'aura pas de contexte politique favorable et d'approche réglementaire fondée sur la science".

Mi-juillet, Monsanto, déçu par l'absence de perspectives commerciales dans un continent globalement hostile aux biotechnologies, a aussi décidé de retirer toutes ses demandes d'homologation en cours pour de nouvelles cultures transgéniques dans l'Union européenne. Toutes, sauf sa demande de renouvellement de l'autorisation pour son maïs MON810 – le seul organisme génétiquement modifié actuellement cultivé à des fins commerciales en Europe.

La France ne cultive pas d'OGM, mais importe néanmoins des produits génétiquement modifiés pour l'alimentation animale ou l'industrie agroalimentaire.

 

Lire : "Monsanto recule sur les OGM en Europe"


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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 17:21

 

Le Monde.fr

18.07.2013 à 11h28 • Mis à jour le 18.07.2013 à 18h54 | Par Audrey Garric

 
 
Vue d'une parcelle de maïs transgénique cultivé en plein champ près de Vic-Fezensac, à quelques kilomètres d'Auch, dans le Gers.

C'est un nouveau coup porté aux OGM en Europe. Le géant américain des biotechnologies Monsanto va retirer toutes ses demandes d'homologation en cours pour de nouvelles cultures transgéniques dans l'Union européenne. En cause : l'absence de perspectives commerciales dans un continent globalement hostile aux biotechnologies.

"Nous retirerons les homologations dans les mois qui viennent", a déclaré à Reuters, mercredi 17 juillet, Jose Manuel Madero, président et directeur général de Monsanto pour l'Europe. L'information a été confirmée par la Commission européenne qui a dit "prendre note de cette décision".

 

RETRAIT DE SEPT DEMANDES

Sont concernées cinq demandes d'homologation pour du maïs, une concernant du soja et une autre de la betterave à sucre. Par contre, Monsanto ne compte pas retirer sa demande de renouvellement de l'autorisation pour son maïs MON 810 résistant aux insectes – le seul OGM actuellement cultivé à des fins commerciales en Europe depuis 1998.

Le groupe d'agrochimie a indiqué qu'il comptait se recentrer sur son activité traditionnelle de semences en Europe, en investissant 300 millions de dollars (230 millions d'euros) dans la décennie à venir dans "l'amélioration génétique des semences et la production de semences". Il veut également s'employer à obtenir les autorisations d'importation dans l'UE de variétés de semences OGM dont la culture est généralisée aux Etats-Unis et en Amérique du Sud.

 

 HOSTILITÉ EUROPÉENNE

Cette décision reflète les difficultés rencontrées par de nombreuses entreprises de biotechnologies face à un système européen d'homologation des OGM long et complexe. L'Union européenne délivre en effet les autorisations de mise sur le marché ou de mise en culture des organismes génétiquement modifiés après une évaluation, au cas par cas, des risques pour la santé publique et l'environnement réalisée par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ainsi qu'une consultation des Etats membres. Ces derniers peuvent ensuite faire jouer une clause de sauvegarde pour interdire sur leur territoire l'un de ces OGM.

Résultat, seulement trois variétés ont reçu un feu vert pour être cultivées sur le vieux continent : le MON810 – contre lequel huit pays européens ont toutefois pris des moratoires –, la pomme de terre Amflora – dont le producteur allemand BASF a arrêté le développement en janvier 2012 avant de déménager ses activités de recherche aux Etats-Unis – et le maïs T25 – tolérant à un herbicide mais qui n'a jamais été cultivé en Europe.

Au total, les cultures OGM, en baisse depuis des années, couvrent aujourd'hui 132 000 hectares en Europe, à 95 % en Espagne et au Portugal, soit moins de 1 % de l'ensemble des champs du continent. Conséquence : Monsanto réalise moins de 2 % de ses 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires européen grâce aux OGM, selon le Financial Times.

"Quant ils sont arrivés en Europe il y a quinze ans, Monsanto ne s'attendait pas à une telle résistance des Européens. Ils pensaient pouvoir se développer comme aux Etats-Unis", estime Christophe Noisette, chargé de mission pour l'association Inf'OGM. Le lobbying agressif de l'entreprise n'y aura rien changé.

