Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 15:30
 
 

 

 

NÎMES Contre le fascisme et le racisme

AL 30, CGA 30, SCALP 30, AFA Nîmes, Nuit debout Nîmes (Photo Anthony Maurin).

A l'appel de plusieurs mouvements de gauche, une manifestation partait de la place d'Assas et visait à lutter contre le fascisme et le racisme (Photo Anthony Maurin).

 

Face à la répression, au racisme et à l'extrême droite, l'autodéfense populaire est appelée par Solidaires, CNT, NPA, SCALP, RESF/APTI/DAL, Nuit Debout, AL, AFA Nîmes, CGA 30, FSU et Ensemble!.

Les mouvements mobilisateurs de l'extrême gauche gardoise étaient réunis sur la place d'Assas pour une manifestation contre le fascisme et le racisme. Près d'une centaine de personnes, quelques fumigènes et un cortège qui défilait en souvenir de Clément Méric.

L’affaire Clément Méric fait suite à la mort le 5 juin 2013 de Clément Méric, militant libertaire et d'extrême gauche, membre de l'Action Antifasciste Paris-Banlieue et de Solidaires Etudiants à la suite d'une rixe avec un groupe des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires d'extrême droite.

L'annonce de ce décès déclenche une vague d'indignation (y compris de personnalités politiques) et des manifestations dans plusieurs villes de France en 2015. Le 22 mars dernier, les juges d'instruction clôturent leur enquête. Quatre skinheads sont mis en examen, dont deux pour "violences volontaires en réunion avec arme, ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Un blessé du côté des manifestants

"Après la dispersion de la manifestation, deux skins heads néo-nazis sont venus provoquer un petit groupe de manifestant-es. Un des skin heads a éclaté une bouteille de bière sur le crâne d'un militant syndicaliste de Solidaires 30 et plusieurs autres camarades ont été ainsi agressée-es, puis les skin heads ont quitté les lieux, très fiers de leur coup. Notre camarade Anthony a été emmené à l’hôpital Carémeau par les pompiers. Il y est toujours en observation" évoque Jérémie Berthuin de Solidaires Gard.

Les manifestants condamnent cette agression, "qui sonne comme une provocation douteuse au moment où nous commémorons la mort de notre camarade Clément Méric. Nous réaffirmons nos convictions antifascistes. Nous ne nous laisserons pas intimider, et nous ne laisserons pas les fascistes et leurs idées investir la rue et nos quartiers. Nous continuerons à combattre également les politiques d‘exclusion migratoires des gouvernements successifs, qui encouragent le développement des idées xénophobes".

 
 
 
 
 
                                                                             ******************************
 
 
Info reçue par mail
 
 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : AGRESSION D’UN CAMARADE DE SOLIDAIRES 30 PAR DES (...)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : AGRESSION D’UN CAMARADE DE SOLIDAIRES 30 PAR DES FASCISTES -

Aujourd’hui, à la fin de la manifestation en hommage à Clément Méric, 2 fascistes ont attaqué un petit groupe de manifestant.es.
Un de nos camarades a été blessé par un coup de bouteille et a du aller aux urgences.

Ci-dessous, le communiqué de presse (cliquer sur l’image pour lire)

.

PDF - 265.2 ko
CP_MANIF_MERIC
 
 
Partager cet article
Repost0
1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 21:54

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

Manuel Valls hué par des opposants à la loi Travail à Montpellier

Publication:

 

LOI TRAVAIL – Manuel Valls a été hué vendredi 1er juillet par plusieurs dizaines d'opposants au projet de loi Travail, lors de l'inauguration d'une ligne de tramway à Montpellier.

Les opposants au projet de loi, qui portaient des pancartes CGT et "Nuit debout", ont hué le Premier ministre alors que ce dernier venait de prendre la parole pour inaugurer la nouvelle ligne de tramway, comme on peut le voir dans notre vidéo en tête d'article.

"Ce n'est pas moi que vous sifflez, c'est cette belle inauguration, mais la démocratie c'est le respect et l'écoute de chacun", leur a répondu Manuel Valls. Faisant référence à l'ancien maire de Montpellier, Georges Frèche, il a ajouté: "Il ne s'en laissait pas compter par les sifflets de certains".

 

Forte présence policière

Les manifestants ont ensuite brandi des pancartes sur lesquelles était inscrit: "A bas la loi travail", "On ne lâche rien" et "49/3", l'article de la Constitution qui permet l'adoption d'un texte sans vote après engagement de la responsabilité du gouvernement.

"L'idée c'est que M. Valls comprenne que nous manifesterons partout où il ira et malgré le dispositif policier qui l'entoure tant qu'il ne retirera pas ce projet de loi qui assassine le code du travail", a expliqué un jeune manifestant à l'AFP.

Les manifestants avaient réussi à pénétrer jusqu'au lieu de l'inauguration avec leurs pancartes malgré une forte présence policière et une fouille à l'entrée.

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

                                                                   ******************************************

 

 

Source : http://www.midilibre.fr/2016/07/01/direct-suivez-l-inauguration-de-la-ligne-4-du-tram-a-montpellier,1359292.php

 

 

RICHARD DE HULLESSEN

 

http://www.midilibre.fr/images/2016/07/01/1359546_777_x203sam.jpg

JEAN-MICHEL MART

 

Partager cet article
Repost0
1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 20:38

 

Source : http://www.objectifgard.com

 

NÎMES Manifestation antifasciste en hommage à Clément Méric, ce samedi matin !
 

 

 

manif-antiracisme

Le 5 juin 2013 Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste, était tué par des militants d’extrême droite.

Comme tous les ans depuis le 5 juin 2013, Solidaires Gard organise avec différentes organisations une manifestation antifasciste en hommage à Clément Méric.

Cette manifestation aura lieu ce samedi 2 juillet 2016 à 10h30 Place d’Assas à Nîmes.

Les organisations appelant à cette manifestation sont : Solidaires, CNT, CGA, NPA, CGT Nîmes, Nuit debout, AL, Scalp, FSU.

 

 

Source : http://www.objectifgard.com

 

 

Partager cet article
Repost0
30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 15:10

 

 
Source : https://reporterre.net

 

 

Violences policières : le rapport qui dit les faits

29 juin 2016 / Camille Martin (Reporterre)
 


 

 

Le maintien de l’ordre a pris en France un tour dangereux pour les libertés publiques et le droit de manifester. Animée par Reporterre, une Mission civile d’information a mené une enquête approfondie sur les dérives de l’action policière depuis le début des manifestations contre la loi travail. En voici le rapport. Il témoigne d’une dérive dangereuse pour la démocratie.

