Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 16:41

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

A Bure, le camp estival a élargi la lutte contre les déchets nucléaires

10 septembre 2015 / Isabelle Rimbert (Reporterre)
 


 

En août, entre 250 et 800 personnes chaque jour ont participé à un camp anti-capitaliste et anti-autoritaire à quelques kilomètres du méga projet d’enfouissement de déchets radioactifs. Objectif : renforcer le combat local, et favoriser l’émulation entre différentes composantes des luttes anti-capitalistes. Récit au cœur du camp, par 35°C dans la campagne meusienne.


- Bure (Meuse), reportage

Il faut voir un poids lourd de légumes déchargé collectivement en trois minutes par une chenille humaine spontanée pour avoir une idée de l’organisation du camp. Rien d’étonnant alors à voir sortir de terre en quelques jours : quatre cantines opérationnelles, des points d’eau potable, deux chapiteaux, des yourtes et structures légères, des toilettes sèches et douches solaires faites maison, un point accueil, un atelier vélos, des panneaux solaires et une éolienne, une boulangerie mobile, un atelier de bricolage, un lieu dédié à l’automédia avec une radio (active), une infirmerie, des bibliothèques, etc. La transformation d’un no man’s land de 7,5 hectares au cœur de la campagne meusienne en une zone autonome temporaire ne doit cependant rien au hasard. Du 1 au 10 août, s’est tenu à Bure ce camp pas comme les autres

 

 

Jess*, la cinquantaine pétillante, a longtemps travaillé sur la question de la surveillance généralisée avant de s’investir dans l’organisation en amont du camp d’été. Une organisation montée par le collectif VMC, comme Vladimir, Martine and co, qui doit son nom à Vladimir Martinenko, le conducteur de la déneigeuse qui a percuté, le 20 octobre 2014, l’avion qui transportait Christophe de Margerie, patron du groupe Total.

Jess raconte : « VMC a démarré sur une ligne entre Nancy, Bure, Paris et la Bretagne, croisant une résistance historique contre le nucléaire à celle des comités de soutien à Notre-Dame-des-Landes réunis autour d’idées anti-capitalistes et anti-autoritaires. VMC se veut un trait d’union entre différentes luttes de territoire comme Notre-Dame-des-Landes, No Tav (TGV Lyon-Turin), Roybon, Sivens, Hambach et bien d’autres. Depuis 2014, il y a eu des réunions inter-régionales et inter-comités puis des rencontres régulières à Bure à partir de janvier."

 

S’inscrire dans une lutte déjà ancrée

Forte de l’expérience de Sivens où l’Etat a pu, avec l’aide de milices pro-barrages, monter la population contre les opposants au projet imposé, la stratégie de VMC était de s’inscrire dans l’histoire d’une lutte déjà ancienne, avec les personnes concernées directement par l’annexion nucléaire du territoire. Et c’est en faisant du porte à porte que se sont faites les présentations.

Fernande*, 26 ans, est venue de Paris armée de son énergie et de ses bombes de peinture. La graffeuse a redécoré l’extérieur de l’ancienne gare de Luméville-en-Barrois, un bâtiment en cours de rénovation en plein cœur du campement. "J’avais entendu parler de Bure par le biais de mes activités militantes auprès des migrants à Paris. Grâce à des rencontres, j’ai eu envie de participer aux chantiers collectifs de préparation de camp. On est allé à la rencontre des habitants des villages alentours. Ils étaient plutôt ouverts à la discussion, souvent heureux de pouvoir parler d’un sujet qui divise." Et si les nouveaux venus ont été globalement bien reçus et souvent aidés, John, cheville ouvrière du mouvement, reconnait avoir rencontré "pas mal de résignation et de fatalisme".

 

 

Mais pour les opposants déclarés à Cigéo, le projet d’enfouissement des déchets nucléaires, cet apport de sang neuf est vu comme un espoir. Claude Kaiser, de l’association La Graine, est un "historique" de la lutte à Bure. "Ça fait vingt ans qu’on se bat contre ce projet. Pour les vieux militants que nous sommes, ce renouveau représente un grand bol d’air frais et beaucoup d’émotion. Toutes les horreurs du capitalisme sont concentrées dans ce méga projet d’enfouissement. Le seul moyen de s’en sortir est d’instaurer un réel rapport de force, et il recommence à se structurer, aussi grâce à ce camp qui mobilise bien au-delà de notre territoire."

Pour Corinne, de l’association Bure Stop 55 : "Depuis le boycott du débat public en 2013, la mobilisation locale se réveille, avec l’action de dizaines d’associations qui travaillent ensemble. Les paysans sont mécontents, et les opposants comme VMC sont bien acceptés."

Et la prise du ciment des liens se fait dans les deux sens : "On se sent d’autant plus impliqués dans une lutte et ses enjeux qu’on a la possibilité de les découvrir sur place", souligne John. Un préalable qui lui semble "nécessaire afin d’ancrer un fort soutien à la lutte, ici, dans les mois et les années à venir". Car les graines semées à Bure ont vocation à faire naitre des racines, même s’il n’y a pas lieu de parler de ZAD, n’en déplaise aux médias locaux et nationaux qui ont focalisé à l’unisson sur cette question.

Lors de l’AG (assemblée générale) d’ouverture, une personne présentant les objectifs du camp le soulignait : "Chaque lutte est singulière. Il ne s’agit pas d’une stratégie d’occupation [le camp est d’ailleurs sur un terrain privé, Ndlr], car si c’était le cas il faudrait occuper l’ensemble des départements de Meuse et de Haute-Marne où les installations nucléaires se multiplient. Il s’agit de réfléchir autrement, et c’est là un des enjeux de ces dix jours."

 

 
Questionner et enrichir les pratiques

Une réflexion menée à travers un intense programme autour de Cigéo : la présentation du contexte et des enjeux a ainsi réuni plus de 200 personnes sous chapiteau, et les ballades quotidiennes dans les environs de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), à pied ou à vélo, par 36°C quelquefois, ont permis à chacun de découvrir le territoire et une partie de l’ampleur du projet nucléaire.

Le camp s’est délocalisé à plusieurs reprises, avec la tenue de picnics dans les communes alentours, ainsi qu’une discussion organisée à Bonnet, un village voisin, sur la question du foncier, avec des agriculteurs du collectif COPAIN 44 (Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport) de NDDL. Et l’assemblée antinucléaire en fin de semaine a permis de rappeler, par la voix d’un militant excédé, que "les malfaiteurs en bande organisée sont bien les lobbies qui créent ces projets mortifères. Il faut remettre les choses à leur juste place, porter haut et fort notre message et notre action."

