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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 19:11

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Action de Greenpeace devant le ministère de l’Ecologie contre le bois illégal

Barnabé Binctin et Lorène Lavocat (Reporterre)

mercredi 4 mars 2015

 

 

Greenpeace France a déposé ce matin une grume de bois tropical devant le ministère de l’Ecologie. L’organisation dénonce l’inaction de la France face aux importations de bois illégal. Reporterre était présent et raconte.

Paris, reportage

07 h 15, un drôle de camion se gare boulevard Saint Germain, à Paris, devant le ministère de l’Ecologie. La circulation automobile est déjà intense. Une dizaine de membres de la "Brigade de vérification du bois" bloque la voie de bus. Ils ont une vingtaine d’années

Qu’est-ce que la Brigade ? Une militante nous explique (*voir lien ci-dessous)

http://www.reporterre.net/Action-de-Greenpeace-devant-le

 

 

La grue du camion se met en action et dépose un tronc de 8 mètres de long sur la voie de bus. Casques de chantier de chantier sur la tête et portant une combinaison verte estampillée Greenpeace, les activistes veulent dénoncer l’inaction des pouvoirs français quant au trafic de bois illégal.

 

 

Les banderoles sont déployées. "Nous avons acheté cette grume à La Rochelle, tout simplement, mais ce bois provient en fait d’une exploitation illégale en république démocratique du Congo", nous explique Frédéric Amiel, chargé de campagne Forêts pour Greenpeace. L’ONG vient de porter plainte contre x pour importation de bois illégal .

 

 

Que veut Greenpeace ? Frédéric Amiel l’explique : (*voir lien ci-dessous)

http://www.reporterre.net/Action-de-Greenpeace-devant-le

 

 


- Frédéric Amiel -

L’action est réussie, tout s’est déroulé sans anicroche et suivant l’horaire prévu. Outre Reporterre, l’AFP et France Info sont présents. La police arrive trop tard, la grume de bois git devant le ministère. Une vingtaine de policiers encercle à 07 h 50 les activistes. Dans la matinée, Frédéric Amiel rencontre des membres du cabinet de Mme Royal.

 

 

En jeu, la lutte contre le bois illégal

Quatre tonnes de bois déversées en pleine rue devant le ministère de l’écologie : Greenpeace accuse ainsi le manque de responsabilité de la France dans la lutte contre le bois illégal, une cause importante de la déforestation dans le monde. Surexploitation des massifs forestiers, coupes non-autorisées ou arbres taillés trop jeunes, l’illégalité du bois a aussi des aspects plus socio-politiques par le non-paiement des taxes ou le non-respect des accords sociaux avec les communautés en charge de la gestion des forêts.

 

 

Selon Interpol, l’exploitation forestière illégale représente entre 15 et 30% du bois commercialisé dans le monde. Si les scieries et le bois récolté sur le territoire français sous le contrôle du ministère de l’Agriculture ne sont pas sujets à suspicion, les 140 000 tonnes de bois tropical importées chaque année en France d’Afrique ou d’Amazonie restent affranchies de toute régulation.

 

 

Or, la présence de bois illégal ne fait pas de doutes pour l’ONG écologiste. Preuve en est avec les grumes déposées ce matin, boulevard Saint-Germain. Acheté dans le port de la Rochelle, premier port français d’importation et de stockage de bois –un port dont le Conseil de surveillance est présidé par… Xavier Beulin – ce bois provient de la République Démocratique du Congo, où près de 90% de la récolte du bois serait illégale, selon les résultats d’une enquête anglaise menée l’année dernière :

Télécharger le rapport Lawson sur le Congo : (*voir lien ci-dessous)

http://www.reporterre.net/Action-de-Greenpeace-devant-le

 

Les grumes n’ont fait l’objet d’aucune vérification à leur entrée sur le territoire, selon Greenpeace, alors même qu’elles ont été achetées à la société Cotrefor, dont les irrégularités ont plusieurs fois été signalées. C’est précisément ce manque de contrôle que dénonce l’ONG française : en l’absence de régulation du commerce de bois tropical, du bois illégal s’écoule sur le marché français...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 15:51

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Edward Snowden, les coulisses de la plus grande fuite de l'histoire

04 mars 2015 | Par Jérôme Hourdeaux

 

 

En juin 2013, la réalisatrice Laura Poitras a filmé durant huit jours sa rencontre avec le lanceur d'alerte, caché à Hong Kong. Son documentaire, « Citizenfour », un huis clos intimiste et angoissant, sort en salle ce mercredi. Le 5 mars, la chaîne Planète+ diffuse « Edward Snowden, ennemi d’État », un film dévoilant un autre épisode : la fuite de l'informaticien vers la Russie avec l'aide de Wikileaks.

 

Edward Snowden n’a pas que dévoilé un dispositif d’espionnage global des citoyens déployé par les États-Unis et leurs alliés. Il a également donné naissance à une nouvelle figure héroïque, le lanceur d'alerte, immortalisée par le documentaire « Citizenfour », sorti en France mercredi 4 mars, de la réalisatrice Laura Poitras. Elle est l’une des premières journalistes à avoir été en contact avec l’ex-employé de la NSA.

Malgré quelques pionniers, ceux que l’on appelle en France les « lanceurs d’alerte » avaient jusqu’à présent généralement tout fait pour rester dans l’ombre, notamment en raison des craintes de représailles. Pour avoir fourni en 2010 au site Wikileaks plusieurs centaines de milliers de documents et câbles diplomatiques, et après avoir été dénoncé par un hacker, le soldat Bradley Manning (devenu Chelsea Manning), a écopé, en 2013, de 35 années de prison. Auparavant, il a été placé durant trois années en isolement par la police militaire. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, est de son côté toujours reclus dans l'ambassade équatorienne à Londres, assuré d'être extradé à toute tentative de sortie.

Le tour de force d’Edward Snowden est d’avoir réussi à retourner totalement ce statut de paria, de traître à la nation en assumant et revendiquant son rôle de whistleblower. Devançant médias et forces de l’ordre, c’est lui qui décide de dévoiler son identité dans une vidéo diffusée le 8 juin 2013 par le Guardian, quelques jours seulement après la publication des premières révélations. Cette vidéo, tournée dans la chambre de l’hôtel Mira de Hong Kong par Laura Poitras, constitue une des scènes centrales de « Citizenfour ».

 

 

Edward Snowden dans sa chambre d'hôtel

Edward Snowden dans sa chambre d'hôtel

 

Cette interview, devenue historique, a changé la donne. La mystérieuse taupe sortait enfin de l’ombre. Et son visage était celui d’un jeune homme, patriote, élevé dans une famille de militaires, propre sur lui, bien éduqué et expliquant avec calme et aisance comment son gouvernement violait la vie privée de ses citoyens. En revendiquant son « crime » pour accuser le gouvernement américain, il inversait la charge de la preuve et mettait le gouvernement américain sur la défensive.

Depuis, Edward Snowden, qui vit toujours en Russie et à qui les pays européens dont la France ont refusé l'asile, est devenu une véritable icône déclinée en livres, série télé, films, documentaires… Alors que filtrent déjà les premières images de l’adaptation aux écrans de sa vie par Oliver Stone, « Citizenfour » vient d’être récompensé aux Oscars. Honni par Washington, Edward Snowden est encensé par Hollywood.

Cette multiplication des récits permet de peu à peu dévoiler avec une précision sans précédent les détails de l’une des affaires les plus extraordinaires de l’histoire du journalisme. En deux ans, une bonne partie des acteurs ont en effet donné leur version de l’histoire, permettant ainsi de reconstituer peu à peu le puzzle. Le journaliste Glenn Greenwald, l'autre journaliste à avoir été contacté par Edward Snowden, avait déjà publié, au mois de mai 2014, Nulle part où se cacher, un livre balayant l’histoire du whistleblower et les implications de ses révélations. À l’inverse, Laura Poitras a fait le choix de se concentrer sur un épisode bien particulier de son histoire : les huit jours passés avec Edward Snowden dans une chambre de Hong Kong.

Le 2 juin 2013, la réalisatrice débarque dans la province autonome chinoise accompagnée de Glenn Greenwald. Depuis quelques mois, les deux journalistes sont en contact par internet avec une mystérieuse source signant ses messages « Citizenfour ». Celle-ci dit avoir la preuve de multiples violations des droits fondamentaux des citoyens par les services secrets américains pour lesquels il affirme travailler. Pour prouver ses dires, il a déjà fourni aux journalistes une série de documents. Le rendez-vous a été fixé dans une salle de l’hôtel Mira, avec, comme signe de reconnaissance, un Rubik’s Cube. Une fois le contact pris, Edward Snowden emmène dans sa chambre Glenn Greenwald et Laura Poitras. Celle-ci sort immédiatement sa caméra et se met à filmer.

C’est autour de ce huis clos que tourne entièrement « Citizenfour ». Avec une image souvent instable, une mise au point aléatoire, des mouvements de caméra parfois un peu brusques, il s’agit d'un témoignage à la première personne. On y revit, à travers les yeux de Laura Poitras, certaines des scènes décrites dans des articles ou par Glenn Greenwald dans son livre. Le montage particulièrement efficace et la distance prise par Laura Poitras, que l’on entend et qui n’apparaît quasiment jamais, renforcent encore le réalisme, l’impression d’être coincés dans cette chambre avec les deux journalistes, parfois accompagnés de leur collègue du Guardian Ewen MacAskill, et Snowden potentiellement recherché par toutes les agences américaines.

Au fur et à mesure des interviews, la paranoïa de Snowden se fait contagieuse. On rit lorsqu’il se dissimule la tête sous une couverture pour taper son mot de passe, ou quand il débranche le téléphone dès que celui-ci se met à sonner. Mais l’ambiance commence à se faire plus pesante lorsque l’alarme à incendie de l’hôtel se déclenche brièvement à plusieurs reprises, une méthode selon Snowden utilisée pour forcer des cibles à sortir de leur chambre. L’alerte était en fait un test de sécurité.

