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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 13:57

 

Source : http://blogs.mediapart.fr

 

 

 

LE PIÈGE DU SOUVERAINISME DANS LA DÉBÂCLE GRECQUE

 

by Yannis Youlountas · 13/08/2015

 

 

 

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Un contresens répandu sur les causes et les conséquences du troisième mémorandum qui vient d’être signé par Tsipras.

 

LE PIÈGE DU SOUVERAINISME DANS LA DÉBÂCLE GRECQUE

13 août 2015. Athènes est tombée. La chose est entendue depuis un mois exactement. Ceux qui en discutent encore ne s’opposent plus que sur des chiffres situés après la virgule et sur des éléments de langage, notamment l’épineuse question d’utiliser ou pas le mot « trahison » pour qualifier la volte-face de Tsipras et de ses conseillers. Certains m’ont écrit pour me suggérer de ne pas utiliser ce mot. D’autres voulaient, au contraire, que je tire sur l’ambulance.Lassé par ces chamailleries d’apothicaires, j’ai choisi le silence fin juillet. L’essentiel était dit. Le reste devenait fioritures, toilette mortuaire et embaumement. Mais sans messe funèbre : la plupart de mes amis français continuaient à veiller inexorablement et à espérer l’impossible réveil d’un cadavre en décomposition politique. Le Tsipras de la victoire du 25 janvier était momifié amoureusement par ses fans dévastés, mêlant le déni de réalité à la thanatopraxie. Je n’avais plus rien à faire là et je suis sorti du débat anachronique sur la pointe des pieds.Sortie de la zone euro, abracadabra !Depuis, j’observe parfois le délire des analyses et des commentaires, la confusion des causes et des solutions. Et un mot, un seul mot, plus que tout autre, revient sur toutes les lèvres : souverainisme. Autrement dit, la cause principale du problème serait l’hétéronomie politique du gouvernement grec dominé par les institutions supranationales. Et la solution, élevée au rang de formule magique, se résumerait en une seule phrase : « sortie de la zone euro, abracadabra ! »

 

Permettez-moi de sourire. Le problème du souverainisme est l’arbre qui cache la forêt et occulte le vrai débat. Pire encore, appelons un chat un chat : le souverainisme est le principal piège de la débâcle grecque, tant avant qu’après le 13 juillet.

 

Même sous la pression, un choix reste un choix

 

Pourquoi ? Parce que, contrairement à ce que raconte tout le monde, ou presque, personne n’a imposé la capitulation à Tsipras. Il y a eu des débats, certes. Des combats, bien sûr. Un bras de fer, évidemment. Mais il n’y a eu ni épée, ni revolver, ni bombe, ni missile qui ait menacé la vie des protagonistes. Aucun de ces notables, confortablement installés entre fauteuils en cuir et table en chêne, café et croissants, douceurs et jus d’orange, n’a été décapité, affamé, licencié, expulsé de son domicile, privé de soins. Arrêtons de dire n’importe quoi. Il ne s’agissait que de pressions politiques, aussi fortes fussent-elles. Et même sous la pression, un choix reste un choix. Ne pas entendre les propositions de la plateforme de gauche de Syriza, depuis des mois, n’était pas lié à un problème auditif, mais à une volonté politique. Se couper du mouvement social et des chercheurs indépendants en économie et en philosophie politique ne relevait pas d’une panne de téléphone, mais d’une préférence réfléchie pour d’autres conseillers véhiculant des idées modérées et le germe de la renonciation. Ne consacrer qu’une seule après-midi au travail colossal de la commission pour l’audit de la dette grecque pour, ensuite, ne pas en tenir compte et feindre d’oublier la possibilité d’annuler la dette, n’était pas le fait d’une amnésie passagère due au surmenage, mais d’une option politique claire et même d’un choix paradigmatique.

 

Bref, le gouvernement Tsipras a été pleinement souverain dans sa décision, face aux instances supranationales, et prétendre le contraire, c’est oublier un peu vite que la vie politique, comme la vie en général, est l’objet de tensions incessantes, parfois très vives, qui n’éliminent pas pour autant toute capacité à choisir nos pensées et nos actes. Oui, le gouvernement grec a été souverain et, oui, il avait d’autres options possibles que la capitulation. Le nier, c’est contribuer au TINA imaginaire qui altère la volonté et renforce la résignation. Un mois après, il est temps de se réveiller et d’ouvrir les yeux.

 

Les deux débats corollaires, sur les moyens et sur la légitimité de la décision, ont également été tronqués. Je ne reviendrai pas sur les moyens, souvent abordés ici. Tout ce qui est évoqué plus haut suffit à réfuter totalement le discours mensonger qui parle d’absence d’alternative : les propositions de la plateforme de gauche, du mouvement social très créatif, notamment dans l’autogestion, des chercheurs indépendants ou encore de la commission pour l’audit de la dette ont purement et simplement été rejetées.

 

Stopper l’austérité, un point c’est tout

 

L’autre débat occulté concernait la légitimité de sortir ou pas de l’euro. Là encore, plus le stratagème est gros, mieux il passe. Quel était exactement le mandat principal du gouvernement Syriza-Anel, au lendemain de sa formation le 27 janvier ? Plus que jamais, les choses étaient claires, très claires. C’était même le seul sujet de la campagne électorale en janvier : stopper l’austérité, un point c’est tout. Le reste, rarement abordé, n’était que discussion annexe. Le mandat principal de Tsipras n’était pas d’éviter ou d’oser, au contraire, une sortie de l’euro, mais précisément d’éviter un nouveau mémorandum avec son lot de casses sociales, de coupes budgétaires et de dilapidations du bien commun. Ou, pour le dire autrement : s’il n’avait certes pas de mandat explicite pour sortir de la zone euro, il en avait encore moins pour imposer trois ans d’enfer supplémentaire, de surcroît juste après le OXI à 61% au référendum du 5 juillet. Virguler aujourd’hui autour de son mandat concernant l’euro pour justifier son choix, c’est tout simplement se moquer du monde.

 

Tsipras a joué la carte de l’unité nationale

 

Non seulement la décision du gouvernement Tsipras a été souveraine, mais en plus elle est intervenue au terme d’une dérive politique qu’il est indispensable d’évoquer ici. Le salut national — qui nous rappelle de mauvais souvenirs politiques en France — a progressivement remplacé le discours sur les inégalités sociales, au fil des mois. La misère des plus démunis s’est progressivement transformée en nation en péril. Les rapports de classes ont été balayés au profit des rapports en pays, plus ou moins amicaux ou rivaux à l’égard de la Grèce. Tsipras a joué la carte de l’unité nationale et de l’amalgame de l’identité grecque des victimes de « la crise », et, ce faisant, il a gagné son statut de chef en Grèce, aux yeux d’une majorité de la population. Chef du gouvernement en l’occurrence. Et surtout chef d’état parmi ses semblables. L’ancien gendre idéal au regard si doux est devenu l’homme de confiance, mûr, posé et réfléchi, puis le guide inflexible, autoritaire, mais dévoué faisant de son mieux dans l’intérêt du pays tout entier. Un pays uni, selon lui, dans le mélange de situations sociales non seulement hétérogènes, mais surtout antagonistes.

 

A celles et ceux qui, dans l’aile gauche de Syriza ou au-delà dans la gauche et dans le mouvement social, rappelaient que l’Allemagne, c’est douze millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté, que la France, c’est toujours plus de laissés pour compte dans tous les domaines et, surtout, que la Grèce, c’est aussi des patrons rapaces et leur lot de collaborateurs complices dans la hiérarchie des entreprises et des administrations, Tsipras insistait souvent sur la gravité du moment : ne pas se désunir, éviter les conflits sociaux et faire les bons choix dans l’intérêt de tous.

 

L’incroyable pouvoir de décider et de signer au nom de millions de personnes

 

C’est précisément une attitude souverainiste. Oui, vous avez bien lu : à ceux qui vous parlent de souverainisme comme d’une baguette magique qui eut été nécessaire en Grèce, vous pouvez les envoyer jouer aux billes. Car c’est exactement le chemin qu’a malheureusement pris Tsipras, ces derniers mois, en déplaçant la tension nécessaire entre les classes sociales sur le terrain des tensions — d’un autre type — entre gouvernements au prétexte illusoire de régler, par la négociation à l’échelle des états, de profondes inégalités sociales au sein de chacun d’entre eux. Il s’agit tout simplement d’un transfert de compétence depuis les mouvements sociaux des territoires en luttes vers le petit groupe de notables disposant de l’incroyable pouvoir de décider et de signer au nom de millions de personnes. C’est la réunion spectaculaire des puissants au prétexte frauduleux d’améliorer le sort des faibles, avec, fort logiquement, le résultat inverse.

 

Est-ce vraiment cela une politique de gauche ? Est-ce un mode d’action cohérent pour un gouvernement d’inspiration marxiste ?