Lire : Le lobbying agressif de Washington pour les OGM

 

 POURSUITE DE L'IMPORTATION D'OGM 

Malgré l'hostilité du public, les OGM restent présents en Europe par le biais des importations. Au total, 41 OGM sont autorisés à la mise sur le marché, selon Inf'OGM : du maïs, du coton, de la betterave, de la pomme de terre et surtout du soja. L'Union européenne est ainsi l'un des grands acheteurs mondiaux de céréales génétiquement modifiées : elle importe chaque année plus de 40 millions de tonnes de soja transgénique pour alimenter son bétail, dont 4 millions de tonnes pour la France.

"Si une majorité d'Etats européens n'ont pas envie de cultiver des OGM sur leur territoire, ils ne peuvent pas s'opposer à leur importation car ils ne sont pas autonomes en protéines végétales pour nourrir le bétail, analyse Christophe Noisette. L'Europe ne pourra pas sortir de la dépendance au soja transgénique sans une réelle implication des pouvoirs publics pour faciliter l'émergence d'une filière qui nous soit propre." D'ici là, Monsanto a enregistré 26 nouveaux dossiers d'OGM qui attendent une autorisation pour être importés en Europe.

 Audrey Garric
Journaliste au Monde

 


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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 16:47

 

 

bastamag

Souveraineté alimentaire

Par Sophie Chapelle (12 juillet 2013)

 

 


Monsanto vient de subir un profond revers en Inde. L’entreprise semencière américaine visait l’obtention d’un brevet pour un procédé permettant selon elle d’ « améliorer la résistance au stress dans les plantes ». Soja, maïs, riz, coton, blé... seraient ainsi capables de résister à la sécheresse, aux inondations et même de pousser dans des sols salins. Mais la demande de Monsanto vient d’être refusée par la Commission d’appel des brevets en Inde. « Cette technologie est simplement une découverte d’une nouvelle propriété de substance connue et non une invention au sens de l’article 3 (d) de la Loi indienne sur les brevets », a déclaré la Commission le 5 juillet. Avec cette décision, la multinationale américaine perd un énorme marché. Car si ce brevet avait été attribué, Monsanto aurait bénéficié de droits de brevets exclusifs pour toutes les semences vendues en Inde qui utilisaient sa technologie.

 

Déjà 1 500 brevets sur des plantes résistantes au climat

« Cette décision va avoir de profondes répercussions en faveur de la biodiversité de l’Inde, des droits des paysans et de la sécurité alimentaire », s’est réjouie Vandana Shiva, fondatrice de Navdanya, association indienne pour la conservation de la biodiversité et la protection des droits des paysans. Elle rappelle que les caractéristiques génétiques réclamées par Monsanto ont été sélectionnées traditionnellement par des paysans. « Les entreprises semencières comme Monsanto sont en train de voler aux paysans leurs connaissances et de les breveter, ajoute t-elle. Nous devons protéger notre liberté de semences ». Selon un rapport publié par son organisation en 2009, 1500 brevets ont déjà été déposés par des entreprises semencières sur des plantes résistantes au climat.

Dans un communiqué, Monsanto a déclaré que « les brevets sont essentiels pour la poursuite des investissements. Les efforts de recherche et de développement prennent plus d’une décennie pour être développés et la protection des brevets est indispensable. » La multinationale évalue actuellement les recours possibles avec ses conseillers. « Nous serons également prêts à intervenir dans le cas où Monsanto porte l’affaire devant la Cour suprême », a réagi Vandana Shiva.

Aux Etats-Unis aussi, le concept de la brevetabilité du vivant semble en avoir pris un coup. Une récente décision de la Cour suprême américaine stipule qu’« une séquence d’ADN produite naturellement est un produit de la nature et n’est pas éligible pour un brevet », rappelle l’association Inf’Ogm. Deux décisions qui feront date dans l’histoire de la propriété intellectuelle.

 

 

 

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 20:53

 

actu-environnement.com

 27 juin 2013  |  Actu-Environnement.com

 

 

 

Par une décision publiée le 27 juin, la Commission européenne autorise la société Bayer CropScience à mettre sur le marché des denrées et ingrédients alimentaires contenant les colzas génétiquement modifiés Ms8, Rf3 et Ms8 x Rf3. L'autorisation est valable dix ans.

