Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 16:15

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Savoirs

#NuitDebout : bientôt une bibliothèque et une « PirateBox »

Ce samedi 9 avril, le collectif SavoirsCom1 veut construire une bibliothèque place de la République à Paris. Il y sera aussi installé une PirateBox.

 
 

Ce samedi 9 avril, une bibliothèque éphémère devrait voir le jour place de la République à Paris (XIe), où est né le 31 mars le mouvement « Nuit debout ». C’est SavoirsCom1, un collectif consacré aux politiques des « communs de la connaissance », qui a lancé l’idée de créer une « BiblioDebout » sur la place.

« Radio Debout »
Le mercredi 6 avril, à l'heure de l'assemblée générale (18 heures) Radio Debout a émis pour la première fois place de la République, à l'initiative de passionnés de radio, techniciens, réalisateurs ou reporters. Elle est à écouter tous les soirs de 18 heures jusqu'à minuit sur la plateforme Mixlr.

« Tous les grands mouvements de protestation citoyenne par occupation des espaces publics ont eu leur bibliothèque », lit-on dans l’appel du collectif.

« Les Indignados espagnols avaient créé la leur sur la Puerta del Sol à Madrid ; sur la Place Taksim au Parc Gezi, les opposants d’Istanbul avaient eux aussi érigé une bibliothèque éphémère. Mais la plus célèbre est la “People’s Library” rassemblée par les participants du mouvement Occupy Wall Street.

Initiée le plus simplement du monde, par le don de quelques livres déposés sur un banc du Zuccotti Parc [parc situé à Manhattan, ndlr], cette bibliothèque du peuple a fini par compter plus de 5 000 ouvrages. Gérée comme un commun, chacun était libre d’y contribuer en apportant des livres et chacun pouvait venir y puiser en prenant des ouvrages selon ses besoins. »

Ils avaient été évacués par la police en novembre 2011 et la bibliothèque en très grande partie détruite.

 

Livres, tréteaux et bâches

Créer une bibliothèque éphémère à la Nuit debout, c’est aussi l’occasion de « mettre au cœur du débat et de l’action la question des communs et des communs de la connaissance », explique Thomas Fourmeux, membre du collectif SavoirsCom1 et assistant multimédia dans le réseau de bibliothèques d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

« Ce qui nous intéresse, c’est de gérer en commun une ressource, la partager et la diffuser. »

Ceux qui souhaitent participer à la construction de la bibliothèque éphémère place de la République, à Paris, sont invités à se rassembler samedi à 10 heures – les manifestants des autres villes en France sont appelés à créer eux aussi la leur (à Toulouse, une BiblioDebout est déjà en préparation).

 

La

La « People’s Library » du mouvement Occupy Wall Street, le 10 octobre 2011 à New York - SHOWALTER AARON/SIPA
 

Le collectif SavoirsCom1 propose à chacun d’apporter ses livres pour les mettre en partage mais aussi des tréteaux, des cartons, des bâches, des pancartes pour créer la bibliothèque, ainsi que « tout ce que vous jugerez utile pour la faire vivre ».

« Erigeons un Commun temporaire et mettons la connaissance au cœur de ce mouvement en train de naître en réaction aux abus répétés du pouvoir en place ! Que ces livres viennent nourrir les débats qui s’épanouissent sur cette place ! Qu’ils symbolisent notre volonté de participer à cet élan en nous réappropriant notre culture commune ! »

Réseau d’échange anonyme

En complément de la bibliothèque de papier, au moins une PirateBox devrait aussi être installée à BiblioDebout ce samedi matin : dans cet espace virtuel libre et anonyme, les manifestants pourront discuter avec les autres utilisateurs et déposer ou télécharger des fichiers (ouvrages, revues, musique, docus, films, etc).

« La bibliothèque éphémère a l’avantage de se voir, facilité par sa matérialité, et la dimension numérique fait écho au point de départ du mouvement, qui s’est fait notamment sur les réseaux sociaux », complète Thomas Fourmeux, qui installera la PirateBox samedi.

La PirateBox est composée d’un routeur Wifi, d’un dispositif de stockage d’information et d’une batterie. On peut s’y connecter depuis un smartphone, une tablette ou encore d’un ordinateur. N’étant pas reliée à Internet, elle constitue un réseau d’échange libre pour un coût de fabrication d’une cinquantaine d’euros environ. Thomas Fourmeux :

« On s’est posé la question : est-ce qu’on s’affranchit du Code de la propriété intellectuelle ou on reste dans la légalité ? Pour l’instant, on y déposera des œuvres dans le domaine public ou sous licence libre mais chacun sera libre d’y mettre ce qu’il entend, on ne censurera pas. »

Le principe de la PirateBox a été imaginé en 2011 par David Darts, professeur de technologie à l’université de New York, qui a déposé son invention sous licence libre.

Elle a été utilisée en France : dans le réseau de bibliothèques d’Aulnay-sous-Bois, par exemple, les usagers peuvent télécharger des œuvres sur une BiblioBox. A Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), des membres des Indignés du 63 ont développé en 2013 une « share box » (« ce nom fait moins peur aux gens »), un réseau Internet local qui permet d’échanger des fichiers anonymement, pendant une réunion ou une manif.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Repost 0
8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 15:31

 

 

 

#NuitDebout Nîmes

 

#NîmesDebout

 

« Nos rêves contre leurs privilèges ! »

 

 Samedi 9 Avril

 

Square de la Bouquerie - A partir de 16h

 

 

C'est la goutte d'eau…


Si le projet de « loi Travail » a tant mobilisé, c'est parce qu'en poussant toujours plus loin l'Injustice, il a fini par faire brutalement céder les dernières digues qui nous protégeaient, encore à peine, de l'Insupportable.

Nos gouvernants, enfermés dans leur obsession de perpétuer un système à bout de souffle, ont œuvré consciencieusement depuis 30 ans, dans une unique direction :

Les « réformes », toujours plus rétrogrades -puisque désespérément conformes à la logique néolibérale- se sont succédé les unes aux autres…

Le résultat est là ! Quantifiable, factuel, sans appel :

Tous les pouvoirs ont désormais été cédés aux actionnaires et aux patrons, ces privilégiés qui accaparent les richesses collectives !


Ce système nous est imposé, gouvernement après gouvernement, détruisant lentement les dernières traces de Démocratie subsistant encore. Le projet de loi Travail pourrait bien être retiré, et Valls sauter avec, nous ne rentrerons pas chez nous pour autant : ce monde qu'ils construisent avec acharnement contre nous, nous n'en voulons pas ! Un élan populaire est en train de naître. Lycéen-ne-s, étudiant-e-s, salarié-e-s (syndiqué-e-s ou non), chômeurs en colère, discriminé-e-s en tout genre, syndicalistes réprimé-e-s, paysan-ne-s et écolos zadistes, ça fuse de partout et c'est beau à voir !


La démocratie ne se décrète pas, elle ne se consomme pas. Elle se fait.

Face aux diktats et aux décrets c'est donc partout et surtout localement que nous devons porter nos espoirs avec résolution et fermeté. Des solutions existent, nous avons des sources d'inspiration, des idées, des expériences, des savoirs et des savoir-faire, de l'énergie, de la bienveillance et de la joie. Ce tournant est à notre portée !

Au-delà de leur opposition à la destruction du Code du Travail, nous invitons à nous rejoindre le 9 avril tous ceux qui aspirent à construire en commun un projet politique ambitieux, progressiste et émancipateur.

Le samedi 9 avril (#40mars) on se pose, on discute et on décide ensemble des actions à mener pour faire de la Nuit Debout le début d'un mouvement à la hauteur des enjeux.


Au programme : Assemblée, informations sur les luttes locales, animation, projections vidéos, atelier panneaux et plein de surprises.

Amenez l'apéro, le pique nique, les feutres, papiers, cartons, instruments de musique, bonne humeur …

sur Facebook : https://www.facebook.com/NimesDebout/

sur Twitter : @NîmesDebout

par mail : nuitdeboutnimes@gmail.com

Source : https://www.facebook.com/events/2218232648399
Source : message reçu le 5 avril 01h

 

 

 

A PARTIR DE 16H

ON SE RASSEMBLE SQUARE DE LA BOUQUERIE

POUR INVENTER LA SOCIETE DE DEMAIN

 

 

La loi travail a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de notre indignation.

A la suite de la mobilisation en ligne derrière le mot d’ordre #OnVautMieuxQueCa

et dans l’effervescence créatrice provoquée par le film Merci Patron,

un collectif de citoyens ouvert, déterminé, joyeux et pragmatique s’est formé.

A la convergence des luttes sociales et écologistes puis de la mobilisation étudiante,

notre mobilisation vise d’abord à rassembler et à libérer une parole citoyenne

inaudible dans les cadres étriqués de la représentation politique traditionnelle.


Pour passer du clavier au pavé, nous avons décidé d’occuper pacifiquement des places

publiques. La #NuitDebout est née d’un pari fou auquel le nombre a donné raison.

Nourris des expériences citoyennes des indignés, d’occupy et des printemps arabes,

nous construisons une dynamique horizontale, non-violente et créative.


Toutes les conditions sont réunies pour que s’accomplisse enfin un véritable renouvellement

démocratique conçu collectivement par des citoyens jusqu’ici résignés et écœurés.

Partout en France, des initiatives bourgeonnent spontanément, voulues par des citoyen-ne-s

désireux de reprendre en main leur présent et leur futur.


La Nuit Debout ne fait que commencer

 

 

Repost 0
7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 17:06

 

Source : http://reporterre.net

 

 

La Nuit debout devient un succès populaire

6 avril 2016 / Barnabé Binctin et Marc Sautelet (Reporterre)
 


 

Les jours passent, et la place de la République ne désemplit pas. Pour ce « mardi 36 mars » — soit le 6e jour après la date fondatrice du mouvement, le 31 mars — ils étaient même encore plus nombreux à se réunir, à partir de 18 h. Récit de l’AG — qui a adopté l’idée de faire de la langue des signes une langue officielle —, alors que la Confédération paysanne va rejoindre le mouvement.

