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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:25

 


THE ASSOCIATED PRESS

 

PASADENA, États-Unis - Des milliers d'indignés se sont invités au 123e défilé annuel du Rose Bowl, lundi.

Ils ont manifesté à la fin du défilé. La manifestation avait fait l'objet d'une entente avant la présentation de l'événement.

Le tintamarre des dernières fanfares à défiler s'est mélangé au slogan «Les banques s'en sont sorties, nous avons été vendus» que scandaient les manifestants. Ces derniers ont parcouru environ 2,4 des 8,8 kilomètres de l'itinéraire du défilé. Ils ont dévié de leur route près de l'Hôtel de Ville.

Ils portaient une bannière longue de 76 mètres sur laquelle on pouvait lire «We the People (nous, le peuple)» représentant la constitution américaine. D'autres tenaient une pieuvre de 21 mètres fabriquée de sacs de plastiques récupérés, une allégorie des activités tentaculaires auxquelles ils associent les grandes corporations.

«Il s'agit d'éliminer l'argent de la politique, a déclaré Greg Stevens, de l'Université de la Californie du sud. J'appuie tout ce que ce mouvement représente.»

Certains spectateurs ont crié «trouvez-vous un emploi» aux manifestants tandis que d'autres les photographiaient et les encourageaient.

«C'est un peu fou mais c'est aussi emballant», a déclaré Alana Olvick, de Valencia, en Californie.

Trois camions de transport d'agents de police du comté de Los Angeles vêtus des habits de l'anti-émeute suivaient les manifestants mais aucune arrestation n'a été effectuée.

Les manifestants étaient bruyants mais pacifistes. Ils étaient au moins 5000 selon l'organisateur de la marche, Pete Thottam.

 

Tags : indignés
journalmetro.com
Publié: 02 janvier 2012 15:46
Mis à jour: 02 janvier 2012 17:26
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:21

 


 

Bonjour à tous, c’est Billal, si vous avez encore un peu de force pour nous aider, nous avons besoin:
  • de lait
  • d’eau
  • de rallonge
  • de goblet
  • de pain
  • de pates, sauces
  • gruyère
  • fruits
  • balai
  • pelle
  • éponge
  • lentilles
  • ravioli
  • rideau noir
  • ficelle
  • scotch
  • assiette jetables
  • couvert jetables
  • sacs poubelle
  • Javel
  • produits laitiers (yaourt, fromage…)
  • produits vaisselle
  • poêle et casseroles
  • café
  • papier A4
  • stylo
  • stabilo
  • classeurs
  • casiers
  • agrafes
  • marqueurs
et tout ce qui vous passe par l’esprit merci à tous les indignés de la défense !
les indignés sont toujours à la défense
PS: nous ne faisons pas que des copier-coller des belles phrases, nous les appliquons.


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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:13
Agoravox - par Luc-Laurent Salvador (son site) mardi 3 janvier 2012


Le problème des Indignés est celui de l’unité avec les 99 %. Or, cette unité qui conditionne la réussite du mouvement ne pourra se faire que si ce dernier est porté par UNE demande claire et nette, comme celle qu’avaient les Egyptiens de la place Tahrir. Cette « one demand » n’a pas encore été trouvée. Elle fait cruellement défaut. Dès lors, pourquoi les 99 % agoravoxien(ne)s ne tenteraient-ils pas de rejoindre les Indignés en apportant leur soutien à une demande très capable de les rassembler : la réforme 100 % monnaie, seule à même de remettre le système financier au service de l’humain ?

 

Le problème des Indignés et des OWS est celui de l’unité avec les 99 %.
 
Il importe qu’elle soit réalisée au plus tôt car sans cela, ils resteront impuissants à faire bouger des politiciens de plus en plus en cheville avec le pouvoir financier, comme l’était déjà Pompidou (d’où le surnom de loi Rothschild pour la fameuse loi de 1973).
 
Ce serait terrible car les Indignés peuvent être les opérateurs d’une formidable prise de conscience nationale et mondiale qui n’a que très peu de chance d’arriver autrement.
 
Il est en effet devenu difficile de croire que quelque chose d’intéressant puisse encore sortir des urnes dès lors les élections sont « sous contrôle » du parti unique UMPS. Les candidats ne parlant pas la langue de bois libérale et atlantiste de l’Empire n’ont quasiment pas accès aux médias. Ils ne bénéficient que de très peu de temps de cervelle citoyenne disponible.
 
Quoi qu’il en soit, actuellement l’espoir des Indignés et des OWS est toujours que les 99 % descendent dans la rue les rejoindre comme cela s’est passé au cours du printemps arabe.
 
A cette fin, ayant compris que les peuples qui ont réussi leurs « révolutions de velours » savaient très exactement ce qu’ils voulaient (la chute du régime), les Adbusters ont, le 13 juillet, lancé le mouvement OWS en proposant que celui-ci soit porteur d’une simple et unique demande, gage d’unité et donc de réussite :

« Tahrir a réussi avant tout parce que le peuple d’Egypte a posé un ultimatum très clair — Moubarak doit partir — dont il n’a pas démordu jusqu’à la victoire. En suivant ce modèle, quelle est notre tout aussi claire demande ? » [1]

L’affiche du 17 septembre — date du rassemblement initial des OWS dans le Zuccotti Park — avait ainsi pour slogan : « Quelle est notre première et unique demande ? » (What is our one demand ?).
 
Le problème est qu’étant à la forme interrogative, ce slogan annonçait d’emblée l’échec des organisateurs à réaliser ce qu’ils avaient, avec raison, jugé tellement souhaitable : disposer d’une demande unique qui puisse rassembler la population autour d’elle parce que, précisément, elle ferait consensus.
 