 

 

Agir sur le transport des matières radioactives, les flux ou encore les sous-traitants dont dépendent des structures comme l’ANDRA ? Si ces idées émises semblaient faire consensus, elles n’ont cependant pas suffi à dépasser les éternelles dissensions autour des différences de mode d’action. Ni de parer à un "manque de stratégie générale et collective sur le nucléaire", déploré lors de cette même AG.

Ces dix jours avaient également pour but de permettre aux activistes de questionner leurs pratiques et de les enrichir, à travers une grande diversité d’ateliers, comme cette initiation à l’escalade militante, proposée par Cécile. Si la pétulante jeune femme est experte en blocages de convois de matières radioactives, elle aime aussi se suspendre à 80 mètres du sol pour poser une banderole revendicative comme à Francfort lors de l’inauguration de la BCE : "J’habite à Luneburg en Allemagne. Je pratique la grimpe depuis quinze ans, et c’est un moyen simple mais très efficace pour des blocages de routes, de rails, d’entrées d’entreprises, de lieux de pouvoir. Ces formes d’actions directes permettent facilement de faire passer un message politique, avec un certain aspect ludique. Dans ce camp comme dans d’autres, j’essaie de transmettre mon savoir et le virus de l’escalade." Une démonstration a ainsi pu être faite lors de l’installation d’une banderole devant un bâtiment de l’Andra ou de drapeaux antinucléaires posés au sommet de lampadaires rutilants dans le village de Bonnet.

 

 

Mais l’enjeu des débats et discussions était aussi de dépasser les lisières des luttes locales, pour s’ouvrir sur les mobilisations internationales, comme sur la question des frontières et des réfugiés, ou sur la très prochaine Cop 21, "au cours de laquelle on vise à réintroduire une dimension sociale qui a été complètement éludée au profit de la dimension environnementale", se désole John.

Ces questions, et bien d’autres, développées lors d’assemblées quotidiennes, ont permis de faire émerger certaines thématiques transversales comme notamment la pratique de l’occupation ou les violences policières. Une présence des force de l’ordre somme toute assez discrète lors de ce camp, malgré quelques coups de pression et une surveillance aérienne assidue nourrissant des banques de données sensibles à usage répressif. Le paradoxe et le danger de cette répression façon "miroir sans tain", qui voit mais n’est pas vue : une prise de pouvoir via des projections mentales qui ne sont que des suppositions mais peuvent conduire à une forme d’autocensure collective, comme on a pu le voir lors de certaines actions menées à Bure.

 
"Ni côte de bœuf, ni bottes de keufs"

Créer du commun aux croisements de luttes anti-capitalistes ? Un défi ambitieux, en partie relevé grâce la gestion collective du quotidien. L’autogestion à l’épreuve de la réalité, c’est une sorte de grouillement ordonné par une organisation drastique qui se veut horizontale. Chaque matin, tous les participants, invités à se rassembler en groupes tournants ("l’assemblée des barrios"), se répartissaient les tâches...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Partager cet article
Repost0
10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 16:27

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Une marche est lancée contre « la mascarade » de la COP 21

10 septembre 2015
 


 

François Hollande annonce à grands sons de trompe ce jeudi 10 septembre la tenue de la COP 21. Mais faut-il vraiment participer à la COP ? C’est la question que posent des dissidents, qui dénoncent l’hypocrisie des gouvernements et lancent une marche sur Paris. « Il faut parfois aller interpeller ceux qui s’obstinent à pourrir la planète précisément là où ils espèrent donner l’illusion de la sauver. »


 
Appel depuis les zads et autres espaces en résistance. Pour que des convois convergent jusqu’à la COP 21

Nous appelons à former des convois, marches, tracto-vélos… et à nous rendre aux manifestations contre la COP 21, sommet intergouvernemental sur le réchauffement climatique début décembre à Paris. Nous cheminerons depuis des territoires en lutte jusqu’à la capitale, avec toute l’énergie composite de nos mouvements, en créant en route des espaces de rencontres et de mobilisation.

Nous convergerons à Paris parce nous ne concevons pas de laisser le gouvernement se refaire une verte image de pourfendeur providentiel des gaz à effet de serre, alors qu’il ne veut officiellement renoncer ni à l’aéroport de Notre-dame-des-Landes, ni à mille autres projets destructeurs de vies, forêts, et prairies, de territoires habités et cultivés. Il faut parfois aller interpeller ceux qui s’obstinent à pourrir la planète précisément là où ils espèrent donner l’illusion de la sauver.

Si l’on souhaite s’attaquer réellement aux causes du réchauffement climatique, on ne peut s’en remettre un seul instant à la mascarade répétée des négociations perdues d’avance et des échanges de marchés carbone entre lobbies industriels et gouvernements, encore moins au capitalisme vert. Ce que nous affirmerons à Paris suit un tout autre tracé.

 
La seule réponse possible

La seule réponse cohérente possible est de sortir enfin du productivisme industriel, de la privatisation des biens communs, de la destruction des terres nourricières et de la marchandisation du vivant. Mais si l’on espère encore enrayer réellement le saccage accéléré des bases même de l’existence, on ne peut imaginer non plus construire tranquillement des alternatives et autres « processus de transition ».

Pour qu’émergent des possibles, il s’agit de bloquer concrètement dès maintenant l’avancée de leurs projets d’aéroports et de lignes à grande vitesse, l’extraction des minerais et gaz de schiste, l’enfouissement vénéneux des déchets nucléaires, la poussée de l’agro-industrie et l’éclosion incessante des center parcs et des hypermarchés…

Il faut en libérer des espaces où puissent s’inventer, ici et maintenant, d’autres formes de vie commune et d’organisation, de liens et d’échanges matériels, de cultures et d’habitats, émancipées du diktat économique...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

Partager cet article
Repost0
10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 16:01

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Justice

Intoxication aux pesticides : un céréalier français fait condamner Monsanto

par

 

 

« Cette victoire est dédiée à tous ceux qui ne sont plus là aujourd’hui pour se battre et est un message d’espoir pour les autres. » C’est un combat commencé il y a 8 ans contre le géant Monsanto qui s’achève pour Paul François, céréalier en Charente. Le 10 septembre, la Cour d’appel de Lyon a donné raison à l’agriculteur en concluant à la responsabilité de la firme multinationale dans le préjudice de Paul François suite à l’inhalation de monochlorobenzène, un composant du Lasso, un herbicide fabriqué et par Monsanto. Pour la documentariste Marie-Monique Robin, auteure de plusieurs films et ouvrages sur Monsanto, cette condamnation est réellement « historique ». « C’est la première fois qu’un agriculteur fait condamner Monsanto », souligne t-elle.

