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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 21:11

http://mus21.hautetfort.com/archive/2012/08/05/acampadasol-l-histoire-d-une-place.html

05.08.2012

 

 

Nos maires,conseiller généraux, députés,sénateurs, président ne nous représentent pas!Ils ne sont là que pour parader avec leur partis où leurs copains et souvent hélas tricher.Nos médias ne nous informent pas , ils ne sont là que pour manipuler la pensée et les priorités. Ce film racontent le début du mouvement des indignés sur la Plaza del sol à Madrid ,il y a plus d'un an, décortique leurs réflexions et leurs pratiques de la démocratie réelle, comment ils ont créé par eux même une autre forme de débat au sein d'assemblées générales, comment ils ne se sont pas laissés manipuler par les médias et les partis. On comprend ainsi mieux pourquoi sans leader, ni organisation traditionnelle, ils sont toujours là dans le monde entier. Pourquoi ils sont toujours à Nîmes et dans presque toutes les villes de France.

50 mn pour comprendre les germes d'une révolution qui essaime dans les conciences des espagnols,des grecs, des portugais,des canadiens et même des américains . Les Français y viendront aussi au rythme des plans d'austérités que nos élus nous préparent!

 

 

 

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 21:03

 

euronews.com - 05/08 04:24 CET

 

 

 

Vive réaction, dans les rues de Tel Aviv, au plan d’austérité annoncé cette semaine par le gouvernement israélien.

Il prévoit notamment l’augmentation de la TVA et des impôts sur le revenu, une réduction de 5 % des budgets des ministères, à l’exception de la Défense, de l’Education et du Logement.

Des mesures de rigueur jugées inéquitables par ces manifestants, qui ont défilé par milliers samedi soir.

Parmi eux, Yoav Sagi :

“Nous sommes là pour protester contre le gouvernement des riches, ce gouvernement qui veut augmenter les impôts des classes moyennes et populaires, des étudiants, des pauvres, tandis qu’ils réduisent les impôts des grandes sociétés.”

“Nous voulons changer le système”, “Bibi est bon pour les riches”, les slogans fustigent le nouveau plan budgétaire du gouvernement de Benyamin Netanyahu.
Le Premier ministre israélien est au plus bas dans les sondages depuis son accession au pouvoir en 2009, avec 60% de mécontents, contre 31% de satisfaits.

Plus d'actualités sur : Austérité, Benyamin Netanyahou, Israël, Manifestation, Tel Aviv

Copyright © 2012 euronews


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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 22:20

 

http://www.occuworld.org/news/68512

 

By: OccupyClermont
August 1 2012 15:48

Forts du succès de leurs assemblées précédentes, les Indigné-e-s/Occupy/Réelle Démocratie Maintenant vous proposent un nouveau rendez-vous :

ce samedi 4 août à 14h
Place de la Victoire
Clermont-Ferrand

Suite à des discussions pendant leur dernière assemblée, les Indigné-e-s de Clermont ont décidé de COMMENCER leurs réunions par une assemblée. C’est un détail important : l’assemblée du 4 août commencera à 14h30.

L’ordre du jour sera articulé autour de notre futur weekend au Festival d’Aurillac du 23 au 25 août. Mais d’habitude l’ordre du jour est décidé en début d’assemblée en fonction des personnes présentes et sont aujourd’hui parmi des sujets suivants :

  • Participation au Festival d’Aurillac
  • Participation à la journée #Globalnoise
  • Participation au manifs d’étudiants en septembre
  • Création d’une épicerie équitable (et éventuellement un AMAP)
  • Mise en place les incroyables comestibles,
  • Fabriquer un point info des Indigné-e-s,
  • Construire un « point charge » pour téléphones portables,
  • Actions avec le collectif contre l’incinérateur, audit citoyen, chom’actif, Objecteurs de croissance, Colibri, Zeitgeist, etc …
  • Refont du contenu de notre site Internet
  • Gestion de notre compte twitter,
  • Participation aux réunions nationales et internationales,
  • Travailler sur l’€-P,
  • Création des ateliers de décryptage de langue de bois,
  • Fabriquer un vélo génératrice d’électricité
  • Former un groupe de travail sur la constituante

Nous avons aussi besoin de petites mains pour organiser nos futurs assemblées, faire des banderoles, organiser un rassemblement national, aider Jean-Jo avec son projet d’affichage nationale, faire des compte rendus de nos assemblées, faire des montages vidéos, apprendre des chansons révolutionnaires, répertorier des vidéos pédagogiques, former une armée de clowns, participer à des marches, participer au contre forum à Strasbourg en Octobre, aider à porter le projet #globalnoise, organiser notre intervention au festival d’Aurillac en août, rejoindre le groupe de travail national su la constituante, nous aider à trouver un local …

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 22:59
CNR Midi-Pyrénées - mardi 31 juillet 2012

 

 

Le petit journal de la caravane Bohème.
Le 31 08 2012 minuit.

De Graulhet à Filheit du 14 juillet au 15 Aout....

La caravane s'est posée à Filheit le 23 juillet comme prévu.
Voir l'article précédent :
la caravane est arrivée...

Là, nous avons été accueilli par deux panneaux sur lesquels étaient disposés un arreté municipal de la mairie du Mas d'Azil interdisant la circulation des camions (entendez les nomades) aux abords du lac, redoutant sans doute un afflux massif de "bitnics résistants" envahissant le lieu d'accueil.

Merci Monsieur le Maire de la publicité que vous nous avez faites en vous opposant ainsi à notre venu pourtant programmée et pour laquelle nous attendons depuis Mars, toujours une rencontre. Vous êtes à ce propos invité à nous rendre visite au campement en soirée lors d'une assemblée populaire par exemple.

Merci de la publicité que vous nous avez faites : l'affluence de notre blog a dépassé tous les records d'audience journalier et nous passons désormais les 8000 visites en moyenne au mois !

Mais nous aurions aimé être accueillis autrement, comme bon nombre de vos concitoyens et en l'occurrence administrés l'ont fait, avec parfois hospitalité, et toujours dignité et humanité.