 Pour dire toute l’importance et l’urgence de disposer au plus vite de cette demande avant d’aller occuper quelqu’espace symbolique ce soit, les Adbusters ont employé l’expression anglaise to « zero in on » qui peut, entre autres, se traduire par l’expression « plonger en piqué », comme le faisaient les fameux zéros kamikazes de l’aviation japonaise durant la deuxième guerre mondiale.
 
A l’évidence, malgré cette conscience de l’urgence, malgré la multitude des propositions et des discussions qui ont tourné autour de cette question, la cible n’a pas été repérée par les OWS, de sorte qu’actuellement, les Indignés et autres Occupy ne sont porteurs d’aucune demande clairement identifiée et assumée comme telle.
 
Comme de nombreuses assemblées populaires sont prévues à l’occasion de la journée mondiale du 14 janvier prochain, on pourrait imaginer que la question se trouvera à nouveau mise sur le tapis.
 
Mais peut-on sérieusement espérer qu’une nébuleuse d’assemblées populaires en vienne à converger sur une demande unique ? Après quatre mois déjà écoulés, combien de temps faudra-t-il encore patienter ?
 
Et en attendant, combien de 99 % iront rejoindre les Indignés dès lors que ces derniers n’ont toujours pas cette « demande qui éveille l’imagination et qui, si elle était accomplie, nous propulserait dans la démocratie radicale du futur [2] » ?
 
Pourtant, nous sentons tous l’urgence, nous sentons tous ce climat lourd et oppressant qui donne furieusement envie de plonger en piqué sur cette « one demand » avant qu’il ne soit trop tard.
 
C’est pourquoi, il nous faut, je crois, nous poser la question : pourquoi nous, agoravoxiens de bonne volonté, qui grâce à ce beau site qu’est Agoravox, contribuons depuis des années, chacun à sa manière, à nourrir une joyeuse conscience prérévolutionnaire qui ne demande qu’à s’actualiser, ne pourrions-nous aider ce processus à converger ? Nous sommes des Indignés depuis tant d’années, ne pourrions-nous nous rassembler autour d’une idée qui, même si elle ne devait pas être la « one demand » finale, contribuerait néanmoins à rassembler sans délai les Indignés et les 99 % ?
 
Il est parfaitement possible qu’il existe quelque part une meilleure option et il y a sûrement mille choses qui paraîtront aux uns et aux autres plus urgentes ou plus importantes, mais essayez de voir que là n’est pas la question. Ce qui importe, c’est que, si on se base sur ce qui s’est écrit ici sur Agoravox ces dernières années, ces derniers mois, nombreux sont ceux d’entre nous qui, quelles que soient leurs convictions théoriques ou politiques, sont probablement prêt à soutenir l’idée de retirer aux banques tout pouvoir de création monétaire pour le restituer entièrement au peuple (réforme 100 % monnaie[3].
 
Quoi que ce soit que nous penserions par ailleurs avec une infinité de délicates nuances, ne reconnaissons-nous pas tous volontiers qu’il serait certainement bon que l’humanité puisse accéder à un système économique dans lequel le pouvoir de création monétaire appartiendrait intégralement aux peuples et non aux banques ? Ne pensez-vous pas qu’un consensus puisse se former à ce sujet au sein de l’assemblée populaire virtuelle que constitue la population agoravoxienne ici présente ?
 
Je ne dis pas que la réforme 100% monnaie serait forcément le « choix du public », cela je ne le sais pas. Mais, encore une fois, il suffit de lire ce qui s’écrit sur Agoravox pour voir que l’idée de prendre le pouvoir de création monétaire aux banques est une idée qui séduit, c’est une idée « porteuse » et, par conséquent, elle est une occasion de rassemblement. Or, pour le moment, c’est tout ce qui compte !
 
Dès lors, plutôt que de se lancer dans un débat infini pour faire émerger la meilleure idée possible, je propose que nous, les Indigné(e)s agoravoxien(ne)s qui souhaitons que le pouvoir de création monétaire soit retiré aux banques pour devenir privilège exclusif du peuple, nous le disions, tout simplement, tous ensemble, ici même.
 
Constater combien d’entre nous adhèrent à cette idée pourrait être le point de départ d’une belle aventure car si la participation est bonne, si nous sommes nombreux à prendre position, nous accèderons à une forme d’identité de groupe similaire à celle que connaissent des manifestants qui se rassemblent dans la rue ou sur des places pour faire entendre leur voix.
 
Même réalisé dans le cyberespace, ce rassemblement citoyen nous fera nous sentir plus forts. Nous aurons réalisé une forme élémentaire de cybermanifestation qui sera, tout naturellement, appelée à grandir et qui pourrait constituer un appui déterminant pour le rassemblement des Indignés et des 99 %.
 
Que faudrait-il pour enchaîner de la sorte, dès lors que nous ne pouvons obliger les 99 % à adhérer à Agoravox ?
 
Nous aurions besoin que l’un(e) d’entre nous qui en a la capacité, un(e) geek façon Anonymous, veuille bien nous construire un site dédié [4] où, comme cela se passe pour une pétition en ligne, toute personne pourrait venir déclarer son soutien à cette revendication en donnant simplement son nom et sa ville de résidence ainsi qu’un e-mail pour la vérification.
 
Un tel site pourrait simplement présenter le texte demandant la souveraineté populaire sur la création monétaire et offrir la possibilité de parcourir la base de donnée des personnes signataires en fonction du nom ou du lieu de résidence — avec, cela va de soi, la possibilité de s’inscrire.
 
On pourrait imaginer bien des améliorations (comme la possibilité de choisir ou d’écrire des slogans, la possibilité pour les cybermanifestants de se contacter via le site, ou celle d’uploader leurs photos, la visualisation de la cybermanifestation sur une google map, etc.) mais elles ne sont pas indispensables. Car l’important est de parvenir très vite à la conscience de nous-même, à la conscience de notre rassemblement, de notre force.
 
