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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 22:10

 

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Photo de Non à l'aéroport à Notre Dame des Landes.

Non à l'aéroport à Notre Dame des Landes

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[‪#‎NDDL] Après l'occupation des places au printemps et l'occupation de la rue qui continue, venez occuper le ciel et rallumer les étoiles pour une "Nuit de Boue" dans le bocage !

Samedi 9 juillet à l'occasion du rassemblement des opposants à l'aéroport (et le monde qui va avec), 500 ballons volants en papier de soie ont été construits à la main. Tout ce travail s'envolera pour étinceler la nuit avec d'autres surprises afin de faire vivre résistance et convergence des luttes.
Les ballons seront librement distribués au stand des Rallumeurs d'étoiles et chacun pourra les décorer. On vous attend donc nombreux-ses pour vivre ce moment de solidarité toutes et tous ensemble !

Quelques images en avant-goût ;)
https://www.youtube.com/watch?v=IbdPBYXr8pU

Invitez vos amis-es au rassemblement du 9 et 10 juillet par-ici,
https://www.facebook.com/events/557733241071007/

Vous pouvez aussi vous inscrire et participer aux ateliers préparatoires de l'occupation du ciel le 8 juillet par-là,
https://www.facebook.com/events/614910665332954/

 

Sème ton étoile à Notre-Dame-des-Landes

Jim D-V

Ajoutée le 28 mai 2016

Les Rallumeurs d'étoiles et le collectif Occupation du Ciel présentent l'occupation du ciel édition 2016 pour le rassemblement des opposants au projet d'aéroport les 9 et 10 juillet.

Merci à HK & les Saltimbanks pour leur chanson "Rallumeurs d'étoiles"

Réalisation avec des images d'archives, rassemblements 2014 et 2015 avec le Collectif Occupation du Ciel et l'association Ballons Pirates.

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=IbdPBYXr8pU

 

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 21:03

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

A la ZAD de Notre-Dame-des-Landes: «On va rester»

27 juin 2016 | Par christophe Gueugneau
 
 
 

À la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme autour, la consultation départementale, qui a donné à plus de 55 % le « oui » au déplacement de l'aéroport, n'a que peu d'effet. Habitants des communes voisines et habitants de la zone à défendre restent déterminés. Ce week-end, une nouvelle structure est d'ailleurs sortie de terre, seul « refaire un dôme » ayant remporté tous les suffrages.

Notre-Dame-des-Landes, de notre envoyé spécial.-  À 20 h 30, dimanche 26 juin, le lieu appelé La Vache rit, à la ZAD (zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes, se remplit peu à peu des habitants des villages environnants, à l’appel des zadistes et de l’Acipa, l’une des principales associations opposées à l’aéroport. On discute de la famille, du boulot, et évidemment de la consultation qui a eu lieu toute la journée dans le département de la Loire-Atlantique. Un écran situé au fond du hangar qui sert de salle des fêtes diffuse une télévision locale où des panneaux de résultats apparaissent régulièrement.

 

À La Vache rit, dans l'attente des résultats dimanche soir © Yann Levy À La Vache rit, dans l'attente des résultats dimanche soir © Yann Levy

 

Les premières remontées des dépouillements donnent une victoire du « oui » au transfert de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique vers la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Mais les résultats arrivent au compte-gouttes, si bien que la communication à destination des journalistes est reportée.

 

Lorsqu’une commune s’affiche sur l’écran et que la majorité va au « non », elle est applaudie à tout rompre. En particulier lorsqu’il s’agit d’une commune voisine (lire ici l'analyse du scrutin par Jade Lindgaard). L’apparition sur l’écran de Bruno Retailleau, le chef de file des Républicains au Sénat et président du conseil régional des Pays de la Loire, fait bondir même les anciens de leur siège. Hué copieusement. Tout comme Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et soutien actif du nouvel aéroport, ou Manuel Valls, actuel premier ministre et surtout ministre de l’intérieur au moment de l’opération César, fin 2012, qui avait tenté, sans succès, d’évacuer la ZAD.

Combattives mais pas résignées, déçues mais pas étonnées. Les personnes présentes à La Vache rit font preuve de détermination quand on les interroge. Une dame juge « trop facile, ce référendum sur mesure ». Un monsieur explique qu’ils sont « fortiches », les politiques, « qui veulent refaire voter quand le résultat ne leur plaît pas, comme en 2005 ou maintenant avec le Brexit, mais qui par contre s’accrochent à un résultat qui va dans leur sens alors que là, pour le coup, ça ne représente pas grand-chose ».

 

Camille, habitante de la ZAD, et Dominique Fresneau de l'Acipa tiennent une conférence de presse © Yann Levy Camille, habitante de la ZAD, et Dominique Fresneau de l'Acipa tiennent une conférence de presse © Yann Levy

 

Les mêmes arguments reviennent : le choix du périmètre de la consultation, le département, considéré comme plus favorable au oui, la question elle-même, les conditions de la campagne d’information. Vers 21 h 20, Dominique Fresneau, de l’Acipa, et Camille, une des habitantes de la ZAD, prennent la parole pour une courte allocution lue à deux voix. Ils y dénoncent « le cadre, le processus et le contenu de cette consultation », qui « étaient fondamentalement biaisés » car « basés sur une série de mensonges d’État et radicalement inéquitables ». Mais, rappellent-ils, « il ne s’agissait pour nous que d’une étape dans la longue lutte pour un avenir sans aéroport », et « cette lutte se poursuit dès ce soir ».

La salle entame un long « On va gagner, on va gagner ! » qui donne décidément à cette soirée électorale de défaite un goût de victoire. « Nous appelons tous les soutiens et comités partout en France à redoubler de vigilance dans les semaines et mois à venir », enchaînent les deux représentants. « Résistance, résistance ! » répond la foule de plus en plus enthousiaste. « Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes », concluent Dominique Fresneau et Camille. « On lâche rien, on lâche rien ! » chantent les habitants.

 

Les personnes présentes à La Vache rit entonnent un « Résistance, résistance ! » pendant la conférence de presse © Yann Levy Les personnes présentes à La Vache rit entonnent un « Résistance, résistance ! » pendant la conférence de presse © Yann Levy

 

Fin du discours, les journalistes sont invités à faire leurs interviews à l’extérieur, le bar est sorti, les gobelets sérigraphiés « non à l'aéroport » sont distribués. 

Pour Julien Maillard, originaire des environs, « le résultat de ce soir ne va strictement rien changer ». Ce trentenaire est tout de même « agréablement surpris par les résultats dans les communes alentour ». Mais pour lui, le « foutage de gueule démocratique va continuer ». Un autre Camille, habitant de la ZAD, explique un peu plus tard : « Le premier ministre a dit que, quel que soit le résultat du référendum, ils veulent démonter la ZAD. Nous, on va continuer ce qui se construit ici. »

Cette première partie de soirée électorale touche à sa fin, mais une seconde a déjà commencé ailleurs sur la ZAD : au Gourbi. Plus qu’une soirée électorale, c’est plutôt une crémaillère, même si le chantier n’est pas totalement terminé. En pied de nez au référendum qui devait sceller dans un sens ou un autre l’avenir de la ZAD, ses habitants avaient en effet appelé tout le week-end à « refaire un dôme ».