 

Et c’est là qu’intervient le dernier point. Rappelez-vous qui est au pouvoir, depuis janvier, aux côtés de ministres Syriza : le principal parti souverainiste en Grèce, ANEL, aussi appelé Grecs indépendants. A-t-il critiqué ce mode d’action ? Non, bien sûr, il l’a approuvé, après avoir fait semblant de râler, le temps de reprendre du dessert. Ses députés ont-ils refusé l’accord du 13 juillet, lors des votes du 15 et du 22 juillet au parlement ? Non, ils ont voté la totalité des mille pages organisant le désastre, avant de retourner à la buvette. Le ministre membre des Grecs indépendants a-t-il finalement démissionné et quitté le gouvernement ? Pas du tout. Les Grecs indépendants ont obtenu un deuxième portefeuille ministériel, et hop ! Tout va bien pour eux ! Ça continue !

 

Alors, le souverainisme est-il la solution ? Non, comme on vient de le voir, c’est au contraire l’un des problèmes principaux de ces derniers mois.

 

C’est pourquoi, en France et ailleurs, en dépit des pleurnicheries tous azimuts — qui sont parfois des larmes de crocodiles — et des lamentations sur l’hétéronomie politique du gouvernement Syriza-Anel (désormais sans l’aile gauche de Syriza) sous la dictée des institutions supranationales, il serait bon d’arrêter de rejeter toutes les responsabilités sur les autres et de se cacher derrière son petit doigt. Bien sûr la responsabilité de ces institutions est immense, mais ce n’est pas elles qui ont littéralement décidé de tout ce qui vient de se passer pour les classes populaires en souffrance en Grèce, comme pour les pans entiers de nature mis en vente. Non, au bout du compte, c’est le gouvernement grec qui a refusé toutes les autres options depuis six mois, en allant jusqu’à dire qu’elles n’existaient pas.

 

La baguette magique du souverainisme cache en réalité un sceptre

 

Et la sortie de l’euro ? Ce moyen, parmi d’autres, n’est en rien l’apanage des uns ou des autres. Il n’y a aucun brevet « sortie de l’euro » déposé à l’INPI. Et rien ne prouve qu’un parti se proclamant souverainiste serait plus à même de l’organiser, surtout au vu de l’expérience grecque. En réalité, la sortie de l’euro n’est qu’un outil dans une boite à outils qui en compte des dizaines. Et l’utilisation des uns n’empêche pas celle des autres. Pendant que le souverainisme ressasse, comme un disque rayé, la solution magique de la sortie de l’euro, la vraie gauche et les mouvements révolutionnaires projettent bien au-delà d’innombrables formes d’actions qui caractérisent leurs analyses respectives et objectifs politiques. Et rien ne doit être laissé au hasard. Les rapports de classes et de dominations ne s’effaceront pas au prétexte de l’unité nationale et du pouvoir plein et entier d’élus bonhommes et repus chantant la Marseillaise devant une foule émue. Car la baguette magique du souverainisme cache en réalité un sceptre et le pouvoir ne sert que le pouvoir.

 

Nous unir, classe contre classe, par-delà les frontières

 

Sortir de la zone euro pour sortir de la zone euro ne suffit pas. Crier au loup venu d’ailleurs pour détourner les brebis nationales de la menace des loups nationaux est une vieille recette éculée. Une ficelle, un piège, une potence. C’est lutter contre tous nos prédateurs qui est nécessaire, urgent, vital. C’est nous unir, classe contre classe, par-delà les frontières. C’est, au moins, nous mettre en synergie, attentifs et solidaires, face à l’internationale du capitalisme triomphant. C’est nous rappeler le chemin parcouru, pour en comprendre les échecs et redécouvrir les rêves de celles et ceux qui nous ont précédé, il y a un siècle-et-demi. C’est ouvrir de nouvelles perspectives, décoloniser l’imaginaire, inventer des chemins de traverses, oser au-delà de ce qui paraît possible et, en aucun cas, se replier sur soi.

 

Depuis un mois, ce n’est pas Athènes qui est tombée, en réalité. Ce sont les persécutés et les insoumis de partout qui avaient les yeux rivés sur la Grèce, d’un bout à l’autre du monde, et qui ont été frappés une fois de plus.

 

C’est pourquoi l’heure n’est en aucun cas à l’union des tyrans avec leurs victimes, même au prétexte de la coexistence sur un même bout de territoire, mais au soulèvement simultané et solidaire des damnés de la Terre.

 

TINA ? En effet, mais dans le sens contraire. Oui, il n’y a pas d’alternative. Il n’y a pas d’autre issue possible pour sortir de l’impasse. Il n’y a rien à attendre, mais tout à faire. Il n’y a pas d’alternative : lutter.

 

Yannis Youlountas

 

PS : si vous le souhaitez, nous pourrons en discuter lors des premières projections-débats, en version expérimentale puis définitive, de « Je lutte donc je suis ».

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13/11 MONTLUÇON (03)
14/11 VÉNISSIEUX (69)
16/11 TOULOUSE (31)
19/11 LE VIGAN (30)
20/11 POUCHARRAMET (31)
21/11 MAS D’AZIL (09)
03/12 AU 09/12 TOURNÉE EN BELGIQUE ET DANS LE NORD

 

Détails : http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?article16
Contact programmation : maud@jeluttedoncjesuis.net
Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=v3Vc5aWkORY

 

Je présenterai quelques extraits du film aux rencontres nationales des SEL à Digne le 20/08 et au congrès de l’ICEM (pédagogie Freinet) le 21/08 à Aix-en-Provence.

Le film sera mis en ligne en gratuit sur Internet (dans une douzaine de langues) dès que sa version sera finalisée, après avoir pris le temps d’échanger avec vous durant les premières projections-débats.

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr

 

 

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 14:55

 

Source : http://www.boursorama.com

 

 

Ces entreprises allemandes mêlées à des affaires de corruption en Grèce

AFP le

 

 

 

Siemens, Daimler, Rheinmetall: ces fleurons industriels qui ont fait la réputation de l'économie allemande

Siemens, Daimler, Rheinmetall: ces fleurons industriels qui ont fait la réputation de l'économie allemande sont englués dans des affaires de corruption à grande échelle en Grèce ( DPA/AFP/Archives / Maja Hitij )

 

Siemens, Daimler, Rheinmetall: ces fleurons industriels qui ont fait la réputation de l'économie allemande sont englués dans des affaires de corruption à grande échelle en Grèce, pays dont l'Allemagne ne cesse pourtant de dénoncer certaines pratiques frauduleuses.

 

Aucune date n'a encore été fixée pour la comparution de 19 anciens cadres du conglomérat allemand Siemens devant la justice grecque, mais elle s'annonce comme l'un des procès financiers les plus importants de la décennie en Grèce.

Soixante-quatre personnes au total sont poursuivies pour corruption passive et active et blanchiment d'argent dans le cadre d'une gigantesque affaire de pots-de-vin versés en échange de l'obtention d'un juteux marché public.

Il s'agit du "plus gros scandale impliquant une entreprise dans l'histoire d'après-guerre de la Grèce", selon l'organisation américaine CorpWatch, qui scrute les pratiques des entreprises.

L'enquête aura duré neuf ans et nécessité 2.368 pages de rapport. Le groupe bavarois, qui entretient des liens avec la Grèce depuis le XIXe siècle, est accusé d'avoir "arrosé" différents responsables pour obtenir le vaste chantier de la modernisation du réseau téléphonique grec à la fin des années 90.

Au total, Siemens aurait versé environ 70 millions d'euros de pots-de-vin lors d'un contrat conclu pour le passage au numérique de la société des télécommunications grecque OTE.

Parmi les accusés, l'ancien dirigeant de Siemens en Grèce, Michalis Christoforakos. Mais ce Germano-Grec de 62 ans a peu de chances d'être présenté à ses juges. Réfugié en Bavière depuis sa fuite de Grèce en 2009, la justice allemande refuse catégoriquement son extradition, arguant que les faits sont prescrits. Les relations déjà acrimonieuses entre l'Allemagne et la Grèce ne se sont pas arrangées avec cette décision.

"Le témoignage de cette personne serait vital pour le procès Siemens à Athènes", a tempêté la présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou. "Mais c’est avant tout une question de justice qui démontre qu’il y a un double langage de la part de l’Allemagne", selon elle.

Siemens serait aussi impliquée dans une affaire de corruption concernant le système de sécurité des jeux Olympiques d'Athènes de 2004, selon une enquête en cours.

-'dommages de 2 mds EUR'-

L'Allemagne aime prendre la posture du bon élève de l'Europe, consciencieux et sérieux et n'hésite pas à renvoyer la Grèce à son image de nation gangrénée par les détournements d'argent public, comme si la corruption était un atavisme national.