Mettons les choses au clair : il n’y a pas à attendre du mouvement des Indignés, OWS ou autres qu’il nous donne son soutien ou sa reconnaissance. Il s’agit d’un mouvement sans leader, sans autorité qui soit en position de donner son accord à telle ou telle initiative. Dès lors que nous nous pensons Indignés, nous sommes des Indignés et nous sommes d’autant plus fondés à nous auto-organiser comme nous l’entendons que c’est précisément dans l’esprit de ce mouvement qu’il en aille ainsi.
 
C’est comme cela que peut se réaliser le rassemblement des 99 % et des Indignés : lorsque tout un chacun en vient à déclarer qu’il est avec les Indignés, qu’il est lui-même un(e) Indigné(e).
 
Rejoignez les dans les rues et les places si vous le pouvez, mais que cela ne vous empêche pas de vous déclarer publiquement comme Indigné(e) en soutenant ce qui deviendra peut-être la « one demand » des OWS, en demandant que le pouvoir de création monétaire cesse d’être aux mains des banques car de là vient la puissance démesurée de la finance et la principale cause de l’exploitation de l’Homme et de la Nature par l’Homme.
 
Accomplir l’acte individuel consistant à déclarer publiquement son soutien à cette demande indignée, c’est accomplir l’acte citoyen par excellence, celui qui donne au peuple son « âme », c’est-à-dire, la conscience de lui-même et de sa capacité à décider hors de la tutelle infâme des politiciens asservis aux groupes de puissance.
 
En des temps où nous cherchons à ressourcer la démocratie moribonde qui sert de paravent à l’Empire, la cybermanifestation pourrait constituer un appui majeur puisqu’elle permet l’expression des volontés populaires que la servilité des médias interdit désormais.
 
Car il existe une multitude de questions cruciales pour lesquelles notre avis ne nous est pas demandé alors qu’il devrait être déterminant.
 
Songeons par exemple à l’arrêt de l’intervention française en Afghanistan, à la sortie du nucléaire ou à la réouverture d’une enquête internationale sur le 11 septembre 2011. Il est très probable que l’opinion publique serait très favorable à chacune de ces demandes. Mais ni les urnes, ni les médias ne permettent à cette opinion de s’exprimer. Des cybermanifestations dédiées seraient un parfait moyen de revendication populaire puisque tout un chacun pourrait y venir à tout moment et y rester autant que nécessaire même si cela devait durer des années. Aucun mouvement « mortar » ne permet cela, seul le clicktivism met la manif à la portée de tous.
 
C’est en songeant à tout cela que je vous invite donc pour finir à passer à l’acte en entrant ici dans la première cybermanif des Indigné(e) d’Agoravox.
Bienvenue et merci à vous !


[1] « Tahrir succeeded in large part because the people of Egypt made a straightforward ultimatum – that Mubarak must go – over and over again until they won. Following this model, what is our equally uncomplicated demand ? »
[2] « a demand that awakens the imagination and, if achieved, would propel us toward the radical democracy of the future »
[3] Peut-être faudrait-il lui associer le fait de dénoncer la dette souveraine actuelle comme illégitime. On pourrait toujours considérer qu’il s’agit d’une seule et même idée comportant deux volets : le passé (le passif de la dette souveraine) et le futur (restauration de la souveraineté populaire sur la création monétaire). La présente demande serait cohérente et, ainsi, bel et bien UNE car il serait, je crois, illogique de demander la souveraineté populaire sur la création monétaire tout en fermant pudiquement les yeux sur quarante années de sodomisation du peuple par les banques.
[4] Je veux payer pour l’hébergement.
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:07

 bastamag.net - Par Emmanuel Haddad (3 janvier 2012)


Chaque jour, en Espagne, 300 familles sont expulsées de leur maison ou de leur appartement. Dans la lignée du mouvement des Indignés, des collectifs pour le droit au logement se multiplient. À Barcelone, des occupations d’immeubles vides viennent d’être reconnues « légitimes » par la justice. Le début d’un mouvement social massif face à la spéculation immobilière ?

 

 

Dans l’« edificio 15 O », à Barcelone, neuf familles vivent sans craindre l’expulsion. À l’issue des grandes mobilisations de l’automne pour s’opposer aux coupes budgétaires dans la santé et l’éducation, ainsi qu’au manque de logements publics, les indignés ont pris possession de cet immeuble vide de la rue Almagro. Grâce à un petit miracle juridique, les familles qui s’y sont installées ne craignent désormais plus les poursuites pénales. Le procès pour occupation illégale s’est achevé sur un non-lieu, le 7 novembre. La fête organisée en l’honneur de ce jugement a sonné comme un coup de départ pour d’autres occupations du même genre.

300 familles expulsées chaque jour

Inoccupé depuis cinq ans, cet immeuble de la rue Almagro appartient à la banque Cajamar. Il a été racheté par la banque suite à la faillite de la société immobilière en charge des travaux. L’ancien propriétaire a tout perdu dans l’affaire, et la banque attend patiemment que le cours du marché de l’immobilier espagnol reprenne pour revendre le bâtiment. L’« edificio 15 O » n’est pas un cas isolé : en Espagne, 3 millions de logements vides, parfois inachevés, prennent la poussière dans l’attente d’une reprise de la spéculation. Pendant ce temps, 300 familles sont expulsées chaque jour de leur logement, incapables de rembourser l’emprunt contracté pour devenir propriétaire, à une époque où l’hypothèque coûtait souvent moins cher qu’une location (voire notre reportage).

« En Hollande et dans d’autres pays, il y a des amendes, voire plus, au bout d’un an et demi d’inoccupation des logements. Mais l’Espagne est à la traine. Si l’État est incapable d’octroyer un logement digne, l’occupation devient une alternative légitime », considère Jon Aguirre Such, membre de Democracia Real Ya et de Paisaje Transversal une plateforme qui travaille sur de nouveaux modèles de gestion urbaine. « Tous les Espagnols ont le droit de jouir d’un logement digne et adéquat », énonce l’article 47 de la Constitution. Le 7 novembre, le juge d’instruction a pris acte de ce droit, en tenant compte des circonstances exceptionnelles de la crise : l’occupation est liée « au chômage des jeunes, au difficile accès au logement, à la spéculation urbanistique et aux alternatives autogérées. » Un jugement qui fera désormais jurisprudence.

