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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 13:57

Décryptage | Montréal, New York, Madrid… La violence s'est abattue sur les mouvements de désobéissance civile. La répression serait-elle la seule réponse possible de nos démocraties ? Analyse de la philosophe Sandra Laugier.

 

Le 21/07/2012 à 00h00
Weronika Zarachowicz - Télérama n° 3262


 

 

 

 

Un manifestant d'Occupy Wall Street arrêté à New York, en octobre 2011. © Zach Robert (licence CC by-nc-nd)

 

 

 

 

Montréal, Madrid, New York, Tokyo... : depuis 2011, les mouvements de révolte de la jeunesse ont essaimé au cœur même de nos démocraties. Par-delà les doléances spécifiques, un même cri : ça ne va pas, nous voulons retrouver une voix, un espace. Et un esprit commun : les manifestants du Printemps érable ou du parc Zuccotti, à New York, n'ont pas fait la révolution, ils ont inventé une contestation souvent festive, démocratique et non violente, faite de concerts de casseroles, d'AG de milliers de personnes sans leader et d'occupations des places publiques... Face à eux, la réponse des gouvernants aura été répressive (409 arrestations à Oakland en janvier 2012, 700 à New York en octobre 2011, durcissement du droit de manifester au Québec, etc.). Comment expliquer cette réaction ? Nos démocraties seraient-elles incapables de gérer de nouveaux types d'exigences démocratiques ? Analyse de la philosophe Sandra Laugier, professeure à Paris I et coauteure d'un essai précieux, Pourquoi désobéir en démocratie ?

 

 


Novembre 2011, des étudiants californiens se font gazer au poivre.

 

1/ « Les mouvements d'Occupy Wall Street, de Madrid ou du Printemps érable ont été associés aux révoltes du Printemps arabe. Il y a certes des thèmes communs, le constat que les systèmes économiques et politiques ont failli et sont créateurs d'injustices et de vulnérabilité. Il y a certes une demande démocratique de la jeunesse, qui demande à avoir une voix, une expression et un espace. Mais la comparaison s'arrête là : les contestations en Espagne, aux Etats-Unis, au Québec ou au Japon montrent que les démocraties sont confrontées à leurs limites. Que nos démocraties, dont nous sommes si fiers, ne sont pas si démocratiques que cela et qu'on peut s'interroger sur la réalité de l'expression de chacun. Ces mouvements posent aussi des questions essentielles : n'y a-t-il pas des formes de résistance possibles, et nécessaires, en démocratie ? Doit-on avoir peur de la démocratie lorsque celle-ci exige de respecter pleinement la voix de chaque citoyen ?

« La politique, c'est la guerre
continuée par d'autres moyens.
Une guerre masquée qui
ne dit pas son nom. »

Michel Foucault

<p>En juin 2012, manifestations d'étudiants nus à Montréal. ©<a href="http://www.flickr.com/photos/fatseth/7352217542/in/set-72157629878498986" target="_blank"> G Morel</a> (licence CC by-sa-nd)</p>

En juin 2012, manifestations d'étudiants nus à Montréal. © G Morel (licence CC by-sa-nd)


2/
"Occuper" signifie qu'on n'a pas d'espace, pas de place dans la société actuelle. D'où l'idée d'occuper le seul espace disponible, l'espace public. Cette revendication de "public" est essentielle : comme l'entend le philosophe John Dewey, elle exprime l'intérêt général, l'idée simple que le citoyen a son mot à dire sur des choix politiques qui concernent sa propre vie et sont devenus l'apanage des politiques et des experts. Ambiance festive, marches pacifiques, manifestations presque nus... : le contraste est frappant entre le caractère non violent et démocratique des manifestants de Montréal ou de New York et l'intensité de la répression.

Car la violence est, pour l'instant, du côté de l'Etat. Les manifestants de 2011 et 2012 s'inscrivent dans la tradition de désobéissance civile pensée par le philosophe américain Henry David Thoreau (1817-1862) : choisir le pacifisme pour mieux dévoiler la violence cachée de l'Etat ou de la société, et provoquer un débat public. Cette vulnérabilité exhibée, chez les manifestants qui se laissent traîner par des policiers surarmés ou chez les petits vieux ou les mères de famille qui manifestent contre le nucléaire au Japon, a une puissance émotionnelle, car elle montre la violence qui leur fait face. Cette répression a été peu commentée. Tout se passe comme si les élites occidentales étaient entrées dans une forme de guerre contre toute revendication générale de partage des ressources, contre toute vraie contestation de la situation d'inégalité. Pour reprendre Michel Foucault inversant Clausewitz, la politique, c'est la guerre continuée par d'autres moyens. Une guerre masquée qui ne dit pas son nom.

 

 
Répression en Californie, décembre 2011, lors d'une manifestation contre Goldman-Sachs.

3/ La réponse répressive est la marque de sociétés qui se protègent contre une désobéissance interne, perçue comme violente : l'occupation de l'espace par les manifestants, revendiquant que tout n'est pas la propriété des entreprises ou des personnes privées. Cette répression dit aussi qu'il faudrait apprendre à revendiquer comme il faut, qu'il y a une "bonne" contestation et une mauvaise, qui met en danger notre fonctionnement démocratique. Tout est fait pour décrédibiliser ces mouvements, en les présentant comme "irresponsables" et "illégitimes". Pour être un interlocuteur "respectable", il faut accepter des règles, passer par des canaux traditionnels : militer dans un parti, rallier un syndicat, participer à des forums civiques, intervenir dans la blogosphère... Mais, comme le dit le philosophe américain Stanley Cavell, il n'y a pas de règle qui nous dise comment revendiquer ("how to stake a claim"). C'est ce principe de la démocratie radicale que ces mouvements nous rappellent.