 

- Paris, reportage

Clément et Thomas, qui se présentent comme la « génération CPE », sont venus par « curiosité intellectuelle » : « Cela fait 5 jours qu’on en entend parler, alors on est venu voir par nous-mêmes », expliquent-ils.

Même son de cloche du côté d’Hugo, étudiant : « En classe, tout le monde ne parle que de ça ! » La curiosité, c’est aussi ce qui a motive Éric à se rendre sur place, directement à la sortie du travail, en costume : « Je n’ai pas bien compris d’où partait ce mouvement, mais c’est intéressant », explique ce conseiller en développement durable. Pour lui, la place de la République devient un lieu de contestation, après les événements d’Alternatiba en septembre et les manifestations de la COP 21 auxquels il a participé.

Laura, elle aussi habituée des mobilisations sociales, dit découvrir une nouvelle ambiance à travers cette Nuit debout : « Cela fait plaisir de voir tout ce monde ensemble, dans le calme et la bonne humeur. » Pour Tom, « d’habitude, la lutte, je m’en sens proche sur internet, c’est facile d’être d’accord avec les publications sur les réseaux sociaux. C’est beaucoup plus rare et fort en vrai ».

 

 

Pierre, de son côté, est presque déjà un habitué, après y avoir passé une partie de son week-end. Doctorant, il insiste sur le talent de communication des initiateurs du mouvement : « Ils ont réussi à donner une image très ouverte, où chacun se sent à l’aise. ». Dimanche soir, il est de ceux qui ont commencé à suivre l’Assemblée générale (AG) sur l’application Périscope. Avant d’enfourcher son vélo pour rejoindre la place : « Des AG d’étudiants, j’en ai fait et refait. Mais celles-ci sont marrantes, elles parviennent à transcender les organisations classiques. »

Car au même moment, à partir de 18 h, l’assemblée « citoyenne et populaire » a commencé avec une foule dont les rangs se sont gonflés au fur et à mesure que la nuit tombait, jusqu’à atteindre plus d’un millier de personnes, assises sur la place.

Pourtant, ce moment d’échange crucial, au cœur de la démocratie participative, aurait pu ne pas avoir lieu. En cause, l’information qui circule sur l’interpellation des 130 lycéens en marge du cortège parisien, plus tôt dans l’après-midi, et dont certains seraient toujours enfermés au commissariat.

On discute, on vote pour savoir s’il faut aller sur place et appeler à leur libération. La décision est finalement laissée libre à chacun et l’AG démarre normalement. Même si la question du soutien aux lycéens reviendra tout au long de la soirée, montrant la tension constante entre la nécessité du débat démocratique, de proposer un système à mettre en place et l’urgence de l’action.

Cette assemblée, qui rassemblait de nombreux nouveaux venus, permettait de faire un état de lieux du travail des commissions et d’étendre la convergence des luttes, avec par exemple la présence de migrants et de réfugiés.

 

 

À l’ordre du jour, donc : un point sur les derniers jours, la question des réfugiés à Paris, un récapitulatif sur les commissions de travail pour finir par un temps de parole, libre mais encadré vu le nombre de personnes (2 à 3 minutes maximum pour chacune).

La parole est d’abord donnée aux personnes qui sont là depuis le jeudi 31 mars, pour témoigner du mouvement. Certains parlent de l’importance de repartir vers des luttes existantes pour ne pas créer un énième mouvement. Ainsi, Malika, 55 ans, rappelle que « ce qui nous a réuni, c’est la loi El Khomri et qu’il faut garder ça en tête ».

La présence de réfugiés vient briser la relative homogénéité sociale des intervenants. Mohammed vient du Soudan et dormait porte de La Chapelle avec d’autres réfugiés, où ils sont chassés tous les jours par la police. Son récit symbolise la convergence des luttes souhaitée par nombreux, afin d’éviter l’entre soi. Pour Moussam, ce point est stratégique : « Il faut inscrire à l’agenda les revendications des plus faibles d’entre nous : les migrants, les femmes, les noirs et les arabes. »

D’ailleurs, Nuit debout apporte un sentiment de sécurité aux migrants qui y passent la nuit. Icham explique qu’à « 5h du matin, il ne reste plus personne sur la place, à part les réfugiés. C’est là que j’ai compris pourquoi on était sur cette place. Parce qu’ils se sentent protégés, donc il faut continuer l’occupation de la place. »

 

 

Or, officiellement, l’autorisation de l’occupation de la place s’arrête à minuit. Certains appellent dès lors à une occupation 24h/24 du lieu. « Si on veut protéger les plus faibles, c’est en restant sur cette place. Les CRS sont moins nombreux que les Parisiens jusqu’à preuve du contraire », lance une jeune femme. En 2011, les Indignados n’avaient pas non plus le droit de rester mais c’est leur nombre qui leur a donné raison, enchaîne une dame. Pas de vote finalement sur cette question de l’occupation de la place de la République, mais un appel à apporter sa tente et à donner un coup de main à la commission logistique, que la fatigue guette.

 

Faire de la langue des signes une langue officielle !

Actions, communication, assemblée et modération, logistique, animation et enfin coordination : les commissions sont donc au nombre de six. Chaque « référent » vient expliquer le travail déjà effectué par chacune : diffusion d’un communiqué de presse international, organisation de l’accueil... Les interventions sont ponctuées de temps de parole qui débouchent parfois sur des propositions concrètes. Celles-ci sont ensuite débattues puis votées par l’assemblée, quitte à parfois enfoncer des portes ouvertes : qui est pour la régularisation des sans-papiers et des migrants ? Qui est contre les violences policières ? Mais aussi avec des surprises, comme quand Philippe, très ému, s’exprime en langue des signes devant la foule à l’aide d’un interprète. Il vient rappeler que la langue des signes n’est pas reconnue et demande son ajout comme langue officielle dans le cadre d’une VIe République. Une foule de mains s’agitent en l’air pour soutenir cette proposition. La convergence des luttes passe aussi par d’autres modes d’expressions....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

 

Repost 0
5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 16:20

 

Source : http://reporterre.net

 

 

La Nuit debout : de plus en plus de monde pour inventer la démocratie

4 avril 2016 / Marie Astier et Hervé Kempf (Reporterre)
 

 

 

 

« Dimanche 34 mars », place de la République à Paris. Ici, depuis le jeudi 31 mars, un nouveau temps a commencé. Depuis trois nuits, et trois jours, quelques milliers d’utopistes dorment, débattent, s’organisent et se relaient pour penser et porter un autre monde.

 

- Paris, reportage

L’occupation de la place a été lancée à la suite de la manifestation contre la loi Travail — la loi El Khomri. Malgré la pluie, ce soir là, près de 4.000 manifestants sont restés réunis pour la première « Nuit debout ». Certains dorment sur place. Chaque matin à l’aube, les policiers viennent évacuer les lieux. Chaque après-midi, les tentes sont remontées, les scènes reconstruites, le matériel réinstallé, les bâches retendues. Et chaque jour, les participants sont un peu plus nombreux.

Ce dimanche 3 avril, le soleil a enfin montré ses rayons, rappelant que le printemps est là, prêt à accompagner ce mouvement de renouveau. Au dessus de quelques palettes qui ont permis de monter un guichet, une banderole « Accueil » appelle le visiteur. Ici, chacun fait la queue pour proposer de participer à la commission Démocratie, Restauration (pour les repas), Sérénité (pour assurer la sûreté des lieux), Logistique ou encore Communication. L’organisation s’inspire notamment de celle des Indignés espagnols.

 

 

Entre les deux allées de tentes, un grand cercle s’est formé autour du premier cour de sociologie de l’université populaire. Sous une bâche, la commission Démocratie se demande comment s’organiser sans hiérarchies. Plus loin, au pied de la statue de la République, la commission Communication parle réseaux sociaux.

 

JPEG - 263.7 ko
Comment s’organiser sans hiérarchie ?

Le mot d’ordre de tous, c’est la « convergence des luttes », mais sinon, il n’y a pas de revendications communes encore bien définies. L’idée générale est de « repenser le système ». Florient porte un petit carré rouge sur le blouson : « Certains essayent de lancer ça comme signe de ralliement, comme pour la mobilisation au Canada. Ce qui me plairait c’est que les gens se rendent compte qu’on ne vit pas dans une démocratie aujourd’hui, que la constitution ne défend que certaines personnes. »

 

JPEG - 148.1 ko
Florient : « Ce qui me plairait, c’est que les gens se rendent compte qu’on ne vit pas en démocratie »

Marine, elle, « a été touchée par la mobilisation du collectif #OnVautMieuxQueÇa », qui a lancé la mobilisation contre la loi Travail. La jeune prof revient sur la place tous les jours depuis jeudi : « J’ai surtout aimé l’idée qu’on diseOK, c’est bien de s’opposer mais maintenant si on se rassemblait tous et qu’on discutait de ce que l’on a envie de créer ensemble’  ? »

« On est gouverné par une élite, le but, c’est de remettre en cause le système qui nous gouverne », complète Thomas. Ce grand barbu a, par exemple, participé à la commission Logistique. « Ce qui m’a plu, c’est que ça a donné quelque chose de cohérent sans qu’on ait besoin d’une organisation verticale », raconte-t-il. Dans le même groupe d’amis, Marion confirme : « Je crois qu’il y a un ras-le-bol général, je crois que les gens en ont vraiment marre de la façon dont on est gouvernés. Il y a des gens, je crois qu’ils ne savent même pas pourquoi ils sont là, mais ça leur fait du bien, ils ont juste besoin que ça change. »

 

JPEG - 244.9 ko
Anthony, Marion, Marine, Thomas : « C’est bien de s’opposer. Mais si on discutait de ce qu’on a envie de faire ensemble ? »

C’est finalement un peu le cas d’Anthony, toujours dans le même groupe d’amis. « Cela fait plusieurs mois et même années, que j’ai l’impression qu’il y a un réel problème de démocratie, que nos politiques ne représentent plus ce qu’il se passe sur le terrain, explique-t-il. Cela m’énerve beaucoup et ici, je peux échanger avec les gens, pour essayer de faire avancer les choses. Pour cela je reviendrai demain, et mardi, et mercredi, et au-delà. »

Pour Jocelyn, qui est venu tous les jours depuis le début, l’essentiel est... de parler, que tout le monde se parle :

- Ecouter Jocelyn :

 
 
 
 
 

18 heures, c’est l’heure de l’assemblée générale (AG) quotidienne. Les personnes présentes s’assoient au pied d’une petite scène équipée d’une sono. Le cercle s’étend, jusqu’à faire peut-être une centaine de mètres de diamètre. Une personne qui compte depuis la tribune annonce 2.000 personnes.