Selon l'ONG Transparency International, qui réalise un indice de perception de la corruption, la Grèce reste le cancre de l'Europe, mais elle a fait des progrès notables à la faveur de la crise.

"La corruption des entreprises allemandes en Grèce est notoire depuis des années même si jusqu'ici, ces affaires n'ont été suivies que quelquefois de poursuites judiciaires", assure le think tank de chercheurs German Foreign Policy.

En 2011, au plus fort de la crise économique et sociale, une commission parlementaire avait même chiffré le manque à gagner pour les finances grecques "à deux milliards d'euros".

Plusieurs grands noms de l'armement allemand sont également pointés du doigt en Grèce.

"Les entreprises allemandes ont considérablement profité des dépenses faramineuses d'Athènes en matière de défense", assure à l'AFP Sahra Wangenknecht, députée allemande de Die Linke. La Grèce a eu des années durant le plus gros budget défense de l'Union européenne, ce qui n'a fait qu'accroître son abyssale dette publique, selon elle.

Le constructeur automobile Daimler a été épinglé au printemps par la justice grecque qui lui reproche le versement de pots-de-vin lors de l'attribution d'un contrat de véhicules militaires de 100 millions d'euros. Idem pour Krauss Maffei Wegmann qui a fourni des chars Leopard.

Le groupe de défense Rheinmetall a été condamné en 2012 à payer 37 millions d'euros d'amende pour s'être montré généreux avec des responsables du ministère grec de la Défense. A la clé: la vente de son système de défense aérienne pour 150 millions d'euros.

Deux ex-dirigeants de Ferrostaal ont aussi été condamnés et la firme a dû payer 140 M EUR pour avoir versé des commissions occultes pour décrocher des contrats de sous-marins.

Souvent les dommages financiers encourus en cas de condamnation sont plus faibles que les gains réalisés par ces entreprises avec ces contrats douteux, ce qui ne pousse pas à stopper ces pratiques, relèvent des observateurs.

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 13:45

 

 

collectif SoliGrecsNîmes

 

 

Tract que nous distribuerons jeudi soir devant Carré d'Art et à la bodega chez Jany

 

 

Les Grecs aujourd'hui...nous demain ? Ce 27 Août : Jeudis de Nîmes :collectif SoliGrecsNîmes devant le carré d'art + Mardi 08 sept au Sémaphore film-débat "La tourmente Grecque" avec Philippe Menut, réalisateur
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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 21:31

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Vidéo

Grèce : pourquoi la capitulation ? Une autre voie est possible

23 août par Eric Toussaint , Philippe Menut

 

 

 

Éric Toussaint analyse de manière critique l’attitude de Syriza en ce qui concerne la dette depuis 2010, pour expliquer comment le gouvernement grec en est venu à signer l’accord funeste du 13 juillet 2015. Une des explications fondamentales est la non prise en compte de l’audit de la dette qui aurait pourtant permis, en suspendant son paiement, de ne pas se soumettre aux diktats des créanciers. Éric Toussaint présente un plan B portant sur la dette, les banques, l’austérité, la monnaie et la fiscalité.

Durée : 38 minutes

 

Titres des différents chapitres :

  • La commission d’audit citoyen de 2011
  • La position de la direction de Syriza vis-à-vis du Comité d’audit citoyen de 2011
  • Le programme de Syriza aux élections législatives de mai-juin 2012
  • Fin 2012 : La direction de Syriza modère ses propositions
  • Octobre 2013 : Alexis Tsipras souhaite une conférence européenne sur la dette publique
  • Syriza devient le premier parti de Grèce aux élections européennes de mai 2014
  • La victoire de janvier 2015
  • L’accord funeste du 20 février 2015 avec les créanciers institutionnels
  • Une autre politique était souhaitable et possible
  • Lancement de la commission pour la vérité sur la dette grecque par la Présidente du Parlement hellénique.
  • Le gouvernement grec ne s’appuie pas sur l’audit
  • Du référendum du 5 juillet à l’accord du 13 juillet 2015
  • Les leçons de la capitulation du 13 juillet
  • Une monnaie complémentaire dans le cadre d’un plan B

 

 

Enregistré le 14 août 2015

Réalisation Philippe Menut, auteur du documentaire La Tourmente grecque

 

Auteur

Eric Toussaint

est maître de conférence à l’université de Liège, est le porte-parole du CADTM International et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège Dernier livre : Bancocratie ADEN, Brussels, 2014. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

 

 

Auteur

 
 

Philippe Menut

Après 30 ans de carrière en tant que journaliste grand reporter à France 2 Paris et France 3 Montpellier, Philippe Menut se lance en toute liberté et indépendance dans le tournage du film La tourmente grecque avec l’appui de nombreux amis grecs.

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 17:18

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

Le Monde.fr | | Propos recueillis par

 

L'ex-ministre grec des finances, Yanis  Varoufakis lors d'une session à la Vouli, le 14 août.

Provocateur, idéaliste, arrogant. Yanis Varoufakis, ex-ministre des finances grec, fascine autant qu’il agace. Quatre jours avant son passage en France, à la fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), dimanche 23 août, l’économiste trublion a reçu Le Monde le 19 août sur l’île grecque d’Égine, où il a une maison.

 

Le troisième plan d’aide à la Grèce, qu’il définit comme une « capitulation » face aux créanciers d’Athènes, conduira son pays dans l’abîme, explique-t-il. Il dénonce l’opacité de l’Eurogroupe, qui, selon lui, prend des décisions majeures pour l’avenir de la zone euro sans que les citoyens en soient informés.

La France a-t-elle été un allié du gouvernement d’Alexis Tsipras pendant les négociations avec les partenaires de la Grèce ?

La plupart des Européens imaginent que ces derniers mois la Grèce a négocié avec ses partenaires de la zone euro. Ce n’est pas le cas. Pendant les cinq mois où j’ai été impliqué au sein de l’Eurogroupe [la réunion des ministres des finances de la zone euro], mes homologues me renvoyaient systématiquement vers les représentants des institutions, à savoir la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE), et le Fonds monétaire international (FMI).

Je n’ai jamais négocié en direct avec Michel Sapin, mon collègue français. Ni avec Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, qui assurait qu’il ne pouvait rien faire pour moi et me renvoyait aux institutions.

Même lorsque M. Schäuble et moi avons enfin ouvert un dialogue, peu avant mon départ, il était clair que le moindre degré de convergence entre nous ne pouvait être exprimé de façon officielle.

C’est la grande leçon de ces derniers mois : la zone euro est la zone économique la plus puissante, mais personne ne la dirige — ou du moins, personne d’élu. Elle a créé un monstre, l’Eurogroupe, où les ministres des finances ne négocient pas vraiment les uns avec les autres.

Reprochez-vous au gouvernement grec d’avoir signé le troisième plan d’aide ?

J’ai voté contre ce programme. Ce gouvernement, moi y compris, a été élu en janvier sur un engagement simple : ne plus signer avec les créanciers d’accord économiquement non viable. C’est-à-dire qui aggraverait la récession et rendrait littéralement impossible le remboursement de notre dette. Depuis 2010, la Grèce a commis deux fois l’erreur d’accepter de tels plans. Nous avons promis d’y mettre un terme, et, en ce qui me concerne, je n’ai jamais changé de position.

 

Malheureusement, le premier ministre a fini par accepter ce troisième programme, qu’il a pourtant lui-même décrit comme mauvais. L’Europe tout entière en sortira perdante. De mon côté, j’en ai tiré les conséquences en démissionnant, comme je m’étais engagé à le faire.

 

Ce nouveau programme, de 86 milliards d’euros, a pourtant permis à la Grèce d’éviter le « Grexit », une sortie de la zone euro.

C’est ainsi que la presse présente les choses. Mais je ne partage pas cette analyse. Si la Grèce tente, en dépit du bon sens et des lois élémentaires de l’économie, d’appliquer ce mémorandum et les réformes qui l’accompagnent, elle courra droit au Grexit. Car ce programme est conçu pour faire sombrer notre économie.

Résultat : nous ne pourrons pas tenir nos engagements, et le docteur Schäuble pourra nous pointer du doigt et couper les aides au pays. Le Grexit est très clairement l’objectif qu’il poursuit.

Vous affirmez que M. Schäuble veut pousser la Grèce hors de l’euro. Pour quelle raison ?

Pour atteindre la France. L’Etat-providence français, son droit du travail, ses entreprises nationales sont la véritable cible du ministre des finances allemand. Il considère la Grèce comme un laboratoire de l’austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d’être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins.

Lire aussi l'intégralité de l'interview : Yanis Varoufakis : « La véritable cible du docteur Schäuble est la France et son Etat-providence »

 

 Marie Charrel (Athènes, envoyée spéciale)
Journaliste macroéconomie / politique monétaire

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 14:09

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Yanis Varoufakis : "Nous avons trahi la grande majorité du peuple grec !"