 

« En démocratie, le citoyen a
non seulement
le droit mais le devoir
de résister, et donc de désobéir. »

 


Manifestation anti-nucléaire au Japon en juin 2012.

4/
Nous sommes face à des organisations horizontales, non hiérarchiques, a-partisanes, sans programme et sans dirigeant, et qui, du coup, ne sont pas toujours efficaces pour faire avancer leurs exigences. Mais leur pertinence se trouve ailleurs : dans leur capacité à contester l'organisation verticale de nos modes d'expression politiques, où la parole est réservée à certains et cantonnée, pour le plus grand nombre, au moment des votes. L'élection ne suffit plus à rendre compte des aspirations des gens. On retrouve ça dans tous les mouvements, cette espèce de refus de la hiérarchie, de la délégation des pouvoirs et de la démocratie représentative. Même au Japon, pourtant peu coutumier de ce type de révolte. On peut y voir le symptôme d'une perte de confiance dans les structures du pouvoir. L'Etat n'étant plus à même d'assurer des conditions de vie minimales pour tous, de compenser l'injustice, pourquoi accepterait-on cette organisation verticale ?

 

<p>Le mouvement Occupy La Défense, novembre 2011. © <a target="_blank" href="http://www.flickr.com/photos/philippeleroyer/6314801019">Philippe Leroyer</a> (licence CC )</p>

Le mouvement Occupy La Défense, novembre 2011. © Philippe Leroyer (licence CC )


5/ Resté embryonnaire, le mouvement “Occupy la Défense” n'a pas eu le même impact. Pourtant les mouvements de contestation ont proliféré dans la France de la fin des années 2000, mais sous la forme d'actions de désobéissance civile, reprenant le principe de Thoreau et Emerson : en démocratie, le citoyen a non seulement le droit mais le devoir de résister, et donc de désobéir, lorsque le gouvernement agit contre ses propres principes. Le refus de suivre une loi, un décret ou une circulaire tenus pour indignes ou injustes semble devenu une forme courante d'action politique.

La liste des groupes qui s'engagent dans ce genre de protestation s'allonge, au-delà de la fonction publique où ils ont émergé : membres du Réseau éducation sans frontières (RESF, voir leur site ici) qui cachent des élèves étrangers menacés d'expulsion ; arracheurs volontaires d'OGM ; agents de Pôle Emploi qui refusent de communiquer des noms de chômeurs susceptibles de radiation ; fonctionnaires qui refusent d'appliquer la tarification à l'acte à l'hôpital ; instituteurs qui refusent de faire passer des évaluations à l'école primaire... Ils sont le symptôme de l'état dans lequel se trouvent les pratiques de la démocratie dans l'Europe contemporaine, face à l'exceptionnelle disparité du rapport de pouvoir entre capital et travail qui règne aujourd'hui dans le monde. Mais traduisent aussi le maintien d'une ferme vigilance démocratique de la part des citoyens, d'un combat permanent, celui de la démocratie radicale, qui se livre sur toutes sortes de champs de bataille. » 

À lire
Pourquoi désobéir en démocratie ?, d'Albert Ogien et Sandra Laugier, éd. La Découverte, rééd. 2011, 216 p., 9,20 €.
D'Athènes à Wall Street, Indignés !, Echos d'une insurrection des consciences, éd. Zones, 2012, 200 p., 14,50 €.
Occupy Wall Street !, Textes, essais et témoignages des Indignés, éd. Les Arènes, 2012, 300 p., 17,50 €.
Fukushima, voix de rebelles, dossier dirigé par Thierry Ribault, Multitudes no 48.

 

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 17:50

 

courrierinternational.com
19.07.2012

 

Mouvement 15-M - La Puerta del Sol le 29 mars 1212 à Madrid.

Mouvement 15-M - La Puerta del Sol le 29 mars 1212 à Madrid.

Le 15 mai 2011 : à l'issue d'une manifestation de jeunes indignés par la situation politique, économique et sociale, par la corruption et par la précarité, plusieurs centaines de personnes décident de ne pas se disperser, comme le veut l'habitude, et de camper sur la Puerta del Sol, au cœur de Madrid. Le "mouvement des indignés" (mouvement dit du 15-M) était né. Il allait essaimer dans le pays, puis en Europe et jusqu'aux Etats-Unis.

Plus d'un an après, le mouvement n'est pas mort, loin s'en faut. Il a donné naissance, dans la capitale espagnole, a une multitude d'initiatives populaires qui remplissent les vides laissés par le désengagement de l'Etat.


Carte de situation de la puerta del sol à Madrid

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 16:18

 

 

letemps.ch - Israël mardi17 juillet 2012

 

 

L’immolation par le feu d’un homme à Tel-Aviv survient un an après le lancement du mouvement de colère contre la politique sociale du gouvernement de Benyamin Netanyahou

Un an après sa naissance le 14 juillet 2011, le mouvement israélien des Indignés a définitivement perdu son visage bon enfant. Il s’est radicalisé samedi soir lorsque Moshe Silman, un SDF de 58 ans souffrant de diverses maladies et dont les demandes d’aide avaient été ignorées par les services sociaux, s’est immolé par le feu au milieu de la foule à Tel-Aviv. «Justice sociale, justice sociale», hurlait-il avant d’être emporté à l’hôpital où il est tombé dans le coma.