Nous aurions préféré que vous distribuiez notre programme pour inviter les habitant-e-s du Mas d'Azil et alentours à rejoindre la résistance, dans cette aventure créatrice de liens et d'initiatives diverses et variées.

Au lieu de cela, nous avons implanté le campement progressivement, et petit à petit sur la presqu'ile du lac de Filheit des tentes ont fleuri : Nous avons reçu des visiteurs de passage et d'autres se sont installés à nos cotés.
Le campement accueille maintenant une quinzaine de résistant-e-s bien occupés en ce moment en attendant le stage de désobéissance civile animé par Xavier Renou et qui devrait commencer demain. (infoline : 06 65 11 00 51)

Un atelier de confection de tchai a été improvisé cet après midi du fait de rencontres avec des habitants à proximité. C'est de cette même façon que nous avons procédé pour la discussion qui a eu lieu dans l'arrière salle d'un café du Mas d'Azil, discussion fort intéressante sur le nouvel ordre psychiatrique et le controle social animée par Olivier Labouret psychiatre résistant à l'hopital public d'Auch. Il prévoit par ailleurs de donner plusieurs conférences à partir de septembre dans le sud de la France. (+ d'info à venir)

Pour info : Le stage sur le corps et l'engagement politique qui devait se dérouler lundi 30 mardi 31 et mercredi 1 er Aout n'a pu se dérouler et le stage théatre forum qui était programmé du 2 au 5 Aout est annulé du fait d'un manque d'inscriptions à ce jour.

Nous tenons à remercier à ce stade de l'aventure tous les participant-e-s qui ont pu donner de leur disponibilité pour mener à bien cette aventure humaine inscrite dans une résistance créatrice d'alternatives émancipatrices des individus et des Peuples.

Le programme risque dans les prochains jours de vous réserver des surprises...

Restez vigilant et surtout,

FAITES DE LA RESISTANCE.

Le journal de la caravane, bientôt en tournée ? Qui sait ?
En tous les cas à très bientôt.
Et à demain peut être...
Contact :06 65 11 00 51

Créer, c'est résister.
Résister, c'est créer.

Nous avons besoin de lieux pour habiter le monde.

La caravane Bohème.

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 22:53

 

 

http://reelledemocratie-lille.fr/indignes-de-lille/stand-des-indignes-a-la-braderie-solidaire.htm

Le mouvement des Indignés / Démocratie réelle maintenant est régulièrement présent dans les rues de Lille depuis maintenant plus d’un an et appelle la population à se réapproprier l’espace public. C’est pourquoi le samedi 1er et le dimanche 2 septembre 2012, nous, Indigné-e-s de Lille, occuperons la Braderie solidaire !

Nous informerons sur le mouvement des Indignés/Occupy/15 M/Démocratie réelle maintenant et les luttes majeures de par le monde en 2011/2012 : coupures de presse, diffusion de vidéos, filmographie, présentation des alternatives.

Notre objectif sera de susciter la réaction des passants : expression libre, cahier de doléances, création de pancartes.

Seront aussi proposés un espace de gratuité et de troc (livres, graines, bricoles, fringues…) et un espace détente.

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 22:47

 

liberation.fr - 31 juillet 2012 à 17:25

 

Une vieille porte marquée de l'inscription "Toujours occupé" est disposée sur le campement des "indignés", face à la Banque centrale européenne, à Francfort, le 31 juillet 2012
Une vieille porte marquée de l'inscription "Toujours occupé" est disposée sur le campement des "indignés", face à la Banque centrale européenne, à Francfort, le 31 juillet 2012 (AFP)

Le campement du mouvement des indignés ou "Occupy" à Francfort, qui devait être évacué mardi, va rester pour le moment en place, suite à une plainte déposée par les manifestants contre leur évacuation, a indiqué le maire de la ville, Peter Feldmann.

"Une décision +sur la plainte+ n'aura pas lieu avant jeudi après-midi", a déclaré un porte-parole du tribunal de Francfort. Suivant la décision du tribunal, les militants pourraient ensuite faire appel.

Dans un entretien à la radio Deutschlandradio, le maire de Francfort, M. Feldmann, a déclaré vouloir attendre pour évacuer le camp, suite à la plainte, "afin de ne pas piétiner certains droits fondamentaux".

Fin mai, un accord avait été conclu entre la municipalité et les "indignés" pour que ces derniers abandonnent au 31 juillet leur campement de tentes --qui regroupe quelques dizaines de militants anticapitalistes et personnes sans domicile--, notamment pour des raisons d'hygiène. Les autorités menaçaient de recourir à la force en cas de poursuite du mouvement.

Mais des militants ont fait savoir qu'ils ne voulaient pas partir volontairement et ont annoncé qu'ils s'apprêtaient à opposer une "résistance passive" aux forces de l'ordre.

Installé depuis mi-octobre au pied de la BCE en plein centre de Francfort, le campement du collectif "Occupy Frankfurt", qui milite contre "le pouvoir du capitalisme, de l'argent et des banques", est le plus ancien de ce type et de cette ampleur en Europe.

 

 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 15:53

tv5.org

25.07.2012Par Léa Baron

 

 
Récession, augmentation du taux de la dette et nouvelles coupes budgétaires. La situation espagnole se détériore encore. Plus d’un an après le début du mouvement des « indignés » , de nouvelles formes de protestations ont vu le jour : flamenco, radio, échanges de service,coopératives, … Les Espagnols ne manquent pas d’imagination.
Zoom:
Manifestation de fonctionnaires le 19 juillet à Madrid en Espagne / Photo AFP DOMINIQUE FAGET
                                                                                                                                                                                                                     « Mains en l’air, c’est un hold-up », scande la foule jeudi 19 juillet dans les rues de Madrid. De nouvelles mesures de rigueur économique ont poussé des milliers d’Espagnols en colère sur le pavé de 80 villes du pays, à l’appel de syndicats. Ils protestent contre un nouveau plan de coupes budgétaires annoncé le 11 juillet par le Premier ministre Mariano Rajoy comprenant une réforme de l’administration, une hausse de la TVA, la perte de la prime de Noël et la réduction des indemnités de chômage. « No », répondent les pancartes à ces mesures.

