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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 21:08

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

Zone à défendre en Cévennes : la mobilisation se poursuit

Zone à défendre en Cévennes : la mobilisation se poursuit

Des courges ont été plantées pour occuper le terrain de façon symbolique.

© D.R

 

U n collectif s'est formé contre le projet d'une zone artisanale à Cocurès sur des terres agricoles.

Un rassemblement avait lieu samedi 30 mai sur les terrains agricoles menacés par la construction d'une zone artisanale à l'entrée du village de Cocurès et à proximité du panneau qui rappelle que ce territoire est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Une trentaine de personnes avaient répondu à l'appel de la Confédération paysanne et de la vigne de Miral. Symboliquement, les participants ont planté des tournesols, des haricots grimpants et des courges qui seront offertes cet automne à l'association floracoise Quoi de 9. Et la propriétaire du terrain qui vient de récupérer ce dernier, jusque-là mis en location, en a profité pour lancer un appel à porteur de projet à la recherche de terres labourables.

 

"Il s'agit d'une belle parcelle, avec de l'eau à proximité, qui pourrait accueillir une serre", précise Muriel Pascal porte-parole de la Confédération paysanne. Alors que la commission agricole de la communauté de communes Florac sud Lozère doit se prononcer sous peu sur ce dossier de création de zone artisanale, un collectif s'est créé.

 
Au-delà du monde paysan

"Nous nous réunirons une fois par mois sur cette zone à défendre, indiquait la référente du collectif, le dimanche midi autour d'un repas. Le prochain rendez-vous est fixé au 28 juin. Comme aujourd'hui où certains sont venus en famille, ce rendez-vous, ouvert à tous les citoyens, se veut convivial. Et cette problématique, qui relève de la protection de l'environnement, un thème auquel beaucoup de monde est sensible en sud Lozère, est capable de mobiliser largement. Le problème de l'annexion des terres agricoles dépasse le seul monde paysan. Il s'agit tout autant de dénoncer la situation actuelle à Cocurès que de se retrouver pour débattre de problématiques générales dépassant le cadre de la Lozère."

 
On sacrifie plus de terres agricoles qu'ailleurs

Au niveau national, le Comité économique social et environnemental (CESE) vient de rendre un avis sur la bonne gestion des terres agricoles. Il préconise la nécessité de les protéger par le biais des politiques locales. "Ce projet de zone artisanale est en totale contradiction avec cet avis, estime la Confédération paysanne. De plus, une étude de la Draf (Direction régionale de l'agriculture et de la forêt) et de la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) présentée en commission départementale d'orientation agricole en juillet 2014 manifeste également le souci de préserver ces terres agricoles en région. En Lozère, sous prétexte de grands espaces, on sacrifie plus de terres agricoles qu'ailleurs, ce que nous avons signalé au commissaire enquêteur lors de l'enquête publique sur ce projet de zone artisanale. La souveraineté alimentaire ne se raisonne pas à l'échelle d'un département."

 

 

Source : http://www.midilibre.fr

 

 

 

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 20:47

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Libertés publiques

Opposés aux pubs devant les écoles, ils passent en procès à Lille

par

 

 

 

« Pas de pub devant les écoles » : ce message a été barbouillé en mai 2014 sur un large panneau publicitaire trônant devant un établissement scolaire lillois. Les deux « peintres », membres du collectif des déboulonneurs, Alessandro Di Giuseppe et Mallory Fossard, ont été emmenés au commissariat peu après avoir terminé leur griffonnage. Poursuivis pour dégradation légère de « mobilier urbain » – le poli nom que l’on donne aux panneaux publicitaires privés – ils passeront devant le tribunal correctionnel de Lille, le 9 juin prochain. « Nous sommes aussi poursuivi pour avoir refusé de donner notre ADN », précise Alessandro Di Giuseppe. Les deux militants risquent des peines d’amendes, à moins qu’ils ne soient relaxés, comme six de leurs camarades l’avaient été, à Paris, en mars 2013.

« Le tribunal avait reconnu "l’état de nécessité" invoqué par les prévenus », rappelle Alessandro Di Giuseppe. « Les juges avaient admis qu’il y avait un danger immédiat, lié notamment à l’impossibilité de se soustraire aux panneaux publicitaires situés dans l’espace public. Les enfants n’ont pas le recul nécessaire, que les adultes peinent déjà à avoir, face aux message publicitaires. Le temps de cerveau disponible dont parlait le PDG de TF1, c’est surtout celui des enfants. On sait en plus qu’ils dictent souvent les actes d’achat à leurs parents. »

 

 

A l’occasion de ce procès, une pétition lancée par l’antenne locale de Résistance à l’agression publicitaire, appelle la maire de Lille Martine Aubry à imiter le modèle grenoblois, où les élus ont décidé de ne pas renouveler le contrat qui liait la ville aux afficheurs. « Nous pensons que l’espace public doit le rester et c’est en cela que nous combattons les logiques de privatisation qui le menacent », explique le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle, dans un courrier de soutien envoyé aux deux déboulonneurs nordistes. Pour lui, il s’agit là d’une question de « liberté de réception, corollaire de la liberté d’expression, qui doit permettre à chacun de choisir de recevoir une information ou non ». Plusieurs responsables du Parti de gauche ont également signé la pétition.

« Élément essentiel du cercle vicieux et suicidaire de la croissance sans limite, la publicité constitue le deuxième budget mondial après l’armement, rappelle Serge Latouche, membre du comité de soutien à Alessandro Di Giuseppe et Mallory Fossard. Au total, pour l’ensemble du globe, cela représente un montant colossal de plus de 1000 milliards de dépenses annuelles ». « Il ne peut s’agir d’informer le consommateur, mais bel et bien de l’influencer, de tenter de le convaincre que le superflu lui est nécessaire, de transformer d’authentiques besoins en pulsions éphémères », dit Jean Gadrey, professeur d’économie à Lille, également membre du comité de soutien. « Contester ces modes d’influence, agir pour que cela se sache, est légitime, y compris lorsque cela passe par un peu de peinture... », ajoute-il.

 

Pour joindre le collectif :
deboulonneurs_lille@no-log.org

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 15:17

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les luttes contre les grands projets inutiles forment un réseau souterrain

2 juin 2015 / Diane Robert
 


 

 

Les luttes contre les Grands projets inutiles du monde entier sont liées. Tel le rhizome, cette tige de plante souterraine définie par des principes de connexion et d’hétérogénéité et qui ne comporte pas de structure profonde : si on le rompt, le rhizome peut repartir. Ces luttes ne sont pas figées, elles se transforment sans cesse et échappe à l’emprise néolibérale en construisant d’autres modes d’existence…


Il y a un peu plus d’un an à Stockholm, j’ai rencontré un Suédois qui faisait partie d’un mouvement en lutte contre l’implantation d’une mine de fer à Gállok dans le nord du pays, en territoire Sami. Avec des amis, ils avaient bloqué la voie d’accès au site où ils avaient installé un camp, et ils s’étaient suspendus dans les arbres. Le blocage de la route avait duré tout l’été, puis ils s’étaient fait violemment déloger par la police.

 
"Comme si ces luttes n’étaient pas isolées"

Ce qu’il racontait me semblait faire écho à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes : même indignation contre un projet nuisible, symbole d’une société insoutenable et sous l’emprise des grandes entreprises ; même déficit de démocratie ; même répression de la contestation. Et surtout, des modes d’action étrangement ressemblants.

Ce qui en fait n’était pas si étrange : l’année d’avant, il s’était rendu à Notre-Dame-des-Landes. Et c’est dans la forêt de Hambach en Allemagne qu’il en avait entendu parler (la forêt de Hambach était elle aussi occupée pour contrer un projet d’extension d’une mine de charbon déjà tellement vaste qu’on la surnommait « le Mordor »).