Pour les nouveaux venus, on révise les codes pour s’exprimer en assemblée : mains en l’air pour approuver, en croix pour dire non, qui moulinent pour dire à celui qu’il parle qu’il se répète, etc.

 

JPEG - 49.3 ko
Les codes des mains pour s’exprimer dans une AG nombreuse

Puis on cherche des volontaires pour animer l’AG, notamment pour passer le micro et organiser les prises de parole. Chaque commission a un porte-parole qui vient rendre compte de son travail. Tout se mélange un peu. D’un côté l’organisation pratique de la lutte -comment gérer la cuisine, peut-on vendre de l’alcool, besoin de monde pour la commission Logistique, appel aux musiciens pour la programmation musicale des soirées. Et de l’autre, l’organisation démocratique : comment organiser les votes, comment faire tourner les responsabilités pour qu’un petit groupe de coordinateurs ne devienne pas de fait le « gouvernement » du mouvement ?

Les prises de parole se succèdent rapidement, la file d’attente s’allonge. Les discours et les propositions fusent. Frédéric Lordon propose de « rédiger une nouvelle constitution ! »

- Ecouter Frédéric Lordon :

 
 
 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

Repost 0
4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 15:47

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

#NuitDebout : le retour des indignés ?

Chercheur au Collège d'Etudes Mondiales, Paris, Université Catholique de Louvain. Sociologie, FNRS-Université de Louvain, Président du RC47 "Mouvements sociaux", Association Internationale de Sociologie. 

Avec l’initiative de la « Nuit debout », un groupe de citoyens autour du magazine Fakir et de l’économiste Frédéric Lordon a ouvert un espace qui a permis aux citoyens d’échanger, d’exprimer leur indignation, de rêver ensemble à un autre monde et à une « convergence des luttes » qui reste à construire.
 
Bertrand Combaldieu/AP/SIPA
 

Début mars encore, le mouvement contre le CPE (Contrat Premier Embauche) de 2006 s’imposait comme le référent à l’aune duquel penser et évaluer le début de la mobilisation des jeunes contre la loi du travail. Comme il y a 10 ans, le projet de loi contesté se propose de flexibiliser le marché du travail. Le référent est d’autant plus prisé que ceux qui manifestent aujourd’hui espèrent avoir le même succès que leurs prédécesseurs dix ans plus tôt qui avaient obtenu le retrait du projet de loi.

Depuis le début du mouvement, un autre référent s’impose bien davantage lorsqu’on prête l’oreille aux interventions dans les AG étudiantes et en discutant avec les jeunes manifestants : les mouvements des indignés et d’Occupy du début des années 2010. Il est devenu explicite avec les « Nuits debout » qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes sur la Place de la République.

Dès la fin février, tous les ingrédients semblaient réunis pour que surgisse un « mouvement des indignés à la française », semblable à ceux qui ont marqué le printemps 2011 dans la péninsule ibérique et qui continuent de transformer l’Espagne et le Portugal. Avec l’initiative de la « Nuit debout », un groupe de citoyens autour du magazine Fakir et de l’économiste Frédéric Lordon a ouvert un espace qui a permis aux citoyens d’échanger, d’exprimer leur indignation, de rêver ensemble à un autre monde et à une « convergence des luttes » qui reste à construire.

 

La loi travail, un formidable élément déclencheur

Une frustration latente ne suffit pas à déclencher de grandes mobilisations. Un élément déclencheur est nécessaire. Une « étincelle » qui va mettre le feu aux poudres et donner le timing d’une première séquence de la mobilisation. Dès début mars, il était clair que la n’était pas le cœur du problème pour nombre de manifestants et pour les jeunes lycéens, et de nombreux citoyens mobilisés en dehors des organisations syndicales.

 

 

L’avant-projet de loi est devenu cette étincelle indispensable pour initier une mobilisation, dont les causes et revendications sont bien plus profondes. Il est à la fois « la goutte qui fait déborder le vase » pour des citoyens indignés et une revendication claire et largement partagée qui facilite l’extension du mouvement au-delà des cercles militants, la convergence avec des organisations et les syndicats et une visibilité dans les mass media. C’est aussi autour de cette loi que s’établit un premier calendrier de mobilisations avant que le mouvement ne soit capable de trouver sa propre temporalité. Aussi, comme le déclarait Frédéric Lordon à la tribune de la première « Nuit debout » le 31 mars :

"On ne remerciera jamais assez la loi El Komri de nous avoir sorti de notre sommeil politique."

 

Une rapide montée en généralité

Ce qui distingue les mouvements sociaux d’autres mobilisations est d’être centré sur un autre projet de société bien plus que sur une revendication spécifique. Dès les premières convocations étudiantes et lycéennes pour la manifestation du 9 mars, la « loi travail » apparaissait comme l’opportunité de manifester son indignation plus que sa cause centrale. Dans les cortèges, les manifestants se disent surtout « déçus par la gauche ». C’est « contre la politique du gouvernement » et non autour de ce seul projet de loi que les tracts des collectifs étudiants appelaient à manifester le 9 mars.

En la qualifiant de de loi « Gattaz-Hollande-Valls-Macron-EL Komri », les étudiants renvoient à la collusion entre les élites économiques et politiques, qui étaient au cœur des dénonciations des mouvements indignés et Occupy en 2011. Ils rejoignent beaucoup de militants et d’intellectuels engagés de la « gauche de la gauche » (, 2016) ou de la « gauche du PS », notamment ceux qui ont co-signé la tribune de Martine Aubry pour lesquels cette loi vise moins à créer des emplois qu’à accentuer les inégalités et fustigent la dérive sociale-libérale du gouvernement.

 

Les impasses de la politique institutionnelle

L’absence d’alternative du côté de la politique institutionnelle rend le contexte particulièrement favorable au passage d’une mobilisation contre un projet de loi à un mouvement du type « indignés », qui souligne à la fois les impasses de la politique institutionnelle et propose une démocratie plus participative, centrée sur les citoyens plutôt que sur l’État et les élites politiques. Les citoyens se reconnaissent de moins en moins dans les élites politiques françaises et européennes. Le régime leur apparaît comme une « démocratie sans choix », où voter pour le Parti socialiste ou pour Les Républicains ne change guère les politiques sociales et économiques. Après la loi Macron, le débat sur la déchéance de la nationalité est venu renforcé cette conviction.

 

 

En 2011, c’est ce même constat de deux « partis de gouvernement » aux politiques très semblables et de l’absence d’alternatives satisfaisantes dans l’arène électorale qui était à l’origine du « mouvement du 15 mai » (que les journalistes français ont appelé « les indignés ») en Espagne. Alors que le terrain semblait fertile pour la gauche de la gauche, les écologistes comme le Front de gauche sont minés par les dissensions internes. Ce triste panorama conduit de nombreux Français – notamment parmi les jeunes – à choisir le Front national. Pour les citoyens progressistes, exprimer sa désapprobation dans les rues et construire « une autre politique » sur les places semble la seule option. Dans la « Nuit debout » comme lors des campements indignés, il s’agit avant tout de « se reprendre en main en tant que citoyens » et de remettre en cause la centralité de la démocratie représentative.

 

Une jeunesse sans avenir ?

Bien que dans des proportions différentes, la conjoncture économique difficile et le chômage massif des jeunes est un autre point commun entre le contexte de 2011 dans la péninsule ibérique et la France de 2016.

Alors que François Hollande annonçait que « la jeunesse » serait une priorité de son mandat, les jeunes se sentent délaissés et peu écoutés et malmenés. Le paru ce 31 mars ne leur donne pas tort : « Les dépenses publiques sont concentrées sur les âges élevés » : 23,3 % des 18-24 ans vivaient sous le seuil de pauvreté en 2012 (contre 17,6 % en 2002), 23,4 % des 15-24 ans sont au chômage et, comme le résume (Le Monde), « Pauvreté, chômage, niveau de vie : la situation des jeunes se dégrade par rapport aux autres tranches d’âge ». La « génération précaire » est la première victime de la concentration croissante des richesses et de la flexibilisation du marché du travail.

Plus encore que leurs conditions de vie actuelles, c’est le sentiment d’être « privés de leur avenir » qu’expriment les jeunes dans les manifestations, sur la Place de la République et sur les réseaux sociaux (#onvautmieuxqueca) : « Le gouvernement veut nous faire croire que nous n’avons pas d’autre choix qu’un avenir précaire. Et c’est ça que nous refusons ». Au Portugal puis en Espagne, les collectifs « jeunes sans futur » ont été à l’origine de l’occupation des places en 2011. Cinq ans plus tard, en France, c’est encore leur droit à dessiner un autre avenir qui est en jeu.

Les réseaux « Jeunes sans avenir » étaient à l’origine des mouvements des indignés au Portugal puis en Espagne. Si les mouvements des indignés et celui des « Nuits debout » ne sont pas des mouvements spécifiquement jeunes, les jeunes en sont l’une des forces vives. Dans ces mouvements, ils se construisent et s’affirment en tant qu’individu, que jeunesse et qu’acteur de la démocratie dans leur volonté de penser le monde autrement. Comme le résume un tweet : « Nous avons besoin de penser la société de demain, avec humanisme, liberté, égalité, fraternité ».

 

Infrastructures de la mobilisation : Réseaux militants et timing étudiant

Si l’indignation et l’envie d’un autre monde sont au cœur des mouvements sociaux, les mobilisations dépendent aussi d’une « infrastructure » qui facilite leur émergence. De ce côté également, tous les signaux sont au vert pour un printemps animé en France.