La marche organisée au dernier moment, a débuté dans le calme pour finir dans des affrontements violents avec les forces de l’ordre. Avec un quart de la population active au chômage, les Espagnols sont soumis à de lourds sacrifices pour que le gouvernement puisse redresser les comptes du pays.

Plus d’un an après le début du mouvement espagnol du 15 mai 2011 parti de la Puerta de Sol à Madrid, l’ardeur des manifestants ne faiblit pas et entraîne dans son sillage toutes les professions : chercheurs, artistes, architectes, plus récemment les mineurs (voir notre reportage vidéo) et fonctionnaires.

Depuis plus d’un an, "les indignés" multiplient les initiatives populaires artistiques, contestataires ou de service. Leur but est de soutenir le mouvement du 15 mai et pallier les désengagements de l’État. 
Zoom:
Huit pompiers des Asturies posent nus en soutien aux "indignés" / Photo Cesar Manso
A poil

Dernière idées de mobilisation en date : se dénuder pour soutenir les « indignés ». Huit pompiers des Asturies - au nord de l’Espagne - ont décidé de poser nus, simplement parés de leurs casques et de leurs bottes. Debouts, dos à l’objectif, ils ont été pris en photo près de leur camion, sous une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Tant de coupes nous ont laissés à poil ». Eux aussi protestaient contre les coupes de salaires et la fin de leur prime de Noël dont ils sont victimes comme les fonctionnaires. En dépit des risques pris dans leur métier, leur salaire ne dépasse pas 1 550 euros par mois. 
Zoom:
Photomontage du site Dark Spaces qui détourne des affiches de la banque Bankia / capture d'écran
Révolte artistique

Les « indignés » rivalisent d'imagination pour exprimer leur colère à l'égard des banques, symboles des maux économiques du pays : concerts de casseroles, danseurs de flamenco accompagnés de chanteurs (voir notre interview du groupe d’activistes Flo6X8) dont les vidéos des actions sont relayées sur les réseaux sociaux.

Certains s’amusent aussi sur Internet à détourner les affiches publicitaires des banques comme celle de la Bankia. Le portrait de l’ancien président de la Bankia, Rodrigo Rato, est remplacé sur les affiches par le personnage Gollum, la créature si avare du Seigneur des Anneaux. Au lieu de « Nous avons ouvert un compte à l'avenir », le message de la banque devient « Ton argent est notre trésor ». 
Zoom:
Le groupe des YayoFlautas manifeste devant une banque / Photo Twitter YayoFlautas
Papy et mamie font de la résistance

La colère à l’encontre des banques fédère les générations. Les papis et mamies espagnols du collectif YayoFlautas, apportent leur contribution au mouvement. Né à Barcelone, ce collectif s’est étendu au reste du pays.

Leur credo : vêtus de gilets jaunes fluorescents, ils occupent les succursales de banques pour y lire un texte dénonçant la crise. En février 2012, ils innovent et sont des dizaines à envahir les bus de  Barcelone. (voir la vidéo à droite)

Ces indignés de plus de 60 ans sont inquiets de l’avenir réservé à leurs enfants. « Nous sommes de la génération qui a lutté et obtenu une vie meilleure pour nos fils et filles. Maintenant, ils mettent le futur de nos filles et petits-enfants en danger », lit-on sur le statut de leur compte Twitter suivi par plus de 15 000 abonnés.

La Oficina precaria délivre des conseils sur l'emploi / capture d'écran
Coopératives en action

Ces actions de protestation fleurissent grâce aux initiatives de collectifs. Mais un autre type de mouvement a vu le jour progressivement : les coopératives. Ces réseaux d’entraide faisant l'objet d'un article d'El Pais , reposent sur une solidarité citoyenne afin de remplacer l’État qui se désengage de plus en plus.

La Sinergias Cooperativa San Blas (Coopérative de synergies de San Blas) est née du mouvement du 15 mai et permet à ses membres d’échanger des services : électricité, informatique, conseils administratifs ou juridiques. D’autres misent sur une économie alternative avec la CASX : Cooperativa de Autofinanciacion Social en Red (CASX : coopérative de réseau d'auto-finance sociale). C'est une banque autogérée et avec des prêts sans intérêt où l’argent prêté provient de dons. Certaines personnes proposent aussi des conseils juridiques pour tous les travailleurs à travers les permanences de La oficina precaria (le bureau de la précarité).

Zoom:
Dernier numéro paru du magazine Media15m

Médias de crise

La force du Mouvement du 15 mai qui a conquis les villes du monde entier, c'est la communication. Les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter permettent ainsi de mobiliser rapidement les manifestants dans tout le pays. Les dates des assemblées, les compte-rendu des actions des collectifs ou des coopératives de 62 villes du pays sont disponibles sur une même plateforme Internet : Tomalaplaza.

D'autres médias ont été créés depuis le 15 mai, porte-voix des espagnols en colère. La radio indépendante associative et autogérée Agora Sol Radio « donne la parole aux indignés » sur son site Internet depuis le 26 mai 2011.  A son micro, toutes personnes donnant son opinion sur des problèmes de société, des intervenants présentant des initiatives solidaires, ...

Le même engagement anime la rédaction du magazine gratuit Madrid15m qui vient de publier son cinquième numéro diffusé à 35 000 exemplaires. Chacun peut y soumettre un article à condition de ne pas être membre d’un parti politique ou d’un syndicat. Madrid15M se fait l’écho des actions des « indignés », des préoccupations économiques des Espagnols comme le fait en vidéo Toma la tele. Cette chaîne en ligne sert de plateforme audiovisuelle participative depuis mars 2012 et vise aussi à couvrir en direct les événements liés au mouvement. Toma la tele, est alimenté grâce au travail de bénévoles.