Ces produits sont soumis à des exigences d'étiquetage. La société bénéficiaire de l'autorisation doit également établir un plan de surveillance des effets sur l'environnement et remettre des rapports annuels à la Commission.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avait estimé en septembre 2012 que ces colzas "étaient aussi sûrs que leur homologue non génétiquement modifié quant à leurs effets potentiels sur la santé humaine et animale ou sur l'environnement".

Par une décision du 26 mars 2007, la Commission avait déjà autorisé l'utilisation d'aliments pour animaux contenant ces mêmes colzas génétiquement modifiés.

       

Laurent Radisson © Tous droits réservés Actu-Environnement

 


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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 21:14

 

 

 

Le Monde.fr

12.06.2013 à 15h04 • Mis à jour le 12.06.2013 à 18h25

Par Audrey Garric

 
 
Des militants devant le site de Trèbes (Aude), en avril 2013.

C'est un nouveau revers contre Monsanto en France. Le tribunal administratif de Montpellier a suspendu, mardi 11 juin, les travaux d'extension d'une usine de production de semences du géant américain dans la ville de Trèbes (Aude). Un site régulièrement visé par les collectifs anti-OGM qui le soupçonnent de produire des graines génétiquement modifiées.

L'entreprise, implantée dans la commune depuis 1997 sur une zone de 7 hectares (avec une capacité de stockage de 24 000 m3), projettait d'étendre ses installations de production et de conditionnement de semences de maïs et de colza sur 2 hectares supplémentaires, pour un investissement de 50 millions d'euros, en raison d'"une croissance de la demande du marché".

Depuis janvier, elle avait commencé les opérations de terrassement puis, en mai, les travaux de construction d'une soixantaine de nouveaux silos et séchoirs, après avoir obtenu un permis de construire de la mairie. En tant qu'installation classée pour la protection de l'environnement (IPCE), elle devait ensuite obtenir de la préfecture une autorisation d'exploitation avec enquête publique, pour une deuxième phase de travaux prévus d'ici la fin de 2014, visant à créer une nouvelle unité de traitement des semences et une nouvelle unité d'ensachage et de stockage.

 

NON-RESPECT DES HAUTEURS RÉGLEMENTAIRES

La justice, qui a statué en référé, a stoppé le chantier au motif d'un non-respect des hauteurs réglementaires des bâtiments en construction – le plan local d'urbanisme prévoit un maximum de 15 mètres. Le tribunal va maintenant examiner le dossier de demande d'annulation du permis de construire. La multinationale, de son côté, n'a pas encore décidé si elle ferait appel du jugement devant le Conseil d'Etat.

"C'est une victoire pour les riverains, susceptible de remettre en cause l'ensemble du projet ou au minimum le bloquer pendant une longue période, se réjouit Me Hélène Bras, avocate des riverains, constitués en association, à l'origine du référé – et par ailleurs avocate de José Bové, député européen et fer de lance du mouvement anti-OGM. Les riverains sont très incommodés par cet énorme site industriel qui arrive maintenant au fond de leur jardin."

Du MON810, découvert dans le site de Monsanto à Trèbes en janvier 2012.

"Le bruit, la poussière et les odeurs sont incessants, sans compter les pelures de graines qui se déposent partout", témoigne Marie-Thérèse Viburni, dont le jardin donne sur le chantier. Quand cette retraitée a acheté, il y a un peu plus de deux ans, une maison dans la zone pavillonnaire du Caïrat, alors séparée de l'usine par un terrain vague, elle ne savait pas que l'entreprise comptait étendre son site. "On a vu Monsanto racheter progressivement les terrains autour de l'usine, mais c'était officiellement pour limiter les nuisances. La mairie s'est bien gardée de nous informer des projets d'extension. Sans ça, je n'aurais jamais acheté là, soupire-t-elle. En cas de problème dans l'usine, on sera aux premières loges..."

 

CRAINTES SUR LES OGM

Mais si le site de Monsanto suscite tant de craintes et d'oppositions, c'est moins en raison de son caractère industriel que de la question controversée des OGM. Officiellement, l'usine, l'une des plus grosses d'Europe, produit chaque année des dizaines de milliers de tonnes de semences traditionnelles, pour moitié à destination de la France, et pour l'autre vers une trentaine de pays de l'Union européenne (essentiellement l'Espagne et le Portugal), d'Europe de l'Est et du Moyen-Orient.

