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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 23:14
NEW YORK, 17 NOVEMBRE Quelques jours après l’évacuation par la police de Zuccotti Park, les manifestants continuent leurs protestations dans le Financial district du sud de Manhattan.
Andrew Burton / Getty Images

 

Essai

Pourquoi les Indignés gagneront
Il existe un chemin qui part de l’avenue Bourguiba, à Tunis, vers Zuccotti Park, à New York. Il raconte une colère dans de nombreux endroits du monde, au-delà des manifestants: ce changement des consciences influencera fortement les temps à venir.

Sa barbe grise lui donne un faux air de l’acteur Jeff Bridges. Il s’appelle Jim Gerritsen, il a 56 ans, il s’avance. Il est dans un petit square de l’avenue C. Maintenant, on appelle plutôt cette artère Loisaida Avenue, dans ce Lower East Side hispanique de New York. Ici, jusqu’aux années 90, se situait le coeur sanglant de l’Alphabet City, haut lieu de la criminalité de la ville.

Cela demeure décrépi et populaire, mais il y a aussi cette énergie heureuse de la lisière urbaine, les bistrots latinos arrosant le quidam à la caïpirinha trop tassée, juste en dehors de la folie du centre de Manhattan. C’est le 4 décembre, et il fait étrangement doux, à peine une fraîcheur de début d’hiver, ciel de plomb brouillardeux, bruine à venir, et ils sont 500 ou 1000, guère plus, dans ce parc, à écouter Jim.

C’EST PEUT-ÊTRE À 1848 QUE RESSEMBLE 2011. LA RÉBELLION PA RISIENNE AMENA UNE DÉMOCRATIE RÉPUBLICAINE EN FRANCE, MAIS INSPIRA RAPIDEMENT TOUTE L’EUROPE.

La manifestation s’appelle Occupy Food, occuper la nourriture. Un «event» de plus organisé en coordination avec Occupy Wall Street, le mouvement des Indignés de New York, lancé à la fin de l’été dernier. Il s’agit ce dimanche de montrer la solidarité du monde paysan avec les protestataires de Zuccotti Park. Ce sont surtout des agriculteurs bios qui sont venus, des ennemis déclarés de Monsanto et des géants de l’agroalimentaire. Ils arrivent de la vallée de l’Hudson, mais aussi de l’Iowa ou de plus loin encore.

Quand Jim vient devant le micro, il dit: «Ils ont cassé l’Amérique», le silence alors se fait. «Ils»: Jim y fourre aussi bien la finance de Manhattan sud que la cupidité générale, ou les consommateurs prisonniers de leurs habitudes, et qui ne savent plus distinguer le maïs transgénique – il en agite un morne épi dans la main – d’une laitue fraîche. Jim continue: «Je suis paysan depuis trente-cinq ans. J’en suis fier. J’aime ce que je fais, là-bas dans le Maine, chez moi. Et aujourd’hui, c’est la première fois de ma vie que je mets les pieds à New York City.» Une émotion forte vient, des gens applaudissent, l’attention est totale.

Alors Jim continue, il parle de la cruauté des marchés et de la perte d’autonomie des fermiers. Il parle de n’être bientôt plus rien, ruiné par la moissonneusebatteuse des grandes industries. Jim Gerritsen termine en regardant droit dans la foule les jeunes gars d’Occupy Wall Street: «Je suis venu vous dire que les fermiers d’Amérique sont avec vous.» Il est ovationné.

La petite foule se met en marche, pour descendre vers Zuccotti Park. Le trajet prendra une heure. Les manifestants ont plutôt l’air d’une grosse escouade de fermières et de fermiers un peu babas que d’une horde sauvage en colère. Ils agitent des panneaux pour de la nourriture saine, c’est bon enfant, on défile en passant par les trottoirs, avec les policiers à scooter à côté.

Ce qui étonne cependant, ce sont les gens dans la rue, ou ces commerçants qui sortent devant leur échoppe, saluent, encouragent, filment avec leur portable, jubilent, lèvent le poing parfois. Mais plus Wall Street approche, plus l’ambiance peu à peu se tend. De la défiance apparaît, palpable, épaisse comme les manteaux de marque des traders en plein shopping du bas de la ville, paquets de Noël sur les bras, et qui font non avec leur tête en guise de sarcasme. Il y a désormais plusieurs dizaines de policiers, les voitures à feux bleus, aux côtés des manifestants.

«MAIS L’ÉDEN EST EN FLAMMES.» Bob Dylan, «Changing of the Guards»

En allant par ces rues, avec eux, je me suis souvenu de l’avenue Bourguiba, à Tunis, en janvier dernier, où marchaient alors des milliers de personnes. Là aussi il faisait doux, une fin d’hiver d’Afrique du Nord, cette fois. Le président Ben Ali venait de quitter le pays, mais les manifestations continuaient contre le RCD, le vieux parti du despote «dégagé», afin que la machine du pouvoir soit dissoute. Des gens émanaient une joie de fête mêlée encore de fureur.

Il y avait des fleurs dans la bouche du canon des tanks, au carrefour: bien sûr que ça ressemblait à un cliché niais de fraternité, mais c’était très beau, quand même. La médina sublime était fermée, sombre et inquiétante de vide sinueux. Walid m’y avait emmené boire le thé dans le seul café ouvert, avec une télé repassant les manifs en boucle, devant laquelle se pressaient quelques habi tués. Il voulait parler du basculement de son pays, de son drôle d’ahurissement joyeux devant ce qui se passait.

Qu’allait-il devenir, lui qui arrondissait l’ordinaire en essayant de pousser les touristes vers des boutiques de mauvais parfums? En même temps il disait sa fierté, déjà, tout de suite, le sentiment que son pays pouvait montrer un chemin. Il n’avait pas vraiment fait la révolution, Walid. Il était de ceux qui l’avaient plutôt regardée passer dans la rue. Mais, comme une force, elle l’avait emporté, c’est-à-dire pris, au sens de l’émotion forte. Il avait peur, mais il savait que c’était maintenant moins des flics ou des soldats que de lui-même. Et qu’il était possible désormais de transformer cette impuissance en courage.