La situation devenait insupportable : manifestation après manifestation, nous observions des violences de plus en plus nombreuses de la part des forces de police, bien au-delà de ce que pourrait exiger le maintien de l’ordre. C’est pourquoi, fin avril, avec l’appui initial de plusieurs députés, nous avons lancé une Mission civile d’information sur les actions de maintien de l’ordre menées depuis le début, en mars 2016, des manifestations d’opposition à la loi sur le travail.

Ce rapport, établi par les correspondants de Reporterre à Nantes, Rennes, Toulouse et Paris, nous le présentons ce mercredi 29 juin, alors qu’à l’Assemblée nationale, une conférence de presse réunit des députés, des organisations des droits de l’homme et de la société civile, des syndicats de salariés et de policiers, pour tirer l’alarme sur la dérive dangereuse en matière de maintien de l’ordre.

Les enquêteurs ont rassemblé les témoignages attestant de pratiques dangereuses de maintien de l’ordre — plus d’une centaine recueillis directement, à quoi s’ajoute la reprise d’une quarantaine de faits émanant de sources fiables. Nous avons par ailleurs demandé aux autorités publiques (ministère de l’Intérieur et préfectures) de répondre à nos questions. Ces autorités ne l’ont pas souhaité, ce que nous regrettons. Des entretiens avec des représentants syndicaux des personnels de maintien de l’ordre ont par ailleurs été réalisés.

Nous avons conduit cette mission avec le souci d’assurer que le droit de manifester soit pleinement respecté. Notre démarche est animée par le souhait que les principes de la démocratie et du respect de l’État de droit soient respectés, et s’imposent au pouvoir exécutif comme à quiconque.

 

PNG - 385.2 ko
Une journaliste de M6 et un photographe molestés à Rennes, le 2 juin.

Le rapport que vous lirez ci-dessous confirme que l’action de maintien de l’ordre a pris en France un tour très dangereux, qui menace l’intégrité physique de nombreux citoyen(ne)s pacifiques, parfois de mineurs et même d’enfants. L’usage des lanceurs de balles de défense est devenu courant alors qu’il devrait être exceptionnel, voire interdit. Les tirs tendus de grenades se multiplient de manière inacceptable. L’utilisation de policiers en civil non identifiables pour des actions d’interpellation ou de répression est devenue systématique. Le non-respect du droit des journalistes à couvrir sans crainte les événements est devenu habituel.

De nombreux indices conduisent de surcroît à penser que le maintien de l’ordre est conduit de façon à exciter les violences, dans l’intention de détourner l’attention de l’opinion publique des questions que posent les manifestant(e)s.

 

PNG - 627.6 ko
Tentatives d’interpellation par des agents de la BAC cagoulés et sans signe distinctif de leur qualité de policier, dans l’enceinte du campus universitaire de Nantes, le 24 mars.

Nous formulons dans la conclusion de ce rapport plusieurs recommandations, dont l’application paraît indispensable pour sortir du climat délétère qui s’instaure en matière de libertés publiques. Si l’ordre est un pilier essentiel de l’application de la loi décidée démocratiquement, son maintien doit viser au respect de la démocratie et des libertés, pas à terroriser celles et ceux qui expriment leur opinion par des moyens pacifiques. Nous invitons fermement les responsables politiques à revenir à des méthodes de maintien de l’ordre respectueuses des lois et des règlements en vigueur, afin d’éviter de blesser les personnes qui manifestent.

- Télécharger le Rapport :

PDF

Dix recommandations pour des manifestations sans violences

 

JPEG - 46.1 ko
Romain Dussaux a été touché à la tête par la déflagration d’une grenade de désencerclement, le 26 mai, à Paris.
 
...
 
*Suite de l'article sur reporterre
 
 
 
Source : https://reporterre.net
 
 
Partager cet article
Repost0
30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 13:27

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Déchets radioactifs

A Bure, habitants et paysans refusent que leur territoire devienne une « grande poubelle nucléaire »

par

 

 

 

 

Voilà dix jours que des habitants de la Meuse, appuyés par des paysans locaux et des militants anti-nucléaires, occupent le bois communal de Mandres-en-Barrois, près de Bure. En ligne de mire : Cigeo, un projet d’enfouissement de déchets radiotoxiques qui resteront dangereux pendant des milliers d’années. Estimé à 25 milliards d’euros, le projet est porté par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra). Sur ce territoire désertifié sur le plan économique, l’argent distribué par les acteurs de la filière nucléaire affole les calculettes… et entrave les résistances. « L’important pour l’Andra, c’est moins de coloniser l’espace que de coloniser les esprits », dénonce un opposant. Reportage.

 

Pour découvrir ce reportage en grand format, cliquez sur l’image ci-dessous.


Les tranchées dans la rocaille de la Meuse sont encore fraîches. Plusieurs rangées de barricades se devinent quand on s’approche sur ce sentier forestier du bois Lejuc, au nord du village de Mandres-en-Barois. Dimanche 19 juin, lors d’une manifestation festive, des habitants et des militants anti-nucléaires, accompagnés d’agriculteurs et leurs tracteurs en renfort, ont décidé de « libérer » ce bois champêtre en faisant tomber des grillages érigés voilà quelques semaines par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra).

Tous s’opposent à la « grande poubelle nucléaire » que l’État cherche depuis 20 ans à creuser dans le coin. Sur les barricades, les branches de hêtre et de charme se mélangent ironiquement à des grappes de fils barbelés flambant neufs. Ceux-là même qui devaient écarter riverains et curieux. « Le bois communal de Mandres-en-Barrois a été libéré de l’emprise de l’Andra », clament les occupants dans un texte paru le 21 juin [1]. « Les barbelés sont tombés, les vigiles ont déguerpi. La forêt est de nouveau ouverte et accueillante ». L’ordonnance d’avis d’expulsion imminente reçue par les opposants le 28 juin au matin n’entame en rien leur détermination.

 


 
Enfouir des déchets radioactifs pour des milliers d’années

Cette petite guerre de tranchées est un épisode déterminant d’un long feuilleton qui agite depuis bien longtemps le village de Bure, situé à quelques kilomètres du bois occupé. C’est dans ce village d’une centaine d’habitants que l’Andra s’est installée la première fois en 1999, pour y construire un « laboratoire » destiné officiellement à étudier la faisabilité de stocker en profondeur les déchets radioactifs les plus nocifs que l’industrie accumule depuis plus de quarante ans. Le « labo » de Bure est la préfiguration d’une phase industrielle bien plus colossale, joliment baptisée Cigeo – Centre industriel de stockage géologique – nom de code d’un chantier estimé au bas mot à 25 milliards d’euros.