Vers un mouvement d’occupation de masse ?

L’occupation comme arme politique ? L’idée n’est pas nouvelle. Mais à Barcelone, elle est en train de subir un « saut qualitatif  », selon un voisin de l’edificio 150 venu apporter de la nourriture aux habitants. « Il est difficile de parler d’okupa – terme qualifiant la mouvance des squats de Barcelone – dans le cas de l’« edificio 15 O ». Car ses nouveaux locataires ne sont pas des militants, des professionnels du squat, mais des victimes de la crise du logement », explique Manuel Delgado, anthropologue à l’Université de Barcelone. Une partie du mouvement okupa est en train de se convertir en mouvement de masse. « Un large pan de la gauche, des plus radicaux jusqu’à des membres du parti socialiste, soutiennent l’évolution du mouvement. En stoppant des centaines d’expulsions et en relogeant des familles, ils montrent qu’il est encore possible d’obtenir des victoires », s’enthousiasme Manuel Delgado, proche du mouvement Miles de Vivienda, le collectif de « réappropriation urbaine » filmé par le documentaire Squat, la ville est à nous.

Ce nouveau type de squat a surtout un objectif social [1]. Les familles qui vivent aujourd’hui dans l’immeuble de la rue Almagro ont déjà subi au moins une expulsion. Dans l’immeuble inachevé, où il a fallu attendre un mois avant d’installer l’eau courante, on trouve des appartements neufs et de qualité, mais sans meubles. Certains ont dégoté un four pour cuisiner. Pour les autres, les indignés qui s’occupent de l’organisation de l’immeuble font tourner une cantine communautaire au rez-de-chaussée.

Quand les collectifs de squatteurs remplacent les services sociaux

Adrián passe la plupart de ses journées à chercher du travail et ne profite de la cantine que le soir. Ce jeune roumain vit au premier étage avec sa femme. Ils sont un des seuls couples sans enfant de l’immeuble : leur fils de 11 mois a été prise en charge par les services sociaux à Cadix. Ils font tout pour le récupérer. Une séparation douloureuse pour tous ceux qui, parmi les 150 000 familles espagnoles menacées d’expulsion, ne sauront pas trouver un toit pour leurs enfants.

À l’instar des autres familles, ils n’ont ni le temps ni la tête aux tâches quotidiennes de l’immeuble. « Au début il y avait beaucoup d’échanges, mais à présent seules quelques familles viennent manger et cuisiner de temps en temps avec nous », souligne Natacha. La jeune femme fait partie de ceux qui se sont portés volontaires pour organiser la vie quotidienne. Cette photographe dort depuis le 15 octobre dans l’immeuble, après avoir passé ses nuits avec les Indignés de la Plaza Catalunya. Une suite logique, pour elle. Et un quotidien éreintant, entre nettoyage et assemblées à répétition, où se décident les questions internes à l’immeuble, les fêtes de quartier ou les relations avec la presse. Pour beaucoup de ces jeunes issus du mouvement okupa, c’est une nouveauté de vivre avec des habitants qui ne suivent pas leur mode de vie communautaire. « On n’est pas une secte ! Nous sommes ici pour les soutenir et leur permettre de vivre le mieux possible », précise Natacha. Balai en main, elle nettoie une salle destinée à accueillir des jeux d’enfants.

Spéculation privée ou logements sociaux ?

Soutenir les familles expulsées : une mission des services sociaux de la ville. Mais leurs efforts ne suffisent plus face à la vague quotidienne de gens jetés à la rue. « Les services sociaux construisent un hôtel d’urgence pour accueillir les familles dans le besoin. Mais celles-ci doivent quitter les lieux au bout de trois jours... C’est la seule solution qu’ils ont trouvée », rélève Antonio, membre de « 500x20 ». 500 logements avec un loyer à moins de 20% du revenu de ses habitants : telle est la revendication de ce collectif de quartier né à Nou Barris en 2006, qui dénonce la pénurie de logements publics à Barcelone. Chaque semaine, ils reçoivent plusieurs cas de familles sur le point d’être expulsées : « On les dirige vers un avocat et, pour les cas sans solution légale, on se charge de les "reloger" ». Avec un occupation de de logements vides. « Nous devons agir de manière subtile pour ne pas être accusés d’incitation au délit », souligne-t-il.

Indignés, 500x20, Miles de Viviendas... Si ces collectifs en viennent à outrepasser la loi, c’est, soutiennent-ils, parce que la politique du logement à Barcelone privilégie la spéculation privée au détriment de l’offre publique. Récemment, 500x20 a envahi le siège de l’Agence du logement de Catalogne pour dénoncer la spéculation immobilière. En réponse, l’agence publique s’est engagée à consacrer 3 000 logements vides à la location publique, à des prix accessibles. Preuve pour Antonio que la municipalité préfère réserver ses immeubles vides au marché privé plutôt qu’aux familles désœuvrées.

Des centaines de maisons murées par la municipalité

Une critique dure à avaler pour Gerard Capó, directeur technique au Consortium du logement de Barcelone. Depuis 2009, le programme pour lequel il travaille a permis de reloger 337 familles modestes, avec un loyer à 20% de leurs revenus. « La situation actuelle à Barcelone nous dépasse tous, on ne peut financer des logements que selon nos capacités », reconnaît Gerard. Le programme se charge de trouver des logements, mais aussi de financer 80% du loyer.

