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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 21:27

 

Le Monde.fr avec AFP | 20.09.2012 à 08h24 • Mis à jour le 20.09.2012 à 14h01

 
L'Inde est touchée par une grève des petits commerçants opposés à une réforme permettant l'ouverture du commerce de détail aux géants mondiaux de la grande distribution. Ici à New Delhi, le 20 septembre.

L'Inde était touchée, jeudi 20 septembre, par une grève des petits commerçants opposés à une réforme permettant l'ouverture du commerce de détail aux géants mondiaux de la grande distribution, comme le français Carrefour.

Après un premier report l'an dernier face au tollé politique et à la colère des petits commerçants, le premier ministre, Manmohan Singh, a réintroduit cette réforme la semaine dernière dans le cadre d'une série de mesures visant à stimuler une économie en perte de vitesse.

Lire l'éclairage : L'Inde relance la libéralisation de son économie

Répondant à l'appel des partis d'opposition, des syndicats et des petits commerçants, qui craignent pour la survie de leurs échoppes face aux multinationales, de nombreux marchés étaient fermés dans le pays. Le trafic ferroviaire était aussi perturbé dans plusieurs Etats. Plusieurs manifestations étaient prévues dans la journée à New Delhi et dans d'autres grandes villes. L'organisation regroupant près de 10 000 syndicats indiens, la Confederation of All India Traders (CAIT), s'attend à ce que la grève soit suivie par 50 millions de personnes.

 BOMBAY ÉPARGNÉE

Des milliers de policiers ont été déployés à Calcutta pour prévenir tout débordement dans cette ville du Bengale-Occidental, où les magasins, marchés et bureaux ont été fermés pour vingt-quatre heures tandis que des voies ferrées étaient bloquées. "Les trains sont à l'arrêt au Bengale-Occidental, car des grévistes occupent les voies ferrées", a indiqué un porte-parole régional des chemins de fer, Samir Goswami. Selon la police, des manifestants bloquaient aussi certaines autoroutes.

Des militants de la formation d'opposition Bharatiya Janata Party (BJP), rejoints par des partisans, se sont par ailleurs rassemblés dans des gares de l'Etat du Bihar (nord) pour bloquer le trafic ferroviaire. Les écoles privées de cet Etat défavorisé étaient fermées, mais les écoles publiques et les bureaux n'étaient pas affectés.

Les chauffeurs de bus et de poids lourds devaient aussi participer à cette grève pour protester contre une hausse de 12 % du prix subventionné du gazole. La capitale économique de l'Inde, Bombay, n'était pas touchée par ce mouvement, les partis politiques locaux ayant refusé de soutenir la grève.

12 MILLIONS DE "KIRANAS" 

Selon des analystes, ce mouvement illustre la difficulté du gouvernement à faire bouger les lignes dans un pays où deux tiers des habitants vivent dans des zones rurales défavorisées en dépit de l'émergence d'une solide classe moyenne. "L'Inde est un pays où les slogans populistes séduisent la population. C'est facile pour les hommes politiques de dire que les réformes sont antipauvres", décrypte un analyste politique, Subhash Agrawal, du groupe de réflexion India Focus.

Selon la réforme du gouvernement, les groupes étrangers, tels que l'américain Walmart, le britannique Tesco et le français Carrefour pourront acquérir jusqu'à 51 % du capital des détaillants multimarques indiens. Les grandes chaînes étrangères sont déjà présentes en Inde comme grossistes mais elles ne peuvent vendre directement aux consommateurs de ce pays de 1,2 milliard d'habitants.

On compte en Inde plus de 12 millions de kiranas, ces petites échoppes traditionnelles où s'empilent du sol au plafond des boîtes de conserves en tous genres, qui font vivre plus de 25 millions de commerçants. Les partisans de la libéralisation du commerce de détail font valoir la création de millions d'emplois, la perspective d'une réduction des prix alimentaires et d'une baisse de l'inflation, qui s'élevait en août à 7,5 %.