Brûlé à 94%, cette récente victime d’un AVC a peu de chance de survivre. Il est en tout cas devenu le symbole de la révolte citoyenne contre une bureaucratie autiste. La presse de Tel-Aviv, qui tire à boulets rouges sur la politique «dénuée de compassion» de Benyamin Netanyahou, rappelle à ce propos qu’aucune des promesses faites aux Indignés par le premier ministre n’a été tenue. Quant aux grands médias arabes, ils comparent Moshe Silman à Mohamed Bouazizi, ce jeune Tunisien dont le suicide avait déclenché le Printemps arabe en décembre 2010.

«Certes, la situation israélienne est différente de la tunisienne, mais un jour, il y aura chez nous une grosse explosion sociale. Parce que les inégalités sont trop criantes et que la vie est trop dure», fulmine Sarit Neuberger, 28 ans, une Indignée de la première heure qui participe depuis dimanche aux manifestations d’hommage à Moshe Silman. «Dans ce pays, il y a toujours de l’argent pour l’armée et pour les colons, mais jamais pour les malades et pour les sans-logis. Est-ce normal?» interroge Eran Beissweiler, un autre Indigné, selon lequel l’Etat hébreu ressemblerait de plus en plus «à une république bananière gangrenée par la corruption et par la cupidité».

Ces dernières heures, des Indignés ont commis des déprédations sur les sièges régionaux de l’Office de la sécurité sociale. Certains de leurs fonctionnaires, qui passent plus de temps à refuser des aides que le contraire, ont été menacés verbalement. Dans le même temps, un SDF a tenté d’imiter Moshe Silman en s’immolant par le feu dans un centre commercial de Beer Sheva (sud), mais le service d’ordre intérieur l’en a empêché de justesse.

 

Désespoir

Depuis le début des années 2000, au moins 400 personnes – parmi lesquelles plusieurs rescapés de la Shoah – ont mis fin à leurs jours pour dénoncer l’injustice sociale. Parce qu’on leur refusait un logement HLM, parce qu’ils ne bénéficiaient plus de l’aide de leur mutuelle pour acheter leurs médicaments, voire parce qu’ils n’arrivaient plus à subvenir aux dépenses minimales de la vie courante.

«A 16 mois des prochaines élections générales [novembre 2013], Moshe Silman a porté au gouvernement le coup terrible que les autres Indignés n’étaient pas parvenus à lui donner jusqu’à présent», estime Boaz Yonah, un universitaire spécialisé dans l’étude des protestations sociales. «Si Benyamin Netanyahou ne réagit pas rapidement en montrant plus d’empathie envers les problèmes des gens, lui et le Likoud (son parti) vont le payer très cher dans les urnes.»


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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 16:09

 

rtbf.be

MONDE | Mis à jour le mercredi 18 juillet 2012 à 14h31

 

 

Les Indignés se recrutent désormais dans toutes les catégories de la ppopulation, face aux divers plans d'austérité

Les Indignés se recrutent désormais dans toutes les catégories de la ppopulation, face aux divers plans d'austérité

 

Né au printemps 2011, alors que le sud de l'Europe sombrait dans la crise des dettes souveraines et que des gouvernements désemparés semblaient ne plus être en mesure de réagir, des jeunes se rassemblaient au cœur de Madrid et se donnaient le nom d' "Indignés". Davantage de démocratie, refus du détricotage des droits sociaux, ras-le-bol de la marchandisation de la société... Des thématiques qui ont vite gagné une grande partie de la planète, avec des succès divers. Mais comment ce mouvement spontané a-t-il passé l'épreuve du temps, et comment s'est-il structuré ? Tour d'horizon de la constellation des Indignés.

Au cœur de Madrid, sur la place Puerta Del Sol qui avait vu naître le mouvement des Indignés le 15 mai 2011, des mineurs venus de tout le pays ont établi leur campement. En lutte depuis plusieurs mois contre la réduction des subventions gouvernementales aux mines du nord du pays, les mineurs avaient entamé une marche de 400 kilomètres. Les premiers sont arrivés dans la capitale espagnole dans la nuit du mardi 10 juillet, sous les vivats de la population madrilène. Ils sont ainsi venus rejoindre les Indignés qui avaient "pris la rue" depuis de nombreux mois, en Espagne d’abord, en Grèce, en Italie, en France ou en Belgique ensuite, avant d’essaimer jusque sur le continent américain.

Des mineurs, donc, mêlés aux pompiers, aux fonctionnaires et aux retraités, pour poursuivre la lutte entamée par les jeunes de la Puerta del Sol. Mais les enfants de mai 2011, ces jeunes horripilés par les coups de boutoir donnés à la faveur de la crise au modèle social européen, aux droits et libertés, sont-il encore mobilisés ? Vont-ils encore, les bras levés, à la rencontre des forces de l’ordre en les appelant à baisser leurs armes ?

Deux grandes journées de mobilisation, mais ensuite ?

Le mouvement a véritablement culminé le 15 octobre 2011, à la faveur de la première journée mondiale des Indignés. Des manifestations ont eu lieu ce jour-là dans plus de 900 villes à travers le monde. Bruxelles était d’ailleurs l’un des points focaux de cette vaste journée de mobilisation : les Indignés de l’Europe entière s’y étaient fixé rendez-vous pour défiler sous les fenêtres des institutions européennes. Il y eut encore une nouvelle journée de mobilisation le 12 mai, à l’approche du premier anniversaire du mouvement. Mais depuis ?

Longtemps le mode d’action privilégié des Indignés, en Espagne comme en Grèce ou encore aux Etats-Unis (avec le mouvement Occupy Wall Street) a été l’occupation de places publiques symboliques.  "Toma la calle!" proclamait d’emblée Democracia Real Ya !. Puerta del Sol à Madrid, place Syntagma en Grèce, Wall Street à New York et aussi place Flagey à Bruxelles. Mais la résistance passive des occupants n’aura pas empêché les autorités de récupérer les lieux, finalement, et parfois par la force. Le mouvement s’est alors davantage décentralisé, tentant de s’enraciner plus localement et de se disséminer dans la société.