Les Indignés ont sans doute trouvé une partie de leur raison d’exister là, en Tunisie. Dans la colère née de l’immolation désespérée de Mohamed Bouazizi, marchand de fruits et légumes. Et s’il fallait un jour écrire une paradoxale histoire heureuse de la mondialisation, de l’ironie des allers-retours qu’elle permet parfois entre les mondes, un chapitre aurait l’odeur entêtante du jasmin.

Car la Tunisie, en bougeant, tombant, en faisant tomber un despote, en abattant aussi le cynisme occidental qui se plut longtemps à regarder en sceptique les trublions tunisiens, a déclenché unmouvement. Pas seulement celui d’un printemps des pays alentour, d’une contagion des révoltes ou violences. Mais aussi celui d’une pensée du changement qui a irradié au-delà, vers l’Espagne ou la Grèce, les Etats-Unis ensuite, peut-être la Russie maintenant.

Dans les dernières heures avant de repartir de Tunis, j’avais l’habituel sentiment des échotiers de passage: celui de les laisser un peu en plan. Ils allaient devoir se débrouiller comme ils pourraient avec leur révolution. Et il n’y avait pourtant qu’à écouter et à voir les passants, parole libérée, pour sentir que rien ne serait facile, qu’il allait falloir inventer des funambulismes entre le pragmatisme, les amertumes revanchardes et les envies de démocratie. Oui, il y aurait un retour des islamistes, mais ils ne sont pas tous extrémistes, l’infinie palette des nuances serait nécessaire. Mais les Tunisiens avaient ouvert une brèche énorme.

Rue de Marseille, encore un café avec Nadhir, voisin sur le zinc, et c’est à ce moment que la radio a passé Changing of the Guards et que ça m’a bouleversé, ce «mais l’éden est en flammes» craché par la voix de Patti Smith, qui continuait: «La paix viendra, avec tranquillité et splendeur sur les roues de feu. Mais sans aucune récompense quand ses fausses idoles tomberont.» J’ai entrepris d’expliquer vaguement la chanson à Nadhir, mais il riait seulement, en criant «Vive la Tunisie!».

«LE DIEU QUI M’A FAITE M’A FAIT COURBER LA TÊTE. ET JE SENS QUE JE TOMBE.» Natacha Atlas, «Mon amie la rose»

Que s’est-il passé, après? Un incroyable effet domino. On peut expliquer cela par un pourrissement similaire et général des situations, ces potentats divers et leurs tentations dynastiques, le désespoir des jeunesses arabes, la réprese sion imbécile et la captation des richesses par les familles au pouvoir.

Tout est vrai, et fut accéléré sans doute par l’internet, les réseaux sociaux et les portables. Mais c’est pourtant d’abord dans les têtes que la révolte s’est propagée. Les héros égyptiens de la place Tahrir ont eu des contacts avec les Tunisiens: ils voulaient savoir comment s’y prendre, imprimer un tract, organiser la non-violence ou arrêter un char, et peutêtre un chameau.

Ensuite, le Yémen, l’Algérie, la Libye, la Syrie. Dès l’été, à Madrid, Puerta del Sol, Los Indignados sont de plus en plus nombreux: au total, sur 46 millions d’Espagnols, plus de 6 millions ont participé à l’une ou l’autre manifestation dans le pays durant l’été. Dix jours après l’Espagne, ils sont 100 000, un dimanche étouffant, sur la place Syntagma, à Athènes. On croit, comme partout, à une simple éruption passagère.

Le dimanche suivant, les Indignés grecs sont un demimillion. En août, à Londres, c’est Tottenham qui s’embrase, puis d’autres villes, ailleurs, Tel-Aviv aussi, où plus de 400 000 personnes défilent. On entend parler, à la fin août, de ces New-Yorkais qui se réunissent dans un petit square du bas de la ville, Zuccotti Park.

Quelque chose les réunit, malgré la diversité des situations et les différen ces, énormes, que ce soit du point de vue social, économique ou politique. Quelque chose de l’ordre de l’impasse du fonctionnement financier, de la captation des richesses par quelques-uns: lorsqu’un anthropologiste, David Graeber, invente l’expression «Nous sommes les 99%», il fait plus que poser un slogan.

Il souligne qu’à l’arrivée, il n’y a guère de différence entre un clan familial qui s’enrichit aux dépens du peuple en Tunisie et une minuscule ploutocratie (le mot est de Paul Krugman, Nobel d’économie, dans le New York Times) de Wall Street, représentant moins de 1% de la population états-unienne, qui spécule et engrange toute la richesse produite par le pays. La comparaison est choquante? Alors c’est que tout n’est pas perdu. Et qu’il faut changer de fonctionnement.

La nouveauté des mouvements d’aujourd’hui réside précisément dans une inhabituelle solidarité se créant entre des étudiants chômeurs tunisiens, les foules d’Europe, des banlieusards d’Oakland, des Frères égyptiens, des employés moscovites ou des fermiers du Maine. Ils parlent tous d’autre chose, vraiment? Ou ne serait-ce pas, justement, qu’ils évoquent exactement la même histoire?

Partout, ils sont proportionnellement plutôt jeunes, bien éduqués, souvent issus de la classe moyenne. Partout, les protestations commencent comme des histoires particulières, sans encouragements des oppositions politiques en place, voire même une gêne de leur part, un dénigrement par les dissidences installées, dépassées rapidement par l’ampleur des choses et bien incapables de récupérer le mouvement une fois lancé.