Toutefois, lors d'une intrusion sur le site, en janvier 2012, des militants anti-OGM avaient découvert des sacs de maïs OGM MON 810 – interdit à la culture en France depuis le 18 mars 2012 – ainsi que des réserves de Poncho, l'un des insecticides systémiques de Monsanto dont l'utilisation est elle aussi prohibée dans l'Hexagone – et dont le principe actif, la clothianidine, sera interdit à partir de décembre dans l'Union européenne en raison de ses effets sur les abeilles.

"Notre site est habilité à produire, stocker et faire transiter des semences OGM. Il y a eu une production de maïs MON 810, notamment destinée à l'Espagne, mais nous l'avons stoppée l'an dernier afin de ne pas exposer nos salariés à des actions violentes de militants anti-OGM", rétorque Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles de Monsanto France. Nous utilisons les produits chimiques autorisés dans les pays destinataires de nos semences."


 AGRICULTEURS SOUS CONTRAT

Les affirmations de l'entreprise ne rassurent pas les ONG. "La stratégie de Monsanto est de s'implanter petit à petit quelque part. On craint qu'ils distribuent des échantillons de semences OGM aux agriculteurs de la région et qu'ils finissent par nous contaminer", explique Michel David, responsable départemental et national de la Confédération paysanne, qui a participé à de nombreuses actions contre le site, notamment en mai, lors de l'appel international contre Monsanto.

Du maïs traité au Poncho avait été découvert sur le site de Trèbes en janvier 2012.

Pour fabriquer ses semences, l'entreprise a passé des contrats avec des agriculteurs locaux – entre 1 000 et 2 000 selon Monsanto. Les graines sont semées dans leurs champs, avant d'être récoltées, séchées, calibrées, nettoyées et enfin traitées, c'est-à-dire enrobées de pesticides ou insecticides.

 

 CONSÉQUENCES POUR L'EMPLOI

Malgré la résistance des ONG, le dossier est défendu par les élus locaux. Le site, qui emploie actuellement une soixantaine de salariés et 150 saisonniers, devait embaucher 20 techniciens et ingénieurs et 80 emplois saisonniers supplémentaires avec le projet d'extension. "Au nom de l'intérêt public d'une poignée de riverains, on met en péril l'intérêt public des salariés de la région. C'est consternant", peste Jean-Paul Ferrif, premier adjoint au maire de Trèbes (DVD), qui soutient le projet depuis plusieurs années – et qui a travaillé pour Monsanto par le passé comme ingénieur agronome.

"Notre activité est cyclique. Si l'extension n'est pas réalisée, nous ne pourrons pas conditionner une partie importante des récoltes de semences prévues en septembre et octobre. C'est un énorme gâchis, déplore Yann Fichet. La décision du tribunal sur le fond est fermement attendue par tous.

Audrey Garric

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 18:25

 

AFP . les affaires.com

31-05-2013

                                                                                                                                                                                                                          Le géant américain de l'agrochimie, Monsanto, s'abstient de faire approuver de nouvelles graines génétiquement modifiées en Europe, où il vend déjà un OGM de maïs, en raison de l'opposition de nombreux pays, a expliqué vendredi à l'AFP un porte-parole du groupe.


"Nous expliquons depuis plusieurs années en Europe que nous n'y vendrons que des semences biotechnologiques bénéficiant du soutien des agriculteurs, d'un soutien politique large et d'un système de régulation fonctionnant bien", a souligné Brandon Mitchener, porte-parole de Monsanto Europe.


"Ces conditions s'appliquent à quelques pays seulement en Europe aujourd'hui, principalement l'Espagne et le Portugal", a-t-il ajouté.


Monsanto vend dans ces deux pays son maïs OGM MON 810 résistant aux insectes lépidoptères, notamment la pyrale du maïs, principal ravageur de cette céréale.


Le porte-parole a souligné que le groupe de Saint Louis (Missouri, centre des Etats-Unis) vendait aussi cette semence, seule semence OGM qu'il commercialise sur le continent, à "un agriculteur en Roumanie" et quelques autres en République Tchèque et en Slovaquie.


Il a rappelé que Monsanto avait "cessé de vendre le MON 810 en France en 2008 et en Allemagne en 2009 à la suite d'interdictions pour motifs politiques". 


L'Union européenne a décidé en début d'année de geler le processus d'autorisation de mise en culture des OGM sur son territoire, afin de relancer la recherche d'une solution négociée avec les Etats membres, profondément divisés sur la question.