Et cela marche. Sporadiquement, des manifestations ou des actions ont lieu, un peu partout, au gré des événements ou des occasions. A Jerez par exemple, une centaine de manifestants s’en sont pris au siège local du Parti populaire du premier ministre Mariano Rajoy, dont le gouvernement vient d’adopter un plan d’économies drastiques susceptible de faire plonger l’Espagne en récession pour une à deux années supplémentaires.

Plus anecdotique, mais révélateur d’un état d’esprit "indigné" qui imprègne désormais toutes les couches de la population : à Berlin, dans le quartier de Pankow, 300 seniors squattent leur lieu de rencontre communautaire dans cette banlieue plutôt cossue. Motif de leur colère : ils n’acceptent pas que les activités qui les relient et les maintiennent en forme soient déplacées parce que la mairie entend profiter de l’excellente situation des lieux pour réaliser une bonne affaire. Dans le livre d’or des "occupants" de la villa Kunterbunt, un visiteur a écrit ces lignes du poète allemand Erich Fried: "Quand une multitude de petites gens dans une multitude de petits lieux changent une multitude de petites choses, ils peuvent changer la face du monde."

Gonfler les rang altermondialistes

Le mouvement des Indignés rejoint aussi, par sa structure et par ses objectifs, les courants déjà bien enracinés de l’altermondialisme et de la critique radicale du capitalisme. Ainsi, les agendas des Indignés renseignent des activités déjà rôdées depuis plusieurs années, comme le NoBorder camp, en Allemagne, où se réunit comme chaque année la constellation des organisations antiracistes et des  mouvements opposés aux politiques de restriction de l’exil et de l’immigration. Il renseigne également l’Alter-Village de Attac, l’organisation pionnière de l’altermondialisme, qui en est à sa cinquième édition.

Le mouvement reste bien sûr mobilisé sur les plans d’économie imposés dans les pays touchés de plein fouet par la crise de la dette. Ainsi en Espagne, les mesures d’austérité du gouvernement Rajoy cristallisent à nouveau les actions : des manifestations contre "la sauvagerie sociale" sont prévues un peu partout et même à Bruxelles où les expatriés espagnols sont conviés à manifester le 19 juillet. Et dans les mêmes heures, d’autres colonnes de mineurs en grève ont prévu de rallier Madrid, après celle du 10 juillet. L’été madrilène sera chaud.

Se garder du poison populiste

En Grèce, les grandes manifestations et l’occupation de la place Syntagma ont cessé au milieu de l’été 2011. Le mouvement des Indignés s’est là aussi disséminé dans le tissu social : permanences juridiques, soupes populaires, aide médicale gratuite aux gens qui n’ont plus les moyens de payer leurs soins… L’entraide passe également par des réseaux d’échange de services et la mise sur pied de circuits économiques alternatifs, à l’image du désormais emblématique "mouvement des patates", qui avait vu les producteurs grecs de pommes de terre venir vendre leur production en direct et à bas prix aux manifestants de Syntagma.

Pour la journaliste grecque Ira Sinigala, le souvenir de l’occupation de la place Syntagma est vif. Il ne s’est pas éteint, pense-t-elle. "Il y a en permanence des appels à de nouvelles mobilisations et actions. Ce volcan va se réveiller un jour, c’est certain, mais sous une nouvelle forme". Elle n’élude pourtant pas les dangers. "L’un des plus importants aujourd’hui, c’est Aube dorée, ce mouvement d’extrême droite qui puise dans les idées de Syntagma mais leur donne un contenu xénophobe, réactionnaire et souverainiste", explique-t-elle. 

Car si les élections législatives à répétition au printemps 2012 n’ont pas été propices aux manifestations de masse, les revendications des Indignés grecs ont irrigué la campagne électorale. Qu’une partie de la population, désorientée par les ravages de l’austérité, ait été portée à voter pour l’extrême-droite nazie est une réalité. Elle n’occulte toutefois pas le succès du parti de la gauche radicale Syriza qui, avec près de 27% des suffrages en juin, devance de très loin le parti socialiste historique, le Pasok.

"Occupy": le mouvement gagne le continent américain

Aux Etats-Unis, le mouvement Occupy Wall Street a tenu le haut du pavé pendant plusieurs mois, ne cédant le terrain à New York et dans d’autres grandes villes américaines qu’après des évacuations parfois musclées de la police. Se présentant comme le mouvement des 99% (de la population, dominée par 1% des plus riches), les "Occupy" ne font plus la Une. Mais des initiatives subsistent, ci et là : ainsi ce camp d’été pour les enfants organisé dans une école désaffectée de Brooklyn. Il n’a pas encore beaucoup de succès mais ses organisateurs, inspirés par les Freedom Schools de l’époque du mouvement des droits civiques, espèrent accueillir davantage de jeunes pousses militantes d’ici la fin des vacances d’été.

En Californie, des activistes d’Occupy battent le pavé devant Bohemian Grove, le lieu un peu mythique d’une réunion d’été des puissants du monde, en Californie, où les "1%" sont supposés conclure de nouveaux marchés et asseoir leur pouvoir sur le dos des "99%"…

Les voisins québécois ont eu aussi connu leur mouvement d'indignation: le "printemps érable", né dans la contestation d'une hausse des frais de scolarité, a réussi à rassembler bien au-delà des cercles étudiants. Armée de casseroles, c'est une grande partie de la population des grandes villes qui a accompagné le mouvement en dénonçant, par delà la question spécifique des frais d'étude, les restrictions au droit de manifester et la mauvaise gestion de la crise par les autorités.

