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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:44

 

Source : http://www.humanite.fr

 

L’appel des cuistots fait boule de neige
Patrimoine culinaine
Paule Masson
Vendredi, 14 Octobre, 2016
L'Humanité

 

Michel Bras, chef étoilé dans l’Aveyron est l’un des signataires.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Michel Bras, chef étoilé dans l’Aveyron est l’un des signataires.
Photo : AFP

Lancée par des centaines de cuisiniers de renom, la lettre ouverte contre la fusion Bayer-Monsanto compte aujourd’hui 18 000 signatures.

 

 

 

Ce soir-là, Éric Guérin a lâché ses fourneaux, deux heures durant, pour empoigner son téléphone. Il fallait faire vite. La lettre ouverte contre la fusion Bayer-Monsanto et « l’invasion de l’agrochimie dans nos assiettes » devait être publiée le lendemain avec un maximum de signatures de professionnels de la restauration. « J’ai contacté 71 chefs et obtenu 80 % de réponses positives. Beaucoup m’ont remercié de les avoir sollicités », raconte le cuisinier étoilé de l’hôtel-restaurant La Mare aux oiseaux, en Loire-Atlantique. Le lendemain, 19 septembre, le journal d’information numérique sur la gastronomie, Atabula, fait claquer la missive sur son site : « Ce nouveau mastodonte des semences et des pesticides a une ambition : contrôler toute la chaîne alimentaire (…) Non, la nature, la diversité et la qualité de notre alimentation ne doivent pas passer sous le rouleau compresseur liberticide du groupe Bayer-Monsanto. » Olivier Roellinger, Michel Bras, Thierry Marx, Michel Guérard, Christophe Michalak, Mauro Colagreco, Cyril Lignac, Yves Camdeborde… des dizaines d’étoiles de la cuisine rallient le texte, aux côtés de nombreux chefs, pâtissiers, traiteurs, producteurs.

 

Le bouchon est lancé. Il flotte aujourd’hui sur un océan d’indignations. Trois semaines après sa publication, la pétition a recueilli 18 000 soutiens, un niveau de mobilisation rare dans un milieu professionnel plutôt policé. « L’idée de protéger la biodiversité et de conserver notre patrimoine culinaire nous touche tous. Nous, les cuisiniers, sommes plutôt solitaires, mais là, on ne peut plus jouer solo. Il faut se rassembler », défend Éric Guérin, qui est aussi chasseur, pêcheur, cueilleur, globe-trotteur et photographe à ses heures.

 

Tous les chefs contactésont signé la lettre ouverte

Cet effet boule de neige, Franck Pinay-Rabaroust, fondateur et directeur d’Atabula, ne l’imaginait pas si soudain quand il s’est installé devant son clavier pour formaliser le coup de gueule qu’il souhaitait proposer à la profession. « Cette alliance entre deux monstres, qui va permettre au groupe Bayer-Monsanto de vendre ce qui rend malade et de diffuser le remède en faisant un maximum de profits, c’est la fusion de trop », explique-t-il. Lui aussi en témoigne : tous les chefs qu’il a contactés ont signé. Pour le responsable de ce média d’opinion, né il y a six ans du déficit de la presse spécialisée sur les enjeux liés à l’alimentation, « les chefs ne sont pas seulement des faiseurs d’assiettes. Ils sont aussi des porteurs de sens à l’heure où la gastronomie est devenue un sujet global de société. Le symbole négatif que représente Monsanto a servi de déclencheur ».

 

« Quand Franck m’a appelé, j’ai applaudi des deux mains ! » s’enthousiasme Olivier Roellinger, qui a aussitôt relayé l’appel auprès de ses nombreux réseaux en France et dans le monde. Actif militant de la préservation de la diversité des cuisines, le chef, vice-président à l’international de Relais & Châteaux, a embarqué l’association dans le combat. Il est aussi devenu, en quelques heures, un efficace porte-parole de ce mariage contre nature entre un mastodonte de l’agrochimie et un ogre des semences. « Nous, les cuisiniers, qui avons obtenu des étoiles, bénéficions d’une reconnaissance qui nous offre une tribune. Il nous appartient donc d’être les ambassadeurs d’une cuisine bonne, saine, juste et humaine. L’uniformisation de l’alimentation est un désastre culturel. Elle fait disparaître les identités des cuisines. Les géants qui privatisent le vivant doivent trouver des contre-pouvoirs face à eux », assure le cuisinier des Maisons de Bricourt, à Cancale, convaincu qu’il va falloir prendre des initiatives pour amener ces « questions cruciales » dans le débat de l’élection présidentielle. En attendant, la lettre ouverte agit comme le signal d’une colère sourde qui trouve aujourd’hui un terrain d’expression collectif parmi les restaurateurs. « C’est parti des chefs, mais le profil des signataires s’élargit », constate Franck Pinay-Rabaroust. « Il s’internationalise aussi », se félicite Olivier Roellinger, qui reçoit des témoignages de soutien provenant des quatre coins de la planète.

 

« Quand Olivier m’a téléphoné, il n’a pas fallu discuter longtemps pour tomber d’accord », assure Patrick Henriroux, le chef aux deux étoiles de La Pyramide, à Vienne (Isère). Ce fils d’agriculteur travaille en direct avec 110 producteurs, vitrine de la petite paysannerie que le modèle agro-industriel de Monsanto promet de marginaliser (1). Jamais bien loin de la terre, de la graine, de la petite grand-mère qui fournit la verveine ou du maraîcher qui cultive une asperge de terroir, il pense par-dessus tout qu’il faut « rester riches de notre diversité ». Il sait le combat difficile et compare la pétition à un petit poucet qui se dresse devant l’ogre. Il a conscience des obstacles, des hypocrisies de ceux qui utilisent la gastronomie « quand ils ont besoin de donner une bonne image de la France, mais qui deviennent sourds quand la profession se met à porter une cause ». Il sait. Mais, face à la « constitution de monopoles qui prétendent nourrir le monde en étant animés par la seule idée de devenir une puissance financière », il assure le temps venu d’« alimenter le cercle vertueux de la mobilisation ».

 

(1) Du 14 au 16 octobre, Monsantosera l’objet d’un vrai-faux procès, à l’occasion d’un rassemblement international de la société civile à La Haye, aux Pays-Bas.
 
rédactrice en chef

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 12:21

 

 

ST-HILAIRE-DE-BRETHMAS Référendum : le golf au fond du trou

 

Le maire Jean-Michel Perret lors de l'annonce des résultats. EL/OG

Le maire Jean-Michel Perret lors de l'annonce des résultats. EL/OG

 

Ce dimanche soir, les St-Hilairois ont tranché : le projet de golf prend l'eau à 60,02 % des suffrages exprimés. Un résultat "sans ambiguïté" avec presque 50 % de participation. 

18h. Le bureau de vote de la mairie de St-Hilaire-de-Brethmas se remplit peu à peu de nombreux habitants venus assister - fébriles - au dépouillement du référendum organisé par la commune. La question : "Êtes-vous favorable à l'implantation sur notre commune du complexe immobilier et golfique d'Alès Agglo ?". Ce scrutin devrait mettre fin à plus de 10 ans de polémiques. D'autant qu'on le sait déjà, la participation est plus importante qu'espéré, 47,8%, et crédibilise d'ores déjà un résultat encore méconnu.

Les scrutateurs ouvrent les premières enveloppes. Le brouhaha laisse place à un silence religieux. Les regards sont vissés sur les bulletins et les visages sont fermés. La tension est palpable. Rapidement, une tendance se dégage et les chiffres des deux autres bureaux de vote arrivent. Le "non" prend visiblement la tête. Mais rien n'est encore figé. Côté Alès Agglo, défenseur du golf, aucun élu n'a fait le déplacement. En revanche, le directeur général adjoint des services est présent, ainsi que le cabinet du président Max Roustan. Dépités, tous préfèrent attendre à l'extérieur.