Beaucoup de militants du droit au logement négligent de souligner les efforts de l’administration publique, regrette Gerard. Des efforts réels, souligne-t-il, dans la même veine que le programme « location accessible » lancé le 10 novembre par la Fondation sociale de la Caixa. La fondation de cette banque va permettre l’accès à 3 000 logements pour des familles précaires, à des loyers accessibles. « Ils nettoient leur image. C’est un bon début, mais il faudrait qu’il n’y ait plus aucun logement vide à Barcelone », considère Antonio, de 500x20. « Dans le quartier de Bon Pastor, il y a des centaines de maisons murées, aux toits détruits par la propre municipalité de Barcelone !, témoigne Manuel Delgado. Pourquoi ne les utilise-t-on pas ? ». En attendant, les indignés continuent de « libérer » des logements vides. Suivant l’exemple de l’« edificio 15 O », cinq nouveaux bâtiments ont été occupés en novembre.

Emmanuel Haddad

Notes

[1] Dans Désobéissance civile et démocratie, l’historien états-unien Howard Zinn définit la désobéissance civile comme une « violation délibérée de la loi dans un objectif social ». L’auteur américain évoque des actions, comme celle de « voisins qui empêcheraient l’expulsion d’une famille incapable de payer son loyer » :« Même s’ils ne concernent qu’un individu ou une famille, [ces actes] adressent un message plus général sur les défaillances de la société. »

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 13:14

Family Reunion

In #globalrevolution, March on Brussels, Sol on 1 January 2012 at 16:00

 

Móstoles, January 1

 

Dear people,

 

Never mind all the stories about spirits and kindness. This year, Christmas was whispered to become a marathon orgy. It started on the 21st of December 2011 and was supposed to go on until the End of Time, scheduled in December 2012.

Unfortunately, we got there late.

 

It was the evening of the 24th. We were expected in the countryside in the outskirts of the outskirts of Madrid. We left everything to the last minute, and when we finally lifted our bags to go to the metro, we saw how the shutters of the station slowly closed in our face.

So there we were. All people were safe and warm at home, the shops had closed, even the Chinese. We were left with a pack of dry lentils, one egg, a bottle of cheap wine, a bottle of even cheaper sangria, and no cork screw.

“What do we do now?”

Our only luck was that the bottle of sangria had a screw tap. And because I’m a romantic soul, for me there was but one option. “Let’s go to Puerta del Sol. We’ll get drunk out on the streets and have ourselves arrested. Given the situation it’s the only decent way to celebrate Christmas Eve.”

I was a little bit disappointed when the Spirit of Christmas came to save the day. But in the end it was probably better that he did. The three of us ended up listening to hard core Christmas music and playing cards until eight in the morning.

 

On Boxing Day we finally managed to arrive here in Móstoles. It turned out that the rumours going around on Facebook about this being a kind of End of the World Mega Party, were slightly exaggerated. We were four people. But it was only the beginning.

This is the country garden of comrade Geraldo, at fifteen minutes walking from the closest metrostation. When his grandfather worked this piece of land, the towns of Móstoles, Alcorcón, Fuenlabrada and Getafe were still small communities over the horizon. Now they are the vanguard of Madrid. At night you can see how the lights of the metropolis are slowly advancing from all sides. It won’t be long before this piece of country side will be turned into a park surrounded by vacant appartment blocks.

The advancing metropolis

During the week, from all corners of the country and the continent, the veterans of the March on Brussels arrived, one after another. We started celebrating New Year’s Eve a week early, and we just kept on going. “Do you remember?…” someone would say, and there came the stories about the march. The triumphs and the disasters. The good, the bad and the ugly.

There was the legendary ‘Chocolate man’ for example, who served us hot chocolate every morning during our last days in Euskadi and our first days in France. There was the couple from Barcelona who took heartfelt care of us on various occasions. And there was the family from Murcia who joined us for a few days just before our arrival in Paris (mom, dad, daughter of about 17 and son of about 9). It was one of the many times when our march was subject to internal struggle and chaos. Comrade Lodovico didn’t believe that a family would ever want to be associated with us lunatics, and he had a very hard time explaining them the true situation without discouraging them to participate.

They stayed, against all odds. And one way or another they pulled the group together and turned into the spirit of the march. We must have left them a good impression after all, because yesterday just before the new year, all four of them showed up.

 

Then there were the stories about the week we spent in Revolutionary HQ in Brussels. I haven’t even told you a fraction of what happened there. Most things I heard for the first time. Like the day a man came into the kitchen, and climbed onto one of the tables, and stripped. He spread his arms and announced that he was the incarnation of god on earth. When someone tried to cross his divine path, the scene turned into a full scale riot.

The third floor assassination attempt was another of those stories, probably drug related. Someone had apparently been bottled on the back of the head and left there to bleed. He was only found because of the trail of bloody foot steps that the perpetrator left in the corridor.

Everyone could enter Revolutionary HQ, and indeed, everyone did. Cases of plundering and robbery went on all week. On one of the last days someone really ‘wanted’ must have looked for refuge inside the building. All of a sudden police cars arrived from all directions and a helicopter came hovering over the roof. This scene I remember. They came in, they caught the man and took him away. In ten minutes everything was back to normal. If I had disposed of a camera crew, I could have made an action movie about the week in Brussels.

The Hulk in North Africa

Aside from telling stories, we play Risk. We didn’t have the game at hand, so we made it. A stack of cards, five dices and multi-coloured poker chips is all you need to play. I drew the map on coffee table. Comrade Perro shows a photo of the game of Catan which they made in the squat in Paris.

As revolutionaries, we are slipping, I have to admit it. While we are sitting here, playing Risk on the fifth day of New Year’s Eve, other comrades have arrived in Madrid and engaged in actions. “¡Hostia!” says Geraldo when the news comes in on his phone. “Police is charging at the Cabalgata indignada. There’s a photo of comrade Smiling Sparrow being clubbed in the head. ¡Es una pasada, chabales!