Les réseaux sociaux sous contrôle ?

Mais aux Etats-Unis, le débat autour des Indignés risque de rebondir sur un autre terrain : celui de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux.

Une des caractéristiques principales du mouvement a justement été sa "viralité", sa capacité à répandre mot d’ordres et rendez-vous sur les réseaux sociaux et à utiliser toutes les ressources de la toile pour favoriser les débats, le partage d’informations et même la participation aux délibérations sur l’organisation du mouvement. En somme, en lutte contre l’hyper-marchandisation de la société, les Indignés n’en sont pas moins ultra-modernes dans leur fonctionnement. Il va sans dire que la liberté d’expression et le non-contrôle de l’internet sont pour eux des valeurs cardinales.

Or, un juge new yorkais a ordonné à Twitter de lui transmettre tous les tweets envoyés par un activiste du mouvement Occupy Wall Street, Malcolm Harris, suite à l’envahissement du pont de Brooklyn le 1er octobre dernier. "Ce que vous donnez au public, appartient au public. Les réflexions que vous gardez pour vous-même, n'appartiennent qu'à vous. Envoyer un tweet, c'est comme crier par la fenêtre", estime ce juge dans sa motivation. Même si Twitter dit vouloir préserver les droits de ses utilisateurs, l’affaire inquiète, car elle pourrait faire jurisprudence et permettre aux autorités de contrôler davantage l’action militante.

Une tendance que l'on retrouve de ce côté-ci de l'Atlantique aussi, et qui traduit finalement l'inquiétude des autorités face à un mouvement qui s'encombre assez peu des "règles du jeu". Preuve sans doute que si le mouvement n'a pas cessé d'exister et que s'il est devenu moins spectaculaire, il n'a pas pour autant abandonné la scène.

T.N.

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 20:43

 

 

 

 

 

http://www.slate.fr/lien/59411/occupy-wall-street-installe-camp-ete-enfants

 

Publié le 17/07/2012
Mis à jour le 17/07/2012 à 10h57

 

 

Occupy Wall Street/DavidShankbone Via FlickrCC Licence by

 

Occupy Wall Street devient un camp de vacances pour l’été. A Brooklyn à New York, deux membres du mouvement Occupy ont décidé d’installer un camp pour les enfants rapporte le New York Times.

 

Deux enfants seulement ont pour l’instant rejoint le camp, établi jusqu’au 24 août dans une école désaffectée.

Un manque de popularité qui s’explique par un très faible budget (sur 300 dollars au total, rien n’a été dédié à la publicité) et un manque de visibilité au sein de la communauté.

«Pour l’instant, on a un nouveau membre par jour. A ce rythme, on aura peut-être un véritable camp dans quelques semaines», positive l’un des fondateurs du camp, Justin Wedes.

Ce projet s’inspire des «Freedom Schools» apparues dans le Mississipi à partir de 1964 en même temps que le mouvement des droits civiques. A mi-chemin entre cours d’été et camp de scouts, le «Paul Robeson Freedom School Summer Day Camp» divise ses journées en deux types d’activités.

Les matinées sont consacrées à des cours de lecture, histoire et maths pendant que des excursions sont organisées l’après-midi au Zoo du Bronx ou au cimetière africain par exemple, un peu comme les camps scouts. L’inscription coûte quand même 80 dollars.

Occupy Wall Street avait débuté en septembre 2011 à New York avant de s’étendre à un certain nombre de grandes villes américaines. Inspiré des «Indignés» espagnols, ces manifestants protestaient contre le système financier et politique des Etats-Unis où les 1% les plus riches dominent les 99%. Installés à Zucotti Park, ils en ont été expulsés en novembre.

Les revendications anticapitalistes du mouvement ne sont pas oubliées dans le camp d’été. David Dobosz, enseignant à la retraite, donne un cours sur le mouvement des droits civiques à ses deux élèves.

Quand un de ses élèves explique qu’Occupy, c’est «la bataille des 99% contre les 1%», son professeur le félicite en critiquant «les efforts des grands médias qui essaient de vous troubler et de compliquer les choses quand elles ne le sont pas».

L’initiative du camp d’été a lieu alors que le mouvement s’est réinstallé dans son camp d’origine à Zucotti Park le 10 juillet. Quelques centaines de personnes s’étaient rassemblées, rapporte Business Insider, et quatre personnes ont été arrêtées.

Ce rassemblement a eu lieu après une marche organisée pour célébrer les cent ans de la naissance du chanteur de folk Woody Guthrie. Une personne a été blessée lors d’échauffourées avec la police selon le Huffington Post.

Photo: Occupy Wall Street/DavidShankbone Via FlickrCC Licence b
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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 20:36

 

LE MONDE | 16.07.2012 à 13h35 • Mis à jour le 16.07.2012 à 14h13

Par Paulo A. Paranagua (Le livre du jour)

 

 

 

La chute du mur de Berlin et l'implosion de l'Union soviétique ont précipité la crise du socialisme cubain. La faillite du modèle économique s'est doublée d'un marasme idéologique, qui favorise l'émergence d'attitudes hétérodoxes, voire de nouvelles utopies.

La jeunesse cubaine ne partage plus les idées des générations précédentes. La pensée unique du castrisme a débouché sur un dédoublement langagier. A côté de la double monnaie en circulation et de la double morale destinée à tromper le régime, il y a désormais deux langues différentes dans l'île. Bien sûr, tous parlent l'espagnol aux accents caribéens, mais jeunes et vieux n'emploient pas les mêmes mots ni les mêmes concepts. La nouvelle génération n'a que faire des précautions oratoires et de la langue de bois. Et quand il lui arrive de reprendre la notion de révolution, c'est pour procéder à une resignification.