C’est ici, dans le sous-sol argileux de la Meuse, que devraient se creuser des dizaines de kilomètres de galeries à 500 mètres de profondeur pour accueillir 85 000 m3 de déchets radiotoxiques qui resteront dangereux pendant des dizaines, voire des centaines de milliers d’années. Ces résidus dits à « haute et moyenne activité à vie longue » (HMAVL) ne représentent que 3 % environ du volume de tous les déchets produits par la filière [2], mais ils concentrent plus de 99 % de leur radioactivité totale. L’Andra gère un autre site de stockage, dans l’Aude, à Soulaines. Là-bas sont entreposés les résidus les moins toxiques, dits FAVC (à faible activité à vie courte), composés de matériaux faiblement contaminés, n’ayant jamais été en contact avec les produits de fission au cœur des réacteurs.

 
Un territoire peu à peu colonisé par le nucléaire

A Bure et dans quatre autres villages alentour, le laboratoire érigé par l’Andra sur deux hectares, est entouré de grillages et de barbelés. Le site n’a pas été choisi uniquement pour la qualité du sous-sol argileux, mais aussi pour sa faible densité de population (6 à 7 habitants au km2). Le décret d’implantation de l’Andra – signé alors par Dominique Voynet, ministre de l’environnement – date de 1998. Claude Kaiser, membre historique de la coordination Bure Stop qui fédère associations et collectifs opposés aux projets de l’Andra, se souvient d’un rendez-vous obtenu peu après par les opposants avec un conseiller du Premier ministre Lionel Jospin. « Il nous dit d’emblée, “Mettez nous 10 000 personnes dans la rue et là on pourra peut-être commencer à discuter”. On lui répond “mais comment voulez-vous que l’on mobilise autant dans la Meuse ?” Sa réplique, je ne suis pas prêt de l’oublier : “C’est bien pour ça que la Meuse a été choisie” ! »

La désertification économique de ce coin de campagne lorraine s’est aussi avérée déterminante. Le contrat d’objectifs État-Andra 2013-2016 souligne que, parmi les missions de l’Agence, figurent celle d’« être reconnu comme un acteur du développement économique local ». Pour cela, l’Andra préside depuis 2006 un Groupement d’intérêt public (GIP), dont le budget est alimenté par les acteurs de la filière nucléaire. Ce GIP inonde d’argent public tout le territoire, en Meuse et en Haute-Marne, le département voisin. « J’ai cherché d’autres exemples, constate Claude Kaiser, il n’y en a pas ! C’est la toute première fois dans l’histoire des institutions françaises que de l’argent est distribué massivement aux collectivités, associations, entreprises et particuliers. Et ce avant même que le projet ne soit officiellement décidé. »

 


 
« Ici, l’argent de l’Andra divise les familles et brise les amitiés »

Dès 1991, l’État décide de verser 5 millions de francs (MF) par an (760 000 euros environ) aux quatre sites présélectionnés pour l’enfouissement des déchets. Une somme annuelle multipliée par deux en 1995. En 1998, quand Bure est seule en lice, la manne passe à 10 MF par an (1,5 millions d’euros, M€) – mais pour chacun des deux départements, Meuse et Haute-Marne. En 2000, le passage à l’euro affole les calculettes : 18 M€ par an et par département. Puis 20 M€ en 2006, et même 30 M€ depuis 2009 ! « Ici, l’argent de l’Andra pourrit tout, lâche un habitant. Ça divise les familles et brise les amitiés… » Chaque village arbore de magnifiques lampadaires flambant neufs illuminant des trottoirs également neufs. Des salles des fêtes au design soigné poussent comme des champignons. Réhabiliter une grange ou rénover un chemin privé ? Le GIP est à votre écoute. « L’important pour l’Andra, résume un fin connaisseur du dossier, c’est moins de coloniser l’espace que de coloniser les esprits ».

La volonté des élus est de faire de la zone un « pôle d’excellence nucléaire ». Les implantations se sont multipliées : Areva et EDF ont installé leurs archives, EDF a construit un centre de maintenance pour pièces de centrales, Areva une plate-forme logistique pour ses transports de colis radioactifs, et des formations liées aux métiers du nucléaire se sont développées dans les lycées ou universités du coin. Sans oublier la touche « écolo » : panneaux solaires et champs d’éoliennes à tout-va. Et non loin de Bure, le CEA a implanté Syndièse, un centre de recherche sur du « diesel de synthèse », du « biocarburant » conçu à partir de bois… L’association SOS Forêt, membre de Bure Stop, y voit une menace supplémentaire pour la biodiversité du coin.

 
« Il est très difficile de résister à l’annexion des consciences »

Le bois de Mandres est stratégique pour l’Andra et son projet Cigeo, qui nécessitera une emprise sur le territoire – en Meuse mais aussi en Haute-Marne – estimé entre 500 et 600 hectares. Pour s’assurer d’acquérir les parcelles qu’elle convoite pour le chantier Cigeo, elle a, depuis plusieurs années, acquis pour plus de 3000 hectares d’espaces (champs, bois, forêts), en prévision de devoir compenser les propriétaires récalcitrants à céder leurs terres. C’est sur le bois Lejuc que doit être construit une immense plateforme logistique ainsi que les puits de ventilation du futur site de stockage. Pour les premiers militants qui se battent contre cette « poubelle nucléaire » depuis une vingtaine d’années, l’occupation de la forêt de Mandres représente une bouffée d’espoir.

« Je ressens une immense joie et une grande fierté car c’est la première fois que nous nous opposons frontalement à l’avancée des casseurs de l’Andra et des pouvoirs publics », confie Claude Kaiser. « Mais j’ai aussi une angoisse sans nom à l’idée que cette action s’arrête là, faute de défenseurs suffisants, en cas d’expulsion ». Une « maison de la résistance », Bure Zone Libre, existe aussi au village depuis dix ans. Ce point de rencontre est devenu incontournable dans la lutte contre l’Andra. L’été dernier, un « camp anticapitaliste » organisé près de Bure, a galvanisé les troupes et certains militants venus d’ailleurs ont décidé de s’y installer. « Pour la première fois depuis bien longtemps, explique Corinne François, autre figure de la coordination Bure Stop, des habitants osent prendre la parole pour dire non à Cigeo ». « Il y a en ce moment un ancrage local de la lutte qui mobilise villageois, agriculteurs et militants, une cohésion que nous n’avons pas réussi à créer dans les années 2000. »

 


 

Jean-Pierre Simon, agriculteur depuis 35 ans à Cirfontaines, un village de Haute-Marne concerné par Cigeo, a prêté son tracteur pour aider les occupants à tenir le siège du bois Lejuc. Il parle de « rouleau compresseur » et de « chape de plomb » pour décrire les méthodes de l’Andra. « Il est très difficile de résister à l’annexion des consciences, quel que soit sa taille, son statut, son activité dans le secteur. Sans l’occupation du bois, il était difficile de contester les méthodes utilisées, il faut maintenant les montrer et les combattre avec les moyens juridiques dont on dispose. »

 

Bientôt une loi conçue sur mesure ?