Mais le film réussit à convaincre le spectateur qu’à tout moment des agents pourraient défoncer la porte et mettre un terme à l’histoire avant même qu’elle ne débute. Dans ce huis clos angoissant, les réactions d’Edward Snowden sont filmées au plus près. Sa peur et ses doutes sont parfois presque palpables, comme lorsqu’il discute en ligne avec sa petite amie qu’il a abandonnée à Hawaï sans donner d’explication.

 

 

Edward Snowden.

Edward Snowden.

 

Ce faisant, « Citizenfour » ne parvient pas à éviter un écueil. À plusieurs reprises, Edward Snowden insiste en effet sur la nécessité de ne pas personnaliser ses révélations, de ne pas être mis en avant afin que le débat porte sur le fond et non sur le messager. Or, le film ne sort pas de ce paradoxe : plus Snowden affiche son désintéressement, son abnégation, plus il apparaît comme un héros, voire un martyr. « Je préfère plutôt risquer l’emprisonnement, ou toute autre conséquence néfaste, plutôt que de risquer toute limitation de ma liberté intellectuelle et de celles et ceux qui m’entourent, qui m’importent au même titre que ma personne », explique-t-il ainsi à Glenn Greenwald. Et, même si finalement Edward Snowden réussira à échapper aux autorités américaines, on conserve l’image d’un homme se sacrifiant littéralement pour le bien de l’humanité.

Au bout du compte, « Citizenfour » ne délivre aucun « scoop » supplémentaire. Laura Poitras livre, en introduction et en conclusion, une mise en perspective des révélations d’Edward Snowden, de leur traitement médiatique et des réactions politiques. Le film apporte également quelques éléments de détails et anecdotes. Il révèle notamment que la petite amie d’Edward Snowden a finalement pu le rejoindre et alimente, tout à la fin, l’hypothèse d’un « second Snowden », un nouveau lanceur d’alerte au sein de la NSA.

Mais « Citizenfour » est surtout un témoignage humain, une rencontre exceptionnelle amenée à changer le cours de l’histoire. Le huis clos se termine d’ailleurs sur l’image d’Edward Snowden, refermant la porte de la chambre d’hôtel pour fuir en compagnie d’un avocat hongkongais, laissant la réalisatrice seule dans la pièce.

 

La fuite interrompue à Moscou

C’est justement à cet instant qu’une autre pièce du puzzle peut se mettre en place. Alors que « Citizenfour » sort mercredi dans les salles françaises, Planète + C&I diffuse, le lendemain à 20 h 45, un documentaire justement consacré à la fuite du whistleblower et basé sur le témoignage d’un autre acteur direct : l'équipe de Wikileaks. Réalisé par les journalistes danois Poul Erik Heilbuth et allemand John Goetz, « Edward Snowden, ennemi d’État » est, sur la forme, très loin des qualités esthétiques et humaines de « Citizenfour ».

Mais ce documentaire contient de nombreuses informations sur un aspect encore assez peu documenté de l’histoire d’Edward Snowden. Celui-ci quitte en effet l’hôtel Mira le 10 juin mais ne s’envole pour la Russie que le 23 juin. Presque deux semaines durant lesquelles celui qui est devenu l’homme le plus recherché du monde n’est plus protégé par les journalistes qui l’accompagnaient.

Hébergé à Hong Kong par des « alliés », Edward Snowden prend alors contact avec Wikileaks. C’est la journaliste Sarah Harrison que l’organisation de Julian Assange envoie à la rescousse. Sa mission est de faire sortir du territoire chinois le jeune homme avant que Pékin ne cède aux pressions diplomatiques, et malgré le risque d’une arrestation dès la frontière franchie. Après plusieurs jours de tractations, un plan se dessine. Edward Snowden est censé prendre un avion pour Cuba, via la Russie, pour ensuite rejoindre soit le Venezuela, soit l’Équateur.

Pour brouiller les pistes, Wikileaks achète une douzaine de billets d’avions différents au nom d’Edward Snowden. Mais, alors qu’il est en route pour Moscou, le ministère des affaires étrangères américain révoque son passeport. À son arrivée sur le sol russe, il se voit refuser l’embarquement pour son vol pour Cuba. Edward Snowden restera un mois bloqué dans la zone de transit de l’aéroport de Sheremetyevo, avec pour seul refuge une pièce sans fenêtre et pour seule aide Sarah Harrison.

Le documentaire diffusé par Planète + C&I apporte plusieurs éclairages sur cet épisode particulièrement sensible de la fuite d’Edward Snowden. Le film confirme par exemple la réticence des autorités chinoises à extrader le jeune homme qui a pu embarquer à bord de son avion malgré les demandes américaines déjà transmises. Sarah Harrison confirme également qu’à son arrivée à Moscou, les autorités russes lui ont proposé un arrangement, sa liberté contre sa collaboration avec les services secrets, mais que celui-ci, jure-t-elle, n’a fourni aucune information.

Le film avance également une autre hypothèse : l’épisode du détournement de l’avion du président bolivien Evo Morales aurait, en fait, fait partie d’une stratégie mise en place par Wikileaks. Le 1er juillet, alors qu’Edward Snowden est toujours confiné, Evo Morales est en visite à Moscou. Lorsque son avion présidentiel redécolle le lendemain, la rumeur circule que l’informaticien serait avec lui. Sous pression des États-Unis, plusieurs pays, dont la France et l’Italie, refusent à l'appareil l’entrée dans leur espace aérien. Celui-ci est contraint d’atterrir en Autriche et se voit infliger une fouille. L’incident provoque un véritable tollé dans le monde entier et conduira à installer l’image d’un homme persécuté par un État prêt à tout. Il jouera un rôle non négligeable dans la décision de la Russie d’accorder un asile temporaire à Edward Snowden.

Or, dans le documentaire, Julian Assange explique avoir volontairement alerté les autorités américaines de la possibilité d’un départ d’Edward Snowden. Wikileaks aurait en effet eu, en connaissance de cause, des discussions téléphoniques sur des lignes surveillées avec certains contacts diplomatiques afin de leurrer les services américains. Interrogé sur cette possible opération de manipulation, l’ancien directeur de la NSA Michael Hayden estime : « Je n’y avais jamais pensé avant votre question. Mais, c’est incroyablement malin, oui. »

 

 

Edward Snowden et Michael Hayden lors d'un gala en 2011

Edward Snowden et Michael Hayden lors d'un gala en 2011

 

Ce commentaire ne vient pas de n’importe qui. Le général Hayden a dirigé la NSA de 1999 à 2005. Il est donc celui qui a piloté la mise en place du dispositif dénoncé par Edward Snowden. Connu pour son franc-parler, ce pilier du renseignement américain est confronté à plusieurs reprises à Edward Snowden via une interview croisée particulièrement révélatrice. « Ce que Snowden a dévoilé, ce n’est pas des informations mais notre manière de recueillir des informations », lâche Michael Hayden dans ce qui semble être un quasi-aveu. « Il n’a pas révélé un seau d’eau, il a révélé la plomberie. Il a révélé comment nous récoltons, traitons et distribuons l’eau. »

Mais les propos de Michael Hayden sont également inquiétants lorsqu’il évoque l’avenir de son ex-employé. « Beaucoup d’Américains comme moi ne peuvent pas envisager une amnistie ni une négociation ou quoi que ce soit pour faire revenir Snowden », prévient-il. « Il y a 100 000 personnes qui travaillent pour le renseignement américain qui n’ont pas violé leur serment. Si mon gouvernement participe à n’importe quel accueil à bras ouverts, ou même à la moindre tentative d’approche, cela provoquera l’hostilité de ces hommes sur qui reposent la sécurité et la liberté de mon pays. » Voilà Edward Snowden, mais également la Maison Blanche, avertis.

 

 

Boîte noire : Mediapart est partenaire en France du film de Laura Poitras, « Citizenfour » (lire ici notre billet). Son directeur, Edwy Plenel, explique pourquoi dans cette vidéo.

 

 

Lire aussi

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 14:58

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

De peuple à peuple 04/03/2015 à 13h16

 

Un KissKissBankBank pour le peuple grec et faire la nique à Bruxelles

Claire Richard | Journaliste

 

 

« Puisque le peuple grec souffre toujours des mesures d’austérité imposées par l’Europe, et que les gouvernements ne semblent pas prêts de les aider, organisons nous-même la solidarité, d’un peuple à un autre. »

C’est en substance l’idée du projet « De peuple à peuple » : une collecte de fonds participative pour les initiatives locales grecques, qui pallient depuis plusieurs années les déficiences des services sociaux. Première du genre, cette initiative est, selon ceux qui en sont à l’origine, une idée politique bien plus qu’humanitaire.

 

Lâcher la Grèce « honteux et dangereux »

A l’origine, il y a un collectif de gens, chercheurs, écrivains, documentaristes, qui se connaissent de diverses revues de gauche, comme « Tenons et Mortaises », ou encore de l’Université Populaire du XVIIIe arrondissement, à Paris. Certains sont allés en Grèce, d’autres pas, mais tous partagent la conviction que l’abandon du peuple grec est révoltant.

« La situation nous paraissait politiquement très grave, aussi grave que lorsque le Front populaire a lâché les Espagnols en guerre. Le fait que le gouvernement socialiste lâche la Grèce nous semblait à la fois honteux et dangereux. »

explique l’historienne Sophie Wahnich, qui fait partie du groupe de lancement d’Interdemos.

« On entendait constamment à la radio des discours néo-libéraux disant qu’on n’allait pas payer pour les Grecs. Mais si les peuples préfèrent donner à la Grèce plutôt que de voir une certaine idée de l’Europe disparaître ? »

Naît alors l’idée d’organiser directement la solidarité financière avec la Grèce – via le crowdfunding. Contactée, la plateforme KissKissBankBank accepte d’héberger et de soutenir le projet. Aujourd’hui, le projet Interdemos demande 300 000 euros, pour les verser à une association grecque, Solidarity4all, qui fédère et soutient les initiatives locales qui remplacent en Grèce les services sociaux déficients.

