Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 16:01

 

http://99agora.net/2012/07/une-rencontre-europeenne-dette-democratie-et-droits/

 

 

 

Qu’est-ce c’est ?
Une rencontre des réseaux et des mouvements de toute l’Europe pour parler de la Dette, de la Démocratie, et des Droits à l’échelle Européenne, qui aura lieu à Madrid du 1 au 4 novembre 2012.

Pour qui ?
Les politiques d’austérité sont générées à une échelle européenne. Dans un échiquier qui dépasse de beaucoup les frontières nationales, la finance joue un rôle au service des intérêts politiques de 1 % de la population.
Mais: qu’est-ce qui compose cet espace pour les autres 99 % ? Qu’est-ce qui a fait que des millions de personnes se sont senties profondément affectées par ce qui s’est passé en Égypte, à Tunis, au Portugal, sur la place Syntagma en Grèce, au Mexique, à Wall Street et dans beaucoup d’autres lieux dans le monde ? Comment fonctionne cette structure politique d’un nouveau un type après l’éclatement du printemps arabe, l’Islande, la Grèce, après le 15 mai en Espagne ? Plus important encore : comment continuons-nous ?

Pourquoi ?
Nous voulons mettre en relation les connaissances apprises sur les places et les réseaux dans le contexte du 15M, avec les connaissances des réseaux européens. Est l’intérêt de produire un espace d’échange, de coopération et d’organisation à une échelle Européenne.
L’objectif est sortir de la rencontre avec un calendrier de travail commun, d’évènements communs autour des trois thèmes (la Dette, la Démocratie, les Droits) et des outils communs de travail.

D’où cela sort-il ?
La proposition est née dans les journées européennes “Blockupy” qui ont eu lieu dans la ville de Frankfurt du 17 au 20 mai.

Quand cela aura-t-il lieu ?
Du 1 novembre au 4 novembre 2012 à Madrid.

En quoi cela va-t-il consister ?
La rencontre aura trois types d’espaces distincts de travail.
DES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES : Il y en aura deux, une de bienvenue et l’autre de fermeture avec les conclusions de la rencontre et les compromis actés.
DES ATELIERS : Ce seront des espaces de travail pratique et d’échanges de savoirs. En principe il y aura trois ateliers pour chacun des thèmes (Dette, Droits, Démocratie) bien que, en fonction de la quantité d’ateliers proposés, ils pourront s’agrandir.
DES GROUPES de TRAVAIL / PROPOSITION Chacun des thèmes aura une réunion spécifique durant tout un matin ou durant toute une après-midi dans laquelle il sera décidé les dates communes pour ce thème, les objectfds et les outils communs de travail, etc..
DES TABLES RONDES : Il y en aura deux pour chaque thème et ce seront des espaces plus classiques sous forme de bavardage avec des représentants des différents noeuds de réseaux européens.

Comment peux-je participer ?
À travers du web 99agora.net on trouvera les textes, les actes, les convocations et aussi un formulaire en ligne pour proposer des ateliers.
Si tu veux proposer quelque chose voici quelques précisions :
A. – La rencontre est Européenne, on essaie de proposer des choses qui ont un sens à cette échelle
B. – Les ateliers sont encadrés à l’intérieur de chacun des trois thèmes, la Dette, les Droits, la Démocratie. Ce sont des thèmes amples et nous voulons les compléter, mais il est important de s’ajuster à ces thèmes.
C. – La rencontre a un caractère fondamentalement pratique, d’échange de façons de faire, de méthodologies de travail, d’outils, etc.. Il est plus facile que les ateliers qui se crééent le fassent si ils se concentrent sur ce type de choses.
Les propositions d’ateliers seront possible durant tout le mois de juillet et à partir de là un processus de synthèse sera fait, en unissant les ateliers similaires, en proposant des mécanismes de coopération entre des propositions, etc.. avec l’intention que la participation soit la la plus ouverte possible, à partir du temps limité que nous avons pour organiser la rencontre.

Comment cela s’organise ?
Nous faisons des réunions hebdomadaires ouvertes, les gens qui participent à ces réunions se coordonnent à travers la liste madrid99agora@99agora.net. De plus, les réseaux issus de Blockupy participent à travers la liste de Blockupy et des réunions périodiques à travers le bouche à oreille.
Les convocations des réunions sont publiées dans 99agora.net et on demande de diffuser par le plus grand nombre de réseaux possibles.
Nous avons engendré trois groupes de travail :
- les contenus
- la communication
- la logistique

Un peu plus d’info :
Les convocations aux premières réunions :
Hacia un encuentro europeo y Avances en la organizacion del proximo encuentro europeo
Le web de Blockupy Frankfurt

 

Partager cet article
Repost0
24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 14:27

 

ci-dessous l'appel adopté par l'Assemblée de Paris pour le 13 octobre. On se focalisera sur l'annulation de la dette illégitime, en écho aux thématiques privilégiées à Barcelone, Madrid et Mexico (une coordination internationale est en train de se mettre en place autours d'une journée mondiale contre la dette coïncidant avec le 13O). 

Le réseau take the square nous a créé de nouvelles listes pour les groupes de travail nationaux qui remplacent les anciennes listes rise up, afin de bénéficier de meilleures fonctionnalités. En plus de "économie" et "démocratie", j'ai demandé la création de listes "écologie" et "international" (géopolitique, syrie etc), car c'est deux thématiques sur lesquelles on a souhaité engager un travail à Paris donc si ça vous intéresse aussi n'hésitez pas à vous inscrire aux listes. Je fais le récapitulatif ci-dessous. 
Enfin, les copains des Etats-Unis mettent à notre disposition un réseau social du type n-1 mais amélioré (car n-1 buggait pas mal), qui n'est pas tant tourné vers les discussions (forum) mais plutôt vers le travail collaboratif (mise en ligne de documents, de pages, centralisation des pads etc) : https://occupythecomms.cc/. J'ai créé un groupe pour les assemblées en Francehttps://occupythecomms.cc/g/assemblees_en_france  auquel chacun peut s'inscrire. Tous les inscrits peuvent éditer les pages du groupe. J'ai pour l'instant édité deux pages (https://occupythecomms.cc/pages/group/6449/all) : coordination (listes de coordination France et international, on pourrait rajouter les sites, forum, n'hésitez pas etc.) et "échanges et élaboration collectives' (groupes de travail inter-assemblées : économie, démocratie etc). 
Pour info notre groupe à Paris est ici : https://occupythecomms.cc/g/dmocratie_relle_maintenant_paris

 

Groupe de travail "veille et analyses"

Réflexions transversales, échanges d'informations et d'analyses, élaboration collective.