 

Lors du dépouillement. EL/OG

Lors du dépouillement. EL/OG

 

19h30. Les résultats officiels sont annoncés par le maire Jean-Michel Perret, qui ne boude pas son plaisir. Sur 1748 votants, seuls 1/3 ont dit "oui" à l'éco-site élaboré par Alès Agglo. C'est un "non" massif. "Je suis heureux de la victoire", commente simplement l'édile. "Les habitants ont voté sans ambiguïté. On ne va pas se battre contre leur avis. On prend acte et on valide, mais c'est regrettable", souligne Patrick Guy, conseiller municipal d'opposition qui a fait campagne pour le projet.

Contacté par téléphone, Max Roustan n'a pas souhaité s'exprimer. Pour son directeur de cabinet Christophe Rivenq, "il faudra tirer les conséquences à froid. On a été au summum de la désinformation et du mensonge". Ce dernier a confirmé que le choix des St-Hilairois serait respecté. "Il est difficile de faire des choses dans ce pays", conclut-il.

Reste un aspect financier non négligeable à régler : les terrains saint-hilairois acquis par l'intercommunalité pour construire le golf. C'est 90 ha et plus de trois millions d'€. Que vont-ils devenir ? "J'espère rencontrer rapidement Max Roustan pour lancer une grande consultation et réfléchir sur le futur de ces propriétés foncières", annonce Jean-Michel Perret, "pourquoi pas la création d'un IUT, il y a un manque à combler sur ce territoire". Pour sa part, Max Roustan ne semble pas dans ces dispositions. "Il est tout à fait légal qu’en cas d’abandon de l’intérêt communautaire sur ce projet, la commune en reprenne la gestion. Elle retrouvera ainsi sa souveraineté, et pourra agir à sa guise. D’ailleurs que diraient les contribuables des 49 autres communes d’Alès Agglomération, s’ils devaient demain payer dans leurs impôts les conséquences d’un tel abandon", écrivait-il vendredi sur son compte Facebook. Or St-Hilaire n'a surement pas les moyens de s’acquitter d'un tel passif. Un nouveau contentieux entre la commune et l'agglo ? Le dossier du golf n'est pas encore refermé.

 

 

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 14:05

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Publication

Face aux multinationales, les « batailles de l’information » sont plus que jamais essentielles

par

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a trois ans, Basta ! créait l’Observatoire des multinationales, un site consacré aux grandes entreprises françaises et à leurs impacts sociaux, écologiques et politiques. Notre objectif – produire et diffuser une information indépendante et d’utilité sociale sur les nouveaux pouvoirs économiques qui pèsent de plus en plus lourd sur nos démocraties – n’a malheureusement rien perdu de son actualité. En association avec le réseau Ritimo, l’Observatoire des multinationales publie aujourd’hui un numéro spécial de la collection Passerelle sur les enjeux de l’information démocratique face aux multinationales, qui donne la parole à plusieurs de nos partenaires et collègues européens.

La version complète du Passerelle « Multinationales : les batailles de l’information », est téléchargeable ici. Le texte qui suit est adapté de son introduction.

Il n’est pas de démocratie sans information. C’est un lieu commun que de le rappeler. Impossible d’imaginer l’émergence des régimes démocratiques modernes sans la libre circulation des idées, la liberté de la presse, la possibilité de débats ouverts et l’obligation – même partielle et imparfaite – pour les dirigeants politiques de rendre compte de leurs actions devant les citoyens.

Nous vivons dans une époque marquée par l’émergence de nouvelles formes de pouvoir, d’origine économique, qui pèsent de plus en plus lourd sur nos vies et dans nos sociétés. La montée en puissance des multinationales en est la manifestation la plus éclatante. En démocratie, tout pouvoir a besoin de contre-pouvoirs. Or ceux qui pourraient potentiellement contrebalancer la puissance des grandes entreprises globales – syndicats, pouvoirs publics, société civile - paraissent souvent sur la défensive. Disposons-nous de l’information nécessaire pour faire face à ces nouveaux pouvoirs ? À l’évidence non. Une grande partie des organes dont se sont dotées nos sociétés pour produire et diffuser l’information – à commencer par les médias – sont structurellement orientés vers le pouvoir politique et ses arènes traditionnelles (lieux de pouvoir, assemblées). Ils tendent à délaisser le pouvoir économique, qui paraît pourtant de plus en plus déterminant pour l’état et le devenir du monde. Pire encore : l’influence de ces pouvoirs économiques transforme – ou pervertit – l’exercice du pouvoir politique, en déplaçant les décisions des assemblées publiques vers les couloirs ou les cabinets où s’exerce le lobbying, en grignotant sur les libertés civiles et le droit à l’information, voire dans certains pays en poussant les pouvoirs publics à réprimer ceux qui s’opposent aux projets des multinationales.

 

Déficit démocratique

Souvent, les informations existantes se focalisent sur un aspect très partiel des activités de ces entreprises, sur des scandales qui ne constituent souvent que la partie émergée de l’iceberg, ou sont livrées à travers un jargon financier ou technocratique qui opacifie les vrais enjeux sociaux, environnementaux ou politiques. Les multinationales savent jouer des distances géographiques et culturelles. Elles restent largement maîtresses des informations qui sont rendues publiques sur leurs activités, elles ont souvent tendance à en dire le moins possible, pour éviter les problèmes – particulièrement lorsqu’il s’agit de sujets qui fâchent – et de subordonner la seule information qu’elles livrent à leur stratégie de communication et de relations publiques. Et cela ne risque pas de s’arranger avec la directive européenne sur le secret des affaires ou la remise en cause par le Sénat en France de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. La concentration des médias entre les mains de quelques hommes d’affaires, et la dépendance des autres envers les revenus de la publicité, viennent compléter ce tableau peu rassurant.

En tous ces sens, le pouvoir des multinationales se nourrit, précisément, du manque d’information. C’est d’ailleurs pourquoi, en retour, ces multinationales font l’objet de beaucoup de craintes parfois irrationnelles et de visions fantasmatiques sur leur pouvoir occulte, qui versent parfois dans le « complotisme ». Dans ce contexte, les efforts d’information indépendante sur les multinationales sont aussi une manière de réintroduire un peu de rationalité et de « politique » dans les débats, faute de quoi ils ne pourront profiter qu’à des forces anti-démocratiques.

 
État des lieux

Ce numéro de la revue Passerelle a pour objectif de dresser un état des lieux – inévitablement incomplet et fragmentaire – de ces enjeux.

La première partie traite des enjeux relatifs au droit à l’information en matière économique et notamment de l’information relative aux multinationales, à leurs activités et à leurs impacts. Il aborde notamment les menaces, anciennes et nouvelles, qui pèsent sur ce droit à l’information – notamment la mise en avant récente du « secret des affaires » – ainsi que le rôle des médias.

La seconde partie examine les questions de transparence et de « reporting », autrement dit les informations que les entreprises sont contraintes – ou non – de rendre publiques sur leurs activités. Les articles qui y sont regroupés évoquent de nombreux domaines où cette transparence est encore très insuffisante – notamment en matière de fiscalité, de lobbying ou d’aides publiques.

La troisième partie pénètre au cœur même des entreprises en étudiant les besoins et les droits des salariés et des organisations syndicales en matière d’information, et comment ils peuvent s’articuler avec les besoins de la société dans son ensemble.

Enfin, la quatrième et dernière partie, la plus longue et aussi la plus exploratoire de ce Passerelle, présente un certain nombre d’initiatives, d’organisations ou de réseaux qui contribuent tous, chacun à leur niveau et à partir de positionnements et de domaines d’intérêts différents, à produire une information indépendante et utile à la société dans son ensemble sur les multinationales. Autant de « contre-pouvoirs informationnels » qui jouent un rôle vital, quoique pas toujours visible, pour maintenir ou faire rentrer les multinationales, et plus généralement les pouvoirs économiques, dans l’espace démocratique. La faiblesse de leurs moyens actuels par rapport à ceux dont disposent les grandes entreprises ne fait que rendre leurs succès plus remarquables.