Le timing semble parfait du côté des étudiants et des lycéens. Le gouvernement ne pouvait choisir une meilleure date pour médiatiser cet avant-projet de loi fin février. Au début du second semestre, les réseaux personnels et militants sont bien construits. Les 6 à 8 semaines qui séparent l’annonce du pré-projet de loi par la ministre et les prochaines vacances laissent le temps au mouvement de monter en force, d’autant que les examens de fin d’année sont encore loin. C’est d’ailleurs à cette même époque qu’avaient surgi mai 68, la mobilisation contre le CPE en 2006 ou le mouvement des indignés en Espagne cinq ans plus tard.

Comme pour chacun de ses prédécesseurs, l’émergence de ce mouvement n’est pas aussi spontanée qu’elle n’apparaît dans la presse. Les mobilisations autour de la COP, contre l’État d’urgence ou pour défendre Notre-Dame des Landes ont permis de construire de solides réseaux et, pour les plus jeunes, des expériences militantes. Un collectif préparait depuis trois semaines la « Nuit debout » du 31 mars, notamment autour de la revue Fakir et de l’économiste Frédéric Lordon. Ces « entrepreneurs de la mobilisation » ont joué un rôle crucial pour créer l’espace dans lequel peut ce mouvement peut s’épanouir. Les tentes du collectif « Droit au Logement » légalement installées sur la Place de la République sont fort utiles à l’occupation de la place et quelques appuis discrets du monde syndical ou associatif ont grandement facilité l’organisation logistique du mouvement citoyen.

 

Un mouvement différent ?

Va-t-on pour autant vers une reproduction du mouvement des indignés ? La « Nuit Debout » en emprunte les codes et certains propos, mais le mouvement devra aussi trouver sa propre voie, à la fois parce que le contexte politique est désormais marqué par la sécurité et la montée des idées et partis d’extrême droite et parce qu’il doit tenir compte de ce que sont devenus les « mouvements de 2011 ».

L’enthousiasme international du début des années 2010 pour les mouvements démocratiques dans le monde arabe et la défense de la démocratie dans le monde occidental paraît bien loin. Le climat est désormais bien plus pesant, marqué par le terrorisme, l’état d’urgence et des partis et valeurs d’extrême-droite, qui séduisent notamment de nombreux jeunes. En France et en Europe, la guerre contre le terrorisme est au sommet des agendas politiques. La Place de la République, où se réunit le mouvement du 32 mars, est au cœur du quartier marqué par les attentats du 13 novembre et en héberge le mémorial citoyen. Avec l’État d’urgence, la répression ne se limite pas aux terroristes potentiels. Des musulmans et des jeunes sont régulièrement brutalisés par la police et certaines manifestations lycéennes ont été violemment réprimées. Les forces de l’ordre ont profité de l’état d’urgence pour assigner à résidence des militants écologistes pendant la COP 21 et bénéficient d’un arsenal de moyens pour réprimer les mobilisations sociales.

D’autre part, si les campements des indignés et d’Occupy font partie de l’ADN du « mouvement de 32 mars » français, c’est aussi le cas de ce que sont devenus les acteurs qui ont porté ces mouvements en Espagne, en Angleterre ou aux États unis. Le projet de la « Nuit Debout » s’appuie sur cet héritage, mais doit également se réinventer pour tenter de dépasser certaines limites de ces prédécesseurs. Les exigences d’horizontalité et la volonté de créer une démocratie participative en dehors des sentiers de la politique institutionnelle ont confronté les acteurs des mouvements des places aux limites des mouvements faiblement structurés. Comme le résume Lilian Mathieu dans dans son analyse des convergences militantes en France, ces mouvements ont "une grande capacité à impulser des mobilisations mais sont inaptes à les clore, puisqu’ils ne peuvent négocier et signer des accords de sortie de conflit et ne jouissent pas de la légitimité que fournissent les mécanismes d’élection et de représentation."

Est-il possible de « changer le monde sans prendre le pouvoir », à partir de ses propres pratiques et de la vie quotidienne, ou faut-il au contraire « occuper l’État » et entrer dans la joute électorale pour ne pas laisser la place à ceux qui sont dénoncés par les mouvements ?

Certains activistes des mouvements de 2011 ont décidé de franchir le pas et de s’engager dans l’arène de la politique institutionnelle. En 2011, les indignés espagnols et les collectifs « Occupy » rejetaient clairement ces possibilités. Depuis, certains ont été à l’origine des succès électoraux de Jeremy Corbyn, triomphalement élu à la tête du parti travailliste anglais à l’automne 2015 et de Bernie Sanders, au cours de l’investiture démocrate aux États-Unis. L’émergence du parti « Podemos » en Espagne est à la fois la suite et l’inversion du mouvement des indignés. Il montre que des débouchés politiques sont possibles, mais en passant « de , Pablo Iglesias et ses collègues ont aussi trahi certaines des valeurs fondatrices, comme le refus des leaders, la primauté de la dynamique citoyenne ou la participation du plus grand nombre aux décisions.

Ailleurs, après un début de décennie marqué par les espoirs d’une jeunesse qui descendait d’en les rues pour réclamer plus de en s’appuyant notamment sur la culture et les pratiques des mouvements , leurs mouvements ont eu à faire face au rapport de force avec les acteurs de la politique traditionnelle. Dans de nombreux pays, et particulièrement en Turquie et en Égypte, les acteurs des « mouvements des places » sont aujourd’hui victimes d’une répression violente.

Le « mouvement du 32 mars » qui a émergé ce week-end devra inventer sa propre voie et construire à la fois sur les succès et sur les limites de ses prédécesseurs. Sans préjuger de l’avenir de ces mobilisations, parvenir à rassembler des milliers de citoyens de toutes les générations et réaffirmer qu’un « autre monde est possible » et qu’il existe des alternatives progressistes centrées sur la démocratie, la justice sociale et la dignité constitue déjà un succès considérable dans un contexte pesant marqué par es régressions sociales et le contexte pesant de l’état d’urgence.

 

The Conversation, Sociologie, FNRS-Université de Louvain, Président du RC47"Mouvements sociaux", Association Internationale de Sociologie. Chercheur au Collège d'Etudes Mondiales, Paris,
La de cet article a été publiée sur .

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Repost 0
3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 14:08

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/benjamin-sourice

 

 

Nuit debout, le rêve éveillé d'une convergence des luttes

 

 

Le mouvement Nuit debout, né le 31 mars à des manifestations contre la loi travail, a professé de ne plus se coucher face au pouvoir et le « rêve général » a été décrété pour une durée illimitée. Dans plusieurs villes, en particulier à Paris place de la République, des occupations et assemblées populaires appellent à penser et réaliser la convergence des luttes, un vaste chantier porteur d'espoir.
Rêve général sur la Nuit debout © Stéphane Burlot / Hans Lucas Rêve général sur la Nuit debout © Stéphane Burlot / Hans Lucas

 

Pincez moi, je crois rêver, les jours passent et le soleil ne se couche pas sur la Nuit debout. Ils ne voulaient pas rentrer chez eux après les manifestations du 31 mars contre la loi travail, et voilà qu'une brèche temporelle s'est ouverte : ce n'était pas un poisson d'Avril, nous voici déjà le 34 mars du calendrier lunatico-révolutionnaire. Le vieux temps politique, des divisions et polémiques stériles, s'est arrêté dans cet espace émancipé des contraintes d'une réalité devenue depuis trop longtemps synonyme de frustration. L'ambiance est désormais au « Rêve général », au désir puissant d'avenir, subversion terrible dans cette époque de peurs.


A travers l'occupation de places publiques, en particulier à Paris à l'emblématique République, un mouvement transversal composé d'atomes d'organisations, de particules de militants et d'électrons follement libres ont décidé de fusionner, de converger, dans une explosion de joie. L'expérience est si chaleureuse qu'elle permet de braver le froid jusqu'au matin ; malheureusement, le petit déjeuner des occupants est invariablement gâché par ceux venus étouffer le feu sous leurs bottes. Au troisième jour, les occupants ont pu rester place de la République à Paris, mais la nuit fut agitée suite à des tentatives déjouées d'infiltration des assemblées par la mouvance d'extrème droite du 14 Juillet.


Un tag inspiré dans la faculté occupée de Tolbiac Paris I professait « Où disperserons nous les cendres du vieux monde ? » Peut-être qu'à l'image de l'occupation Nuit debout, qui reprend place depuis trois jours, ce seront les étincelles sauvées du petit matin qui viendront rallumer la flamme chaque soir, le vent de révolte se chargeant de la propager au reste du pays…


Le rêve brisé du capitalisme low-cost

Il n'y a pas à dire, « leurs nuits sont plus belles que vos jours », ces jours maudits d'angoisse, de crise et de division. Le pauvre a peur de perdre son toit, le travailleur de perdre son emploi, le riche de se faire redresser pour deux lingots planqués en Suisse… Pendant ce temps, les maîtres, l'oligarchie des ultra-riches et des puissants, bref, les fameux « 1 % », tremblent d'une excitation coupable de s'être emparés de toutes les richesses, d'avoir transformé la beauté du monde en une vulgaire fiction comptable, succession minable de zéro. Le paradis est désormais fiscal, mais l'enfer bien réel pour les pauvres, « cette moitié de la population mondiale qui ne dispose que de 0,5 % de cette richesse » selon l'ONG Oxfam. Tous les autres sont condamnés au purgatoire par ces maîtres sans justice ni grandeur, ces « tyrans qui ne sont grand que parce que nous sommes à genoux » disait déjà le jeune Étienne de La Boétie. Que diraient aujourd'hui les jeunes Bergson violentés et les autres ? Peut-être que la servitude qui leur est proposée comme unique horizon n'a plus rien de volontaire…

 

classe-dominants-page-001 © Collectif les Engraineurs, pour 20.000 Luttes classe-dominants-page-001 © Collectif les Engraineurs, pour 20.000 Luttes

 

 

 Quand Macron encourageait les jeunes à rejoindre le club des milliardaires, il était plus réaliste que provocateur ; l'avenir est à ce point binaire pour la jeunesse : smicard pour les chanceux ou richard pour les teigneux. Malheureusement pour la classe dominante, le petit confort made in China dans un 20M² ne se vend plus aussi bien que la maison promise à nos parents, la pub kitsch du capitalisme low-cost se déchire avant même que le crédit ne soit remboursé. Dans ce paradis en perdition, il semblerait que le rite d'initiation de l'adulte soit de s'enferrer dans les dettes, chaînes qui tintent au tour du cou de ceux qui marchent la tête courbée et douloureuse.