L' Obs

 

 

 

Nous avons rencontré l'ex-ministre des Finances grec un jour avant qu'Alexis Tsipras annonce la tenue d'élections anticipées. Il sera l'invité d'honneur ce dimanche de la Fête de la rose organisée par Arnaud Montebourg. Il revient sur sa démission et ses rapports avec le Premier ministre grec.

 

Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances (Maxime Gyselinck pour l’Obs)Yánis Varoufákis, ancien ministre grec des Finances (Maxime Gyselinck pour l’Obs)
 

C'est un homme souriant, en apparence apaisé, qui nous accueille dans sa résidence secondaire sur l'île d'Egine. Sa femme, Danaé, et un ami proche sont assis sur la terrasse qui donne sur la mer. Propos recueillis par Pavlos Kapantais.

Vous vous êtes opposé à la décision d’Alexis Tsipras, le 13 juillet, d’accéder aux demandes des créanciers. Pourrions-nous vous voir sur les listes électorales d’un autre parti lors des prochaines élections ?

Yanis Varoufakis : Si les élections anticipées débouchent sur un gouvernement et un parti qui auront reçu un mandat populaire pour appliquer l’accord du 13 juillet, je ne pourrai évidemment pas en faire partie. Alexis Tsipras est rentré du sommet européen du 12 juillet, où nous avons assisté de fait à la capitulation du pays, en expliquant son positionnement. Celui-ci reposait, selon lui, sur un grave dilemme : soit on acceptait ce programme non viable, soit le plan Schäuble [le ministre allemand des Finances, NDLR] de "défenestration" de la Grèce de la zone euro était mis en action. C’est là que commence ma principale objection : je ne crois pas que le dilemme soit là. Je crois que le "plan Schäuble" est en train de se réaliser. C’est en votant "non" au référendum que je reste fidèle au programme de Syriza. Si je suis d’accord avec Alexis Tsipras pour dire que le Grexit doit être évité, selon moi, le maintien de la Grèce dans la zone euro passait justement par le rejet de ce nouveau et troisième mémorandum. C’est là que nos opinions divergent. Alexis [Tsipras] considère que cet accord est l’alternative au "Grexit" de Schäuble, moi je considère que ce mémorandum fait partie du plan de Schäuble [de sortie de la Grèce de la zone euro].

Pendant les négociations, vous avez souvent dit que pour que les négociations puissent aboutir, il aurait fallu que le FMI, la Commission et la Banque centrale européenne soient moins divisées. Quelle était la nature de ces divisions ?

- Il est évident que cela aurait été plus simple… Le FMI a reconnu dès le départ que la dette était beaucoup trop importante pour que le pays puisse espérer s’en sortir. Mais la même institution était intraitable sur les réformes du droit du travail. En revanche, lorsqu'on allait parler aux Européens, ils nous disaient exactement le contraire ! Ils étaient d’accord avec nous sur le droit du travail, mais, pour eux, le fait d’envisager un effacement même partiel de la dette était un sujet tabou. Leurs divergences sont impossible à gérer, il faut qu’ils se mettent d’accord. Quand vous vous retrouvez pris en étau entre des discours contradictoires, la négociation devient quasiment impossible : vous êtes cerné par les lignes rouges des uns et des autres et, par conséquent, la discussion ne peut pas avancer.

Quel a été le rôle de la France au sein de l’Eurogroupe, et comment jugez-vous ce rôle ?

- Le gouvernement français avait une perception très proche de la nôtre. Mais excepté quelques phrases de soutien lancées par Michel Sapin, cela ne s’est pas traduit par un réel soutien. Ses interventions ont été immédiatement rejettées par les autres, et plus particulièrement par Schäuble. Il est vrai que, lorsque j’ai fait remarquer la grande différence entre ce qui se disait à huis clos et ce qui se disait publiquement, un personnage haut-placé m’a dit que "la France n’était plus ce qu’elle était". A l’intérieur de l’Eurogroupe, nous avons pu travailler avec Michel Sapin, notamment pour trouver un compromis entre la continuité des engagements pris par l’Etat grec et le principe de démocratie. Car le peuple grec s’est très nettement exprimé contre l’austérité lors des élections législatives de janvier. Michel Sapin l’a rappelé à plusieurs reprises au sein de l’Eurogroupe. Cependant, la réponse de Schäuble fut catégorique : les élections ne changeaient rien au problème car si les règles devaient évoluer à chaque fois qu’un nouveau gouvernement était élu, l’Eurogroupe n’aurait plus de raison d’être et la zone euro s’effondrerait.

(Maxime Gyselinck pour l’Obs)

Comment s’est passée exactement votre démission le soir du référendum ? Que vous a dit Alexis Tsipras ? Avez-vous pris cette décision ensemble, ou est-ce un gage qu’il a dû respecter sous le chantage, une reddition ?

- La semaine qui a précédé la fermeture des banques, je considérais – et je considère toujours – que nous aurions dû nous opposer à cette décision scandaleuse de l’Eurogroupe. Mais comme nous étions dans la ligne droite qui menait au référendum, il était de notre devoir de rester unis et de travailler pour la victoire du "Non". Et le "Non" l’a emporté. Α ce moment-là, j’ai ressenti une immense responsabilité face à ces gens qui ont su s’opposer à toutes les attaques médiatiques contre les partisans du "Non", au moment même où les banques avaient été fermées pour leur faire peur. J’ai considéré alors que notre rôle était d’honorer ce courage. Je suis rentré à Maximou [résidence officielle du premier ministre grec, NDLR] imprégné et motivé par l’énergie de notre très courageuse population et je me suis trouvé confronté à la volonté de capitulation de la part des autres membres de notre groupe politique responsables des négociations. Ma position ayant toujours été de dire : "Je préfère que l’on me coupe la main plutôt que de signer un nouveau mémorandum", mon départ à ce moment s’est imposé à tout le monde comme une évidence.

Alexis Tsipras aurait-il dû démissionner ?

- Personnellement, je crois toujours ce que l’on me dit. Lors de notre arrivée au pouvoir, nous nous étions dit deux choses Alexis Tsipras et moi : premièrement, que notre gouvernement essaierait de créer la surprise en faisant réellement ce que nous avions promis de faire. Deuxièmement, que si jamais nous n’y arrivions pas, nous démissionnerions plutôt que de trahir nos promesses électorales. C’est pourquoi, d’ailleurs, à quelques jours du référendum, j’avais déclaré que si le "Oui" l’emportait, je démissionnerais immédiatement. Je n’ai pas la capacité de faire des choses en lesquelles je ne crois pas. Je pensais que c’était notre ligne commune. Finalement, à travers les décisions gouvernementales, c’est le "Oui" qui l’a emporté et pas le "Non"...

Vous sentez-vous trahi par Alexis Tsipras ?

- Je crois que nous avons trahi la grande majorité (62%) du peuple grec. En même temps, il est évident que ce résultat n’était pas un mandat de sortie de la zone euro. Comme Alexis Tsipras, j’ai toujours été opposé à ce scénario, même si je critique avec virulence l’architecture de l'eurozone. C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle j’ai été nommé ministre des Finances. Mais à travers ce référendum, le peuple nous a clairement dit : "Battez-vous pour un meilleur accord, et si l’on vous menace de Grexit ou de tout autre catastrophe, n’ayez pas peur."

Etiez-vous matériellement prêt à sortir de l’euro ?

- C’est une question intéressante pour la zone euro dans son ensemble. Le problème, c’est qu'on ne peut pas envisager sérieusement une éventuelle sortie d’un pays de la zone euro. Car dès que la discussion commence, le mécanisme est enclenché et aussitôt les banques du pays concerné s’écroulent. Par conséquent, il est tout simplement impossible d’avoir un plan B opérationnel. Il ne peut être que théorique. Nos études sur la question, comme celles de la BCE d’ailleurs, n’était confiées qu’à 5-6 personnes pour rester discrètes. Pour qu’un tel plan soit opérationnel, il faudrait que près d’un millier d’experts se coordonnent. Cela ne pourrait plus rester secret, et provoquerait donc une panique bancaire, avec une sortie de l’euro à la clé…

Alexis Tsipras n’a donc jamais sérieusement envisagé ce scénario ?

- Je crois que cela n’a jamais été envisagé, ni par Tsipras, ni par moi. Ce que j’ai essayé de mettre en place, après que Dijsselbloem [le président de l'Eurogroupe], dès le 30 janvier, a menacé de fermer nos banques si nous n’appliquions pas le mémorandum, çela a été une série de solutions d’urgence pour créer de la liquidité si ce scénario devait se produire. Le but était de survivre quelques semaines à l’intérieur de la zone euro malgré les banques fermées, jusqu’à ce que l’on arrive à un accord. Malheureusement, le gouvernement n’a pas voulu appliquer ce programme : on a juste attendu que le référendum ait lieu pour capituler juste après.