Pour rappel, l’intoxication remonte à 2004 (lire notre portrait de Paul François). Quatre ans plus tard, l’agriculteur obtient la reconnaissance de ses troubles persistants (bégaiement, vertiges, maux de tête, troubles musculaires) comme maladie professionnelle. Il lance ensuite une procédure en responsabilité civile contre Monsanto reconnu « responsable », en première instance, en 2012. Mais la firme fait appel et s’ensuivent trois années de procédure.

 

Possible pourvoi en cassation de Monsanto

« La reconnaissance de la responsabilité de Monsanto dans cette affaire est essentielle, a réagi Maria Pelletier, présidente de l’association Générations Futures, à la sortie de la Cour d’appel. Les firmes qui mettent sur le marché ces produits doivent comprendre que dorénavant elles ne pourront plus se défausser de leurs responsabilités vis-à-vis des pouvoirs publics ou l’utilisateur et que des comptes leurs seront demandés. »

« La décision est très surprenante eu égard aux inexactitudes et aux erreurs qui émaillent la thèse de Paul François. Mais ça n’est qu’une étape et la discussion va se poursuivre, le combat va se poursuivre », a de son côté déclaré l’avocat de Monsanto, Jean-Daniel Bretzner, laissant entendre que le géant américain des semences et de l’agrochimie formera « vraisemblablement » un pourvoi en cassation.

 

Encourager les victimes des pesticides à saisir la justice

Paul François assure d’ores et déjà vouloir continuer le combat mené par l’association Phyto-Victimes qui accompagne les professionnels victimes des pesticides dans leurs démarches administratives et juridiques. Plusieurs procédures sont notamment en cours d’instruction par la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions, indique l’association. « La MSA (Mutualité sociale agricole) devra tirer les conséquences de cette décision pour une meilleure prévention ainsi qu’une prise en charge comme il se doit vis-à-vis des utilisateurs touchés par l’utilisation des produits phyto-sanitaires », précise Phyto-Victimes.

Un autre jugement pourrait faire jurisprudence. En avril dernier, la famille de James Bernard Murat, un viticulteur décédé d’une maladie causée par les pesticides, a décidé de porter plainte contre X pour « homicide involontaire, omission de porter secours, abstention délictueuse et délit de tromperie » (notre article et le témoignage de Valérie Murat). Trois mois plus tard, le Procureur a décidé de donner suite à la plainte en ordonnant l’ouverture d’une enquête préliminaire. A travers cette affaire contre Monsanto, Paul François espère bien faire profiter de son expérience et aider des professionnels qui n’oseraient pas parler de leurs problèmes de santé à saisir la justice.

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 14:41

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Recyclage

Quand les mégots deviennent une nouvelle matière première

par

 

 

 

La capitale a déclaré la guerre aux mégots, et communique allègrement sur ces 350 tonnes de déchets générés par les fumeurs, qu’il faut ramasser chaque année. Les résidus de cigarettes, quand ils ne finissent pas dans les stations d’épuration, partent à l’incinérateur. Une alternative existe pourtant : ils peuvent être collectés pour être recyclés et valorisés. Problème : aucune usine de transformation des filtres en plastique n’existe encore en France.

Le mégot n’est pas gros mais pollue beaucoup. Jusqu’à 15 ans et 500 litres d’eau sont nécessaires pour faire disparaître dans la nature ces 200 milligrammes de résidus. Le petit bout de cibiche que le fumeur jette avec insouciance, multiplié par des millions d’ultimes bouffées, aboutit à travers le monde chaque année, à 2,3 millions de tonnes d’un mélange de papier, de tabac, de nicotine, de phénols, de métaux lourds et de filtres. Cette pollution devient la bête noire des grandes villes, comme à Paris, dont la mairie assure ramasser 350 tonnes de mégots par an sur la voirie.

Collectés dans les égouts ou ramassés dans les caniveaux, les mégots jetés en villes finissent généralement dans une dernière incandescence, brûlés dans un incinérateur. Il est pourtant possible de recycler leurs filtres, car ils sont formés d’un composé fibreux : l’acétate de cellulose. Une fois les mégots broyés, les éléments se séparent. Le tabac, les cendres – et leurs composés chimiques – et le papier partent au compostage. Les fibres du filtre, un peu comme du coton, sont récupérées et fondues en billes, avant d’entrer dans la composition de plaques de plastiques revendues pour le bâtiment.

 
Recyclage de mégots : une filière pas encore locale

Pour le moment, seule une usine, située en Lozère, procède au compactage et au stockage de ces déchets de fumeurs. Elle appartient à TerraCycle, une entreprise transnationale de recyclage et de compostage, fondée aux États-Unis en 2001. La cellulose des filtres est ensuite expédiée vers l’unique usine d’Europe qui les transforme, au Royaume-Uni. Une filière pas très locale : plus d’un millier de kilomètres séparent les deux sites. Mais l’idée fait son chemin. Des entreprises partenaires organisent la collecte des mégots. Eco Action Plus, basée à Brest, propose ainsi un programme "Recy-clope". C’est vers les entreprises tertiaires qu’est menée leur action, afin d’obtenir une masse critique de mégots. Avec l’espoir d’ouvrir une usine de transformation en France sous 5 ans.

TerraCycle vise à la valorisation de tout ce qui n’est pas recyclé habituellement (capsules de machine à expresso, emballage transparent des paquets de cigarettes, plastique des stylos à bille...). Le mégot est devenu l’une de ses matières premières. « Notre souhait est de disparaître, explique Julien Tremblin, responsable marketing de TerraCycle en France, cela voudrait dire qu’il n’y a plus de déchets non recyclables qui polluent tout autour de nous ».