Si les opposants ont décidé d’attaquer l’Andra frontalement en se réappropriant le bois de Mandres, en osant faire tomber grilles et barbelés tout en éjectant du lieu une escouade de vigiles, c’est que les travaux engagés dans la forêt ne sont pas anodins. L’an dernier déjà, l’Andra a lancé aux alentours des fouilles archéologiques préventives. Autant de signes, pour les militants, que Cigeo prend forme alors qu’aucune autorisation légale n’a encore été donnée. Il faut en effet une loi en bonne et due forme pour que la phase industrielle du stockage souterrain soit lancée. Or il n’en est rien. Le sénateur Gérard Longuet, fervent partisan de Cigeo comme l’énorme majorité des élus du territoire, a tenté de passer en force en 2015 en déposant un amendement dans la loi Macron. Un « cavalier budgétaire » aussitôt censuré par le Conseil constitutionnel.

Fin mai 2016, Longuet récidive avec une proposition de loi conçue sur mesure pour donner le feu vert à Cigeo. Avalisée par le Sénat début juin, elle sera examinée par les députés le 11 juillet prochain. Il y est question de « réversibilité », une notion qui sous-entendrait que l’on puisse un jour récupérer les fûts de déchets en cas de fuites ou d’accident. « Cela sert avant tout à rassurer la population », martèlent les membres de Bure Stop. « Car réversibilité ne veut pas dire “récupérabilité” des déchets… Aller chercher ce qui fuira n’est pas prévue dans la conception industrielle de Cigeo. C’est juste un mot pour faire croire que les décisions successives ne seront pas irrévocables ».

 
Bataille juridique

Pour l’instant, à l’orée du bois de Mandres occupé, militants anti-Cigeo et officiels de l’Andra se regardent en chiens de faïence. Aussitôt le bois occupé, l’Agence a annoncé dans la presse le dépôt d’une plainte en justice pour occupation illégale. Basta ! a tenté d’en savoir plus : silence radio. Une porte-parole nous a seulement indiqués que les travaux engagés dans le bois étaient destinés à réaliser des « forages géotechniques », « de simples études et non des travaux liés à Cigeo ». Et si des grilles, des barbelés et des vigiles sont apparus dans le bois, c’était, dit-elle, pour « protéger la forêt » après que des « dégradations » aient été constatées dans les arbres, ce qui aurait pu endommager le travail des engins de chantier et de défrichement.

Mais ce sont les anti-nucléaires qui ont dégainé les premiers. Le 23 juin, une plainte pour « infractions au code forestier » que Basta ! a pu consulter, a été déposée sur le bureau du procureur de Bar-le-Duc au nom de quatre habitants de Mandres et d’une demi-douzaine d’associations [3]. « L’Andra a voulu passer en force sans respecter le code forestier », résume Etienne Ambroselli, avocat des plaignants. Un passage d’une note de l’Office national des forêts, daté du 26 octobre 2015, atteste de la précipitation de l’Andra : « L’installation définitive du stockage des déchets nucléaires HAVL et MAVL n’ayant pas encore été entérinée par les représentants de la Nation, il convient de poursuivre les actions mises en œuvre dans le bois Lejuc (entretien des plantations réalisées...) (...) jusqu’en 2018 » [4]. Des observations que l’Agence s’est empressée de ne pas suivre.

 

 
« Ils investissent les lieux en s’estimant au-dessus des lois »

Sur place, les militants ont pourtant constaté qu’au total, 9 hectares du bois convoité ont été défrichés sauvagement, notamment sur les pourtours de la parcelle, opération destinée sans doute à ériger un grillage et un sentier de ronde… Une autorisation spéciale du préfet aurait été nécessaire pour déboiser une telle surface, affirment les plaignants. L’Andra n’a pas répondu à notre message lui demandant de produire cette autorisation. Basta ! s’est par ailleurs procuré un document instructif distribué par la Direction départementale des territoires (DDT) de la Meuse : « Afin de respecter les périodes de nidification de l’avifaune, il est recommandé de ne pas effectuer les travaux de défrichement entre le 15 mars et le 31 juillet » [5].

« C’est typique de l’attitude de l’Andra, tranche un militant qui a constaté les dégâts. Ils investissent les lieux en s’estimant au-dessus des lois. » Le plus grinçant, c’est « l’exposition » que l’Andra propose aux visiteurs au sein de son laboratoire depuis l’an dernier, baptisée « Découverte en forêt ». Au milieu du parcours, un arbre mort laisse apparaître des feuilles vertes en plastique.

Texte : Jérôme Thorel
Photos : Jérôme Thorel sauf celles du potager et du concert (© vmc.camp)

 
Ce reportage est aussi disponible en grand format, ici.
Partager cet article
Repost0
29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 15:37

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

LuxLeaks : prison avec sursis pour les lanceurs d’alerte français

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 
 

Antoine Deltour, au début du procès du LuxLeaks, à Luxembourg, le 26 avril.

Dans un silence solennel, devant une salle remplie de supporteurs venus soutenir un frère, un ami, un voisin, ou simplement un lanceur d’alerte, le président du tribunal d’arrondissement du Luxembourg a déclaré, mercredi 29 juin, Antoine Deltour et Raphaël Halet « coupables » de « vol, violation du secret professionnel et du secret des affaires » mais aussi « d’accès ou maintien dans un système frauduleux informatique, de blanchiment et divulgation du secret des affaires ».

Ces deux anciens collaborateurs du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC) ont été condamnés respectivement à douze mois de prison avec sursis et 1 500 euros d’amende, et neuf mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende dans le procès Luxleaks. Une décision plus clémente que les dix-huit mois de prison avec sursis requis par le procureur. Le journaliste de l’émission « Cash investigation », Edouard Perrin, poursuivi pour « complicité de violation du secret des affaires et du secret professionnel » a lui été « acquitté », a déclaré le président lors de cette courte audience.