Sa trajectoire, une parmi tant d’autres, paraissait illustrer le lien entre les luttes d’opposition aux Grands projets inutiles imposés, qui sont des luttes profondément ancrées dans le territoire, et qui s’appuient d’abord, dans la plupart des cas, sur le refus des riverains directement concernés.

Comme si ces luttes n’étaient pas isolées ; comme si elles n’étaient pas uniquement déterminées par leur situation locale spécifique, mais insérées dans un enchevêtrement complexe d’échanges, d’interdépendances, d’influences avec les autres luttes. Un enchevêtrement déployé sur le territoire du continent, voire du monde.

Je me suis alors demandé quelle forme prenait cet enchevêtrement, comment le décrire, comment rendre compte des liens entre les individus et les groupes qui constituent ces mouvements d’opposition.

 
Les rhizomes de la lutte

Les mouvements sociaux prennent des formes en adéquation avec les sociétés dont ils font partie (et qu’ils contribuent à changer). Ils évoluent avec elles. Au XIXe siècle, ils s’inséraient dans un système de classe relativement clair et structuré. Aujourd’hui, on parle de « réseaux » de militants, de la même façon qu’il y a des réseaux de villes, des réseaux d’information. Les « réseaux de militants » font partie de la « société en réseaux », de la société de flux.

Dans un registre plus poétique, les luttes altermondialistes, celles qui s’opposent à la société de contrôle et au néolibéralisme, sont parfois décrites par des métaphores : Hardt et Négri ont consacré un ouvrage à « la multitude » ; Naomi Klein a évoqué l’image de « l’essaim ». Sous le titre Constellations, le collectif Mauvaise Troupe a rassemblé les « trajectoires révolutionnaires » de l’aube du XXIe siècle.

 

 

Mais le terme que je préfère, c’est celui de rhizome. En botanique, un rhizome est une tige de plante souterraine. Le terme a été repris par Deleuze et Guattari dans leur livre Mille Plateaux. Le concept de rhizome y est défini par des principes, notamment les principes de connexion et d’hétérogénéité qui spécifient que "n’importe quel point d’un rhizome peut être connecté a un autre, et doit l’être", qu’un rhizome ne comporte pas de structure profonde comme il y en aurait dans un arbre, et le principe de rupture assignifiante : si on le rompt, le rhizome peut repartir.

Pour résumer, le rhizome est comme un réseau qui serait en plus marqué par une certaine multiplicité, par une relation intense avec son environnement et par un potentiel de transformation.

 
Construire d’autres modes d’existences

Quand je pense aux mouvements opposés aux GPII, je vois des rhizomes. Même si certains profils de mouvements ou d’individus se retrouvent plus souvent que d’autres (par exemple des écologistes, des retraités qui ont plus de temps à consacrer à la lutte...), ce qui frappe, c’est la grande diversité de celles et ceux qui s’y impliquent. Les connexions se multiplient entre les gens et les mouvements, à différentes échelles – localement autour de l’opposition à un projet, à l’échelle continentale ou mondiale comme lors des Forums Contre les GPII… Et les mouvements, certains plus que d’autres, préfèrent l’horizontalité aux structures hiérarchiques traditionnelles (même s’il y a toujours des disparités de pouvoir et de représentation entre les mouvements et les militants).

 

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Carte basée sur un inventaire non exhaustif des luttes contre les GPII en lien avec le mouvement de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

 

Le rhizome n’est pas figé, il se transforme et il transforme. Les mouvements contre les GPII se renouvellent sans cesse, les énergies se déplacent d’une lutte à l’autre...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 14:35

 

Source : http://rue89bordeaux.com

 

 

  • 6:00
  • 1 juin 2015
  • par Aline Chambras
La grogne s’élève contre la ferme des 12000 porcs
 
 
 

A Saint-Symphorien, le projet de ferme des 12000 porcs ne passe pas ( Aline Chambras)

A Saint-Symphorien, le projet de ferme des 12000 porcs ne passe pas (Aline Chambras/Rue89 Bordeaux)

Un rassemblement s’est tenu samedi à Saint-Symphorien (Gironde) contre un projet d’extension d’une porcherie, rebaptisée « ferme-usine des 12000 porcs ». Alors que la Préfecture de région devrait donner son avis le 20 juin, les opposants dénoncent un projet polluant, irrespectueux du bien-être animal et non créateur d’emploi. Un article réalisé en partenariat avec le journal Reporterre.

 

« J’aime pas les cochons mal élevés. »

Bernard, la soixantaine, est venu de Sanguinet dans les Landes. La colère en bandoulière, il s’insurge contre « un projet insensé, aberrant ». Il fustige « une société dans laquelle on élève des cochons qui ne verront jamais la lumière du jour dans des cages d’1 m2, et dans laquelle 8 vaches sur 10 n’ont jamais mangé d’herbe de leur vie ».

Avec lui, une centaine de personnes, originaires pour la plupart du Sud-Gironde, des Landes voisines, ou de Bordeaux, se sont réunies ce samedi à la chênaie du Stade de Saint-Symphorien, à l’appel de la Confédération paysanne et de plusieurs associations environnementalistes, comme les Amis de la terre Gironde, Landes environnement attitude, la Sepanso ou encore Coalition Climat 21.

Objectif : exprimer, une fois encore, leur farouche opposition au projet d’extension de l’établissement « Le Lay », un élevage porcin engraisseur-naisseur, situé au lieu-dit La Trougne, à quelques kilomètres du centre bourg.

 
De 7655 à 12000 bêtes

Sur la route qui y mène, l’odeur précède l’apparition des bâtiments installés sur une grande portion de terres défrichées. A l’intérieur, 7655 bêtes dont 800 truies donnant naissance chaque année à 19 000 porcelets, sont parquées dans une douzaine de structures alignées les unes à côtés des autres.

L’affaire commence en 2013, quand la SAS Le Lay dépose une demande d’autorisation afin de « moderniser ses installations et d’optimiser la performance de l’élevage ». En d’autres termes, l’exploitation escompte pouvoir atteindre les 12 000 têtes et fatalement augmenter ses surfaces d’épandages de lisier.

Pour les opposants rassemblés samedi, « 12 000 porcs enfermés, ce n’est pas une ferme, c’est une usine ! ».

Cité par Sud-Ouest, le 29 mai, Patrick Le Foll, le gérant de la SAS Lelay, depuis 2007, réfute ce terme de ferme-usine :

« Le chiffre de 12 000 porcs sort du chapeau. » Et invoque la nécessité de mise aux normes et d’extension des bâtiments pour un meilleur confort des animaux : « Nous voulons faire un site pilote en matière de respect de l’environnement, de renforcement des protocoles d’analyses et de suivi de la qualité de l’eau. »

Contacté par Rue89 Bordeaux, il n’a pas donné suite à notre demande d’entretien.

 

Au lieu-dit La Trougne, les bâtiments où les porcs sont engraissés. (Aline Chambras)

Au lieu-dit La Trougne, les bâtiments où les porcs sont engraissés (AC/Rue89 Bordeaux)

 
Avis défavorable de l’enquête publique

Les militants écologistes ne sont pas seuls à contester le projet. Bernard Jaymes, le commissaire responsable de l’enquête publique (obligatoire pour tous projets de cette envergure) rend en mars 2014 un avis défavorable, dans un rapport qui se concluait par ces mots :

« Pour terminer l’analyse de ce dossier d’enquête publique, le commissaire enquêteur estime que le projet d’extension de l’élevage et du plan d’épandage n’est pas compatible avec les enjeux prioritaires de ce territoire en matière de qualité de la ressource en eau et de protection des milieux aquatiques. »

Malgré cela, le 6 novembre 2014, le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) de la Gironde émet de son côté, à une faible majorité, un avis favorable au projet.