Contester à Cuba, la passionnante thèse de doctorat de Marie-Laure Geoffray, s'attache à analyser la trajectoire de trois collectifs indépendants de jeunes artistes et intellectuels : les rappeurs, Omni Zona Franca et la Chaire Haydée Santamaria. Par leurs paroles, spectacles, performances, expositions, happenings, colloques, écrits, manifestations et insertion dans des quartiers populaires, ils sont parvenus à élargir les espaces de liberté, négociant ou biaisant avec les institutions et la répression.

Dans un premier moment, ils se situaient aux marges des activités culturelles ou universitaires, tout en cherchant un impact social. Ensuite, l'apparition des nouvelles technologies de communication et le surgissement d'une blogosphère critique, distincte de la dissidence traditionnelle, ont modifié la donne. Malgré le blocage d'Internet par La Havane, cela a provoqué une politisation des collectifs.

Ainsi, la Chaire Haydée Santamaria (sans lien avec l'université) a suscité la constitution du réseau Observatoire critique, qui fédère des activistes libertaires, écologistes, autogestionnaires, féministes, gays, dont les positions radicales n'empêchent pas le dialogue avec les catholiques, qui sont au coeur du débat sur l'avenir de la société cubaine.

 

Contestation minoritaire

Cuba. Révolution dans la révolution est justement une anthologie de textes de la mouvance Observatoire critique. Le large spectre idéologique de ces jeunes intellectuels s'oppose à la permanence des dogmes et tabous officiels. Leur ancrage dans la culture contribue à une réinvention de l'action et de la politique, face au champ de ruines laissé par le castrisme.

La redécouverte de traditions oubliées, telles que l'anarchisme, coexiste avec la soif de renouer avec la réflexion contemporaine, sans négliger les croyances lointaines. Au-delà du nationalisme insulaire, les influences du mouvement noir américain font bon ménage avec la spiritualité hindoue et l'attrait du mouvement des "indignés". Plutôt qu'un observatoire, il s'agit d'un laboratoire de la pensée et de l'action critiques.

Cette contestation est sans doute très minoritaire, à l'instar de la dissidence et de la blogosphère. La société civile reste embryonnaire, malgré les difficultés de l'Etat cubain. La jonction avec un public plus large dépend des initiatives et du mode d'expression. Les rappeurs ont prouvé qu'ils étaient en phase avec la jeunesse et ont participé à la visibilité de la problématique raciale, dans un contexte d'inégalités croissantes.

Paulo A. Paranagua (Le livre du jour)

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 20:23

Logo Courrier International

 


Menacés d'expulsion pour faire place à la spéculation immobilière, des retraités de Pankow, un quartier de l'est de Berlin, occupent depuis le début du mois la villa qui leur sert de club de loisirs. Reportage.

17.07.2012 | Thorsten Schmitz | Süddeutsche Zeitung

 

Ingrid Pilz, l'une des indignées de Pankow, dans la villa occupée.

Ingrid Pilz, l'une des indignées de Pankow, dans la villa occupée.

 

Jamais auparavant Renate Kelling n'avait squatté quoi que ce soit. Cette première semaine de juillet était pour elle une première. Elle a 77 ans. Comment a-t-elle dormi ? "J'ai eu un sommeil très agité, j'ai dû prendre un somnifère." Le bruit, une nouvelle chambre, les autres occupants, tout cela était très inhabituel pour elle. "J'ai vraiment dû prendre sur moi."

 

A ses heures perdues, Renate Kelling fait du sport avec les autres seniors. Au temps de la République démocratique allemande (RDA), elle était professeur de mathématiques et de dessin technique, une matière qui a disparu des programmes scolaires après la chute du Mur. Le sport lui réussit. Elle fait dix ans de moins que son âge, arbore un teint hâlé. A dire vrai, elle est plus heureuse aujourd'hui. Même si là, tout de suite, elle a "la rage au ventre, pour être franche". Elle confie : "Après tout, nous venons de RDA, et en RDA, tout ne tournait pas autour de l'argent."

 

Pankow, Stille Straße 10. A une époque, cette villa a hébergé la famille d'Erich Mielke [ancien ministre est-allemand de la Sécurité d'Etat, la Stasi], avant d'accueillir un service de la Stasi. Sur le ring (boulevard circulaire) Maïakovski, à deux pas, résidaient les autres dignitaires du régime. Aujourd'hui, ce petit coin de Pankow accueille surtout des familles qui peuvent s'offrir des villas cossues avec jardins, courts de tennis et limousines aux vitres teintées.

 

Au milieu de ce quartier de nouveaux riches, la maison se cache derrière deux immenses sapins, comme si elle avait honte de son crépi couleur terre datant de la RDA. La villa défie ces temps modernes où les agences immobilières guignent le terrain, comme le reconnaît un agent de Pankow : "Ce terrain est une pépite."

 

Trois cents seniors se réunissent depuis quatorze ans à la Villa Kunterbunt, devenue leur éden. Trente-neuf groupes y sont domiciliés : on y apprend l'espagnol, on y joue à la canasta ou au bridge, on y chante. On peut aussi s'y former à l'informatique et suivre les cours de gymnastique de Mme Killing au sous-sol. Sous-sol qui n'est toutefois plus accessible depuis quelques jours, le gardien ayant fait changer les serrures. Désormais, Mme Killing prodigue donc ses cours dans une salle à l'étage.