Mailing list : veille-analyses-drm@lists.riseup.net

Pour s'inscrire à la mailing list : https://lists.riseup.net/www/info/veille-analyses-drm

Groupe de travail "Economie"

Mailing list : gt-economie@lists.takethesquare.net

Pour s'inscrire à la mailing list : https://lists.takethesquare.net/mailman/listinfo/gt-economie

Groupe de travail "Démocratie"

Mailing list : gt-democratie@lists.takethesquare.net

Pour s'inscrire à la mailing list : https://lists.takethesquare.net/mailman/listinfo/gt-democratie

Groupe de travail "Ecologie"

Mailing list : gt-ecologie@lists.takethesquare.net

Pour s'inscrire à la mailing list :https://lists.takethesquare.net/mailman/listinfo/gt-ecologie

Groupe de travail "International"

Mailing list : gt-international@lists.takethesquare.net

Pour s'inscrire à la mailing list :https://lists.takethesquare.net/mailman/listinfo/gt-international

Appel 13O Paris

Pour annuler la dette illégitime, dans les rues et aux casseroles citoyens ! 

La dette c'est du racket ! 

Fermeture d’écoles et d’hôpitaux, diminution ou suppression d’allocations sociales, hausse de la TVA, pénurie de logements sociaux...   De telles politiques d'austérité appliquées depuis des années en  Amérique Latine, en Afrique, le sont aussi maintenant dans l'Union européenne. Aucune population n’est ou ne sera épargnée, les plus précaires étant les premiers touchés.  La situation est grave : réveillons-nous ! 

L'austérité serait légitime car la dette viendrait de dépenses sociales trop importantes... En réalité, la dette des États vient du sauvetage des banques privées depuis la crise en 2008 et des nombreux cadeaux fiscaux pour les plus riches et les grandes entreprises depuis des dizaines d'années. 

La dette résulte aussi des intérêts élevés que nous payons aux banques privées à qui l'État emprunte pour se financer, depuis que l'État ne peut plus emprunter à la Banque centrale. Le montant actuel de la dette correspond aux intérêts cumulés ces quarantes dernières années !

La dette publique est odieuse quand on nous dit de la rembourser à ceux-là mêmes qui sont responsable de  la  crise et n'ont cessé de s'enrichir ces dernières années, 

La dette publique n'est pas légitime quand elle nous appauvrit, nous les 99% pour entretenir des rentiers indus et privés

Payer la dette publique ? C'est encore produire de la dette... privée  : celle des étudiants, des précaires mal-logés, des malades, des  travailleurs, des chômeurs, des agriculteurs, des sans-papiers, toutes celles et ceux qui  devront payer le prix individuellement du démantèlement des services publics et des solidarités. 

Continuer avec la croissance à tout prix imposée par le chantage de la dette, c'est aussi creuser notre dette écologique, qui, bien plus que la dette publique, est le véritable enjeu du XXIe siècle. 

Où est la démocratie si l'on ne peut dire NON à ce qui est dans l'intérêt des seuls privilégiés et quand la collusion règne entre eux et ceux qui nous gouvernent ? Où est la démocratie quand tout débat et toute politique à venir sont  verrouillés par des traités européens, dont le dernier en date, dit  traité budgétaire, est en cours de ratification par nos soit-disant  "représentants"? 

L'annulation de la dette illégitime doit aussi être soutenue dans les autres pays  : exigeons que l'État français cesse de racketter d’autres pays au nom  d’une dette odieuse qu’ils ont déjà largement remboursée, alors que nous  continuons à piller leurs richesses. Ne payons pas la detteillégitime,  ni ici ni ailleurs ! La seule dette légitime que nous ayons c’est de répondre à l’appel de l’africain Thomas Sankara pour créer un front  mondial contre la dette

13 octobre, journée mondiale d'action ! Paris debout, toutes et tous dans la rue avec nos casseroles, pour une grande manifestation unitaire depuis Goldman Sachs jusqu'au Parlement : stop au traité budgétaire européen, annulons la dette illégitime ici et ailleurs. 

Après  la manifestation, rendez-vous en assemblée pour échanger sur les  alternatives et construire des suites communes à la mobilisation. 

Assemblée du mouvement Démocratie réelle maintenant ! à Paris, 

16 septembre 2012

 

Partager cet article
Repost0
21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 01:14

 

 

 

 

 

Les pouvoirs publics en France contrôlent la presse et jouent des influences. Parce que les puissances financières dirigent les grands medias liés au marché des armes, le droit à l’information souffre d’une surabondance d’informations qui dénaturent souvent les mots et les idées de la société civile. Le résultat est moins le formatage de la pensée – les gens arrivent plutôt bien à penser par eux-mêmes –, que la paralysie de l’action collective. Le scepticisme et le négationnisme sclérosent les protestations sociales et isolent les proposition d’alternative politiques.

 

Prolongeant les révoltes arabes, conscient de la force de masse qui est nôtre, pacifiquement, face aux violences policières exercées par nos États, le mouvement dit « des Indignés », cherche les voies d’une démocratie réelle maintenant en dépit des conservatismes, des pressions et des intimidations de tout bord, religieux ou libéral. Grâce au trouble jeté chez les observateurs – Droits de l’homme, ONU, journalistes... des peuples sont massacrés en Syrie, au Bahreïn, au Yémen… La presse appelle “aide au pays” la volonté d’asservir les peuples au bénéfice des puissants. Ceux-ci appauvrissent les populations en organisant le chaos qui favorise la main forte des fascistes aux lois d’exclusion du pouvoir contre les plus démunis, marginaux, déclassés, sans-papiers, migrants, étrangers, gays, handicapés... Ainsi ces pouvoirs prétendent-ils défendre leurs peuples pour mieux les vendre : après avoir vendu tous les services publics laissés en désuétude, c’est le tour des régions, main d’œuvre comprise !... Les manifestations contre la Troïka, en Espagne et au Portugal, visent à arrêter ce processus en Europe, auxquels résistent également nos voisins américains... Nos manifestations sont légitimes à revendiquer le droit au travail et la préservation des services publics face aux dépenses militaires ou nucléaires. Nous proposons d’organiser des audit-citoyens de la dette, de faire arrêter et de juger les responsables, de proposer une Constitution permettant que les propositions des gens dans le peuple soient prises en considération...

Les grands médias réduisent les Indignés aux propos d’un ex-diplomate ancien résistant très médiatisé, mais plutôt soucieux de l’avenir du PS que de connaître nos vraies propositions, les exemples concrets de la réelle démocratie maintenant, les assemblées populaires... Nous montrons pourtant tous les jours que, loin d’être essoufflé, c’est avec un nouveau souffle au contraire que notre mouvement se lance dans sa deuxième saison. L’horizontalité de notre fonctionnement combat pied à pied les tentatives de manipulations et règle les batailles d’égos où chacun voudrait se dire meilleur “indigné” ou plus “démocrate” que d’autres. L’agenda de nos activités invite chacun à réaliser les conditions d’une société solidaire, juste et digne, en changeant les paradigmes des notions de travail, de répartition des ressources, de libre circulation des personnes et des idées… Et, dans ce foisonnement, ABC’éditions lance deux projets auxquels vous tous pouvez collaborer à votre mesure :

– un lexique multilingue de la réelle démocratie maintenant ;

 – une édition multilingue des printemps arabes et des propagandes.