We are shocked. Geraldo puts down his phone, and picks up the dice. “So, the Hulk is going to attack North Africa from Brazil…”

On the other side of the table I drew a map of ‘Risk Iberia’. But as a result of local nationalist sensitivities, it caused more conflict around the table than on it…

Risk Iberia

The last day of the year was amazing. Comrades Cristo, Getafe, Kanario, Carmencita, Sebastian, Smiling Sparrow and many others arrived, both from the Spanish and the French branch of the march. With a few exceptions we were all there, the best of the march on Brussels. When darkness fell we turned into one big tribe dancing around the fire. ‘If only for this,’ I think, ‘the march has become a success.’

 

Geraldo jumping the flames

By now the stories had started to focus on what happened after the march. Some people went to the protests during the G20 meeting in Nice, or helped to organise the March to Athens. Others have formed their ‘Revolutionary A-Team’, gave it the name of ‘Proyecto Nomada’, and returned to Paris to take part in Occupy La Défense. I heard about it, I’ve seen images of indignados building a cardboard camp only to have it destroyed by police over and over again. I’ve also seen images of the spectacular dome they built, but hearing the first hand accounts of what happened, standing around the fire, is definitely better than anything you can find out through the web.

 

On the radio the clock of Puerta del Sol starts to strike. Two thousand twelve has arrived. Soon each of us will leave in different directions. To Rome, to Barcelona, to Bayonne, to Berlin, or back to Brussels. But tonight we’re allvhere, and we celebrate. In a certain sense we are one big family. And at some point on the paths of the revolution, we will meet again.

First day of the year

 

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 14:49

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=ffR5BMI_V_0

 

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 13:37

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 02.01.12 | 07h37   •  Mis à jour le 02.01.12 | 09h44

 
 

 

A Zucotti Park, dans le quartier new-yorkais de Wall Street, les protestataires ont fêté le passage en 2012 en passant outre les barricades.

A Zucotti Park, dans le quartier new-yorkais de Wall Street, les protestataires ont fêté le passage en 2012 en passant outre les barricades. AP/Stephanie Keith

La police new-yorkaise a procédé dans la nuit à l'arrestation de 68 des "indignés" qui avaient repris position samedi dans le parc Zuccotti, à Manhattan, malgré les barrières de sécurité.

 

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/01/02/arrestation-d-indignes-a-new-york_1624673_3222.html#ooid=VmMHA3Mzr6UpW1a20jOtk9f4GDjKImRC

 

L'un d'eux est accusé d'avoir frappé un agent à la main avec une paire de ciseaux, précisent les forces de l'ordre. La victime est sortie de l'hôpital. D'autres pourraient être inculpés de voie de fait, d'effraction et d'obstruction de la voie publique.

Le parc Zuccotti, où le mouvement Occupy Wall Street a débuté en septembre avant de gagner tous les Etats-Unis, avait été évacué en novembre. Le mouvement anti-Wall Street tend à s'essouffler aux Etats-Unis depuis que ses sympathisants ont été chassés des parcs et des places de diverses villes où ils manifestaient.

 

 

 

 

 

 

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 13:44

Ajoutée par Dimakos le 22 déc. 2011

OCCUPY
December 22, 2011, winter solstice music video release in celebration of light, peace and love for humanity.

A music video of the OCCUPY movement created in December, 2011.

Music by Mark Lesseraux, http://marklesseraux.com/
Video by Matthew Dimakos, http://www.matthewdimakos.com

 

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 13:20

Ils sont millionnaires, mais font partie du mouvement « Occupy Wall Street » et dénoncent les inégalités sociales. Rencontre avec l'un d'eux à Boston.

 

Farhad Ebrahimi, à Dewey Square à Boston : « Je fais partie des 1 % les plus riches, mais je suis ici avec les 99 %. »
Farhad Ebrahimi, à Dewey Square à Boston : « Je fais partie des 1 % les plus riches, mais je suis ici avec les 99 %. » (photo S. F./« SO »)

Farhad Ebrahimi est un « indigné » pas tout à fait comme les autres. À 33 ans, il est à la tête d'une fortune faramineuse de 40 millions de dollars, grâce à la réussite de son père dans l'informatique et dans l'immobilier. Ce « fils de » se classe facilement dans la catégorie des 1 %, ce pourcentage de la population qui concentre la majorité des richesses… et les foudres du mouvement contestataire anti-Wall Street (« Occupy Wall Street ») qui secoue les États-Unis.

Cette frange des ultraprivilégiés englobe théoriquement les banquiers et leurs riches clients, les lobbyistes et les politiciens complices d'un système dont la finalité principale est le profit. Farhad Ebrahimi ne s'est jamais reconnu dans cette catégorie. « Quand j'étais plus jeune, j'avais un rapport difficile avec l'argent. J'éprouvais un sentiment de culpabilité et de confusion, de ne pas savoir comment cette richesse m'influencerait dans ma vie ou si je serais capable de m'en détacher. » À l'âge adulte, plutôt que de suivre son père dans les affaires, il se lance dans la philanthropie, tout en suivant une autre passion, celle de la musique.

D'accord avec Warren Buffett

En septembre dernier, il rejoint le rassemblement « Occupy Boston ». « Nous n'avions pas d'électricité, pas d'Internet, et la météo n'était pas ce que l'on avait prévu. J'ai tout de suite vu comment je pouvais donner un coup de main », explique ce diplômé en mathématiques du prestigieux Massachusetts Institute of Technology. Le Bostonien d'adoption avait les contacts qu'il fallait pour trouver des solutions aux problèmes techniques. Habile négociateur, il est ensuite allé voir un marchand d'accessoires de camping pour marchander le prix des tentes, avant d'en acheter quelques-unes pour Dewey Square, le nom du rassemblement au cœur de la capitale de la Nouvelle-Angleterre. « J'ai fait quelques donations de-ci de-là, car je peux me le permettre. Mais j'ai aussi décidé de sortir de mon rôle de philanthrope pour m'impliquer comme participant et pour faire partie de l'action. »