Depuis, le ton monte et les prises de position demandant que ce projet d’extension soit stoppé se multiplient. Le maire de Saint-Symphorien, Guy Dupiol et avec lui son conseil municipal ont également rendu public leur crainte et leur refus de voir un tel projet être autorisé. De même que de nombreuses instances locales, comme celles du Parc naturel régional des Landes de Gascogne – dans lequel se trouve l’entreprise Le Lay –, celles du syndicat du bassin-versant de la Leyre et plus récemment celles du Parc marin du Bassin d’Arcachon.

 
Fronde contre le risque de pollution

Jean-Luc Gleyze, le nouveau président du Conseil général de Gironde s’est lui aussi dit défavorable à un tel projet. Et une pétition en ligne  a déjà recueilli près de 47 000 signatures.

Comme le rappelle la Confédération paysanne de Gironde, « la majorité des parcelles des plans d’épandage du lisier et du compost se situent en zones vulnérables (bassin versant de la Hure, affluent du Ciron et bassin versant de la Leyre) or des mesures de nitrates mettent déjà en évidence des concentrations élevées, dans la Hure (voisine de 30 mg/L, voire même pour certaines, proches de 40 mg/L et en augmentation régulière), ainsi que dans la nappe phréatique.

Ces concentrations supérieures à celles relevées dans d’autres cours d’eau du même bassin versant et leur évolution à la hausse sont clairement dues à l’impact des activités humaines et devraient donc être réduites. De plus, les épandages réalisés dans le bassin de la Leyre sur des sols très perméables ne vont pas, quant à eux, améliorer la qualité des eaux du Bassin d’Arcachon déjà préoccupante. »

Des craintes pour l’environnement que le comportement de l’entreprise Le Lay durant ces dernières années ne fait que renforcer.

« L’examen de l’historique de l’exploitation fait apparaître un certain nombre de faits montrant que la réglementation environnementale et les engagements n’ont pas été respectés par le passé, explique Philippe Barbedienne, le directeur de la fédération Sepanso Aquitaine. Notamment en ce qui concerne les engagements de 2004 pris par l’exploitant pour améliorer les conditions d’élevage et de gestion des effluents avec compostage de l’ensemble du lisier avant fin 2009. »

 

Ils sont venus dire leur opposition au projet de ferme-usine (A.C.)

Ils sont venus dire leur opposition au projet de ferme-usine (AC/Rue89 Bordeaux)

 

« Ces fermes tuent le monde paysan »

En ce samedi ensoleillé, la centaine de militants et de riverains, venus dire leur opposition au projet espèrent que leur « tapage » sera entendu. Pour tous, l’opposition à la ferme-usine de Saint-Symphorien est aussi l’expression d’un ras-le-bol croissant contre une dérive lourde de l’agriculture d’aujourd’hui :

« L’élevage intensif ça suffit », s’agace Stéphanie. Habitante de Préchac à une quinzaine de kilomètres de Saint-Symphorien, elle déplore « la tendance à la concentration et à l’hyper-spécialisation qui touche tous les types d’élevages, mais aussi les cultures maraîchères ». Avec comme conséquence, « la souffrance animale et la malbouffe ».

Selon le Collectif Plein Air, les porcs de Saint-Symphorien disposeraient d’à peine 1 m2 chacun, sans accès permanent à l’eau ni lumière naturelle. Cette association avait sollicité l’IGP (indication géographique protégée) Jambon de Bayonne, ainsi que la DGCCRF (direction de la répression des fraudes), l’INAO (institut des appellations d’origine) et la DGAL (direction de l’alimentation) sur la conformité de l’élevage girondin avec le cahier des charges de l’IGP en matière de bien-être animal. Elle a obtenu une modification de la publicité de l’IGP, mais pas de réponse satisfaisantes sur les conditions de vie des bêtes.

« En tant qu’éleveuse, ce qui me gêne en premier dans ces porcheries, c’est la question de la santé et du bien-être animal, abonde Laure Tite, co-secrétaire de la confédération paysanne de Gironde et éleveuse à Coutras. Mais l’aspect économique est également pour moi très important : ce genre de super-structures ne crée pas d’emploi. Aujourd’hui la ferme Le Lay fonctionne avec moins de 10 salariés et aucune création de postes n’est prévue en parallèle de la demande d’extension. Dans l’agriculture paysanne, nous comptons 3 salariés pour 150 porcs. Faites le ratio, ces fermes-usines tuent le monde paysan. »

« Tout le monde est contre », résume Guy Dupiol, venu témoigner de son soutien.

« On a rarement vu un dossier faisant une telle unanimité », poursuit l’édile, qui espère que le préfet tiendra compte de tous ces éléments.

Dans le cas contraire, il envisage de donner des suites juridiques à l’affaire.

Aller plus loin

La carte de l’industrialisation de l’agriculture éditée par la Confédération paysanne

Le rapport de la Sepanso sur le projet de Saint-Symphorien

Le rapport de la commission d’enquête publique

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Source : http://rue89bordeaux.com

 

 

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 16:45

 

Source : http://www.courrierinternational.com

 

France. Charmant village accueille migrants

 

Publié le

Des migrants soudanais accueillis à Pouilly-en-Auxois, le 13 février 2015.
  PHOTO JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP.

 

Pour désengorger Calais, le ministre français de l’Intérieur a identifié une vingtaine de départements qui recevront des migrants, le temps que leur demande d’asile soit étudiée. Reportage dans un village de Bourgogne où la cohabitation se passe plutôt bien. 

Certains connaissent Pouilly-en-Auxois pour sa gougère (pâte à choux au fromage) et son Petit Thoreylien (vin de Bourgogne), d’autres pour son paisible canal et ses maisons d’hôte situées non loin des très visités Hospices de Beaune. La bourgade (1 550 âmes), à 40 kilomètres de Dijon, est en passe d’accéder à une nouvelle notoriété. 

Une soixantaine de requérants d’asile venant majoritairement de la Corne de l’Afrique ont emménagé depuis février dans l’ancienne caserne de gendarmerie, bâtiment de quatre étages à l’architecture pour le moins brute mais qui ravit les nouveaux résidents. Ceux-là erraient cet hiver dans les rues de Calais, dormant la journée au mieux sous des tentes, épiant la nuit la remorque du poids lourd qui les conduirait clandestinement vers l’eldorado britannique, se faisant au passage rudoyer par une police aux frontières à cran.

 

“De grosses inquiétudes”

Le ministère [français] de l’Intérieur a décidé de désengorger Calais, ville de long transit étouffée par la misère du monde, en dispersant les volontaires sur l’ensemble du territoire. Vingt départements ont été identifiés, dont la Côte-d’Or. 

 

 


“J’imagine qu’à Paris, un haut fonctionnaire a posé le doigt sur une carte et a dit, en voyant que le bâtiment de la maréchaussée était vide : là, il y a de la place !”, ironise Bernard Milloir, le maire sans étiquette de Pouilly-en-Auxois, homme jovial d’un optimisme à toute épreuve. “La sous-préfète m’a dit le 29 décembre que 80 migrants allaient arriver dans les deux mois ! J’ai réuni le Conseil municipal et on a fait un rapide calcul, ils allaient représenter 5 % de la population !”