A quand faut-il remonter pour sentir pareilles situations, avec pareille internationalisation des protestations. 1989 et l’effondrement du soviétisme? Pas vraiment: il s’agissait plus prosaïquement de la fin d’un empire usé. Alors 1968 et les mouvements étudiants? Ça ne fonctionne pas non plus. Car il était question alors de contre-culture, et ce n’est pas du tout ce dont parlent les foules d’aujourd’hui.

Elles savent d’abord ce qu’elles ne veulent pas: la corruption générale, l’opacité oligarchique en cours, l’injustice obscène de l’enrichissement permanent des déjà riches, détaxés de mille manières et sans aucune solidarité avec des populations s’appauvrissant. L’ascenseur social n’est pas seulement bloqué: il est carrément en chute libre, d’Athènes à New York.

C’est peut-être davantage à 1848 que ressemble 2011. La parisienne rébellion amena une démocratie républicaine en France, mais inspira rapidement toute l’Europe. Des foules descendirent dans la rue à Venise, à Vienne, à Milan ou à Berlin. Il y eut même une démonstration de solidarité démocratique qui descendit Broadway et s’arrêta à peu près où se trouve désormais le Financial district de New York. Ça ne vous rappelle rien?

Entendons-nous: les Indignés du monde d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec un Grand Soir de plus. Il y aura des usures, des effilochages, des fatigues, des retours en arrière. Ceux qui meurent à nouveau sur Tahrir, au Caire, en sont les premiers exemples. «On est bien peu de chose, et mon amie la rose me l’a dit ce matin», chantait Natacha Atlas, l’Egyptienne.

«D’ABORD, NOUS PRENONS MANHATTAN, PUIS NOUS PRENONS BERLIN.» Leonard Cohen, «First we take Manhattan»

Que vont devenir ces mouvements? A Zuccotti Park, Will, l’un des jeunes gens chargés du groupe communication (oui, les Indignés ont désormais des attachés de presse) explique une organisation très éclatée. Les protestataires d’Occupy Wall Street ne peuvent plus camper et dormir sur place, mais cela n’empêche pas les réunions, plusieurs fois par semaine.

On vote à main levée. Il y a bien une vague structure, mais sans hiérarchie forte: plutôt des groupes de travail, chargés aussi bien de la subsistance et des repas pour ceux qui sont sur place, que de mettre sur pied une manifestation sur tel ou tel thème, ou de réfléchir aux actions futures.

Je lui demande où ils se situent, idéologiquement, il reconnaît que ça part un peu dans tous les sens, allant de l’écologie pure et dure à la taxe Tobin sur les transactions financières. Mais ce ne sont pas des gauchistes ou de vieux anarchistes: Will, moins de 30 ans, raconte qu’il travaille dans le marketing, dans l’environnemental, et il n’a rien d’un naïf, ni d’un chômeur révolté ou d’un doux rêveur.

D’autres sont employés de banque, ou vendent des pizzas à Brooklyn, étudient le droit ou la communication. Ou alors sont fermiers dans le Maine, comme Jim. Ils me répètent tous que Wall Street dysfonctionne absolument et emprisonne la démocratie. Et que malgré l’inertie, malgré la propension du système financier à vouloir tout recommencer comme avant, les gens comprennent de plus en plus qu’il est possible d’agir en citoyen.

IL Y A DES INDIGNÉS QUI RESTENT CHEZ EUX, MAIS N’EN PENSENT PAS MOINS: LES INFILTRÉS. ILS SONT DES CENTAINES DE MILLIONS.

Ce sera en 2012, mais aussi en 2013, 2014. Cela prendra dix ans peut-être, mais ce n’est plus une utopie. Ils connaissent aussi mieux le monde que les caricatures que l’on fait souvent des Américains. Je leur rappelle la Puerta del Sol et Syntagma, et ils se disent habités d’un sentiment de responsabilité: ici, à quelques pas de Wall Street, existe un genre de ligne de front.

Car s’approcher de la Bourse new-yorkaise n’est pourtant guère aisé, désormais, pour les passants et les curieux venus voir le canyon urbain du western financier moderne. Le ventre de la Bête est protégé par des barrières, surveillé par de nombreux policiers en guérites. On peut faire des photos, mais à cinquante mètres, sous le regard d’une statue de George Washington semblant regarder avec une drôle de mine ce que les hedge funds ont fait de son espérance.

Sur le site du New York Times existe aussi un graphique interactif qui permet de mesurer sa solidarité avec divers buts et méthodes d’Occupy Wall Street. L’inégalité des revenus, la taille des banques, l’attitude du Congrès, etc., sont disséquées sur abscisse et ordonnée. On constate une incroyable adéquation entre une large majorité de l’opinion publique et les protestataires. Des sondages sérieux évaluent aujourd’hui entre 50 et 60% le soutien de la population américaine à Occupy Wall Street. Aucun mouvement de protestation sociale dans le pays n’avait recueilli autant de sympathie, aussi vite.

Ils ne sont pas tous dans la rue, évidemment. Pas plus là-bas qu’ici. Ou à Moscou, où les foules inédites et courageuses qui défient Vladimir Poutine sont habitées d’une même étincelle – la fin de la peur – et s’avancent pour les mêmes idées – la fin de la corruption et de l’oligarchie. Mais il n’y a pas de fin de l’Histoire, comme le croyait autrefois Francis Fukuyama. Il y a plutôt des Indignés de deux sortes, souligne le Français Martin Hirsch. Ceux qui manifestent et ceux qui restent chez eux, mais n’en pensent pas moins: il les nomme les Infiltrés, ils sont des centaines de millions.

Ils ne sont pas sûrs que tout cela va servir à quelque chose, le désabusement est encore si fort. Ils voient cependant qu’il n’est pas toujours impensable d’enrayer la tragédie des hommes. Ils en feront peut-être une solidarité à leur manière, en 2012 et dans les temps qui viennent. Ou bien trouveront un courage dans un refrain, First we take Manhattan, parce que les chansons disent toujours la vérité. Celle allant de Tunis à New York s’est éclairée comme une révolte, mais d’abord une lucidité, une urgence, une chance de partage aussi: voilà pourquoi les Indignés gagneront.