 
140 millions de mégots par an à Paris

Avec 350 tonnes – environ 145 millions – de mégots ramassés par les services de nettoyage de la ville de Paris, sans compter ceux qui se retrouvent dans l’eau des égouts mêlés à l’ensemble des déchets, et ceux que tout un chacun jette dans sa poubelle ordinaire, le recyclage des filtres de cigarettes a de l’avenir. Dès l’automne, le neuvième arrondissement de Paris va reprendre sa croisade anti-mégots, non seulement auprès des usagers, avec une potentielle amende de 68 euros, mais par une multiplication des cendriers collecteurs. Quelques cafés en sont déjà équipés. D’autres commerçants vont être sollicités pour héberger des boîtes de carton destinées au recueil de ces quelques grammes de concentré de pollution.

Peut-être se souviendra-t-on d’une ancienne proposition de loi de février 2013 déposée par des sénateurs écologistes ? Il s’agissait de taxer les cigarettiers à hauteur d’un centime par paquet, ce qui rapporterait 26,5 millions d’euros par an à l’État… de quoi financer le recyclage des mégots. Ou même la ligne téléphonique de soutien pour les fumeurs désirant arrêter, comblant le désir affiché en slogan de Terracycle « d’éliminer la notion de déchet ».

Claire Merrien

Photo : CC Maxime Marais

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 14:28

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Recherche 08/09/2015 à 11h25
Un hashtag clandestin pour partager la science inaccessible
Martin Clavey | journaliste

 

 

Un mème à partir du hashtag

 

Les chercheurs n’utilisent pas encore tous Twitter mais voici un hashtag qui pourrait les aider à franchir le pas : #IcanhazPDF. Ce mot-clé permet de demander aux utilisateurs un article scientifique auquel vous n’auriez pas accès.

 

Abonnements exorbitants

Les scientifiques ont constamment besoin de lire les articles de leurs collègues pour travailler, enrichir leurs connaissances et se baser sur le travail des autres pour faire avancer leurs recherches. Même si les institutions qui financent la recherche poussent de plus en plus les chercheurs à publier dans des revues en open access – système dans lequel l’article final est accessible gratuitement par tous –, la plupart des articles scientifiques se trouve encore derrière des paywalls liés à des abonnements que les laboratoires, les bibliothèques universitaires et les centres de recherche ne peuvent pas toujours payer, alors que les articles sont écrits par leurs propres chercheurs.

Et au vu du prix de l’article à l’unité (souvent 30 dollars, soit 27 euros), il n’est pas question pour un laboratoire de payer 150 dollars de plus par semaine pour qu’un seul chercheur y accède. Ceux-ci emploient donc souvent le système D pour accéder aux PDF dont ils ont besoin pour faire avancer leurs recherches.

 

« Je peine à trouver un mot suffisamment dur pour décrire les éditeurs qui veulent me faire payer 30 £ pour avoir accès à des articles publiés il y a 50 ans. »

Certains, comme leurs collègues des années 70, écrivent à l’auteur pour lui demander un tiré à part, une copie de l’article que l’auteur a gardée et peut redistribuer. Mais c’est un processus long et fastidieux. D’autres, plus habitués du numérique, s’entraident sur les réseaux sociaux et sur Twitter notamment.

 

« I can Haz Cheezburger »

 

L’entraide de la communauté scientifique sur les réseaux sociaux

Début 2011, Andrea Kuszewski, une chercheuse en sciences cognitives, propose à ses collègues d’utiliser le hashtag #IcanhazPDF (en référence aux lolcats et au site I can Haz Cheezburger) pour faire une demande d’article (classiquement au format PDF) et que chacun puisse y répondre sans avoir à suivre le demandeur.

 

Et ce hashtag marche plutôt bien à en croire Sylvain Deville, chercheur en science des matériaux au CNRS, qui l’utilise depuis deux ans.

« J’utilise ce hashtag presque quotidiennement. L’idée, c’est de se rendre service les uns aux autres. Quand je vois des demandes dans ma TL, je regarde si j’y ai accès et j’envoie l’article. Mon laboratoire est abonné à certaines revues scientifiques par le CNRS mais ça ne couvre pas tout. Par exemple, nous n’avons pas d’accès du tout aux revues du groupe Wiley. Et dans mon domaine, il y a beaucoup de revues qui sont chez cet éditeur.

Pour récupérer un article, il y a différentes méthodes possibles mais Twitter est la solution la plus rapide. Si l’article est publié dans une grande revue, je le reçois en cinq exemplaires en trois minutes, ça marche vraiment très bien. Ça me fait gagner du temps quand je fais ma bibliographie tous les matins. »

La communauté a même mis en place une netiquette pour l’utilisation de ce hashtag. Pour utiliser #IcanhazPDF, il suffit d’ajouter le lien vers l’article ou le DOI (l’URL de référence de l’article) et votre adresse e-mail. Une fois l’article reçu, il faut supprimer le tweet pour rester discret face aux éditeurs. Une petite étude exploratoire [PDF] de la documentaliste Carolyn Caffrey Gardner montre que les deux tiers des articles demandés sur #IcanhazPDF traitent de biologie mais il est difficile d’en savoir beaucoup plus puisque dès qu’une demande est fructueuse, le tweet est effacé. D’autres chercheurs utilisent aussi le canal /r/scholar de Reddit pour faire ce genre de demandes.

Bibliothèques clandestines

Mais certains sont passés à des méthodes plus massives de récupération d’articles scientifiques en créant de véritables bibliothèques clandestines. Deux grandes initiatives ont été créées clandestinement pour partager en masse des articles scientifiques.

Sci-hub, un réseau de proxies, permet de connecter l’utilisateur à un ordinateur qui a, lui, accès à un abonnement à la revue en question. Il a été mis en place par Alexandra Elbakyan, une chercheuse kazakh qui avait du mal à travailler sans avoir accès aux articles dont elle avait besoin. Elle explique à Torrent Freak qu’à l’origine l’idée n’était même pas de rendre toute l’information libre, « on avait juste besoin de lire ces articles pour faire avancer notre recherche ».

Quant à Libgen, c’est une vraie bibliothèque parallèle rassemblant, dans une base de données, une grande partie de la littérature scientifique et s’alimentant dynamiquement grâce aux demandes faites par les utilisateurs à Sci-hub. Selon Guillaume Cabanac qui a étudié [PDF] cette base de données, elle contiendrait environ 68% des articles des principaux éditeurs. Les éditeurs de revues et Elsevier en tête commencent donc à se sentir menacés et à attaquer ces sites juridiquement en espérant bien les rendre inaccessibles. Il est d’ailleurs de plus en plus difficile de se rendre sur Libgen car le site change de nom de domaine assez souvent.