Il y a tout de même quelque-chose d'incongru à supplier à genoux de tels vendeurs de pacotilles, aussi radins que mesquins, n'en convenez vous pas ? Ainsi, les participants de l'occupation ont pris le parti de ne rien revendiquer, ne pas quémander et de ne jamais se coucher. Frédéric Lordon explicitait pleinement cette ambition dans le seul et unique discours du mouvement le 31 mars : « Merci El Khomri, Valls et Hollande, pour nous avoir enfin ouvert les yeux et fait apparaître qu’au point où nous en sommes, il n’y a plus rien à négocier, il n’y a plus rien à revendiquer. [...] Pour notre part, nous sommes maintenant bien décidés à emprunter une autre voie. La voie qui révoque les cadres, les rôles et les assignations. La voie du désir politique qui pose et qui affirme ! »

Quand il n'y a rien à perdre, tout est gagner, et ainsi le désespéré finit par s'affranchir de ses peurs. Ainsi, les occupants s'enhardissent au point de « vouloir tout, prendre tout, et ne rien leur laisser » mais, tout cela, il faudra l'arracher et pas seulement à mamie du haut de ton 50Cc…


La convergence des luttes, un blasphème politique ?


La Nuit debout est née d'une question simple, inspirée du documentaire satirico-subversif Merci Patron de François Ruffin, fondateur du journal Fakir : « comment leur faire peur ? » Comment faire pour qu'enfin cette lancinante angoisse de l'avenir change de camp ? Lors d'un débat public à la Bourse du travail, un petit millier de personnes répondirent en chœur : « après les manifestations, ne rentreront pas chez nous, passons la nuit debout ! » Le mot d'ordre était lancé, encore fallait-il savoir quoi faire de ces nuits ? Comme entre de vieux amis, ils et elles se sont dit « pourquoi ne pas refaire le monde ce soir ? » Mais bon, l'occupation d'un bistrot, ça manquait un peu de panache. Quand on est un peu fou, seule une idée encore plus folle peut vous sortir de l'impasse. Ils décidèrent alors d'ouvrir une brèche dans la grisaille, rappelant Sénèque "La vie ce n'est pas d'attendre que l'orage passe, c'est d'apprendre à danser sous la pluie", afin d'appeler à la convergence des luttes. Il y a en France 20,000 Luttes du nom de "l'organe de propagande non officiel" du mouvement, pastiche du chiffon à strapontin 20 Minutes, mais malheureusement, pas beaucoup plus de militants.


La convergence des luttes est une idée à la fois si simple, Frédéric Lordon ne manquerait pas de rappeler le dicton grec « L'union fait la force, aouh, aouh » (« 300 », le film), mais à la fois si difficile à fonder : comment unir autant de luttes que de personnes ? Cette question stratégique est au cœur de la Nuit debout, à ce point intime qu'elle n'est encore qu'effleurée du bout des lèvres par les participants à l'immense assemblée populaire. La convergence est avant tout volonté, à l'image de la centaine de personnes investies dans l'organisation préliminaire dans les différentes commissions. « Cette équipe logistique », comme elle se présentait à la revue Ballast quelques jours avant de passer à l'action, a d'abord souhaité provoquer les conditions physiques et matérielles d'une vaste rencontre, embryon de convergence, dont la destinée a ensuite été abandonnée à la volonté de l'Assemblée générale. L'objectif énoncé était un savant mélange entre modestie et ambition : « On considère que la machine doit se lancer. Ensuite, on espère qu'elle vivra ! La Nuit debout est le début d'un mouvement. »

 

Assemblée populaire du 32 mars, République Paris © Photo Ag : MaxPPP/EPA/IAN LANGSDON Assemblée populaire du 32 mars, République Paris © Photo Ag : MaxPPP/EPA/IAN LANGSDON

 


La convergence à ce-ci de difficile qu'elle nécessite renoncement et lâcher prise, loin de l'hyper-contrôle institutionnel si cher aux structures politiques traditionnelles (partis, syndicats, associations…). La Nuit debout refuse de s'incarner, de se trouver des leaders et coureurs de plateaux Tv, préférant sans conteste une approche protéiforme, aussi insaisissable que réellement représentative. Aujourd'hui, la convergence se fait transversale, addition de luttes et d'histoires, croisement de trajectoires, mais pour exister dans tout son potentiel de puissance, elle doit se faire transcendantale, dépasser l'existant pour construire une nouvelle entité, trouver sa propre identité.

La convergence des luttes reste encore un blasphème politique pour ceux dont les postures rigides déguisent parfois mal une forte personnalisation des idées. Il faudra pour cela déconstruire les chapelles politiques, démissionner leurs petits clergés querelleurs et renoncer aux puritanismes dogmatiques. Allant dans ce sens, la Nuit debout invente ses propres outils pour défricher le terrain et invite chacun à venir se faire maçon et architecte pour poser les fondations d'une nouvelle cathédrale populaire et démocratique.

Alors, quel risque y aurait-il à réveiller tous ces somnambules politiques dont les rêves ont été remplacés par l'ambition ? Les maîtres funambules de ce monde désillusionné pourraient bien faire une mauvaise chute à s'éveiller de ce cauchemar dans lesquels ils nous ont plongé et qui nous empêche désormais de dormir. A passer autant de nuits debout, les citoyens se laisseront peut-être bien tous gagner par l'attente fébrile de l'aurore afin d'admirer le monde s'éclairer sous un jour nouveau.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/benjamin-sourice

 

 

Repost 0
2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 16:39

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

La «Nuit Debout» s'étire jusqu'au «32 mars»

2 avril 2016 | Par Dan Israel
 
 

Après une première nuit passée place de la République à Paris, les opposants à la loi sur le travail ont poursuivi leur occupation. Deux mille personnes, jeunes adultes pour la plupart, se sont retrouvées pour discuter passionnément du monde dans lequel ils aimeraient vivre. Et pour être ensemble, tout simplement.

« Allez, on vote. Qui est pour ? » : une nuée de mains sont secouées en l’air. « Qui est contre ? » : quelques paires de bras se croisent à hauteur de tête, pour exprimer le refus. Sur la place de la République, depuis 20 h 30 ce vendredi soir 1er avril, c’est assemblée générale. Plusieurs centaines de personnes (environ 2 000 au plus fort de la soirée) ont agité les bras selon les codes convenus ensemble, pour prolonger toute la nuit la mobilisation de la « Nuit Debout », qui s’était déroulée la veille à l’appel du collectif informel monté autour du film de François Ruffin Merci Patron !.

 

Après la nuit du 31 mars, les milliers de photos et d’instantanés circulant sur les réseaux sociaux français se sont retrouvés siglés, en toute logique, #32mars. Un mot-clé au parfum de fantaisie utopiste qui correspond bien au ton qu’ont essayé de donner les activistes rassemblés sur l’immense place de l’Est parisien, dont ils ont occupé un gros quart sud-est. Mais l’heure n’est plus au divertissement de la veille, avec concert et projection. Pendant plus de 3 h 30, et jusqu’à minuit, les centaines de participants ont échangé, sagement assis en cercles concentriques autour d’un unique ampli et d’un micro solitaire passant de main en main, ou ont déambulé, discuté, bu, mangé et rigolé tout autour de cette agora en plein air.

 

 © D.I. © D.I.

 

Les policiers, encadrant par petits groupes tout le rassemblement, se remarquent à peine dans l’ambiance détendue. Il faudra attendre 6 heures du matin pour qu'ils renvoient vers le métro la centaine de personne encore présentes sur la place. Un portail fait de cartons empilés et décorés clame côté pile, lorsqu’on s’approche : « Que nul n’entre s’il n’est pas révolté. » Et côté face, il avertit : « Nul ne sort s’il n’est pas convaincu. » De grands cartons vides font office de poubelles, et on y pratique le tri sélectif.

Sur le côté de la place, quelques tentes de fortune ont été montées par certains participants ou par les membres des commissions créées quelques heures plus tôt, à l’issue d’une première réunion : cantine, logistique, communication… Pas très loin, une ardoise blanche résume les besoins en matériel : couvertures, bâches, tentes, marqueurs et tableaux, eau, nourriture, etc. Un seul groupe électrogène tourne, mais il se murmure que la nuit suivante, la centrale CGT de Montreuil devrait prêter un groupe électrogène. Dans la foule, on remarque quelques têtes du mouvement On vaut mieux que ça, déjà croisées à toutes les manifs, l’intermittente Sophie Tissier qui a récemment gagné contre le groupe Canal+ (lire sa tribune sur Mediapart), ou encore l’acteur Samir Guesmi.

Des membres de la commission « Accueil et sérénité » (comme est rebaptisé poétiquement le service d’ordre), bandeau « Nuit Debout » autour du bras, renseignent les badauds. Ils racontent la volonté commune : « Créer un espace de discussions libres », « essayer de lancer d’autres questionnements politiques que celui autour de 2017, où il faut savoir si on votera pour Hollande ou pour Sarkozy ». Vers 21 h 30, François, un scientifique qui a atteint la cinquantaine, membre du comité d’organisation informel, distribue des autocollants « Rêve générale », qu’il vient d’aller chercher dans les locaux d’Ivry du collectif de graphistes Ne Pas Plier. « Je craignais qu’après la première nuit il n’y ait plus personne, mais ça se remplit bien », se réjouit-il.

C’est bien la foule qui continue d’arriver qui a fait s’arrêter Julien et Sophie, 22 et 23 ans. Ils ne savent pas ce qui se passe, mais habitent à côté et avaient déjà repéré l’attroupement la veille au soir. Ils sont curieux, et plutôt admiratifs, bien qu’encore un peu circonspects. « Venir à autant un vendredi soir, oui, ils sont motivés », lâche-t-il. « Et ils n’ont pas seulement le profil de gens qui mangent du bio, il y a tous les profils… », complète-t-elle. Tous les profils ? Ce n’est pas l’avis de l’intervenante du moment à l’AG, qui regrette justement qu’on reste entre membres de « la petite bourgeoisie blanche ».