 

De la place Tahrir à Athènes ou New York, les Indignés ont leurs inspirateurs et déjà leurs héros

Ecrivains, penseurs, figures politiques, philosophiques ou économiques: le terreau d’idées que représentent les mouvements de protestation actuels est porté par des personnages venus de tous horizons.

Martin Luther King Des people de la rébellion globalisée, allant de Gandhi au Christ en passant par Marley ou le Che, King, assassiné en 1968 à 39 ans, apparaît comme la figure la moins éloignée des protestataires actuels. L’été dernier, sur la place Syntagma, à Athènes, une banderole afficha par exemple «Let freedom ring» (Que la liberté retentisse): la citation fait référence au discours célèbre de King au moment de la lutte pour les droits civiques.

Stéphane Hessel A 94 ans, le patriarche du XIVe arrondissement de Paris se défend d’être un modèle, un leader, ou un déclencheur. Mais si le terme d’Indignés a fait pareille carrière, il le doit tout de même en partie au triomphe d’Indignez-vous, opuscule d’une trentaine de pages, écoulé à 4 millions d’exemplaires après 38 traductions dans le monde. L’optimisme de Hessel a été un tournant: plutôt qu’annoncer la catastrophe, il incite à imaginer un possible.

Joseph Stiglitz Prix Nobel en 2001, l’Américain, 68 ans, est l’un des rares économistes à dire les maladies du système financier depuis une dizaine d’années. Cela longtemps sous les ricanements. Mais La grande désillusion, en 2001, et surtout Quand le capitalisme perd la tête, en 2003, étaient des ouvrages en plein dans le mille. Et pour comprendre ce qui s’est passé, pour entrevoir un avenir, Le triomphe de la cupidité, paru en 2010, est une bible.

Peter Sloterdijk Philosophe allemand de 64 ans, cette figure de la pensée contemporaine jette en 2009 un pavé dans la mare de l’impuissance générale érigé en doxa: Tu dois changer ta vie devient un best-seller, alors que ce volume de 700 pages exigeantes tente de renouer un lien humaniste entre la philosophie, une meilleure conscience des problèmes mondiaux et un dépassement de soi… par l’exercice physique. Les Indignés doivent avoir la forme, et tout sera possible.

Mohamed Bouazizi Il avait 26 ans. Il était marchand de fruits et légumes à Sidi Bouzid, au sud de Tunis. Il subissait l’humiliation par les policiers et l’administration, les amendes, et confiscations. Le 17 décembre 2010, il s’immole par le feu devant le siège du gouvernorat. Des manifestations éclatent, Bouazizi meurt le 4 janvier. Le printemps arabe commence là, dans le feu qui consuma l’espérance de ce jeune homme, devenu icône et héros..

David Graeber Anthropologiste et anarchiste américain, Graeber, 50 ans, a été professeur à Yale, puis à l’Université de Londres. Son parcours d’activiste politique est passé par la protestation contre le Forum économique de Davos, à New York, en 2002. Il fit partie du noyau dont découla Occupy Wall Street, organisant des réunions dès août dernier. On lui doit notamment la paternité du désormais fameux We are the 99 percent.

Paul Krugman A 58 ans, il est l’un des grands faiseurs d’opinion de la presse américaine, grâce notamment à ses chroniques dans le New York Times. Prix Nobel d’économie en 2008, Krugman a souvent écrit sa compréhension pour les manifestants de New York et, par exemple, souligné dans un article fameux, La panique des ploutocrates, les réactions hystériques qu’ils provoquaient au sein de Wall Street.

Kalle Lasn Ex-publicitaire né à Tallin, en Estonie, en 1942, Lasn a ensuite émigré à Vancouver où il est devenu l’éditeur d’Adbusters, lancé en 1989: un magazine d’activistes opposés à la société de consommation et au capitalisme. Le journal tire aujourd’hui, sans publicité ni sponsor, aux alentours de 120 000 exemplaires. Lasn fut le premier à utiliser une expression devenue logo, et presque une marque, en appelant à «Occupy Wall Street».

Aliaa Elmahdy Il y a quelques semaines, cette jeune fille de 20 ans, étudiante en communication au Caire, se photographie nue, et met le cliché en ligne. A quelques jours des élections, elle entend dénoncer l’hypocrisie autour du corps de la femme dans le monde musulman, revendiquer sa liberté et sa sexualité. Scandale et menaces de mort s’ensuivent, elle vit depuis dans la clandestinité. Mais le monde entier sait que le courage porte désormais en Egypte ce prénom: Aliaa.





Par Christophe Passer - Mis en ligne le 21.12.2011 à 15:09

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 23:07

CHRONIQUE DE GUY FOURNIER

canoe.ca - Guy Fournier - Collaboration spéciale - 24-12-2011 | 04h00

 
   

Il y a déjà plusieurs semaines, Joseph s'est abonné à Twitter sous le pseudonyme de «Jo le charpentier», mais personne encore n'a décidé de suivre cet inconnu. Ses amis, il est vrai, sont assez clairsemés et le connaissent seulement depuis qu'ils occupent le parc du centre des affaires de Jérusalem. Jo le charpentier s'est joint aux indignés au cours du mois d'octobre après avoir appris que des milliers d'autres comme lui avaient envahi Wall Street, la City de Londres, la place de la Bourse à Paris et même le square Victoria de Montréal.

Le petit livre Indignez-vous! de Stéphane Hessel, Français d'origine juive, réchappé des camps de Buchenwald et de Dora, est responsable de ce mouvement qui a fait boule de neige. Hessel, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme en 1948, demande aux jeunes dans son pamphlet de «regarder autour d'eux où ils trouveront tous les thèmes qui justifient leur indignation».