 

Présentation de la campagne, par l’écrivain Marie Cosnay

Solidarity4all

« On sous-estime à quel point la Grèce est dans une situation très différente du Portugal ou de l’Espagne. La Grèce a été touchée beaucoup plus rudement. »

Laure Vermeersch, documentariste, va régulièrement en Grèce depuis plusieurs années. C’est là qu’elle a découvert Solidarity4all, dont la genèse remonte au mouvement des places en 2011 et au « mouvement des pommes de terre » de 2012, une initiative populaire pour court-circuiter les intermédiaires et faire baisser les prix des denrées alimentaires de base.

Partout, les initiatives locales se multiplient pour répondre aux besoins des communautés, en santé, en éducation et en alimentation. Laure Vermeersch en donne un exemple, à Fili, dans l’Attique :

« Des gens se sont organisés autour du magasin qu’un couple avait donné pour qu’y soient organisées des distributions de nourriture. C’est devenu un centre d’approvisionnement. On y trouve des gens qui votent Syriza, d’autres qui avant seraient allés à l’église. Beaucoup n’ont pas de travail, certains ont perdu leur retraite. Il n’y a pas de distinction entre ceux qui aident et ceux qui sont aidés. »

En 2012, les députés du parti Syriza élus au gouvernement européen ont investi entre 10 et 20% de leur indemnité parlementaire dans les actions de Solidarity4all.

 

Du politique, pas de l’humanitaire

La collecte de fonds d’Interdemos vise bien sûr à soutenir les actions de l’association grecque. Chaque projet reçoit en moyenne 150 à 200 euros et les 300 000 euros demandés, versés sur deux ans, pourraient permettre de financer énormément d’actions. Mais les organisateurs de la campagne voient celle-ci avant tout comme une action politique, manifestant l’existence d’un peuple européen capable d’agir indépendamment des décisions prises en son nom à Bruxelles.

« Cette collecte a pour idée de fonder un peuple européen autour d’une question cruciale, ce n’est pas du tout une logique humanitaire.

C’est aussi pour ça qu’on demande 300 000 euros. Si on demande de petites sommes, on reste dans des aides compassionnelles. Le geste politique ne devient pertinent qu’à partir d’une certaine somme. “

Philippe Aigrain, chercheur en informatique, fondateur de la Quadrature du Net et très investi dans le projet, affirme :

‘C’est aussi une question tactique. S’il y a une forte manifestation de solidarité citoyenne, cela peut aussi donner aux Grecs une position plus forte dans la négociation.’

Les collectes de solidarité ne sont pas nouvelles, ajoute-t-il :

‘Il y a une longue tradition de financement solidaire dans la tradition ouvrière, mutualiste, socialiste révolutionnaire. Mais c’est vrai qu’utiliser les outils de financement participatif est pour cela assez nouveau’.

Pour l’instant, la collecte a recueilli un peu plus de 27 000 euros, et se clôt dans 31 jours. Philippe Aigrain relativise, fort de ses expériences de collecte pour la Quadrature du Net :

‘La dernière fois, pour la Quadrature, nous avons recueilli 170 000 euros 60 heures avant la fin.’

Sophie Wahnich essaie de résister au pessimisme :

‘Les tentatives sont encore difficiles à mener, parce qu’elles sont nouvelles. Aujourd’hui, la question de la foi politique a un peu disparu. Les gens n’y croient plus. Nous on a un peu foi en l’impossible. Mais on a besoin d’être un grand nombre pour que ça marche.’

 

 

Aller plus loin

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 14:15

 

Info reçue par mail

 

 

Appel de la Destroika

Posted on 2014/06/14

 

 

Inauguration du nouveau siège de la Banque Centrale Européenne | Francfort | Automne 2014
Appel à la contre-attaque

 

 

De grèves générales sans effet en journées « d’action » qui n’agissent sur aucune cible digne de ce nom, les luttes semblent partout buter sur le cadre national – au Portugal, en Espagne, en Italie, en France, en Grèce. L’échelle nationale, qui fut longtemps l’échelle par excellence de l’action politique, que ce soit pour l’État ou pour les révolutionnaires – est devenue celle de l’impuissance. Impuissance qui se retourne contre elle-même en une rage nationaliste qui, partout, gagne du terrain.

Il n’y a plus rien à faire du cadre national, et pas seulement parce qu’il va si bien à toutes les formes de réaction. Il n’y a juste plus rien à en attendre. Il est mort et enterré. L’État n’est plus bon qu’à servir la cuisine concoctée par la Troïka, cette Sainte Trinité faite du Fonds Monétaire International, de la Banque Centrale et de la Commission Européennes. Pour nous, le national n’existe plus. Il n’y a plus que du local et du mondial.

La Troïka ne se contente pas de dicter la politique d’États entiers, voire de les administrer directement, d’imposer les budgets et les régimes qui lui complaisent ; elle détermine aussi nos conditions de vie afin de nous réduire à de simples ressources humaines. Le sentiment d’être dominé, débordé et pour finir écrasé par un « moteur de l’Europe » auto-déclaré, ne cesse de se répandre en Europe, d’y devenir plus palpable.

Quiconque a un peu étudié les méthodes du FMI sait que celles-ci ne se limitent pas à une « stratégie du choc ». Le dispositif stratégique du FMI et de la Banque Mondiale comporte deux mâchoires : l’une est effectivement la brutalisation des sociétés par une restructuration économique violente, l’autre est un amortissement de ce choc par le micro-crédit, par l’incitation à monter partout de petits business, à s’intégrer même marginalement aux circuits économiques. Le but de cette double manoeuvre : faire partout, de tout et de tous, des entreprises. L’économie sociale et solidaire n’est donc pas le remède tout trouvé à la stratégie du choc, mais son complément efficace. Nous ne voulons pas une meilleure économie, sociale et solidaire, nous voulons la fin de l’économie – la fin du calcul, la fin de l’évaluation, la fin de la mesure, la fin de la mentalité comptable, en amour comme dans les ateliers.

Ce que nous vivons, c’est une destruction intentionnelle du social, une paupérisation calculée, une concentration accélérée de la richesse et du pouvoir et une instrumentalisation consciente, dans ce contexte, des ressentiments xénophobes. L’Allemagne est de toute évidence l’orchestrateur européen de cette offensive ; c’est donc elle que doivent prendre pour cible tous ceux qui entendent y répondre. Les réfugiés qui risquent leur vie, tous ceux dont les conditions d’existence sont toujours plus précaires et même feu la « classe moyenne », qui est en train de perdre, avec toute sécurité, ses dernières illusions – il est grand temps de se mettre en route, de reprendre nos vies en main, de créer des communes et de s’organiser.

Pour beaucoup de gens, c’est cela qui s’est passé sur les places de Tunis, du Caire, de Madrid, d’Istanbul et c’est encore cela qui se prolonge dans les quartiers de Thessalonique, de Rome, de Barcelone – partout où nous mettons en commun l’argent, les techniques, les savoirs et toute la vie autour de lieux partagés.

 

Du local à Francfort

Nous n’avons pas l’intention de répéter les erreurs structurelles commises dans le mouvement antiglobalisation : les activistes professionnels, les émeutes rituelles, les slogans abstraits, vides de sens, qui viennent figer nos révoltes – voilà ce dont nous ne voulons plus. Ce n’est pas sans raison qu’un certain nombre d’entre nous, à un certain point de ce mouvement, ont décidé de s’ancrer localement, de s’arracher à l’abstraction du global, pour retrouver un peu de réalité. Dans son reflux, le mouvement antiglobalisation n’était plus qu’un enchevêtrement de réseaux qu’il nous a fallu déserter : l’air y était simplement devenu si rare que nous y étouffions. Sans nos propres lieux, sans la terre, sans une force matérielle qui se déploie à même des territoires que nous habitons pleinement, notre destin aurait été scellé : devenir des VRP de la révolution et – qui sait ? – des politiciens, des représentants ou des gestionnaires. Construire des mouvements, constituer une nouvelle gauche ne sert qu’à nourrir des illusions renouvelées.

Il est indéniable que ce que l’on appelle cavalièrement les « luttes locales » a gagné, ces dernières années, une importance inédite. Certaines d’entre elles parviennent même à fixer le tempo du conflit pour le pays entier : le Val de Suse pour l’Italie, Notre-Dame-des-Landes en France, Gamonal en Espagne, Khalkhidiki en Grèce, Lampedusa-Hamburg en Allemagne. Ces luttes, pourtant, même là où elles semblent l’emporter, ne parviennent pas à dépasser un certain seuil politique, qui permet toujours aux gouvernements de les traiter comme marginales.

Ce serait se condamner à la défaite que d’en rester là, que de nous en tenir à l’auto-centrement. Face à la guerre sociale qui nous est faite, il ne suffit pas d’aligner toutes nos « luttes locales » et de les présenter comme un front, magiquement uni par la glu de déclarations de solidarité. Comme il a fallu s’arracher, il y a dix ans, à l’abstraction du global, le moment est venu, à présent, de s’arracher à l’attraction du local ; voilà du moins la nécessité que nous éprouvons.

Nous luttons avec, derrière nous, toute la force des quartiers insoumis, des maisons occupées, des presqu’îles rebelles, des vallées en révolte. C’est tout le contraire de l’usuelle mise en réseau des luttes, qui ne sont jamais que l’alliance opportune entre diverses factions de politiciens, de représentants qui stérilisent tout à force de « négociations », et qui ne servent pour finir que leurs propres intérêts – comme toute bureaucratie, au reste. On ne représente que ce qui est absent – c’est donc notre présence en acte qu’il faut opposer à cet univers de la représentation.

 

Voilà pourquoi nous irons à Francfort

Plus le pillage est éhonté, plus s’approfondissent et se généralisent la soumission et la discipline, plus s’impose la nécessité de contre-attaquer – de défendre nos lieux, nos territoires, nos infrastructures et nos amitiés partout où elles sont confrontées à une attaque en règle, que celle-ci soit encore au stade de projet ou déjà en cours. Voilà pourquoi nous irons à Francfort : parce que la meilleure défense, c’est l’attaque.