Si le tribunal condamne les deux anciens collaborateurs de PwC, il retient toutefois « qu’ils n’ont pas été rémunérés » et que leurs révélations « ont contribué à une plus grande transparence et équité fiscale. Les deux prévenus ont donc agi dans l’intérêt général et contre des pratiques d’optimisation fiscale moralement douteuses ». Le terme n’est pas prononcé, mais la justice luxembourgeoise les reconnaît donc clairement comme lanceurs d’alerte.

 

Prix du citoyen européen

Tous trois étaient poursuivis dans l’affaire dite Luxleaks qui a éclaté après la révélation de centaines d’accords fiscaux confidentiels passés entre des multinationales et le fisc luxembourgeois. « Cash investigation » avait consacré une émission entière sur le sujet, en 2012. La publication de ces « rescrits fiscaux » par le consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) en 2014 avait ensuite provoqué un vaste scandale qui avait touché jusqu’à Jean-Claude Juncker, l’ancien premier ministre luxembourgeois et actuel président de la Commission européenne. Un an après ces révélations, une directive européenne imposait aux Etats de l’Union de s’échanger de telles informations.

 

Lire aussi :   Procès LuxLeaks : dix-huit mois requis contre les deux lanceurs d’alerte

 

« Ce jugement revient à condamner les avancées réglementaires que les révélations à l’origine de l’affaire Luxleaks ont impulsées, a aussitôt déclaré Antoine Deltour à la sortie de l’audience. Si vous voyez passer des milliards d’euros qui contournent les règles fiscales de manière douteuse, le tribunal vous enjoint aujourd’hui de fermer les yeux et de n’en parler à personne. Je pense qu’aucun citoyen ne peut s’en satisfaire. C’est pour cela que je vais faire appel ». Son avocat Me William Bourdon a, lui, dénoncé une décision « contraire à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, et qui exprime la face la plus conservatrice de l’Europe, celle qui n’a qu’une obsession, celle d’entendre les intérêts privés et refuse d’entendre les citoyens ». Raphaël Halet a lui aussi annoncé faire appel de ce jugement.

Depuis que la justice luxembourgeoise a engagé des poursuites à son encontre, Antoine Deltour, la petite trentaine, est devenu l’emblème des lanceurs d’alerte en Europe. En juin 2015, le Parlement européen lui avait d’ailleurs remis le prix du citoyen européen. C’est par hasard, a-t-il expliqué à l’audience, qu’il avait mis la main sur ces tax rulings ultra-confidentiels, curieusement en accès libre lorsqu’il s’était connecté. C’était la veille de son départ de l’entreprise. Il s’apprêtait à rejoindre la fonction publique pour un salaire moindre – ce qui n’avait pas manqué d’étonner le tribunal – et cherchait des documents de formation. Comprenant de quoi il s’agissait, il a copié les fichiers par réflexe, mais n’en a rien fait pendant des mois.

 

Des lanceurs d’alerte non protégés

Ce n’est qu’après avoir été contacté par le journaliste Edouard Perrin, intrigué par ses commentaires très « bien documentés » au bas d’un blog, qu’Antoine Deltour a décidé de révéler tout le système. Raphaël Halet a, lui, voulu apporter sa pierre à l’édifice après avoir vu l’émission « Cash investigation », et a fait parvenir seize documents au journaliste. Edouard Perrin n’avait, lui, fait que son travail de journaliste. Mais le parquet du Luxembourg n’a visiblement pas la même conception du droit à l’information. Il avait admis qu’il pouvait s’agir de pratiques douteuses mais que « la liberté d’expression journalistique » ne devait pas primer sur le respect « du secret professionnel ».

 

Lire aussi :   Au procès LuxLeaks, le procureur refuse de faire des exceptions pour les lanceurs d’alerte

 

Ce procès au Luxembourg s’était ouvert peu de temps avant l’arrivée en séance à l’Assemblée nationale française de la loi Sapin II qui, dans sept articles, prévoit de protéger les lanceurs d’alerte en France. Seul problème, la définition du lanceur d’alerte prévue dans le texte de loi adopté à l’Assemblée est toujours insuffisante puisqu’un nouvel Antoine Deltour ne serait toujours pas protégé en France, quand bien même il dénoncerait des faits contraires à l’intérêt général.

La loi prévoit, en effet, de protéger les actes punis par la loi, ou ceux relatifs à l’environnement, la santé ou la sécurité publique. Alors que le texte arrive en séance, au Sénat, le 4 juillet, Me William Bourdon met en garde les sénateurs « qui essaient de détricoter cette loi qu’a voulue Michel Sapin ». En France, certains parlementaires confondent encore délateurs et lanceurs d’alerte.

Editorial :   Lanceurs d’alerte : où est la justice ?

 

Emeline Cazi (Luxembourg, envoyée spéciale)
Journaliste au Monde

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Partager cet article
Repost0
24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 15:52

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Accès à la terre

Quand paysans et citoyens s’associent pour sauver des terres agricoles

par

 

 

C’est l’histoire d’une ferme perchée sur le Causse du Quercy, dans le Lot, que le propriétaire envisage de revendre à prix d’or à un riche retraité. Mais un jeune couple, bien décidé à s’y installer pour élever des chèvres, décide de lutter pour conserver la vocation agricole de la ferme. Ils entrainent avec eux des citoyens du coin, et d’autres plus lointains. Leur aventure singulière a été filmée par Eric Maizy, qui en a tiré un documentaire éclairant sur la gestion des terres agricoles en France, intitulé La Terre, ça vaut de l’or !. Un film qui permet de comprendre pourquoi et comment des milliers de fermes y disparaissent chaque année.

Au début des années 2000, Alex et Manue arrivent dans le Lot, sur les terres arides du Causse du Quercy. Le rêve du jeune couple ? Devenir paysans, dans ce coin majestueux de campagne. Jean-François, éleveur de chèvres installé en bio, à quelques années de la retraite, cherche justement des successeurs pour reprendre « la Terre », une ferme de plus de 150 hectares où il travaille depuis bientôt trente ans. Mais la Terre ne lui appartient pas. Et le propriétaire aimerait bien la vendre, mais pas forcément à un paysan. Le premier qui allonge l’argent l’emportera !

Située en pleine nature, à quelques kilomètres d’une quatre-voies, et dotée de magnifiques bâtiments de pierre, la ferme a de quoi faire rêver plus d’un amateur de maison de vacances. Pour que la Terre reste entre les mains de ceux qui la travaillent, et que les campagnes ne soient pas simplement un lieu de résidences secondaires pour riches urbains, un collectif se monte alors : "Vivre sur les Causses", qui ambitionne de racheter la ferme.