Et de fait, la grande majorité des participants sont des étudiants, ou des membres de la tranche d’âge 20-35 ans, et sont blancs. Comme Pascaline et Hélène, étudiantes en master d’histoire de l’art. La première avait « juste envie d’être là » : « Tous mes potes m’ont dit qu’il fallait que je vienne, pour voir comment ça se passe, comment s’organise ce mouvement sans aucune violence. » La seconde, qui n’a pas pu manifester contre la loi El Khomri, considère qu’elle « rattrape les choses » en s’asseyant sur la grande place qui se rafraîchit à vue d’œil.

 

 © D.I. © D.I.

 

Pour prendre des forces, direction les deux tentes de bric et de broc marquées « Cantine », où l'on sert ce que des voisins ont apporté ou les invendus des magasins ou des boulangeries environnantes : salades maison, sandwiches clubs, baguettes, yaourts… Le tout à un « prix libre ». Victoire, Chloé et Killian s’activent avec le sourire. Ils viennent de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, et se sont retrouvés un peu par hasard à ce poste stratégique. Pour la première Nuit Debout, ils étaient venus les mains dans les poches, mais cette fois, ils ont eu l’idée de transporter casseroles et réchaud. Ils se sont donc tout naturellement proposés pour aider à remplir les ventres creux.

« On ne sait pas exactement qui porte politiquement le mouvement, mais on est venus voir, raconte Victoire. Pour moi, c’est d’abord une lutte contre la loi sur le travail. Mais nous allons peut-être voir émerger autre chose, une forme de convergence des luttes. » Chloé se dit plus ambitieuse : « On vise bien au-delà de cette loi, il y a un ras-le-bol général. Mais c’est bien, le travail, ça touche à peu près tout le monde, c’est très fédérateur. » Embrassant la foule du regard, elle sourit : « Ça commence à avoir des airs d’Espagne ! »

 

Les indignés espagnols, référence obligée

Le mouvement des Indignados espagnols est la référence obligée des militants de République, avec quelques emprunts au mouvement Occupy américain. Dans l’AG, on énumère les trucs et astuces développés lors de ces mobilisations qui servent de modèles, et on applaudit à tout rompre lorsqu’un citoyen espagnol prend la parole. Pour l’heure, les débats tâtonnent, le ton n’est pas encore trouvé.

 

 © D.I. © D.I.

 

D’un côté, on échange passionnément sur la forme que doivent prendre les débats : faut-il laisser chacun parler plus de deux minutes ? comment couper ceux qui se lancent dans un discours fleuve ? Le terme « ZAD » est-il approprié ? Non, selon le représentant du « média center », qui alimente le site Convergence des luttes et les réseaux sociaux en images et communiqués : « Ça fait 36 heures qu’on essaye de raconter la plus belle histoire possible, parce que dans un premier temps, notre but est d’attirer le plus de monde possible. » Or, constate-t-il, « pour les journalistes, les ZAD, c’est des casseurs ». Quelques heures plus tard, le nom-slogan « La Commune debout » emporte finalement les acclamations. Il faut aussi parer aux urgences matérielles : « L’équipe logistique met en place un groupe toilettes sèches » pour suppléer les toilettes publiques de la place, qui ferment à deux heures du matin.

Ces détails pratiques ne masquent toutefois pas les débats de fond, aussi flous soient-ils pour le moment. « Il ne faut pas rester dans un entre-soi militant, il faut se tourner vers l’extérieur en communiquant au maximum », avertit l’un. « On est non partisan, nous n’avons pas d’étiquette politique », tranche l’autre, sous les applaudissements. Il est urgent de faire de la place « une base d’accueil pour tous les mal-logés », voire « pour tous les citoyens du monde », estime un troisième.

Sophie et José, deux quinquagénaires parisiens, parmi les rares cheveux grisonnants assis sur la place, écoutent ces prises de parole le sourire aux lèvres. « Cela fait 30 ans que je participe régulièrement à des luttes, explique Sophie, fonctionnaire. J’ai été de toutes les manifestations contre la loi El Khomri, et j’ai appris l’existence de la Nuit Debout par des tracts. Je partage cette volonté d’autre chose, autrement, qui passe par une convergence des luttes contre les injustices et l’insupportable. » À ses côtés, José approuve : « On va laisser émerger ce qui est en train d’arriver. Je pense que ce mouvement doit appartenir aux jeunes, à la génération de mes enfants. »

Un peu à l’écart, un groupe de jeunes adultes savoure des bières et les joies d’une complicité naissante. Ils sont étudiants en art, en sciences politiques, pions ou journalistes. Ils viennent de se rencontrer, ils se sont tous portés volontaires pour le comité logistique, qui a installé des tentes et quelques palettes garnies de cartons en guise de dortoir. « À 22 ans, j’ai déjà fait un burn-out, confie Nina, qui se reconnaît totalement dans le travail du mouvement On vaut mieux que ça. Le travail, c’était censé permettre de s’épanouir. On pourrait retourner à cette époque, s’il vous plaît ? » « Il faut organiser la lutte qui démarre, il y a l’envie d’un changement profond », lance Irène. Pour Paul, « il y a une mayonnaise militante qui est en train de prendre, et qui dépasse le cadre habituel ».

En bout de place, les envoyées spéciales de BFM et d’i-Télé font leur direct côte à côte. À trois mètres, imperturbables, une guitare, un tambour et une trompette font tourner un air entêtant, pendant qu’un apprenti MC s’essaye à un freestyle en hommage à « tous les fils de lutte ».

Après plus de 3 h 30 de discussion, l’AG touche à sa fin. Les rangs des participants sont plus clairsemés. « Soit on fait la révolution, soit je vous rejoins pour aller danser », glisse au téléphone un grand gaillard en se marrant. Au stand « Cantine », il n’y a plus de beurre pour les sandwiches, il ne reste que de la mayonnaise. Peu de choses ont été formellement décidées pour la suite du mouvement, les comités d'organisation vont se réunir à nouveau.

Le dernier orateur, un jeune homme noir imposant et charismatique, bonnet enfoncé sur les yeux, exhorte la foule à aller occuper l’Hôtel de ville, « sans demander l’autorisation ». Pour l’instant, le mouvement du « 32 mars » squatte la place en profitant d’une autorisation négociée par l’association Droit au logement jusqu’à dimanche. La maire de Paris Anne Hidalgo a déjà prévenu que « les lieux publics ne peuvent pas être privatisés ». Pas de quoi impressionner le colosse. « Si on est vraiment indignés, passons à l’action ! », lance-t-il sous les acclamations. Cette nuit, l’enthousiasme n’a pourtant pas été suivi d’effet. Pas encore ? Comme la veille, les manifestants seront poussés hors du lieu de cette AG au petit matin. Mais pour se compter et juger de leur force, les militants les plus passionnés, qui s’apprêtaient à dormir sur place, ont donné rendez-vous pour la nuit suivante. Même heure, même volonté de refaire le monde, et de le faire savoir.

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Repost 0
1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 15:00

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

A Paris, la première «Nuit debout» tient jusqu'au petit matin

1 avril 2016 | Par christophe Gueugneau
 
 
 

Hier soir place de la République, ils étaient des centaines, jeunes et moins jeunes, pour un rassemblement ludique et studieux à la fois. L’évacuation du site par la police au petit matin ne leur a pas coupé l’envie : un nouveau rendez-vous est donné ce soir à 18 heures.

Et la pluie s’arrêta. Après une journée de défilé parisien sous des trombes d’eau mais fort d'une grosse mobilisation, les quelques courageux qui étaient allés directement au rendez-vous place de la République, pour une première « Nuit Debout », ont finalement été récompensés. D’une petite centaine à 18 heures jeudi soir, la foule a vite grossi, pour atteindre un bon millier – peut-être plus – quelques heures plus tard alors que la pluie avait cessé.

L’idée a germé lors d’une petite réunion le 23 février dernier, autour de journalistes de Fakir, de membres du collectif Les Engraineurs, ou encore du DAL. Une AG de recrutement s’est tenue le 14 mars, soit 5 jours après la première grosse manifestation du 9. Des 200 personnes qui avaient fait le déplacement, une grosse centaine s’est portée volontaire pour organiser ce qui allait devenir la « Nuit Debout » : commission médias, commission matériel, commission communication, etc. Outre Paris, l’événement est prévu également dans certaines villes de province comme Lyon, Caen, Nantes, etc. (voir ici la liste complète où des événements étaient prévus).

Ce jeudi soir à Paris, les commissions semblent avoir fonctionné : une grande bâche est installée pour accueillir une AG permanente à l’abri de la pluie, un camion est équipé pour donner des concerts, un écran géant pour diffuser Merci Patron, le documentaire de François Ruffin, lui-même journaliste à Fakir (nous y reviendrons). Une tente est estampillée « Infirmerie », entourée d’un côté d’une tente du DAL et de l’autre d’une bâche « Paris 8 ». Les organisateurs ont obtenu de la préfecture la possibilité de rester trois jours sur place – ce qui n’a pas empêché la police de procéder à l’évacuation, dans le calme, des lieux vers 5 heures vendredi matin. Un nouveau rendez-vous est d’ores et déjà fixé pour ce soir 18 heures.

Les premières heures de cette « Nuit Debout » sont consacrées à peaufiner l’organisation. Chacun peut prendre le micro et parler deux minutes. Comme c’était le cas lors du mouvement des Indignados espagnols ou du Occupy Wall Street américain, on évite d’applaudir, préférant agiter la main en l’air. « Comment rester ici pendant trois jours et pour y faire quoi ? », interroge un orateur. « Il faut créer des commissions sanitaires, nourriture, etc. », dit un autre. « Il faut que les femmes soient représentées, et déjà qu’elles puissent parler comme les hommes », lance une jeune femme.