Dès samedi après-midi, le dôme proprement dit, une structure métallique d’environ 10 mètres de diamètre, avec des murs progressivement recouverts de paille et d’argile durant le week-end, était le principal chantier en cours. Il est construit là où se trouvait la maison d’un certain monsieur Gourbil, d’où le nom. La maison avait été rasée. À la place, une vaste cabane a été érigée à la fin 2015, avant d’être à son tour incendiée quelques jours plus tard. « C’est là pour durer, c’est là pour montrer qu’on va rester », dit un des « travailleurs » sur le chantier, sous un joli soleil d’été. Un autre : « Qu’est-ce qu’ils veulent ? Une guerre civile ? Moi, je ne suis pas pour mais il y a un moment où bon… »

 

Sur le chantier du dôme au Gourbi samedi après-midi © Yann Levy Sur le chantier du dôme au Gourbi samedi après-midi © Yann Levy

 

Pour ce week-end de travail, la cantine annonce avoir servi 350 repas samedi midi. Le même nombre environ le soir, alors que les ouvriers du Gourbi entament les trois-huit pour terminer le dôme avant dimanche soir. Tout le monde met la main à la pâte, certains une demi-heure, d’autres plusieurs heures. D'autres chantiers sont en cours sur la ZAD. Un champ de courges doit être paillé, une serre doit être réparée, un mur d'escalade doit être terminé… les volontaires peuvent se présenter au lieu-dit La Wardine, où les différents postes sont répartis.

 

«On a décidé de vivre ici, on veut que ça dure»

Au petit matin, dimanche, le chantier du Gourbi est délaissé une demi-heure tout au plus, « le temps de regarder le lever de soleil ». Pour cette journée aux urnes, la quasi-totalité des habitants de la ZAD reste disponible, n’ayant tout simplement pas le droit – ni l'envie pour la plupart – de voter.

Plus tard dans la matinée, à Notre-Dame-des-Landes, le maire Jean-Paul Naud se tient devant la mairie, à deviser avec quelques-uns de ses administrés. Costume, moustache, et sourire au lèvres, même s’il ne se fait pas trop d’illusions sur le résultat. Ce qui est sûr, c’est que ça vote beaucoup dans sa commune. « Depuis 8 heures ce matin, il y a vraiment beaucoup de monde, plus de participation que d’habitude. » Dans le bureau de vote situé juste à côté de la mairie, dans une école, l’ambiance est bonne. Un couple de personnes âgées arrive. L’homme demande à une jeune femme qui sort s’il y a beaucoup de monde à l’intérieur. « Oh oui », répond-elle avant de filer déjeuner avec ses deux enfants sous le bras. 

 

Le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud, au centre, dimanche, jour de vote © Yann Levy Le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud, au centre, dimanche, jour de vote © Yann Levy
 

La commune a toujours été majoritairement contre l’aéroport, maire compris. Le non ici a fait son plus gros score : 73,57 % avec une participation à 75 %.

Direction Saint-Aignan-Grandlieu, à une trentaine de kilomètres. La commune est elle aussi directement concernée par la consultation, puisque c’est ici que se trouve l’actuel aéroport de Nantes Atlantique. Là encore, la participation en début d’après-midi est bonne. André, technicien chez Airbus, sort d’un des bureaux de vote en discutant. D’abord un peu réticent – « je n’ai pas trop le temps de vous parler » –, il finit par expliquer pourquoi il a voté oui au transfert, « car c’est mieux, même au niveau écologique, pas seulement au niveau économique ». « Il faut bien que cette commune, ici, puisse se développer aussi. »

 

À Saint-Aignan, dimanche, commune proche de l'actuel aéroport de Nantes Atlantique © Yann Levy
À Saint-Aignan, dimanche, commune proche de l'actuel aéroport de Nantes Atlantique © Yann Levy

 

En approchant d’un autre bureau, un avion surgit avec vacarme de derrière le bâtiment, très bas, il va se poser quelques kilomètres plus loin. Ici, les assesseurs soulignent le nombre important de procurations : « C’est même plus que pour la présidentielle. » Une dame pressée sort du bureau. Elle, elle en a « marre des nuisances sonores ». Un homme, la cinquantaine, estime quant à lui que cette consultation montre « que le gouvernement ne prend pas ses responsabilités. C’est bien que le citoyen donne son avis mais la justice a déjà tranché, et le gouvernement n’en a rien fait ». Un couple à présent sort. Pour la dame, c’est « important pour le développement économique de la région que le nouvel aéroport se fasse ». Son mari, qui « a bossé la question », estime que « même si Nantes Atlantique s’agrandit, ça ne tiendra pas longtemps au vu de l’augmentation prévue du trafic ». Résultat, dans la commune, un « oui au transfert » massif – 71,7 %.

Retour au Gourbi, où les habitants de la ZAD ont convié les journalistes sur le lieu du « refaire un dôme ». La plupart des travailleurs présents vaquent normalement à leurs occupations, d’autres, plus méfiants à l’égard des médias, arborent des cagoules cousues main et sur place pour une précédente occasion. 

 

Sur le chantier du dôme dimanche après-midi © Yann Levy Sur le chantier du dôme dimanche après-midi © Yann Levy

 

Camille, la vingtaine, est arrivée depuis une semaine sur la ZAD et a participé à la préparation du chantier dôme. Elle a pour projet de monter un atelier de poterie ici. En attendant, elle faisait partie de l’équipe qui a passé toute la nuit sur place – « c’était trop bien, les gens étaient tous très motivés ». La ZAD ? Elle « y trouve quelque chose de nouveau, une autre organisation relationnelle, une autre organisation du rapport au travail », elle y voit « une communauté en lutte contre un projet gouvernemental pas accepté par la population locale »

La consultation en cours la laisse de marbre. « L’ambiguïté de la question, l’ambiguïté du périmètre, l’ambiguïté de vouloir régler en un dimanche un problème vieux de quarante ans, tout est ambigu, dit-elle. De toute façon, les gens vont rester, on a décidé de vivre ici, on veut que ça dure. »

Dimanche soir, dans la nuit, un concert de hip-hop se tient sur la scène qui a été construite à côté du dôme pour soutenir les travailleurs. Des gens dansent pendant que d’autres continuent inlassablement de poser le meilleur terre-paille sur la structure métallique. Réagissant aux résultats, le premier ministre Manuel Valls a déclaré que les occupants illégaux du terrain devraient « partir » d’ici au début des travaux à l’automne. La maire PS de Nantes, Johanna Rolland, a appuyé ce choix : « Il doit y avoir évacuation de la ZAD. »

« Mais nous, on s’en fout, on n'est pas des occupants, on est des habitants », lui répond une zadiste interrogée lundi matin. L’évacuation, si elle a lieu, devrait intervenir d’ici à l’automne. Au vu du fiasco de l’opération César de 2012, les moyens à mobiliser devraient être très importants. Au vu des personnes interrogées ce week-end, habitants de la ZAD comme soutiens, la résistance devrait l’être tout autant. Des forces qui pourront se compter les 9 et 10 juillet pour le rassemblement estival des anti-aéroport, baptisé « Semailles de démocratie ».

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 12:35

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Notre-Dame-des-Landes est un site écologique unique. Regardez cette vidéo

25 juin 2016 / Estelle Pereira (Reporterre)
 


 

 

Ce court documentaire présente les spécificités de la biodiversité exceptionnelle de la zone humide de Notre-Dame-des-Landes à travers les témoignages de plusieurs opposants. De splendides images accompagnent cet argumentaire environnemental en faveur de la préservation du site.

Pourquoi est-il est important de défendre la zone humide de Notre-Dame-des-Landes ? Pourquoi depuis des années, des militants luttent pour sa préservation ? Ce court documentaire met en lumière les spécificités de la biodiversité exceptionnelle du site. Les arguments écologiques brandis par les partisans de l’aéroport sont spécieux. Il suffit de s’intéresser à la biodiversité du site et à la vie qui y grouille pour se rendre compte du désastre écologique que représenterait la destruction de la zone humide, qui, contrairement à une infrastructure, est irréversible.