La polémique sur les OGM a été relancée cette semaine par la découverte de blé génétiquement modifié dans un champ de l'Oregon (ouest des Etats-Unis). Ce blé a été développé il y a plus de dix ans par Monsanto mais n'a jamais été autorisé ni commercialisé, et les autorités enquêtent pour savoir comment il s'est retrouvé dans ce champ.


En Europe, "nous allons peut-être continuer à vendre de très petites quantités d'OGM aux fermiers qui le demandent, mais nous ne faisons plus de commercialisation active dans la plupart des pays" du continent, a ajouté le porte-parole.


Selon M. Mitchener, Monsanto "continue à croire aux OGM" et cette décision n'est pas forcément "éternelle", mais le groupe a pris "une décision stratégique en 2011 en étudiant le contexte d'activité" dans les différents pays européens.


"En raison de certaines décisions politiques, certains pays ont décidé qu'ils ne voulaient pas que des OGM, de quelque sorte qu'ils soient, soient cultivés dans leur pays. Nous ne sommes pas d'accord avec les fondements scientifiques de leur décision mais nous la respectons", a poursuivi M. Mitchener.


En revanche, Monsanto continue à demander des autorisations pour que ses produits OGM cultivés hors de l'UE puissent y être importés, notamment "du maïs, du coton, de l'huile de colza, de la betterave à sucre", a énuméré M. Mitchener.


Ces produits sont utilisés dans l'alimentation humaine ou animale, ou dans le cas du coton dans le textile. 


Par ailleurs, Monsanto commercialise dans toute l'Europe et ailleurs dans le monde des graines non OGM de fruits et légumes.


"Nous avons estimé" en 2011 "que nous avions un bon contexte (en Europe) pour la commercialisation de semences conventionnelles", a noté le porte-parole du groupe.


L'opposition aux OGM reste forte en Europe et dans d'autres parties du monde comme en témoignent les rassemblements organisées samedi dans plusieurs grandes villes d'Europe, d'Asie et d'Amérique pour protester contre Monsanto et plus généralement contre les OGM, pesticides et autres produits chimiques. A Paris, un "sit-in" a rassemblé plusieurs centaines de personnes notamment.

 

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 17:07

 

 

Midi libre.fr

 

ARNAUD BOUCOMONT
20/05/2013, 06 h 00 | Mis à jour le 20/05/2013, 08 h 25
Pour l’éleveur Dominique Fayel, l’interdiction de la culture OGM et l’autorisation pour le bétail est "un grand paradoxe".
Pour l’éleveur Dominique Fayel, l’interdiction de la culture OGM et l’autorisation pour le bétail est "un grand paradoxe". (YVES ESTIVALS)

La France s’est protégée par un moratoire, mais le bétail n’y est pas toujours soumis. Viande, lait et fromage ont le goût discret de l’OGM. Histoire d’une aberration mondialisée.

Drôle de monde ! Celui qui interdit la production d’OGM sur son sol, qui en limite la présence dans les produits commercialisés à moins de 0,9 %... Mais qui permet allègrement que les vaches ou les brebis, dont on consomme la viande ou le lait, soient gavées d’OGM avant d’atterrir dans nos assiettes ou dans nos bols...

 

La nourriture du bétail peut contenir des OGM

"Le grand paradoxe, en France, c’est qu’on interdit la culture mais qu’on autorise l’alimentation du bétail, s’agace Dominique Fayel, le président de la FDSEA de l’Aveyron. Soit c’est mauvais et il faut interdire les importations. Soit ça ne pose pas problème et pourquoi à ce moment-là interdirait-on les exportations ?"

Dominique Fayel, éleveur de broutards, est à l’image de beaucoup de ses confrères : "J’achète du tourteau de soja conventionnel, non garanti sans OGM. Ça ne veut pas dire qu’il y en ait. On ne va pas s’imposer un coût supplémentaire, on a déjà beaucoup de difficultés financières. C’est un surcoût assez significatif. Si le circuit commercial ne le valorise pas, je comprends que les éleveurs fassent le choix de ne pas l’assumer."