Jean-Jacques M’µ

jjmu@hotmail.fr

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 21:21

 

 

Justin Sullivan/Getty Images/AFP

Le premier anniversaire d’Occupy Wall Street (OWS) a été l’occasion de faire ressortir de l’ombre un mouvement dont la visibilité médiatique était en chute libre depuis plusieurs mois. Normal pour certains, car il s’agissait selon eux d’un regroupement de "punks à chiens" anarchistes, d’étudiants désœuvrés, dont le squat de Zuccotti Park n’avait qu’une dimension symbolique - malgré le soutien du bruyant réalisateur Michael Moore.

Il faut reconnaître que le mouvement est bien moins structuré que son pire ennemi, le Tea Party, puisqu’il évolue en dehors des arcanes politiques. Même si le Tea Party n’est pas un parti politique au sens traditionnel du terme, plusieurs dizaines de membres de la Chambre des représentants s’en revendiquent. Il dispose de relais nationaux et est en outre récupéré et piloté à la fois politiquement par les frères Koch, et médiatiquement par Fox News.

Il en partage certaines caractéristiques, comme sa dimension locale, communautaire et ses relais sociaux via Internet (Tea Party Patriots versus interoccupy.net et occupytogether.org).

Tout comme ceux du Tea Party, les membres d’OWS détestent Washington et le "crony capitalism" (capitalisme des copains) qui lui est associé. Mais quand les premiers dénoncent un Etat fédéral liberticide au service des assistés (voir la dernière sortie de Romney sur les 47 %), les seconds dénoncent la collusion des politiques avec les puissants de tout bord (banquiers en particuliers) et l’écrasement progressif de la classe moyenne.

Surtout, les deux mouvements se caractérisent par leur rejet "du système", leur distanciation du processus politique et des institutions traditionnelles qui sont, à leurs yeux, responsables de la situation actuelle. Leur manière de faire est jugée inadaptée, contre-productive.

La spécificité du Tea Party est de rejeter le système, et non pas, comme l’on fait leurs prédécesseurs libertariens (Ross Perot par exemple), de forger des alliances plus ou moins solides avec les partis en place pour arriver à leurs fins. Il n’est désormais question que d’opposition, d’obstruction, avec des comportements de "filibuster" (blocage des débats parlementaires), de non-compromis.

Pour OWS, c’est un peu la même chose. Dès les premiers jours, la crainte majeure était celle de la récupération potentielle par les grands appareils politiques ou syndicaux. Occupy refusait de s’associer à des instituions jugées complices du statu quo social. OWS se voulait un mouvement spontané, reflet d’un ras-le-bol généralisé d’une population exposée au chômage et à une précarité croissante. Après les quelque manifestations en Californie ou à Chicago, le mouvement n’a guère pu se développer davantage, d’où son absence notable dans la campagne présidentielle et son manque d’emprise sur la classe moyenne.

Le terme de classe moyenne est un gros mot ici. Il serait un diviseur malvenu de la population américaine. Pourtant, le Pew Research Center a publié un sondage révélateur sur la nature des conflits sociaux aux États-Unis. Bien avant les problèmes liés à l’immigration ou aux droits des minorités, le principal vecteur de division est le conflit entre riches et pauvres : pour 66 % des personnes interrogées, le fossé ne cesse de s’accroître. La perception du conflit de classe se généralise et s’intensifie.

Contrairement aux mouvements sociaux des années 1960, l’Amérique se divise sur des problèmes économiques : les revendications sont sociales et non plus politiques ou raciales.

En 1958, John Kenneth Galbraith publiait The Affluent Society. Il y présentait une double image de l’Amérique : abondance de biens et services à la disposition du secteur privé et de sa classe moyenne florissante, mais insuffisance des services publics et des infrastructures. Aujourd’hui, les biens publics sont délabrés et la classe moyenne se réduit comme peau de chagrin.

Une génération après son père, James K. Galbraith vient de publier Inégalités et Instabilité. Il y pointe notamment la différence de traitement des crises des savings and loans, au début des années 1990, de celle des subprimes. A l'époque des savings and loans, les autorités fédérales avaient conduit des investigations, engagé des poursuites judiciaires qui se sont traduites par des peines d’emprisonnement. Le Department of Justice s’est montré selon lui bien plus discret dans le suivi et les enquêtes sur les mensonges et fraudes associés au vaste marché de la titrisation de créances douteuses.

Dans une interview à Bloomberg Radio, le 14 décembre 2011, il affirmait qu’"en Europe, où il existe une tradition de protestation publique, vous auriez des mouvements perturbateurs de moins en moins maîtrisables. Aux États-Unis, les individus tendent à internaliser leur stress, à être exclus de la population active et à recevoir le peu d’aide publique à laquelle ils ont droit". Est-ce soutenable ?

Le déficit de légitimité d’OWS s’explique par son mode d’expression et la violence urbaine potentielle qui l’accompagne, à son absence de relais politiques et médiatiques (MNSBC au mieux). Perçu comme un parasite (Wall Street Journal), il exerce néanmoins des actions locales qui redessinent, bien que modestement, le paysage social américain.

Il existe dans 23 états, principalement du Sud et de l’Ouest, des "right to work laws" qui interdisent tout conditionnement de l’embauche à l’appartenance à un syndicat. Il n’y a a priori rien de choquant à cela. Mais le droit de grève, au niveau national, est en plus très réglementé  En particulier, le National Labor Relations Act dispose qu’un employeur ne peut pas renvoyer un travailleur en grève pour des raisons économiques mais peut en revanche le "remplacer de manière permanente". La nuance est telle que la prudence s’impose et in fine, les mouvements de grèves sont généralement modestes. C’est là qu’OWS agit.

Au-delà de certaines actions à caractère communautaire (Occupy Home qui aide localement les ménages à ne pas se faire expulser de leur maison) ou politique (Foreclose the Banks qui exerce une pression politique sur les représentants locaux et se targue d’avoir participé à la prise de conscience du scandale du Libor dans l’été 2012), OWS se rapproche enfin des institutions (syndicats, associations, voire parti démocrate) dont il se méfiait à sa naissance.

Après avoir réussi à fédérer lors du 1er-Mai, le mouvement développe une stratégie particulièrement payante au nouveau local. Face aux maigres marges de manœuvre, aux contraintes du droit du travail, il tend à accompagner les mouvements sociaux locaux, en apportant un soutien logistique, humain et protestataire. OWS sert désormais de levier.

C’est maigre, modeste, pour un mouvement qui a fait beaucoup de bruit à sa naissance. Mais cette multiplication d’actions locales ne doit pas être négligée dans un pays où les mouvements sociaux et les grèves sont en nette hausse. Les syndicats étant devenus les défenseurs d’intérêts particuliers (voir par exemple le conflit qui a eu lieu lors du sauvetage des constructeurs automobiles en 2008), OWS donne de la voix à des individus dont la confiance dans les institutions traditionnelles avait disparu.