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 21:35

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 22.06.2012 à 11h25 • Mis à jour le 22.06.2012 à 11h25

Par Pauline Pellissier

 
 
Manifestation aux abords du Gange, le 14 janvier.

Des centaines de sadhus indiens, des sages ayant fait vœu de pauvreté, ont manifesté lundi 18 juin à New Delhi contre un projet de construction de plus de cinquante barrages sur le Gange, dont les eaux sont considérées comme sacrées par des millions d'hindous.

Sadhus et écologistes estiment que les projets de barrages - 14 ouvrages en construction, 39 dans les cartons - sur le fleuve et ses nombreux affluents risquent de l'étrangler à sa source et de menacer l'écosystème. "Notre mère le Gange est en train d'être assassinée par le gouvernement. Il va s'assécher si tous les barrages sont construits", dénonce Swami Mukteshawar, un militant de l'association Ganga Mukti Mahasangram ("Bataille pour sauver le Gange").

"Les barrages vont transformer ce fleuve puissant en un filet d'eau. Nos eaux sacrées vont être détournées et utilisées pour générer de l'hydroélectricité. C'est choquant", ajoute-t-il. Une dizaine de sadhus , en robe traditionnelle safran, ont débuté depuis lundi une grève de la faim dans le centre de New Delhi pour alerter l'opinion.

"Les barrages seront construits sur nos cadavres. Ils peuvent mélanger notre sang au ciment", a lancé un autre sage, Swami Aseemanand, 65 ans, qui se baigne dans les eaux du Gange depuis plus de trente-cinq ans, dans l'Uttar Pradesh (nord). Les fidèles hindous pensent que le fleuve sacré a le pouvoir de purifier les péchés et de les libérer du cycle des réincarnations. Ainsi, les cendres des défunts y sont déversées pour leur garantir une meilleure vie future. 

Un sadhu se baigne dans les eaux du Gange dans la ville d'Haridwar, lors du bain royal. Les pèlerins se lavent ainsi de leurs péchés, étape essentielle vers la réincarnation.

Au-delà des superstitions religieuses, un récent rapport (PDF) présenté par un organisme gouvernemental, le Wildlife Institute of India, recommande d'abandonner trente-quatre projets de barrage sur le Gange sur les rivières Alaknanda et Bhagirathi - les deux principaux affluents du Gange de l'état d'Uttarakhand -, au nom des préoccupations environnementales.

"Le Gange est en sérieux danger", estime Himanshu Thakkar, un expert en ressources aquatiques au sein du Groupe de recherche sur les barrages, les rivières et les populations en Asie du sud. "On devrait abandonner la construction de barrages, parce qu'ils causent des dommages irréversibles sur la biodiversité", préconise-t-il.

LÉGER RECUL DU GOUVERNEMENT

Faisant suite à ce rapport, trois membres de la National Ganga River Basin Authority (NGRBA) ont menacé de démissionner, si rien n'était fait pour préserver l'environnement. Créé en 2009, cet organisme est chargé d'élaborer une approche globale des problèmes du fleuve en rassemblant le gouvernement, les Etats traversés par le fleuve et la société civile.

Face à la montée de la contestation, la ministre de l'environnement Jayanti Natarajan a annoncé le 12 juin que les projets seraient maintenus, mais que la production d'énergie de chaque ouvrage serait réduite d'environ 50 %. L'objectif est de préserver le débit du fleuve et de permettre ainsi la survie de la vie aquatique. "Nous ne pouvons revenir sur les projets existants, mais nous travaillons sur la possibilité de réduire la capacité opérationnelle des centrales hydroélectriques", a déclaré la ministre dans les colonnes du journal The Hindu. Autres concessions du gouvernement, la promulgation d'un moratoire sur les nouvelles autorisations de projets hydroélectriques et la mise en place d'un comité au sein de la NGRBA chargé d'examiner l'impact écologique des barrages.