Plutôt que d'investir ou de flamber son argent, il a décidé de consacrer 100 % de sa fortune à la protection de l'environnement. Il a lancé sa propre fondation, The Chorus Foundation, qui finance des projets en matière d'énergie renouvelable. « Je suis d'accord avec l'homme d'affaires Warren Buffett, qui dit qu'il faut donner suffisamment à ses enfants pour qu'ils puissent tout faire, mais pas assez pour qu'ils puissent ne rien faire. Mes parents m'ont donné suffisamment pour que je puisse me croiser les bras toute ma vie, mais ils m'ont aussi élevé avec d'autres valeurs. » Cet occupant d'un nouveau genre fait partie de l'association américaine Ressources Generation, qui rassemble des jeunes gens fortunés autour de causes sociales. « L'argent n'achète pas tout. Il peut vous procurer la tranquillité d'esprit et les outils pour réaliser des choses, mais il ne peut offrir le talent, l'amitié, la joie, tout ce qui fait, selon moi, la richesse d'une vie. »

Intégration immédiate

Sur Dewey Square, il ne cache rien de son statut : « J'ai fabriqué des pancartes et des T-shirts qui indiquent que je fais partie des 1 %. Mais j'ai aussi dit que je soutenais tout à fait la cause des 99 %, que je dénonçais les injustices économiques, l'influence de l'argent sur le monde politique, et que je voulais être taxé davantage. » Autant dire que l'intégration a été immédiate. Si le camp de Dewey Square a été évacué le 10 décembre, Farhad Ebrahimi se sent toujours l'âme d'un Indigné.

« Pendant l'hiver, raconte-t-il, nous construisons une nouvelle stratégie et nous insistons sur la formation des équipes. Nous profitons du fait que nous n'avons plus à nous occuper de la logistique quotidienne pour développer une collaboration avec des organisations plus anciennes, qui militent depuis plus longtemps que nous sur les questions de d'égalité sociale et économique. Si nous revendiquons le fait d'être les 99 %, nous devons réunir toutes sortes de voix différentes. Vers quels genres d'actions allons-nous ? Occupation de lieux symboliques ? Rassemblement massif ? Obstruction de port, comme à Oakland ? Nous ne savons pas encore sous quelle forme, mais la dynamique va reprendre de plus belle au printemps. »

sudouest.fr

06h00 | Mis à jour 08h49n

Par Stéphanie Fontenoy, à Boston

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 18:41

| Par Edwy Plenel

2011 aura été une année d'immense bascule qui a renversé les certitudes les plus établies. Dans le monde arabe, des dictatures interminables se sont effondrées sous la révolte populaire tandis qu'en Europe, l'Union politique et monétaire est menacée dans sa survie. Des pouvoirs oligarchiques et des partis xénophobes y exploitent la crise financière afin d'attiser la peur et la haine. Qu'attendons-nous pour suivre l'exemple des peuples qui ont pris le risque d'écrire leur histoire plutôt que de continuer à la subir ?

Il y a exactement un an, le 31 décembre 2010, Mediapart donnait la parole à Stéphane Hessel qui nous offrait ses vœux de résistance pour 2011. Le succès de son libelle Indignez-vous ! ne faisait alors que commencer, et ne cessera de s'amplifier durant toute l'année et dans le monde entier, au point de donner naissance au mouvement des Indignés, ébauche d'une insurrection pacifique contre un ordre du monde injuste et dangereux.

 

 

« De quoi faut-il donc que ces jeunes s'indignent aujourd'hui ? s'interrogeait Stéphane Hessel dans ses vœux confiés à Mediapart. Je dirais d'abord de la complicité entre pouvoirs politiques et pouvoirs économiques et financiers. » L'année 2011 n'aura cessé de lui donner raison. En Europe, de la Grèce à l'Italie, les mêmes pouvoirs qui portent la responsabilité de la crise s'en sont saisis pour accentuer la dépossession démocratique, appliquant avec la promotion de gouvernements technocratiques liés aux oligarchies financières cette « stratégie du choc » décrite par Naomi Klein, où les peuples payent seuls la note des désastres du capitalisme (lire ici l'article de Jade Lindgaard).

Mais l'histoire n'est jamais écrite, toujours imprévisible dans ses tours et détours. Du moins si nous n'oublions pas que, hommes et femmes, nous en sommes les acteurs, producteurs tout autant que produits des circonstances historiques. C'est ainsi que l'appel à la résistance de Stéphane Hessel connut sa véritable réplique là où la plupart des observateurs ne l'attendaient pas. Lancé par l'exemplaire peuple tunisien, l'écho est venu de ce monde arabe qu'une Europe trop sûre d'elle-même et trop aveugle aux autres croyait condamné aux régimes autoritaires par crainte d'un islamisme diabolisé. « N'attendons pas. Résistons… », nous disait Stéphane Hessel, le 31 décembre 2010. Deux semaines après, le 14 janvier 2011, le dictateur Ben Ali fuyait la Tunisie pour se réfugier en Arabie Saoudite.

Quand, en 2009, était paru aux Éditions de l'Atelier Dictateurs en sursis, sous-titré Une voie démocratique pour le monde arabe, ce livre prophétique de l'opposant tunisien Moncef Marzouki, alors en exil forcé en France, Mediapart avait été parmi les rares à y accorder importance et crédit (lire ici l'article de Pierre Puchot). Aujourd'hui, depuis quelques semaines, Moncef Marzouki est président de la République tunisienne, premier président d'une République enfin libre qui invente avec précaution et prudence son futur démocratique. Et il était évidemment, autour de Stéphane Hessel et d'Edgar Morin, parmi les orateurs de la soirée de solidarité et de fraternité organisée à Paris par Mediapart, dès le 7 février 2011, pour saluer les révolutions arabes naissantes.