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 20:42

 

Actualutte - admin 20 septembre 2012  

Déclaration de solidarité au peuple Syrien des indignés Parisiens

 

Nous, mouvement Démocratie réelle maintenant ! à Paris, avons rencontré de jeunes opposants engagés dans différentes coordinations et manifestations en Syrie (https://n-1.cc/pg/pages/view/1419233), qui nous ont demandé de nous solidariser avec leur lutte. 

Face aux difficultés d’accès à une information la plus objective possible, et face à la guerre médiatique menée par différentes parties en présence, nous avons, en tant que simples citoyens, non-experts, donné sens à la « démocratie réelle maintenant » en essayant de comprendre ce sujet, en rassemblant et en confrontant diverses sources d’informations (https://n-1.cc/pg/pages/view/1417043), y compris des témoignages directs (https://n-1.cc/pg/pages/view/1419233), et en prenant en considération différents points de vue, dans le cadre d’un débat ouvert, horizontal et démocratique. 

Il nous est ainsi apparu essentiel de faire ressortir la complexité de la situation tout en prenant clairement une position de solidarité avec les personnes qui subissent les violences et celles et ceux qui résistent à l’oppression. Nous défendons les valeurs de justice, de liberté et de dignité. Notre mouvement est international et nous sommes solidaires avec toutes celles et ceux qui luttent pour la démocratie dans le monde. 

Aussi : 
1) Nous dénonçons les violations des droits humains, les exactions quelles qu’elles soient, ainsi que les stratégies de radicalisation, militarisation, incitations à la guerre de religion menées par le régime syrien, par les différentes ingérences externes, ou par toute autre partie en présence. Nous exprimons notre pleine et entière solidarité avec les populations qui tentent de maintenir la vie et la société dans des conditions de répression très éprouvantes. 

2) Nous dénonçons les ingérences et les jeux géopolitiques que mènent les puissances étrangères, entre autres pour l’accès aux ressources gazières, au mépris des populations : 
- Les appuis extérieurs pour sauver le régime syrien (oligarchies russes, chinoises, iraniennes…) particulièrement par l’armement : les opposants que nous avons rencontrés sont convaincus que sans de tels appuis, ce régime serait probablement déjà tombé.
- Les ingérences militaires ou financières des monarchies du Golfe  (d’Arabie Saoudite, du Qatar) en lien avec les pays occidentaux : ces monarchies, opposées au régime actuel en Syrie, ont une stratégie de confessionnalisation du conflit contraire à la démocratie et à l’intérêt des populations.
- Les velléités belliqueuses des pays occidentaux : leur intervention n’aurait pour objectif que d’étendre leur hégémonie en visant à terme l’Iran, avec l’appui des monarchies du Golfe, au moyen d’une politique du chaos et d’une déstabilisation durable de la région. Ceci est contraire à l’intérêt des populations. En cela, nous relayons et appuyons la position des opposants impliqués dans les coordinations en Syrie que nous avons rencontrés, qui rejettent toute intervention militaire extérieure.

3) Nous soutenons et défendons le droit à l’autodétermination du peuple syrien. Nous soutenons la lutte des citoyennes et citoyens syriens pour la démocratie et la dignité, et l’indépendance de cette lutte vis-à-vis de tout parti, de toute multinationale, de toute religion, et de toute puissance extérieure. Nous sommes solidaires du processus révolutionnaire démocratique et laïque engagé en Syrie, dont nous avons pu recueillir des témoignages directs (https://n-1.cc/pg/pages/view/1419233).  

4)  Nous appelons de nos vœux une réelle démocratie en Syrie où le pouvoir ne serait assuré ni par les partis ni par les militaires ni par les financiers ni par les religions, mais tout simplement par la population dans son ensemble. Nous faisons nôtre l’espoir d’une dynamique démocratique qui dépasse le modèle dit de « démocratie représentative », et qui permette à la population en Syrie de réellement s’autodéterminer.

5) Nous déplorons le travail de déconstruction médiatique concernant les violences perpétrées en Syrie : 
- De très nombreux aspects pourtant essentiels à la compréhension des événements actuels en Syrie ne sont pas toujours explicités dans les médias de masse. Ainsi, il n’est pas suffisamment rendu compte  des grandes difficultés en terme d’accès à l’information. Les sources sont de façon générale très peu explicitées ou situées, tout comme leur position par rapport au régime, ou à l’opposition ou aux ingérences externes. De même, les informations précises, sur le contexte régional, la question confessionnelle ou l’organisation de l’opposition, sont absentes des médias bénéficiant de la plus grande audience, qui, cédant à  la pression de l’instantané, ne dispensent qu’une information simplifiée et peu fiable.
- Nous dénonçons la couverture médiatique insuffisante concernant des répressions similaires, notamment celles se déroulant au Bahreïn. Nous dénonçons le fait que certaines victimes de répressions soient considérées comme indignes de l’intérêt médiatique, et nous pouvons estimer que les liens entre les pays occidentaux et les puissances pétrolières sont un frein à la médiatisation de la révolte au Bahreïn : http://blog.mondediplo.net/2011-04-13-Silence-sur-BahreinBahreïn ce qui a pour effet d’en masquer la répression sanglante.

6) Nous soutenons  toute expression des citoyens qui s’organisent et luttent pour la démocratie, que ce soit en Syrie, au Bahrein, au Yémen, ou ailleurs dans le monde, et nous appelons à se coordonner directement avec eux autant qu’il est possible. Nous sommes solidaires de l’Appel pour la constitution d’un collectif de secours à la population syrienne (https://n-1.cc/pg/pages/view/1442166), et nous appelons à l’organisation d’une journée mondiale d’action en solidarité avec la population en Syrie.
 
Assemblée du mouvement Démocratie réelle maintenant ! à Paris,
16 septembre 2012

 

Partager cet article
Repost0
18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 16:14

 

 

Médiapart - Portfolio | 15 photos

 

 

Lundi 17 septembre, plus d'un millier d'activistes d'Occupy Wall Street ont manifesté à New York pour fêter le premier anniversaire de leur mouvement. Un défilé qui s'est achevé par 150 interpellations. Un reportage du photographe Thomas Haley. Lire également l'article de notre correspondante à New York, Iris Deroeux : « Occupy Wall Street » : l'esprit des luttes est toujours là.
Voir un précédent reportage photo de Thomas Haley en cliquant ici.

01

17 septembre 2012. Manifestants marchant autour de Wall Street. Ils essaient de pénétrer dans la zone de la bourse qui est très protégée par la police.

02

Manifestants avec un gâteau d’anniversaire près du New York Stock Exchange.

03

L’argent comme papier d’identité pour pénétrer dans la zone de la bourse.