 

Peur sur le village ? “Pas à ce point, mais de grosses inquiétudes”, répond le maire. “Les gens regardent la télé et ils savent qu’à Calais, il y a souvent des heurts entre les ethnies ou les nationalités. Et puis il y a eu le 7 janvier et Charlie, les amalgames entre islam et terrorisme. Alors ces gens-là dans notre campagne…”

 
L’épisode des crêpes

Le 4 février, 22 premiers migrants (éthiopiens, érythréens, soudanais, congolais) arrivent en loque, brisés par de longs mois de périple à travers mer et terres puis de nuits de veille dans les fossés calaisiens. Bernard Milloir montre l’exemple en terme d’hospitalité. Il va chercher des migrants avec sa propre voiture et les emmène au Château de Chailly (4 étoiles) à l’occasion de la Chandeleur qui traditionnellement réunit les notables locaux. Cet épisode des crêpes agite la blogosphère nationaliste qui invite les habitants de Pouilly-en-Auxois à prendre leur carte au Front national (FN).

Mais ceux-ci réagissent de toute autre manière. Comme en témoigne Marie-Jo Bourcier, qui dirige le service social de la commune : “Peu après l’installation des requérants, 25 villageois se sont présentés spontanément pour offrir leurs services, donner des cours de français par exemple. Ensuite, des gens ont récupéré de vieux vélos, un mécano les a retapés et ils ont été offerts aux migrants. Nos équipes de foot leur ont ouvert leurs séances d’entraînement. Une partie de la population s’est mobilisée.” Bernard Milloir complète : “Et un monsieur conduit les croyants le vendredi à la mosquée de Beaune.”

Quatre mois plus tard, les réfugiés ont intégré le décor. Ils se font discrets, aucun incident n’a été déploré et on s’est habitué sur les coups de 17 heures à les voir débouler à bicyclette place de la Libération, leurs cabas à la main. Les commerçants se frottent les mains car ces messieurs achètent beaucoup et local. “De gros mangeurs de pain”, se félicite une boulangère.
La gérante de la supérette estime de son côté que cette clientèle est en train de remonter son chiffre d’affaires. Ils perçoivent chacun 11,45 euros par jour à titre d’allocation temporaire d’attente. Une aide qui en irrite certains dans le village dont de vieux parents touchent une retraite inférieure à 450 euros par mois “alors qu’ils ont travaillé toute leur vie”.

 
L’apéritif saucisson

Bernard Milloir n’ignore pas cette précarité silencieuse qui gagne de plus en plus les campagnes françaises, “mais on ne peut tout de même pas laisser ces gens mourir de faim chez nous”, argue-t-il. Il poursuit : “Les habitants sont des employés ou des ouvriers aux salaires maigres, ils n’ont pas fait beaucoup d’études, n’ont pas beaucoup de culture, mais ils ont du bon sens. Une très large majorité a choisi d’accepter ces étrangers.”

Le 12 avril dernier, venus de Chalon, des militants du Parti de la France, présidé par Carl Lang, un transfuge du FN, distribuent des tracts xénophobes dans le village et organisent un apéritif saucisson devant l’ancienne gendarmerie. Les travailleurs sociaux du centre d’accueil découvrent leurs pneus crevés. En réponse, 150 Polliens (le nom des habitants) rejoignent les réfugiés dans leur foyer autour d’un repas républicain. “On a craint le pire, des provocations, mais tout s’est bien passé, les requérants ont même cuisiné notre traditionnelle gougère”, se souvient Bernard Milloir.
 


Danielle Malas, jeune préretraitée de la banque postale, faisait partie des convives. On la retrouve au centre social. Tandis que des dames s’adonnent au cartonnage et à la couture, Danielle enseigne à un jeune Africain les rudiments du français. “Je tente de lui expliquer qu’il faut rouler à vélo à droite et non à gauche, parce que beaucoup de réfugiés ne connaissent pas notre code de la route. C’est une leçon de français très utile.” Pourquoi s’être portée volontaire ? “J’ai lu les livres de Pierre Rabhi et c’est ma part de colibri avec mon petit bec”, dit-elle joliment. “Je fais un peu à mon niveau pour venir en aide. Ces gens sont des victimes. Ce jeune homme m’a raconté qu’il a voyagé sept mois pour sauver sa peau. On ne prend pas autant de risques juste pour venir bénéficier du RSA. Chez nous, la vie s’est rétrécie, quand un jeune a dégotté un travail au McDo, les familles parlent de réussite. Ces étrangers prouvent que la volonté de s’en sortir peut mener loin.”

 

Un non-événement

A Thoisy-le-Désert, au lieu-dit Le Calvaire, à trois kilomètres de Pouilly, vit Henri Fagottet, homme lui aussi sensible au malheur des autres. Il est éleveur à la retraite, son fils s’occupe aujourd’hui des 400 vaches charolaises. Dimanche dernier, Henri a convié à sa table trois jeunes Ethiopiens. “Un repas de famille avec mon fils, ma bru, ma fille, mon gendre, mes petits-enfants et ces garçons, on a mangé du poulet et des frites et on a beaucoup parlé”, résume-t-il.
Henri connaît l’Ethiopie. Il raconte : “Un voisin, un ancien maire, avait jumelé sa ville de banlieue parisienne avec une ville éthiopienne. Un jour, je lui ai dit : si je te donne 10 euros, ils vont aller là-bas ? Il m’a dit oui. L’année suivante, j’ai fait une collecte et on a donné 300 euros à un village qui s’appelle Fadji. Tous les ans, la somme grossissait.”

En 2007, Henri va pour la première fois à Fadji et voit que l’argent a contribué à la rénovation de l’école et à la vaccination du bétail. Il monte une amicale rurale franco-éthiopienne. Il y retourne en 2009 et en 2014. L’école est désormais pourvue en électricité et eau et les agriculteurs se sont organisés en coopérative.
“On doit accueillir ces gens comme des hommes, ne pas les rejeter à la mer. Les recevoir à ma table est un non-événement. On a mangé, on a visité la ferme et maintenant ils appellent le dimanche pour demander des nouvelles de la famille.”

 

 

Source : http://www.courrierinternational.com

 

 

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 16:35

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Nom : Monsanto. Métier : empoisonneur

28 mai 2015 / Noël Mamère
 


 

 

La mobilisation internationale du week-end dernier contre Monsanto a permis de rappeler la nature profonde des firmes agrochimiques. Ces empoisonneurs patentés sont responsables de la mort de dizaines de milliers de personnes, estime Noël Mamère. Et le Tafta pourrait demain donner toute liberté d’action à ces entreprises scélérates.


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Noël Mamère

Dans plus de cinquante pays, ce week-end, des rassemblements se sont tenus contre Monsanto et les multinationales des OGM (organismes génétiquement modifiés) et des pesticides. En France, plus de trente-cinq villes de métropole et des DOM (départements d’outre mer) ont pris part à cette initiative lancée par le collectif citoyen des Engraineurs et l’association Combat Monsanto. Leurs revendications : stopper l’offensive des OGM en Europe, arrêter l’empoisonnement par les pesticides et affirmer l’opposition grandissante au projet de Grand marché transatlantique (Tafta) qui deviendrait le cheval de Troie de Monsanto et de ses semblables.

 
Assassin chimique

L’entreprise Monsanto, dénoncée il y a quelques années dans un documentaire et un livre de Marie-Monique Robin, Le monde selon Monsanto, est depuis des décennies responsable de scandales sanitaires à répétition ayant provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes : PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides Lasso et Roundup...

Le producteur de saccharine est devenu un géant de la chimie puis s’est reconverti dans la biogénétique. Mais celui qui est devenu le premier semencier de la planète n’a jamais cessé de détourner à son profit les lois des Etats, en pratiquant la corruption à haute dose, avec tous les moyens qui accompagnent cette pratique mafieuse, sous couvert de lobbying.