Il nous faut porter nos expériences locales de mouvement sur un plan offensif plus élevé. Il se pourrait bien que la meilleure façon de vaincre les États nationaux qui nous font encore obstacle consiste à les prendre en sandwich – en nous portant directement en tant que force locale sur le plan européen. L’inauguration du nouveau siège, flambant neuf, de la Banque Centrale Européenne à Francfort nous procure enfin l’occasion de nous retrouver et de joindre toutes nos forces contre un ennemi commun tout désigné.

La différence entre cet événement et les mobilisations du mouvement antiglobalisation tient d’ores et déjà en ceci : nous ne parlons pas de donner rendez-vous à quelques dizaines de milliers d’activistes, de les mobiliser, mais d’enclencher une discussion internationale qui dépasse largement l’événement. Nous parlons de rassembler à Francfort toute la plèbe d’Europe – que ce soient les salariés au bord de la crise de nerfs, les citoyens floués, les travailleurs journaliers, les ouvriers restés sur le carreau, tous ceux qui, comme nous, veulent voir le vrai visage de l’ennemi, et le mettre en pièce.

Il s’agit de donner une juste cible à la rage diffuse qui monte partout sur le continent. Il s’agit de présenter la note pour tout ce que nous avons subi ces dernières années, de diriger notre rage contre ceux qui ont ourdi centralement, depuis le confort de leurs bureaux, leurs plans contre nous, de se soulever contre toutes les administrations qui, partout et chaque jour, les ont mis en oeuvre.

Voir la gueule effrayée des bureaucrates et les combattre côte-à-côte est la meilleure façon de ruiner le nouveau nationalisme européen. Pas plus que le local, l’Europe n’est en soi une alternative à la ruine des États-Nations. Ce n’est pas parce que nous haïssons l’État que nous succomberons aux charmes douteux de l’Empire. Au même titre que les vieux États nationaux, l’Europe est d’un côté une fiction, de l’autre une structure de gouvernement. Nous n’avons d’affinité ni avec l’une ni avec l’autre. Nous ne voulons pas nous réapproprier l’Europe et ses institutions véreuses, nous voulons les détruire. Notre idée de la vie et du bonheur ne sont compatibles avec aucune leçon d’austérité, avec aucune éthique du renoncement, de la performance et de l’autodiscipline.

 

Une nouvelle internationale, l’axe de la plèbe

La réponse à la situation présente nous semble résider dans la présence sans médiation de tous ceux qui se battent, de tous ceux, en Europe, que la Troïka a rendus surnuméraires, de tous ceux qu’une résistance individuelle à la dictature de l’optimisation ne satisfait plus. Pour faire face à l’offensive en cours dans tout ce qu’elle a de millimétré, de retors, de concerté, il nous faut aussi un nouvel imaginaire, une nouvelle idée de ce que signifie « lutter ensemble ».

Rien n’est pire, en pareille situation, que de simuler l’action. Même si nous sommes conscients que nos efforts, pris séparément, ont bien souvent un caractère symbolique, nous nous reconnaissons dans chaque attaque digne de ce nom, chaque geste qui ne se contente pas de rendre visible le refus, mais qui, en outre, le rend sensible.

Ce ne sont pas les managers de mouvements et autres professionnels qui doivent se retrouver, mais les luttes elles-mêmes. Et ce pas seulement par solidarité, mais aussi dans leur propre intérêt. Comprenez-nous bien : nous savons la force et les bonnes intentions des « actions de solidarité », même si la solidarité implique une distinction confortable et douteuse entre un « nous » et un « eux ». Mais c’est cette séparation qu’il nous faut dépasser – par une commune manifestation de puissance de tous ceux qui en ont marre et qui veulent reprendre leur vie en main.

Il y a déjà eu, dans les deux dernières années à Francfort, des essais de manifestation de rue contre la politique de la Troïka, de l’Union Européenne et de l’Allemagne (Blockupy et le M31). La réaction des forces de l’ordre a été démesurée. La première année, toute action a été interdite, la ville a été mise en état de siège et bouclée pour étouffer toute velléité de protestation. L’année dernière, une grande manifestation autorisée a été interdite sur décision unilatérale de la police, devenue acteur politique à part entière et non plus simple bras de l’exécutif.

Notre expérience à Hamburg en décembre 2013 nous a montré que l’on peut agir aussi en Allemagne en plein état d’urgence, si l’on sait rester imprévisible et par là incontrôlable. Un nombre assez grand de gens dispersés dans tout une ville, et déterminés à agir, peuvent réduire à l’impuissance un gigantesque dispositif policier.

Nous voyons dans les manifestations contre l’inauguration du siège de la Banque Centrale Européenne une occasion pour les différentes luttes de se rencontrer et de décupler leur force de frappe. Notre but doit être, un peu comme dans la lutte contre les transports de déchets nucléaires Castor, de voir les différentes formes de lutte comme un enrichissement réciproque, et non comme des contradictions paralysantes.

La différence entre ce qui se prépare maintenant pour Francfort et les années précédentes, c’est qu’il ne s’agit pas de manifester à une date choisie symboliquement, mais que nous allons marcher effectivement sur la tête des puissants d’Europe qui, cette fois, seront en ville. Par ailleurs, Francfort est une métropole économique qui n’abrite pas seulement la Banque Centrale, mais toutes sortes de sièges de banques, de multinationales, d’assurances, de sociétés immobilières et de communication.

 

Comptez avec nous !

Ils pensent pouvoir faire leurs affaires sans nous. Ils ne voient même pas que nous sommes toujours plus nombreux à déserter leur monde de l’autovalorisation permanente, à échapper à leur manie de la mesure généralisée. Il y aura vengeance pour toute leur politique de paupérisation, de destruction, de dévaluation de tout ce qui vit. Pour toutes les humiliations dans les bureaux des administrations, pour toutes les fois où l’on nous a fait courir comme des hamsters en cage, pour toute la crainte de n’être pas assez jeunes, pas assez athlétiques, pas assez flexibles. Et parce qu’ils ne démordent pas de leur monde qui s’effondre de plus en plus visiblement, parce qu’ils ne comprennent pas d’autre langage que celui-là, nous leur disons : voici la note, vous allez payer, et cher !

Les insurrections des dernières années en tant de points du globe le démontrent : la révolution est parfaitement possible. Elle frappe à la porte de l’Europe – défonçons la porte!

 

CE QUI EST EST – CE QUI N’EST PAS, EST POSSIBLE.
(Einstürzende Neubauten)

 

 

 

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 18:04

 

Source : https://mrmondialisation.org/effarant-il-doit-detruire-100kg-de-nourriture-chaque-jour/

 

 

 

Effarant ! Il doit détruire 100kg de nourriture chaque jour !

 

Ce sont des tomates. Des kilos et des kilos de tomates comestibles, passées à la broyeuses sous nos yeux. Cette vidéo a été prise dans le sud de la France en février 2015. Selon la personne qui l’a publiée, ce spectacle est tristement quotidien. Témoignage.

 

Selon les chiffres officiels, en France, plus de 7 millions de tonnes de déchets alimentaires sont jetés tout au long de la chaîne de production/vente/consommation chaque année. Si une part importante de ce gaspillage provient des déchets alimentaires des ménages, une part tout aussi importante vient des invendus jetés par les supermarchés. Mais difficile de mettre une image sur un chiffre. La destruction des denrées alimentaires est un sujet tabou et il n’existe pratiquement aucune scène filmée de ces opérations de destruction pourtant quotidiennes. Jusqu’à aujourd’hui.

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C’est avec une profonde tristesse et beaucoup de crainte que Jean-Marc (nom d’emprunt), travailleur dans la grande distribution, nous a contacté cette semaine avec un message simple : « Le gâchis, y’en a marre. Il faut que cela s’arrête ! » accompagné de cette vidéo où on peut le voir passer à la broyeuse des dizaines de kilos de tomates, sous ordre d’un supérieur. Pourquoi un tel gâchis ? Nous avons voulu en savoir plus et Jean-Marc s’est livré à nous.

Jean-Marc travaille depuis plus de dix ans pour une grande chaîne de supermarchés dont il préfère conserver le nom pour sa sécurité. Selon ses dires, la tendance est au licenciement dans l’entreprise et il craint pour son avenir. Cependant, la charge psychologique était trop lourde pour ses épaules. En tant que responsable de rayon, Jean-Marc est chargé de faire « disparaitre » de la marchandise proche de la date limite de consommation, mais toujours consommable. En moyenne, c’est un caddie de 100kg qui part « à la casse » chaque jour, nous précise-t-il.

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« Cette vidéo n’est qu’un petit échantillon, car il faut s’imaginer que chaque jour le rayon fruit et légumes « casse » en moyenne pour 200€ de produits, soit environ un peu moins de 100kg de fruits & légumes. » nous affirme-t-il. Même tarif pour la viande sous barquette jetée au broyeur alors qu’il reste jusqu’à 2 jours pour la consommer. Par an, on demande à Jean-Marc de détruire des dizaines de tonnes de produits consommables. Conscient des enjeux environnementaux, du gaspillage colossal mais aussi du nombre important de gens ayant faim, Jean-Marc cède sous le poids des remords. Il nous explique en effet qu’il n’avait pas le choix. Les ordres sont clairs. « Il faut obéir ou prendre la porte » nous suggère-t-il.

S’il est vrai que certains produits sont effectivement impropres à la consommation, il précise que la majorité reste dans les dates légales de consommation, assez pour être distribué à des associations. Ce serait donc une volonté du grand magasin de ne pas en faire profiter les autres. Beaucoup d’aliments sont également détruits en raison de critères de beauté. Les employés ne peuvent évidemment pas se fournir des fruits et légumes abimés. Ceux-ci terminent à la broyeuse, avec le reste, selon lui.

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« Je trouve assez dur psychologiquement d’être confronté à ce gâchis monstre tout les jours. » nous exprime Jean-Marc dans une lettre. « Comment peut on accepter, en tant qu’employé, en ayant parfois l’obligation de faire des sacrifices pour pouvoir diversifier sa propre alimentation, de devoir jeter des fruits, des légumes, des yaourts ou des barquettes de viandes qui sont encore consommables alors qu’on pourrait très bien les brader, les donner aux employés ou fournir des associations ? C’est incompréhensible ! » On ne pourra pas le contredire. Ce type de pratique va à contre-courant des mentalités et même des décisions gouvernementales.