Au cours d’un an de mobilisation, les « indignés » ont instauré tout un système de communication et d’entraide communautaire alors que l'État multiplie les coupes de budget. La lutte du peuple espagnol continue.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 15:41

Je répercute pour l’analyser, cet article paru dans le Monde

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/07/23/les-indignes-israeliens-face-au-geste-desespere-de-moshe-silman_1737086_3218.htmlLes indignés israéliens face au geste désespéré de Moshé Silman

Le Monde.fr | 23.07.2012 à 19h29 • Mis à jour le 23.07.2012 à 20h32

Par Laure Beaulieu

 

 

Le 14 juillet, quelques milliers d'indignés  israéliens manifestaient à Tel-Aviv pour commémorer le premier  anniversaire du mouvement socialle plus important de l'histoire du pays, la "Révolte des tentes", lancé à la mi-juillet 2011. Dans le cortège, Moshé Silman, un Israélien  cinquantenaire criblé de dettes, s'est immolé par le feu. Transféré à  l'hôpital, il est mort des suites de ses blessures, le vendredi 20  juillet.

Avant de se brûler vif, Moshé Silman a lu à voix haute une lettre mettant directement en cause le gouvernement israélien. "L'Etat d'Israël m'a volé et m'a laissé sans rien (...) J'accuse Israël, Benyamin Nétanyahou et [le ministre des finances] Youval Steinitz d'être responsables de l'humiliation constante que les citoyens d'Israël doivent endurer quotidiennement. Ils prennent aux pauvres pour donner aux riches." La sœur de la victime, dans une interview au journal israélien Yediot Aharonot, a précisé : "Quand ils lui ont tout pris – son entreprise, ses camions et sa maison –, il a perdu tout espoir. Ensuite, sa situation n'a cessé de se détériorer. Il n'a pas réussi à le supporter. Il a fait appel à tous les organismes mais n'a jamais eu de réponse."


TRAGÉDIE "PERSONNELLE" OU "COLLECTIVE" ?

À la suite de l'immolation de Moshé Silman, Benyamin Nétanyahou a déclaré sur sa page du réseau social Facebook : "C'est une grande tragédie personnelle." Pour les indignés israéliens, Moshé Silman est plutôt le symbole d'une  tragédie collective, celle d'une société israélienne en proie à des  difficultés croissantes pour se loger, se nourrir et faire face à un accroissement des inégalités.

Au lendemain de l'immolation de Moshé Silman, une manifestation  d'hommage a été organisée à Tel-Aviv. Les indignés ont remplacé leur  photo de profil sur le réseau social Facebook par une inscription "I, too, am Moshe Silman" ("Moi aussi, je suis Moshé Silman"). Cette phrase pour témoigner de leur soutien, mais aussi pour signifier leur sentiment d'être dans la même misère sociale que la victime.

Le samedi 21 juillet, après l'annonce de la mort de Moshé Silman, plus de 2 000 personnes  sont descendues dans la rue à Tel-Aviv. Dans le cortège, les  manifestants scandaient "Nous sommes tous des Moshé Silman ce soir", et brandissaient des pancartes, sur lesquelles on pouvait lire : "Bibi [le surnom donné au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou] tu m'as brûlé aussi."


NOUVEAU DÉPART POUR LE MOUVEMENT DES INDIGNÉS ?

Le geste désespéré de Moshé Silman va-t-il relancer le mouvement de juillet 2011 ? Anticipant la réponse, certains ont  rapidement dressé un parallèle entre sa mort et celle de Mohammed  Bouazizi, qui s'était immolé le 17 décembre 2010, lançant le mouvement  de protestation en Tunisie contre le régime de Ben Ali, et par extension, ce que l'on appellera plus tard, le "Printemps arabe".

Le mouvement social, débuté à la mi-juillet 2011, dénonçait la hausse du coût de la vie, notamment du logement, et un accroissement des inégalités sociales. Il a débuté lorsque Daphni Leef, initiatrice du mouvement, a planté sa tente, le 14 juillet 2011, sur le très huppé boulevard Rothschild, suivie ensuite par des dizaines de  milliers d'Israéliens.

 

Lire le portrait de Daphni Leef :  'Daphni la Rouge', icône de la révolte sociale israélienne


Le mouvement "J14" (pour "July 14"), aussi appelé la "Révolte des  tentes", a culminé le 3 septembre dernier, lorsque 450 000 personnes,  une première dans le pays, se sont rassemblées à Tel-Aviv pour manifester pour "la justice sociale". Mais, en octobre 2011, passée environ huit semaines de mobilisation, le mouvement s'est essoufflé.

 

À lire :  Le message politique des 'indignés' israéliens


Depuis quelques semaines, des tentatives de relance du J14 ont  échoué. Le 22 juin dernier, Daphni Leef a été arrêtée par la police  alors qu'elle tentait d'installer à nouveau sa tente sur le boulevard Rothschild. Pour protester contre cette arrestation, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Tel-Aviv le 23 juin. Ce jour-là, 85 manifestants ont été arrêtés par la police, après que des affrontements ont opposé la police aux indignés.

Le geste désespéré de Moshé Silman a été suivi par cinq autres  immolations, depuis le 14 juillet. La dernière d'entre elles, et la plus grave, a eu lieu le 22 juillet, quelques heures avant les funérailles de Moshé Silman. Dans les  environs de Tel-Aviv, un homme handicapé d'une quarantaine d'années "a mis le feu à ses vêtements à un arrêt de bus près de Yehud", a expliqué le porte-parole de la police israélienne à l'AFP. Hospitalisé à Tel Hashomer, l'homme est brûlé sur 80 % de son corps.

Le positionnement des leaders du mouvement par rapport à ces actes de contestation d'un nouveau genre en Israël, où les cas d'immolations  sont très rares, est compliqué. "Nous ne pouvons pas encourager une telle chose", a déclaré Stav Shaffir, une des leaders du mouvement, au New York Times. "Mais, d'un autre côté, nous ne pouvons pas ignorer cet acte. Moshé Silman a hurlé la douleur de beaucoup de personnes", conclue-t-elle.