 

 

Le documentaire a été réalisé par Léo Leibovici et produit par Lizzie Brocheré en partenariat avec l’Association Yemanja (regroupement de créateurs, producteurs et diffuseurs de projets visant à promouvoir la sauvegarde de l’environnement)

Léo Leibovici, réalisateur de documentaires animaliers et environnementaux, a débuté ce film courant mars 2016. Comme pour beaucoup de ses tournages, patience et persévérance sont de mise. Au total, des mois de travail sur la zone à défendre (ZAD). Pourtant, il n’a filmé qu’une infime partie des espèces présentes. « J’aimerais continuer à y travailler, il y a largement de quoi tourner un documentaire animalier de 90 minutes. J’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi on s’obstine à vouloir installer cet aéroport, compte tenu de la perte environnementale que cela occasionnerait »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

                                                          

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 15:36

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Notre-Dame-des-Landes : le référendum validé par le Conseil d’Etat

LE MONDE | • Mis à jour le

 

 

 

Notre-Dame-des-Landes

Le Conseil d’État a validé, lundi 20 juin, la tenue d’un « référendum » consultatif sur le projet controversé de transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes, prévu dimanche
26 juin.

 

La plus haute juridiction administrative, qui avait été saisie par plusieurs associations, a estimé en particulier que la question posée aux électeurs n’était « pas ambiguë ».

A moins d’une semaine du rendez-vous électoral en Loire-Atlantique, les magistrats ont ainsi décidé de ne pas désavouer le gouvernement. Plus tôt dans la journée, le rapporteur public avait également proposé ce rejet au président du Conseil d’Etat.

 

Un dossier vieux de 50 ans

Près de 968 000 personnes inscrites sur les listes électorales en Loire-Atlantique sont invitées à répondre à la question : « Êtes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? »

Cette consultation, la première du genre en France et qui n’a que valeur d’avis, avait été annoncée le 11 février par François Hollande avec l’idée de sortir du « blocage » de ce dossier vieux de 50 ans, contesté sur le terrain et devant les tribunaux, et qui empoisonne depuis le début de son quinquennat les relations entre socialistes et écologistes.

 

D’autres recours en attente

D’autres requêtes attendent le Conseil d’Etat. Attac France et d’autres associations, ont attaqué non pas le décret organisant le référendum consultatif, mais la base de l’édifice légal : une ordonnance du 21 avril, qui modifie le code de l’environnement.

Ce texte, taillé sur mesure pour Notre-Dame-des-Landes, permet à l’Etat de « consulter les électeurs d’une aire territoriale déterminée afin de recueillir leur avis sur un projet d’infrastructure ou d’équipement susceptible d’avoir une incidence sur l’environnement ».

Il s’agit d’une construction juridique inédite, qui donne au gouvernement la capacité de lancer des consultations locales sur certains projets. A ne confondre ni avec le référendum national, ni avec le « référendum local » organisé par les collectivités, dont les résultats sont eux contraignants. Ces requêtes contre l’ordonnance seront examinées mercredi, soit quatre jours seulement avant la date prévue pour la consultation.

 

Lire aussi :   Notre-Dame-des-Landes : petite histoire de « la plus vieille lutte de France »

 


Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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Source : http://www.20minutes.fr

 

 

Notre-Dame-des-Landes: Deux nouveaux recours déposés devant le Conseil d'Etat

 

 

 

CONSULTATION La requête vise à suspendre et à annuler l'ordonnance autorisant la consultation sur le transfert de l'aéroport...

 

Des opposants au projet d aeroport de Notre Dame des Landes manifestent devant le tribunal administratif de Nantes durant l audience au cours de laquelle 17 recours portant sur la loi sur l eau et les especes protegees sont examines. Nantes le 18 06 2015./SALOM-GOMIS

Des opposants au projet d aeroport de Notre Dame des Landes manifestent devant le tribunal administratif de Nantes durant l audience au cours de laquelle 17 recours portant sur la loi sur l eau et les especes protegees sont examines. Nantes le 18 06 2015./SALOM-GOMIS - SIPA

 

 

Ils ne lâchent rien. Des opposants au projet de transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes ont déposé mercredi deux nouveaux recours devant le Conseil d’Etat. Le but est de suspendre la consultation locale organisée dans le département de Loire-Atlantique le 26 juin.

La plus haute juridiction administrative avait déjà été saisie en urgence le 3 juin par plusieurs associations et requérants individuels, qui demandent la suspension du décret organisant cette consultation, ainsi que son annulation. Le Conseil d’Etat doit se prononcer lundi après-midi.

 

L’ordonnance dans le viseur

Deux nouveaux recours, visant cette fois à suspendre et à annuler l’ordonnance autorisant cette consultation, ont été déposés mercredi après-midi, l’un par France Nature Environnement, l’autre par la Confédération paysanne, Attac 44 et le syndicat Solidaires, a indiqué l’avocat de ces derniers, Sébastien Le Briéro, confirmant une information de Presse-Océan.

Aucune date d’audience n’a encore été fixée, a ajouté l’avocat, qui considère qu’il « serait pertinent de grouper les débats lundi », ces deux actions en justice étant selon lui « parallèles et complémentaires ».

 

Périmètre de la Loire-Atlantique

L’ordonnance, publiée au Journal officiel le 22 avril, pose « un problème de légitimité par rapport aux collectivités locales » qui participent au financement du projet d’aéroport mais qui n’ont pas été consultées par l’Etat, le périmètre retenu étant celui de la Loire-Atlantique, estime notamment Me Le Briéro.

 

>> A lire aussi : La synthèse des arguments des pro et des anti-aéroport est en ligne

 

Autre argument mis en avant par l’avocat, le « non-respect de la loi Macron du 6 août 2015, qui permet au gouvernement de prendre une ordonnance pour organiser une consultation locale sur un projet d’Etat, mais avant toute prise de décision. Or, cette consultation intervient après plusieurs décisions, dont le décret déclarant d’utilité publique le projet [pris en 2008] ».

 

 

Source : http://www.20minutes.fr

 

 

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 14:49

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Consultation sur Notre-Dame-des-Landes : l’information officielle est mensongère

20 juin 2016 / Ivan Fouquet

 
 

 

François Hollande avait annoncé la mise à disposition des citoyens de Loire-Atlantique des informations « les plus objectives possibles, préparées par une commission indépendante », pour préparer la consultation du 26 juin. Las, la Commission nationale du débat public a rendu un document « trompeur », « déséquilibré » et « incomplet », selon l’auteur de cette tribune.

Ivan Fouquet est architecte et coauteur pour le Cédpa (le collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport) d’un rapport sur l’optimisation de l’aéroport de Nantes-Altantique.

 

 

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Ivan Fouquet.

Deux colonnes, une douzaine d’arguments avec en tête « 26 juin Faites votre choix ! ». Le dernier d’entre eux, dans la colonne Non, indique : « Projet conduit de manière peu transparente. Difficulté d’accéder aux informations pour les citoyens, insuffisance d’expertises indépendantes. »

Les auteurs de ce site officiel informant les électeurs sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont-ils voulu participer, eux aussi, au manque de transparence ? Ont-ils cherché à rendre l’information difficile d’accès pour les citoyens ? Ont-ils voulu sacrifier leur indépendance, pourtant clamée par le chef de l’État le 25 avril dernier ? « Je veillerai à ce que les informations transmises aux électeurs soient les plus objectives possibles, préparées par une commission indépendante, la Commission nationale du débat public, préparant un dossier dans la transparence et dans le respect de toutes les sensibilités et de toutes les opinions », avait déclaré François Hollande lors de son discours d’ouverture de la 4e Conférence environnementale.