Rappelons que le ministère délégué à l’Agroalimentaire a lancé en 2013 un pacte « Anti gaspi » avec pour objectif est de réduire de moitié le gaspillage alimentaire en France d’ici à 2025. Le plus gros de l’action consiste à pousser les consommateurs à moins gaspiller. Mais est-ce bien raisonnable si en amont, à l’abri des regards, certains supermarchés continuent de détruire à tour de bras des tonnes de nourriture ? Jean-Marc souhaite aujourd’hui que son histoire soit partagée partout en France, qu’on en parle jusqu’à réveiller le monde politique sur ces pratiques inqualifiables.

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Jean-Marc conclut son message par ces mots : « Quand on connait les moyens énormes mis en place pour pouvoir produire des fruits, des légumes, ou bien l’abattage « en série » pour la viande, voir tout ça partir à la poubelle comme une vulgaire poussière indésirable est profondément consternant. Parfois, chez moi, je suis en colère en pensant à ceux qui ont des familles à nourrir et pour qui ce gâchis représenterait une mine d’or. Peut-être que si les gens qui dictent ces règles étaient un peu plus conscients de leur erreur, peut-être pourrions-nous faire l’économie de cet effroyable gâchis. » Reste à espérer que le monde politique prenne en main ce dossier pour imposer des réglementations strictes sur la manière de détruire les denrées alimentaires. Dans les idées étudiées par les associations on trouve : imposer un rabais automatique des produits qui approchent la DLC; imposer une mise à disposition facultative aux associations; interdire la destruction avant DLC (date limite de consommation). D’ici là, Jean-Marc compte sur nous pour faire entendre son histoire.

 

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NB : C’est devant une telle information qu’on peut aisément imaginer les dégâts que ferait une loi de type « secrets d’affaires » si elle était votée. Quant aux déchets plastiques, ces images donnent une fois de plus raison aux magasins sans emballage qui fleurissent partout en France !

 

Source : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Stop-au-gaspillage-alimentaire.html / Chaque photographie fut fournie par Jean-Marc dont nous conservons l’anonymat.

 

Source : https://mrmondialisation.org/effarant-il-doit-detruire-100kg-de-nourriture-chaque-jour/

 

 

 

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 17:37


Source : http://www.francetvinfo.fr/societe/salon-de-l-agriculture/paul-francois-l-agriculteur-qui-defie-monsanto-j-etais-un-pur-produit-du-tout-chimique_828111.html

 

 

Paul François, l'agriculteur qui défie Monsanto : "J'étais un pur produit du tout-chimique"

 

 

Le céréalier Paul François dans un de ses champs, à Bernac (Charente), le 17 février 2015.

 

A l'occasion du Salon de l'agriculture, francetv info est allé à la rencontre d'agriculteurs qui ont été sous le feu des projecteurs.

 

 

Par Benoît Zagdoun

Mis à jour le 23/02/2015 | 15:10 , publié le 23/02/2015 | 15:09

 

 

 

Pour un agriculteur, Paul François a un agenda de ministre. Par chance, il n'a jamais eu besoin de beaucoup de sommeil. Le céréalier parcourt des milliers de kilomètres par an, et passe presque autant de temps à Paris que dans sa ferme. Il reçoit le visiteur dans cette bâtisse proprette, avec ses dépendances aux murs de vieilles pierres, à l'entrée de Bernac, un petit village de Charente, entre Poitiers et Angoulême.

Habillé d'un camaïeu de gris assorti à ses cheveux poivre et sel, le quinquagénaire parle d'une voix rapide et passionnée. De sa bataille judiciaire contre Monsanto. De son combat pour les agriculteurs victimes, comme lui, des produits phytosanitaires. Et de sa lutte contre l'agriculture intensive nourrie aux pesticides.

"Je vis avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête"

Paul François a cessé d'en manipuler depuis bientôt onze ans. Depuis le 27 avril 2004, précisément. Ce jour-là, il vient d'épandre du Lasso, un puissant herbicide, sur son champ de maïs. Il ouvre la cuve de son pulvérisateur et se penche pour vérifier qu'elle est vide. Mais l'engin est resté au soleil tout l'après-midi et sous l'effet de la chaleur, le liquide s'est évaporé. Paul François inhale le gaz toxique. La suite ? Une amnésie de onze jours, de redoutables migraines, des comas à répétition, cinq mois d'hospitalisation et neuf mois d'arrêt de travail.

Je me souviendrai toujours de ce que m’a dit un médecin : 'Vous auriez dû mourir dans l’heure qui a suivi votre accident.'

francetv info

Aujourd'hui, il évoque ses séquelles avec pudeur. A 51 ans, il souffre de lésions neurologiques, immunitaires et rénales, de problèmes d'élocution, de douleurs dans les membres et toujours de terribles maux de tête. Son taux d’incapacité est de 40%, et il doit passer un check-up complet tous les six mois. "Il y a des jours où je ne peux pas travailler", dit-il sans s'apitoyer. "Je vis avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, mais je n’y pense pas en me réveillant chaque matin." Il sort sur le pas de la porte donner des consignes à ses deux ouvriers agricoles. Il faudrait traiter un champ, mais aujourd'hui, il y a trop de vent.

"Pragmatique avant tout", il a organisé sa succession, "comme si tout pouvait s’arrêter demain". Ses deux filles étudiantes ne se destinent pas à devenir agricultrices, mais l'aînée sait déjà qu'elle reprendra la gestion de l'exploitation. Dans la grande cuisine, les bûches crépitent dans le poêle à bois. Le téléphone allumé sur la table, Paul François participe par textos à une réunion.

 

Paul François à son bureau, à Bernac (Charente), le 17 février 2015. Au mur, une photo de ses filles.

 

Paul François est un battant. Son premier combat a été la reconnaissance de ses maux comme maladie professionnelle par la Mutuelle sociale agricole (MSA). Il l'a remporté en 2010, au bout de cinq longues années de procédure. En parallèle, il s'est lancé dans une bataille d'une toute autre ampleur : attaquer en justice le fabricant du Lasso, le géant américain Monsanto.

En février 2012, en première instance, Monsanto a été jugé responsable de son intoxication et condamné à l'indemniser. Une expertise médicale doit évaluer le montant du préjudice. Monsanto décide de faire appel.

 

Paul François avec son épouse et l'une de ses filles à l'ouverture du procès contre Monsanto pour son intoxication, au palais de justice de Lyon (Rhône), le 12 décembre 2011.

 

"Cela a a été très dur, mais je n'avais encore rien vu, confie l'agriculteur. Pendant l'expertise, les avocats de Monsanto ont refait le procès, mettant en cause ma bonne foi, contestant toutes les décisions devant le tribunal. C'est une pression énorme, psychologique et financière. Tous les frais de justice sont à ma charge. Cela représente plusieurs dizaines de milliers d'euros." Ses avocats l'avaient mis en garde. Il s'exposait à dix à quinze années de procédure. Il s'en approche. L'affaire revient devant le tribunal le 28 mai prochain.

Aujourd'hui, s'il fallait recommencer, je me demande si je le ferais. Ce n'est pas sûr.

francetv info

Paul François est devenu agriculteur "un peu par défaut" en travaillant dès 14 ans dans la ferme de ses parents. "Je n'ai pas été très longtemps à l'école, je n'aimais pas ça. J'ai bac moins 5", plaisante-t-il. En 1987, il s'est installé à quelques champs de là. Il a débuté avec 20 hectares. Il en gère aujourd'hui 400 avec son associé. "J'ai tout fait à la force du poignet", s'enorgueillit-il. Sous les appentis, devant et derrière le corps de ferme, des tonnes de maïs séchés sont entreposées.

"J'ai cru à cette agriculture intensive"

Paul François est à la tête d'une grosse exploitation. "J'ai cru à cette agriculture intensive. J'étais formaté, un pur produit du tout-chimique. Je considérais qu'on ne pouvait pas se passer de ces produits qui apportaient une solution à tout", confesse-t-il. Mais dès les années 1990, "le modèle montre ses limites". La monoculture et les produits phytosanitaires épuisent les sols. Les rendements stagnent. Il décide de réduire les doses dans "une démarche purement économique".

 

Paul François dans l'un de ses champs, à Bernac (Charente), le 7 novembre 2008.

 

"Il m'a fallu dix ans pour ramener de la vie dans le sol. Je sais combien il est difficile de sortir de ces méthodes-là", déplore-t-il. "Il m'a fallu ce que j'ai vécu pour comprendre que tous ceux qui nous disaient : 'On ne peut pas faire autrement' étaient ceux qui en profitaient."

Désormais, il a diminué "de façon drastique" le recours au chimique. Il a remplacé les sempiternels maïs, blé et colza par une douzaine d’espèces végétales cultivées en alternance, réintroduit des engrais verts, fumier, paillage et couverts végétaux, qui apportent de l'azote et font vivre le sol. Sa coopérative agricole, elle aussi, a réduit la dose, et sélectionne les produits les moins toxiques possibles.

Il faut changer notre agriculture dans sa globalité. Il faut retrouver le bon sens paysan. Ce n’est pas rétrograde. Au contraire, c’est l’avenir.

francetv info

Cette "agriculture durable", il la prêche dans les lycées agricoles. "Je leur dis : 'Vous avez l’un des plus beaux métiers du monde entre les mains. Ma génération a été stigmatisée. On nous disait qu’on vivait des subventions de la PAC. Et maintenant, nous sommes les empoisonneurs. Retrouvez cette fierté d’être agriculteurs, parce que nous, on rase les murs.'"

"L'agriculture biologique est beaucoup plus technique"

Cette année, il va passer une centaine d'hectares en agriculture biologique. "Ce n'est pas un petit challenge, reconnaît-il. L'agriculture biologique est beaucoup plus technique." Il le fait par conviction. Et par intérêts. Parce qu'il est dans une zone semi-urbaine et qu'il ne peut pas utiliser de produits chimiques trop près des habitations.