 

L’information, une arme efficace ?

Nous sommes cependant confrontés à de nombreux vents contraires dans ce domaine. La promotion du « secret des affaires » en Europe l’illustre de manière éclatante. Elle participe d’une tendance générale à extraire tout ce qui concerne les entreprises du champ de la démocratie et du regard public, pour leur donner un statut quasi intouchable. Au même titre, par exemple, que les tribunaux privés d’arbitrage entre investisseurs et États, associés aux accords de libre-échange comme le projet Tafta, entre Union européenne et États-Unis (lire notre série : Plongez dans la guerre invisible que les multinationales livrent aux États).

L’enjeu de l’information paraît l’un des nœuds les plus importants – avec la question de la responsabilité juridique et des normes contraignantes applicables aux multinationales, également à l’actualité en France et au niveau international en ce mois d’octobre – du combat pour la démocratie en matière économique, qui est le combat pour la démocratie tout court. Bien que l’information reste par définition « immatérielle », par opposition à la sanction bien réelle que pourrait prononcer un juge, il ne faut pas pourtant sous-estimer son importance effective.

Tout d’abord parce que le « risque réputationnel » – aussi insatisfaisant qu’il puisse être d’en rester à ce niveau – reste extrêmement important pour les entreprises : aucune n’a intérêt à être mise en cause pour des atteintes à l’environnement ou aux droits humains, à la fois en termes d’image de marque et pour les conséquences en chaîne qui pourraient résulter d’une « mauvaise réputation ».

Ensuite et surtout, parce que les multinationales fondent leur pouvoir vis-à-vis de nombreux acteurs sur une certaine asymétrie de l’information, qui leur assure la maîtrise du jeu. Et donc parce que diffuser une information indépendante et alternative permet à tous ceux qui ont un pouvoir de décision réel qui peut affecter les entreprises – pouvoirs publics, investisseurs, communautés d’implantation, mais aussi travailleurs et cadres au sein même des entreprises – d’utiliser ce pouvoir à meilleur escient, d’influer sur les pratiques, et, le cas échéant, de ne pas accepter ce qui est inacceptable.

Au final, peut-être, l’information la plus utile que l’on puisse produire sur les multinationales est l’information sur les alternatives aux multinationales : celle qui montre qu’il est possible de faire autrement, et sans elles.

Olivier Petitjean

À lire : Multinationales : les batailles de l’information, publié par Ritimo et l’Observatoire des multinationales (154 pages, pdf, 2,1 Mo).

 

 Le site de l’Observatoire des multinationales

 

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 13:48

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Crimes environnementaux

Un tribunal spécial pour juger la multinationale Monsanto accusée d’écocide

par

 

C’est un procès sans précédent qui s’ouvre ce 14 octobre. Un collectif international d’ONG et de juristes organisent « le Tribunal Monsanto » à la Haye, aux Pays-Bas, où siège la Cour internationale de justice. L’objectif, précisent les organisateurs – dont Vandana Shiva, Corinne Lepage, Marie-Monique Robin ou Olivier de Schutter (voir la liste ici) – est de déterminer « si Monsanto est responsable de violations des droits humains, de crimes contre l‘humanité et d’écocide ».

Le projet du Tribunal part du constat que seules des actions au civil sont aujourd’hui possibles contre les firmes afin d’obtenir une indemnisation des victimes. Or, ces procédures sont un parcours d’obstacles pour les plaignants qui hésitent à investir temps et argent dans un procès à l’issue incertaine [1]. Ce tribunal vise, entre autres, à fournir des armes juridiques aux individus et communautés qui voudront poursuivre Monsanto devant de vraies juridictions.

 

De vrais juges, avocats, greffiers et plaignants

Le procès n’a pas de statut officiel, mais les organisateurs vont scrupuleusement respecter les procédures juridiques internationales. Outre la présence de greffiers et avocats, d’éminents juges siègeront dont Françoise Tulkens, ancienne présidente de la Cour européenne des droits de l’homme, et Dior Fall Sow, ancien membre du bureau du procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda. Ils entendront les témoignages de trente plaignants, certains victimes de pesticides, d’autres ruinés par les OGM ou expulsés de leurs terres, mais aussi des chercheurs dénonçant les pressions de Monsanto.


Les juges sont chargés d’évaluer les faits reprochés à Monsanto et de sanctionner les éventuels dommages sanitaires et environnementaux causés, au regard du droit international en vigueur. Ils devront notamment examiner l’opportunité de réformer le Statut de Rome créant la Cour pénale internationale afin d’y inclure le crime d’« écocide ». « Détruire l’environnement global, menacer la sûreté de la planète est une atteinte aux droits fondamentaux de l’homme et devrait être considéré comme un des crimes internationaux les plus graves, à l’image du génocide ou du crime contre l’humanité », nous confiait la juriste Valérie Cabanes, en septembre 2015.

 

Ouvrir les yeux de l’opinion publique

Invité à participer à ce tribunal citoyen, Monsanto s’est fendu d’une lettre ouverte dans laquelle il qualifie ce procès de « parodie », « où l’issue est connue d’avance ». Le groupe affirme notamment aider « les agriculteurs à limiter et à s’adapter aux changements climatiques » (notre enquête) et se dit convaincu qu’« une coexistence entre toutes les formes d’agriculture est possible ».

De leur côté, les juges font valoir leur indépendance [2]. Dans l’immédiat, deux jours d’audience sont programmés ces 15 et 16 octobre. Les audiences seront retransmises sur internet via le site monsanto-tribunal.org, afin de « contribuer à ouvrir les yeux de l’opinion publique sur les impacts de l’industrie agrochimique ». Le jugement, symbolique, sera mis en délibéré au 10 décembre.

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 13:07

 

Info reçue par mail

 

 

Pour info: Mikaël ex-nîmois avait présenté ses photos du 1er Forum Social Mondial à Tunis à l'université d'été d'ATTAC France à Nîmes en 2013, puis lors de notre festival de ciné-débats Mars ATTAC en 2014.
Une pétition est à signer. Des messages peuvent lui être adressés également.
 
 

 

-------- Message transféré --------

Bonjour à tou.te.s !


Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m'appelle Mikaël Doulson, je suis journaliste salarié dans un média associatif.

J'ai été interpellé samedi 1er octobre à 17h15 par la Police française à Calais, lors d'un rassemblement de soutien aux migrants qui vivent dans un camp surnommé "la Jungle", qui sera démantelé dans les jours qui viennent.


J'ai été accusé de "participation à une manifestation illégale, avec dissimulation du visage".

Ceci alors que j'étais simplement venu à Calais pour animer des ateliers de percussions avec les migrants, et écrire un article sur le rassemblement, dont j'ignorais qu'il n'avait pas été autorisé. De plus, si j'ai en effet couvert ma bouche et mon nez avec mon écharpe, c'était pour me protéger des effets délétères des gaz lacrymogènes utilisés massivement par la police ce jour-là, comme en atteste la vidéo ci-dessous.
La vidéo de mon arrestation montre bien mon attitude entièrement pacifiste, non-violente, et mon intention festive, n'ayant pas vocation à troubler l'ordre public ni à menacer des biens ou des personnes : https://www.youtube.com/watch?v=BZKT_e0jDIg (à 14 min).
 


Par ailleurs, cette vidéo et bien d'autres montrent l'usage disproportionné de la force  (matraques, grenades de désencerclement, gaz lacrymogènes, flash-ball) contre une population déjà fortement discriminée, vulnérable et laissée-pour-compte :


De nombreux cas de violences policières ont été recensés par l'association Calais Migrant Solidarity :


J'ai passé plus de 40 heures de Garde-à-vue dans une cellule de moins de 4 mètres carré dans des conditions épouvantables, humiliantes et indignes de la condition humaine : insalubrité extrême (sang et excréments maculant les murs et le sol), privation de sommeil (lumière allumée 24h/24h), interdiction de boire de l'eau pendant plusieurs heures, autant de pratiques relevant de la torture psychologique, visant à briser la résistance psychologique des prévenus avant leur passage en comparution immédiate. J'ai également été injurié (lorsque j'ai demandé poliment à boire, on m'a répondu "Non, et c'est moi qui décide connard !"), ce qui constitue par ailleurs une entorse au Code de déontologie de la police nationale.