Au lendemain de cette déclaration, le président de la Commission nationale du débat public (CNDP), Christian Leyrit, avait pris les choses à cœur. Il a auditionné des dizaines de représentants de différentes organisations, favorables ou défavorables au projet d’aéroport, afin de « rédiger un document le plus objectif possible », selon ses termes.

L’Acipa [1], association historique de la lutte contre l’aéroport, refuse l’invitation, appréhendant une « énième manipulation », une « mascarade de “démocratie participative” ».

L’Atelier citoyen n’est pas convié. Pourtant, l’association a réuni entre 2014 et fin 2015 des dizaines de spécialistes, pilotes, ingénieurs, contrôleurs aériens, architectes, urbanistes, thermiciens, aux côtés de citoyens et usagers… pour proposer des alternatives au projet d’aéroport, notamment dans le réaménagement de l’aéroport existant de Nantes-Atlantique.

 

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Un des projets d’agrandissement de l’aéroport existant portés par l’Atelier citoyen, qui n’a pas été entendu par la Commission nationale du débat public.

La neutralité et l’objectivité du document officiel sont mal engagées. Christian Leyrit, ingénieur des Ponts, des eaux et des forêts et ancien préfet, n’a pas reconnu un quelconque conflit d’intérêt lorsque Mediapart dévoila sa collaboration de dix ans avec le paysagiste Bernard Lassus, recruté par Vinci pour l’aéroport.

Bien sûr, s’il avait été ami avec Françoise Verchère [2] ou s’il avait écrit un ouvrage avec Julien Durand [3] sur le Larzac, les lobbyistes proaéroport, le Medef, la chambre de commerce nantaise, les responsables politiques du Parti socialiste et du parti Les Républicains auraient dénoncé « un conflit d’intérêt majeur » et auraient exigé sa démission immédiate.

Le document d’information a été mis en ligne le 9 juin et lors de la conférence de presse de lancement, M. Leyrit s’est félicité qu’il n’ait été relu ni par les proaéroports, ni par les anti. Peut-être aurait-il été préférable qu’il le soit. En effet, le document est largement déséquilibré, il comporte des erreurs, déforme des citations et affiche des données surestimées que le récent rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) a invalidées.

 

Un document trompeur

Le document en ligne distribue les citations, et use largement du conditionnel. « Selon la CCI », « Selon la DGAC », « Selon le CGEDD »« Nous avons donné les points de vue de la DGAC [la Direction générale de l’aviation civile], des opposants et du CGEDD. L’objectivité, c’est présenter tous les points de vue », se défend la CNDP. Il s’agit cependant d’un document d’information, non d’un document de points de vue. Les affirmations de la DGAC : « 80.450 Nantais impactés par le bruit en 2050 » ; « allongement de la piste à 3.600 m », « la fermeture de l’aéroport pour au moins 3 mois » sont bien des données que le rapport du CGEDD remet en cause. Les experts du CGEDD expliquent que la DGAC a surestimé ses prévisions de trafic, ils considèrent que ni le prolongement de la piste à 3.600 mètres ni son élargissement ne sont nécessaires. Il est donc abusif de reprendre ces données.

Certaines citations réinventent la réalité. Ainsi, la CNDP laisse entendre que si deux pistes sont prévues à NDDL, c’est « à la demande des élus de la communauté de communes Erdre et Gesvres ». C’est précisément ces deux pistes que le CGEDD conteste en affirmant que le projet de Notre-Dame-des-Landes est surdimensionné. Selon les experts, la nécessité des deux pistes est un « argument d’autorité » de la DGAC.

Enfin, la CNDP va jusqu’à déformer une citation de la DGAC, dont le rapport de 2013 indiquait : « Il conviendrait d’étudier finement les impacts du développement du trafic et de la baisse de l’altitude de survol du lac de Grand-Lieu sur les oiseaux migrateurs fréquentant ce site Natura 2000. » Cette citation devient : « L’aménagement impacterait ainsi plusieurs hectares de zones humides et le site Natura 2000 du lac de Grand-Lieu. »

Citation déformée et scandaleuse étant donné que, dans une note de 2014, la Dreal (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) des Pays de la Loire a levé les craintes de la DGAC en confirmant que l’« impact sera cependant très minime en comparaison de ceux issus de l’urbanisation prévisible des zones humides aujourd’hui préservées » (voir ici).

 

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Le lac de Grand-Lieu, au sud de Nantes, un des sujets de la polémique.

Pour ces projets d’urbanisation, la CNDP parle de « densification », alors que les projets connus concernent la construction de lotissements sur des terrains encore naturels et protégés par le plan d’exposition au bruit (PEB) à proximité du lac. En 60 ans, les zones pavillonnaires se sont multipliées à Saint-Aignan de Grand-Lieu en dehors des zones contraintes par le PEB. Les pavillons de lotissements procèdent plus du mitage que de la densification.

 

Un document déséquilibré

Le document pointe les erreurs passées des opposants sur les pronostics de trafic passagers, ou sur la prise en compte des exigences de sûreté pour les passagers, les personnels et les entreprises. Il ne mentionne nulle part les surestimations de la DGAC sur le trafic aérien : elle avait prévu 75.000 mouvements d’avions en 2010, alors qu’on en a compté, en 2015, moins de 50.000. Ces premières contre-vérités ont pourtant permis à la DGAC de fonder tout son argumentaire en faveur du transfert : la saturation, les nuisances liées au bruit.

Autre déséquilibre évident sur les coûts annoncés : d’une part, le document annonce le coût hors taxe de la construction de l’aéroport prévu pour un trafic de 4 millions de passagers, avec une aérogare plus petite que celle de l’aéroport existant. De l’autre, il présente le coût TTC de la rénovation de l’aéroport existant à l’échéance de 9 millions de passagers selon l’estimation de la DGAC. Plus loin, dans les petites lignes, il présente l’estimation par le CGEDD d’un coût inférieur pour cette même rénovation, et s’étonne : « Cette estimation est très inférieure à celle de la direction générale de l’aviation civile (DGAC) au même horizon », avant de rappeler en caractère gras celle de la DGAC. L’estimation de la DGAC avait été reconnue comme largement surévaluée par les opposants comme par le CGEDD, car comportant de nombreuses aberrations, comme celle, souvent citée, de la démolition/reconstruction d’un chenil de 3 chiens pour 602.000 € HT....

 

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 17:40

 

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Notre-Dame-des-Landes: les drôles de lacunes du site de la campagne

11 juin 2016 | Par Jade Lindgaard
 
 
 

À quinze jours de la consultation sur le projet d’aéroport, la Commission nationale du débat public met en ligne le site officiel d’information pour les électeurs. Mais ses lacunes sont nombreuses et ses données souvent biaisées.