Dès 1949, un accident survenu dans une usine de Monsanto, en Virginie, révèle que l’herbicide 2,4,5-T contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La commercialisation de l’herbicide se poursuivra pourtant jusqu’à son interdiction dans les années 1970. En France, la fabrication et l’utilisation des PCB sont interdites seulement depuis 1987.

 

 

Entre 1961 et 1971, Monsanto produit l’agent orange, toujours constitué à partir de l’herbicide 2,4,5-T. Ce défoliant sera massivement déversé par l’aviation américaine au-dessus des forêts vietcongs pendant la guerre du Vietnam. Les conséquences se font encore sentir aujourd’hui, avec de nombreux cancers et des malformations de naissance au Vietnam, ainsi que des séquelles diverses chez nombre d’anciens combattants américains.

En 1975, l’entreprise lance le Roundup sur le marché, un herbicide très puissant, présenté comme "biodégradable" et "bon pour l’environnement". Roundup est aujourd’hui l’herbicide le plus vendu au monde. Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide phare de Monsanto – et son principe actif, le glyphosate – est responsable de malformations fœtales.

 
Biopiraterie et brevetage du vivant

Entre 1995 et 1997, le soja génétiquement modifié, Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready, tous trois résistants à l’herbicide Roundup, reçoivent les autorisations de commercialisation.

Détentrice d’un brevet, aujourd’hui périmé, sur le glyphosate (commercialisé sous le nom de Roundup), l’entreprise décide de changer de stratégie et entreprend de breveter le vivant. En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé classe le Roundup comme « probablement cancérogène ».

Monsanto produit actuellement 90 % des OGM de la planète. Au cours des années 2000, cet empoisonneur patenté ose assigner devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d’avoir utilisé "frauduleusement" ses semences transgéniques brevetées, c’est-à-dire de les avoir replantées. Depuis, Monsanto s’est recyclé dans la biopiraterie en revendiquant des droits à la propriété intellectuelle sur des semences qu’elle vole aux paysans, comme en Inde.

 
Tafta : un blanc-seing à Monsanto

Demain, avec le TAFTA, le projet de grand traité transatlantique, des entreprises comme Monsanto pourraient attaquer devant des tribunaux d’arbitrage privés les moratoires des États opposés à la culture des OGM et réclamer des indemnités de plusieurs millions, puisées dans les deniers publics.

Peut-on accepter une telle mainmise des entreprises privées sur une diversité génétique qui appartient à toute l’humanité, qui est le fruit d’un savoir-faire millénaire et qui constitue la source de toute alimentation humaine ?

Peut-on admettre que...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 16:21

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Tribune 25/05/2015 à 16h25
Monsieur le directeur de l’entrepôt Amazon...
Alain Jeault | Délégué syndical CGT

 

 

Monsieur le directeur d’entrepôt,

Le 18 mai 2015, L’Humanité révélait la triche d’Amazon sur les accidents du travail en publiant des extraits d’une fausse déclaration à la Sécurité sociale signée Amazon. L’objectif ? Faire baisser les statistiques élevées d’accidents du travail.

Making of

La CGT appelle à la grève ce mardi 26 mai sur le site Amazon de Sevrey (Saône-et-Loire) pour peser sur la négociation annuelle obligatoire. Ce texte est une lettre ouverte d’Alain Jeault, délégué syndical CGT de l’entrepôt, adressée à Ronan Bolé, le directeur du site. Rue89

Depuis la publication de ces révélations vous avez, Ronan Bolé, déclaré au Figaro :

« Les faits relayés sont faux. Je n’ai pas envie d’aborder les cas particuliers. »

Et ajouté auprès du Journal de Saône-et-Loire qu’il s’agissait d’une « déclaration mensongère » du journal L’Humanité.

Les menteurs, en réalité, sont à chercher du côté de votre direction. L’accident du travail qu’Amazon cherche à camoufler s’est produit le 18 février. Il a été diagnostiqué par le médecin traitant du travailleur accidenté le 19 février. Jamais, avant son accident du travail, le salarié en question n’avait ressenti de paralysie à sa jambe. Amazon a pourtant affirmé à la Sécurité sociale, sur la feuille Cerfa :

«  Aucun fait accidentel  : l’opérateur nous déclare avoir mal à la jambe depuis longtemps.  »

Là est le mensonge, le vôtre, celui d’Amazon. Le lieu et les circonstances de l’accident sont connus. Le médecin ayant diagnostiqué l’accident du travail est formel.

 

Dans l’entrepôt Amazon de Lauwin-Planque, en avril 2015 (PHILIPPE HUGUEN/AFP)

 

Monsieur le directeur d’entrepôt, plutôt que de vous épancher dans la presse pour dire que les salariés Amazon sont heureux dans l’entrepôt de Sevrey, et plutôt que d’annoncer que vous allez bientôt inviter des politiques sur le site de Sevrey pour leur montrer que tout va bien dans le meilleur des mondes, vous feriez mieux d’écouter ce que les salariés et leurs représentants ont à vous dire.

Le 10 avril, la médecine du travail est venue présenter lors de la réunion du CHSCT son rapport annuel. Comme vous le savez, il est édifiant. La presse l’a abondamment commenté. Ce rapport confirme une fois de plus combien il est pénible et dangereux de travailler chez Amazon.

Vous n’êtes pas, Monsieur le directeur d’entrepôt, à l’écoute des travailleurs Amazon. Votre préoccupation majeure est la productivité de l’entrepôt et non la santé et la sécurité de vos salariés.

Récemment, Amazon a supprimé les deux pauses de vingt minutes pour la remplacer par une pause de trente minutes. Le rapport de la médecine du travail évoque spécifiquement ce point et précise que les deux pauses de vingt minutes étaient plus bénéfiques pour la prévention des troubles musculo-squelletiques (TMS). Qu’importe, vous préférez appliquer de manière autoritaire ce qui est plus dangereux et pénible pour vos salariés.

Mardi 26 mai, la CGT appelle à la grève, en réponse à l’attitude scandaleuse d’Amazon lors des récentes Négociations annuelles obligatoires (NAO) dont la dernière réunion se tiendra le 28 mai. Par téléphone, les gendarmes m’ont déjà informé qu’ils avaient ordre du sous-préfet d’encadrer strictement notre mouvement et qu’ils seraient intransigeants avec les grévistes.

Nous connaissons bien, Monsieur le directeur, les talents de lobbyistes d’Amazon. Nous savons que les dirigeants d’Amazon rencontrent régulièrement des politiques – ministres, députés, sénateurs, conseillers régionaux ou départementaux, maires –, ainsi que des représentants des institutions de la République afin de répéter inlassablement les mêmes arguments à propos de l’emploi, arguments avec lesquels vous avez obtenu des subventions publiques. Cela, alors même qu’Amazon pratique l’évasion fiscale.

Depuis peu, Amazon.fr publie sur son site internet des vidéos de propagande dans lesquelles des travailleurs témoignent combien il est agréable de travailler chez Amazon.

Mais alors, Monsieur le directeur, pourquoi ne plaidez-vous pas pour la modification du règlement intérieur de l’entreprise qui interdit aux salariés la libre expression à l’égard de la presse ? Car chez Amazon, rappelons-le, parler à un journaliste des conditions de travail est toujours un motif de licenciement.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 22:07

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Débattre Droits humains

Trois prix Nobel appellent à la fin de l’impunité de Chevron et des autres multinationales

par

 

 

 

 

Ce 27 mai se tient l’assemblée générale annuelle du géant pétrolier américain Chevron. Humberto Piaguaije, représentant les communautés de l’Amazonie équatorienne victimes de la pollution pétrolière, y présente un appel signé par trois prix Nobel et d’autres personnalités d’envergure mondiale : ils demandent la fin de l’impunité de Chevron et des autres entreprises extractives en matière de pollutions et de violations des droits humains. Depuis plus de vingt ans, les victimes équatoriennes de ce qui a été qualifié de « Tchernobyl de l’Amazonie » essaient d’obtenir que Chevron reconnaisse sa responsabilité et verse les sommes nécessaires à la réhabilitation environnementale de la région. Basta ! publie une version française de cet appel.