Je dois rappeler ici que la France est régulièrement condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme et d'autres instances de juridiction internationale pour les mauvais traitements à l'égard des prisonniers et des personnes en garde-à-vue, et pour les conditions de détention qui sont contraires au droit international  (notamment à l'article 3 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme).

Au terme de la Garde-à-vue, je suis passé en comparution immédiate, comme si j'étais un dangereux criminel. J'ai demandé un report du procès pour avoir le temps de préparer ma défense avec mon avocate, et j'ai heureusement été remis en liberté jusqu'au jour du procès. 

Ainsi, mon procès aura lieu le Lundi 7 novembre 2016 à 14h, au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Adresse exacte : Place de la Résistance (la bien nommée !) - 62200 Boulogne-sur-Mer.

Dans ce cadre, je vous invite à venir nombreux et nombreuses à l'audience publique, pour me soutenir et par là-même soutenir la cause des migrants et des sans-papiers.
Car ce procès n'est pas seulement mon procès, mais aussi celui de toutes celles et ceux qui se battent pour défendre les libertés fondamentales : liberté d'expression, liberté de circulation, liberté de manifestation et de se rassembler, bref, liberté d'espérer, de s'organiser et d'essayer de construire ensemble un monde meilleur.


Le 7 novembre à partir de 12h, un repas partagé autogéré sera organisé sur la place devant le Tribunal, afin de faire connaissance avant le procès. L'idée est simple : chacun.e amène quelque chose à manger ou à boire, et on partage !

Si vous voulez m'aider, merci de prendre 30 secondes pour signer cette pétition de soutien et la diffuser largement sur Twitter et FB : https://www.change.org/p/8395154

Merci de faire circuler ce mail dans vos réseaux militants, auprès de vos amis, des membres de votre famille, des médias (alternatifs ou non), etc. afin de me soutenir, et demander au Procureur et au Tribunal de Grande Instance de Boulogne-sur-Mer l'abandon des charges qui pèsent sur moi.

Vous pouvez aussi m'aider à payer une partie des frais de mon procès (frais d'avocat, frais administratifs, amende éventuelle...), en me faisant un virement sur mon compte bancaire : IBAN : FR76 1350 6100 0090 7173 6800 164 et BIC : AGRIFRPP835Titulaire du compte : Mr MIKAEL DOULSON. Merci d'avance !

Si vous voulez, vous pouvez aussi m'écrire à l'adresse suivante : soutienamikael@riseup.net.


Continuons de nous battre au quotidien, et n'oublions pas le bon mot de Guy Bedos : "La liberté ne s'use que si l'on ne s'en sert pas".

Merci infiniment, la lutte continue,

A mon tour de vous dire : "A demain dans la rue, et à la vie debout !"

Je vous aime

Mikaël


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Soutien à Mikaël :
Procès le Lundi 7 novembre 2016 à 14h au Tribunal de Grande Instance de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Adresse : Place de la Résistance, 62200 Boulogne-sur-Mer.
Dès 12h : repas partagé devant le Tribunal pour faire connaissance.
Venez nombreux.euses !

 


 
 
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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 14:27

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Sur les réseaux
Tiens, un défi Facebook généreux et pas débile

 

 

http://api.rue89.nouvelobs.com/sites/news/files/styles/mobile2-tablette-article-retina/public/article/tablette_article/2016/10/video-fb_1.png

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a dix jours, Malik, un habitant du quartier des Vignes Blanches à Sarcelles (Val-d’Oise) a eu l’idée d’organiser avec l’aide d’amis une distribution de repas pour les réfugiés qui dorment dehors à Paris.

Il raconte au Parisien :

« Pour faire quelque chose pour eux, je me suis dit que le seul moyen que tout le monde se mette dedans, c’était d’utiliser Facebook. »

« On est partis, à une dizaine de voitures, chargées, à Stalingrad, à Porte de La Chapelle [des quartiers de Paris, ndlr] », explique à France bleu Diaby, un proche de Malik. Ils s’étaient munis de sandwiches, de boissons et de Tchep, un plat d’Afrique de l’Ouest.

« [Les réfugiés] nous ont remerciés, certains ont même invoqué des bénédictions, ça nous a fait chaud au cœur. »

 

La France des solutions
Et si on démultipliait la visibilité des citoyens qui prennent l’initiative  ? Pour répondre aux défis économiques, sociaux, environnementaux, Rue89 s’engage aux côtés de Reporters d’Espoirs pour diffuser la connaissance de la «  France des solutions  ».

 

« Nos quartiers ont un cœur »

A la manière du Ice Bucket Challenge et de sa propagation virale, Malik, chauffeur-livreur, a imaginé créer une chaîne de solidarité en lançant le même défi aux habitants d’un autre quartier de Sarcelles.

Dans une vidéo publiée sur son profil Facebook (qui comptabilise ce lundi soir plus de 40 000 vues), il explique :

« Voici le nouveau concept où les nominés de chaque cité devront remonter le défi suivant ! ! Nourrir les sans-abris en s’organisant avec les membres de son quartier. [...] On ne cherche pas à savoir qui payera le plus de nourriture mais on veut voir si chaque quartier est capable de remonter ce genre de défis. Sans l’aide des associations, montrons au monde que nos quartiers ont un cœur et surtout une bonne éducation.

 

Vidéo à voir ici

 

 

« Tout le monde a mis sa pierre à l’édifice »

C’est à Souleymane, 29 ans, dit Solo, du quartier des Sablons à Sarcelles, que le défi a d’abord été lancé par Malik et les autres.

Défi relevé, rapportait Le Parisien : mercredi 5 octobre au soir, à la maison de quartier, ils étaient plusieurs à préparer des sandwichs qu’ils ont ensuite distribués dans le XIXe arrondissement de Paris. Souleymane :

« Ici, tout le monde a mis sa pierre à l’édifice. Certains ont mis 10 euros, d’autres 20 euros. Même les petits, ils ont donné quelque chose. »

Le défi a ensuite été lancé au quartier des Lochères, toujours à Sarcelles, qui devraient le relever dans la semaine à venir selon Malik, qui vient de créer une page Facebook – Le grand défi – pour propager la chaîne de solidarité.

Interrogé par Rue89, le jeune homme assure que d’autres quartiers de banlieue parisienne vont rejoindre le mouvement dans les prochains jours.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 18:13

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Pollutions

Au Québec, écologistes et Amérindiens entrent en guerre contre un nouveau projet d’oléoduc géant

par

 

 

 

 

La polémique enfle au Québec autour d’un gigantesque projet d’oléoduc qui traverserait plusieurs centaines de rivières. Dans ses tuyaux, un pétrole issu des très polluants sables bitumineux de l’Alberta, qui sera ensuite acheminé vers l’Europe ou les États-Unis. Déjà recalée par Barack Obama pour son très controversé projet d’oléoduc Keystone XL, l’entreprise canadienne TransCanada voit grandir face à elle un front citoyen mené par les communautés autochtones et les organisations environnementales. Celles-ci redoutent une marée noire dans le Saint-Laurent ou ses affluents. Elles veulent que les gouvernements canadien et québécois tournent le dos aux hydrocarbures, et respectent leurs engagements pris lors de la COP21.