C’est un cas d’école et une épreuve test pour les instances de démocratie participative : une autorité indépendante dont la mission est de faire prendre en compte le point de vue des citoyens peut-elle offrir une information objective sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? C’est la mission que le gouvernement a confiée à la Commission nationale du débat public (CNDP), habituellement chargée d’organiser des débats publics sur les grands projets d’aménagement (Grand Paris Express, centre commercial Europa City…). Cette fois-ci, la tâche est inédite : c’est la première fois que l’État organise en France une consultation locale sur une infrastructure ayant déjà fait l’objet d’une déclaration d’utilité publique (en 2008). De ce fait, les électeurs de Loire-Atlantique, appelés aux urnes le 26 juin pour dire s’ils approuvent ou rejettent la construction d’un aéroport dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes, n’auront pas de pouvoir de décision. Ils auront simplement leur mot à dire. Il ne s’agit pas d’un référendum, et le gouvernement n’a pas indiqué sur quels critères de participation et quels pourcentages de résultat il jugerait l’issue du vote.

 

Christian Leyrit lors de la présentation du site d'information sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 9 juin (JL). Christian Leyrit lors de la présentation du site d'information sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 9 juin (JL).
 

Dans ce contexte institutionnel complexe et politiquement sensible, et alors que l’indécision des autorités depuis 2012 a exacerbé la polarisation de l’opinion publique locale, l’information des électeurs devient un fort enjeu démocratique. Mis en ligne à quinze jours du vote, le site d’information de la CNDP sur le projet d’aéroport offre-t-il un tableau objectif, appuyé sur des faits, des raisons de construire ou non un aéroport sur des terres agricoles et la plus grande zone humide de la région ?

Pas vraiment. Pour l’essentiel, la commission reprend les arguments habituels des partisans et des opposants au projet d’aéroport, les juxtapose, mais sans en vérifier les fondements. « On a le sentiment d’avoir donné une vision objective du sujet », affirme Christian Leyrit, son président, lors d’une conférence de presse à Paris, jeudi 9 juin. Mais additionner des points de vue contradictoires ne suffit pas à créer un discours juste. Ainsi, en dernière page, on trouve le document sans doute le plus important du dossier : la liste des six principaux arguments pour voter oui ou non à la question qui sera posée aux électeurs : « Êtes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? »

En faveur du projet, on lit que l’État risquerait de verser « de lourdes indemnités » au concessionnaire, le groupe Vinci, en cas d’abandon et qu’elles seraient « probablement supérieures » à la participation de l’État à la réalisation de l’aéroport. Pourtant, à aucun moment le document de la CNDP ne chiffre ce coût de résiliation. Au contraire, il indique que ni l’État, ni l’entreprise n’ont fourni d’estimation. « Ce n’est pas l’opinion de la CNDP, ce sont les arguments des uns et des autres », répond Christian Leyrit. « Combien ça coûte ? Nul ne le sait », assure-t-il. Mais pourquoi alors l’avoir repris dans les principaux arguments ? La commission n’a pas produit de nouvelle expertise. « Sur un sujet aussi complexe, on peut le regretter », reconnaît son président.

Parmi les nombreux rapports officiels publiés depuis le débat public de 2003, la CNDP a écarté des arguments défavorables au projet d’aéroport. Par exemple, au sujet des nuisances sonores, elle écrit que pour la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), faire atterrir et décoller les avions à Notre-Dame-des-Landes impacterait beaucoup moins de monde que de conserver l’actuel aéroport de Nantes. Mais elle omet de dire que l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (l’Acnusa), l’autorité administrative indépendante en charge du contrôle des nuisances sonores, ne réclame pas le transfert de l’aérogare. Elle exige (dans son rapport 2014) la révision du plan de gêne sonore actuel car il n’aide pas les personnes les plus gênées par le bruit et proteste contre le retard des autorités à le faire.

 

 

Réunion pour le "non" à l'aéroport, à Nantes, le 8 juin (JL). Réunion pour le "non" à l'aéroport, à Nantes, le 8 juin (JL).


Autre exemple : au sujet du lac de Grand Lieu, le plus grand lac naturel de plaine en France, situé près de l’actuel aéroport de Nantes et dont la préservation est invoquée par les partisans du nouveau projet. La CNDP indique que pour de « nombreux naturalistes », le déménagement serait une plus grande menace pour l’environnement car il ouvrirait la voie à l’urbanisation. Mais elle oublie de préciser que c’est également le point de vue de l’ancien directeur de la réserve naturelle, Loïc Marion – qu’elle a pourtant rencontré. Mais aussi des experts de l’État lui-même, par le biais de la Dreal, qui avaient exprimé le même point de vue dans une note oubliée dans un tiroir de la préfecture et révélée par le Canard enchaîné il y a quelques semaines.

Le site de la CNDP n’en dit rien mais un incident s’est produit lors de la visite officielle du lac de Grand Lieu par les membres de la Commission. Un homme s’est fait passer pour un représentant de Bretagne vivante, une importante association naturaliste, et leur a déclaré que le survol des avions nuirait à la faune de la réserve naturelle du fait du bruit et au lac par les largages de kérosène. Sauf que ces faits, invoqués par les partisans du nouvel aéroport, sont contestés par l’association, qui les considère comme infondés. Bretagne vivante a officiellement protesté dans une lettre adressée au président de la Commission. Car selon ses informations, le faux naturaliste est en fait l’adjoint à l’environnement du maire de la commune de Saint-Aignan, engagé dans la campagne pour le oui à l’aéroport, et époux de sa première adjointe. « Nous sommes dans une situation de totale incompréhension face à cette situation », écrit le président de l’association dans sa lettre.

 

 

Militant des Ailes pour l'Ouest, pour le "oui" à l'aéroport, à Nantes, le 9 juin (JL). Militant des Ailes pour l'Ouest, pour le "oui" à l'aéroport, à Nantes, le 9 juin (JL).


Sur le coût financier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la Commission du débat public opère un découpage discutable. Elle ne prend pas en compte le coût de la ligne ferroviaire à grande vitesse exigée par la Bretagne pour relier Rennes à Notre-Dame-des-Landes. Elle n’intègre pas non plus celui du pont sur la Loire pourtant réclamé par le président de la région Pays de la Loire en échange de son soutien au projet. Elle affiche une contribution de l’État de 130,5 millions d’euros mais oublie d’ajouter les 115,5 millions d’euros payés par les collectivités locales. Cela sous-estime d’autant le montant total que devra payer chaque habitant du département de Loire-Atlantique, contribuable national mais aussi local. Ce chiffre n’a d’ailleurs même pas été calculé par la CNDP.

Quant à l’impact du projet d’aéroport sur l’agriculture locale, il semble lui aussi minimisé. Le document se contente de chiffrer les dommages : neuf exploitations menacées, perte de 3,4 % de la surface cultivée et de 2,3 % du cheptel de vaches laitières. Ces effets peuvent sembler dérisoires, alors que tout le monde paysan local, y compris la FNSEA, est opposé au nouvel aéroport. Rien n’est dit des projets agricoles aujourd’hui en développement sur la ZAD occupée par des opposants. La Commission ne s’y est pas rendue et n’a rencontré aucun de ses habitants.

Plus généralement, la sémantique du rapport est lourde de sens : il parle de « saturation » de l’actuel aéroport alors que ses salariés dénoncent son défaut d’entretien. Le fermer permettrait de « libérer » de l’espace. Parmi les adresses de sites internet opposés au projet figure celui du Front national mais pas celui du Modem, ni celui des habitants de la ZAD. De son côté, l'Atelier citoyen regroupant des dizaines d'experts opposés au nouvel aéroport, publie une lettre ouverte à la CNDP mardi 14 juin et propose une vingtaine de corrections à son site d'informations. Ils dénoncent « plusieurs erreurs et lacunes » : le coût de la construction de l'aérogare de Notre-Dame-des-Landes est estimé pour 4 millions de passagers alors que celui du réaménagement du site actuel est chiffré pour 9 millions d'utilisateurs; les chiffres de la DGAC (favorable au projet) ne sont pas contrebalancés par celui des experts du ministère de l'environnement; il n'est pas précisé que les emprunts du concessionnaire, AGO, sont cautionnés par les collectivités locales.