 

 

Alex sillonne la France pour trouver des preneurs de parts — une part s’élevant à 100 euros. Avec Manue, et une solide équipe de gens du coin, ils organisent des soirées et des repas de soutien, campent sur les marchés, animent de vives et dynamiques assemblées générales. Eric Maizy, journaliste de France 2 responsable de la rubrique agricole, réalise pour eux un petit documentaire de présentation, dont ils se servent pour présenter leur projet. Puis décide de suivre cette aventure peu commune. Caméra à l’épaule, il filme pendant quatre ans les moments d’excitation et de doutes du collectif, et en tire un documentaire de 90 minutes, La terre, ça vaut de l’or !, dans lequel on suit les jeunes paysans qui partent à la rencontre des autres citoyens [1].

Les coups de mains et encouragements sont divers, voire inattendus. Alex rencontre une banquière qui propose de prêter 40 000 euros à taux zéro à l’association, et qui mettra finalement 150 000 euros dans l’affaire. Le documentaire montre aussi la colère d’ouvriers furieux d’envisager que les plus riches puissent s’imposer, et qui proposent de mettre « des limites » à la propriété privée.

Trois générations d’ouvriers investissent dans le foncier agricole, extrait de « La terre, ça vaut de l’or ! ».

Eric Maizy filme aussi les renoncements successifs des politiques : mairies, Conseil général et Conseil régional, sont ravis que des jeunes veuillent être agriculteurs, mais se révèlent incapables de les soutenir réellement, notamment d’un point de vue financier [2]. Le sujet met ces élus si mal à l’aise qu’ils demandent à Eric Maizy de ne plus les filmer. De même que les représentants de la chambre d’agriculture, ou encore le notaire.

Finalement le terrain restera agricole. Mais il est racheté au prix fort [3]. L’expert de la Safer, se basant sur le coût de la pierre, plus que sur celui des terres et de l’argent qu’un agriculteur peut en tirer, a chiffré le prix de vente de la ferme à plus de 350 000 euros ! L’arrivée de la toute jeune société foncière Terre de liens – qui soutient l’installation d’agriculteurs par une action sur le foncier – doublée d’un don conséquent, permettent de conserver la vocation agricole de la Terre. Le rachat collectif s’avère donc efficace, « mais une limite apparait, que le film met en exergue, souligne le réalisateur Stéphane Goxe [4] : on finit presque toujours par s’aligner sur les prix du marché, exorbitants. Sans plus aucun rapport avec l’activité agricole, ces prix sont littéralement "hors-sol". »

Nolwenn Weiler

Aquarelles : Véronique Abadie, pour C-P productions.

Notes

[1La terre, ça vaut de l’or !, un documentaire d’Eric Mazy, distribution C-P productions.

[2L’une des idées du collectif Vivre sur les Causses, c’est que les collectivités publiques paient les frais de stockage exigés par la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), organisme habilité à préempter les terres agricoles pour les remettre en priorité aux agriculteurs. Les collectivités locales — gérées par le Parti socialiste — refusent de le faire.

[3Au moment où la société foncière créée rachète la ferme, Alex et Manue se sont retirés du projet. C’est Sabine et Stéphane qui prennent la suite.

[4Stéphane Goxe a notamment co-réalisé Chili, dans l’ombre du jaguar en 1998, sur la résistance populaire chilienne ; Tu n’est pas mort avec toi en 1999, qui donne la parole à des enfants de disparus, d’exilés ou de prisonniers politiques. En 2003, il co-réalise avec Christophe Coello et Pierre Carles le documentaire Attention danger travail

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Partager cet article
Repost0
24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 15:29

 

Source : https://la-bas.org

 

 

LÀ-BAS Hebdo n°53, avec Eva JOLY [RADIO 1h07]

ILS ONT DES MILLIARDS, NOUS SOMMES DES MILLIONS !

Le

 

 

 

 

 

JPEG - 51.6 ko

Eva JOLY (photo : Jeanne LORRAIN)

 
 
 
Chaque année, ils nous  volent 80 milliards. Les évadés fiscaux ne risquent rien ou presque. Pour les poursuivre en justice, il faut l’accord du ministère des Finances, le fameux « verrou de Bercy » qui ne s’ouvre pas souvent. Il faut voir dans cette justice de classe une victoire culturelle des possédants.
 
Avocate, députée européenne, ancienne juge d’instruction, EVA JOLY continue le combat contre l’impunité fiscale (lire son article dans le Monde diplo de juin 2016)
 
LÀ-BAS Hebdo n°53 (EXTRAIT)
Les « Panamas papers » ont mis à jour 11 millions de fiches provenant d’un seul cabinet d’avocats. Les plus riches et les plus malins trichent en toute impunité, grâce au soutien des instances politiques. Un exemple, la Royal Bank of Scotland a bénéficié de 58 milliards d’euros d’aides publiques pour son renflouement, alors que l’on vient d’apprendre que cette banque aide ses plus riches clients à se soustraire à leurs obligations fiscales. La fraude fiscale coûte 1 000 milliards d’euros à l’Europe et 80 milliards à la France. C’est un crime au détriment de tous et d’abord des plus vulnérables.
Que pourrait-on faire avec de telles sommes ? L’Observatoire des Inégalités propose quelques idées :


- accorder un minimum social de 500 euros mensuels à 200 000 jeunes de moins de 25 ans (coût : 1,2 milliard d’euros)

- construire 50 000 logements sociaux supplémentaires et en rénover 50 000 (coût : 3 milliards d’euros)

- ouvrir 200 000 places de crèches supplémentaires (coût : 4 milliards d’euros)

- allouer un chèque autonomie de 500 euros mensuels à 500 000 personnes âgées démunies (coût : 3 milliards d’euros)

- créer 200 000 emplois d’utilité publique (environnement, action caritative, culture, etc.) (coût : 4 milliards d’euros)

- rendre accessibles les bâtiments publics aux personnes à mobilité réduite (coût : 2 milliards d’euros)

- créer 200 000 emplois d’aide éducative en milieu scolaire (coût : 5 milliards d’euros)

En France, les 150 000 contribuables les plus riches relèvent d’un service à part. Pour eux, le ministre des Finances dispose d’une sorte de « droit de grâce ». Il faut voir dans cette justice de classe une victoire culturelle des possédants.