Ils sont une centaine à battre le pavé ce samedi 20 août, sur le pont qui relie Gatineau [1] à Ottawa. A l’avant du cortège, une grande banderole annonce la couleur : « Coule pas dans nos cours d’eau ! ». La « Marche pour nos rivières », partie sept jours plus tôt, s’achève devant le Parlement de la capitale du Canada. C’est la première action menée par le mouvement citoyen « Stop oléoduc Outaouais », né en avril. Objectif : empêcher le projet Énergie Est porté par la compagnie TransCanada de voir le jour [2].

Énergie Est n’est pas un ouvrage comme les autres. C’est le plus important projet d’oléoduc jamais imaginé en Amérique du nord : 4 600 kilomètres de tuyaux [3] entre les provinces de l’Alberta et du Nouveau-Brunswick, 1,1 million de barils de pétrole transportés chaque jour, 15,7 milliards de dollars d’investissement. Et 830 cours d’eau traversés, rien qu’au Québec. Un temps favorables au projet, les Québécois sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à se joindre à la contestation. Début 2014, seuls 19% d’entre eux se déclaraient hostiles au projet [4]. Fin 2015, ils étaient 57% [5]. Ce qui les inquiète le plus ? Les risques de pollution de l’eau potable et l’absence de transparence du processus d’évaluation.

 

Trois millions de personnes sans eau potable ?

Cette marche citoyenne marque une étape importante pour les opposants à Énergie Est. Elle leur aura permis d’obtenir le soutien de la municipalité de Gatineau, quatrième ville du Québec, et de se livrer à une belle revue d’effectifs. Parmi les invités venus ajouter leur voix à celle des marcheurs, des appuis de poids : la députée Manon Massé, du parti Québec Solidaire, l’archevêque de Gatineau, le vice-président de la Fonction publique canadienne, un responsable de la Confédération des syndicats nationaux et Jean-Guy Whiteduck, chef de la communauté amérindienne Kitigan Zibi Anishinabeg.

 

Dernière étape de la Marche citoyenne pour nos rivières, entre Gatineau et Ottawa.

 

« Nous, les peuples autochtones, n’avons pas été consultés par le gouvernement du Canada, intervient le chef autochtone. Nous sommes inquiets car l’eau est sacrée pour nous. Nous avons vu ce qui s’est passé au Saskatchewan ces dernières semaines et cela pourrait aussi se produire ici avec ce pipeline. » Le 20 juillet 2016, la fuite d’un oléoduc avait provoqué une marée noire dans la rivière Saskatchewan nord. Le tracé d’Énergie Est présente deux points particulièrement sensibles qui correspondent à la traversée du fleuve Saint-Laurent : au sud de la ville de Québec et à l’ouest de Montréal. « S’il y avait une rupture du pipeline à cet endroit, le pétrole s’écoulerait jusqu’à Montréal et on aurait trois millions de personnes sans eau potable », s’indigne Geneviève Nadeau, co-organisatrice de la marche.

 

Les précédents du Saskatchewan et du Michigan

Le bilan affiché par les transporteurs en matière de sûreté n’a pas de quoi rassurer les Québécois. Le 20 juillet dernier, 69 000 personnes ont été privées d’eau potable dans la province canadienne du Saskatchewan, suite à la fuite de l’oléoduc de la compagnie Husky Energy. Un rapport publié le 2 septembre à la demande des communautés autochtones de la région dénonce la lenteur de réaction de l’entreprise : 14 heures ! Pendant ce temps 250 000 litres de pétrole brut se sont déversés dans la rivière Saskatchewan nord. Près de deux mois après l’accident, son eau n’est toujours pas potable.

Six ans plus tôt, dans le Michigan (États-Unis), c’est un oléoduc de la compagnie Enbridge qui s’était rompu, déversant plus de 300 000 litres de « dilbit », ce pétrole bitumineux venu de l’Alberta, dilué avec des solvants afin de le rendre plus fluide. Le même pétrole que l’on retrouverait dans les tuyaux d’Énergie Est. Pointée du doigt pour l’extrême lenteur de son intervention le jour de la catastrophe – 17 heures après la première alerte –, Enbridge a estimé à 1,2 milliards de dollars le coût des opérations de nettoyage. « La question n’est pas "est-ce qu’il y aura des fuites", mais "à quel moment et quelle sera leur ampleur" », résume Sydney Ribaux, directeur général d’Equiterre, une ONG québécoise.

 

« Trop de risques pour trop peu de retombées »

S’appuyant sur les chiffres du Bureau de la sécurité des transports du Canada, l’ONG estime à 412 le nombre de fuites et déversements observés sur les oléoducs de TransCanada depuis 2004 [6]. Un chiffre contesté par l’entreprise basée à Calgary (Alberta), qui met en avant son nouveau système électronique de contrôle et de détection. Ce système permettrait à ses équipes, dans le scénario idéal, d’intervenir 13 minutes seulement après une fuite. Délai suffisant, néanmoins, pour laisser s’échapper 1,5 millions de litres de pétrole dans une rivière... « Même dans le cas d’une fermeture très rapide des vannes, on a une catastrophe », confirme Chantal Savaria, ingénieur géologue [7].

 

La raffinerie Suncor, près de Montréal, doit être alimentée par l’oléoduc Energie Est.

 

« Dans la majorité des cas, il faut plusieurs heures avant de détecter les fuites ou les déversements accidentels », poursuit la géologue. Le projet Énergie Est comporte « trop de risques environnementaux » pour « trop peu de retombées économiques », a reconnu le maire de Montréal Denis Coderre. Opposant de la première heure, Gérard Jean, édile de Lanoraie, une commune québecoise de 4 000 habitants, avait fait réaliser dès la fin 2014 une étude d’impact dont les conclusions font désormais autorité. Dans cette commune, l’arrivée de l’oléoduc causerait la perte de plus de 50 hectares de forêts et de tourbières et menacerait une réserve écologique protégée.

 

L’argument de l’emploi

Le regard dans le vague, Serge Simon observe le lac où il venait autrefois pêcher avec son père. « Le pipeline passerait sous la rivière des Outaouais, à dix kilomètres du lac des Deux Montagnes », indique d’un geste de la main le grand chef de la Nation autochtone Kanesatake [8]. « S’il y avait un déversement, ce serait un désastre écologique comme on n’en a jamais vu ici », lâche-t-il avec gravité [9]. Même son de cloche du côté de la réserve indienne de Wendake – qui compte entre 3 000 et 4 000 habitants – située à quinze minutes de la ville de Québec. « Le moindre déversement aurait un effet catastrophique pour les bélugas et l’ensemble de la faune aquatique », affirme Konrad Sioui, grand chef de la nation Huronne-Wendat. En juin, l’Assemblée des premières nations du Québec-Labrador (APNQL) a adopté une résolution officielle d’opposition au projet Énergie Est. Pour elle, ce projet ne respecte pas les droits ancestraux des Premières nations, menace leurs lacs et leurs rivières, favorise l’expansion de sables bitumineux et accélère les changements climatiques.

Si les communautés autochtones opposées à Énergie Est sont nettement majoritaires, ce genre de projet continue cependant de susciter des débats en leur sein même, concède Ghislain Picard, chef de l’APNQL. « Nos dirigeants doivent d’un côté protéger l’environnement et, de l’autre, répondre aux besoins économiques de leur population ». Dans les réserves, le taux de chômage et le manque de perspectives sont criants. « Nous sommes toujours en situation de rattrapage sur le plan de l’éducation, de l’emploi, de la santé », déplore Ghislain Picard. Dans ce contexte, les perspectives d’emplois sont parfois difficiles à refuser. Et quand TransCanada annonce la création de 14 000 emplois, dont 3 000 au Québec, certains y voient la promesse d’un avenir meilleur. « Peut-on réellement se passer d’un projet d’investissement privé qui créerait et maintiendrait annuellement plus de 14 000 emplois directs et indirects au pays, dont près de 25% au Québec ? », écrivent d’une même main le PDG de la Fédération des chambres de commerce et le PDG du Conseil du patronat du Québec [10].