Il reste encore des produits phytosanitaires sur son exploitation. Ils sont stockés dans un conteneur à l'arrière de la ferme, à côté du hangar des engins agricoles. Ses employés n'y touchent pas sans avoir revêtu leur tenue de protection, gants, bottes et masque intégral.

 

Un écriteau met en garde contre les dangers des produits stockés dans le local phytosanitaire de l'exploitation de Paul François, à Bernac (Charente) le 17 février 2015.

Avec d'autres victimes des produits phytosanitaires, il a créé, en 2011, une association, Phyto-Victimes, pour venir en aide aux agriculteurs atteints de Parkinson, de lymphomes et de cancers après avoir été exposés, souvent de longues années, aux produits phytosanitaires. Il veut éveiller les consciences.

"Des agriculteurs ont perdu la santé et se retrouvent dans un gouffre financier, et on les laisse crever la gueule ouverte", s'insurge-t-il, renvoyant industriels et politiques dos à dos. "On a parfois travaillé n'importe comment avec ces produits, c'est vrai. Mais on a fait avec les préconisations qu'on avait. Et les pouvoirs publics ont fait preuve de laxisme." Le Lasso n'a été interdit qu'en 2007 par la France, alors que le Canada et le Royaume-Uni l'avaient banni depuis 25 et 15 ans.

La Légion d'honneur épinglée à la veste

"Les produits les plus dangereux ont été retirés, mais ceux qui restent entre les mains des agriculteurs sont bien trop nombreux. Il faut une politique d'élimination très rapide", lance-t-il, pointant les carences du plan Ecophyto. Il met en garde contre une bombe à retardement : "Les agriculteurs qui ont aujourd'hui entre 40 et 70 ans sont la génération qui aura utilisé la plus grande quantité de produits et le plus de molécules différentes."

En 2014, il a été décoré de la Légion d’honneur, à sa "grande surprise". "J’ai mis longtemps à savoir si j’allais l’accepter, assure-t-il. Je l’ai acceptée au nom de mon combat et de mon association. Et aussi pour dire aux politiques : 'Vous me l’avez donnée, alors maintenant, vous allez m’écouter.'"

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr/societe/salon-de-l-agriculture/paul-francois-l-agriculteur-qui-defie-monsanto-j-etais-un-pur-produit-du-tout-chimique_828111.html

 

 

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 16:16

 

Info reçue par mail

 


Contentieux contre la gare TGV: recours contre la déclaration de projet

Un recours en annulation contre la déclaration de projet de la gare TGV à la Mogère (signée le 31 décembre 2014 par le président de RFF, aujourd'hui "SNCF Réseau") a été déposé aujourd'hui au Tribunal administratif de Montpellier.

Il a été aussi déposé un recours en référé-suspension, c'est-à-dire une demande de suspension de la déclaration de projet dans l'attente du jugement. C'est une procédure rapide (moins d'un mois). Le succès du référé serait plus facile si l'enquête publique s'était terminée par un avis défavorable, mais sur un plan purement juridique il reste possible.


Autres contentieux possibles

  • la jurisprudence récente est sévère contre les partenariats public-privé (affaires "Biarritz-Océan", et dernièrement cella de la cité administrative de Bordeaux). Les tribunaux administratifs et le Conseil d'État ont une interprétation stricte des cas dans lesquels il est légalement possible d'avoir recours à un PPP (critère de complexité technique, d'urgence, ou de bilan financier avantageux). Précisions:
    • le contrat de PPP lui-même n'est pas directement attaquable
    • par contre le décret du 11 février 2015 qui l'autorise, lui, est attaquable par toute personne démontrant un "intérêt à agir". Et le tribunal peut alors ordonner la résiliation du contrat.
    • qui a "intérêt à agir"? À Bordeaux, il s'agissait de la SNSO (syndicat national des entreprises de second-œuvre), qui ont fait valoir que les petites entreprises adhérentes étaient exclues de fait dans les contrats de PPP. À Biarritz, les contribuables locaux avaient un intérêt à agir. Pour la gare de la Mogère, un simple contribuable n'a certainement pas "intérêt à agir", car c'est RFF qui signe le contrat et non une collectivité locale.
    • en elle-même, une attaque du PPP n'interdit pas la construction de la gare. Par contre, ça peut faire une grosse épée de Damoclès sur le montage financier.
    • s'agissant d'un décret, l'attaque se fait devant le Conseil d'État, mais sans obligation de faire appel à un avocat au Conseil d'État.
    • bref, affaire à étudier sérieusement, en recherchant vraiment toutes les options envisageables: n'hésitez pas à proposer vos idées
  • la partie "loi sur l'eau", avec le permis de construire, est un autre point attaquable, et d'autant plus fragile que l'étude d'impact a été bâclée et que les risques d'inondation sont réels.
    • on compte sur un rôle actif des associations de défense de l'environnement pour cette partie


Une nouvelle vidéo

On y voit l'emplacement des travaux en cours (A9 bis, CNM), l'endroit prévu pour la nouvelle gare TGV, le ruisseau du Nègue-Cats, et les projets immobiliers qui se multiplient à Montpellier et à Lattes. Durée: 23 mn. Pour la voir: http://youtu.be/y5mwb1DdV7U

 

 

 

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 18:55

Source : www.mediapart.fr

 

Erri de Luca : « La ligne ferroviaire Lyon-Turin doit être sabotée »

24 février 2015 | Par Mathilde AUVILLAIN

 

 

François Hollande et Matteo Renzi vont annoncer ce mardi à l’issue du sommet franco-italien à Paris leur engagement définitif en faveur de la ligne ferroviaire Lyon-Turin. « Il y a deux ans, Matteo Renzi était résolument contre ce projet », relève Erri de Luca qui comparaît depuis janvier devant le tribunal de Turin pour « incitation au sabotage ». L’écrivain continue d’affirmer ses convictions et défend avec détermination sa liberté d’expression.

 

Rome, correspondance. – « Je comparais pour incitation au crime, parce que j’ai dit que le sabotage du chantier de la ligne Lyon-Turin – la TAV (Treno Alta Velocità) – est nécessaire », tient à préciser d’emblée, en français, Erri de Luca. « Au crime », marmonne-t-il en m’accueillant dans sa cuisine, pièce principale de cette maison qu’il a construite de ses mains, il y a trente ans, dans la campagne romaine.

Poursuivi depuis septembre 2013 par la société franco-italienne LTF (Lyon Turin Ferroviaire), Erri de Luca risque jusqu'à cinq ans de prison. Ayant refusé que le procès se déroule à huis clos, l’écrivain a déjà affronté une audience publique le 28 janvier 2015. La prochaine audience aura lieu le 16 mars : le juge entendra alors cinq témoins – deux de l'accusé et trois de la défense – puis procédera à l'examen de l'accusé et annoncera la date de l'audience suivante, pour les plaidoiries.

Au jour de notre rencontre, le 22 février, le silence de la demeure de l’écrivain et alpiniste italien contraste avec la clameur de la foule qui défile dans les rues de Turin. 10 000 personnes – 4 000 selon les forces de l’ordre – dénoncent l’accord devant être signé ce mardi 24 février à Paris entre le président de la République française François Hollande et le président du conseil des ministres italien Matteo Renzi engageant la France et l’Italie dans la phase de travaux définitifs du tunnel de la ligne Lyon-Turin.

À 64 ans, Erri de Luca, ex-activiste d’extrême gauche, vit seul et passe ses journées à lire et traduire des textes sacrés de l’hébreu ancien. Sa traduction du livre d’Esther a été publiée en même temps que La Parole contraire, ce pamphlet qu’il a rédigé pour préparer sa défense suite à la plainte déposée par la LTF, et publié notamment en France et en Italie en janvier dernier.

Depuis sa convocation en justice, il ne parvient pas à se plonger dans l’écriture et attend impatiemment le verdict dont la date est à ce jour inconnue.

Mediapart.- Erri de Luca, quand vous avez qualifié le sabotage du chantier de la ligne Lyon-Turin de « nécessaire », étiez-vous conscient des conséquences de ces mots ?

Erri de Luca

Erri de Luca

Erri de Luca.- Je suis de près la lutte du Val de Suse depuis une dizaine d’années. Je suis allé dans des manifestations, je suis souvent intervenu en public et j’ai à chaque fois répété que ce projet doit être saboté dans le sens politique du terme : il faut tout faire pour entraver les travaux. « Saboter ». Voilà l’idée que j’exprimais le plus souvent. Mais en 2013, pour la première fois, je le disais à un journal. On m’a téléphoné pour avoir une réaction. Je n’ai fait que répéter ce que je disais depuis des années dans les assemblées et qui n’avait jamais posé de problème jusque-là. Le fait de le dire à la presse apparemment devenait un problème.

Et vous persistez.

« Saboter » est un verbe noble, utilisé par Gandhi et Mandela. Je continuerai à le dire, car je suis convaincu qu’il faut empêcher ce chantier. Pour réaliser cette ligne Lyon-Turin, il faudrait percer des montagnes bourrées d’amiante, ce qui causerait une pollution gigantesque. Lutter contre ce projet, c’est une défense légitime contre l’agression physique, politique, chimique… C’est la vie de toute une vallée qui en dépend. Sans compter que cette infrastructure est inutile !

Pourquoi cette ligne Lyon-Turin est-elle inutile ?

Parce qu’il y a déjà une ligne ferroviaire qui fonctionne en sous-régime, à seulement 30 % de ses capacités ! Cette nouvelle ligne de 57 km qu’ils veulent construire ne sera d’ailleurs même pas une ligne à grande vitesse ! Les trains circuleront à une vitesse normale. Et même si elle était indispensable, il faudrait l’empêcher car il est criminel de perforer des montagnes qui contiennent des gisements de pechblende, un matériau hautement radioactif et d’éparpiller de l’amiante.

 

La résistance contre la ligne Lyon-Turin est plus forte du côté italien des Alpes qu’en France. Pourquoi ?