LES ÉTATS-UNIS SOUTIENDRAIENT LA CONTESTATION

Pour autant, les Indiens restent divisés sur la question des barrages. Avdash Kushal, militant d'une ONG qui encourage les projets hydroélectriques, annonce dans Hindustantimes que les Etats-Unis soutiendraient les opposants aux projets, car la construction de ces centrales hydroélectriques se ferait au dépens de l'achat d'uranium américain. Un lobbying dont le Times of India se faisait également l'écho lundi 18 mai. "C'est à l'instigation des Etats-Unis que ces projets de centrales sont menacés de fermeture", affirmait Avdhash Kaushal.

Pour les partisans des barrages, le problème n'est pas que local, il concerne tout le nord de l'Inde, confronté à une pénurie d'énergie. "Si tous les projets prévus jusqu'ici avaient vu le jour, nous aurions un total de 2 441 MW d'énergie supplémentaire, de quoi soulager les habitants de Dehli et de l'Uttarakhand", estime Avdhash Kaushal.

Le gouvernement indien est désormais pris dans un étau entre ceux qui soutiennent que la production d'énergie est essentielle pour le développement économique et le bien-être de la population, et ceux qui estiment que toute atteinte à la biodiversité sera irrémédiable. D'après le Times of India, si tous les projets sont menés à leur terme, 87 % des espèces de poissons connaîtront une modification de leur environnement aquatique. 

Pauline Pellissier

 

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 11:35


Le Monde.fr avec AFP | 26.03.2012 à 12h19

 
Un Tibétain s'immole par le feu à New Delhi le 26 mars.

Un exilé tibétain s'est immolé par le feu à New Delhi lundi 26 mars, selon la police. Il participait à une manifestation contre la venue prochaine en Inde du premier ministre chinois, Hu Jintao.

Près de trente Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés ou ont tenté de le faire depuis le début de mars 2011 dans les zones tibétaines chinoises. De nombreux Tibétains se plaignent de la répression de leur religion et de leur culture et de ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine.

> Lire le chat avec la tibétologue  Katia Buffetrille "L'immolation est, pour les Tibétains, le seul moyen de s'exprimer"

"DANS UN ÉTAT GRAVE"

L'homme de 27 ans, identifié sous le nom de Janphel Yeshi, s'est immolé sur un site souvent choisi pour les manifestations, en plein centre de la capitale fédérale indienne. M. Yeshi, en flammes, s'est mis à courir dans la rue avant de s'effondrer au sol, tandis que des manifestants tentaient d'éteindre le feu sur son corps. L'homme a été emmené en urgence à l'hôpital, "dans un état grave" selon la police.

Un manifestant a déclaré que le Tibétain, qui a fui son pays en 2005, était brûlé sur la quasi totalité du corps."Son état est très grave et les médecins de l'hôpital disent qu'il est brûlé à 98 %", a-t-il dit.

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 19:33

LEMONDE.FR avec AFP | 28.02.12 | 07h27   •  Mis à jour le 28.02.12 | 07h47

 
 

 

Des manifestants se préparent pour une journée de grève, le 23 février 2012, à Kolkata.

Des manifestants se préparent pour une journée de grève, le 23 février 2012, à Kolkata.AFP/DIBYANGSHU SARKAR


Des millions de manifestants étaient attendus en Inde mardi 28 février après qu'un appel à la grève générale a été lancé à l'unanimité des syndicats, dont ceux affiliés au gouvernement, et réclamant un renforcement du droit du travail et l'instauration d'un minimum salarial. Onze organisations syndicales ont signé l'appel à la grève pour faire pression sur le gouvernement de centre-gauche du premier ministre, Manmohan Singh.

Ce dernier, accusé d'immobilisme par l'opposition, leur a demandé cette semaine, en vain, d'annuler cette démonstration de force. "C'est une occasion historique. Pour la première fois, tous les grands syndicats sont ensemble pour protester contre les politiques antitravail du gouvernant", a souligné le secrétaire général du Congrès indien des syndicats, Gurudas Dasgupta.

"NOUS LUTTONS POUR NOS DROITS"

Leurs revendications portent sur la mise en place d'un minimum salarial sur le plan national, sur des contrats à durée indéterminée pour quelque 50 millions de travailleurs temporaires et sur des mesures efficaces pour freiner la hausse du coût de la vie. "Nous avons donné au gouvernement toute latitude pour discuter de ces questions. Maintenant, faire grève est pour nous la seule option", a déclaré M. Dasgupta. "Nous luttons pour nos droits contre le gouvernement qui est contre le peuple", a-t-il ajouté.