 

Alliance des syndicats et des ONG environnementales

L’argument de l’emploi, la Fédération des travailleurs du Québec n’y croit plus. Il n’y aurait pas plus de 33 emplois directs créés durant la phase d’exploitation, avance Marc-Edouard Joubert, président du Conseil régional du principal syndicat du Québec. Un chiffre que ne conteste pas Énergie Est [11]. Pour le dirigeant syndical, l’affaire est entendue : « Les 33 emplois créés ne contrebalancent pas les risques de déversement associés au déploiement d’un oléoduc sur le territoire québécois. » Et d’ajouter : « l’exploitation des sables bitumineux est sale. On devrait l’arrêter ». Une manière de signifier que l’opposition à cet oléoduc s’inscrit dans un combat bien plus large que la prévention des marées noires.

 

Manifestation contre Energie Est à Montréal, le 11 août 2016.

 

« Le plus grand risque que pose Énergie Est, martèle Sydney Ribaux, le directeur général d’Equiterre, c’est de permettre l’expansion des sables bitumineux en Alberta et au Saskatchewan. L’extraction de ce pétrole émet trois à quatre fois plus de gaz à effet de serre que celle du pétrole conventionnel ». Patrick Bonin, responsable de la campagne climat-énergie à Greenpeace Canada, dénonce quant à lui « la destruction de la forêt boréale », « l’utilisation massive d’eau et de gaz naturel » pour extraire le bitume et « la création de grands réservoirs toxiques remplis de produits chimiques », qui menacent la santé des communautés autochtones de l’Alberta [12].

 

Les promesses de Justin Trudeau à l’épreuve des faits

Sortir ou ne pas sortir de l’extrême dépendance au pétrole héritée des années Harper, Premier ministre conservateur de 2006 à 2015, telle est la question que semblent se poser les dirigeants canadiens. Fraîchement nommé Premier ministre, Justin Trudeau avait pris tout le monde de court en s’engageant lors de la COP21 à réduire les émissions du Canada de 30% d’ici 2030. Un défi colossal pour ce pays qui figure dans le quatuor de tête des plus gros émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre par habitant, aux côtés de l’Australie, de l’Arabie Saoudite et des États-Unis. « Si le Canada prend au sérieux ses propres engagements à la COP21, il doit mettre un moratoire sur les futurs projets dans les sables bitumineux », estime le géologue canadien David Hugues [13].

 

Marche d’ouverture du Forum social mondial à Montréal le 9 août 2016.

 

Mais depuis la conférence de Paris, rien ne semble avoir changé. La promesse électorale du candidat Trudeau de réformer l’Office national de l’énergie (ONE), organisme chargé notamment d’évaluer les projets d’oléoducs, est restée lettre morte. Or ce « tribunal de l’énergie », accusé de servir les intérêts des compagnies pétrolières et gazières, vient d’entrer en crise ouverte. La 9 septembre, sous le feu des critiques, les trois commissaires en charge de ces audiences ont décidé de jeter l’éponge. Pendant ce temps-là, Philippe Couillard, le Premier ministre du Québec, joue les équilibristes. Son projet de loi de transition énergétique, qui doit être soumis à l’Assemblée nationale en octobre, prévoit, dans un même élan, de réduire la consommation d’hydrocarbures de 40 % d’ici 2030 et de renforcer les droits d’exploration et d’exploitation des entreprises pétrolières et gazières. Si cette loi est votée en l’état, prévient le juriste et sociologue Richard Langelier, « les compagnies auront un droit prioritaire d’accès aux terrains des résidents durant la phase de prospection ». Elles pourront même les exproprier, insiste-t-il, si elles trouvent du gaz ou du pétrole sur leur propriété.

 

Un mouvement de mobilisation « sans précédent »

Interrogés sur les conséquences du projet d’oléoduc géant, ni TransCanada, ni l’ONE, ni le ministère de l’Environnement du Québec n’ont souhaité nous répondre. Alors que les forages exploratoires se multiplient le long du fleuve Saint-Laurent, en Gaspésie et jusque sur l’île d’Anticosti, Énergie Est apparaît de plus en plus clairement comme le maillon central d’une stratégie pro-hydrocarbures. L’oléoduc de TransCanada pourrait ainsi servir à la fois à transporter les pétroles bitumineux de l’Alberta et les pétroles de schiste du Québec. Un défi énorme pour le mouvement de résistance organisé autour des peuples autochtones et des 130 comités citoyens du Réseau vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ).

 

Anne-Céline Guyon, porte-parole de STOP oléoduc, au bord du Saint-Laurent, près du lieu de passage prévu pour Energie Est.

 

C’est « un mouvement sans précédent dans l’histoire du Québec », se félicite la porte-parole de ce réseau, Carole Dupuis. « On ne lutte pas seulement contre Énergie Est mais surtout contre l’exploration, l’exploitation et le transport des énergies fossiles en général », précise Anne-Céline Guyon. Selon la porte-parole de Stop oléoduc, l’heure est à la convergence des luttes. Notamment avec les Premières nations, dont les revendications ne sont pas toujours en phase avec celles des autres communautés, mais dont la capacité d’action reste intacte. « Si tous les autochtones du Canada se soulèvent en même temps, les choses vont changer », prévient Serge Simon.

 

Bloquer au Québec, boycotter en Europe

Le grand chef Kanesatake se dit prêt, s’il le faut, à « bloquer physiquement » l’avancée de l’oléoduc. Serait-ce le grain de sable capable d’enrayer la mécanique bitumineuse ? C’est ce que croit le sociologue Eric Pineault [14]. « Dans ce combat qui, selon moi, va définir le Canada du 21ème siècle, explique-t-il, les communautés autochtones ont un avantage sur les citoyens québécois : elles peuvent exercer une souveraineté ». Aujourd’hui, observe le sociologue, ce sont les communautés autochtones qui bloquent les autres grands projets d’oléoducs dans l’ouest Canadien.

Aux États-Unis, les autochtones étaient déjà en première ligne dans la lutte contre le projet Keystone XL de la compagnie… TransCanada (Lire notre précédent article sur Keystone XL). Un projet rejeté par Barack Obama en février 2015. Bloquée au sud, l’entreprise albertaine mise énormément sur la route de l’est qui lui ouvrirait les marchés européens et asiatiques. Pour Anne-Céline Guyon, il faut maintenant organiser la mobilisation des Européens, clients potentiels de ce pétrole bitumineux. Et utiliser l’arme du boycott.

Texte et photos : Samy Archimède

- sauf photo de une : CC Lenny K Photography

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 17:31

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Luttant contre la publicité, les déboulonneurs passent en procès

12 octobre 2016 / par Emilie Massemin (Reporterre)
 

 

 

Mardi 11 octobre, sept membres du collectif anti-pub les Déboulonneurs étaient convoqués au tribunal. Ils sont accusés d’avoir inscrit des messages anti-pub sur des panneaux publicitaires numériques. Ils ont plaidé la liberté d’expression et l’état de nécessité face aux dangers de la publicité.

 

« Nous dénonçons l’emprise de la publicité dans l’espace public. » Henri, 28 ans, à la barre de la 10e chambre du Tribunal correctionnel de Paris, mardi 11 octobre, est bien décidé à défendre le sens de son action. La présidente du tribunal, visiblement excédée et fatiguée après déjà plus de quatre heures d’audience (il fallait traiter d’autres affaires avant), ne lui en laissera pas l’occasion : « Non, çà c’est le mobile. Pour vous exprimer, il y a les médias, les tribunes. Le tribunal n’est pas là pour s’exprimer. Que faisiez-vous ce jour-là ? »

Ce jour-là, c’est le 2 mai 2015. Les membres du collectif des Déboulonneurs se retrouvent place d’Aligre, dans le XIIe arrondissement de Paris. Le mégaphone, les affichettes, les tracts et les bombes de peinture, tout est prêt. Arrivé Gare de Lyon vers 15 h 30, le petit groupe file directement vers le hall 2. Là, cinq d’entre eux inscrivent des messages anti-pub - « Attention à la pub en descendant du train », « Liberté de réception » ou encore « La pub pollue nos rêves » - sur huit panneaux publicitaires numériques situés à proximité des voies 17 et 19.