A quoi aura servi le référendum finalement ?

- Pour la Grèce, il n’aura servi à rien. Il n’a pas aidé le gouvernement. Il n’a pas non plus aidé le peuple qui a voté "Non". Le peuple a été abandonné et trahi. Et pourtant, à cette occasion, les peuples européens ont vu qu’il pouvait y avoir des citoyens fiers qui refusaient les chantages et ne se faisaient pas manipuler par leurs médias. Les Grecs ont montré l’exemple aux autres peuples européens. Mais le leadership politique grec, moi y compris, n’a pas su capter cette résistance populaire et la transformer en une force pour mettre fin à l’autoritarisme et l’absurdité du système.

(Maxime Gyselinck pour l’Obs)

Croyez-vous que le FMI participera au programme grec ?

- Je ne peux pas imaginer comment le FMI pourrait participer à ce nouveau programme sans que cela ne lui crée d’immenses problèmes internes. Ces derniers jours cependant, des voix au sein de l’Europe commencent à discuter d’un rallongement des maturités concernant la dette grecque.

Ne croyez pas que cela sera suffisant pour convaincre le FMI de participer ?

- Cela dépendra des paramètres mis en place. Si l’Eurogroupe décide que les 312 milliards de dette pourront être remboursés à partir de l’année 2785 et que d’ici là il n’y aura aucun versement à réaliser, cela pourrait fonctionner car il s’agirait de fait d’un effacement de la dette. Pour le moment il y a un problème tant avec la valeur nominale de la dette qu’avec le calendrier des paiements. Pour être concret, regardez ce qui est prévu pour 2022. C’est comique ! Les paiements annuels prévus passent d’un coup de 10 milliards annuels à 30 milliards ! C’est comme si l’on déclarait à la terre entière qu’à l’horizon 2022-2023, la Grèce allait faire faillite ! Qui dans ces conditions viendra investir à long terme, quand on sait qu’en 2018 le pays doit afficher un excèdent budgétaire de 3,5%, ce qui signifie évidemment d’importantes hausses d’impôts, qui conduiront le pays dans le mur…

Quelle est votre solution ?

- Laissez-moi plutôt poser une autre question, que j’ai soumise aux membres de l’Eurogroupe en poussant leur raisonnement jusqu’au bout : "Ne serait-il pas mieux d’abolir les élections pour les pays se trouvant dans un programme d’aide ? Cela aurait le mérite d’être clair. Nous pourrions déclarer par la suite que nous avons créé une union monétaire en Europe qui abolit la démocratie pour les pays ayant une dette qu’ils ne peuvent pas rembourser". Comme vous l’aurez compris, la discussion s’est arrêtée là... Par ailleurs, mes opposants les plus farouches, au-delà de Schäuble, ont été les pays ayant imposé à leurs populations des cures d’austérité très dures. Quand on sait, par exemple, qu’en Lettonie la moitié de la population a dû s’expatrier à cause de la cure d’austérité imposée au pays, il est prévisible que les dirigeants lettons ne veuillent pas s’exposer à la vindicte populaire en laissant le gouvernement grec démontrer qu’une autre voie existe.

Que pensez d’Euclide Tsakalotos, le nouveau ministre des finances ? Quels conseils lui avez-vous donnés ?

- Euclide est un ami très cher et un excellent collègue. Nous sommes très proches. Il est comme un frère pour moi. Et j’ai de la peine pour lui : au moment où j’ai pris en charge le ministère, nous vivions des moments de joie, des moments historiques et héroïques. Euclide a été nommé, et il en est tout à fait conscient, pour mettre en place la capitulation. 

Comment voyez-vous aujourd’hui l’avenir de Syriza et celui de la Grèce ?

- Il faut toujours rester optimiste quand on parle d’un pays comme la Grèce qui a derrière lui une histoire longue de plusieurs millénaires. Je considère que plus la crise s’intensifie, plus nous sommes proches du moment où, enfin, on accèdera à la lumière. L’heure la plus sombre vient toujours avant l’aube. Quant à Syriza, si le parti ne parvient pas à rester uni malgré les différences d’opinion qui le traversent concernant l’accord, il n’a aucun avenir. S’il réussit, il jouera un rôle hégémonique en Grèce pendant de très nombreuses années.

Mais comment Syriza pourrait-il rester uni, étant données ses profondes divisions actuelles ?

- Les bons camarades peuvent rester unis malgré leurs divergences. Si nous parvenons à garder cet esprit, il a un espoir d’unité. Mais cet espoir disparaitra tôt ou tard si l’on continue à appliquer le mémorandum en prétendant qu’il est viable.

Pensez-vous que l’administration et l’Etat grec sont capables de se réformer ?

- Evidemment ! Il ne faut pas être négatif. Depuis une vingtaine d’années, il y a eu de nombreux progrès. Mais malheureusement la Troïka ne s’intéresse pas réellement à cela. Ce qu’elle veut avant tout c’est de garder sa mainmise sur l’économie de notre pays.

Pensez-vous publier un jour les enregistrements que vous avez des réunions de l’Eurogroupe ?

- Si je ne l’ai pas fait jusqu’ici, et malgré tous les mensonges que l’on a racontés sur moi , c’est pour démontrer que je respecte les règles du jeu. Mais malgré leur importance, il n’y a pas de compte rendu officiel de ses réunions ! Un jour, je rendrai donc ces enregistrements publics.

Comment voyez-vous votre avenir ?

- (rires) Question intéressante ! Je resterai actif politiquement quoi qu’il arrive, avec cependant une nouvelle certitude : toutes ces questions, l’austérité, la dette… doivent être pensées au niveau européen. Et en concertation avec les peuples qui souffrent et leurs représentants et non un Eurogroupe qui, lui, n’a aucune existence institutionnelle et donc n’a de comptes à rendre à aucune institution. S’il n’y a pas un mouvement européen pour démocratiser la zone euro, aucun peuple européen ne verra de jours meilleurs : ni les Français, ni les Italiens, ni les Irlandais, personne. C’est un combat fondamental qui nous reste à mener.

*(groupe de six membres du gouvernement responsable des négociations comprenant à l’époque Alexis Tsipras, Yannis Dragasakis le vice-président du gouvernement grec, Yanis Varoufakis, George Stathakis le ministre de l’économie, Euclide Tsakalotos à l’époque vice-ministre des finances, et Nikos Pappas ministre auprès du premier ministre et bras droit d’Alexis Tsipras.

 

Propos recueillis par Pavlos Kapantais

 

 

(Maxime Gyselinck pour l’Obs)

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 13:52

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Grèce: les frondeurs de Syriza créent leur parti

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

La frange la plus à gauche de Syriza a annoncé, vendredi, la création d’un nouveau parti baptisé « Unité populaire ». Des élections législatives anticipées doivent avoir lieu le 20 septembre. Tsipras a présenté sa démission jeudi.

 

La frange la plus à gauche du parti Syriza du premier ministre Alexis Tsipras a décidé de faire sécession pour fonder un nouveau parti indépendant avec 25 parlementaires, indique un vice-président du parlement grec, vendredi. Ce nouveau parti s'appellera "Unité populaire". Il sera dirigé par l'ancien ministre de l'énergie Panagiotis Lafazanis qui a pris la tête de la fronde contre le troisième plan de renflouement financier de la Grèce négocié par Alexis Tsipras.

Avec 25 députés, cette nouvelle formation sera la troisième en importance de la Vouli, assemblée de 300 membres, devant le parti centriste To Potami et le parti d'extrême droite Aube dorée qui comptent 17 élus chacun. Cette scission intervient après la démission d'Alexis Tsipras jeudi, une initiative qui devrait aboutir à la tenue d'élections législatives anticipées sans doute le 20 septembre.

Ni Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des finances qui avait été poussé à la démission au début de juillet, ni Zoé Konstantopulou, présidente du Parlement, ne figurent dans la liste des parlementaires ralliant ce nouveau parti. Tous deux avaient pourtant été très critiques envers l’attitude d’Alexis Tsipras, qu’ils accusaient d’avoir cédé aux exigences des créanciers d’Athènes trop facilement.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras a en effet présenté jeudi 20 août sa démission au chef de l'Etat afin d'ouvrir la voie à la tenue d'élections législatives anticipées le 20 septembre. Selon l'agence grecque ANA, Alexis Tsipras « propose des élections anticipées le 20 septembre ». Sa démission est nécessaire pour que le scrutin ait lieu. Arrivé au pouvoir en janvier, Alexis Tsipras est confronté à une opposition de l'aile la plus à gauche de son parti, Syriza, depuis qu'il a conclu un accord avec les créanciers d'Athènes sur l'octroi d'un troisième plan d'aide financière à la Grèce en échange de nouvelles mesures d'austérité.