04

Devant Bank of America près de Wall Street.

05

Le taureau de Wall Street, symbole de l’économie américaine.

06

Policier avec des gants, menaçants...

07

Premières arrestations.

08

Près de 150 interpellations en tout.

09

Manifestants autour de Wall Street.

10

Liberty Park, réoccupé par les manifestants.

11

Stacey Philips de Occupy Oregon dans Zuccotti Park (Liberty Park).

12

Cette femme pleure car la police vient d’arrêter son mari.

13

Arrestation d’un jeune.

14

Défilé sur Broadway, à New York.

15

La police pose pour les photos avec les touristes japonais.

Partager cet article
Repost0
17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 16:23

New York, correspondance

À New York, le 17 septembre 2011, naissait « Occupy Wall Street » : une vague de protestation contre les inégalités économiques, la concentration des richesses entre les mains de « 1 % » de la population aux dépens des « 99 % », et contre le pouvoir sans limite de la finance. D’abord incarné par une place, Zuccotti Park, à la fois squat en plein air et lieu de manifestation, le mouvement Occupy a dû apprendre à survivre sans ce symbole récupéré dès la mi-novembre par la police. Depuis, beaucoup ont annoncé sa mort. Ce n’est pas vraiment le cas. En attestent les événements organisés pour célébrer le premier anniversaire du mouvement.


15 septembre. Le mouvement Occupy occupe Washington Square à New York.  
15 septembre. Le mouvement Occupy occupe Washington Square à New York. © Thomas Haley

Désormais, ce mouvement existe de manière discrète. Occupy est marginal. Il n’est jamais devenu structuré et influent, capable de parler au nom de la gauche américaine. Il compte un petit nombre de militants éparpillés dans le pays et n’attire pas l’attention de grand-monde, à commencer par celle des médias américains.

Retrouvez ici le reportage photo de Thomas Haley sur Occupy

Pour mieux comprendre ce que représente Occupy aujourd’hui, rendez-vous à « Occupy Sunset Park », en référence au nom d'un quartier situé dans le sud de Brooklyn, à New York. C'est un quartier populaire qui s’embourgeoise, où une minorité blanche côtoie les communautés afro-américaine et hispanique. L’organisation locale y est née en octobre 2011, « quand Occupy était critiqué pour ne pas assez représenter la diversité américaine », glisse discrètement David, seul latino du groupe. Ce samedi matin de septembre, ils sont sept militants réunis à la Casita, sorte de maison de quartier. Et l’ordre du jour n’en finit plus.

Y sont d’abord abordés des grands thèmes généraux comme l’éducation et la gratuité de l’université aux États-Unis ; quelqu’un propose de donner un cours sur la grève étudiante au Québec. Puis c’est au tour des thèmes locaux : la grève des loyers initiée par les habitants d’un immeuble insalubre du quartier et soutenue par Occupy ; la lutte des travailleurs illégaux d’un marché de Brooklyn, souhaitant ouvrir une section syndicale contre la volonté du patron ; la manifestation de « Occupy the Bronx » afin de dénoncer les bavures policières ; l’ouverture prochaine du Barclays Center, immense stade de Brooklyn, et les fausses promesses des investisseurs (de l’habitat abordable, entre autres)… Sans oublier les manifestations et conférences organisées pour célébrer l’anniversaire d’Occupy à New York. Une fois la réunion terminée, libre à chacun de sélectionner son « combat du jour » et d’aller militer. 

Voilà donc à quoi ressemble Occupy en septembre 2012. Militer signifie être sur tous les fronts (de gauche). La déclinaison du label en témoigne : Occupy the Bronx ou tout autre quartier, Occupy Well Street (pour les questions écologiques comme l’opposition au gaz de schiste), Occupy the Education et Occupy Student Debt (pour l'éducation gratuite et l'annulation de la dette étudiante), Occupy Your Homes et Occupy Foreclosure (pour lutter contre les évictions), Occupy the SEC (sur l’encadrement des banques) ou encore Occupy Healthcare (sur la réforme de l’assurance maladie).

 

Manifestation dans le Bronx, organisée par Occupy après la mort de Reynaldo Cuevas, tué par la police. 
Manifestation dans le Bronx, organisée par Occupy après la mort de Reynaldo Cuevas, tué par la police.© Thomas Haley

 

Les militants s’inscrivent ensuite dans le réseau classique de l’action sociale. Ils soutiennent et amplifient des luttes existantes, notamment syndicales. Actuellement, cet effort est visible à Chicago, où 250 000 enseignants du secteur public se sont mis en grève lundi 10 septembre pour lutter contre les plans du maire démocrate et ancien conseiller d'Obama, Rahm Emanuel – notamment d'allonger la durée du travail sans augmentation salariale – en étant soutenus par des militants Occupy.

Ce fut encore le cas à New York, au printemps dernier. Les militants se sont illustrés aux côtés de salariés du restaurant Hot&Crusty, les accompagnant dans leurs piquets de grève afin d’obtenir le droit d’ouvrir une section syndicale dans l’entreprise. Les propriétaires, qui avaient d’abord annoncé vouloir fermer boutique plutôt que de laisser les salariés se syndicaliser, ont finalement cédé. À New York toujours, des militants Occupy ont également rejoint la campagne de lutte contre les pratiques dites du « Stop-and-Frisk » de la police de New York, à savoir des contrôles au faciès visant les Afro-Américains et les Hispaniques.

Occupy, bientôt une étiquette politique au même titre que le « Tea Party » ?

Enfin – et surtout – c’est un militantisme local. « Penser global et agir local », reste la devise. Ces Américains œuvrent avant tout pour leur « communauté », telle une bonne vieille association de quartier. À Occupy Sunset Park, Ian, la quarantaine, se définit comme un gauchiste extrêmement déçu par Barack Obama, « c'était pourtant le seul homme politique pour qui j’aie jamais eu envie de voter... ». Heureusement, il y a Occupy. Le mouvement lui a redonné espoir. Et l’occasion de s’impliquer dans quelque chose. « Je suis un homme blanc à Sunset Park, on peut dire que j’incarne l’embourgeoisement du quartier. Et j’avais beau me considérer comme de gauche, je n’avais aucune idée de l’ampleur de certains problèmes, comme les brutalités policières à l’encontre des latinos. Occupy m’a rendu plus conscient. Et plus utile dans mon quartier », explique-t-il.

 

Lisa Fithian, activiste, « Professor Occupy » selon Mother Jones Magasine, organise la formation de manifestants. 
Lisa Fithian, activiste, « Professor Occupy » selon Mother Jones Magasine, organise la formation de manifestants.© Thomas Haley

 

Le problème, s’il faut en nommer un seul, reste l’absence totale de relais médiatique de ces actions locales, hormis sur quelques sites web et magazines fabriqués et lus uniquement par la gauche de la gauche américaine.