 

JO PERD SA «JOB»

Jo le charpentier a toutes les raisons de s'indigner. À la fin d'avril, quelques jours après avoir appris que sa femme est enceinte, il reçoit son «quatre pour cent» de l'entrepreneur pour qui il travaillait depuis des années. Au noir et au salaire minimum. À Jérusalem, rien ne va plus dans le bâtiment. Des centaines de jeunes couples ont construit de coûteuses maisons et ils n'arrivent plus à faire leurs paiements. Les banquiers les dépossèdent, les uns après les autres.

Heureusement, Jo n'a pas commis l'imprudence de construire. Sa femme, qui ne demande jamais rien, a toujours préféré vivre à loyer en attendant de ramasser un pécule suffisant pour faire le paiement de base sur une maison. Grâce à ce pécule, ils vivotent jusqu'à la fin d'octobre, mais sans le sou, ils doivent alors quitter leur modeste logement. Ils rejoignent donc le groupe des indignés.

 

UN iPHONE EN CADEAU

Ils arrivent au bon moment, car le mercure baisse et les indignés ont grand besoin d'un abri. Ils demandent au charpentier d'élever une grande structure de bois qu'ils recouvrent de bâches pour se protéger du froid. En retour de son travail, même si Jo le charpentier ne demande rien, on lui donne un iPhone et on l'abonne à Twitter et à Facebook.

C'est par des tweets que les indignés apprennent qu'on déloge les contestataires dans toutes les capitales. Le tour de Jérusalem ne devrait pas tarder, car le maire Nir Barkat n'est pas très conciliant. Le 26 novembre, veille de la longue fête d'Hanoucca, le maire Barkat dépêche une cinquantaine de policiers et de pompiers qui délogent les indignés et démolissent leurs installations.

Jo le charpentier et sa femme passent le premier soir d'Hanoucca sur un banc de parc du mont des oliviers et les jours suivants, ils cherchent en vain refuge chez d'autres manifestants. La plupart sont sans abri comme eux et ne peuvent les accommoder.

 

C'EST COMPLET PARTOUT

Ils décident de tenter leur chance à L'auberge du bon Samaritain, sur la route de Jéricho. Faire de l'autostop avec une barbe longue comme celle de Jo le charpentier n'est pas chanceux. Ils restent des heures au bord de la route avant qu'un camionneur finisse par prendre en pitié cette femme enceinte. À cause d'Hanoucca, c'est complet à L'auberge du bon Samaritain et on leur suggère de se rendre à Bethléem.

Tous les bed & breakfast de Bethléem affichent complet aussi. À la fin, dans une étable que le couple squatte depuis quelques heures dans un quartier isolé de Bethléem, la femme de Jo le charpentier donne naissance à un bébé frileux. Aussitôt, Jo prend son iPhone et envoie à ses quelques amis indignés, un simple tweet: Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté!

Le message devient viral et fait le tour du monde. Grâce à une étoile hyper brillante qui éclaire miraculeusement l'étable, Jo le charpentier prend aussi des photos qu'il envoie sur son compte Facebook.

Malheureusement, la plupart des grands quotidiens ne publiant pas demain, il faudra attendre pour voir ces photos exceptionnelles!

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 22:31


Solidarité avec le peuple Egyptien

Solidarité avec le peuple Egyptien

Publié le 21 décembre 2011

 

Solidarité avec le peuple Egyptien

 

Des indignés de France, d’Allemagne, d’Espagne, d’Angleterre, de Suède, de Belgique et d’autres pays encore ont travaillé ensemble sur un texte de soutien au peuple egyptien.

FR

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE EGYPTIEN

La démission de Moubarak n’a pas permis au Peuple Egyptien de s’exprimer librement, ni de vivre dans un état de Droits.

Le Peuple Egyptien descend à nouveau dans la rue pour réclamer la démocratie.

Récemment, nous avons à nouveau été témoins de scènes d’une extrême violence.

Des personnes pacifiques ont été violentées, brutalisées et même tuées.

C’est inacceptable !

Nous, Indigné-e-s d’Europe, avons été inspirés par la Révolution Egyptienne.

Nous avons regardé les révolutionnaires de la Place Tahrir.

Nous avons utilisé nos réseaux pour faire passer leurs messages, leurs espoirs, mais aussi leurs cris à travers le monde.

Nous avons partagé leurs rêves et leurs larmes.

Ils ont soufflé un vent de liberté, de démocratie et de dignité qui nous a donné des ailes.

Ils ont rallumé la flamme de l’espoir dans nos cœurs, pour un monde meilleur.

Aujourd’hui, leur message est devenu notre message.

De Paris à Berlin, de Barcelone à Amsterdam, nous soutenons tous le Peuple Egyptien et nous voulons montrer au monde notre solidarité et notre amour à nos frères et sœurs Egyptiens.

Dans de nombreuses villes européennes, nous avons décidé de nous rassembler devant l’ambassade d’Egypte pour exiger des autorités militaires qu’elles arrêtent immédiatement leurs actes honteux de brutalité sur les protestants pacifiques.

Respectez les droits de l’homme du Peuple Egyptien, cessez de tuer leurs rêves, arrêtez de détruire l’avenir de vos propres enfants !

Assez de souffrances, il est temps maintenant de construire la paix, la liberté et la démocratie !

Le monde vous regarde !

Si vous touchez l’un des notres, vous touchez aux peuples du monde entier !

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ENG

Joint Press Release of the European Occupy Movements – December 20th 2011

SOLIDARITY WITH THE EGYPTIAN PEOPLE

Mubarak’s departure did not allow the Egyptian people to express themselves freely and live in a state of Law.

The Egyptian people are taking the street again to demand for democracy.