« Le mandat que j'ai reçu le 25 janvier a atteint ses limites et le peuple grec a désormais son mot à dire », a déclaré Alexis Tsipras lors d'une allocution retransmise à la télévision. « Le Parlement actuel ne permet pas de dégager un gouvernement majoritaire, ni un gouvernement d'union nationale », a-t-il dit ensuite au président, Prokopis Pavlopoulos. Lors de son intervention à la télévision grecque, le chef du gouvernement a défendu le compromis trouvé avec les créanciers, tout en affirmant qu'il n'était pas à la hauteur de ses propres attentes. « Je vais être honnête avec vous : nous n'avons pas obtenu l'accord que nous voulions avant les élections de janvier », a-t-il reconnu. « Je ressens profondément la responsabilité morale et politique de remettre à votre jugement tout ce que j'ai fait, mes réussites comme mes échecs », a encore dit Alexis Tsipras à l'adresse des électeurs.

« L'objectif est d'avoir des élections le 20 septembre », a dit une source gouvernementale, jeudi 20 août, après une rencontre entre le premier ministre Alexis Tsipras, les principaux dirigeants de son parti Syriza et des ministres pour discuter de cette question. Tsipras a dû précipiter son calendrier après le refus d'un tiers des élus de son parti de soutenir le nouveau programme gouvernemental, le privant virtuellement d'une majorité dont il dispose au parlement. Cette accélération s'explique également par la volonté de Tsipras de retourner devant les électeurs avant que se fassent sentir les effets des nouvelles mesures d'austérité.

Le chef du gouvernement peut en outre compter sur une solide popularité. Syriza était crédité par un sondage le 24 juillet de 33,6 % des intentions de vote. Ce bon chiffre en fait le parti le plus puissant de Grèce mais n'est pas suffisant pour envisager de gouverner sans des partenaires de coalition.

Les rumeurs entourant de possibles élections anticipées au mois de septembre se sont multipliées au cours des derniers jours, plusieurs responsables dont le ministre de l'énergie Panos Skourletis ayant ouvertement appelé à un retour devant les électeurs. La probabilité d'un tel scénario est renforcée par la décision du gouvernement de ne pas solliciter un vote de confiance au parlement. Selon la télévision publique ERT, certains membres de Syriza seraient favorables à des élections les 13 et 20 septembre tandis que d'autres plaident en faveur d'un scrutin en octobre.

Alexis Tsipras avait conduit son parti Syriza à la victoire lors des législatives de janvier en faisant campagne contre la politique d'austérité menée en Grèce. Après sept mois de négociations parfois tendues avec les créanciers internationaux d'Athènes, le chef du gouvernement a accepté un plan de renflouement financier de 86 milliards d'euros assorti de hausses des impôts et de réduction des dépenses publiques.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi qu'elle avait reçu, comme prévu, un remboursement de 3,2 milliards d'euros acquitté par la Grèce au titre de sa dette. Ce remboursement portait sur des obligations d'Etat parvenues à maturité. Après l'annonce d'Alexis Tsipras, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a dit espérer que les soubresauts de la vie politique grecque n'allaient pas remettre en cause la mise en œuvre des mesures consenties par Athènes.

« Il est essentiel que la Grèce maintienne ses engagements envers la zone Euro », a-t-il jugé dans une déclaration envoyée à Reuters par courrier électronique. « Je rappelle que le nouveau paquet de réformes a recueilli un large soutien des députés grecs et j'espère que les élections vont permettre d'obtenir un soutien plus large encore du Parlement », a ajouté Dijsselbloem.
(Reuters)

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 13:41

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Grèce-Israël. Un type d’accord militaire sans précédent

19 août par Ali Abunimah

 

 

CC - Flickr

 

Les forces armées grecques, ainsi que celles de l’Italie s’entraîneront bientôt en Israël.

C’est le dernier indicateur de l’approfondissement de l’alliance militaire forgée entre Israël et le gouvernement grec, sous direction du parti de gauche Syriza.

Le mois dernier, des pilotes d’hélicoptères israéliens ont réalisé des exercices de combat sans précédent de 11 jours près du Mont Olympe, en Grèce |1|.

En mai |2| puis en juillet 2015, le gouvernement dirigé par Syriza a également signé un accord militaire avec Israël, qui n’a d’égal que celui, similaire, qui existe entre Israël et les Etats-Unis : garantissant des immunités légales à chaque personnel militaire lors d’un entraînement dans un autre territoire |3|.

L’accord militaire a été signé au nom du gouvernement par Panagiotis Kammenos, le ministre de la Défense, membre des Grecs indépendants [ANEL], le junior partner du gouvernement de coalition. Mais il n’y a pas de doute que Syriza donne son soutien : en juillet [le 6 juillet], Nikos Kotzias, le ministre des Affaires étrangères nommé par Syriza |4|, a voyagé à Jérusalem pour des discussions au sommet avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou afin de « renforcer les liens bilatéraux entre les deux pays ».

Plus tôt cette année, des avions de guerre israéliens ont réalisé des missions d’entraînement intensives en Grèce, une expérience qui sera sans aucun doute utilisée pour attaquer la bande de Gaza lors de futurs assauts militaires israéliens.

 

Des hélicoptères israéliens en Grèce

Selon un communiqué de presse des forces aériennes israéliennes, « la coopération israélo-grecque prend de l’ampleur au cours des dernières années et, à la lumière des succès lors des récents déploiements, des vols mutuels continueront probablement en 2016 ».

Le commandant de la base aérienne de Larissa, où des hélicoptères israéliens étaient basés lors des exercices, le colonel Dormitis Stephzanki a été cité déclarant : « Nous comprenons la grande importance d’une activité conjointe avec l’Etat d’Israël, qui contribue à la sécurité des deux pays. Au cours des derniers jours, nous avons travaillé ensemble d’une manière spéciale. Le langage commun, la profonde amitié et les choses que nous avons appris ensemble ont contribué à l’amélioration de la coopération entre les forces. »

Dormitis a déclaré qu’il était convaincu que l’entraînement en Grèce avait amélioré « l’aptitude [des Israéliens] à prendre en charge des vols chaque fois que cela est nécessaire ».

« Nous avons volé au-dessus de zones montagneuses qui n’existent pas en Israël et nous avons pratiqué des vols à longue distance à partir de bases aériennes en Israël en direction de la Grèce », a déclaré le lieutenant-colonel israélien Matan, le commandant d’une escadre d’hélicoptères Apache, fabriqués aux Etats-Unis. (Les forces israéliennes ne donnent que les prénoms, probablement afin de protéger le personnel d’accusations potentielles pour crimes de guerre).

Les Apache – baptisés d’après les peuples amérindiens qui ont été la cible de l’expansion coloniale génocidaire en Amérique du Nord – ont été largement utilisé par Israël afin de réaliser des exécutions extrajudiciaires de Palestiniens. Cet appareil a été utilisé lors des massacres de civils à Gaza l’été dernier.

Le colonel Y, un commandant d’une unité israélienne de reconnaissance, a décrit la participation d’Israël à l’exercice comme étant « historique », ajoutant que « c’était la première fois que les avions qui collectent des informations ont travaillé avec des appareils étrangers sur un terrain inconnu et complexe ».

 

Soutenir les crimes de guerre

Selon le Jerusalem Post, les pilotes d’hélicoptère grecs s’entraîneront en Israël au cours des prochains mois. Le journal rapporte que des avions de combat grecs « participeront à l’exercice multinational Blue Flag, qui se déroulera au-dessus du sud d’Israël ».

En juin, un reportage d’Haaretz a révélé que les forces aériennes italiennes, grecques et des Etats-Unis participeront à cet exercice.

La coopération militaire entre Israël, l’Italie et la Grèce se poursuit malgré le fait qu’une enquête indépendante récemment publiée, commandée par le Conseil des droits humains des Nations Unis, a découvert des preuves massives de crimes de guerre commis par Israël lors de son attaque contre Gaza au cours de l’été dernier, laquelle a tué plus de 2200 Palestiniens.

Le mois dernier Amnesty International a publié sa propre enquête sur l’attaque israélienne contre la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza. Ici aussi, l’enquête a conclu que des centaines de civils ont été tués alors qu’Israël réalisait de graves crimes de guerre.

Amnesty a découvert que « des déclarations publiques de commandants de l’armée israéliennes et de soldats à la suite du conflit fournissent des raisons impérieuses de conclure que certaines attaques qui ont tué des civils et détruit des maisons et des propriétés ont été réalisées et motivées par un désir de vengeance – afin de donner une leçon ou de punir la population de Rafah. »

Inam Ouda Ayed bin Hammad, cité dans le rapport d’Amnesty, se souvient des pilonnages et des bombardements qui se sont déroulés près de son domicile dans le quartier al-Tannur de Rafah : « à la minute où j’ai quitté la maison, un Apache a commencé à nous tirer dessus. »

Peut-être que les mêmes Apache et leurs pilotes ont partagé des moments de camaraderie en Grèce.