 

 

Apparus en 2008 dans les gares et les métros parisiens (ils restent pour l’heure interdits en surface), ces écrans cristallisent l’opposition du collectif anti-pub qui réclame leur interdiction. « Impossible d’y échapper, leur reproche Raphaël, un des prévenus. Des chercheurs en neurosciences ont mis en évidence le fait que nous avons le réflexe de tourner les yeux vers ce qui bouge, ce qui est lumineux. On est obligé de regarder et de réceptionner le message publicitaire, ce qui constitue une atteinte à nos libertés démocratiques. »

 

Troubles de l’attention et obésité sont favorisés par la publicité

Sans compter les risques pour la santé publique : « L’omniprésence agressive de publicité provoque des sollicitations et des interruptions attentionnelles régulières, sinon constantes, alerte le psychiatre Christophe André, qui a envoyé une lettre de soutien aux Déboulonneurs. Parmi les impacts de ces vols d’attention figurent l’affaiblissement des capacités de continuité attentionnelle (la concentration), la dérégulation de l’autocontrôle (difficulté à contrôler ses impulsions à acheter, boire, manger, etc.) et la réduction des temps de repos cérébraux. » Isabelle Darnis, diététicienne-nutritionniste convoquée comme experte au procès, renchérit : « Les publicités incitent à manger des produits mauvais pour la santé, favorisent l’obésité infantile – un enfant sur quatre dans certaines zones - et provoquent des troubles du schéma corporel chez les jeunes filles. »

Alertées par l’attroupement qui se forme autour des membres du collectif, la police et la sûreté ferroviaire sont intervenues rapidement, ce 15 mai. Elles ont embarqué les cinq « barbouilleurs » d’écran, ainsi qu’un porteur du mégaphone et un distributeur de tracts. Menottés, les sept amis ont d’abord été conduits au commissariat de la gare, puis à celui du XXe arrondissement....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 16:47

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Un mouvement d’opposition de masse a émergé en Pologne
8 octobre 2016 | Par Amélie Poinssot
 
 
 
Une organisation citoyenne pour faire pression sur les partis politiques : c’est l’ambition du KOD (Comité de défense de la démocratie), créé l’an dernier en opposition au tournant ultraconservateur pris par Varsovie. Rencontre avec Mateusz Kijowski, son président.

Mateusz Kijowski est l’un des fondateurs du KOD (Comité de défense de la démocratie), une organisation citoyenne créée l’an dernier pour réagir au tournant ultraconservateur opéré par le PiS (Droit et Justice), arrivé au pouvoir à l’automne 2015. Cet informaticien, ancien blogueur, activiste dans différents domaines, est l’une des belles surprises de ces derniers mois en Pologne. Face à un pouvoir qui s’enferme dans des positions de plus en plus radicales – il a cherché à interdire totalement l’avortement, projet finalement abandonné cette semaine –, le KOD est à l’origine des plus grandes mobilisations que le pays ait connues depuis la chute du communisme. Mediapart a rencontré Mateusz Kijowski, maintenant président de l'organisation, à l’occasion d’une visite à Paris.

 

Mediapart : Quel est l’objectif du KOD ? Est-ce que l’organisation a une ambition politique ?

Mateusz Kijowski : Depuis sa naissance, l’an dernier, le KOD est une organisation politique dans le sens où il a l’ambition de changer la politique en Pologne. Mais nous ne voulons pas devenir un parti, car nous sommes un mouvement citoyen, nous voulons être un partenaire de discussion : de cette manière, nous pouvons discuter avec toutes les formations de l’échiquier politique car nous ne concurrençons personne.

 

Mateusz Kijowski, chef de file du KOD (Comité de défense de la démocratie) © Amélie Poinssot Mateusz Kijowski, chef de file du KOD (Comité de défense de la démocratie) © Amélie Poinssot

 

Nous sommes par ailleurs convaincus que la Pologne n’a pas besoin aujourd’hui d’un nouveau parti : ils sont en nombre suffisant et représentent l’ensemble du spectre idéologique. Dans un moment où tout le monde se plaint que les partis soient affaiblis, qu’ils n’écoutent pas les citoyens, qu’ils aient des programmes de piètre qualité, nous voulons travailler à ce qu’ils s’améliorent plutôt que de reproduire les mêmes problèmes.

 

Ne manque-t-il pas une formation de gauche en Pologne ?

Il y a un manque au parlement, certes… mais des partis de gauche, il y en a plusieurs en Pologne. Il y a bien entendu le SLD [Union de la gauche démocrate, parti social-démocrate, postcommuniste – ndlr], le SDPL [Social-démocratie Pologne – ndlr], Razem [Ensemble, parti alternatif se disant proche de Podemos en Espagne – ndlr], les Verts, mais aussi le parti Liberté et Égalité, l’Union du Travail… Ce sont pour la plupart de tout petits partis, qui se sont développés dans l’entourage du SLD et ont traversé des divisions diverses… À l’exception de Razem, qui est complètement nouveau.

Il ne manque pas de parti de gauche en Pologne ; il manque plutôt des idées de gauche. Si elles avaient de bonnes idées, toutes ces formations se rejoindraient aussitôt et trouveraient du soutien, car il existe un électorat de gauche en Pologne. Il faut que les militants se mettent au travail ! Nous, comme citoyens, on essaye de les pousser à cela. Nous avons ainsi invité toutes les organisations pro-démocratiques autour d’une coalition intitulée Liberté, égalité, démocratie : les partis de gauche que je vous ai cités, ainsi que Nowoczesna [Moderne, parti libéral fondé l’an dernier par un ancien banquier – ndlr], les Démocrates européens, qui représentent quelques députés exclus de PO [Plateforme civique, droite libérale, à la tête de la Pologne jusqu’en 2015 – ndlr], l’Union des libertés et l’Union démocratique fondées après la chute du communisme par des figures intellectuelles polonaises, et le PSL [le parti paysan – ndlr]. Chez PO, de nombreuses personnes ont exprimé l’envie de nous rejoindre, nous collaborons avec elles, mais officiellement, le parti ne fait pas partie de notre coalition.

Heureusement, nous n’avons pas d’élections prochainement : ce n’est pas une coalition électorale, et c’est plus facile de collaborer. Nous pouvons apprendre, discuter ; il n’est pas question de places sur des listes électorales, ni d’attribution de budget, ni de répartition des postes ! De toute façon, le KOD n’étant pas un parti politique, nous sommes juste une sorte de parapluie, de modérateur, d’intermédiaire entre les différentes formations.

 

Concrètement, que faites-vous ?

En ce moment, nous essayons d’organiser avec cette coalition des débats de fond sur des thèmes qui nous semblent incontournables. Le premier aura lieu à la mi-octobre et portera sur l’éducation – le gouvernement est en train de préparer une réforme qui va ruiner notre système éducatif… Le KOD est par ailleurs membre d’une initiative intitulée « Non au chaos à l’école » qui regroupe les principaux syndicats enseignants, des directeurs d’écoles privées, des instituts de recherches spécialisés, des associations pédagogiques… C’est avec ce collectif que nous organisons ce débat. Il nous paraît essentiel, car il n’existe nulle part aujourd’hui en Pologne, ni au parlement, ni dans l’espace public. Des experts, des politiques, les médias seront invités… et ce sera ouvert à tous.

Le débat suivant portera sur l’État de droit, c’est-à-dire le système judiciaire, la Constitution, etc. Ensuite, ce sera les médias et la culture, puis la Pologne dans l’Union européenne, puis les questions environnementales… Et nous aurons probablement un débat sur le patriotisme qui nous permettra de parler de xénophobie, du nationalisme, etc.