Accusé de défaut d’impartialité pour ses liens professionnels anciens avec le paysagiste de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une des personnes clés du projet, Christian Leyrit s’est défendu en expliquant que les 25 membres de la CNDP avaient été nommés par 19 instances différentes, et que le document d’information n’avait été envoyé à aucun ministère avant sa publication, jeudi 9 juin.

Qu’en pensent les autres représentants de la commission du débat public ? Ont-ils tous voté le document d’information ? Impossible de le savoir car cette information est couverte par une curieuse règle du secret des délibérations. Mais au vu du communiqué publié par France nature environnement, qui siège à la CNDP, début juin, dénonçant les « zones d’ombre » qui persistent, il est aisé d’en déduire qu’au moins un membre n’en est pas satisfait.

Plusieurs associations, locales et nationales, ont déposé vendredi 3 juin une requête en référé devant le Conseil d'État pour suspendre le vote du 26 juin :  les deux collectifs historiques des opposants au projet, l'Acipa et le Cédpa, ainsi qu’Attac 44 et trois couples installés sur les terres prévues pour accueillir le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, expulsables depuis le 25 janvier. Ils contestent le périmètre de la consultation, réservée au département de Loire-Atlantique, et la question posée aux électeurs, qui porte sur le projet d’aéroport déclaré d’utilité publique en 2008, et non sur la version réduite qu’appelaient de leurs voeux les experts du ministère de l’environnement dans un rapport commandé par Ségolène Royal et publié en mars. L'audience en référé se tient lundi 13 juin au Conseil d'Etat.

 

 

 

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 16:22

 

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« Contrées » : de Notre-Dame-des-Landes au Lyon-Turin, le surgissement d’un peuple

25 mai 2016 / Emmanuel Daniel (Reporterre)
 


 

Avec le livre « Contrées », le collectif Mauvaise Troupe restitue par des témoignages vibrants le combat des opposants italiens au TGV Lyon-Turin et celui des zadistes de Notre-Dame-des-Landes. Dont la force est de réunir des personnes aux cultures éloignées.

 

Le collectif Mauvaise Troupe revient en librairie avec un deuxième livre d’histoires. Dans Constellation, son premier ouvrage, il tentait de consigner sur papier les traces des nombreuses luttes radicales qui ont jalonné le « jeune XXIe siècle » afin qu’elles alimentent celles à venir. Avec Contrées, il se fait moins exhaustif et s’attarde sur deux étoiles qui brillent un peu plus fort que les autres dans le ciel révolutionnaire : la Zad de Notre-Dame-des-Landes et la lutte No TAV dans le Val Susa (Val de Suse), en Italie, où depuis un quart de siècle, la quasi totalité d’une vallée de 70.000 personnes s’oppose à la construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin.

« Pour toutes les insoumissions qu’ils ont inspirées, les mouvements Zad et No TAV sont devenus légendaires. » Ces deux luttes, de par leur ancienneté, les victoires qu’elles ont arrachées, leur ancrage sur le territoire, l’ampleur de la mobilisation qu’elles ont suscités et la diversité de leur composantes ont marqué les imaginaires des deux cotés des Alpes et au-delà. Elles ont montré qu’il était possible de faire face à la méga-machine à aménager et de créer des temps et des espaces (partiellement) libérés de la logique capitaliste. Ces deux luttes partent d’un mot, un cri : non. Non à un aéroport. Non à une ligne à grande vitesse. Non au monde qui va avec, un monde de béton, de fric et de flics.

 

« Une histoire, une appartenance et un destin communs »

Avec ce livre, la Mauvaise Troupe nous fait parvenir des fragments sensibles de ces espaces en « rupture radicale avec le cours fastidieux de deux sociétés pacifiées ». Il s’agit de « colporter ses mots, de tenter de coucher sur le papier ces petites notes de musique, de transmettre les ambiances, les émotions, la chaleur humaine et l’étonnement, la colère et l’espoir » pour « répandre les certitudes et les hypothèses qu’ils ont su soulever ». Pour ce faire, les auteurs laissent une large place aux témoignages de celles et ceux qui vivent ces luttes. L’ouvrage comporte aussi des passages plus analytiques, qui viennent faire le lien entre les témoignages sans pour autant les surplomber, car le collectif prend part aux luttes qu’il raconte. « Nous écrivons depuis ces mondes en résistance et la voix de ce livre y est engagée avec cette centaine d’autres. »

 

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Manifestation des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et de soutien aux No TAV, à Nantes, le 22 février 2014.

Une des idées fortes développées dans le livre est celle du surgissement d’un peuple. Dans le Val Susa, on parle de lutte populaire et même de peuple « No TAV » nourri d’un « ensemble de codes implicites par lesquels les opposants à la grande vitesse se reconnaissent une histoire, une appartenance et un destin communs ». Un peuple qui se donne des chants, des slogans, des lieux de rendez-vous et des rites. Les membres passent le nouvel an ensemble, s’invitent mutuellement à leurs funérailles, vont faire leur course dans des magasins No TAV et se créent même des lieux de prière. Ils se retrouvent pour des marches à travers la vallée, des campings ou des pizzas partagées aux presidi, ces cabanes construites par les membres du mouvement, souvent sur les lieux prévus du chantier ou à proximité, pour se retrouver et s’organiser.

Ces peuples-là n’ont rien à voir avec « l’abstraction républicaine du peuple », le « peuple français » au nom duquel l’État, censé le représenter dans son ensemble, part en guerre ou vote des lois scélérates. Ces peuples qui ont surgi dans le Val Susa et sur la Zad ne sont pas des peuples de papiers, des entités purement statistiques, fruits de découpages administratifs. Ils partagent bien plus qu’un code postal, un hymne, un drapeau et une commune soumission aux lois de la République. Ces peuples-là sont fondamentalement politiques. L’appartenance à ces peuples ne repose pas sur un droit du sol ou du sang mais sur l’adhésion ou le rejet d’un projet d’infrastructure et la vision du monde qu’il implique. Ce qui ne va pas sans créer (ou plutôt révéler) des conflits au sein des villages et des familles.

Mais si ces luttes ont divisé, injecté de la conflictualité dans la vallée et dans le bocage en poussant les habitants à se positionner pour ou contre ces projets, elles ont surtout réuni, comme le remarque un poissonnier de la vallée : « Le mouvement est impossible à battre parce qu’il y a de tout, il y a le pacifique, le catholique, l’aguerri, l’intellectuel, tu comprends ? Il y a le peuple. » « Et c’est ça, notre force après 25 ans de lutte, ajoute un autre No Tav. Un jeune qui arrive ici peut parler pendant des heures avec un ancien. C’est le peuple No TAV, le vrai peuple, la solidarité entre les gens ». Pas une solidarité nationale, abstraite et comptable, mais une solidarité concrète, qui s’éprouve et se construit au quotidien, pendant les blocages, les repas partagés ou les événements de soutien aux inculpés. « Être No TAV, c’est lutter pour ma terre, ma culture, ma communauté [...], explique un habitant. C’est la communauté qui s’est créée autour du mouvement et de ce qu’on fait. C’est-à-dire pas seulement une façon de lutter mais aussi de vivre, de penser, de connaître, d’échanger, de savoir, de faire des expériences... »

 

« Il y a un gros chaudron ici » 

Les auteurs citent Blanqui : « Le peuple ne fait pas la révolution. Il naît de la révolution », mais rappellent que ces peuples-là ne viennent pas pour autant de nulle part. Ils puisent leur force dans le passé rebelle des territoires sur lesquels ils émergent : les jacqueries paysannes et la lutte des paysans-travailleurs à NDDL ; les Républiques partisanes fondées par des résistants pendant la Deuxième Guerre mondiale et les mouvements autonomes des années 1970 dans le Val Susa.