Les rapports des Nations Unies et d’Amnesty ont appelé à ce que des comptes soient rendus pour les crimes de guerre commis à Gaza et en Cisjordanie occupée.

Au lieu de cela, les gouvernements grec et italien de gauche, ainsi que, bien sûr, l’administration Barack Obama des Etats-Unis, offrent uniquement à Israël leur complicité et leurs récompenses (Traduction A l’Encontre, article publié le 5 août 2015 sur le site Electronic Intifada. L’auteur de cet article, cofondateur du site, a publié récemment The Battle for Justice in Palestine, Editions Haymarket, mars 2014. Il réside aux Etats-Unis.)

Source : A l’encontre

 

 

 
Notes

|1| Un communiqué publié en date du 3 août, sur le site « Israeli Air Force » [http://www.iaf.org.il/4424-45323-en/IAF.aspx] indiquait que durant deux semaines des exercices conjoints avaient été menés, depuis la base de Larissa, par une escadre d’hélicoptères des forces aériennes de l’IDF (Israeli Defense Forces) et des hélicoptères ainsi que des avions de chasse de l’armée grecque. « C’était un des plus importants et complexes déploiements de forces en dehors d’Israël. » L’accent est non seulement mis sur l’intérêt d’acquérir une expérience pour des vols en altitude (pour les hélicoptères), mais aussi sur le recueil de renseignements.

|2| Israpresse soulignait, le 21 mai 2015, que les accords entre Israël et la Grèce, « portant majoritairement sur la politique, la défense, l’énergie, la finance, le tourisme, la culture et l’académie », allaient continuer. Des « festivités viennent renforcer les liens entre les deux pays qui étaient devenus incertains depuis l’arrivée au pouvoir d’Alexis Tsipras, en janvier 2015 ». Le 26 janvier 2015, le quotidien influent Yedioth Aharonoth citait l’ancien ambassadeur d’Israël en Grèce, Arye Makel, qui rappelait les déclarations d’Alexis Tsipras en août 2014, à l’occasion de l’opération militaire « Bordure protectrice » qui « accusait l’Etat hébreu d’assassiner des enfants de Palestine ». Depuis lors, les relations militaires, entre autres, se sont consolidées, mais ont pris un nouveau tour. (Rédaction A l’Encontre)

|3| Le 19 juillet 2015 Israpresse présentait de la sorte cet accord : « Le chef de l’appareil de défense israélien et le ministre grec de la Défense nationale ont conclu un Accord sur le statut des forces (Status of forces agreement ou SOFA), c’est-à-dire une entente juridique mutuelle permettant aux forces armées d’Israël de stationner en Grèce, et inversement. C’est le premier SOFA qu’Israël conclut avec un pays allié autre que les États-Unis.

Le ministre israélien a fait part de sa reconnaissance à l’égard de son homologue pour sa visite en Israël, malgré la situation économique difficile dans son pays, et a exprimé son espoir de voir la Grèce surmonter les différents défis qui l’attendent.

« Nous apprécions grandement la coopération sécuritaire qui se traduit par l’entraînement de nos soldats et officiers sur le territoire grec. Nos Etats partagent des intérêts communs, car ils doivent faire face aux conséquences de l’accord signé la semaine dernière entre les grandes puissances et l’Iran », a déclaré M. Ya’alon.

Le ministre grec a pour sa part affirmé : « Le peuple grec est très proche du peuple d’Israël. Concernant notre coopération militaire, nos relations sont excellentes, nous continuerons à les entretenir et poursuivrons les entraînements communs. » M. Kammenos a ajouté : « Le terrorisme et le djihad ne frappent pas que le Proche-Orient, mais également les Balkans et l’Europe. C’est la guerre. Nous étions également très proches d’Israël pour tout ce qui est relatif au programme de missiles de l’Iran. Nous nous trouvons à la portée de ces missiles. Si un missile iranien se dirige vers la mer Méditerranée, cela peut signifier la fin de tous les pays de la région. » (Rédaction A l’Encontre)

|4| Nikos Kotzias était ancien conseiller du Premier ministre grec Georgios Papandreou. Dès sa nomination aux Affaires étrangères, le 27 janvier 2015, The Times of Israel (28 janvier 2015) rapportait l’opinion d’Emmanuel Karagiannis, grec d’origine, professeur au King’s College de Londres, occupant la chaire des études militaires : « Kotzias est un politicien plutôt pragmatique, ainsi je ne m’attends pas à une détérioration des relations bilatérales. Kotzias considère la Turquie comme la principale puissance compétitrice en termes de géopolitique dans la Méditerranée orientale. Dès lors, je crois que le partenait Grèce-Israël va survivre à ce changement politique [gouvernement Tsipras]. » (Rédaction A l’Encontre)

Auteur

 
 

Ali Abunimah

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 21:55

 

Source : http://www.marianne.net

Varoufakis et le plan “B”

Le fameux plan « B » de Yanis Varoufakis n’a pas cessé de faire parler de lui. Le 16 juillet 2015, soit le lendemain du vote au Parlement grec de l’accord signé le 13 juillet, et on rappelle que Varoufakis avait voté contre cet accord, il a donné un téléconférence à l’OMFIF ou Official Monetary and Financial Institutions Forum[1]. Il s’agit en fait d’une conversation de 25 minutes avec deux responsables de l’OMFIF, David Marsh, le directeur exécutif de l’OMFIF et Norman Lamont. Cette conversation téléphonique a été installée sur le site web de l’OMFIF le 27 juillet 2015 et la transcription écrite a été installée sur le site le 28 juillet 2015, avec l’accord de Yanis Varoufakis. Cette transcription précise le statut de ce plan « B ». Quel que soient les points de divergences avec Yanis Varoufakis, il est important de l’écouter, et de le lire. On verra d’ailleurs que s’il est, en principe, pour l’Euro il est arrivé à la conclusion, qui est partagée par ses collaborateurs, qu’une sortie de l’Euro était envisageable.

 

Le but du plan « B »

Yanis Varoufakis commence par dire : «Je dois admettre que nous n’avions pas de mandat pour sortir la Grèce de l’Euro. Ce pour quoi nous avions un mandat était pour négocier un arrangement avec l’Eurogroupe la Banque Centrale Européenne qui rende la position de la Grèce viable dans le cadre de la zone Euro. Le mandat allait cependant un peu plus loin – au moins dans mon estimation. Je pense que le peuple grec nous avait autorisé à poursuivre cette négociations avec énergie et vigoureusement au point de dire que si nous ne pouvions avoir un accord viable nous devrions considérer une sortie (de la zone Euro) ». C’est une position très claire, et entièrement cohérente avec la logique des négociations menées depuis plusieurs mois. Varoufakis dit bien que le mandat, en tant que tel, ne portait pas sur une sortie de l’Euro, ce qui était explicite depuis la campagne électorale de janvier 2015 mais que, et en particulier à la suite du referendum du 5 juillet, implicitement, ce mandat s’étendait à une sortie si aucun accord viable pour la Grèce, autrement dit respectant le programme sur lequel Syriza avait gagné les élections n’était possible. L’accord que la Grèce a été contrainte d’accepter n’est pas viable. Varoufakis insiste sur ce point à de nombreuses reprises. Et, il laisse entendre que, effectivement, son choix aurait alors été plutôt une sortie de la zone Euro. Pourtant, il ne s’en cache pas les difficultés. Il ajoute ainsi peu après : « Le problème est que, quand vous êtes à l’intérieur d’une Union Monétaire, il est toujours très dur de créer le type de dialogue public, qui est nécessaire afin de préparer les gens pour ce qui arrive, pour un processus de désengagement de cette union monétaire tout en ne précipitant pas en même temps un effondrement ». On peut comprendre cette phrase comme la reconnaissance du fait que Syriza a fait une erreur stratégique en n’ouvrant pas un dialogue public, il vaudrait d’ailleurs mieux dire un débat, sur cette question très en amont. Peut-être cela aurait-il renforcé la position de négociation du gouvernement grec.