 

Jeudi 31 mars, place de la République à Paris © CG Jeudi 31 mars, place de la République à Paris © CG

 

La place se remplit peu à peu, des gens se massent devant le concert en cours. Bientôt interrompu par un discours de l’économiste Frédéric Lordon (filmé par un collègue de Politis et à retrouver intégralement ici). Une courte allocution, parce que, comme il le dit, « il y a des AG, y a des concerts, toutes ces choses se suffisent à elles-mêmes et n’ont besoin de rien d’autre ». « Mine de rien, il est possible que l’on soit en train de faire quelque chose (…) aujourd’hui nous changeons les règles du jeu », ajoute-t-il devant un public conquis. Lordon se félicite de l’émergence d’un « désir politique qui pose et qui affirme ». « Ceux dont on attendait qu’ils revendiquent sagement ne veulent plus revendiquer, ceux qui étaient séparés se réunissent. » De fait, l’économiste semble avoir consacré ces trois derniers jours à réfléchir au moment en cours. Il était déjà intervenu la veille, le 30 mars, à l’AG de Tolbiac (voir la vidéo ci-dessous) et avait écrit un long texte sur son blog du Monde diplo (à lire ici). On l’apercevra quelques minutes plus tard sautillant sur la musique du prochain concert.

 

 

 

Intervention de Frédéric Lordon à l'AG de Tolbiac le 30 mars 2016. © Convergence des Luttes

 

Vers 21 heures, la foule grossit encore. Beaucoup de jeunes mais aussi de moins jeunes. Souvent repassés par chez eux pour changer leurs vêtements détrempés par la manifestation sous la pluie de l’après-midi. Samy est là avec un groupe d’amis. Casquette, sweat à capuche, de la bière plein les yeux, il roule une cigarette en lançant « le salariat c’est foutu, monsieur. Moi, je suis chômeur parce que je ne veux plus prendre le fric des autres »

 

« Ça me rappelle énormément ce qui s’était passé en Espagne en 2011 »

 

Sur la scène, HK et les Saltimbanks jouent devant un public survolté. « Vous savez, il y a un truc qui nous tient tous à cœur ici, c’est la convergence des luttes », lance le chanteur sous les applaudissements.

Il est 23 heures à présent, de l’autre côté de la place, un organisateur se tient devant un écran géant. Il propose de couper l’AG pour diffuser le film Merci patron« mais bon, je ne veux pas vous couper, c’est super important qu’on discute, et on ne sait pas encore ce que ça va donner mais on est là et bien là ». L’AG est déplacée pour laisser place au documentaire de François Ruffin sur une famille du Nord licenciée par une filiale de LVMH qui finit par gagner son combat contre son ancien patron, Bernard Arnault (Mediapart en avait parlé entre autres ici, et ). La séance improvisée fait vite le plein, des gens s’assoient à même le sol, d’autres restent debout, tous sont attentifs et réagissent. Ainsi la famille Klur est très applaudie dès sa première apparition, tandis que Bernard Arnault, François Hollande ou même François Chérèque, l’ancien patron de la CFDT, sont copieusement sifflés.

 

Pendant la diffusion de Merci Patron © CG Pendant la diffusion de Merci Patron © CG

 

Lisa suit le documentaire de loin en loin, discutant aussi avec deux camarades. Éducatrice, elle est au chômage depuis 8 mois, et a déjà vu le film. « Il montre ce qu’on ne voit pas forcément, il fait prendre conscience de la merditude des choses comme dirait l’autre. » Elle ne sait pas si elle va passer la nuit complète ici, et pour tout dire cela semble compromis étant donné qu’elle n’a ni tente ni même couverture. Sur l’échiquier politique, elle « ne sait plus en quel parti croire » et vote Verts par défaut au premier tour, et pour le candidat « qui l’énerve le moins au second »« Je rêve d’une révolution », dit-elle dans un sourire.

À la fin du film, les gens reprennent en chœur « Merci patron », la chanson des Charlots. François Ruffin prend le micro, refait, il le confesse lui-même, le même speech qu’il tient à toutes les projections. Il ajoute : « C’est émouvant de voir son film repris comme un outil de lutte. À la fin, Bernard Arnault dit : “J’espère que les révolutionnaires se calmeront l’année prochaine”, eh bien, moi, j’espère que non. »

Ailleurs sur la place, des petits malins sont allés acheter des bières en grande quantité et tentent de les vendre, mais à 4 euros la canette, la foule ne se bouscule pas vraiment. D’autant que chacun est venu bien pourvu, en bouteilles de bière comme de vin. Il est plus d’une heure du matin et la place reste motivée. Une fanfare a attiré les danseurs, pendant que l’AG se poursuit. Sophie Tissier, l’intermittente qui vient tout juste de gagner en appel son combat contre la chaîne Direct 8 (lire sa tribune sur Mediapart), intervient à son tour pour témoigner de ce qu’il est « possible de gagner aussi parfois ». Un autre intervenant propose une organisation pour tenir les trois jours, « d’ailleurs une caisse a circulé, j’aimerais bien savoir où elle se trouve à présent ».

Il est deux heures. Nino et Olivier d’ENS Cachan, et Justine, d’Ulm, ne vont pas tarder à rentrer chez eux. « À Cachan, c’est vrai qu’on n’est pas très nombreux, mais il y a quand même des AG », dit Nino. « Écrivez bien aussi qu’on va organiser là-bas une diffusion de Merci Patron mercredi prochain, ça va faire venir du monde », ajoute Olivier. Des volontaires circulent avec des sacs-poubelle pour ramasser bouteilles et gobelet. 

 

Un brasero à proximité de la tente de Paris 8 © CG Un brasero à proximité de la tente de Paris 8 © CG

 

Dans l’AG, un Espagnol d’environ 30 ans intervient : « Ça me rappelle énormément ce qui s’était passé en Espagne en 2011. » Fort de cette expérience, il se permet quelques conseils : « Il faut commencer tout de suite à réfléchir à comment structurer le mouvement ici, il faut faire des commissions avec un petit nombre de personnes dans chacune d’elles. » Un autre lance : « Il faut se sortir les doigts du cul. » Depuis l’assistance, quelqu’un crie : « Faudrait peut-être aussi laisser parler des filles. » Une femme de 40 ans environ prend la parole, elle aussi est espagnole : « La première chose qui manque, c’est des toilettes sèches ! »

Il est près de 5 heures, ne reste qu’une cinquantaine de personnes qui quittent sans heurts la place à la demande de la police. Rendez-vous est d’ores et déjà donné ce soir à 18 heures, même endroit, même principe. Le DAL et le CIP (coordination des intermittents et précaires) annoncent leur présence, de même que les étudiants de Paris 1 et Paris 4. Sur Twitter, certains ne manquent pas de rappeler que les indignés qui occupaient des places en Espagne étaient systématiquement évacués au début, mais qu’ils revenaient chaque fois plus nombreux. 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

Repost 0
1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 14:24

 

 

 

https://webmail.laposte.net/service/home/~/?auth=co&loc=fr&id=27720&part=2

 

https://webmail.laposte.net/service/home/~/?auth=co&loc=fr&id=27720&part=3

 

...rien que pour monter une tente une place sur une pelouse ça a été tout un bordel, une affaire d’État apparemment vu le nombre de keuf en civils qui nous ont entourés en 2 mn à peine.

Heureusement une "Quechua" ça se monte vite et puis ça se déplace facile, pas trop besoin d'écouter ce que ces types nous disaient (verbotten !  je crois...). Pas sur la pelouse? Bon, OK m'sieur l'agent...on est allé se réfugier contre les grilles de la Préfecture et là, miracle, ils nous ont laissé tranquille, protégés par l'incantation magique que vous pouvez lire sur une des photos ci jointes.
On a fait un p'tit rassemblement informe d'une soixantaine de personnes qui sont parties une à une, aut' chose d'urgent à faire probablement. Puis la banderolle magique est partie aussi, pour pas en recevoir l'ordre nous a t-on dit, comme si l'ordre n'était pas implicite dès le début de l'affaire et que dans ces cas là il vaut pas mieux faire l'andouille et attendre qu'on nous le réitère, explicitement!

Finalement on est resté à une p'tite dizaine, puis juste 6 entourés d'une bonne cinquantaine de flic de tous corps (Bac, Gendarmerie, municipale etc...). Beaucoup étaient en civil, avec auto collant de la CGT même...mais ils se sont tous dévoilés bêtement quand ça a été l'heure du repas: ils ont tous reçus la bouteille d'eau et le sandwich règlementaire...c'est que ça mange ces grosses bêtes...prochaine manif à l'heure du repas svp, pour savoir qui est qui.
On a bien rigolé  autour de la "Quechua une place" sous les regards attendris de ces zélés fonctionnaires à qui nous faisions gagner des heures supplémentaires (bientôt majorées par "accord d'entreprise" à 10% seulement?), jusque vers 21 h, heure à laquelle ces messieurs des RG sont venus nous dire que tout rassemblement non déclarés de plus de deux personnes était interdit par ordre express du ministère, État d'Urgence, circulez...On était trop nombreux, vous le croyez ça !

Le ministère et son si gentil ministre qu'a jamais donné des ordres d'extrême fermeté (et surtout pas, non, non, non à Sivens, Tarn), c'est çui là même qu'à commandé tantôt de quoi nous tirer dessus 350 flash ball par jour, (115 000 unités par an pendant 4 ans), juste pour vous dire de quelle manière ils comptent s'occuper de la jeunesse, priorité du quinquennat ! (en temps "normal" la consommation de FB est de 3000 par an, y compris les années "Sivens"...). Je sais pas par quel adjectif les agences de com' vont qualifier le prochain Prez mais "normal", non, on en veut plus des "normaux" . Et d'ailleurs, des Prez, on n'en veut plus du tout ! (c'est comme pour les Berger). On dirait qu'ils sont tout exprès sélectionnés psychopathes, effet probable du suffrage universel-ment manipulé.

En principe, partout en France, les rassemblements "Nuit Debout" on été aussi aimablement priés de décamper par la "promotion Voltaire", on attend des nouvelles de ceusse qui auraient eu la chance de rassembler un peu plus de monde ou de ceusse avec qui "on" aurait été moins aimable ou qui l'aurait été moins que nous quand "on" les as empêchés d'exercer leur droit à manifester leurs opinions (çui qui s'use quand on s'en sert pas...).

La manif de la journée était une grosse manif, ça c'est le point positif. Pour être complet, l'Intersyndicale de Nîmes (CGT, Sud-Solidaire, CNT...) est allé faire chier Vinci, péage gratuit à Nîmes ouest ce matin et les lycéens sont allés bloquer les voies à la gare après la manif. Ça bouge! C'est bien!