Même s’il est moins évident de parler de « peuple anti-aéroport », « l’histoire de la lutte autour de Notre-Dame-des-Landes n’est pas exempte d’épisodes de foules saisies par une émotion collective ou de combats massifs et acharnés ». C’est à la faveur de ces moments intenses que des agriculteurs, des habitants du coin, des soutiens plus ou moins lointains et des « occupants sans droit ni titre » se sont sentis liés par un même objectif, la défense de la Zad et de ce qui s’y vit. Non sans difficulté, ils ont appris à lutter et, pour certains, à vivre ensemble. Dominique, natif de Notre-Dame-des-Landes, utilise une image pour décrire le bouillonnement autour de la Zad : « Il y a un gros chaudron ici, même s’il y a plusieurs feux dessous et qu’ils ne chauffent pas tous en même temps. »

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Une barricade, à Notre-Dame-des-Landes.

Et c’est là une des plus grandes forces de ces deux luttes : avoir fait tenir ensemble des gens aux pratiques et cultures éloignées. Le livre regorge de témoignages de personnes qui ont vu leur façon de vivre, de penser et de lutter totalement chamboulées par la participation à ces combats. En luttant ensemble, des gens que tout séparait ont appris à se connaître et à se comprendre.

À Notre-Dame-des-Landes, la résistance victorieuse à l’opération César a convaincu de nombreuses personnes de la pertinence de l’occupation et de l’opposition physique et radicale aux décisions de l’État. De l’autre côté des Alpes, les No TAV ont refusé de laisser médias et gouvernement diviser le mouvement entre bons et mauvais manifestants. On a vu des anciens participer à des actions de sabotage ou de blocage ou assumer des slogans tels que « Nous sommes tous des casseurs ». Ou encore, un maire de la vallée qui dit : « S’il n’y avait pas eu des pierres jetées à la Maddalena, aujourd’hui des chantiers, il y en aurait dix. » Des personnes habituées à des formes d’action plus offensives ont également adapté leurs pratiques pour respecter la volonté commune. Un journaliste, étonné de voir le calme dans lequel se déroulait un rassemblement, demande à une No TAV : « “Comment vous contrôlez tous ces jeunes ?” Je lui ai répondu qu’en réalité, on ne contrôlait personne. [...] C’est pas parce qu’on les commande mais parce qu’ils respectent ce qu’on fait. »

 

Une expédition dans des contrées en lutte où ceux qui y vivent le font pleinement 

Le livre nous raconte également comment ces deux luttes s’organisent pour résister à la police et à la justice mais aussi pour construire les bases matérielles et morales nécessaires pour « faire germer la commune » : production de l’alimentation, gestion des conflits, entretien des chemins et des canalisations, raccordement EDF... En fin d’ouvrage, le collectif s’interroge sur les conditions à réunir pour que ce goût de la révolte et cette capacité à faire peuple puissent contaminer d’autres territoires mais aussi pour que « ces combats unissent leurs forces et expriment leurs solidarités à grande échelle ».

Le collectif Mauvaise Troupe nous offre un voyage aux pays des vivants, une expédition dans des contrées en lutte où ceux qui y vivent le font pleinement. Ces personnes se sont rencontrées autour d’un non. Non à un aéroport ou à un TGV. Et ces non, qui ont mené des gens ordinaires à combattre des ennemis sur le papier bien plus forts qu’eux, ont débouché sur une multitude de oui. « On a découvert la beauté d’être ensemble, la beauté de se rencontrer, de se parler », dit Alberto....

 

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 13:40

 

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Notre-Dame-des-Landes: un projet "surdimensionné", selon des "experts ministériels"

5 avril 2016 | Par La rédaction de Mediapart
 
 
 

Un rapport d'experts sollicité par Ségolène Royal juge le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes « surdimensionné » par rapport aux besoins, suggérant de le revoir à la baisse ou de moderniser l'aéroport de Nantes-Atlantique.

Mi-janvier, Ségolène Royal a missionné trois ingénieurs généraux des ponts, des eaux et des forêts pour examiner les alternatives ou solutions complémentaires au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui oppose depuis plus de quarante ans ans riverains, opérateurs, élus et défenseurs de l'environnement. Les conclusions sont sans équivoque. « Force est de constater que le projet, fruit d'une conception ancienne, est surdimensionné », souligne le rapport remis mardi à la ministre de l'Environnement.

La synthèse des trois ingénieurs Pierre Caussade, Nicolas Forray et Michel Massoni, d'une soixantaine de pages (plus annexes), est basée notamment sur les nombreuses études déjà réalisées. Parmi celles-ci, celle d'une « commission du dialogue » qui avait déjà émis des réserves en 2013. Pour ces experts, qui ont aussi étudié les autres sites possibles, le choix de Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes, « apparaît encore comme un compromis acceptable, malgré des difficultés à ne pas sous-estimer ».

Le site, gelé depuis 1973 en vue de la construction, « accueille une biodiversité riche et variée mais insuffisante pour justifier un zonage réglementaire de protection », estiment-ils. « Au lieu d'un projet à deux pistes de 3600 m, dont l'une à 60 m de largeur, qui était celui d'un aéroport à vocation intercontinentale, la mission suggère de retenir un projet à une seule piste de 2900 m de longueur et 45 m de largeur, jugée suffisante pour les besoins d'un trafic essentiellement intra-européen ». Cette révision à la baisse réduirait la consommation d'espace d'environ 200 hectares, sur les quelque 600 prévus actuellement.

La transformation de Nantes-Atlantique reste une autre option envisageable, soulignent les auteurs: « L'agrandissement de l'aérogare est possible et la rénovation de la piste est nécessaire. » Mais « les questions de bruit resteraient prégnantes ». Et la nécessité de maintenir l'aéroport ouvert pendant les travaux pourrait « peser sérieusement » sur les coûts. La facture s'élèverait à environ 300 millions d'euros pour un objectif de 7 millions de passagers annuels (4,4 millions en 2015), un chiffre qui n'inclut pas l'impact du chantier sur l'activité aéroportuaire. Pour autant, se pose dès aujourd'hui la question de la mise en conformité des procédures d'atterrissage sur la piste, qui avait été suspendue dans la perspective du transfert fin 2017, disent les trois ingénieurs. Or, quelle que soit la décision finale, « il est maintenant évident que l'exploitation de Nantes-Atlantique se poursuivra bien au-delà de cette échéance », souligne le rapport.

Consultez les 107 pages du rapport

 

« Un rapport incontestable » pour Royal

Ce texte vise à « nourrir le débat », selon le ministère, en vue du référendum promis par François Hollande« C'est un très bon rapport, incontestable, qui desserre l'étau du tout ou rien, qui dit qu'on peut recalibrer le projet et que l'aménagement de l'aéroport actuel n'est pas non plus impossible », a dit Ségolène Royal au journal Le Monde.