 

Les raisons de sa non application

Sur le plan « B », il est très précis. Il dit : « Le travail (de mise au point du plan « B ») était plus ou moins achevé, nous avions un plan B, mais la difficulté venait du passage des 5 personnes qui l’avaient planifié aux 1000 personnes qui auraient eu à le mettre en œuvre. Et pour cela je devais recevoir un autre autorisation qui n’est jamais venue ». Ce passage est très important. Il montre qu’il y avait bien une alternative, mais que cette alternative fut rejetée pour des raisons politiques et non pour des raisons de faisabilité. Alexis Tsipras, celui qui aurait dû donner la dernière autorisation, ne le fit pas. On peut comprendre les raisons politiques de ce geste. Mais, ce geste fut le produit d’une raison politique, la volonté de rester quoi qu’il en coûte dans la zone Euro, et non d’une raison technique. De ce point de vue, cela éclaire la position de ceux qui en France prétendent que le choix d’Alexis Tsipras était dicté par la nécessité, comme par exemple Pierre Laurent dans son entretien à Marianne du 25 juillet[2]. C’est une tout autre histoire que fournit Varoufakis. Elle dément complètement la thèse de Laurent, ce que l’on pouvait discerner dans les nombreux articles de presse qui ont été publiés du 14 au 24 juillet[3]. Et, cela éclaire aussi le mensonge qu’a proféré Laurent dans cet entretien à Marianne quand il prétend, contre toute évidence, qu’il n’y avait pas d’autre choix possible.

Varoufakis alors ajoute une phrase, celle qui a « fuité » et qui lui a été beaucoup reproché, mais dont le sens devient alors très clair dans le contexte de la conversation téléphonique qu’il a avec ses correspondants de l’OMFIF : «C’était très bien développé et je pense que cela aurait fait une très grande différence, car très vite nous aurions put l’étendre (le système de paiements parallèle) en utilisant des applications sur des Smartphones et il serait devenu une fonction du système parallèle. Et, bien entendu, ceci aurait été en Euro mais aurait pu en un coup de chapeau être converti en nouvelle Drachme ». Varoufakis explique ainsi en quoi le plan « B », qui impliquait un système assez sophistiqué mais en réalité assez simple de système parallèle de paiements, aurait permis, s’il l’avait fallu – et il faut bien insister sur cela – un basculement hors de l’Euro. Ce basculement n’était pas prémédité, mais il devenait possible si le gouvernement grec en prenait la décision. Là encore, nous pouvons constater que cette décision était politique et non technique. Ici encore, le mensonge de tous ceux qui, en France, continuent de prétendre qu’il n’y avait pas d’autre solution que d’accepter l’accord du 13 juillet est clairement dévoilé.

 

La France dans le viseur de l’Allemagne

Mais, il y a une autre chose importante dans cette conversation entre Yanis Varoufakis et les deux responsables de l’OMFIF. Parlant de ce que voulait le Ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, il fait une référence très précise à la France : « Et il (i.e. Schäuble) me dit explicitement qu’un GREXIT, une sortie de la Grèce, aller lui donner assez de pouvoir de négociation, avec suffisamment de pouvoir terreur, dans le but d’imposer à la France ce à quoi Paris résistait. Et de quoi était-il question ? Du transfert du pouvoir de décision budgétaire de Paris à Bruxelles ». Autrement dit, le plan mis en place par Schäuble ne visait pas prioritairement la Grèce, mais avait comme objectif, à travers la Grèce, d’aboutir à une capitulation totale de la France qui devrait, et devra sans doute, accepter le transfert de la totalité de son pouvoir de décision budgétaire à une instance étrangère. Autrement dit, c’est bien la mise en tutelle de la France que visait Schäuble à travers sa position sur la Grèce. Il faut en avoir conscience.

C’est pourquoi les mensonges, que ce soit ceux de François Hollande sur un « gouvernement » de la zone Euro ou ceux de Pierre Laurent, justifiant l’accord léonin, le diktat, auquel Tsipras a consenti, prennent ici une autre dimension. Ils deviennent des actes de connivences dans un transfert décisif de souveraineté vers une puissance étrangère, un transfert sur lequel le peuple français ne sera, et c’est l’évidence, jamais consulté. Il y a un mot par lequel on appelle tout cela…

 

 

[1] http://www.omfif.org/media/1122791/omfif-telephone-conversation-between-yanis-varoufakis-norman-lamont-and-david-marsh-16-july-2015.pdf

[2] http://www.marianne.net/pierre-laurent-sortie-zone-euro-n-empeche-pas-pression-marches-100235637.html

[3] En particulier l’interview de James Galbraith, qui a travaillé avec Varoufakis (http://www.socialeurope.eu/2015/07/syriza-was-in-a-lose-lose-situation/ ) ou encore celui de Daniel Munevar, un autre des collaborateurs de Varoufakis (http://www.socialeurope.eu/2015/07/why-ive-changed-my-mind-about-grexit/ ).

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 21:07

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

«Tsipras était découragé»: le récit de Varoufakis après la victoire du non au référendum du 5 juillet

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

« Alexis Tsipras était soumis à une pression des figures importantes du gouvernement pour transformer le non en oui, pour capituler. »  L’ancien ministre des finances raconte les circonstances dramatiques de sa rupture avec le premier ministre grec, au soir de la victoire du non lors du référendum du 5 juillet.

 

La démission de Yanis Varoufakis de son poste de ministre des finances au soir du référendum du 5 juillet, marqué par une large victoire du non, suivie par son vote contre le troisième plan de sauvetage européen et par ses déclarations sur la préparation d’un plan B pour permettre à la Grèce de faire face à une exclusion de fait de la zone euro, laissait entendre de graves désaccords avec le premier ministre Alexis Tsipras. Mais jusqu’alors, l’ancien ministre grec des finances, menacé d’une grotesque plainte pour haute trahison pour avoir justement préparé ce plan d’urgence, n’avait jamais raconté dans le détail les raisons et les conditions de son opposition avec le premier ministre grec. Il a réservé ses confidences à un journaliste australien, d’origine grecque, qu’il connaît de longue date. L’article, « Une tragédie grecque », vient de paraître dans la revue The Monthly.

« Laisse-moi juste te décrire le moment après l’annonce du résultat du référendum », lui explique Yanis Varoufakis. « J’ai fait une déclaration au ministère des finances puis je suis allé au Maximos (les bureaux du premier ministre) pour rencontrer Alexis Tsipras et le reste du gouvernement. J’exultais. Cette victoire du non, inattendue, était comme un rayon de lumière qui traversait une nuit noire, épaisse », raconte l’ancien ministre des finances, confirmant que le gouvernement de Syriza s’attendait à une victoire du oui et à démissionner pour sortir par le haut. « Je marchais dans les bureaux, heureux, le cœur léger, portant avec moi l’incroyable énergie du peuple au-dehors. Ils avaient surmonté leur peur. Et c’était comme si je flottais dans l’air. Mais dès que je suis arrivé au Maximos cette sensation s’est totalement évanouie. Il y avait aussi une atmosphère électrique mais chargée d’ondes négatives. C’était comme si le gouvernement avait été dépassé par le peuple. Et la sensation que j’ai perçue était de la terreur : qu’allons-nous faire maintenant ? », poursuit-il.

« Tsipras était découragé. C’était une victoire majeure. Je crois qu’au fond de lui-même il la savourait mais en même temps, il ne pouvait s’en saisir. Il savait que le gouvernement ne pouvait s’en saisir. Des membres du gouvernement faisaient pression sur lui. Dès ces premières heures, il était soumis à une pression des figures importantes du gouvernement pour transformer le non en oui, pour capituler », raconte l’ancien ministre des finances.

Yanis Varoufakis raconte alors leur rupture : « Quand j’ai compris la situation, je lui ai dit qu’il était devant un choix très clair : soit utiliser les 61,5 % de non comme un levier, soit capituler. Avant même qu’il réponde, je lui ai dit : "Si tu prends la dernière solution (la capitulation), je m’efface. Je démissionne si tu choisis la stratégie de l’abandon. Je ne te nuirai pas mais je disparaîtrais" », rapporte-t-il.

« Tsipras m’a regardé et m’a dit : "Tu réalises qu’ils n’accepteront jamais un accord avec toi et moi. Ils veulent se débarrasser de nous." Alors il m’a dit la vérité, que d’autres membres du gouvernement le poussaient dans la voie de la capitulation. Il était déprimé. Je lui ai répondu : "Tu fais au mieux avec le choix que tu as fait. Je le désapprouve totalement mais je ne suis pas ici pour déstabiliser" », raconte-t-il.

« Alors je suis rentré à la maison. Il était 4 heures et demie du matin. J’étais anéanti, pas personnellement. Je m’en foutais de quitter le ministère. En fait, c’était plutôt un grand soulagement. Entre 4 h 30 et 9 heures du matin, j’ai rédigé ma démission. Je voulais être précis parce que d’une part, il fallait soutenir Alexis et ne pas lui porter préjudice mais d’autre part, il fallait que les raisons pour lesquelles je démissionnais soient claires, que je n’abandonnais pas le bateau. C’était le bateau lui-même qui avait abandonné la course. »

Lire cet entretien dans lequel Varoufakis revient aussi sur la politique de l’Eurogroupe, de la Troïka, sur les maux du système oligarchique grec dans The Monthly.

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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