Le pouvoir, déjà ébranlé par une série de scandales de corruption, tente depuis des mois de lutter contre un fort taux d'inflation en pratiquant une agressive politique monétaire. Mais les effets ont tardé et l'envolée des étiquettes a encore durci les conditions de vie de millions de foyers modestes.

 

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 22:07

LEMONDE.FR avec AFP | 22.12.11 | 08h04   •  Mis à jour le 22.12.11 | 08h58

 
 

 

Anna Hazare lors d'une conférence de presse, le 4 novembre.

Anna Hazare lors d'une conférence de presse, le 4 novembre.AP/Gurinder Osan

Le gouvernement indien devait présenter jeudi 22 décembre au Parlement deux projets de loi clés, dont un texte anticorruption très attendu par l'opposition qui presse le pouvoir, accusé d'immobilisme, de durcir la législation actuelle. Au coeur des attentes parlementaires, ce texte prévoit la création d'un médiateur de la République aux pouvoirs renforcés qui lui permettraient de poursuivre des élus et des fonctionnaires convaincus de corruption.

Mais l'opposition estime que ses prérogatives sont réduites. Elle réclame qu'il puisse enquêter sur le premier ministre, indépendamment du Bureau d'enquête criminelle (CBI), sous contrôle du gouvernement.

GRÈVE DE LA FAIM

Une première mouture présentée pendant l'été avait jeté des millions d'Indiens dans la rue, écoeurés de subir la corruption au quotidien, et galvanisés par un charismatique militant de 74 ans qui jeûna en public pendant 12 jours. Ce militant, Anna Hazare, qualifiant le nouveau texte de "trahison", a menacé d'observer une nouvelle grève de la faim de trois jours à partir du 27 décembre à Bombay si une réforme n'était pas adoptée avant la fin de la session parlementaire d'hiver.

>> Lire le décryptage "Inde : un héros anti-corruption qui galvanise ou exaspère"

Cette session s'achève normalement jeudi mais elle a été exceptionnellement prolongée jusqu'au 29. Le gouvernement a approuvé le nouveau projet de loi mardi et Sonia Gandhi, présidente du parti du Congrès au pouvoir, a appelé les parlementaires à le voter.

"FOOD SECURITY BILL"

Un autre texte soumis au Parlement jeudi concerne une subvention alimentaire pour des centaines de millions de personnes, un projet populiste extrêmement coûteux qui pèsera sur les finances publiques, selon ses opposants.

La "Food Security Bill" ou loi pour la sécurité alimentaire fournirait des provisions mensuelles de blé, de millet et de riz bon marché à 64 % des 1,2 milliard d'Indiens, soit environ 770 millions de personnes. Il augmenterait les subventions annuelles pour l'alimentation de près de 4,1 milliards d'euros (280 milliards de roupies) pour les porter à 14 milliards d'euros.

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 13:42

LEMONDE.FR avec AFP | 12.12.11 | 09h20   •  Mis à jour le 12.12.11 | 09h33

 
 

 

Des ouvriers dans une aciérie, à Jammu, le 1er décembre 2011.

Des ouvriers dans une aciérie, à Jammu, le 1er décembre 2011.AP/Channi Anand

La croissance de la production industrielle de l'Inde est devenue négative pour la première fois en plus de deux ans avec une contraction de 5,1 % en octobre sur un an, selon les chiffres publiés lundi 12 décembre, reflétant l'impact de la politique monétaire agressive du pays. En octobre l'an dernier, la production industrielle avait progressé de 11,3 % sur un an. En septembre, cet indicateur avait déjà marqué le pas, progressant de seulement 1,9 %, bien loin des attentes du marché, lequel tablait sur 3,7 %.