 

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 12:15

Pas ou peu de nouvelles de ce mouvement en France à priori. Mais au fait, avait-il réellement commencé ? Les temps forts n'ont jamais dépassé 10 000 personnes, pas de quoi parler de révolution. Et pourtant, tout le monde l'attend cette révolution, alors que se passe t'-il ? Pourquoi la mayonnaise n'a-t-elle pas pris ? Est-ce que tout cela a été vain ? La date du 15 mai 2011 est souvent présentée comme le démarrage de la contestation, en Espagne sans aucun doute mais en France, est-ce si simple ? 

 

 

Réponse a une crise mondialisée, la grogne se voulait globale pour être efficace et entendue. Les mécanismes qui opèrent aujourd'hui, comme l'austérité, le recours au crédit, la croissance des échanges commerciaux sont bien huilés et émanent d'institutions mondialement organisées et légitimées (FMI, Banque Mondiale, UE, États-Unis, OMC...). Les indignés était nés de la volonté de ne plus assister impuissants à la continuité des travaux de ces technocrates qui n'écoutent que ceux qui s'appuyaient sur leurs mêmes postulats. Absentes des tables de négociations, la société civile se réveillait, bien décidée à faire entendre sa voix. Seulement, pour peser dans le rapport de force, il fallait d'abord suivre les règles du camp dominant en opposant par exemple un parti politique, un leader ou une armée. Impossible de rentrer dans de tels cadres pour les indignés de la première heure puisqu'on ne faisait que rejouer la pièce qui tourne depuis trop longtemps sur la scène internationale avec comme acteurs principaux : ONG, associations, partis dissidents et les institutions évoquées plus haut. C'est ainsi qu'a commencé le casse tête des leaders du mouvement car oui, il y en a. En réalité il s'agit plutôt d'un groupe moteur dont les membres sont mouvants en fonction de leurs disponibilités mais surtout selon leurs aptitudes à appréhender le sujet du moment. Les meilleurs talents s'expriment ainsi au moment opportun et s'éclipsent dés lors qu'ils n'ont plus de valeurs à ajouter et cela, naturellement. Ce groupe a tenté de dessiner un plan pouvant être adopté par tous les révoltés en prêtant attention aux différences culturelles : mission impossible. Tant bien que mal, les protestations ont eu lieu et se sont même propagées outre Atlantique. 

 

De la part des médias mais aussi des indignés eux même, il y a eu confusion. On avait bien différencié le printemps arabe du mouvement plus occidental, les contextes et enjeux ne se recoupant qu'a des niveaux très fondamentaux. Nous avons cru qu'entre Espagne, Grèce, France, USA... du fait de notre ancrage fort dans la même société post-industrielle, qu'il nous était possible de mener le combat d'un même front mais c'est là que nous avons fait erreur. A la racine même du mouvement, dans sa plus profonde signification, nous nous sommes plantés ! Comment pouvait-on croire que nous allions fédérer un pays de gueulards comme la France, avec le lourd passé de lutte syndicale et politique qui caractérise notre pays ? Il n'y pas si longtemps, Grèce et Espagne étaient encore des dictatures et les groupes d'opposition structurés qui avaient plutôt intérêt à se planquer. En France nous avons eu le temps de faire et défaire ces groupes, de les institutionnaliser même, pour finalement les rendre inutiles dés lors qu'ils s'aventurent à endosser un des rôles plus nobles que celui de figurants. Aux Etats-Unis, pays de la liberté d'entreprise mais avant tout de la liberté tout court, comment pouvait-on remettre en question un système qui a priori, laisse les gens le plus libre possible et donc directement responsables de leurs sorts ?

 

Pour autant, les populations de chaque pays ont profité de cette vague à leurs manières. L'Espagne, orpheline de contre pouvoir de poids, s'est dotée de la forme revendicative la plus citoyenne qui n'ai jamais existé dans des pays comparables. Le mouvement ne faiblit pas, au contraire il nous montre toute sa vigueur ces derniers jours. Plusieurs centaines de milliers de personnes sont dans les rues, soutenues par les pompiers et même les policiers. En Grèce, dans le pays du chacun pour soi ou il est de bon ton d'évincer le système même si cela passe par quelques désagréments pour son voisin ou ses concitoyens, tout change. On y redécouvre la solidarité. La société qui s'installe par l'action des citoyens est bien plus socialiste que ce qui à pu exister jusqu'alors. On citera par exemple cet hôpital qui à fonctionné plus d'un mois gratuitement alors qu'il devait être fermé par manque de financement. Plus spectaculaire, la distribution des invendus alimentaires des producteurs au départ illégal, désormais organisé par les mairies. Aux USA, un peuple lobotomisé de consommation débile à la Mickey et McDo voit les noms de Naomi Klein et Michael Moore apparaître sur ses écrans de télé. Grâce à Occupy Wall Street, ils ont réussit à sortir de leur léthargie critique pour engager la réflexion. Locomotive d'une société aveuglement égoïste, ce pays prend enfin conscience à grande échelle de sa réalité et de ses impacts. Enfin, en France, là où seulement quelques petits groupes se sont réunis dans des grandes villes, les bouleversements sont plus discrets. Pour beaucoup déjà impliqués, ceux qui participent au mouvement ont commencé par s'entendre et se comprendre. Front de gauche, Attac, NPA, Verts, syndicalistes... tous se sont écoutés pour faire face à l'urgence. Marquée par les échecs du passé, la récupération était une dérive à éviter à tout prix, ce qui n'a pas manqué de compliquer les rapprochements et d'entretenir la cacophonie.