In recent days, we have witnessed again scenes of very hard/cruel violence.

Pacific protesters have been brutalized and even killed.

This is a disgrace!

We, the Indignants of Europe, we have been inspired by the Egyptian Revolution.

We witnessed the Jan25 revolutionaries on Tahir Square.

We used our every network to spread their words, their hope, and also their cry around the world.

We shared their dreams and their tears.

They blew a wind of freedom, democracy and dignity which filled our sails.

They revived in our hearts the flame of hope for a better world

Now, their message is our message!

From Paris to Berlin, from Barcelona to Amsterdam we all stand together to demonstrate our solidarity and love to our Egyptian brothers and sisters.

In many European cities we decided to demonstrate in front of Egyptian embassies and consulates to require to the Egyptian military authorities to immediately stop their shameful acts of brutality against peaceful protesters.

Respect the human rights of the Egyptian people, stop killing their dreams, stop killing the future of your own children!

Enough suffering, it’s now time to build peace, freedom, and democracy!

The whole world is watching you!

« If you hurt one of us, you touch all of us. »

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ES

EN SOLIDARIDAD CON EL PUEBLO EGIPCIO

La dimisión de Mubarak no permitió al pueblo egipcio poder expresarse libremente ni vivir en un Estado de Derecho.

De nuevo el pueblo egipcio está tomando las calles para exigir una democracia.

Recientemente, de nuevo también, fuimos testigos de escenas de extrema violencia y crueldad.

Manifestantes pacíficos han sido apaleados brutalmente e incluso asesinados.

¡Esto es una vergüenza!

Nosotrxs, lxs Indignadxs de Europa, fuimos inspirados por la revolución egipcia.

Vimos el 25 de Enero la revolución en la plaza de Tahir.

Difundimos a través de nuestras redes sus palabras, sus esperanzas y también sus gritos por todo el mundo.

Compartimos sus sueños y sus lágrimas.

Han levantado un soplo de libertad, democracia y dignidad que impulsó nuestras velas.

Han resucitado en nuestros corazones la llama de la esperanza de un mundo mejor.

Hoy, su mensaje es ¡nuestro mensaje!

De Paris a Berlín, de Barcelona a Ámsterdam, estamos todxs en pie para manifestar nuestra solidaridad y amor a nuestras hermanas y nuestros hermanos egipcios.

En muchas ciudades europeas decidimos concentrarnos frente a las embajadas y consulados de Egipto para exigir a las autoridades militares egipcias el cese de sus actos vergonzosos y violentos en contra de manifestantes pacíficos.

Respeten los derechos humanos del pueblo egipcio, dejen de matar sus sueños, dejen de matar el futuro de sus propios hijos.

¡Basta de sufrimiento, ahora es el momento de construir la paz, la libertad y la democracia!

¡El mundo entero les está mirando!

¡Si tocan a una, nos tocan a todxs!

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DE

Wir, die Empörten von Europa, die wir durch den Mut der tunesischen und ägyptischen Revolutionär*innen inspiriert worden sind, erklären:

Wir sahen am 25. Januar die revolutionären Menschen auf dem Tahrir Platz und verspürten ebenfalls Lebensmut und Trotz gegen unsere Erniedrigung.

Wir nutzten unsere sozialen Netzwerke, um ihre Aussagen, ihre Hoffnung aber auch ihre Schreie in die Welt zu schicken.

Wir teilten ihre Träume und ihre Tränen.

Durch sie wurde der Äther mit Freiheit, Demokratie und Würde angereichert, der als frischer Wind auch unsere Segel inspirierte.

Ihre Botschaft ist auch unsere Botschaft !

Ihre Stimmen erreichten am 15. Mai Europa und verbanden sich mit den Stimmen des Aufbegehrens in der Puerta des Sol in Spanien und auf vielen weiteren Plätzen in Europa, am 17. September erreichten sie New York in den USA und erklangen am 15. Oktober 2011 in der gesamten Welt.

Zum ersten mal in der menschlichen Geschichte organisieren sich Menschen jenseits der etablierten Parteien und Institutionen auf globaler Ebene selbst und kämpfen für eine bessere Welt !

In diesen Tagen fordern die Protestierenden in Ägypten eine Zivilregierung, denn die Militärregierung hält an Ausnahmegesetzen, willkürlichen Festnahmen, Folter und Tötungen fest. Mehr als 12.000 Demonstranten und Blogger sitzen noch in den Kerkern des Militärs und ein fairer Wahlkampf wurde dadurch unmöglich. Vor einem Monat mussten wir mit ansehen, wie die friedliche Platzbesetzung des Tahrir durch Geheimdienstprovokation gewalttätig angegriffen wurde und eskalierte. Die friedliche Versammlungsfreiheit der Ägypter*innen wurde durch toxisches Tränengas und mittels Gewehrkugeln ermordet. Dadurch wurde weltweit sichtbar, dass unter dieser Militärherrschaft keine Demokratie entstehen kann. Diese Ansicht wird noch unterstrichen durch die Aussage von General Abdel Moneim Kato (ebenfalls Mitglied der SCAF), dass die Protestierenden « in Hitlers Öfen verbrannt werden sollten ».

Deshalb stehen wir in der Forderung nach einem Ende der Militärtribunale und -herrschaft an der Seite unserer Brüder und Schwestern in Ägypten. Zivilist*innen müssten die Macht bekommen, Willkür abzulehnen und Herrschaft den Gehorsam zu verweigern. Diese Ansicht vereint uns als Empörte weltweit.

Wir zeigen heute unsere Solidarität mit den Protestierenden in Ägypten und fordern von den europäischen Regierungen, dem Europarat und insbesondere der deutschen Regierung die sofortige Einstellung jeder wirtschaftlicher und diplomatischer Unterstützung der SCAF, insbesondere den Waffenlieferungen. Von den Botschaftsmitarbeiter*innen fordern wir, dass sie sich von der SCAF distanzieren und sich klar und deutlich gegen deren Menschenverachtung positionieren.