Re belote le 5.04, Indigné-e-s, debout ! Vive la Sociale!

 

                                                                                             https://webmail.laposte.net/service/home/~/?auth=co&loc=fr&id=28200&part=2

 

 

 

                                                                           ********************

 

 

Source : http://www.objectifgard.com

 

 

GARD Loi El Khomri : la mobilisation s’intensifie

10 000 personnes ont manifesté à Nîmes selon les organisations syndicales. (photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

10 000 personnes ont manifesté à Nîmes selon les organisations syndicales. (photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Syndicats, étudiants, travailleurs, chômeurs... : ils étaient des milliers ce jeudi dans le Gard à descendre dans la rue pour protester contre le projet de loi de la ministre du travail Myriam El Khomri.

À Alès, ce matin, des manifestants par centaines se sont massés petit à petit devant la sous-préfecture avant de défiler, en musique, dans les rues du centre-ville. En tête de cortège, des lycéens survoltés brandissant des banderoles du type "El Khomri, quelle connerie !". Toutes les générations et tous les profils étaient mêlés, des jeunes aux retraités en passant par des actifs et des personnes en recherche d'emploi. Leur point commun : un rejet pur et simple du projet de loi destiné à réformer le droit du travail.

"Ce soir, le gouvernement a deux options : retirer ce projet de loi ou affronter la grève générale ! Car s'ils ne veulent rien entendre, nous avons les moyens de bloquer le pays !", crie Dany Bertrand pour Force Ouvrière. Pour les syndicats, il n'y aucune négociation possible. "Cette loi va faire régresser le progrès social, va nous faire retourner au temps de l'esclavage", lance Bernard Coste, secrétaire de l'union locale CGT d'Alès. "Elle est faite pour faire plaisir au Medef et aux actionnaires. Le peuple crève et eux s'engraissent", poursuit-il. Au plus fort de la manifestation, 2 000 personnes ont défilé dans la rue selon la police, dont 300 lycéens, contre 3 500 manifestants selon la CGT.

 

Les manifestants devant la mairie d'Alès. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Les manifestants devant la mairie d'Alès. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

 

Du côté de Nîmes, la mobilisation était plus importante encore. Selon les organisations syndicales présentes (CGT, FO, Solidaire, FSU, CNT), pas moins de 10 000 personnes ont défilées dans le cortège parti de la Maison Carré jusqu'au Jean Jaurès, avant de prendre la direction de la rue de la République et pour finir devant la Préfecture. "Dans tous les cas, c'est certainement la plus grosses manifestations depuis celle des retraites" s'est réjouit Vincent Bouget, secrétaire départemental du PCF qui ajoute : "Cette manifestation fait office de point de départ plus que d'un point d'arrivé."

Car si la mobilisation a été intense au niveau nationale, d'autres journées d'actions sont d'ores et déjà prévues dont le 5 avril, et une grande manifestation le samedi 9. Outre Alès et Nîmes, 500 personnes auraient manifestés à Uzès et Bagnols sur Cèze, toujours selon les organisations syndicales.

 

10 000 personnes ont manifesté à Nîmes selon les organisations syndicales. (photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

10 000 personnes ont manifesté à Nîmes selon les organisations syndicales. (photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

 

 

Source : http://www.objectifgard.com

 

 

 

Autre photos ici

 

                                                                            ********************

 

 

Portfolio

Notre 31 mars nîmois !

 

 

 

 

Grande réussite à Nîmes aujourd'hui ! Après quelques blocages dans les lycées de la ville, les lycéens ont marché ensemble le matin, avant de rejoindre la manifestation interprofessionnelle prévue dans l'après-midi. 10000 personnes ont ainsi défilé à Nîmes, grand succès qui montre qu'ici aussi le mouvement s'amplifie. Petit aperçu de la mobilisation.
  1. Formation du cortège avec des lycéens venus principalement des lycées Dhuoda, Hemingway et Daudet. 

  2. Devant le lycée Alphonse Daudet à 10h, il y a du monde. 

  3. Après une semaine d'intense préparation et communication, entre 500 et 1000 lycéens sont venus manifester, ici devant les arènes. 

  4. La pause de midi, au cours de laquelle les militants servent à manger, permet d'échanger sur les motivations de la manifestation. Pour Thomas, "c'est une question de principes. Cette loi va faire bosser plus en gagnant moins". Quant à Hugo, il est aussi présent "à cause d'un système à la tête de l'Etat qui met en place des réformes ultralibérales tout en se disant socialiste, et qui attaque toujours plus les plus faibles et notamment la jeunesse". Les lycéens se sentent concernés et répondent présent ! 

  5.  
  6.  
  7. Quai de la Fontaine, le cortège inter-syndical se forme : il est très dense, composé de lycéens, de travailleurs et de retraités. 

  8.  
  9.  
  10.  
  11. Avenue Jean Jaurès, on marche en direction de la préfecture du Gard. 

     

     

     

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/clement-luy

 

 

Repost 0
22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 17:01

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/thomas-saint-cricq/blog

 

 

Dans les pas des Indignés

 

 

Il y a quatre ans et demi, des milliers d'Indignés campaient Puerta del Sol à Madrid. 69 d'entre eux siègent désormais au parlement espagnol et, par le jeu des alliances, restent incontournables pour quiconque souhaitant gouverner. La colère spontanée des Indignés s'est structurée. Durant 4 mois nous avons suivi plusieurs de ces mouvements pour comprendre leur mutation.

www.espagne-indignee.com

captureecranpodem © Crédits A. Sanial. AO/LF/TSC captureecranpodem © Crédits A. Sanial. AO/LF/TSC
 

Fini l'indignation, place à la négociation. Ce 20 décembre, l'entrée spectaculaire de Podemos au Parlement marque la fin de trente ans de démocratie bipartite, où les formations issues de la transition post-franquiste prenait tour à tour le pouvoir.

 

Avec 20,7% des voix récoltées, la formation de Pablo Iglesias n'a pas réalisé le coup de balai qu'elle espérait. Mais l'entrée de 69 députés issus de la société civile, professeurs, avocats ou simples militants associatifs, met le bloc de droite d'un côté, parti socialiste de l'autre, en minorité. Pour gouverner, il faudra désormais sceller d’improbables alliances entre partis de droite (Partido Popoular, Ciudadanos) et nationalistes basques du PNV ; bloc de gauche (PSOE, Podemos, IU) et indépendantistes catalans ; ou bien un pacte contre-nature dans une grande coalition à l'allemande réunissant conservateurs du PP et socialistes du PSOE.

 

Pablo Iglesias et l'état major de Podemos après les résultats le 20 décembre © Amandine Sanial Pablo Iglesias et l'état major de Podemos après les résultats le 20 décembre © Amandine Sanial

 

Une Espagne nouvelle

Le bipartisme à l'espagnole est enterré. Il appartient au passé. L'indignation de masse aussi. Les mouvements de contestations spontanés apparus le 15 mai 2011 sur la Puerta del Sol à Madrid (appelé ici le 15-M) avaient essaimés dans tout le pays. Mal-logement, précarité, inégalité entre les sexes, dénonciation de la corruption, ces mouvements rassemblaient toutes les luttes pour mettre fin à un système à bout de souffle. Ces Indignés ont déserté les rues espagnoles depuis plus d'un an. Mis à part quelques sursauts comme le 7N, la marche contre les violences machistes en novembre, les grandes protestations peinaient à rassembler la foule des grands jours comme au lendemain du 15-M.

Les Indignés n'avaient pas abandonné. Ils se structuraient. Pierre par pierre, certaines de ses composantes participent à la construction d'une Espagne nouvelle. Par ici, le 15MparaRato, un groupe d'activistes webs, rencontrés durant la 15-M, s'est mis en tête de traquer la corruption. En silence et derrière leur écran, ces huit activistes ont fondé un Wikileaks ibérique et réuni suffisamment de preuves pour faire inculper Rodrigo Rato, figure historique du PP, ex-président du FMI et ancien numéro deux gouvernement. L'affaire a fait de la lutte contre la corruption un sujet prioritaire aux yeux de l'opinion.

Par là, la Plataforma de Afectados por la Hypotheca (PAH), un collectif catalan pour le droit au logement qui s'est propagé dans toute l'Espagne lors de l'apparition des Indignés. Avec ces 260 antennes, ce collectif d'inspiration libertaire prône des méthodes musclées : occupation de banques, recours au squat de logements vacants, actions coup de poing au Parlement. En coulisse ces deux dernières années, la PAH a fait condamner une poignée de banques, et voter une série de lois renforçant le droit au logement dans plusieurs parlements régionaux. Son ancienne porte-parole, Ada Colau, est désormais maire de Barcelone.

Enfin, en janvier 2014 est apparu Podemos. Fondés par des professeurs de sciences politiques issus du 15-M, le parti revendiquait vouloir « convertir l'indignation en changement politique » dès sa création. Grâce à une série d'alliances avec des personnalités locales issues de la société civile, le mouvement avait déjà conquis les plus grandes villes du pays aux élections municipales de juin 2014. Il rêve de se muer en machine électorale classique, prête demain à gouverner, tout en conciliant l'esprit novateur et égalitaire des Indignés.

Ces mouvements passés du bitume à la table des négociations, de l'action coup de poing à la barre des tribunaux, nous les avons suivis pendant quatre mois. Jeunes journalistes indépendants de 25 à 27 ans, nous avons voulus comprendre comment ces citoyens, parfois à peine plus âgés que nous, pouvaient rénover profondément leur pays et leur démocratie. Comment se structurer quand on vient de la rue ? Comment y parvenir au sein même du système sans trahir ses idéaux initiaux ? Nous avons tenté de répondre à ces questions, modestement, et de manière indépendante à travers une série de reportages, dans les pas de ces Indignés.

 

Vous pouvez lire nos séries d'articles sur notre site :www.espagne-indignee.com

Amandine SanialAdrien OrtaventLudovic Ferro et Thomas Saint-Cricq

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/thomas-saint-cricq/blog

 

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22