 

La France a donc cela de particulier que sa vie politique et plus précisément, la démocratie sont chargées d'histoire. C'est en fait une force puisqu'elle a permit un foisonnement d'espaces de réflexions. Mieux encore, les alternatives ne manquent pas. Depuis quelques années, des figures comme Pierre Rabhi, des organisations comme la NEF, Terre de liens ou encore le réseau AMAP développent une vraie société parallèle. A l'occasion des rassemblements, les indignés se sont échangés leurs savoir, ont étoffé leur réseaux et passent désormais à l'action, c'est la vrai réussite de ce mouvement. Sur Internet aussi, les échanges fructifient et apportent de véritables solutions. Entre potagers collectifs, cantines populaires, zones de gratuités, éducation populaire et monnaies locales, la France n'a rien à envier aux Espagnols, au contraire. La réponse à la problématique du mouvement est finalement aussi simple qu'un slogan de campagne : Relocalisation. Les réponses efficaces correspondent à des problèmes locaux et incluent les personnes directement touchées et à même de changer leur parcelle d'influence. Comme disait si bien Gandhi, soyons le changement que nous voulons voir dans le monde. Les outils sont à notre disposition, y'a plus qu'à !

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 22:21

 

Marianne - Dimanche 22 Juillet 2012 à 16:00

 

Greek Crisis
Historien et ethnologue, ancien correspondant en France pour la revue grecque Nemecis, Panagiotis... En savoir plus sur cet auteur

 

Notre blogueur associé Panagiotis Grigoriou poursuit son récit impressionniste de l'été grec. Il revient également sur le mouvement des Indignés, ses composantes sociologiques, ses évolutions, à l'heure où la Grèce est soumise au Mémorandum de la Troïka.

 

(Le mouvement des Indignés est né l'été dernier - Petros Karadjias/AP/SIPA)
(Le mouvement des Indignés est né l'été dernier - Petros Karadjias/AP/SIPA)
Ce mois de juillet est déjà bien plus accablant que d'habitude. On circule moins, on respire moins et finalement d'année en année on a aussi l'impression de moins vivre. C'est ainsi qu'on regarde parfois en arrière allant de surprise en surprise. Il y a un an, à Athènes, place de la Constitution et ailleurs en Grèce, c'était l'éclosion du mouvement des Indignés, spontané, prometteur, et qui s'est finalement avéré bien prométhéen par certains de ses aspects. Au même moment sur la Place de la Constitution, la peur de l'avenir rencontrait, non sans détours, l'envie de lutter, la rage du renversement. Je n'oublierai pourtant jamais en tout cas cette grande joie qui régnait sur la place, ainsi que la redécouverte du sens collectif, et du sens peut-être, tout simplement.

C'est précisément cette ambiance joyeuse, donc porteuse d'avenir, que représente la photographie du blog, prise au hasard, et montrant une jeune femme anonyme, indignée mais souriante, assise devant les unités des CRS grecs, que l'on nomme ici les «MAT». Sauf qu'on s'approchait déjà de la fin d'une étape. C'était en 2011, loin derrière. En prenant ce cliché, et sans aucune mise en scène, j'ai aussitôt été conscient qu'il s'agissait bel et bien d'un instantané historique et ceci pour une raison déjà évidente : elle incarne l'espoir d'un renversement rapide du mémorandum, et l'espoir tout court du renouveau, mais d'un renouveau déjà difficile à cerner avec précision.

Mise à part toute synchronie avec les autres mouvements en Europe, la dynamique propre du mouvement des Indignés en Grèce a été une première synthèse déjà, d'une année sous le Mémorandum. Il cristallisa ainsi la fin de certaines illusions sur le caractère prétendument passager de la crise, tout comme le mouvement de désobéissance : « Je ne paie plus », illustré notamment dans sa lutte, assez controversée il faut dire, contre les péages autoroutiers depuis l'été 2010. Plus que par le passé dans l'histoire récente du pays, les Indignés ont été ceux parmi les citadins, qui n'avaient pas auparavant manifesté, et ceci depuis de longues années ou très probablement jamais. Sauf qu'une deuxième illusion est venue s'y greffer un an plus tard: « la fin du Mémorandisme étant potentiellement annulable par les mouvements populaires ».

J'étais présent place de la Constitution en mai et juin 2011. La foule fut disparate à l'image de notre classe moyenne, et il y avait toute sorte d'indignés, de tout âge, des familles entières avec enfants jusqu'aux vieillards. Parmi eux, il y avait de nombreux électeurs encore tout récents des partis dits de gouvernement, du PASOK et de la Nouvelle Démocratie. Ils étaient facilement reconnaissables, tous ces gens n'ayant jamais manifesté, sauf dans les stades pour certains. En filigrane, toute cette sociologie à l'image du pays, c'est-à-dire soudaine et anxieuse. En observant leur façon d'être vêtus, on pouvait remarquer sans se tromper qu'ils vivaient encore dans un certain confort, seulement désormais ils avaient déjà mis un pied dans le labyrinthe de la paupérisation.

À la mi-juin 2011, durant la discussion du projet de loi-cadre d’orientation économique 2011-2014 (oubliée depuis mais toujours valable), devant le Parlement et sur la Place de la Constitution (Syntagma), la police a fait usage de sa force avec une violence inouïe. Les CRS grecs ont visé les indignés et une quantité, puis variété jusque là inégalées de produits chimiques, ont visé les manifestants alors de tout âge. J'ai vu des vieillards tomber comme des mouches, des enfants hurler, des gens n'ayant aucune culture protestataire en état de choc. Tel était finalement le vrai but du pouvoir : anéantir les consciences, leur psychologie et leur combativité en provoquant l'état de choc.

Place haute et place basse

La sociométrie et les dynamiques de la Place ont beaucoup intrigué déjà, les participants eux-mêmes, et comme c'était attendu, les nombreux analystes qui se sont aussitôt penchés sur le phénomène. Car en réalité, ce pluri-mouvement des indignés a été une école inachevée, enseignant le nouveau sens (bon et mauvais), dans la conduite des affaires publiques mais sans aller jusqu'au bout de l'invention. C'était je crois impossible. Je pensais alors en observateur participant à ces faits et gestes politiques que pour une fois, et ceci depuis si longtemps dans la capitale, mais aussi ailleurs dans le pays, nous avions retrouvé un peu de cette réflexivité abandonnée depuis les années 1960, abandonnant par la même occasion également tout questionnement sur soi, créateur à la fois des institutions et de la démocratie, dans la mesure où les citoyens, (jusqu'à un certain seuil en tout cas), devraient être conscients de ce qu'ils font. Mais d'habitude ils ne le sont pas. La preuve, les élections législatives de juin 2012.