 

Considérant :

- Que le monde a été et est témoin des violations graves des droits humains des populations et des travailleurs par les activités extractives des entreprises multinationales ;

- Que souvent, les affecté(e)s sont des populations dans des conditions de vulnérabilité et qu’ainsi les activités extractives augmentent les risques de pauvreté, de maladie et de mort de ces communautés ;

- Que les lois nationales sont insuffisantes pour faire face à la structure de l’impunité nationale et internationale tissée en faveur des multinationales extractives et qui permettent la violation des droits ;

- Que cette question a fait l’objet d’une analyse approfondie et a abouti à des actions globales contre les activités extractives menées par les entreprises multinationales à travers le monde ; qui, en outre, ont donné lieu à leur tour à des initiatives de la part des organisations internationales à l’échelle mondiale dans le but de démanteler le pouvoir des entreprises multinationales et de les empêcher de continuer à commettre de nouvelles violations des droits humains.

 

Les soussignés, Prix Nobel de la paix, organisations et personnalités de défense des droits humains, de la nature, des peuples autochtones, des paysans, des travailleurs, nous appelons :

a. Les investisseurs des multinationales à exiger la transparence concernant les activités de ces entreprises. Nous vous exhortons à vous opposer aux violations des droits humains et de l’environnement commises par les entreprises où vous déposez votre capital. Ne pas le faire vous rend complices de crimes et d’abus.

b. Les gouvernements des pays où ces entreprises extractives opèrent, à les obliger à remplir, de manière ferme et déterminée, toutes les normes techniques et ordres judicaires de chaque pays, ainsi qu’à appliquer les préceptes fondamentaux des droits humains, à respecter les droits des populations sur leurs terres et à protéger les droits des générations futures.

c. Les gouvernements où siègent les entreprises extractives, à les obliger à assumer leur responsabilité sociale tant à l’intérieur comme à l’extérieur de leur territoire. Dans le cas contraire, offrir les conditions pour que l’administration de la justice opère librement sans ingérence ni pressions.

d. Les organismes internationaux ou régionaux, à assumer leur rôle de protection des populations et des travailleurs affectés par les multinationales extractives, afin de leur garantir le respect de leurs droits et l’accès à une procédure régulière, à la fois dans les États membres et à travers les mécanismes internationaux qui visent à démanteler l’impunité dont jouissent ces entreprises.

e. Les organisations de la société civile, à rester vigilantes et d’exiger le respect des droits humains des populations vivant où ces entreprises opèrent.

f. Les juges, procureurs et avocats à agir de manière à garantir le respect des droits humains et de l’environnement par les multinationales. En cas de dommages, comme c’est le cas de Chevron Corporation en Équateur, il convient de garantir une réparation adéquate.

g. Les juges, les procureurs, les avocats, les États, à garantir le droit des personnes affectées, afin d’empêcher les entreprises de criminaliser la protestation et la lutte sociale.

h. La communauté internationale à créer des instruments et des instances internationales pour juger les crimes environnementaux afin que les victimes aient accès à la justice sans discrimination, c’est à dire qu’elles puissent bénéficier des mêmes conditions que les corporations.

 

Étant donné que la demande des 30 000 paysans et des indigènes à l’encontre de Chevron en Equateur constitue un cas emblématique pour les populations sur le plan mondial, nous exprimons notre soutien à la demande de justice pour les victimes et exhortons :

 

Les investisseurs de Chevron, à exiger la justice pour les paysans et les peuples indigènes de l’Amazonie équatorienne qui ont démontré la culpabilité de la compagnie après 21 années de litiges. Que cette même compagnie, bien qu’ayant été condamnée à payer le coût des réparations pour les dommages causés, utilise tous les moyens pour ne pas le faire et retarde ad infinitum l’exécution de la sentence de 9,5 milliards de dollars pour la mise en œuvre de la réparation environnementale, alors que pendant ce temps, la contamination continue à générer la mort et la destruction.

 

Les systèmes de justice dans le monde, en particulier aux États-Unis, à ne pas permettre des actions en justice abusives et dilatoires favorisant la puissance des multinationales, à ne pas tolérer de telles actions pour réduire au silence les victimes, les personnes et les organisations qui les soutiennent, et à respecter la justice des autres pays et le droit des plaignants à une procédure régulière.

 

Les systèmes de justice des pays dans lesquels se déroulent des procédures d’homologation et d’exécution de la sentence, à agir conformément aux normes juridiques dans le cadre du respect des droits humains, sans obéir aux pressions exercées à tous les niveaux par Chevron.

 

Les organisations sociales à travers le monde, à rester attentives à la résolution de ce cas, qui a dévoilé la structure de l’impunité des multinationales leur permettant de violer des droits humains, tout en mettant également en évidence la possibilité pour les populations victimes d’exercer leurs droits face à l’une des plus grande multinationales du monde, ce qui peut représenter un précédent mondial pour les victimes des multinationales qui se battent pour obtenir justice .

 

De même, étant au fait de la conduite de Chevron dans les pays où elle opère, nous exhortons les gouvernements, les actionnaires de la multinationale, les organisations environnementales et des droits humains, à créer un système d’alerte pour contraindre la multinationale à assumer sa responsabilité sociale et à respecter les règles et les normes qui garantissent le respect des droits humains.

 

Parmi les signataires de cet appel :
Desmond Tutu, Alfredo Perez Esquivel et Jody Williams, prix Nobel de la Paix,
Susan George, Jean Ziegler, Vandana Shiva, Bill McKibben, Angela Davis, Kumi Naidoo, Nnimmo Bassey, Walden Bello, Frei Betto, Yash Tandon, ainsi que les artistes Ken Loach et Roger Waters.
Les organisations Amis de la Terre international, Transnational Institute, Marche mondiale des femmes, World Rainforest Movement, Réseau CADTM Mondial, Association internationale des juristes démocrates, et bien d’autres.

 

Lire les articles de Basta ! et de l’Observatoire des multinationales sur le conflit entre Chevron et l’Équateur :
- Le pétrolier Chevron écope de la plus lourde amende de l’histoire, 10 janvier 2012.
- Des dirigeants d’entreprises pourront-ils bientôt être jugés pour crimes contre l’humanité ?, 18 décembre 2014.
- Injustice sans frontières ? Chevron contre l’Équateur, 27 mai 2015.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 21:09

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Luttes sociales

Les anciens de Fralib et leur coopérative lancent le thé de la transformation sociale et écologique

par , Jean de Peña

 

 

 

 

Après quatre années d’un rude combat, la soixantaine de coopérateurs de la Société coopérative ouvrière provençale thé et infusions, les ex-Fralib, lancent 1336 et ScopTI, leurs nouvelles marques. Exit les actionnaires d’Unilever, l’ancienne multinationale propriétaire, les arômes artificiels et le management néolibéral. Bienvenue à la politique salariale décidée au consensus, au tilleul bio et au thé centenaire. A Carcassonne, les anciens employés de la Fabrique du Sud se sont engagés dans le même type d’aventure, pour la fabrication de crèmes glacées. Reportage auprès de ces coopératives en quête d’une nouvelle éthique, de véritable progrès social et environnemental.