La production manufacturière, qui représente environ 75 % de cet indicateur, s'est contractée de 6 % sur un an. L'activité minière a chuté de 7,2 % tandis que la production de biens d'équipements a plongé de 25,5 %. Pour Siddhartha Sanyal, directeur et économiste en chef chez Barclays Capital à Bombay, ces chiffres ont pris les analystes par surprise. "Les chiffres actuels sont significativement plus faibles que nos attentes, a-t-il souligné auprès de l'AFP. Chaque sous-segment a baissé, ce qui aggrave la situation. A l'évidence, il y a une assez forte pression sur le secteur industriel."

UNE INFLATION QUI FLIRTE AVEC LES 10 %

Les résultats mensuels de cet indicateur risquent de doucher un peu plus les espoirs de voir des pays émergents tels que l'Inde soutenir la croissance mondiale au moment où l'Europe et les Etats-Unis sont à la peine. La Reserve Bank of India (RBI) a pratiqué treize relèvements des taux depuis mars 2010 pour tenter d'enrayer une inflation qui flirte avec les 10 %, gros point noir de la troisième puissance économique d'Asie. Elle doit tenir une réunion de politique monétaire vendredi, mais, selon toute vraisemblance, aucun nouveau relèvement des taux ne devrait être décidé.

Depuis des mois, le milieu des affaires met en garde la banque centrale contre sa politique, arguant que ce resserrement monétaire bride la croissance de l'Inde, dans un contexte d'incertitudes sur les perspectives de l'économie mondiale. Alors que l'Inde visait au début de l'année une croissance annuelle de 9 %, elle a ramené ses ambitions à un taux de 7,5 %. Ces prévisions s'avèrent toutefois plus optimistes que celles sur lesquelles tablent des économistes indépendants, qui anticipent plutôt un taux inférieur à 7 %. L'Inde avait enregistré une croissance de 8,5 % pour l'année 2010-2011.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 13:48

LEMONDE.FR avec AFP | 06.12.11 | 10h03   •  Mis à jour le 06.12.11 | 10h11

 
 

 

Kapil Sibal, le ministre des communications et de l'information indien, lors du Forum économique mondial de New Delhi.

Kapil Sibal, le ministre des communications et de l'information indien, lors du Forum économique mondial de New Delhi.AFP/INDRANIL MUKHERJEE

Le gouvernement indien a demandé à Facebook, Google, Yahoo! et d'autres géants du Web de vérifier le contenu de leurs sites pour empêcher des publications à caractère diffamatoire ou offensant. Le ministre des communications, Kapil Sibal, a rencontré à New Delhi des représentants des groupes mondiaux et leur a demandé de faire en sorte que tous les contenus soient vérifiés avant d'être mis en ligne sur leurs réseaux, a rapporté mardi la presse indienne.

Un porte-parole du Parti du congrès au pouvoir, Abhishek Manu Singhvi, a confirmé la rencontre, précisant que "les discussions en cours sont uniquement liées aux éléments absolument illégaux, diffamatoires ou pornographiques". Le gouvernement se défend de vouloir imposer une censure politique, mais plaide pour un mécanisme d'"autorégulation" pour bloquer les contenus offensants.

Selon le quotidien Hindustan Times, les géants d'Internet ont fermement rejeté les demandes du ministre, arguant qu'un immense volume d'informations était mis en ligne sur les réseaux sociaux en Inde et qu'ils n'étaient pas responsables de leur contenus. Ce n'est pas la première fois que l'Inde tente d'imposer un contrôle des réseaux sociaux : cet été, les autorités avaient déjà approché plusieurs entreprises américaines à ce sujet.

Kapil Sibal a notamment cité l'exemple d'un site religieux sur lequel des images pornographiques avaient été publiées, a indiqué le journal en citant des sources sous couvert d'anonymat. Selon le même quotidien, le ministre s'est plaint dans le passé d'un site qui avait attaqué Sonia Gandhi, l'influente présidente du Parti du congrès. Il a en outre demandé que ce soit des hommes, et non la technologie, qui vérifient le contenu des sites avant leur publication.