À travers les messages portés et les visages alors multiples de la place de la Constitution de l'été 2011, d'emblée on a distingué le rassemblement dit de la « haute place », et celui de la « place basse ». Le premier, situé près du monument du soldat inconnu, était d'habitude composé d'individus plutôt jeunes, visiblement issus des quartiers populaires et pratiquant la sociabilité et la culture des stades de football. Colériques, ces jeunes usaient des slogans issus de leur seul univers politique connu, à peu de choses près, sauf sur la certitude que notre pays sombre « sous le complot des banques et le côté obscur de la force, de surcroît planétaire ».

Souvent considérés comme apparentés à l'extrême droite par les autres manifestants (et l'Aube dorée avait déjà pénétré la « place haute »), sauf que cette appartenance concernait une partie seulement des manifestants, alors indéterminée. Ces jeunes, les cranes rasés, tatoués aux bras, portant des drapeaux grecs, ont été la composante déjà « populiste » des indignés, et il est vrai qu'ils se sont montrés aussi critiques et hostiles vis-à-vis du « reste populaire » de la place. Surtout vis-à-vis de celle située plus à gauche de « la place basse », qualifiée même par eux comme résultant d'un « carnaval des progressistes ». Les slogans de la « haute place » étaient alors simplistes et radicaux comme notamment, « la Grèce appartient aux Grecs », un slogan tout de même introduit en Grèce dans les années 1970, par les socialistes d'Andréas Papandréou et du PASOK, par la suite slogan officiel de l'Aube dorée. Ces jeunes criaient aussi souvent que possible « voleurs - voleurs », en direction de l'édifice du Parlement, mais chantaient également certaines chansons de Mikis Theodorakis, issues du patrimoine et des représentations politiques de hémisphère gauche des indignés. C'est ainsi que tout étiquetage trop hâtif des composantes de ce mouvement m'a semblé délicat à l'époque.

Les Indignés ont été délogés de la Place Syntagma et par vagues successives dans la répression entre juillet et août 2011. C'était déjà en plus l'été grec, encore un. Par analogie, je dirais qu'une certaine idée de la protestation a été autant délogée de l'espace symbolique et politique en juin dernier aux élections. Et durant ce troisième été mémorandaire, tout laisse croire qu'un nouveau cycle du chaos est sur le point d'être entamé.

«Je ne sais plus quoi faire des chats»

Ce mercredi 18 juillet, le meltem a enfin soufflé, ce vent étésien de nord (souvent soutenu) s'établissant entre juin et septembre. Sa force maximale sur l'échelle de Beaufort étant 8 (et exceptionnellement plus), hier déjà, on a mesuré un vent de force 7 sur l'île de Salamine. Donc on respire, ou presque. Mon ami Th., (journaliste au chômage) après son malaise médico-social l'ayant conduit aux urgences de l'hôpital mourant (c'est l'hôpital qui est mourant), est parti dans le Péloponnèse, accompagné de son épouse médecin, l'hébergement à la mer étant offert par leurs amis. Pourtant le malaise persisterait, tout comme la Troïka : «J'ai envie de tout effacer de ma tête, m'adonner à la mer et à mes lectures, lectures évidement hors sujets liés à crise, c'est clair. Mais je ne me sens pas bien. Hier, après une courte balade, j'ai cru que j'aurais besoin d'oxygène, j'étouffais, ma femme m'a encore porté secours. Tout est devenu si interminable, heureusement que notre mer l'a toujours été, heureusement...», a-t-il confié ce matin par téléphone.

Avant de quitter Salamine j'ai salué pour une dernière fois les cargos et autres pétroliers tenus à l'encre en attente des futures cargaisons à proximité de l'île historique, dont le Massa, un cargo battant pavillon Togolais. J'ai également salué madame Voula, originaire du Pirée et installée sur l'île depuis plus de quarante ans. Visiblement elle souffre. J'ai 85 ans désormais, mon stimulateur cardiaque implanté dans mon corps ne délivre plus des impulsions électriques correctes au cœur. Je vais mourir je crois, je suis trop fatiguée de tout et de tous. J'attends la fin du mois pour savoir si mon cadeau annuel de l'été doublant ma retraite sera maintenu, elle est plafonnée à 480 euros par mois. C'est seulement après que je téléphonerai au médecin, car il faut tout payer maintenant. Ou sinon je ne ferai rien pour offrir cet argent à Nikos, mon fils. Il est au chômage depuis un an. Il est ouvrier très spécialisé et jadis très recherché pour cette raison sur tous les grands chantiers difficiles. Le nouvel aéroport d'Athènes et le pont entre le continent et le Péloponnèse c'était aussi lui. Il déprime, sa femme, par crainte de se retrouver au chômage a opté pour la préretraite disons offerte par les récentes lois, ils vivent comme dans un poulailler avec leurs deux enfants, 450 par mois c'est pour mourir et non pas pour vivre. J'en ai donc assez, je voudrais encourager mon Nikos mais c'est impossible, il pense sans cesse à toutes ces années où il travaillait gagnant bien sa vie. J'ai peur qu'il fasse une connerie. Puis je ne sais plus quoi faire des chats. J'ai toujours nourri tous les chats du quartier ayant élu domicile chez moi. J'enlève maintenant de ma propre nourriture pour en acheter pour eux, c'est intenable. Et en plus, il y a les portées et les chatons, six déjà. Je ne sais pas si cela vaut la peine de vivre davantage, je dis cela pour moi, pas pour les pauvres bêtes».