 

La mairie du quartier de Pankow ne veut plus payer les 60 000 euros annuels nécessaires au fonctionnement de ce lieu de rencontre pour retraités actifs. Lucratif, le bien doit être vendu ou donné à bail. On a proposé aux seniors de délocaliser leurs activités dans d'autres structures. Mais l'adjoint au maire Jens-Holger Kirchner (Verts) n'avait pas compté avec le tollé suscité chez les retraités : "Voir des personnes âgées squatter une maison, c'est nouveau pour nous."

 

Beaucoup de Berlinois passent proposer un coup de main. Une jeune femme qui promène son chien demande ainsi : "Vous avez besoin de nourriture ?" Une mère de 47 ans a envoyé un mail : "Je comprends votre colère, moi aussi je serai retraitée un jour, et je serai bien contente alors d'avoir un foyer pour faire des activités. Vous avez toute mon estime." Tel autre cite un poème d'Erich Fried [1921-1988] dans le livre d'or : "Quand une multitude de petites gens dans une multitude de petits lieux changent une multitude de petites choses, ils peuvent changer la face du monde."

 

Nous avons ici affaire à des squatteurs d'un genre inédit. Des fleurs fraîches ornent la salle commune et la cuisine, laquelle étincelle de propreté. Aucun sac-poubelle qui traîne. Dans le hall de la villa, un planning hebdomadaire recense qui est responsable de quoi, quelles sont les visites attendues et quand. Et l'on est prévenant les uns envers les autres, c'est la règle. Les squatteuses se pomponnent et les hommes portent des pantalons à pinces bien repassés. Si certains dorment ici depuis déjà plus d'une semaine, d'autres n'ont pas encore franchi le pas. L'expérience, une première, viendra. Quand ce sera leur tour de squatter la villa Kunterbunt.

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 18:41

 


16.07.2012 | The Jerusalem Post

 

"Des manifestants bloquent le trafic à Tel-Aviv au nom de la justice sociale", titre le quotidien. Près d'un millier de personnes ont empêché la circulation sur une portion d'autoroute dans la capitale israélienne, le 15 juillet, en signe de solidarité avec Moshe Silman, rapporte le journal. Cet homme a tenté de s'immoler la veille, lors d'une marche marquant l'anniversaire du mouvement de protestation sociale qui avait agité Israël l'été 2011. "L'Etat d'Israël m'a volé et m'a laissé sans rien", a-t-il dénoncé dans une lettre.

 

 

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http://andrenicolas.centerblog.net/3308-les-indignes-violemment-reprimes-par-la-police-en-israel#

 

 Les Indignés violemment réprimés par la police en Israël

 

Publié le 15/07/2012 à 22:56 par andrenicolas  

Le gouvernement israélien cherche-t-il à empêcher une reprise du mouvement social qui avait mobilisé des centaines de milliers d'Israéliens l'été dernier? C'est ce que la presse du pays se demande au vu de la violente répression menée par la police, samedi soir à l'encontre d'une grande manifestation des Indignés.

Plusieurs milliers de personnes convergeaient vers le centre de Tel-Aviv contre l'arrestation de la chef de file du mouvement social de l'été 2011, quand les forces de police sont intervenues, déclenchant une bataille rangées avec les manifestants pris à partie. Quelque 85 manifestants ont été arrêté dans la nuit

 

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 09:51

 

euronews

15/07 02:34 CET

 

 

Pour visualiser la vidéo, appuyer sur la touche "Ctrl" de votre clavier + cliquer gauche sur ce "link"

 

Un homme s’est immolé samedi à Tel-Aviv pendant une manifestation célébrant l’anniversaire du mouvement des Indignés israéliens. L’homme qui s’est aspergé d’essence a laissé près de lui une lettre accusant l’Etat israélien de l’avoir laissé sans ressources.

La manifestation a par ailleurs réuni 2000 personnes selon la police. On est très loin des centaines de milliers d’indignés qui défilaient à Tel-Aviv l’an dernier au plus fort du mouvement.

S’ils sont moins nombreux qu’il y a un an, les revendications des manifestants sont toujours les mêmes: plus de justice sociale et notamment des logements abordables.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahou avait nommé un comité d’experts chargé de réfléchir à une révision de la politique économique, mais la population n’a perçu aucun changement.

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Le Point.fr - Publié le 15/07/2012 à 09:50 - Modifié le 15/07/2012 à 10:24

 

Huit mille personnes ont défilé dans la ville pour marquer l'anniversaire du mouvement qui avait agité Israël l'été dernier.

 

Huit mille personnes ont défilé à Tel-Aviv, selon la police.

Huit mille personnes ont défilé à Tel-Aviv, selon la police. © David Buimovitch / AFP


Un manifestant ayant tenté samedi soir de s'immoler par le feu, au cours d'une marche à Tel-Aviv marquant l'anniversaire du mouvement de protestation sociale qui avait agité Israël l'été dernier, a été hospitalisé dans un état grave, a indiqué une porte-parole de la police. "Il a laissé dans la rue des photocopies d'une lettre qu'il a lue avant de s'immoler. Pour nous, c'est une tentative de suicide", a déclaré la porte-parole de la police, Luba Samri, qui a précisé qu'il s'agissait d'un homme d'une quarantaine d'années.

Huit mille personnes à Tel-Aviv

Des témoins, cités par le site d'information en ligne Ynet, ont indiqué que l'homme avait lu la lettre avant de s'asperger de liquide inflammable et de s'immoler. "L'État d'Israël m'a volé et m'a laissé sans rien", peut-on lire dans la lettre, citée par Ynet. "J'accuse Israël, (le Premier ministre) Benyamin Netanyahou et (le ministre des Finances) Youval Steinitz pour l'humiliation constante que les citoyens d'Israël doivent endurer quotidiennement. Ils prennent aux pauvres pour donner aux riches", poursuit le texte.