Les différentes séquences de l’émission :

 

 
 
 
00:00
 
15:44
 
 
 
 
01. Vos messages sur le répondeur


Merci à Eva JOLY.

Programmation musicale :
- Marty : L’Impôt sur les feignants
- Bernard Tapie : Réussir Sa Vie
- ISF : L’Exil

Marie GALL attend vos messages sur le répondeur de Là-bas si j’y suis au 01 85 08 37 37.

entretien : Daniel MERMET
préparé par : Jonathan DUONG
réalisation : Sylvain RICHARD et Grégory SALOMONOVITCH
photos : Jeanne LORRAIN

(Vous pouvez podcaster cette émission en vous rendant dans la rubrique « Mon compte », en haut à droite de cette page.)

 

 

Source : https://la-bas.org

 

 

Partager cet article
Repost0
21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 14:53

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

Interdiction de manifester: le gouvernement joue avec le feu
20 juin 2016 | Par Rachida El Azzouzi
 
 
 

Bernard Cazeneuve a demandé au secrétaire général de la CGT Philippe Martinez d'annuler la manifestation de ce jeudi et de la remplacer par un rassemblement statique. Un prélude à une interdiction ?

Dans un entretien au Parisien, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, qualifie le premier ministre Manuel Valls de « pyromane » dans sa manière d’appréhender le conflit social le plus long et le plus dur du quinquennat Hollande. Et les derniers signaux envoyés ce lundi 20 juin tendent à lui donner raison. Le diagnostic pourrait même s'étendre à l’ensemble du gouvernement. « Pyromanie » : « impulsion obsédante qui pousse certaines personnes à allumer des incendies », rappelle le Larousse.

Dans une lettre, prélude à une interdiction de manifester, que vous pouvez lire ici, sous l'onglet “Prolonger”, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve demande au secrétaire général de la CGT Philippe Martinez de renoncer à organiser une manifestation itinérante à Paris, jeudi 23 juin, de Bastille à Nation, avec les autres syndicats opposés à la loi sur le travail (FO, Solidaires, FSU, FIDL, UNEF, UNL). « Dans ce contexte de tensions et de heurts récurrents qu’en responsabilité ni vous ni moi ne pouvons accepter, le renouvellement à l’identique d’une manifestation itinérante le 23 juin n’apparaît pas envisageable, d’autant que les forces de sécurité intérieure sont mobilisées sur l’ensemble du territoire national pour assurer la mission impérative de prévention d’actes terroristes pouvant être dirigés notamment contre le public de l’Euro 2016 », écrit le ministre de l’intérieur.

 

 © Reuters © Reuters
 

Ce n’est pas (encore) un ordre, mais une « proposition », « la seule voie responsable de l’expression des revendications que vous portez avec les organisations auxquelles vous vous associez dans ce mouvement », poursuit Bernard Cazeneuve qui redonne sa version des dégâts humains et matériels de la dernière manifestation du 14 juin (« 13 panneaux publicitaires dégradés, 8 abribus détruits, 28 vitrines d’établissements commerciaux brisées, dont 5 agences bancaires et la façade vitrée de l’hôpital Necker […] 28 fonctionnaires de police blessés… »).  

 

Il a une idée, une solution de rechange « pour garantir la liberté d’expression tout en la conciliant avec la préservation de l’ordre public et la sécurité des participants » et éviter un nouveau 14 juin, où, selon lui, la participation « directe » de certains militants syndicaux « dans l’agression délibérée des forces de l’ordre » aurait été mise en évidence. Celle que le préfet de police de Paris a commencé à souffler aux médias ce lundi avant même de prévenir les syndicats concernés : un rassemblement statique place de la Nation, aux jours et horaires déclarés.

« Si, comme je le souhaite, cette perspective retenait votre attention, vos représentants pourront se rapprocher des services de la préfecture de police de Paris pour déterminer les modalités d’organisation de ce rassemblement, de son encadrement par un service d’ordre interne structuré, et de sa dispersion », conclut Bernard Cazeneuve.

Éric Beynel, l’un des porte-parole de Solidaires, manque s’étouffer devant cette nouvelle surenchère gouvernementale, autorisant désormais les seuls rassemblement statiques. Il la juge « complètement déraisonnable » : « Tout le monde sait qu’il est plus difficile de sécuriser, pour un service d’ordre syndical, un rassemblement statique qu’une manifestation mobile. Quand on fait du sur-place, le contact est plus direct avec les forces de l’ordre. C’est d’ailleurs ce qui explique les affrontements violents qui ont émaillé plusieurs manifestations. Chaque fois, c’est parce que le cortège était immobilisé par les CRS, comme devant l’hôpital Necker le 14 juin, ou alors à l’arrivée comme aux Invalides. Le gouvernement ne cherche pas à apaiser mais à mettre le feu et à transformer la place de la Nation en champ de bataille. »

Le gouvernement aurait-il oublié le dernier rassemblement statique qu’il a ordonné et qui faisait suite à une interdiction de manifester, celui en soutien à la Palestine à l’été 2014 (relire ici notre article) ? Il avait dégénéré au bout de deux heures dans un quartier de Barbès transformé en souricière, théâtre de guérilla urbaine, entre CRS et jets de pierres… « Que veut le gouvernement ? Des morts ? » s’interroge Éric Beynel de Solidaires.

L’intersyndicale n’a pas tardé à répondre au courrier du ministre de l’intérieur. Ce lundi en début de soirée, une réponse à quatorze mains lui a été adressée, occasion de lui rappeler qu’elles sont sept organisations syndicales à être engagées dans un mouvement unitaire que l’exécutif veut réduire à un face-à-face entre lui et la CGT). Elle dénonce « une remise en cause d’un droit fondamental, la liberté de manifester », « un semblant d’alternative inacceptable » qui constitue un danger « pour la sécurité de nos militants ». « Lors des dernières manifestations, il ne vous aura pas échappé que c’est dans les lieux d’arrivée des manifestations que les tensions ont été le plus vives. Les “casseurs” n’étant pas stoppés dans leur progression, ils se retrouvent face aux forces de l’ordre et à notre service d’ordre au point d’arrivée. Nous avons tous pu constater que les échauffourées les plus graves ont eu lieu à ce moment-là », rappelle l’intersyndicale qui réfute l’affirmation selon laquelle certains militants syndicaux auraient délibérément agressé des forces de l’ordre.