Ces barrières juridiques vont être beaucoup plus difficiles à mettre en place face à l’utilisation du hashtag #Icanhazpdf, car les éditeurs vont devoir prouver qu’il n’y a pas seulement eu échange de messages sur Twitter mais aussi que l’échange du fichier s’est bien effectué et la multitude d’acteurs à attaquer complexifie l’efficacité de l’attaque juridique.

Cette utilisation de méthodes plus ou moins licites d’accès aux articles scientifiques montre surtout le manque criant d’accès des chercheurs aux articles scientifiques malgré les vœux politiques d’accès ouvert à la science. Mais pour Guillaume Cabanac :

« Il n’y a pas que les scientifiques qui sont intéressés par l’accès aux articles scientifiques. Beaucoup de malades, qui ont une maladie orpheline ou un cancer spécifique, ont envie de se documenter, d’aller voir les dernières études, de comprendre et de lire des articles scientifiques. Et pour ces personnes-là, il y a peu de moyen d’accéder à cette connaissance. »

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 14:05

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

En images 08/09/2015 à 22h26
Réfugiés : la palme de l’ignominie revient à une journaliste hongroise
Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 

Pas de bol, elle a été filmée et photographiée. Cette jeune femme en bleu, sur ces photos qui ont fait le tour des réseaux sociaux mardi, est une journaliste de télévision hongroise. Elle mérite, dans cette crise des réfugiés, la palme de l’ignominie.

Comme ses confrères, Petra Laszlo filme mardi des scènes de confrontation entre policiers et réfugiés à Raszko, près de la frontière entre la Hongrie et la Serbie fermée par les autorités de Budapest. Mais quand les réfugiés se mettent à courir pour échapper à la police, elle leur fait des croche-pieds pour les faire tomber et permettre leur interpellation.

 

: despicable Hungarian journalist trips and kicks ME refugees who try to run away from police

 

 

On voit clairement son acte délibéré dans ce court extrait vidéo. Et sa victime est un homme qui s’enfuit avec un enfant dans les bras.

 

La journaliste a été licenciée par sa chaîne de télévision en ligne N1TV dès que ces photos choquantes prises par les autres journalistes sur place ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux du monde entier

La chaîne de télévision est pourtant proche du parti d’extrême droite xénophobe Jobbik, mais il faut croire que même pour cette mouvance, le comportement de la journaliste est inacceptable. A moins que ce soit seulement la mauvaise pub des photos...

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Partager cet article
Repost0
9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 13:30

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Oxfam dénonce la mise en pièces du modèle social européen

|  Par martine orange

 

 

Jamais l’Europe n’a été aussi riche, mais jamais elle n’a eu autant de pauvres, dénonce l’ONG dans un rapport publié mercredi.

 

Qu’est-il en train d'advenir du modèle social et démocratique européen ? Pièce par pièce, morceau par morceau, celui-ci est taillé en charpie, répond l’organisation Oxfam dans un nouveau rapport sur les inégalités et la pauvreté en Europe, publié le 9 septembre.

Les Européens se retrouvent confrontés à des situations, à des difficultés qui semblaient impensables depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Au sein des nations prospères de l'Union européenne (UE), 123 millions de personnes risquent de sombrer dans la pauvreté et l'exclusion sociale (soit près d'un quart de la population), tandis que près de 50 millions de personnes rencontrent des difficultés matérielles majeures, manquant d'argent pour couvrir les frais de chauffage de leur foyer ou faire face à des dépenses imprévues », écrit l’ONG en préambule. 

Le chômage et le sous-emploi sont devenus une plaie constante des pays européens. De nombreux ménages, même en travaillant, n’arrivent plus à subvenir aux besoins essentiels. Ce qui semblait auparavant réservé aux États-Unis ne l’est plus : les travailleurs pauvres font désormais partie de la réalité du continent.

Pourtant, l’Europe est riche. Elle n’a peut-être même jamais été aussi riche : 26 000 euros par habitant, selon les moyennes statistiques. Mais les inégalités n’ont jamais été aussi grandes. Selon une étude de Credit Suisse, les 1 % des Européens les plus riches détiennent près d'un tiers des richesses du continent. Les 40 % les plus pauvres, eux, possèdent moins de 1 % des richesses nettes totales de l'Europe. Le nombre de milliardaires n’a cessé de grandir. Ils étaient moins de 100 en 2002. Ils sont près de 350 aujourd’hui. Ces 342 grandes fortunes résidant en Europe se partagent une fortune cumulée de 1 500 milliards de dollars.

 

© Oxfam

Ces tendances très inégalitaires sont à l’œuvre sur le continent depuis une bonne décennie. Mais depuis la crise de 2008, elles n’ont cessé de se creuser. La politique européenne porte la responsabilité de cette évolution, selon Oxfam. « La hausse du taux de pauvreté en Europe entre 2009 et 2013 est imputable non seulement à la crise financière, mais également, dans de nombreux pays, aux effets des politiques d'austérité qui ont suivi. En Grèce, près de la moitié de la hausse totale du taux de pauvreté en 2010 et 2011 peut être attribuée aux conséquences des politiques d'austérité (coupes budgétaires dans les services publics, par exemple). En Espagne, les politiques de relance adoptées en 2008 et 2009 ont permis de réduire la pauvreté en 2010. Mais en 2011, les mesures d'austérité imposées par la Troïka ont représenté près de 65 % de la hausse totale du taux de pauvreté », écrit le rapport.

Celui-ci cite à l’appui l’ancien commissaire à l’emploi, aux affaires sociales et à l’insertion, László Andor : « La dévaluation interne a augmenté le chômage, entraîné la chute des revenus des ménages et intensifié la pauvreté. Autrement dit, elle est source de misère pour des dizaines de millions de personnes », dressait-il comme constat en 2014.

Car les choix européens ne relèvent pas d’une bonne gestion épurée de toutes arrière-pensées, comme certains veulent le faire croire : relever les impôts pour tenter d’assainir les finances publiques n’a pas du tout le même impact social que les coupes budgétaires, la privatisation des services publics, les réformes structurelles. Ces dernières se révèlent beaucoup plus inégalitaires qu’une hausse des impôts sur la consommation, selon une étude réalisée par le FMI dans sept pays européens. « Les mesures d'austérité déployées à travers l'Europe et qui s'appuient sur des impôts régressifs à court terme et des coupes sévères dans les dépenses (en particulier pour les services publics comme l'éducation, les  soins de santé et la sécurité sociale) ont démantelé les mécanismes destinés à réduire les inégalités et à permettre une croissance équitable. Ces mesures s'accompagnent d'impacts considérables sur les sociétés européennes », écrit le rapport.