Selon la police, quelque 8 000 personnes ont défilé samedi soir à Tel-Aviv. Les manifestants ont repris le principal slogan du mouvement de l'été 2011, "le peuple demande la justice sociale", et ont réclamé la démission du chef du gouvernement Benyamin Netanyahou en scandant "Bibi, rentre chez toi", a constaté un photographe de l'AFP. "J'espère que beaucoup de gens vont venir défiler pour marquer une année de réveil et qu'ils voudront continuer à se battre pour un meilleur avenir dans ce pays", a déclaré à l'AFP Dafne Leef, chef de file du mouvement social de l'été 2011. "L'année écoulée a été très dense. S'il y avait eu autant d'avancées que de promesses non tenues, nous serions dans une bien meilleure situation", a-t-elle ajouté.

Essoufflement

Le gouvernement avait réagi aux manifestations de l'été dernier, qui avaient rassemblé des centaines de milliers de personnes contre la vie chère et les inégalités sociales, en mettant sur pied un comité chargé d'examiner diverses réformes. Mais un nombre restreint d'entre elles ont été mises en oeuvre.

Des manifestations rassemblant plusieurs centaines de personnes ont également eu lieu à Jérusalem et à Haïfa. À Tel-Aviv, la mobilisation était bien inférieure aux attentes des organisateurs qui avaient tablé sur des dizaines de milliers de participants, espérant ainsi relancer le mouvement. Mais cette année, les organisateurs n'ont pas réussi à présenter un front unifié. Parallèlement au défilé principal, parti du théâtre Habima, qui a regroupé environ 7 000 manifestants, un millier de protestataires ont marché sur la promenade de Tel-Aviv, le long de la mer, selon les chiffres de la police.

Ces trois derniers mois, des tentatives pour relancer le mouvement n'ont rassemblé que quelques milliers de personnes, loin de la mobilisation de 2011 qui a culminé le 3 septembre avec près d'un demi-million d'Israéliens dans la rue.

 

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 16:33

 

Liberation
14 juillet 2012 à 13:20


Arrestation d'une femme le 13 juillet 2012 à Madrid lors d'une manifestation contre les coupes budgétaires
Arrestation d'une femme le 13 juillet 2012 à Madrid lors d'une manifestation contre les coupes budgétaires (AFP)

 

 

Aux cris de "démission" ou "honte", plusieurs milliers d'"indignés" ont manifesté vendredi soir à Madrid contre les coupes budgétaires de 65 milliards d'euros décidées par le gouvernement, défilant dans les rues de la ville où ont éclaté des heurts avec la police.

Criant "ils s'en mettent plein les poches, ohé, ohé, ohé", les manifestants, dont beaucoup de jeunes, encadrés par une vingtaine de fourgons de police, s'étaient donné rendez-vous devant le siège du Parti populaire (PP) du chef du gouvernement Mariano Rajoy.

"Je suis venue parce que je ne vois pas d'avenir. Nous n'avons pas de travail, ils nous enlèvent le système de santé et l'éducation", lançait Maria Jimena, une jeune fille de 25 ans qui vient de terminer des études de journalisme. "Et en plus, maintenant, ils s'en prennent même aux chômeurs".

Portant des pancartes avec des slogans habituels du mouvement, comme "ils appellent cela démocratie, et ça ne l'est pas", ils ont ensuite pris la direction du siège du Parti socialiste, d'opposition, qu'ils accusent d'incompétence face à la crise, tout comme la droite.

Alors qu'ils tentaient d'approcher, les policiers anti-émeutes les ont repoussés, chargeant à coups de matraques, avant que les manifestants ne prennent la direction du Parlement, aux crise de "Grève illimitée", "Ce sont nos armes", levant les mains au ciel, "Ils ne nous représentent pas", visant ainsi la classe politique.

Aux abords du bâtiment, quelques groupes qui tentaient de franchir les barrages ont à nouveau été repoussés par les charges des policiers.

Au moins cinq personnes ont été interpellées, selon des journalistes de l'AFP.

"Avec ces coupes, ils nous mènent à la ruine", affirmait Pedro Lopez, un manifestant de 30 ans qui, après avoir étudié trois ans pour devenir fonctionnaire dans la justice, a dû renoncer, les concours de recrutement ayant été suspendus depuis l'an dernier. "Les gens n'ont pas d'argent, et vont en avoir encore moins", ajoutait-il en espérant que les manifestations allaient se poursuivre.

Pedro Hernandez, un retraité de 67 ans, expliquait lui être venu "parce qu'on ne peut pas tolérer ce qu'ils font, toutes ces coupes: les fonctionnaires, les chômeurs, et attendons de voir si les retraités ne sont pas les suivants".

Après avoir adopté un budget 2012 d'une rigueur sans précédent, comprenant 27,3 milliards d'euros d'économies, le gouvernement vient d'annoncer une nouvelle cure d'austérité, avec 65 milliards d'euros d'économies prévues d'ici à la fin 2014, associant des rentrées supplémentaires via notamment une hausse de la TVA et des coupes visant les fonctionnaires et les chômeurs.

Depuis l'annonce mercredi, la colère monte contre ce plan qui atteindra directement le pouvoir d'achat des Espagnols et devrait aggraver la récession.

Les grands syndicats du pays, UGT et CCOO, ont appelé à une journée de manifestations le 19 juillet, tandis que les manifestations de fonctionnaires se multiplient dans tout le pays.

 

 

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