 

Les labels pas forcément une garantie sans OGM

Bon nombre de filières garantissent dans leurs cahiers des charges une alimentation non OGM. C’est le cas des brebis du rayon Roquefort. Ou, en Label rouge, du veau de l’Aveyron et du Ségala, du bœuf fermier de l’Aubrac. Mais le label rouge ne garantit rien : Salers, bœuf charolais ou porc fermier du Sud-Ouest, par exemple, n’ont pas de garantie sans OGM.

Dominique Fayel relativise : la part de tourteaux qu’il achète ne pèse que pour "neuf tonnes sur les 500" annuelles de matière sèche que ses bêtes engloutissent. Et le soja "ne représente que 40 %" de ses neuf tonnes... "Environ 90 % de la consommation des ruminants vient du fourrage. Sur les 540 000 hectares de surface agricole utile en Aveyron, 98 % est destinée à l’alimentation du bétail. Mais la luzerne autochtone n’est pas suffisante. La ressource en protéine, il faut bien la faire venir d’ailleurs."

 

Des protéines végétales importées d'Amérique

Elle vient souvent de très loin. D’Amérique du Sud et des USA. Et c’est là que le bât blesse. "L’Europe a perdu son autonomie, diagnostique le député européen écologiste José Bové. On importe 85 % des protéines végétales. La reconquête de cette autonomie, c’est le grand débat européen des années à venir." L’Aveyronnais José Bové reconnaît "l’absurdité" d’une situation qui voit les OGM rationnés quand l’alimentation du bétail les offre à volonté. "On n’est pas arrivé à l’interdire", explique Bové, fer de lance de la lutte anti-OGM, longtemps sous sa casquette syndicale avec la Confédération paysanne et aujourd’hui avec une casquette politique EELV.

La France s’est protégée des OGM en 2008 par un moratoire - Bové l’avait d’ailleurs réclamé en faisant une grève de la faim -, contre vents et marées judiciaires depuis.

Bové se contente aujourd’hui d’exiger un étiquetage concernant l’alimentation du bétail. Afin que chacun sache s’il consomme ou non des produits en partie nourris aux OGM.

 

Pas d'alternatives à ces importations pour l'instant

Mais pourquoi ne pas demander tout bonnement une limitation générale à 0,9 % de toute origine OGM ? "Il n’y a pas d’alternative pour l’instant en termes de production et de quantité", rétorque Bové. Il prêche avec d’autres pour des substituts au soja, via le colza, la luzerne et les légumineuses, "en fonctionnant avec ce qu’on appelle le verdissement, c’est-à-dire l’introduction des protéines végétales dans la rotation des cultures".

 

Si en Languedoc-Roussillon et en Midi-Pyrénées, la proportion des compléments dans l’alimentation des vaches et brebis avoisine les 10 %, ils sont utilisés massivement pour les porcs et les volailles sur l’arc Atlantique... L’élevage en batterie y a prospéré, près des ports. Les importations américaines arrivent à moindre coût, le budget transport routier en moins.

 

Mais les habitants de la région ne sont pas protégés pour autant... Faute de circuits courts généralisés, les sudistes consomment abondamment cochons et poulets arrivés tout droit des bords de l’Atlantique. Quand le cheval ne vient pas de Roumanie...

 

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 17:18

 

Médiapart

 

 

Lire aussi

 

 

 

La fièvre médiatique autour de l’expérience controversée du biologiste Gilles-Éric Séralini sur la toxicité du maïs OGM NK 603 de Monsanto et de l'herbicide Roundup (voir ici et ici), en septembre dernier, avait passé sous le silence les dimensions économique et juridique de la transgenèse végétale.

La Cour suprême américaine vient de rappeler à quel point les OGM posent le problème de la brevetabilité du vivant : à l’unanimité, elle confirme l’obligation de payer une redevance pour l’usage de semences OGM, même dans le cas d’une réutilisation pour créer de nouvelles graines (lire ici son avis). Elle donne ainsi raison à Monsanto qui poursuivait un cultivateur de l’Indiana, Vernon Hugh Bowman, âgé de 75 ans, déjà condamné pour avoir replanté du soja transgénique sans payer pour ce nouvel usage. « Les cultivateurs peuvent consommer ou vendre » leur récolte de soja résistant à l’herbicide Round up ready, « mais n’ont pas le droit d’en conserver une partie pour la replanter ensuite », affirme la Cour, qui précise que les semences vendues sont soumises à un brevet « qui autorise les agriculteurs à les semer pour une récolte et une seule ».