Les grands travaux et les pauvres bêtes c'est aussi la Grèce en ce juillet 2012. Je me souviens qu'Anna, une amie exerçant son métier d'ingénieur avait également travaillé pour les deux consortium ayant construit le nouvel aéroport et le pont entre la Grèce centrale et le Péloponnèse. Respectivement, le premier était majoritairement allemand, et le deuxième français. L'Europe tel un grand marché, et en or pour certains, la seule. Depuis, Nikos est au chômage en fin de droits, et Anna est embauchée par une multinationale française pour superviser ses chantiers hors Europe. Contrairement à Nikos au moins, et à part son maintien au sein du monde du travail (global et savamment divisé), elle ne subirait plus le bombardement incessant de mauvaise nouvelles de nos médias sous la bancocratie.

Ce mercredi par exemple, à part l'évacuation des faubourgs de la ville de Patras sous la menace d'un incendie d'envergure, à part le cas de tuberculose détectée chez certains employés d'un restaurant huppé donnant sur la place de la Constitution, nous avons eu droit à de nouvelles mesures annoncées par la Troïka de l'intérieur, autrement dit par le gouvernement tripartite, déjà sous tension. Il est évident que les maigres promesses électorales « des amis de l'Europe » ne sont plus tenables aux dires de la Troïka de l'extérieur et aux yeux de tous. Austérité, réductions et grande braderie. On s'y prépare à démanteler et à vendre la Société nationale des chemins de fer, ce qui a déjà provoqué la colère des partis de gauche et notamment du parti communiste. Du coup, et d'après le site de la radio-télévision hyper-mémoradienne Skai (elle appartient à un armateur), « Deutsche Bahn s'apprêterait à embaucher des cheminots des pays du sud de l'Europe actuellement au chômage, car elle manquerait de personnel ». Pour une fois que ce n'est pas du STO, remercions alors Madame Merkel, qui d'ailleurs ne bénéficie toujours pas d'une très bonne presse en Grèce en dépit des efforts de l'Ambassade de la Métropole et des journalistes qui lui sont fidèles et sincèrement chers, ici à Athènes.

Recrudescence de la tuberculose

Le journal de la gauche radicale, Avghi, dans son édition du dimanche dernier, croit préciser « qu'un certain arrangement a été conclu entre François Hollande et Angela Merkel pour ce qui relève de l'instauration chez les sur-endettés de l'Union Européenne, d'une variante de la Treuhand, de cette agence fiduciaire de droit ouest-allemand chargée de la privatisation des biens de la République démocratique allemande (RDA) après la réunification du pays, autrement-dit, de sa braderie. Cet organisme a déjà vu le jour en Grèce bien évidement, et ce processus serait applicable ailleurs, au gré des parcours mémorandaires des pays en question ». Si c'est vrai, Radio Paris serait de nouveau allemand alors ... Pour se souvenir un peu de Pierre Dac et de l'air de la Cucaracha, mais comme l'histoire ne se répète pas, il nous faut trouver d'autres explications, plus complexes et donc plus contemporaines dans toute leur géopolitique, avant d'évoquer bêtement une quelconque Propaganda Abteilung Frankreich.

On apprend aussi ces derniers jours que pour les vaccins de leurs enfants, de nombreux parents s'adressent désormais aux structures médicales d'aide et de soins d'urgence, car ils ne peuvent plus se payer ce luxe, d'où sans doute la recrudescence des maladies comme la tuberculose. Temps de crise, donc malades. On achète pourtant des bijoux de pacotille en bord de mer à Salamine, ou du moins, on fait semblant tandis que sur son marché de poissons, de nombreuses espèces pélagiques sont plus inabordables que jamais. La rupture sociale entre poissons des pauvres et poissons des riches est définitivement consommée. C'est bien connu, le poisson du riche a toujours dévoré la sardine du pauvre ! C'est la loi de la mer. Pourtant, lundi après-midi sur une de ses côtes situées à l'Ouest, des enfants scouts et leurs accompagnateurs laissaient déborder leur bonheur de la plage retrouvée.

C'est vrai qu'à certains moments de nos existences, le mémorandum disparaît complètement. Nous ressemblerions alors à ces soldats permissionnaires de 14-18, sauf que dans les trains de permissionnaires et les gares régulatrices l’indiscipline a toujours régné. Pour les heureux participants à la Troisième Grande Guerre des dettes souveraines et du siècle d'après, et peut-être même de trop, la permission est devenue un processus autrement plus complexe, et puis les gares régulatrices appartiennent elles aussi aux banques.

Néanmoins, des permissions existent. À Athènes, certains accrocs aux autres formes de vie que celle des hommes, affichent des avis de recherche pour les chatons égarés. La gauche quant à elle, affiche déjà sa volonté à manifester à Thessalonique, au moment du discours annuel du Premier ministre à l'occasion de la foire commerciale, qui n'est que l'ombre d' elle-même, tout comme notre sinistre Antonis Samaras. Sauf que tout cela c'est pour début septembre. Une autre affiche appelle à se rendre à la fête annuelle de la jeuneuse communiste à Athènes, également courant Septembre. Étant résolument gouvernés par un théâtre des ombres, notre gauche attendrait alors l'automne et les figues de septembre. N'empêche, ici où là, certains téméraires manifestent en cortège jusqu'au centre de la capitale, tantôt les ouvriers métallos en grève, tantôt les employés du secteur hôtelier, tantôt les médecins ou les marins au chômage. Mais c'est du sporadique, comme l'espoir en ce moment.

Les passants jettent parfois un coup d'œil furtif aux journaux accrochés aux présentoirs, la feuille d'impôts dans la main mais à quoi bon ? Le Journal de l'Aube dorée fait son titre sur le « racisme exercé sur les Grecs par le gouvernement du Mémorandum et la Gauche », et à côté Avriani, une feuille populiste précise que « la Troïka réclame encore du sang », tandis que Rizospastis, le quotidien historique du KKE (P.C.), prétend que « le peuple peut freiner la privatisation de Société nationale des chemins de fer ». Heureusement dans un sens et pour un peu d'exotisme, Avghi de vendredi dernier, faisait sa Une sur les 8.000 suppressions d'emplois en France, chez PSA.

 

Grèce : les Indignés ont déjà un an

Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog .


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