 

Rien que le bureau de la direction a de quoi provoquer des sueurs froides chez un adhérent du Medef. Il y a la plaque déjà. En la lisant, un représentant patronal manquerait probablement de s’étouffer en ces temps de remise en cause du dialogue social : « Direction. Comité d’entreprise. Syndicat ». Puis la décoration du bureau de la direction, où trône un portrait du Che, et où traine non pas un audit pour réduire le coût du travail mais une attestation syndicale reçue lors d’un récent voyage à Cuba. Malaise assuré pour un PDG traditionnel.

 

Nous ne sommes pas, justement, dans une entreprise traditionnelle. Bienvenue dans l’usine de fabrication de thé et infusion de Gémenos (Bouches-du-Rhône), autrefois propriété du géant alimentaire Unilever, aujourd’hui coopérative reprise par une grande partie des salariés après quatre dans de lutte contre la liquidation. Pour dévoiler leur nouvelle marque, les ex-Fralib ont choisi le 26 mai, date à laquelle le protocole d’accord de fin de conflit a été signé en 2014 avec la direction d’Unilever. La marque phare sera désormais "1336", référence au nombre de jours de lutte qu’il a fallu aux salariés pour faire plier la multinationale anglo-néerlandaise. L’annonce publique, faite hier mardi sur le site à 13h36, en présence de nombreux médias et soutiens, a donné lieu à quelques larmes. Émotion non feinte : la naissance de ces deux nouvelles marques "1336" (« éveille les consciences, réveille les papilles ») et "ScopTI" (« engagé sur l’humain, engagé sur le goût ») symbolise bien le début d’une nouvelle aventure pour ces salariés devenus leurs propres patrons.

 


 

La coopérative ouvrière provençale est désormais dirigée par un trio de syndicalistes, désignés par le Conseil d’administration issu de l’assemblée générale des coopérateurs. Gérard Cazorla, ex-secrétaire CGT du comité d’entreprise de Fralib, en est le président, Olivier Leberquier, ancien délégué syndical CGT, le directeur général délégué et Marc Decugis, le directeur général. Gérard Affagard, ancien délégué CFE-CGC, désormais à la retraite après avoir participé à la lutte de bout en bout, présidera lui l’association Force et bon thé dont l’objet sera de soutenir et de faire connaître la coopérative. Prix de la cotisation annuelle : 13,36 euros. Forcément.

 

1336 jours de lutte et une année de transition

Quelques jours avant l’annonce, à l’extérieur, le parfum de lutte s’est estompé. Les barricades ont été remisées, les tags et graffitis nettoyés. Dans l’Algeco à l’entrée, un salarié en tenue verte distribue les badges aux visiteurs. L’usine est clairsemée mais ceux qui s’y trouvent ont déjà la tête et les mains au travail, testant méthodiquement les nouveaux sachets plastiques sur les chaînes où défilent des emballages Lipton et Eléphant - la marque emblématique qu’Unilever n’a pas voulu céder. « On utilise les stocks restant pour faire nos essais », confient Fred et Yves, responsables du bureau planning logistique et achat. « Dans les semaines qui viennent, 22 coopérateurs de plus vont entrer en tant que salariés, assure Gérard Cazorla. On devrait être prêts pour une reprise de la production fin juin. »

 


 

Après, donc, 1336 jours de lutte et une année de transition, les sept premiers contrats de travail ont été signés le 11 mai. Sur les 76 femmes et hommes concernés par l’accord de fin de conflit, ils sont au final 57 coopérateurs. Et 51 sont promis à être salariés de la coopérative [1]. Au bout de quatre ans de lutte, certains ont préféré partir avec les indemnités. D’autres, qui n’étaient pas loin de la retraite au moment de l’annonce de la fermeture en 2010, ont décidé de la prendre. Les treize élus syndicaux de Fralib, licenciés seulement en janvier dernier, lors du dernier « plan social » d’Unilever, iront au bout de leur congé de reclassement avant de se faire embaucher par la coopérative.

 

« L’écart des salaires allait de 1 à 210, chez nous ce sera de 1 à 1,3 »

L’année passée a été consacrée à préparer l’avenir : mise en place de la structure coopérative, réorganisation des équipes, prise en main des enjeux commerciaux, finalisation des partenariats, établissement d’un business plan... Les 2,85 millions d’euros « fongibles », arrachés au cours des négociations ont permis, entre autres, d’embaucher des prestataires extérieurs [2], comme « l’ équipe de jeunes » spécialistes du marketing avec qui les nouveaux logos et marques ont été façonnés.

 


 

Résolument tournés vers les enjeux à venir, ces salariés-patrons sont désormais débarrassés d’ « actionnaires à payer ». Ce qui ne garantit en rien l’absence de problèmes ! « Après des mois de discussions et de débats, nous avons réussi à décider collectivement de la politique salariale, soupire Gérard Cazorla. Chez Unilever, l’écart entre les salaires allait de 1 à 210, chez nous ce sera de 1 à 1,3. » Un salaire par catégorie. Le plus faible devrait tourner autour de 1480 euros net et le plus élevé, autour de 1880 euros, payé sur 13 mois et sans compter les aides aux chômeurs créant ou reprenant une entreprise (Accres).

 

Partenariat avec les enseignes spécialisées Biocoop

Côté production, 250 tonnes de thé et d’infusions doivent être produites la première année. Avec l’objectif d’arriver, d’ici 2019, à en fabriquer 1000 tonnes par an [3]. Au début, la majeure partie de la production (environ 60 %) devrait être vendue et conditionnée pour des marques distributeurs. L’autre partie sera commercialisée sous les marques 1336 dans la grande distribution et ScopTI sur les rayons des enseignes spécialisées Biocoop. Les deux marques reviennent à une « aromatisation 100 % naturelle ». ScopTI ne proposera que du bio, produit en France – sauf le thé, bien entendu. 1336, se contentera, elle, de « privilégier » le bio et la production française.

 

C’est la grande nouveauté : cégétistes et salariés en lutte se sont mis au bio. « C’est une démarche commerciale, bien sûr, mais cela répond aussi à une volonté ancienne de proposer des produits de qualité à nos clients », explique Bernard, 52 ans, opérateur sur la chaîne de production. « Dès janvier 2011, abonde Gérard Cazorla, nous avions défendu le principe d’un retour à l’aromatisation naturelle. » La certification Ecocert est déjà acquise pour l’usine.

 

Cette volonté de rehausser la qualité du produit fait écho à la lutte menée par leurs homologues de la Fabrique du Sud (ex-Pilpa), qui produisent des crèmes glacés du côté de Carcassonne. Abandonnés par les propriétaires de l’entreprise,19 salariés ont repris, en société coopérative, l’activité de cette fabrique de crème glacée en avril 2014. Et créé leur propre marque, La Belle Aude. « Nous sommes revenus à de la matière première noble : pas d’arôme, pas de colorant. Et dans la mesure du possible on prend les fruits dans une coopérative fruitière à 40 km d’ici, explique Christophe Barbier, président du Conseil d’Administration. Lorsque c’était Pilpa, peu de gens savaient que des glaces étaient fabriquées ici. Du coup, on a aussi voulu revaloriser nos savoir-faire sur le territoire pour les partager désormais avec les habitants et non plus avec des actionnaires. »

 

Une coopérative de crèmes glacées

En 2014, pour sa première année d’exercice, La Fabrique du Sud a dépassé ses prévisions : 750 000 d’euros de chiffre d’affaires, 22% supérieur aux prévisions. La concurrence est sévère et il va désormais falloir durer. Mais les débuts de La Belle Aude, plébiscitée par les consommateurs de la région, apportent la preuve que les initiatives en rupture avec les canons dominants de l’économie libérale ne sont pas vouées à l’échec. Même l’Élysée, rarement surpris en train d’admonester les multinationales, en convient. Mardi 19 mai, François Hollande rendait visite à la Fabrique du Sud où il a décelé « un signe d’espoir et de fierté » [4].