La ligne Lyon-Turin est un projet italo-français. C’est un projet énorme, dont personne ne parvient d’ailleurs vraiment à comprendre combien de milliards d’euros il pourra coûter, ni quelle sera la participation de l’Union européenne à ce projet. La cour des comptes en France a déjà émis des objections à ce sujet. En France, les rapports entre les coûts et les bénéfices d’un ouvrage sont très clairs et plus évidents. Mais ici, en Italie, le rapport coût-bénéfice, c’est : des coûts pour l’État et des bénéfices pour les entreprises privées. C’est pour cela qu’il n’y a aucun intérêt à faire des ouvrages utiles, l’important c’est juste de les faire ! En Italie, il y a des centaines d’ouvrages, d’infrastructures inachevées. Jamais de coupables, personne ne rembourse. Ces grandes infrastructures sont une façon de gaspiller de l’argent public au profit des entreprises privées qui sont, bien entendu, liées aux partis politiques. Ce ne sont pas des entreprises lambda qui gagnent les appels d’offres, non, ce sont toujours des entreprises liées aux partis politiques. Parce que chez nous, il y a tout un usage de contournement des règles et de favoritisme.

La société LTF qui a porté plainte contre vous est une société franco-italienne : elle a son siège social à Chambéry en France et son siège opérationnel à Turin. Dans votre pamphlet La Parole contraire, vous soulignez qu’il n’y a rien d’étonnant à cela, parce que « les normes antimafia ne sont pas les mêmes en France et en Italie ». Expliquez-nous.

En Italie, il existe toute une procédure de contrôles antimafia avant d’accorder un appel d’offres à une entreprise. En créant une société en France, on contourne ce problème. Il y a évidemment des entreprises liées à la mafia – plus précisément de la n’drangheta calabraise – qui travaillent sur le chantier de la ligne Lyon-Turin, comme sur les chantiers de l’Expo 2015 à Milan. C’est une forme de « normalité » chez nous. Il faut savoir que l’Italie est le pays où l’on construit des autoroutes en enfouissant dessous des déchets toxiques, grâce à un système de complicité entre la mafia, les partis politiques, les entreprises de travaux publics, y compris ceux qui sont chargés de faire les contrôles sur les travaux publics ! C’est un système de corruption à l’état pur qui jouit d’une impunité totale.

Début février, l’Olaf – l’Office antifraude de l’Union européenne – a ouvert une enquête sur la ligne Lyon-Turin afin de voir si des fraudes ou des irrégularités avaient eu lieu. Des soupçons d’irrégularités, de fraudes, de conflit d’intérêts et même d’infiltrations mafieuses pèsent sur le projet…

Le projet de la ligne Lyon-Turin, la TAV comme on l’appelle ici, a d’abord été « saboté » par la lutte des citoyens du Val de Suse. Maintenant, il va peut-être être « saboté » par une enquête ! Ce serait curieux… [il sourit] mais raisonnable ! Je souhaite même que le projet soit aussi saboté par le manque de financements. S’il devait se poursuivre malgré tout, j’espère qu’un jour les responsables seront condamnés pour catastrophe environnementale.

Sauf que, pour l’instant, c’est la « parole contraire » des citoyens qui est poursuivie en justice au tribunal de Turin…

 

Manifestation en janvier 2012

Manifestation en janvier 2012 © Reuters

 

Le tribunal de Turin a produit des milliers de chefs d’incrimination contre des militants « No Tav » du Val de Suse. Les magistrats ont profité de mes mots pour réprimer, pour tenter de réduire à néant ce mouvement de masse et briser ses soutiens extérieurs. La société française LTF qui a porté plainte contre moi avait le droit de le faire. En revanche, le tribunal de Turin n’aurait jamais dû la juger recevable. Je suis le premier écrivain incriminé pour ce qu’il a dit… pour incitation à commettre des crimes ! Mais je suis extrêmement déterminé à me défendre, même si je suis le dernier.

 

Le 27 janvier dernier, les militants « No Tav » ont été lourdement condamnés…

En première instance du maxi-procès à Turin, les militants « No Tav » ont été condamnés à un total de 140 ans de prison, sans que soient prises en compte les circonstances atténuantes obligatoires pour ceux qui avaient un casier judiciaire vierge. Il y a eu une volonté politique d’éliminer ces circonstances atténuantes et c’est sans doute ça le plus grave. Je connais l’un de ces condamnés, c’est un barbier, habitant de Bussoleno. Il a été condamné à trois ans de prison pour avoir soi-disant blessé sept policiers en lançant des pierres à une distance de 57 mètres. Cette performance lui aurait valu la médaille d’or olympique au lancer de poids ! C’est absurde !

En réponse à la « parole contraire » de ses habitants, la vallée a été militarisée…

La militarisation de cette vallée a été une immense violence d’État. Ce projet a été déclaré « ouvrage stratégique », ce qui signifie que l’on ne peut pas protester contre sa réalisation. La première fois que cette disposition d’Opera Strategica a été utilisée, c’était pour construire un incinérateur de déchets dans la région de Naples, contre l’avis des riverains. Il a finalement été construit grâce à l’emploi de la force militaire. Dans le Val de Suse, l’armée contrôle les lieux. C’est une force d’occupation, comme si le Val de Suse était un autre pays.

L’État se défend contre ses propres citoyens ?

 

Juin 2011. Durant une manifestation anti-TAV

Juin 2011. Durant une manifestation anti-TAV © Reuters

 

L’État opprime ses propres citoyens qui s’opposent. Ceux qui résistent sont traités comme des criminels. Cela ne vaut pas seulement pour le Val de Suse. À Lampedusa par exemple, une loi interdisait aux pêcheurs de venir en aide aux migrants sous peine d’être poursuivis pour complicité d’immigration clandestine. Une loi absurde, horrible et contre laquelle la population et les pêcheurs se sont battus et ont finalement obtenu de pouvoir faire leur métier tout en conservant leur dignité humaine en apportant de l’aide à ceux qui sont en mer. La loi de la mer, qui vaut depuis toujours, ne peut pas être reniée par des législateurs ivres.

Vous êtes poursuivi pour une phrase publiée et répétée dans les médias… Qu’en est-il de la liberté de la presse en Italie ?

L’Italie a la pire liberté d’information d’Europe, ce n’est pas moi qui le dis mais les observatoires de la liberté de la presse [selon le classement Classement mondial de la liberté de la presse 2014 de Reporters sans frontières, l’Italie arrive au 49e rang sur 180]. En Italie, les journalistes ne sont pas des professionnels de l’information, ce sont des employés d’entreprise. Ils doivent obéissance au comité, au PDG de l’entreprise qui les emploie. Les journalistes italiens sont des employés, des « embedded », ce sont les subordonnés d’un quartier général de l’information qui a une structure militaire. La grande presse italienne est liée aux partis, aux entreprises et donc à la ligne Lyon-Turin. C’est un système bien huilé, et je n’ai donc pas reçu de soutien particulier de la part de la « grande presse ». Mais j’ai pu exprimer mes convictions dans certains médias, à la radio ou dans des programmes télévisés.

Ce procès intenté contre vous, un écrivain, n’est-ce pas surdimensionné ?

Il faut savoir qu’au tribunal de Turin, depuis quelques années tous les procès contre les activistes No Tav ont été déclarés prioritaires sur tous les autres. Des procès de corruption géants ont ainsi été repoussés ! Ce procès contre mes mots est un gaspillage d’argent et de temps, et c’est aussi pour cela que je ne ferai pas appel si je suis condamné.

Craignez-vous d’être condamné ?

Je pense que je serai condamné, car sinon ils n’auraient pas fait ce procès qu’ils ont monté de toutes pièces. La plainte est bien réelle, mais les magistrats ont inventé un procès sur le « droit de parole ». Je crois donc qu’ils vont poursuivre sur cette voie avec l’intention d’incriminer la Parole contraire. Car c’est une question de liberté de parole contraire. Il n’y a pas de problème de liberté d’expression en Italie : les paroles favorables au pouvoir sont toujours bien acceptées.

Si vous êtes condamné, ferez-vous appel ?

Je défendrai mes mots jusqu’au verdict, parce que je n’ai que ça. Je suis fier de pouvoir et de devoir défendre mes mots et mon droit de parole. Je ne suis pas une victime de cette affaire. La victime pour le moment, c’est l’article 21 de la constitution italienne qui garantit au citoyen la plus large liberté d’expression, et c’est la première fois qu’elle est mise en doute, qu’elle conduit à un procès.

Si vous êtes acquitté, crierez-vous victoire ?

Non, si je suis acquitté, il n’y aura pas de victoire. Une erreur aura été évitée.

Vous dites que ce procès, c’est votre premier prix littéraire…

Je n’aime pas les prix littéraires et en Italie je n’en ai reçu aucun, c’est d’ailleurs une virginité que je veux maintenir. Mais le fait que mes mots aient pu être considérés comme dangereux, capables de susciter des réactions même criminelles, c’est une exagération que je prends comme un prix littéraire.

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Le précédent français

L’an dernier, côté français, Daniel Ibanez, fervent opposant français au projet – auteur de Trafics en tous genres, le projet Lyon-Turin –, a été cité en justice par la société LTF. Cette société Lyon Turin Ferroviaire (LTF) – dont le siège social est à Chambéry et le siège opérationnel à Turin – avait porté plainte contre lui pour injure publique auprès du tribunal de Chambéry. La société LTF reprochait à ce militant écologiste des propos tenus lors d’une réunion publique le 21 février à Modane et rapportés par Le Dauphiné Libéré. « Les derniers à dire qu’ils travaillaient pour des siècles, c’est quand même le IIIe Reich », aurait déclaré le militant écologiste selon la plainte, propos qu’il contestait par ailleurs avoir tenus. En juillet 2014, le tribunal de Chambéry a finalement jugé irrecevable la citation à comparaître. « S’il y a injure dans cette affaire, c’est une injure au bon sens en voulant continuer à construire des infrastructures inutiles », avait commenté Daniel Ibanez à la sortie du tribunal, saluant une centaine de militants français et italiens venus lui témoigner leur soutien.