 

Vernon Hugh Bowman (©Jason Reed/Reuters) 
Vernon Hugh Bowman (©Jason Reed/Reuters)

Le cas de ce paysan est particulier : pendant huit ans, il a chaque année acheté des semences de soja en en payant les droits. Mais il a aussi acquis en vrac des graines destinées à l’alimentation animale, les a plantées et les a traitées au Round up. Exposées au glyphosate, le principal composant chimique de cet herbicide, seules les pousses OGM ont survécu. Il en a ensuite recueilli les graines, replantées à nouveau l’année suivante. Pour sa défense, il a plaidé « l’épuisement du brevet », qui autorise l’acheteur à user du produit tel qu’il lui sied, du moment qu’il en a acquitté la redevance. Mais pour le juge suprême des États-Unis, Bowman s’est placé lui-même en dehors de cette doctrine juridique, car en cultivant des graines OGM non rétribuées à Monsanto, il s’est rendu coupable de copie d’un produit protégé par le droit de la propriété. Devant la Cour, le cultivateur a reconnu ne pas connaître d’autres agriculteurs pratiquant la même méthode que lui, justifiée à ses yeux par le risque économique lié à l'exploitation de sa ferme. 

« Cette décision est un revers pour les paysans de notre pays », a réagi Andrew Kimbrell, directeur exécutif de l’ONG Center for food safety (CFS), qui a soutenu Bowman dans le litige, et dénonce « la persécution au nom des brevets » (voir ici son communiqué). Pour l’association, « la décision de la Cour est contraire à la logique et à l’agronomie en attribuant indûment la reproduction de la semence aux agriculteurs, alors que c’est le travail de la nature »

 

Des brevets partout

Mais en réalité « cette décision entre dans la logique de la brevetabilité du vivant : à partir du moment qu’on en accepte le principe, il est logique d’accepter que le brevet soit aussi reproductible », analyse Christophe Noisette, de l’association Inf’OGM. Sa portée symbolique n’en est pas moins forte : « La Cour suprême donne le pouvoir absolu aux brevets. Il n’y a aucun moyen de ne pas repasser par la case semencier », ajoute-t-il.

Aux États-Unis, la plupart des cultivateurs de soja utilisent des semences OGM, plus productives que les conventionnelles dans leur ensemble, tant les laboratoires de recherche ont cessé de pratiquer la sélection végétale sur les espèces non génétiquement modifiées.

 

En 30 ans, le prix des semences a explosé (CFS/SOS) 
En 30 ans, le prix des semences a explosé (CFS/SOS)

Plusieurs centaines de procès opposent Monsanto à des agriculteurs, mais dans leur immense majorité ils finissent par un accord à l’amiable. Le rapport de force n'est pas équitable entre le géant agrochimique et un mode paysan très endetté, remarque Christophe Noisette. Monsanto a obligé les agriculteurs à lui payer des centaines de millions de dollars lors de ce type de deals de gré à gré, estiment les ONG Center for food safety et Save our seeds, dans un rapport sur « les géants des semences contre les agriculteurs américains » (à lire en cliquant ici). 

Toujours selon leurs estimations, fin 2012, Monsanto avait reçu plus de 23,5 millions de dollars (environ 18,3 millions d’euros) à l’issue de litiges sur les brevets. Si bien que le cas Bowman constitue à leurs yeux « un microcosme du problème des procès générés par le système actuel ». Monsanto, DuPont et Syngenta contrôlent environ 53 % du marché mondial des semences. Leur prix ne cesse de grimper. En 2011, planter un acre (environ un demi-hectare) de soja coûtait 325 % plus cher qu’en 1995, 516 % plus cher pour le coton et 259 % de plus pour le maïs.  

Breveter le vivant n’est plus l’apanage des fabricants de végétaux génétiquement modifiés. En 2013, l’office européen des brevets (OEB) a décidé d’accorder une douzaine de brevets sur des plantes conventionnelles (brocoli, oignon, melon, laitue, piment, concombre), comme s'en inquiète Anne-Charlotte Moy de l’association Semences paysannes (voir ici). Issues de procédés de sélection, elles sont en effet considérées comme des « inventions ». Le modèle juridico-commercial des plantes génétiquement modifiées, si favorable aux  intérêts des nouveaux géants de l’industrie agro-alimentaire, s’étend progressivement au reste du monde agricole.

 

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