Voici plusieurs mois, l'Inde avait menacé de fermer deux services de messagerie du BlackBerry, smartphone connu pour ses systèmes de cryptage sécurisés, et utilisé par 1,1 million de personnes dans le pays. Le pays avait dit craindre que le service de messagerie crypté de BlackBerry soit utilisé par des activistes pour organiser des attentats sans que leurs communications puissent être interceptées par les forces de l'ordre

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 13:47

LEMONDE.FR | 14.11.11 | 17h14   •  Mis à jour le 14.11.11 | 20h26

 
 

 

Andimuthu Raja, ancien ministre des télécommunications, est accusé d'avoir touché des pots-de-vin dans l'attribution de licences de téléphonie mobile 2G en 2008.

Andimuthu Raja, ancien ministre des télécommunications, est accusé d'avoir touché des pots-de-vin dans l'attribution de licences de téléphonie mobile 2G en 2008.AFP/MANAN VATSYAYANA


C'est le procès de tous les records, un scandale économico-politique à la mesure de la plus grande démocratie du monde. En Inde s'est ouvert vendredi 11 novembre le procès du "scandale 2G", une gigantesque affaire impliquant le gouvernement et l'ensemble du secteur des télécommunications. Montant de la fraude : 30 milliards d'euros. Sur le banc des accusés, quatorze personnes, dont un ancien ministre, une députée, une flopée de hauts fonctionnaires et trois entreprises de télécommunication.

Andimuthu Raja, ministre des télécommunications de 2007 à 2010, est accusé d'avoir touché des pots-de-vin en bradant l'attribution de licences de téléphonie mobile 2G en 2008. Selon l'auditeur général aux comptes, la manœuvre aurait spolié le Trésor de près de 40 milliards de dollars (29,4 milliards d'euros). Certains de ces opérateurs téléphoniques "amis" ont ensuite revendu ces licences à prix d'or à des opérateurs étrangers, "encaissant au passage des sommes faramineuses", rapporte Libération.

 

La députée indienne Kanimozhi après son audition devant le CBI (Central Bureau of Investigation) le 6 mai.

La députée indienne Kanimozhi après son audition devant le CBI (Central Bureau of Investigation) le 6 mai.AP


Plusieurs de ces acheteurs seraient en outre des sociétés-écrans montées pour permettre à de grands opérateurs d'acquérir plus de licences que ne le permet la loi. C'est le cas de Swan Telecom, soupçonné d'être une couverture de Reliance Group, propriété du milliardaire Anil Ambani. Une holding suisse, BTS Belvoir Investment AG, est également inquiétée pour avoir acquis une participation dans Swan Telecom.

UN SÉISME POLITIQUE

Il s'agit – et de loin – du plus grand scandale de corruption qu'ait connu ce pays, où les pots-de-vin sont pourtant un fléau. Il dépasse désormais l'énorme affaire de pots-de-vin dite "Hawala", qui avait été marquée par les démissions en série d'hommes politiques de tout premier plan en 1996.

Mais en six décennies, un seul responsable politique d'envergure nationale, Rao Shiv Bahadur Singh, a été condamné à purger une peine de prison pour corruption. C'était en 1949. Dans un éditorial en février, le quotidien The Hindu avait tenu à marquer le coup, estimant que l'arrestation de M. Raja était "une étape très significative" pour le pays. Mais il s'interrogeait aussitôt sur les raisons pour lesquelles le CBI, l'agence anticorruption indienne, avait attendu trois ans avant d'agir.

 

La corruption est endémique en Inde. Ici, des paysans et leurs femmes manifestent à Bangalore, le 4 novembre, pour protester contre la corruption dans l'Etat du Karnataka.

La corruption est endémique en Inde. Ici, des paysans et leurs femmes manifestent à Bangalore, le 4 novembre, pour protester contre la corruption dans l'Etat du Karnataka.AFP/Manjunath Kiran


De fait, la révélation de cette affaire, à l'automne 2010, a ébranlé le gouvernement. Contraint à la démission, Andimuthu Raja a toujours affirmé que le premier ministre Manmohan Singh, surnommé jusqu'ici "Monsieur Propre", était au courant de ces transactions. Le parti du Congrès, au pouvoir, est accusé d'avoir fermé les yeux sur ces ventes frauduleuses pour éviter de perdre un parti allié, celui auquel appartenait M. Raja, au sein de la coalition gouvernementale.