Wir demonstrieren heute vor den Ägyptischen Botschaften in europäischen Städten:

Von Paris bis Berlin, von Barcelona bis Amsterdam stehen wir an der Seite der Protestierenden von Ägypten.

Wir, die Empörten von Europa zeigen unseren ägyptischen Geschwistern Liebe und Solidarität.

Wir fordern die Verantwortlichen des Ägyptischen Militärs dazu auf, sofort mit den grauenhaften Gewalttaten (verbal und real) gegen die protestierenden Zivilisten aufzuhören !

Hört damit auf, das Begehren der ägyptischen Bevölkerung zu ermorden, hört damit auf, die Zukunft Eurer eigenen Kinder zu töten !

Schluss mit dem Leid, es ist jetzt die Zeit für Frieden, Freiheit und Demokratie !

Die Menschen sind vereinigt in ihrem Wunsch, die Militärherrschaft und Willkür zu beenden. Sie wollen eine Zivilgesellschaft mit ziviler Regierung. Nichts – nicht einmal die Brutalität des Gases, der Knuppel, der Folter und die totbringenden Kugeln aus den Gewehren können sie bezwingen!

Die ganze Welt sieht, was in Ägypten passiert!

Auch wir werden nicht damit aufhören, gegen Folter und Mord an unseren ägyptischen Gefährt*innen unsere Stimme zu erheben und mit ihnen auf die Straße zu gehen bis wir unser Ziel erreicht haben: eine humane, gerechte und echte demokratische Gesellschaft!

 

—————————————————————————————————————————————-

NL

Gezamelijke persmededeling van de Europese Occupy Bewegingen – December 20th 2011

SOLIDARITEIT MET DE EGYPTISCHE BEVOLKING

Ondanks het vertrek van Mubarak kan de Egyptische bevoking zich nog steeds niet vrijelijk uitdrukken en leeft zij nog steeds onder het juk van een politiestaat.

De Egyptische bevolking trekt opnieuw massaal de straat op om een democratisch bestuur te eisen.

De voorbije dagen waren wij opnieuw getuige van overmatig geweld.

Vredevolle betogers werden hard aangepakt en zelfs gedood.

Dit is een schande !

Wij, de verontwaardigden van Europa,

wij zijn geïnspireerd door de Egyptische revolutie.

Wij waren getuige van de « 25 januari »- revolutionairen op het Tahrir plein.

Wij gebruikten elk communicatienetwerk om hun woorden, hun hoop en ook hun kreet de wereld rond te sturen.

Wij deelden hun dromen en hun tranen.

Ze bliezen een nieuwe wind van vrijheid, democratie en waardigheid in onze zeilen.

Zij wakkerden het vuur in onze harten opnieuw aan met de hoop op een betere wereld.

Nu is hun boodschap onze boodschap !

Van Parijs tot Berlijn, van Barcelona tot Amsterdam betuigen wij samen onze solidariteit en liefde aan onze Egyptische broeders en zusters.

In vele Europese steden werd besloten om te demonstreren voor de Egyptische ambassades en consulaten, dit om de Egyptische autoriteiten te dwingen om de gewelddadige acties van het Egyptische leger tegenover vreedzame betogers onmiddellijk te stoppen.

Respecteer de mensenrechten van het Egyptische volk, hou op met het fnuiken hunner dromen en stop het in gevaar brengen van de toekomst van uw eigen kinderen.

Er is genoeg lijden en bloedvergieten geweest, nu is het tijd om te bouwen aan vrede, vrijheid en democratie.

De wereld houdt u in de gaten !

Doe één van ons pijn, en je raakt ons allen.

 

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Written by Indignants from Germany, France, Belgium, Spain, Sweden, etc.

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 22:27

cyberpresse.ca

Publié le 21 décembre 2011 à 14h24 | Mis à jour le 21 décembre 2011 à 14h24

 

Les forces de l'ordre ont démantelé mercredi les trois dernières tentes du... (Photo: La Presse)

Photo: La Presse

Les forces de l'ordre ont démantelé mercredi les trois dernières tentes du mouvement «Occupons Winnipeg», et brièvement détenu les manifestants.

Le campement, qui avait été installé dans un petit parc provincial devant l'Assemblée législative du Manitoba, n'était plus que l'ombre de lui-même. Des dizaines de tentes avaient été érigées à la mi-octobre mais les manifestants ont commencé à quitter les lieux quand le mercure a chuté.

Au cours des dernières semaines, des agents de protection de la faune visitaient régulièrement le camp et demandaient aux manifestants d'enlever les tentes inoccupées. Le campement a été le théâtre de trois incendies qui pourraient avoir été allumés par des passants.

Depuis la fin de semaine dernière, on n'y retrouvait plus que trois tentes. Un manifestant a expliqué que ses collègues et lui étaient fiers que le campement de Winnipeg soit toujours debout, après le démantèlement de ceux de Toronto, Vancouver et Montréal.

Le plus récent incendie, qui a pris naissance la semaine dernière dans des balles de foin installées comme coupe-vent, a eu raison de la patience des responsables, qui ont jugé que l'emplacement n'était plus sécuritaire.

Les policiers ont démantelé les tentes dans le calme. Les manifestants pouvaient récupérer leurs biens d'ici la fin de la journée.

La Presse Canadienne
Winnipeg

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 22:23

Agoravox - par Holly_Crapp mercredi 21 décembre 2011

 

Lorsque les media ne font plus leur travail, c'est aux citoyens de mettre en place la diffusion des événements dont ils sont les acteurs... 


Et la caméra devient une arme de subversion massive. 


Voilà encore une flagrante violation des droits imprescriptibles de l'Homme, par nos forces de police. 