 

Questions sur une interdiction

L’intersyndicale, qui demande aux services de Cazeneuve de lui fournir « un parcours de A à B sécurisable » puisque celui entre Bastille et Nation, délibérement court, ne lui convient pas, entend bien maintenir son défilé jeudi 23 juin. Quitte à braver l’interdiction, car il ne fait aucun doute que la manifestation, si elle est maintenue, sera interdite par la préfecture de police. «À défaut d’accord, la préfecture de police avise, dans un courrier, les organisateurs qu’elle sera dans l’obligation d’interdire par arrêté la tenue de la manifestation sur l’itinéraire déclaré », a prévenu la préfecture de police ce lundi dans les médias. Elle peut, selon le décret-loi du 23 octobre 1935, interdire une manifestation, pour une seule raison : le trouble à l’ordre public.

Une telle décision est néanmoins rarissime, surtout pour des mouvements sociaux, le Conseil d’État contestant régulièrement la légalité du procédé. La prolongation de l’état d’urgence a cependant permis d’élargir considérablement le cadre d’une telle interdiction. Ainsi, lors de la COP21 en novembre 2015, les rassemblements de militants en marge ont été interdits, en raison du double impératif de la menace terroriste et de la sécurisation du forum de Paris et de son aréopage de chefs d’État. Plus récemment, des manifestations à Nantes et à Rennes, théâtres de violents affrontements, ont été interdites, mais elles n'émanaient pas des grandes centrales syndicales.

 

 

Ce serait la première fois en France sous la Ve République que de grandes organisations syndicales braveraient l’interdiction qui leur serait faite de manifester, qui plus est sous un gouvernement réputé « de gauche » et proche des syndicats. L’intersyndicale le laisse entendre depuis la semaine dernière et les premières menaces du gouvernement de bafouer le droit de manifester « au nom de la sécurité des biens et des personnes ». Le premier ministre avait passé son week-end à mettre en garde les syndicats, notamment dans Le Journal du dimanche où il mélangeait tout, l’Euro, la lutte contre le terrorisme, l’assassinat d’un couple de policiers revendiqué par l’État islamique, et déclarait : « Compte tenu de la situation, des violences qui ont eu lieu, de l’attentat odieux contre le couple de policiers mais aussi de la tenue de l’Euro, les organisateurs devraient annuler eux-mêmes ces rassemblements. C’est du bon sens ! »

Enlisé dans un conflit interminable depuis quatre mois, que soutient une majorité de la population malgré la violence des campagnes de désinformation, conforté dans sa dérive autoritaire par un état d’urgence qu’il ne cesse de prolonger, le gouvernement a choisi la stratégie de la tension et du pourrissement. Tout en faisant mine d’envoyer la ministre du travail, Myriam El Khomri, renouer le fil d’un dialogue rompu avec les opposants les plus virulents à sa réforme, notamment la CGT.

« Après avoir essayé tous les stratagèmes pour nous rendre illégitimes – les inondations, l’Euro, l’enfant orphelin du couple de policiers abattu… , il sort la dernière arme antidémocratique, l’interdiction de manifester », constate Eric Beynel de Solidaires. « Le gouvernement est dans la provocation maximale et confirme sa volonté de pénaliser le mouvement social », renchérit Florian Borg, du syndicat des avocats de France (SAF). Si la manifestation est interdite et que les organisations syndicales en viennent à enfreindre cette mesure, leurs secrétaires généraux risquent les bancs de la correctionnelle, six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende (les participants, s’ils n’obtempèrent pas aux sommations de dispersion des forces de police, une amende de 11 euros, montant dune contravention de première classe).

Même la CFDT, allié du gouvernement à la position de plus en plus inconfortable, condamne une potentielle interdiction de manifester. « Ce n’est pas du tout souhaitable », a réagi dans un entretien aux Échos Laurent Berger, le numéro un de la CFDT. Pour deux raisons : « La première, qui est la raison de fond, qui tient à ma conviction, c'est qu'il faut donner la possibilité à chacun de manifester dans de bonnes conditions, à condition évidemment qu'en termes de sécurité ce soit tenable. Là, ces manifestations (contre la loi travail – ndlr), elles peuvent se tenir, je ne vois pas de problème. La deuxième raison, c'est que je n'ai pas tellement envie qu'on victimise la CGT.»

François Hommeril, le nouveau président du Syndicat de l’encadrement, qui a rejoint le camp des opposants fermes et définitifs à la réforme du code du travail, sans pour autant descendre dans la rue, ne comprend plus l’attitude du gouvernement : « Sa ligne devient illisible et plus très responsable. Son devoir n’est pas d’interdire les manifestations mais d’écouter, d’entendre les responsables des organisations syndicales qui ont fait des propositions pour mettre un terme à ce conflit. »

Il trouve l’exécutif « culotté » : « Deux syndicats de police majoritaires – Alliance (affilié à la CFE-CGC, à droite) et FO – expliquent que les ordres tardent étonnamment à arriver aux forces sur le terrain au moment où les casseurs entrent en scène et le gouvernement veut interdire les manifestations au nom du maintien de l’ordre alors qu’il ne met pas les moyens efficaces de commandement pour garantir la sécurité dans les manifestations ?! »

« La préfecture et le ministère savaient que des groupuscules venus d’un peu partout en France allaient monter, pourquoi ils n’ont rien fait ? Et ça fait trois mois qu’ils savent qu’il y a des problèmes dans les manifestations, et ils n’agissent pas en conséquence. À titre de comparaison, on a arrêté les hooligans après les heurts à Marseille en moins de 48 heures. », rappelait au lendemain des débordements du 14 juin Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.

 

Prolonger

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Partager cet article
Repost0
21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 14:28

 

Reçue par mail

 

Manif de soutien aux gens debout de France a Leipzig hier ! (20 juin 2016)

 

Solidarité de Leipzig

 

https://webmail.laposte.net/service/home/~/?auth=co&loc=fr&id=41020&part=2

 

 

                                                                   *******************************

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

Internationalisme

Mobilisation contre la loi travail. Solidarité internationaliste venue d’Allemagne

Publié le 11 mars 2016

 

 

« Nous pensons que nos luttes ne peuvent qu’être gagnées ensemble » : c’est le message qu’ont voulu nous délivrer nos camarades allemands face à la situation en France. Dans une courte vidéo, ceux-ci ont tenu à exprimer leur soutien face à la loi El Khomri, qui constitue la pire attaque contre les travailleurs du quinquennat Hollande, ainsi que leur solidarité avec les migrants, sur fond de démantèlement violent de la jungle de Calais. Cette situation d’offensive réactionnaire des gouvernements est loin d’être spécifique à la France, c’est pourquoi il est nécessaire de faire nôtre ce message : « Vos luttes sont les nôtres ! Solidarité internationale ! »

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22