GRÈVES DE LA FAIM

Corruption et pots-de-vin gangrènent la société indienne. Selon le dernier rapport de Transparency International, le pays se place au 87e rang (sur 178), à égalité avec l'Albanie, la Jamaïque et le Liberia. La perception de la corruption dans la plus grande démocratie du monde n'a cessé de croître au fut et à mesure que son économie se libéralisait, pour atteindre un niveau record :

 

L'indice de perception de la corruption est construit à partir de plusieurs sondages d'opinion d'experts se prononçant sur leur perception du niveau de corruption dans les secteurs publics. 0 indique un degré de perception de la corruption élevé et 10 un degré de corruption perçu comme très faible.

L'indice de perception de la corruption est construit à partir de plusieurs sondages d'opinion d'experts se prononçant sur leur perception du niveau de corruption dans les secteurs publics. 0 indique un degré de perception de la corruption élevé et 10 un degré de corruption perçu comme très faible. Transparency International

"La libéralisation de l'économie a attiré de gros investisseurs étrangers et indiens dans des secteurs autrefois monopolisés par l'Etat et pas entièrement dérégulés (ils ne peuvent jamais l'être entièrement), explique Christophe Jaffrelot, directeur de recherches au CNRS et spécialiste de l'Inde. D'où la multiplication des scandales."

Le dernier scandale des licences téléphoniques – après celui des pots-de-vin dans la préparation des Jeux du Commonwealth – ont porté l'exaspération de la population à un point critique et provoqué des mouvements de contestation de grande ampleur à travers le pays.

Au printemps, puis de nouveau cet été, un vieil homme de 74 ans, Anna Hazare, a entamé une grève de la faim pour exiger le durcissement de la loi sur la corruption. Son jeûne a été retransmis en direct sur les chaînes indiennes, les informations sur son poids et sa tension défilant en bandeau (lire son portrait en édition Abonnés). Pendant des mois, il a réclamé la création d'une autorité indépendante capable d'enquêter sur les soupçons de corruption jusqu'au plus haut niveau de l'Etat. Depuis 1942, une loi en ce sens a été présentée dix fois au Parlement, sans jamais être adoptée.

 

Anna Hazare tient une conférence de presse, le 4 novembre.

Anna Hazare tient une conférence de presse, le 4 novembre.AP/Gurinder Osan


Le gouvernement de Manmohan Singh a d'abord tenté d'emprisonner Anna Hazare en août. Dès le lendemain, le quotidien The Hindu s'était fendu d'un éditorial d'une rare violence intitulé : "Corrompu, répressif et stupide". Face à la détermination du vieux militant et à l'immense soutien populaire dont il bénéficie, le pouvoir a finalement cédé et l'a libéré quelques jours plus tard. Anna Hazare, qui cultive sa ressemblance avec le héros de l'indépendance Mahatma Gandhi, a interrompu sa grève de la faim fin août, mais continue de mettre la pression sur le gouvernement de Manmohan Singh jusqu'à ce que la loi soit adoptée.

En juin, une autre égérie anti-corruption a fait son apparition. Il s'agit cette fois d'un grand yogi de 47 ans, Baba Ramdev, entré en grève de la faim pour rapatrier en Inde l'"argent noir", c'est-à-dire les capitaux qui ont trouvé refuge dans des paradis fiscaux (reportage du Monde en édition Abonnés). Cette fuite des capitaux aurait coûté 204 milliards d'euros à l'Etat en vingt ans.

Ce sâdhu – un "renonçant" dans la tradition hindoue – est le dernier avatar d'une série de figures de la société civile se dressant contre les malversations financières. Mais le recours à la grève de la faim suscite aussi des critiques. De nombreux commentateurs estiment que ce glissement d'une protestation, légitime, à un "chantage" sur la vie mine les fondements même de la démocratie.

Soren Seelow

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