Ravi, 34 ans, passe l’essentiel de son temps libre à militer et à faire le lien entre différentes « antennes Occupy », quand elle quitte son poste administratif à l’université de Columbia. Elle parle du problème d’image d’Occupy. « La révolution n’est pas pour demain, certains ne l’ont pas encore bien compris », note-t-elle, estimant qu’un vocabulaire trop radical tout comme un style un peu trop « hippie » ne peuvent pas être pris au sérieux. « Nous devons apprendre à mieux communiquer sur ce qu’on fait. Il faut sortir de ces bulles, ces réseaux sociaux, où l’on ne fait que parler entre nous. C’est notre responsabilité, pas seulement celle des médias ! »

Ravi, comme d’autres, considère que la prochaine étape pour Occupy est l’entrée en politique à l’échelle locale. Elle mentionne les élections new-yorkaises – dès 2013 – et la possibilité d’avoir des candidats démocrates ou indépendants à des sièges de conseillers municipaux qui ont « une sensibilité Occupy, un vrai intérêt pour leur quartier ». David, d’Occupy Sunset Park, partage cet avis. Selon lui, il faut apporter cette touche humaniste (pour ne pas dire socialiste) dans les institutions locales. « C’est ce que le mouvement Tea Party a fait, de manière très efficace. Ça a commencé comme un mouvement citoyen puis ils sont entrés en politique et disposent maintenant d’élus républicains. Mais il fau beaucoup d’argent pour être candidat », conclut-il.


Bobby Steele, "rebel of Wall Street", a travaillé sur Wall Street pendant 20 ans.

Bobby Steele, "rebel of Wall Street", a travaillé sur Wall Street pendant 20 ans.© Thomas Haley

 

Il reste en revanche très difficile d’imaginer Occupy évoluer vers quelque chose de plus cohérent et de plus unifié, comme une organisation (pour ne pas parler de parti) avec un projet et un message résumant la myriade de causes sur lesquelles les militants Occupy se sont positionnés.

« La grande promesse des 99 % d’unifier tout le monde – les écologistes, les minorités, les femmes, les socialistes, les anarchistes et j’en passe – derrière une même cause, la lutte contre les inégalités, n’a pas été tenue. Ça n’a pas marché. Le résultat est fragmenté », analyse Michael Kazin, historien et auteur d’un ouvrage dédié à l’histoire de la gauche américaine publié en 2011, American dreamers : How the left changed a Nation. Mais il estime qu’Occupy a au moins le mérite de donner un nouvel espoir aux « gens de gauche ».

L’historien politique Sean Wilentz, de l’université de Princeton, insiste lui sur ce qui ressemble à une erreur de stratégie. « Leur problème, assure-t-il, comme dans les années 1960, a été de passer autant de temps à discuter du fonctionnement et des règles à l’intérieur de leur “communauté”. Bien sûr qu'il est important de coordonner tout le monde. Mais cela laisse moins de temps pour l’action politique. Et aujourd’hui, le fait est que l’objectif politique d’Occupy demeure flou. »

Un poids dans la campagne présidentielle ?

« C’est peut-être le problème de la gauche américaine dans son ensemble », rebondit Michael Kazin. « Elle est très efficace pour formuler des critiques, critiques plutôt populaires qui plus est : s’en prendre à Wall Street, dénoncer les inégalités, les droits des travailleurs bafoués, des taxes insuffisantes… Mais que fait-on de ces critiques ? Quelle vision défendons-nous, sachant que le système américain ne portera pas un projet socialiste ? » Il déplore l’absence d’un projet de société plus clair à gauche, « tandis que les conservateurs ont un message plutôt limpide ».


Manifestation à Washington Square. 
Manifestation à Washington Square.© Thomas Haley

 

Mais si l’énergie et la colère d’Occupy n’ont pas donné lieu à un « grand soir » ni à de grands changements, il serait faux de considérer la question des inégalités économiques comme totalement absente du débat politique, notamment en cette période électorale. Pour Sean Wilentz, c’est seulement une affaire de vocabulaire. Reste à décoder le langage politique américain. Par exemple, lors des conventions des partis républicain et démocrate qui se sont tenues fin août et début septembre.

« Quand les républicains disent, “Nous ne devons pas punir le succès en taxant”, leur message implicite est qu’il n’y a rien de mal à l'inégalité. Quand les démocrates disent, “Le succès n’arrive pas seul, il est rendu possible par la participation de tout le monde à un échelon ou un autre”. Cela signifie qu’ils refusent de laisser une société de classes s’installer aux États-Unis. La réforme de l’assurance maladie fait partie de ce même projet. La dynamique des classes sociales est abordée de manière implicite, mais elle est présente. » Sauf que le débat serait sûrement plus clair et bien moins cynique si le prix de la participation à la vie politique américaine était moins élevé, la réservant aux plus offrants.

Retrouvez ici le portfolio et reportage photo de Thomas Haley sur Occupy

 


Partager cet article
Repost0
17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 16:03

 

 20min.ch -  Etats-Unis
17 septembre 2012 16:09; Act: 17.09.2012 16:12 

 

35 Indignés arrêtés à New York
Environ 250 personnes manifestaient lundi matin à New York pour célébrer le premier anniversaire du mouvement «Occupy Wall Street» dans un face à face tendu avec la police.

 

 

storybild

La police a procédé à une douzaine d'arrestations. (photo: Keystone)

 

Les manifestants étaient réunis près du parc Zuccotti où le mouvement est né voici exactement un an. La police a arrêté des manifestants dès que ceux-ci ont voulu se mettre en route vers la Bourse de Wall Street, toute proche. Pour fêter son premier anniversaire, le mouvement a l'intention de bloquer la Bourse.

Des manifestants portaient des pancartes où était écrit: «Banquiers, honte à vous», «Enlevez l'argent de la politique», «Les banquiers en prison», ou le traditionnel «Nous sommes les 1%».

«Circulez, vous ne pouvez pas rester là», ont intimé les forces de l'ordre alors que l'atmosphère était particulièrement tendue. Des policiers à cheval bloquaient ainsi les petites rues adjacentes.

Le petit parc était inaccessible lundi, protégé par des barrières.

«Nous sommes là pour protester contre l'avidité de Wall Street», a déclaré Bill Dodds, porte-parole des «Occupy». Il a regretté que rien n'avait changé depuis l'année dernière. Selon lui, la police a déjà procédé à une cinquantaine d'arrestations entre vendredi et samedi, un chiffre que la police n'a toujours pas confirmé.

 

Réminiscence

En 2011, protestant contre la corruption, les institutions financières ou le sauvetage des grandes banques et la domination des «1%» les plus riches, des centaines de personnes avaient campé durant des semaines dans le parc Zuccotti, poussant ensuite d'autres villes américaines et européennes à faire de même.

Un an plus tard, les membres d'»Occupy Wall Street» comptent redonner de l'élan à leur mouvement qui semble avoir périclité, alors que la police a démantelé la plupart des camps, parfois de manière violente, comme au parc Zuccotti en novembre dernier.