Au printemps, nous prévoyons en outre un « congrès de la démocratie » où ces thèmes seront de nouveau débattus, avec d’autres, au sein d’un événement plus grand. J’espère que ce sera l’occasion de montrer que les forces défendant les valeurs démocratiques sont capables de travailler ensemble et que des idées émergeront pour renforcer encore davantage la coopération.

 

Donner envie aux Polonais de discuter et de s'engager

Le KOD est également à l’origine de nombreuses manifestations

En effet, bien qu’elles ne soient qu’une partie de notre activité, c’est ce qu’il y a de plus visible. Le KOD est né précisément de la tribune de l’ancien opposant Krzysztof Łoziński, diffusée le 18 novembre 2015, et dont le titre était : « Il faut créer le KOD ». Cet article comparait la situation actuelle à celle des années 1970 en Pologne qui ont vu la naissance du KOR [Comité de défense des ouvriers, premier mouvement d’opposition au régime communiste, né dans les rangs de l’intelligentsia – ndlr]. Il disait qu’il fallait agir de manière similaire, c’est-à-dire de façon ouverte et vigilante… C’est ainsi que nous avons commencé, avec cette différence que le KOR était une petite organisation de trente membres avec tout un tas de personnes qui suivaient de loin, tandis que nous sommes devenus tout de suite un gros mouvement.

Dans son texte, Łoziński indiquait les trois principaux champs sur lesquels le KOD devait se concentrer. Premièrement : observation du pouvoir et commentaire, protestation, quand nécessaire. Deuxièmement : éducation, autrement dit construction d’une conscience sociale autour des questions de démocratie et de société. Troisièmement : entraide. Il s’agit d’aider les gens qui perdent leur travail à cause de leur engagement, en particulier des journalistes, mais aussi des chefs d’entreprises publiques.

Nous avons commencé avec les manifestations car c’était le plus urgent à faire, mais nous nous sommes rapidement mis à organiser des rencontres, des discussions, des débats… Aujourd’hui, il y a des dizaines de débats par semaine en Pologne ! De nombreux journaux sont maintenant à l’origine de ce genre d’événements, notamment des journaux locaux et des sites internet comme demokratio.pl à Gdańsk. Notre objectif, c’est de donner envie aux Polonais de discuter, de s’écouter les uns les autres, de réfléchir, de s’engager… C’est très important, car ces discussions ont manqué ces derniers temps en Pologne.

 

 

Manifestation contre l'interdiction de l'avortement, lundi 3 octobre, à Varsovie © Reuters Manifestation contre l'interdiction de l'avortement, lundi 3 octobre, à Varsovie © Reuters...
 
*Suite de l'article sur mediapart.fr
 
 
 
 
 
 
                                                                       
 
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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 15:37

 

Source : https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/action-en-cours-ceta-avis-de-demolition-de-l-agriculture

 

 

Action en cours / CETA : Avis de démolition de l’agriculture

 

À une semaine du vote du Conseil des ministres du Commerce de l’UE qui devrait donner son aval à la signature de l’accord avec le Canada, des ouvriers viennent d’entamer la démolition du ministère de l’Agriculture en vue de son transfert au ministère de l’Industrie (photo).

 

 

Nos organisations dénoncent les effets dévastateurs du CETA sur l’agriculture. En effet, cet accord, dont la Commission européenne et le gouvernement français souhaitent une application « provisoire » dès cet hiver, entraînerait une accélération sans précédent de l’industrialisation de l’agriculture européenne.

Les élevages bovins et porcins, déjà extrêmement fragilisés, seront mis en concurrence avec des dizaines de milliers de tonnes de viande issue de fermes-usines qui entreront sur le marché sans droits de douane. Au-delà, le CETA se traduirait par un développement massif des cultures et importations d’OGM, dont le Canada est le 3e producteur mondial, et par un affaiblissement de la réglementation sanitaire et environnementale au profit des multinationales. Les mécanismes de coopération réglementaire et de protection des investissements permettraient, par exemple, de s’opposer à toute volonté publique de réduction ou d’interdiction de l’utilisation de certains pesticides, contrairement à ce qui a été prévu pour les néonicotinoïdes dans la loi Biodiversité.

Le gouvernement s’évertue à présenter le CETA comme un accord vertueux et bénéfique pour les intérêts français, tout en laissant croire qu’il ne veut pas de son grand frère le TAFTA. Nos trois organisations rappellent que la signature du CETA sacrifierait notre souveraineté démocratique et des pans entiers de notre agriculture. Accepter les accords de libre-échange, c’est renoncer à changer enfin de cap pour l’agriculture paysanne et une alimentation de qualité pour tous.

 

Aller plus loin

 

 

 

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Source : https://reporterre.net

 

 

Ceta, l’accord de libre-échange avec le Canada, contesté devant le ministère de l’Agriculture

11 octobre 2016 / Barnabé Binctin (Reporterre)
 

 
 
 

Plusieurs associations opposées au traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne ont mené ce matin une action devant le ministère de l’Agriculture. Programmée pour le 27 octobre, la signature officielle du Ceta ouvrirait la porte à une libéralisation massive de l’agriculture et à une fuite en avant dans la logique productiviste.

 

- Paris, reportage

« Ceta – Permis de démolir. » Le message est affiché clairement, sous le fronton du ministère de l’Agriculture. Combinaisons blanches et casques de travail, plusieurs ouvriers s’activaient, tôt ce mardi 11 octobre, aux préparatifs du chantier, rue de Varenne, à Paris. Un chantier évidemment « interdit au public ». Cerné de rubalise, encerclé de grillage, le bâtiment ministériel a vu ses fenêtres placardées de ses faux-panneaux de permis de travail, sur lesquels on pouvait lire : « Bénéficiaire : les multinationales. Nature des Travaux : Transfert au ministère de l’Industrie. Superficie du terrain : 28 millions d’ha. Le dossier peut être consulté sur le bureau de Matthias Fekl. »

 

 

Un démantèlement de l’agriculture française ? « Nous allons tout simplement perdre le contrôle de notre politique agricole si l’on signe le Ceta », explique Thomas Borrell, chargé de mission Tafta aux Amis de la Terre. « Ce traité promet une destruction en règle de l’agriculture française », poursuit Emmanuel Aze, secrétaire national à la Confédération paysanne et arboriculteur dans le Lot-et-Garonne. Aux côtés d’Attac, les deux organisations menaient ce matin cette action pacifique pour dénoncer les « lobbys du commerce » et leur représentant, Matthias Fekl, le secrétaire d’État chargé au commerce extérieur, qui font planer avec le traité de libre-échange UE-Canada d’importantes menaces sur l’avenir de la profession agricole, et ses 28 millions d’ha de terres en France.

« Il faut sensibiliser nos concitoyens aux nombreux risques du Ceta », lance au micro Dominique Plihon, porte-parole d’Attac. L’accord avec le Canada reste encore, certes, moins connu que son jumeau le Tafta. « Il est loin d’être abandonné, disons plutôt qu’il est suspendu. Mais si le Ceta venait à être signé, cela pourrait bien relancer le processus », met en garde Emmanuel Aze.

Quoiqu’il en soit, les dangers restent semblables. « Le Ceta comporte toutes les dispositions promises dans le Tafta, qui nuiront à l’environnement, à la qualité de vie, à l’emploi ou aux services publics en Europe comme en Amérique du Nord, écrivait ainsi Amélie Canonne dans une tribune publiée sur Reporterre, le mois dernier. Il comprend aussi une version à peine édulcorée du fameux “ISDS”, qui conserve intact l’arbitrage d’investissement et assure des privilèges inacceptables aux multinationales canadiennes ».

 

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L’économiste Dominique Plihon, porte-parole d’Attac.

Pouvoir exorbitant des investisseurs privés sur les représentations nationales, manque de transparence dans les négociations –, incohérence avec les objectifs de la COP21,… Les motifs de contestation de ces accords de libre-échange ne manquent pas...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

 

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