 

L'Europe, le monde et la philosophie du porc

Si nous avons d'emblée évoqué un « 89 arabe » (lire ici notre article), pronostic prolongé dans un livre de dialogue avec l'historien Benjamin Stora (lire là sa présentation), ce n'était évidemment pas pour annexer à un passé européen cette histoire inédite qu'inventent désormais, dans la diversité de leurs situations nationales, les peuples arabes. Cette résonance intellectuelle voulait surtout souligner que la séquence ainsi ouverte était de la même ampleur que ce printemps des peuples qui, sur le continent européen, à l'orée du dix-neuvième siècle, avait donné définitivement corps aux idéaux démocratiques, les projetant tout autour de la Terre. La démocratie comme idéal de liberté des individus, d'égalité des droits et de fraternité des peuples. La démocratie comme idée plus que jamais neuve.

L'onde de choc de 2011 n'en est qu'à ses débuts. Il y aura bien sûr des déceptions et des régressions, des défaites et des reculs, mais une nouvelle histoire s'est mise en mouvement où s'inventeront des solutions politiques inédites et s'instaureront des relations internationales nouvelles. Les manifestants russes qui, en cette fin d'année, se soulèvent contre cette imposture qu'est la « démocratie souveraine » poutinienne, confiscation oligarchique de la volonté populaire, prennent le relais des courageux Tunisiens. De même, l'accentuation récente de la répression des figures de la Charte 08 chinoise, ce manifeste dont la radicalité est simplement démocratique, montre bien le peu de confiance des dirigeants de Pékin dans leur propre système, sa solidité et sa crédibilité (écouter ici notre entretien avec le sinologue Jean-Philippe Béja).

La Charte 08 fut ainsi appelée par ses initiateurs chinois en référence à la Charte 77 tchécoslovaque. Vaclav Havel, qui en fut l'un des animateurs, est mort en cette fin d'année 2011 (lire ici l'hommage de François Bonnet), après une vie passée de la dissidence obscure à la présidence de la République tchèque, tout comme Moncef Marzouki, d'opposant exilé est aujourd'hui projeté à la tête de l'État tunisien. Prix Nobel de la paix en 2010, Liu Xiaobo a été condamné à onze ans de prison en 2009 sous le reproche d'être l'un des rédacteurs de la Charte 08. Il est donc depuis deux ans enfermé au secret pour un délit d'opinion : avoir simplement prôné une évolution pacifique de la Chine vers la démocratie.

 

Dans l'édition française des essais de Liu Xiaobo parue en 2011, avec en annexe le texte complet de la Charte 08, on retrouve intacte la colère d'un homme dont la dissidence fut simplement de refuser le mensonge et de vivre dans la vérité. « En Chine, pratiquement tout le monde a le courage de défier sans vergogne la morale, écrit-il. Tandis qu'on ne trouve presque personne qui ait le courage moral de défier la réalité sans vergogne. » Ce renoncement, cette abdication d'une liberté, celle de résister et de s'opposer, dont nous avons tous la charge, Liu Xiaobo l'appelle « la philosophie du porc ». Du porc qui se vautre dans la satisfaction immédiate de ses désirs et de ses envies, de sa seule survie à rebours de tout idéal.

Vaclav Havel avait préfacé ce recueil, évoquant ce « minimum moral, commun au monde entier, grâce auquel les citoyens de pays aussi éloignés et dissemblables que la Chine et la République tchèque peuvent aspirer aux mêmes valeurs, se solidariser et fonder ainsi des amitiés qui ne sont pas seulement pour la photo – des amitiés réelles ». Conseillant au dissident chinois de ne pas s'inquiéter de l'issue incertaine de son combat et, sait-on jamais, de ne pas exclure une victoire rapide, Havel ajoutait, en une forme discrète d'autocritique : « Ce serait magnifique si, dans votre action, vous arriviez à tirer la leçon des tâtonnements et des troubles que nos pays ont traversés après la chute du pouvoir communiste et à éviter ces accidents de parcours. »

Nous y voilà. Vingt ans après la chute de l'URSS, précédée de celle du Mur de Berlin, l'Europe contemple sa défaite. Du moins si l'on admet que l'Europe ici évoquée n'est ni une obligation géographique ni une contrainte économique, mais une volonté politique : une Europe dont la démocratie serait en quelque sorte la seule frontière. Tel était l'idéal originel, né dans les ruines d'un continent ravagé par les guerres, les nationalismes et les racismes, ce continent, et nul autre, où fut, hélas, inventée la barbarie au cœur de la civilisation. Or, tandis que les idéaux démocratiques sont portés, revigorés et réinventés, par des peuples qu'elle a longtemps ignorés ou méprisés, l'Europe semble se résigner à leur déclin.

Des peuples congédiés, des banquiers qui gouvernent, des travailleurs méprisés, des étrangers discriminés, des nations défiées, des haines attisées, des peurs suscitées, etc. : au risque de se répéter, tant le constat est désolant, Mediapart n'aura cessé en 2011 de chroniquer ce renoncement démocratique dont la crise financière fut l'accélérateur, devant des peuples pour l'heure impuissants à enrayer cette dérive. Et si dans cette histoire qui s'avance, inédite et incertaine, le retour de balancier était pour nous, Français et Européens soudain plongés dans une immense régression quand d'autres, sur tous les continents, s'inventent des futurs ? Serait-ce notre tour, après tant d'inconscience, d'arrogance et de démesure de nos élites dirigeantes, de vivre dans cette porcherie mentale que décrivait Liu Xiaobo ? De devenir spectateurs muets et silencieux, et par conséquent complices, d'une corruption générale de l'esprit public ?

La réponse ne dépend que de nous, et c'est évidemment non. Non, parce que nous ferons en sorte que ce ne soit pas. Parce que nous nous indignerons, parce que nous résisterons, parce que nous créerons. Nous, c'est-à-dire vous. Tel est du moins notre souhait et notre engagement pour 2012.

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