Fonctionnaires qui executent sans broncher des ordres qui vont à l'encontre des libertés fondamentales... Le choix de refuser d'obtempérer n'est pas facile, j'ose espérer qu'un jour viendra où ceux qui se cachent derrière ces armures auront le courage de dire "notre devoir est de protéger la population, et non de défendre les intérêts privés d'une oligarchie au dépend de l'intérêt général".

 

 

Merci à Jéremy Daul pour son travail de terrain...

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 20:35

Actions d’Aix RDM jeudi 22/12  et vendredi 23/12

 
Jeudi 22 décembre : à partir de 10 heures action devant la CAF d’Aix-en-Provence pour (re)faire société, pour (re)construire la « Démocratie Réelle et Maintenant ».  
Pour (re)construire notre maison commune mieux vaut partir des fondations !

Partager l’événement sur facebook : https://www.facebook.com/events/151292538306421/
 
Vendredi 23 décembre : marche dans Aix-en-Provence, retrouvons-nous à 13 heures aux Allées Provençales, derrière le bosquet, statue P. Cézanne, apportez vos pancartes, slogans,...

Partager l’événement sur facebook : https://www.facebook.com/events/160910647342518/

 
 Informez vos contacts et retrouvons-nous nombreux !

 

Les indignés - Aix Réelle Démocratie Maintenant
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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 20:02

tdg.ch -Sarah Hussain | 20.12.2011 | 12:35

 Après le passage de la tempête Joachim la semaine dernière et de la neige le camp des indignés, bien désert, semble tenir le coup.

© DR | Le village indigné est recouvert de neige depuis lundi.
 


 

Lundi matin, sous la neige, le camp des indignés aux bastions est désert. On pensait qu'il n'atteindrait pas l'hiver, mais même paratiquement vide, le village semble tenir le coup. Une dizaine de tentes supporte tant bien que mal les attaques du climat.

A côté du stand d'information, une tente verte montre pourtant quelques signes d'agitation. Quatre personnes en sortent des meubles plein les bras, surpris au réveil par les flocons: «Nous ne nous attendions pas à ce qu’il neige d’un seul coup, raconte l'un d'eux, en secouant une bâche. Il fait froid mais nous essayons tout de même de nous accrocher!». Les indignés affirment être un vingtaine à braver le froid. Mais nous n'en n'avons compté que cinq, en plein jour.

Projet

Les intempéries de la semaine dernière ont fait écrouler la tente de réunion. Une autorisation a été demandée pour installer une structure plus grande et plus étanche. En attendant, on se contente de «faire des réunions moins régulières, tous les deux ou trois jours.», dit Martin, un pensionnaire.

De son coté, le Conseil Administratif, qui doit prendre sa décision demain, semble y être plutôt favorable: «Je n'ai reçu les photos et les plans d'implantation que hier. J'en ai vaguement parlé à mes collègues, qui n'ont à priori pas l'air contre.», confie Rémy Pagani, conseiller administratif en charge du Département des constructions et de l’aménagement.

Les indignés bénéficient toujours de l’autorisation «permanente et renouvelable» de la Ville, de rester aux Bastions jusqu’à la fin du mois. Passé cette date, la situation sera réévaluée.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 23:29

Revue de presse de la semaine du 12 décembre

 

Occupy, Indignés, Acampada, les nouvelles du mouvement à travers le monde

Le conseil municipal plein d’Édimbourg reconnaît le mouvement Occupy – Agoravox

NYPD and NYC City Hall Break Kids Hearts - http://www.parentsforoccupywallst.com

 

 Occupy Paris marks Human Rights Day – Press TV
A écouter: Jacques Rancière, la crise de la démocratie et les mouvements d’indignés – Mediapart
Les indignés de Paris marchent vers une nouvelle Déclaration des Droits de l’Homme – Sarah Duval
Indignés de Marseille : un week-end mouvementé entre manifestation, évacuation et arrestations – Med’in MArseille
Akénaton et Faf la Rage au sujet des indignés
Le mouvement indigné en 11 pancartes – Fluctuat.net
Évacuation d’ »Indignés » à La Défense – Le Figaro
« Occupy la défense » expulsé : sale temps pour les Indignés – Politis.fr

 

La crise, la dette, l’austérité et le triple A…

La City, nid de vipères – LePoint.fr
Economies émergentes : la fête est-elle finie ? – Le Monde
2 350 suppressions d’emploi au Crédit agricole, dont 850 en France – Liberation
Le ministère accélère l’annonce des suppressions de postes d’enseignants – Le Monde

 

Ré-écouter – France Inter – 14/12 – La dette ou la vie http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=240499
La très grande Récession – Le Monde
Fitch abaisse à « négative » la perspective de la France – Le Monde
Hommage à Mohamed Bouazizi
Retour à Sidi Bouzid, capitale des maux de la Tunisie – Le Monde
Webreportage (photo + audio) - Retour à Sidi Bouzid, un an après le début du soulèvement arabe – Le Monde
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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 23:22
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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 23:13

Par Europe1.fr

Publié le 19 décembre 2011 à 20h04 Mis à jour le 19 décembre 2011 à 20h04

 

La Haute Cour de Londres a commencé à examiner lundi une requête de la municipalité qui veut obtenir l'évacuation du campement des militants anticapitalistes installés depuis plus de deux mois devant la cathédrale Saint-Paul, en plein coeur de la City.

Il ne s'agit pas de "protéger les banques ou d'empêcher des manifestations pacifiques contre le secteur financier. Ni d'étouffer la liberté d'expression", a assuré l'un des avocats des autorités locales, David Forsdick.

Mais l'évacuation de ce campement est "indispensable sur le plan social pour protéger les droits et les libertés des autres personnes", a-t-il estimé, affirmant que le camp était devenu un "aimant" pour des personnes susceptibles de provoquer des troubles à l'ordre public.

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