(afp)

 

Partager cet article
Repost0
17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 15:54

 

 

La Maison des Métallos présente une série de débats, expositions et conférences sur le thème des Indignés...

 

LES INDIGNÉS

 indignes

 Le phénomène de contestation des Indignés a pris une envergure particulière en Europe et ailleurs. Parti de la jeunesse espagnole au printemps 2011, il a rencontré un large consensus et s’est étendu ensuite à d’autres pays : «Occupy Wall Street » à New-York, la « Tentifada » israélienne ou encore les « Indignados » en Argentine. Tous ces mouvements s’expriment dans la rue.
Face à ce phénomène d’actualité, nous proposons, en partenariat avec l’association d’étudiants Artefice, de nous arrêter sur la crise économique et politique et ce mouvement des Indignés.
D’un retournement l’autre, une lecture-spectacle d’un texte de « l’économiste atterré » Frédéric Lordon, fera écho
à cette programmation de films et de débats.

Des photographies, des vidéos, des courts métrages issus d'un appel à projet lancé par Artefice dans des écoles de cinéma internationales et des documentaires, dont le film italien Rimetti a noi i nostri debiti(Ne demande pas de payer notre dette comme nous ne le demandons pas à ceux qui nous ont endettés), réalisé par Officine Tolau, seront également visibles sur des écrans en mezzanine et dans le hall de la Maison.
projections et débats en
entrée libre, réservation conseillée



MARDI 18 SEPTEMBRE

RENCONTRE-DÉBAT
avec Henri Sterdyniak, co-animateur des Économistes attérrés, Esther Jeffers, économiste et membre du Conseil scientifique d'Attac et Frédéric Lordon
modéré par Thierry Brun, rédacteur en chef adjoint de Politis
> 19h

 

 

MERCREDI 19 SEPTEMBRE
projections-débats

HOWARD ZINN, UNE HISTOIRE POPULAIRE AMÉRICAINE
extrait (20 min) du documentaire d’Olivier Azam et Daniel Mermet (France, Les Mutins de Pangée, 2012, en cours de montage)
NOTRE MONDE
extrait (20 min) du film ciné-frontière de Thomas Lacoste (France, tourné à la Maison des métallos en avril 2012, 119min, Agat films & cie / La Bande Passante / Sister productions)
Un portrait de l’historien Howard Zinn qui retrace le passé d’un pays avec les voix de ceux qui ne parlent pas dans l’histoire officielle, les femmes, les esclaves, les Indiens, les ouvriers...
Notre Monde investit de nombreux « territoires » de pensée, réunissant les paroles d’une vingtaine d’historiens, philosophes, écrivains..., et nous convie à réfléchir au monde que nous habitons.
en présence d’Olivier Azam et de Thomas Lacoste
> 19h


LA PLAZA, LA GESTATION DU MOUVEMENT 15M
documentaire d’Adriano Morán (Espagne, 2012, 1h24), sous-titré en français
Le 15 mai 2011, le mouvement des Indignés commençait à Madrid…
Projection précédée d’une intervention de Geoffrey Pleyers, sociologue à l’université de Louvain (Belgique), sur le mouvement des Indignés.
> 21h

 


JEUDI 20 SEPTEMBRE

projections DEBTOCRACY
film de Katerina Kitidi et Aris Hatzistefanou (Grèce, 2011, 1h15)
Ce film met en regard la crise grecque avec des expériences latino-américaines.
Projection précédée du court métrage Split Normality de Yiannis Biliris (Grèce, 2012).
> 19h


débat INDIGNÉS ?
avec Stéphane Sirot, professeur d’histoire politique et sociale du XXe siècle à l’université de Cergy-Pontoise ; Sabina Issehnane, membre des économistes atterés et maître de conférence à l’université Rennes 2, Jean-Baptiste Joire et Jérôme Sinpaseuth, représentants du mouvement des Indignés
modéré par Marc Le Glatin, directeur du Théâtre de Chelles et professeur à l’université de Paris 8
> 21h

 

 

ABC’éditions y présentera le livre : NOUS, INDIGNÉS... OCCUPONS LE MONDE !

indigns img

Tous les commentaires

Voilà aujourd'hui une réponse à ce qu'est l'indignation, en Espagne (Madrid et Barcelone) : un appel citoyen a été lancé pour faire la grève DANS les transports :

17/7/12 Madrid, Spain. Stop of public transport service in Madrid and Barcelona. – avec Carla Fosalba.

http://www.lavanguardia.com/vida/20120917/54349679379/barcelona-y-madrid-colapsadas-por-la-huelga-de-transporte.html

http://politica.elpais.com/politica/2012/09/17/actualidad/1347880805_308966.html

Partager cet article
Repost0
15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 15:11

 

 

LE MONDE | 15.09.2012 à 14h12 • Mis à jour le 15.09.2012 à 14h12

Par Mark Greif

 

Zuccotti Park, à New York, premier lieu public investi par le mouvement d'opposition au capitalisme financier Occupy Wall Street le 17 septembre 2011, se trouve à deux pas de Ground Zero (le site des attentats du 11 septembre). A mon sens, les médias n'ont pas assez souligné la dimension symbolique de cet emplacement.

Le 11 septembre 2011, six jours avant le début du mouvement, était inauguré en grande pompe le mémorial aux victimes des attaques d'Al-Qaida aux Etats-Unis. Le dixième anniversaire de cette tragédie a fait l'objet d'une cérémonie froide, onéreuse et sans âme, à l'image de l'affreuse tour centrale, la Freedom Tower, toujours en construction, venue combler l'espace où s'élevait auparavant le World Trade Center. D'un charnier, il aura fallu que l'on fasse des bureaux pour servir le pouvoir économique new-yorkais.

Quelques jours plus tard, les citoyens affluaient en masse vers le Financial District, non pour donner une conférence de presse, non pour participer à une manifestation ponctuelle, mais pour occuper le terrain jusqu'à ce que l'on remarque leur présence, jusqu'à ce que l'on reconnaisse leur rôle d'acteurs politiques. Le peuple a fait irruption dans ce que l'on appelle la "société managériale" ou "postdémocratie".

Le véritable monument à la mémoire de nos compatriotes, c'était l'exercice de notre liberté d'expression et de réunion, des droits que la Constitution américaine garantit à tout citoyen et sur lesquels repose la démocratie.

Une ère de dix ans venait de se terminer. Une décade marquée par la "guerre contre la terreur", engagée en réaction aux attaques du 11 septembre, et par l'autocensure, le repli sur soi, le deuil, et qui a culminé dans l'humiliation de la crise financière. La date du 17 septembre n'était pas un choix anodin : c'est la Journée de la Constitution et de la citoyenneté, qui commémore l'adoption de ce texte fondateur en 1787 et rend hommage aux immigrés récemment naturalisés.