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 17:45

 

Source : http://www.marianne.net/corinne-lepage-prix-peages-n-est-normal-legal-100231450.html

 

Corinne Lepage : "Le prix des péages n’est ni normal ni légal"

Vendredi 20 Février 2015 à 5:00

Propos recueillis par

Bruno Rieth

 

 

Corinne Lepage, ancienne députée européenne et présidente du Rassemblement citoyen - Cap21, vient de lancer une initiative pour obliger les sociétés d'autoroutes à rembourser à certains de leurs usagers 20% du prix de leurs tickets. Une première qui remet sur la table le scandale des concessions d'autoroutes.

 

Photos : FRANCK LODI/SIPA et ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

 

 

 

Marianne : Pourquoi avoir décidé de vous lancer à l’assaut des tarifs appliqués par les sociétés d’autoroutes ?
Corinne Lepage : C’est la conjonction de deux réflexions. D’abord, j’en avais ras-le-bol de cette situation qui dure depuis des années sur les concessions d’autoroutes. Je me suis dis qu’il fallait taper du poing sur la table parce que visiblement le gouvernement essaye de faire quelque chose mais que le poids économique et politique des lobbies des autoroutes est manifestement considérable. Ensuite, il y a la démarche politique. J'ai une démarche très « société civile » avec le Rassemblement citoyen, ce qui veut dire : donner les moyens à la société civile d’agir*. C’est le meilleur contre-pied que l’on peut opposer aux tentations politiciennes. Lorsque l’on donne aux gens les moyens d’agir, ils agissent et à ce moment-là, ils reprennent confiance dans la possibilité de faire. Il y a une dizaine de mois, des jeunes gens sont venus me voir pour me parler de leur projet de lancer un site internet, Actioncivile.com. Je me suis alors dit que c’était une plateforme idéale pour lancer ce genre de mouvement.

Sur quoi vous basez-vous pour dire que les prix des péages sont trop chers ?
Nous avons ciblé les vieilles autoroutes, c’est-à-dire celles dont la Cour des comptes dit, depuis 2003, que leurs coûts de construction sont amortis depuis longtemps. Nous nous basons sur les différents rapports des sages de la rue de Cambron qui ont, à plusieurs reprises, expliqué que les tarifs appliqués sur ces autoroutes étaient trop élevés. Sauf qu’il n’y a jamais eu de remises en question. Pour se justifier, les autoroutes expliquent qu’elles utilisent l'argent des vieilles autoroutes pour les nouvelles. Sauf que le prix des péages n’est ni normal ni légal. La loi du 18 avril 1955 qui a été reprise dans le code la voirie routière dit que « l’usage des autoroutes est en principe gratuit » et par exception de ce principe, des péages peuvent être perçus pour recouvrir quatre catégories de dépenses : le remboursement des dépenses de construction, l’exploitation de l’autoroute, son entretien ou extension et la rémunération et l’amortissement des capitaux investis par le concessionnaire. Donc pour la partie construction, une fois que l’investissement est amorti, il n’y a plus lieu de réclamer à l’usager la part de la construction. C’est la raison pour laquelle nous avons ciblé, pour poser le problème, les plus vieilles autoroutes : la A1, A6, A7, A9 et l’A13, toutes construites sous Charles de Gaulle, en disant que 20 % de ce que réclame les sociétés d’autoroutes au nom des investissements de construction sont indus. En faisant cette demande, nous sommes très en dessous de ce que nous pourrions exiger puisque lorsque vous lisez le dernier rapport de la Cour des comptes et celui de l'Autorité de la concurrence de 2014, ils vous expliquent, pour chaque catégorie que je viens d’énumérer, en quoi l’usager aujourd’hui paye beaucoup trop.

Comment allez-vous opérer ?
Concrètement, sur le site d’Actioncivile.com, les usagers doivent s’inscrire et remplir un formulaire pour demander le remboursement de 20% de leurs trajets sur les cinq dernières années, justificatifs à l’appui. C’est une première phase de médiation avec les différentes sociétés concessionnaires d’autoroutes. Si elles ne veulent pas bouger, rembourser ou baisser les prix des péages, les usagers bénéficieront d’une procédure devant le tribunal d’instance pour réclamer les sommes correspondantes.

Plutôt qu’une action collective, pourquoi ne pas avoir choisi d’attaquer ces sociétés par une action de groupe ?
"On ne peut pas admettre que des rapports dénoncent cette situation illégale et qu’il ne se passe rien"Parce que les actions de groupe issues de la loi Hamon ne peuvent être lancées que par des associations reconnues d’utilité publique. Ensuite, je voulais aussi impliquer les citoyens. C’est très important. Je n’ai pas voulu court-circuiter les associations de consommateurs mais comme elles ne semblaient pas vouloir bouger, j’ai pris l’initiative. Je veux faire la démonstration que lorsque la société civile décide de se mettre en marche, elle peut faire bouger les lignes. La preuve que ça marche, la possibilité de déposer des demandes a été ouverte vendredi et nous sommes déjà à plus de 35 000 demandes. C’est considérable… On ne peut pas continuer à admettre que la Cour des comptes rende des rapports en dénonçant cette situation illégale, intolérable et injuste et qu’il ne se passe rien.

Vous parlez d’un juste prix. Justement, pouvez-vous nous dire quel est ce juste prix ?
Non, puisque les tarifs sont calculés d’une manière tellement opaque que je mets au défi quiconque d’y arriver. Même la Cour des comptes dit qu’elle n’y comprend rien…

Plutôt que de s’attaquer au prix, ne faudrait-il pas plutôt dénoncer directement les contrats de concession ?
C’est évidemment une question que je me suis posée. Je m'étais d’ailleurs clairement exprimée à l’époque contre la privatisation. Mais derrière ça, il y avait une question de procédure. Pour attaquer directement les concessions, il faut le faire devant le juge administratif et c’est une procédure beaucoup plus lourde. Ensuite, il faut bien commencer par quelque chose. Pour moi, cette initiative est un levier pour mettre le sujet sur la table et quand je vois les réactions des sociétés d’autoroutes, je vois bien qu’elles sont très gênées aux entournures. Comment ne le seraient-elles pas ? Nous sommes tous leurs clients quelque part. Je pense qu’à terme, si nous arrivons à poser la question du prix qui n’a jamais été posé sous cette forme-là, c’est-à-dire en les poussant à clarifier ce qui est de l’ordre de l’amortissement de la construction dans le prix du trajet, à partir de là, nous allons tirer un fil. L'association UFC-Que choisir, par exemple, si elle le souhaite, pourrait attaquer le contrat…

On vous a souvent reproché un mélange des genres entre les combats de la femme politique qui viennent nourrir les affaires de l’avocate que vous êtes. Dans cette affaire, avez-vous des intérêts autres que politique ?
J’ai dit très clairement que je ne faisais pas ça en ma qualité d’avocate. J’ai simplement mis ma compétence juridique au service de cette action pour monter le dossier et ça s’arrête là. L’avocate n’existe pas dans cette affaire. Si je les défendais et que j’avais un intérêt financier, la question se poserait bien entendu. Mais ce n’est pas le cas du tout. Ma démarche est purement politique. L’équipe d’Actioncivile.com touche une commission si elle gagne et rien si elle perd. Moi je suis bénévole, je ne touche pas un rond. Les choses sont totalement transparentes. D’autant que je signale que je n’ai plus aucun mandat, je suis revenu totalement à la société civile. Je ne tire aucun revenu financier ni professionnel dans cette histoire. Ce sont les avocats d’Actioncivile qui vont s’en occuper.

 

* Corinne Lepage vient de publier Les mains propres, plaidoyer pour la société civile au pouvoir, Autrement, 184 p.,12 €

 

 

 

Source : http://www.marianne.net/corinne-lepage-prix-peages-n-est-normal-legal-100231450.html

 

 

 

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 19:51

Source : http://www.romandie.com/news/Manifs-a-Nantes-et-Toulouse-contre-les-violences-policieres/568295.rom

 

Manifs à Nantes et Toulouse contre les violences policières

(ats / 21.02.2015 21h52)

 

 


Des incidents ont émaillé samedi deux rassemblements organisés à Nantes et à Toulouse, en France, contre les "violences policières". Quinze policiers et deux manifestants ont été blessés, et une trentaine de personnes interpellées dans les deux villes, selon une source policière.


A Nantes, un millier de personnes ont défilé, un an après la manifestation d'opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) en marge de laquelle une vingtaine de personnes avaient été blessées.


Samedi, des projectiles ont été jetés sur les nombreux policiers et gendarmes mobiles, qui ont dispersé la foule à l'aide de canons à eau. Quinze personnes ont été blessées parmi les forces de l'ordre et deux manifestants ont été transférés à l'hôpital par les pompiers.


Dix personnes ont été interpellées pour "port d'arme" et "jet de projectiles" notamment, a précisé la source policière.


"Ca crève les yeux"
"Mais que fait la police ? Ca crève les yeux", ont notamment scandé les manifestants. Lors du rassemblement du 22 février 2014, trois personnes avaient perdu l'usage d'un oeil à la suite de tirs de "flash-ball".


Cette marche se voulait le point d'orgue d'une "semaine de résistances" dans le prolongement des manifestations organisées l'automne dernier après la mort de Rémi Fraisse. Le 26 octobre 2014, ce sympathisant écologiste avait été tué par une grenade offensive en marge d'un rassemblement contre le projet de barrage de Sivens, dans le Tarn.


Interpellations à Toulouse
A Toulouse, 500 personnes ont défilé pour la défense des "ZAD", les "zones à défendre", selon les manifestants, dans un climat de fortes tensions entre opposants au projet de retenue installés sur le site depuis octobre 2013 et les "pro-barrages" qui demandent depuis plusieurs mois leur expulsion.


Des projectiles ont, là aussi, été lancés contre les forces de l'ordre, qui ont répliqué à coups de gaz lacrymogènes. Une dizaine de vitrines de commerces ont été dégradées et une vingtaine de personnes interpellées.


(ats / 21.02.2015 21h52)

 

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