A ce stade, la consultation est fixée au mois de juin, a annoncé Manuel Valls, qui vise un début des travaux de l'aéroport en octobre 2016 en cas de victoire du « oui ». Mais son périmètre (le seul département de Loire-Atlantique) mécontente les opposants au projet et l'ordonnance n'est toujours pas sortie. « L'idée de ce rapport, malgré les critiques, est de regarder à fond, en vérité, et de façon impartiale, les alternatives, et répondre à toutes les objections pour renouer le dialogue », explique Ségolène Royal, qui affiche sa méthode : « Ecouter pour agir juste et voir clair. »

(Avec Reuters)

 

 

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 15:26

 

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La CGT Vinci demande l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

1 avril 2016 | Par Jade Lindgaard
 
 
 

La CGT de Vinci, première organisation syndicale au sein du groupe de BTP, dénonce « la machine infernale » du contrat de concession de l’aéroport, générateur de « dumping social » et fustige un projet né de « rêves mégalomaniaques périmés ».

C’est un apparent contre-pied au discours syndical : la CGT du groupe Vinci, concessionnaire pour la construction et l’exploitation de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, réclame l’abandon du projet. Première organisation syndicale au sein du groupe de BTP, elle dénonce « la machine infernale » du partenariat public-privé : « financement opaque, des coûts immédiats sous-estimés, des gains futurs surestimés… et des profits permanents garantis ». Dans un communiqué publié le 21 mars, elle livre une critique virulente et détaillée du contrat de concession emporté en 2010, pour 55 ans, par le géant mondial de la gestion d’infrastructures publiques.

 

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Déclaration de la CGT VINCI contre l’aérpoprt de NDDL
 

 

Pourquoi un syndicat de salariés, dédié à la préservation et à la création d’emplois, s’oppose-t-il à un projet générateur d’activités et de recettes pour son entreprise ? « Parce que ce système ne bénéficie pas du tout aux travailleurs ! » explique à Mediapart Francis Lemasson, délégué CGT à Vinci. Dans un partenariat public-privé, les coûts de construction d’un équipement commandé par la puissance publique (autoroute, ligne à grande vitesse, aéroport…) sont assurés par le concessionnaire privé, qui reçoit en retour un loyer durant les années ou les décennies du contrat. Ce système, en vogue depuis le début des années 2000, se révèle très coûteux pour l’État qui se retrouve dans la plupart des cas à payer une facture beaucoup plus élevée que s’il avait gardé la maîtrise de l’exploitation.

Dans son communiqué, la CGT explique que « sur ces projets, Vinci intervient à la fois comme constructeur et comme exploitant concessionnaire sur la base de contrats abusifs ». Concrètement, détaille Francis Lemasson, « Vinci Construction a pour client Vinci Concessions. Pour nous, c’est le pire client. Sur un chantier, il y a toujours des retards. Dans un marché public classique, on négocie alors des “réclamations” avec le client pour finir le contrat avec un délai et des coûts supplémentaires. Mais avec Vinci concession, on se heurte à un véritable mur. Cette négociation est impossible : “C’est ce prix là, et si vous vous êtes trompés dans les estimations, tant pis pour vous !” Quand Vinci signe un PPP, il s’engage sur un prix ferme. Cela produit un transfert de contraintes sur les filiales de Vinci Constructions et sur leurs sous-traitants, qui n’ont d’autres choix que de recourir à l’intérim, aux salariés détachés, aux travailleurs sans papiers, à la sous-traitance en cascade. C’est une machine infernale ». À ses yeux, le chantier de Notre-Dame-des-Landes « condense tous les dysfonctionnements en terme de démocratie locale, expertise indépendante, écologie ».

C‘est pourquoi la CGT considère dans son communiqué – « alors même que nos métiers sont durement touchés par une chute d’activité, elle-même due à la baisse des commandes publiques et aux exigences élevées de rentabilité de nos actionnaires » – que « la multiplication de ces contrats, loin d’être une solution, fait peser une grave menace sur nos emplois, nos salaires et nos conditions de travail » : « dumping social » et surexploitation des ouvriers employés par les entreprises de sous-traitance.

Le syndicat s’inquiète aussi d’un risque de destruction d’emplois en cas d’ouverture d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, par le biais de l’automatisation d’une partie des tâches et du recours à la sous-traitance : « C’est ce que Vinci a mis en place dans les aéroports qu’il a achetés au Portugal », précise Francis Lemasson. Combien d’emplois le groupe compte-t-il créer dans le nouvel aérogare s’il sort un jour de terre ? « C’est un secret d’État », selon le délégué CGT qui indique avoir interrogé le PDG du groupe à ce sujet, Xavier Huillard, sans obtenir de réponses.
 

Le groupe Vinci est divisé en deux branches : concessions (près de 6 milliards d’euros de chiffres d’affaires) et contracting (32,5 milliards de CA), dont les activités de construction. C’est l’équivalent de 2 500 petites entreprises, « un cartel de PME » selon Francis Lemasson, employant en moyenne une vingtaine de salariés. Dans cette structure, les petites équipes spécialisées en BTP se retrouvent sous la pression des concessionnaires, guidés quant à eux par une logique de rentabilité financière. Les PPP ne représentent qu’une minorité des contrats du groupe, mais ils lui rapportent beaucoup, alors que les activités de construction sont ralenties par la crise économique.

« Nous ne sommes ni des mercenaires, ni des esclaves : nous ne voulons pas travailler dans un climat de guerre civile, mais dans les meilleures conditions, avec des droits et des garanties collectives », conclut la CGT Vinci, qui ajoute souhaiter œuvrer à des « projets dont nous puissions être fiers pour leur utilité sociale et sociétale ». À l’inverse, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes provient de « rêves mégalomaniaques périmés ».

Selon Francis Lemasson, dans les filiales de Loire-Atlantique, département du projet, les salariés se sont vu distribuer des brochures provenant Des ailes pour l’Ouest, l’association des défenseurs de l’aéroport. Lors de comités de groupe, la direction de Vinci a demandé aux représentants du personnel de soutenir le projet de nouvel aéroport. Le communiqué de la CGT lui apporte une réponse en forme de cinglant désaveu.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 20:52

 

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SAMEDI 26 MARS 2016 11H30

Devant la MAIRIE D’AVIGNON, place de l’horloge

Rassemblement National - pique nique partagé #2 - en solidarité avec les habitants et paysans de la zad de Notre-Dame-des-Landes.

- Pour l'abandon du projet d'aéroport
- Pour l'avenir de la zad
Pour en finir avec les menaces d'expulsion des paysans et habitants de Notre-Dame-des-Landes

Le 25 et 26 mars, tous les paysans et habitants dits "historiques" de la zad de Notre-Dame-des-Landes seront expulsables suite au procès intenté en janvier dernier à leur encontre à la demande du gouvernement. Celui-ci espérait faire partir les résistants du bocage sous la menace, mais les comités de soutien ont décidé, au contraire, de faire de cette date fatidique un nouveau temps fort de la mobilisation en cours.

Nous voulons rappeler au Parti Socialiste, en tant que parti au gouvernement et promoteur du projet d'aéroport, notre détermination ferme et partagée : il n'y aura jamais d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ! La zad fleurira longtemps !

Nous agirons aussi parce que ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes entre en résonance avec nos luttes locales contre les destructions environnementales et sociales, avec nos propres combats face à la disparition des terres agricoles, face aux causes du changement climatique ou aux lois liberticides de l'état d'urgence. Nous agirons partout parce qu'il est temps de marquer un refus ferme de la marchandisation continue des territoires, de nos vies, et parce qu'il s'est ouvert dans le bocage un front porteur d'espoir.

Pour plus de convivialité et de partage, apportez à manger et boire !

Nous sommes tous/toutes des habitant-e-s qui résistent
Nous le ferons savoir le 26 mars !

 

 

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