À l’appui de sa démonstration, l’ONG cite des exemples : les dépenses consacrées à la santé et à l’éducation ont diminué de 21 % en Espagne depuis 2010. En Irlande, les dépenses de santé ont chuté de 12 %. Partout en Europe, les gouvernements coupent dans les dépenses publiques, les services publics, la santé, l’éducation, les emplois publics.

 

Pouvoir d'influence

Cette politique est d’abord payée par les plus faibles, les plus vulnérables : les femmes, les émigrés et les jeunes. « Selon des recherches sur l'impact de l'austérité en Europe, au lendemain de la crise financière, les mères de jeunes enfants avaient encore moins de chances de trouver un emploi qu'avant, notamment en conséquence des coupes réalisées dans les services de garde. À cause des coupes dans les services publics et les mesures de protection sociale, comme le congé parental, les femmes sont davantage susceptibles d'opter pour un travail à temps partiel pour tenir leurs responsabilités au sein du foyer, ce qui limite leur potentiel de revenus », écrit l’ONG. Le rapport avait cité plus en amont d’autres chiffres tirés d’une étude de 2014 réalisée par  l’Unicef : 30 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté en Roumanie, en Italie, en Espagne, en Lettonie et Lituanie, et plus de 40 % en Grèce.

Aucune mesure n’a été mise en œuvre pour tenter de contrebalancer les effets négatifs de ces politiques d’austérité, de lutter contre le creusement des inégalités. Au contraire, les outils de redistribution ont été aussi attaqués. Poursuivant un mouvement engagé depuis les années 90, les gouvernements ont renoncé à utiliser la fiscalité comme moyen de redistribution. « Depuis 2010, les rentrées fiscales au sein de l'UE ont retrouvé leurs niveaux d'avant la crise. Mais il est inquiétant de voir que les régimes fiscaux sont conçus pour taxer plus lourdement le travail et les biens de consommation que le capital. Dans l'UE, la fiscalité n'a jamais été aussi intéressante pour les hauts revenus, les plus fortunés et les grandes entreprises les plus rentables », note Oxfam.

Les entreprises sont particulièrement choyées. Les recettes de l’impôt sur les sociétés ont diminué de 25 % depuis la crise. En Espagne, le montant de l’impôt sur les sociétés a diminué de 56 % entre 2007 et 2014, soit un manque à gagner de 25 milliards d’euros environ. Les grands groupes en moyenne ne paient plus que 5 % d’impôts sur leurs bénéfices. Dans le même temps, la fraude et l’évasion fiscale coûtent plus de 1 000 milliards d’euros à l’Europe, selon les estimations de la Commission européenne. Cette dernière, dirigée par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker – qui a été l'un des maîtres d’œuvre de ce système d’évasion –, a promis à plusieurs reprises de s’attaquer à la fraude, notamment après la révélation du scandale Luxleaks. Passée la première émotion, aucune mesure concrète n’a été prise jusqu’à présent.

Ce démembrement de l’état social européen n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une captation des décisions politiques par une élite au service de ses propres intérêts. L’évitement de l’impôt, la privatisation des services publics les plus rentables, la confiscation des biens publics par des intérêts privés, l’abandon des plus pauvres… toutes ces mesures sont là pour les satisfaire, dénonce Oxfam. « La concentration des richesses confère aux élites économiques le pouvoir et la possibilité d'exercer un lobby et de s'imposer sur l'échiquier politique européen. Ce phénomène crée un cercle vicieux où ces élites influent sur l'élaboration des politiques et les réglementations pour servir leurs intérêts, ce qui génère souvent des politiques qui nuisent aux intérêts du plus grand nombre, creusent les inégalités et renforcent le pouvoir des élites », accuse l’ONG.

La meilleure illustration lui semble être l’intense travail de lobbying fait par les puissances d’argent et les intérêts particuliers au sein de la Commission européenne. Bruxelles est désormais le paradis du lobbying international. Plus de 10 000 cabinets y ont élu demeure. Et encore, le chiffre est sans doute sous-estimé, puisque l’inscription en tant que lobbyiste n’est que facultative et ne donne lieu à aucune sanction en cas d’omission.

 

 

Selon un rapport de Transparency International, la relation privilégiée entre le monde de l'entreprise et les politiques présente un risque de corruption dans toute l'Europe. À titre d’exemple, le monde financier aurait dépensé 120 millions d’euros en 2013, rien qu’en action de lobbying à Bruxelles. La seule opération pour contrer la taxation sur les transactions financières aurait représenté une dépense de quelque 70 millions d’euros pour le monde financier. Entre 2013 et mi-2014, les fonctionnaires européens auraient reçu plus d’un représentant du lobby financier par jour. Faut-il s’étonner alors que rien de contraignant ne leur soit imposé, que toutes les dispositions, les réglementations aillent dans le sens de leur intérêt ?

Cette « culture des intérêts », comme le dit Oxfam, ébranle le fondement même de la démocratie. « De nombreux citoyens européens sont conscients de l'omniprésence de la confiscation politique. Une étude de 2013 démontre que la majorité des citoyens européens sait que leur gouvernement privilégie les intérêts particuliers d'une minorité », écrit l’ONG. « Ils sont de plus en plus désabusés vis-à-vis de leur propre gouvernement, des institutions nationales et européennes, ainsi que du fonctionnement général de la démocratie. » Le danger est mortel, alerte Oxfam, affirmant qu’il y a urgence à renouer avec le modèle social européen, à remettre l’égalité au cœur des processus politiques, avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Partager cet article
Repost0
8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 14:06

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Zoe Konstantopoulou : « Tsipras a accepté de dissoudre Syriza »

8 septembre par Fabien Perrier

 

 

 

 

De retour de New York où elle s’est exprimée devant l’ONU, la présidente du parlement grec Zoe Konstantopoulou explique sa rupture avec Alexis Tsipras et rappelle qu’en Grèce comme au sein de l’Europe, « la première question est celle de la démocratie ».

Dix-huit heures de vol aller et retour, un programme chargé ne laissant que peu de temps au sommeil... En se rendant à New York, pour la quatrième Conférence mondiale des présidents de parlement sous l’égide des Nations unies, Zoe Konstantopoulou, la présidente de la Vouli, n’avait pas de temps à perdre : le parlement grec vient en effet d’être dissout. Mais elle tenait à participer à cette « occasion unique de dialogue et de coopération qui s’offre aux parlements au plus haut niveau » pour faire passer un message : la dette est utilisée comme moyen de pression sur les peuples – quand bien même l’audit mené a démontré qu’elle était illégitime, odieuse et illégale.