La contestation menée par Occupy Wall Street visait avant tout à dénoncer les dérives de la démocratie américaine, qui laisse la richesse aux mains d'une petite élite, au détriment du peuple. Dans les années 2007-2008, en pleine crise financière, l'Etat a largement renfloué les banques mais n'a rien fait pour venir en aide aux Américains surendettés. L'arrêt Citizens United rendu en 2010 par la Cour suprême a étendu la liberté d'expression aux personnes morales, autorisant ainsi les entreprises à financer sans limites les campagnes électorales.

En 1776 déjà, les artisans de la révolution américaine parlaient des "many " et des "few" : ils voulaient une démocratie qui parle au nom de tous, pas seulement de quelques riches et puissants. A propos des inégalités criantes qui se sont installées depuis 1980, les militants d'Occupy ont parlé du "1 %" de la population le plus riche, en opposition aux "99 %". A ses débuts, ce nouveau mouvement a bénéficié d'un très large soutien.

J'ai la chance d'avoir été parmi les premiers à occuper Zuccotti Park. Assis en cercle, camarades et inconnus échangeaient des idées susceptibles de rénover la démocratie. J'étais un protestataire ordinaire, pas un leader. Contrairement à certains manifestants, je ne dormais pas sur place. Je me suis contenté de revenir à Zuccotti Park plusieurs fois dans la semaine.

Malgré la présence massive des forces de police et des équipes de télévision, le campement s'est organisé sur le modèle d'une cité véritablement démocratique, dotée de conseils municipaux, d'un service de communication, d'une bibliothèque, d'une pizzeria où l'on pouvait manger gratuitement et de dortoirs. Au-delà d'une manifestation éphémère, il s'agissait de vivre l'expérience démocratique au quotidien.

Quel était le sens de tout cela ? Les revendications politiques étaient claires : il suffisait de lire les banderoles ou de prendre part aux discussions. Les militants ont pourtant choisi d'appliquer une stratégie déconcertante. Aux journalistes qui venaient leur demander ce qu'ils faisaient là, quelles étaient leurs revendications, ils ont répondu : "Vous êtes citoyens, vous aussi. A votre avis, que devrions-nous exiger ?"

Cela n'est pas sans rappeler une anecdote mettant en scène le philosophe Henry David Thoreau, qui s'est un jour trouvé emprisonné pour avoir refusé de payer des impôts levés pour financer l'invasion du Mexique et la restitution des esclaves fugitifs à leurs maîtres. A son ami et mentor Ralph Waldo Emerson qui lui demandait : "Henry, pourquoi êtes-vous en prison ?", il répondit : "La vraie question, monsieur, c'est pourquoi ne l'êtes-vous pas ?"

Pour revenir à Zuccotti Park, les campements ont bientôt été débordés par les problèmes pratiques auxquels notre riche démocratie nationale refuse de faire face. Au fil des semaines, ceux qui ralliaient ces petites villes étaient les sans-abri, les pauvres, les plus vulnérables, ceux que nous laissons à la rue.

Les campements d'Occupy se sont transformés en centres d'action sociale. Les tracts n'avaient plus vocation à diffuser des messages politiques, mais à recruter des travailleurs sociaux, des psychologues, des aides-soignants et des médecins, des bénévoles capables d'effectuer des démarches administratives, afin de venir en aide à tous ceux qui étaient trop démunis pour formuler des revendications citoyennes.

Ce phénomène a plutôt desservi la réputation du mouvement auprès du grand public. Ce visage-là du peuple, personne n'a envie de le voir. Les municipalités ont fini par démanteler les campements, disperser les résidents, qualifiés de "menaces sanitaires", et, même, jeter aux ordures les 5 000 volumes de la bibliothèque créée par les manifestants à New York. Des employés de la voirie ont nettoyé les trottoirs, et des barrières ont été érigées pour empêcher toute nouvelle occupation.

Un an après, on peut considérer qu'Occupy a échoué dans la plupart de ses objectifs. Le projet qui consistait à amender la Constitution pour renverser la décision Citizens United n'a rien donné. Il a été question de lutter contre le financement privé des partis politiques, mais, aujourd'hui, à l'approche de l'élection présidentielle aux Etats-Unis, les citoyens américains sont aujourd'hui matraqués de spots publicitaires financés par des intérêts privés.

Après avoir arrosé le président Barack Obama en 2008, Wall Street finance maintenant son rival républicain Mitt Romney. Les efforts déployés par les militants pour faire savoir aux banques et à la Bourse qu'ils étaient à leurs portes auront été vains : ces institutions sont si bien fortifiées qu'elles résistent à l'assaut.

Le mouvement Occupy a tout de même remporté une victoire significative. Les inégalités, jusqu'alors tabou, sont désormais un vrai sujet de débat. Répudié par Wall Street, Barack Obama a dû se rendre à la réalité : son électorat, c'est le peuple.

En ce moment même, des technocrates s'occupent de mettre en oeuvre la loi Dodd-Frank, qui prévoit de renforcer le contrôle des autorités sur le système financier. Des fonctionnaires engoncés dans leur costume-cravate tergiversent sur les mesures de protection des consommateurs, qui obligeraient les banques à s'acquitter de dédommagements pour malversations financières, saisies immobilières illégales et préjudice à leurs clients.

Ces petites décisions conventionnelles renvoient à des idées reçues sur "ce que veulent les citoyens". Occupy a profondément modifié ces idées reçues, comme en témoignent les dispositions réglementaires et les rapports de surveillance émis par les instances les plus conservatrices.

Dans une nation fondamentalement dualiste, où la politique se réduit à deux partis et où la justice n'entend que l'accusation et la défense, Occupy Wall Street a su faire contrepoids au mouvement ultraconservateur Tea Party (bien qu'il refuse toute comparaison avec ce courant idéologique). Ces deux mouvements témoignent de la diversité des revendications populaires. Nous avons montré que nous voulions davantage que ce qui a été envisagé ou était envisageable il y a un an.

Les politiques les plus frileuses - celles qui se sont exprimées dans la campagne de la présidentielle ou les réformes frileuses de la réglementation bancaire - ont été secouées et revigorées quand le peuple a choisi de prendre les choses en main en lançant : "A nous deux, maintenant, Wall Street !" Cette confrontation n'a hélas rien donné. Mais tous ceux qui en ont été témoins savent désormais de quoi la démocratie est capable.

Traduit de l'anglais par Myriam Dennehy

Mark Greif

Mark Greif

 

Professeur assistant à la New School University, à New York, il est l'un des cofondateurs de la revue littéraire "n + 1". Il est aussi l'auteur d'essais philosophiques et de critique sociale. En 2011, il a collaboré à la publication d'"Occupy ! Gazette", un quotidien gratuit de débats créé pour soutenir le mouvement de contestation. Certains textes ont été rassemblés dans "Occupy Wall Street !" (Les Arènes, 250 p., 17,50 €)

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22