 


 

Du côté de la Scop TI aussi on pense « circuits courts » et participation à la « reconstruction des filières nationales ». La coopérative de Gémenos, de qui les glaciers de Carcassonne « se sont nourris » et avec qui ils « ont mené des combats communs », a passé un accord avec le Syndicat des producteurs de tilleul voisins. Une quarantaine de producteurs installés dans la Drôme approvisionneront désormais la coopérative en tilleul sec, malgré un prix (entre 16 et 18 euros/kg) deux fois plus cher que celui produit en Chine ou en Europe de l’Est. « Le tilleul qu’Unilever va chercher à l’Est coûte certes moins cher à l’achat, mais il passe par le port d’Hambourg, repart à Katowice en Pologne pour être conditionné et revient en France pour être vendu... Nous, entre son lieu de production et l’usine, il fera 180 km », explique Gérard Cazorla. En terme d’empreinte carbone, la démonstration est imparable...

 

Création d’emplois indirects en France

La qualité joue aussi un rôle : « En Chine ou en Europe de l’Est, ils mettent des additifs et allongent les délais de cueillette quitte à laisser la fleur tourner, ce qui leur permet de vendre à 8 euros le kilo... », déplore Nicolas Chauvet, président du syndicat des producteurs de tilleul des Baronnies, au sud de la Drôme. L’accord ouvre des perspectives, modestes mais réelles, de revivification d’une production locale et d’emplois indirects. « Si le projet de la Scop marche, des personnes qui ne cueillent plus s’y remettront peut-être : ce qui signifie de la taille, de l’entretien, une plus-value paysagère. Et pourquoi pas la création d’un emploi au sein du syndicat, un peu d’investissement dans des cellules de froid ? On peut imaginer la relance d’une petite activité autour de ça dans la région », s’enthousiasme Nicolas Chauvet.

 

Reste que le cœur de métier historique des ouvriers de Gémenos est bien le thé. Qu’il faut aller chercher en Asie, en particulier au Vietnam. Une filière y est débusquée en 2012, avec le concours de la Fédération agroalimentaire (FNAF) de la CGT et du Conseil général du Val-de-Marne. Olivier Leberquier était sur place courant mai, dans la province du Yen Baie, pour revoir les produits et discuter de leurs prix avec les producteurs de ces « thés vert et noir centenaires de très grande qualité », et pour certains desquels « des processus de certification bio sont en cours » et très avancés.

 

Commerce équitable en Asie ?

Quid de la dimension sociale à l’autre bout du globe, à l’heure où de nombreuses marques occidentales, dans le textile ou l’agroalimentaire, sont critiquées pour leur recours à du travail indigne ? « On en a tenu compte, assure Olivier Leberquier. En passant un accord avec eux, on assure du travail et donc une certaine autonomie à des ethnies minoritaires vivant dans cette partie du pays où elles cherchent des débouchés économiques. Ensuite, il s’agit d’acheter à un prix qui assure des revenus décents aux producteurs tout en restant à un seuil qui nous permette de proposer un thé accessible à nos clients en France. On ne veut pas vendre un thé réservé aux classes aisées. On tient à ce que ceux qui n’ont pas les moyens de payer 5 euros les 50 grammes puissent eux aussi accéder à des thés de qualité. »

 

Les discussions en cours ont déjà permis de réduire les prix. Dans la même zone, d’autres thés « d’excellente qualité » mais plus abordables sont en lice. Et la coopérative ne se fournira pas qu’au Vietnam : la Chine, le Laos, le Kenya ou Madagascar sont évoqués. Bienvenue dans le grand bain de la globalisation… Cette quête d’un équilibre idéal entre qualité des produits, prix abordable et rétribution décente, présage encore de longues heures de réflexions et de débats au sein de la coopérative de Gémenos. Cela tombe bien, dans le cadre de leur congé de reclassement, Olivier et Gérard se sont inscrits à Montpellier dans une formation longue de gestion d’entreprise de l’économie sociale et solidaire. « C’est une formation diplômante, se félicite Gérard Cazorla. Et on n’a vraiment pas fait exprès mais les cours débutent le 28 septembre ! » Soit cinq ans, jour pour jour, après l’annonce de la fermeture de l’usine par le géant Unilever. A Gémenos, le goût du thé a celui des anniversaires.

Emmanuel Riondé

 

Photos : Jean de Peña / Collectif à-vif(s)

 

Notes

[1Les Fralib étaient 182 salariés au moment de l’annonce de la fermeture de l’usine de Gémenos par Unilever le 28 septembre 2010.

[2Cette somme fait partie des quelques 20 millions d’euros cédés au final par Unilever aux ex-salariés de Fralib. Il faut y ajouter les indemnités légales et supra-légales des salariés (autour de 10 millions) et la valeur comptable de l’outil industriel - en l’occurrence le site, l’usine et l’outillage, récupérés par la Communauté urbaine de Marseille Provence métropole en septembre 2012 (estimés à 7 millions).

[3L’usine qui compte six lignes de production distinctes avec des technologies différentes est en capacité de produire 6000 tonnes par an. Au moment de la fermeture en 2010, elle en faisait encore 3000.

[4Compte-rendu de cette visite à voir sur France 3.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 20:10

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Kamel Daoud : "La France a une collection de tabous extraordinaires"

 
Régis Soubrouillard

Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales

Invité sur France Inter, l'écrivain algérien Kamel Daoud a décrit avec autant de lucidité que de férocité la capacité des élites, intellectuels et médias français à s'autocensurer sur des questions comme celles de l'islamisme. L'auteur de "Meursault, contre-enquête" est même allé jusqu'à dire qu'il se sentait "plus libre" en tant qu'intellectuel en Algérie qu'en France.
 
Ulf Andersen/SIPA
 

L’écrivain algérien Kamel Daoud était ce matin l’invité de France Inter. Interrogé par un auditeur sur l’autocensure de certains intellectuels ou pratiquée dans les médias français sur la question de l’islamisme par peur de représailles ou lâcheté intellectuelle, l’auteur  de "Meursault contre-enquête", qui fait l'objet d'une fatwa, porte un regard éclairant, décentré sur les dénis de réalité dont se nourrit peu à peu la société française : « L’islamisme est le nouveau totalitarisme de notre siècle donc il pèse par la peur, par l’oppression, par la violence, par le meurtre. En Algérie, la dernière polémique visait une étudiante exclue parce qu’elle portait une jupe trop courte. En France, on a le contraire, une jupe trop longue. C’est assez symptomatique du siècle et de ces “maladies”. En France, j’ai été frappé du fait que vous n’arrivez pas à redéfinir facilement les choses : qu’est-ce que la liberté, qu’est-ce que dessiner, qu’est-ce que la laïcité. Vous avez une élite qui jacasse beaucoup mais qui est incapable de définir la liberté pour un écolier de 15 ans. Je pense que vous avez besoin d’un dictionnaire. Vous avez une collection de tabous extraordinaires. Je me sens beaucoup plus libre paradoxalement quand j’exerce mon droit d’intellectuel en Algérie qu’ici ».

 

Et c’est avec la même férocité et peut-être plus d’amusement encore que l’écrivain regarde la cérémonie de panthéonisation de ce mercredi : « En France, vous avez un art très rare qui est de fabriquer des religions sans dieu . Vous n’avez pas de roi mais un président qui ressemble à un roi, vous n’avez pas de religion d’Etat mais vous avez le Panthéon ».

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

 

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