« Il est capital que la situation grecque soit connue par les parlementaires du monde et qu’il soit révélé à la face du monde qu’en ce moment, en Grèce, la démocratie est attaquée », confie-t-elle. Elle a voulu défendre ses engagements de campagne et son mandat : avec trente autres députés élus en janvier, elle est critiquée. Alors qu’elle ne sera pas sur les listes établies par l’état-major de Syriza pour les élections du 20 septembre, elle livre son analyse sur la situation grecque à son retour de New York.

 

Comment faire reconnaître les conclusions présentées dans le rapport sur l’audit de la dette et, ensuite, obtenir l’annulation d’une part de la dette ?

Zoe Konstantopoulou. Il est très important de montrer ce qui s’est vraiment passé en Grèce et de révéler le vrai rôle qu’ont joué les banques, les politiques menées et les politiciens corrompus, les représentants des institutions, dans cette affaire de la dette grecque. C’est celle de la victimisation de toute une population, de la marginalisation de générations innocentes par ceux qui veulent toujours que leurs crimes soient payés par les peuples et les sociétés. La société et l’État grecs disposent de plusieurs voies pour se défendre contre cette injustice : juridique, politique et diplomatique. Chaque fois qu’il y a violation des dispositions internationales, il y a des remèdes, y compris juridiques. À mon avis, la Grèce devrait non seulement revendiquer l’abolition de la dette, mais aussi des réparations pour les dommages provoqués par cette politique criminelle contre la population.

Syriza a été détruit par la décision de violer toute résolution collective et de passer en force les textes

 

Le gouvernement grec d’Alexis Tsipras a-t-il vraiment pris en compte les conclusions des travaux sur l’audit de la dette fournies le 18 juin ?

Malheureusement, l’impression est que ces conclusions n’ont jamais été exploitées sur le plan des négociations, ni sur celui des discussions au sein de l’Eurogroupe ou des institutions créancières.

 

Vous avez soutenu Alexis Tsipras jusqu’à la fin du mois de juillet. Comment la rupture est-elle survenue ?

Je ne parlerai pas de rupture, mais d’une prise de conscience : celle qu’après un moment, le premier ministre – qui a démissionné – a non seulement entrepris de faire adopter par le parlement le mémorandum le plus antisocial, le plus injuste, le plus dur contre la société, mais il a aussi accepté de dissoudre notre parti.

 

Il garde l’étiquette Syriza...

Syriza a été détruit par la décision de violer toute résolution collective et de passer en force les textes.

 

Comment la gauche peut-elle survivre dans ces conditions ?

Cette situation déplorable correspond sans doute à la volonté de faire d’un gouvernement de gauche en Grèce une simple parenthèse. En ce qui me concerne, je lutterai pour que la gauche soit représentée d’une manière sincère, qui corresponde à son histoire, à notre programme, et à nos valeurs communes.

« L’histoire ne s’est pas terminée ce 13 juillet »

 

Envisagez-vous de créer un parti ?

Les partis ne sont pas créés du jour au lendemain. Ils sont le produit d’une série de délibérations, de procédures collectives, et pas le produit de la décision unilatérale de n’importe quelle personne. Je veux aider à ce que nous créions ensemble un front très étendu, très radical et fidèle à la défense de la société et à la défense du peuple.

 

Mais Alexis Tsipras dit, lui aussi, qu’il reste fidèle à la défense du peuple, qu’il a été obligé de signer le fusil sur la tempe. En réalité, le cas grec ne pose-t-il pas plutôt la question du rapport de forces au sein de l’UE et de l’euro ?

Cette décision a certes été le produit d’un chantage, mais l’histoire ne s’est pas terminée le 13 juillet. Or il n’est pas possible de comprendre les décisions prises par le premier ministre par la suite, notamment son refus de laisser son parti et son groupe parlementaire s’ériger en protection du gouvernement, la société, le peuple. La décision d’agresser toute personne qui a choisi de résister aux textes et procédures imposés ne peut pas être justifiée par cet argument du chantage. Au moment où nous abandonnons notre collectivité, au moment où les créanciers qui effectuent ce chantage sont plus informés et plus proches du gouvernement que les camarades et les responsables de la procédure parlementaire, nous vivons un glissement dans une direction qui ne correspond plus à notre mandat, et qui ne peut être conciliée avec une prise de position radicale.

 

La Grèce doit-elle donc rester dans l’euro ?

À mon avis, la première question est celle de la démocratie. Il faut bien voir dans quelles conditions fonctionne l’Europe en ce moment. Il n’est pas acceptable que sous prétexte de servir l’appartenance à une zone monétaire commune, l’euro fonctionne d’une manière antidémocratique avec, pour conséquence, la violation de toute garantie constitutionnelle, parlementaire et de tout acquis en matière de droits de l’homme. La monnaie n’est qu’un moyen d’atteindre la prospérité sociale. La prospérité des peuples et des sociétés est censée être un but de l’Europe. Alors que la monnaie devrait servir cet objectif, l’euro est actuellement utilisé par des gouvernements des États membres de l’Europe pour adresser des chantages, subordonner des pays et exercer un totalitarisme économique qui va à l’encontre de toute valeur européenne. Je n’accepterai jamais de parler juste de la monnaie avant de résoudre la question de la démocratie.


Source : Regards

 

 

Auteur
 
 
Fabien Perrier

L’Humanité dimanche

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 21:31

 

 

  ZAD golfique : St Hilaire Durable fête la courge

 

 Quatre mois après avoir semé des graines de courges pour manifester notre refus de voir disparaître les terres agricoles au profit du projet de golf-immobilier,

St Hilaire Durable leur fait la fête...

 

Dimanche 13 septembre

 

Rendez-vous Salle Louis Benoît

Chemin du stade (à 500 m de la mairie), à Saint Hilaire de Brethmas.

Fléchage et parking assurés

 

Dès 9h - Marché de producteurs bios et locaux sur le parking de la salle Louis Benoît

A 10h -Partez à la découverte de la ZAD: promenade commentée et argumentée 

A midi - Restauration sur place au profit de l'association

menu: soupe de courge, daube aux champignons et pommes vapeur, fromage de chèvre fermier, salade de fruits frais - adultes 10€/enfants 7€ -

réservez votre/vos repas si possible avant le 8 au soir à

st.hilaire.durable@orange.fr ou téléphone : 06 62 02 35 51

 

ou pique-nique à partager

 

Après-midi

Echanges et discussions ouvertes à tous,

prises de paroles et débats

 

Réchauffement climatiques et enjeux agricoles avec Alain Dordé (ex-président de l'association "Les Amis de la Terre")

 

Luttes pour l’accès à la terre et contre les grands projets inutiles, comment faire pour arrêter ce projet ? Quel soutien apporter à l'agriculture paysanne sur la zone ? Jusqu'où sommes nous prêts à aller ?

avec des membres du réseau "Reclaim the fields"

 

A lire : La Gazette de l...lfique n° 3.pdf

 

Partager cet article
Repost0
7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 21:09

 

Source : http://cadtm.org

 

La « crise » migratoire : l’effet boomerang

7 septembre par Lucile Daumas

 

 

 

Aggraver les inégalités, piller les ressources du tiers-monde, refuser de prendre des mesures pour stopper le réchauffement climatique, déstabiliser toute la région du Moyen-Orient, multiplier les guerres et les conflits, tout cela a un coût que paient depuis des décennies les populations, et tout particulièrement celles du Sud. En nombre de morts, de déplacés, d’affamés, de désespérés. Et cela met des populations sur les routes, à la recherche simplement d’un endroit où survivre. Massivement, puisque l’UNHCR (l’Agence des Nations unies pour les réfugiés) estime à 50 millions le nombre de réfugiés dans le monde.

La plupart du temps, cette route de l’exode s’arrête à la région voisine, au sein du même pays, ou au territoire du pays voisin. C’est ce qui s’est passé lors de la crise du Rwanda ou de la RDC, c’est ce qui se passe en ce moment avec la guerre qui ravage la Syrie.

Pour ne prendre que ce dernier exemple, le nombre de réfugiés est aujourd’hui estimé à environ 4 millions (sur une population totale de 20 millions, 1/5 de la population !) Et plus de la moitié est accueillie dans les pays de la région : Turquie, 2 millions (pour une population totale de 75 millions) ; Liban, 1,1 million (sur une population de 5,8 millions), Jordanie, 500 000. Aux réfugiés syriens proprement dit, il faut ajouter les réfugiés que la Syrie avait accueilli au cours des décennies précédentes : Palestiniens - installés de longue date dans ce pays, ainsi qu’au Liban et en Jordanie et Irakiens - rappelons que la Syrie avait accueilli, après la chute de Saddam Hussein 1,5 million de réfugiés.

L’Europe, les États-Unis devaient bien savoir qu’un tel exode était inévitable. En envahissant l’Irak, en déstabilisant toute la région, en jouant les apprentis-sorciers avec les mouvements islamistes, pensaient-ils vraiment être à l’abri de toute répercussion ? Certes, ils subissent de loin en loin quelques attentats terroristes, amplement médiatisés. Mais qu’est-ce que cela représente par rapport à ce que vivent les populations des pays arabes, devant affronter au quotidien l’obscurantisme ? Pendant des années, ils ont laissé les pays limitrophes se dépatouiller avec ce problème, continuant à lever toutes sortes de barrières tout autour de l’Europe, renforçant de jour en jour le caractère militaire du mécanisme de défense des frontières européennes, appelé Frontex, et sommant les pays limitrophes de l’Union, qualifiés de bons voisins, de relayer la surveillance des frontières européennes, au mépris du respect des droits humains et au mépris de la Convention de Genève et du droit d’asile.

Cela fait des années que la Méditerranée s’est transformée en véritable cimetière humain sans que cela n’émeuve les responsables européens qui continuaient leur politique de blindage du bunker européen. Il aura fallu donc l’arrivée massive de réfugiés sur le territoire européen, venant notamment de Syrie, pour que les gouvernements réagissent et nous livrent, le cœur sur la main, des discours lénifiants sur les principes du droit d’asile et la nécessité d’un accueil humain des réfugiés. Qu’en sera-t-il exactement ? Les prochains jours, les prochaines semaines nous le diront. Mais ce n’est pas l’établissement de quotas par pays, ce n’est pas le tri entre migrants réfugiés et migrants économiques qui apporteront des solutions durables à cet exode massif de populations ne pouvant plus vivre dans leurs pays.

Preuve en est que de nouveaux fronts de migration sont en train de s’ouvrir. Ainsi, face à la crise, les Grecs sont aussi de plus en plus nombreux à chercher un emploi hors de leur pays. Pas moins de 300 000 se sont exilés depuis les sept dernières années, portant à près de 6 millions la population grecque émigrée. Les Espagnols eux aussi ont repris la route de la migration, au Maroc, dans les pays d’Amérique latine ou ailleurs.

Nul doute : ni les murs, ni les armes ne permettront de résoudre ce que les médias appellent la crise migratoire. Car elle n’est que l’effet boomerang des politiques néolibérales imposées depuis des décennies aux peuples du monde. Cet effet, les populations du Sud le connaissent bien, mais voilà, il s’invite aujourd’hui au cœur de l’Europe, qui tout d’un coup se rend compte qu’il n’est pas si facile d’accueillir des réfugiés.

Les solutions de fond, elles résident donc dans l’arrêt des ventes d’armes à des bandes armées de tout acabit, l’arrêt du soutien à des régimes comme celui de l’Arabie saoudite qui après avoir fomenté la création de l’État islamique se voit confier la tâche de son éradication.

Elles résident dans la fin du pillage des ressources des pays du Sud et des confrontations armées qui n’ont d’autre but que de permettre l’intervention militaire des pays occidentaux.

Elles résident dans l’annulation du système de la dette qui ne fonctionne aujourd’hui que comme mécanisme de pompage des richesses des peuples au bénéfice des banques.

Elles résident dans la dénonciation des accords de libre-échange qui, eux aussi, bafouent la souveraineté des peuples et renforce le pillage des richesses du Sud au bénéfice des banques et des multinationales du Nord.

Et en attendant, l’urgence est dans le respect des droits et des conventions relatifs à la migration et à l’asile, la mise en place de mécanismes d’accueil et d’insertion permettant d’instaurer des rapports d’humanité et de respect de la dignité.

 

 
Auteur
Lucile Daumas

membre d’Attac/Cadtm Maroc

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22