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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 21:19

 

Source : http://jeluttedoncjesuis.net

 

 

Encore un papier appelant à s’emparer de JE LUTTE DONC JE SUIS :

"UNE ARME CONTRE LA RÉSIGNATION" (signé JF Arnichand de La Marseillaise).

Merci à tou-te-s de cet accueil chaleureux et de ces critiques émouvantes.

 

 

Prochaines projections-débats (nouvelle mise à jour) :
http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?article16

Contact programmation (en cours pour automne 2015 à printemps 2016) :
maud@jeluttedoncjesuis.net
(ou à transmettre à votre cinéma, en lui précisant qu’on a tous les supports qu’il peut désirer : DCP, Blu-ray, etc. ainsi que plusieurs tailles d’affiches)

Page Facebook :
https://www.facebook.com/pages/Je-lutte-donc-je-suis/1590195614532653


UNE AVANT-PREMIÈRE PROMETTEUSE : "UN FILM PALPITANT"

Ce jeudi 3 septembre au cinéma Jean Renoir de Martigues, le film JE LUTTE DONC JE SUIS a fait l’objet d’une avant-première prometteuse, devant une grande salle pleine et élogieuse, malgré la forme provisoire de l’œuvre.

Parmi les réactions du public recensées dans l’article (ci-dessous, par la rédaction de La Provence) : "Film palpitant" ; "Bouffée d’oxygène" ; "Larmes de joie" ; "Coup de foudre" ; Magnifique" ; "Revigorant" ; "Donne envie de lutter" ; "Film qui rassemble, dépasse les clivages et fait converger les luttes" ; "Une heure-et-quart de pur bonheur avec Manu Chao, Léo Ferré et beaucoup d’autres" ; "Images souvent très poétiques" ; "Complètement sonnée, ce film est époustouflant" ; "Ce n’est pas un film, c’est un hymne à la vie..."

Un seul mot en retour : MERCI !

 

 

Poème Prophytikon de Odysséas Elytis par Angélique Ionatos.
Chanson Sous les cendres de et par Jean-François Brient.
Scénario, réalisation et images Yannis Youlountas.
Agenda détaillé des projections-débats avec le réalisateur : ici.
Contact distribution et programmation des projections-débats : maud@jeluttedoncjesuis.net.
Partager sur les réseaux sociaux : ici
Film en soutien des initiatives solidaires en Grèce et en Espagne.

BANDE-ANNONCE LONGUE DU FILM :

 

 

AFFICHE DU FILM :

Pour télécharger cette affiche en plus grand format, cliquez ici.


MUSIQUE DU FILM :


RÉSUMÉ DU FILM :

« De Grèce et d’Espagne, un vent du sud contre la résignation souffle sur l’Europe. Dans les villes et les campagnes, dans les îles et les montagnes, au cœur des luttes et des alternatives en actes, des femmes, des hommes, mais aussi des enfants refusent de baisser les bras. Une même devise résume leur courage de résister, leur joie de créer et leur persévérance à toute épreuve : "JE LUTTE DONC JE SUIS" (prononcer "AGONIZOMAI ARA IPARKO" en grec et "LUCHO LUEGO EXISTO" en espagnol). Quelques mots pour vivre debout, parce que rester assis, c’est se mettre à genoux. Une brise marine, souriante et solidaire, de Barcelone à Athènes et d’Andalousie en Crète, qui repousse les nuages du pessimisme. Un voyage palpitant en musique, d’un bout à l’autre de la Méditerranée, en terres de luttes et d’utopie. »

 


MINI FICHE TECHNIQUE :

Titre : « JE LUTTE DONC JE SUIS »
Sous-titre : « De Grèce et d’Espagne, un vent du sud contre la résignation souffle sur l’Europe. »
Durée : 1h20. VF-VOSTF. Sortie : septembre 2015 (version expérimentale, puis définitive).
Supports : DVD, Blu-ray, DCP et fichier H264 MP4.
Film en "creative commons 3", c’est-à-dire en libre usage au trois conditions suivantes : 1- mentionner la source ; 2- ne pas modifier l’œuvre ; 3- ne pas en faire un usage commercial, sauf autorisation. Pour toute diffusion payante et/ou commerciale et/ou projection en salles de cinéma, contacter la diffusion/distribution ci-dessous.
Coordination diffusion distribution : Maud et ANEPOS, tél. 06 18 26 84 95 ou courriel Maud.
Ce film est à but non lucratif, son éventuel bénéfice sera reversé à des initiatives solidaires (les principaux créateurs sont bénévoles).
Réalisation et images : Yannis Youlountas. Scénario : Maud et Yannis Youlountas
Montage : Yannis Youlountas, avec le concours de Anne Merlieux et Maud Youlountas.
Mixage son et étalonnage : Berceau d’un autre monde. Photos : Maud Youlountas.
Musiques : Manu Chao, Angélique Ionatos, Léo Ferré, Killah P, Alessandro Di Giuseppe, etc.


ORGANISER UNE PROJECTION-DÉBAT :

Programmation des projections-débats avec Yannis Youlountas (réalisateur de Ne vivons plus comme des esclaves et de Je lutte donc je suis) :
Tél. 06 18 26 84 95 (Maud et Anepos) ou courriel Maud

Voir en haut de la colonne de droite, les premières projections-débats et tournées avec le réalisateur (agenda en cours de création). Plus de détails ici

 

Complément éventuel pour jeune public : profitant des recherches de Yannis en philosophie de l’éducation (situations de crise et nouvelles pratiques éducatives), une séance de goûter-philo
ou d’éducation à l’image avec les enfants peut, éventuellement, compléter le séjour. Tant qu’à se déplacer, parfois loin, autant proposer également quelque chose pour le jeune public (par exemple l’après-midi même ou le lendemain matin), avec un objectif identique : s’informer et s’émanciper. Détails ici et


EXTRAIT 1 DU FILM, AVEC ÉRIC TOUSSAINT :

 

 

AIDER, SOUTENIR :

Si vous voulez soutenir le film JE LUTTE DONC JE SUIS, c’est ici.

Si vous voulez aider l’une des INITIATIVES SOLIDAIRES EN GRÈCE, avec la population en souffrance et en résistance, c’est là (livre et DVD vendus au profit des initiatives solidaires, et en présentant certaines).

 

Nous sommes encore debout ! La lutte continue !

CONTRE-INFORMATION SUR LA SITUATION EN GRÈCE

Nous vous invitons à poursuivre la lecture des messages d’actualité de Yannis Youlountas sur son blog dédié :

 

http://blogyy.net

Merci à Naz Oke pour cette initiative.


FACEBOOK PROVISOIRE :

En raison de l’accélération de l’actualité et de la nécessité de contre-informer partout, notamment auprès des jeunes, Yannis a récemment décidé d’être présent provisoirement sur Facebook. Vous pouvez le lire et lui répondre ici : https://www.facebook.com/yyoulountas

Sa présence sur Facebook étant provisoire, nous vous recommandons de vous inscrire à sa lettre de "contre-information" (juste en-dessous).


LETTRE D’INFO :

Yannis envoie une lettre de "contre-information" (mensuelle à 10 000 inscrits) principalement sur la situation en Grèce et d’autres infos ou analyses regroupées, au contenu variable. Ce sont les chats de Yannis qui s’en occupent. Pour vous inscrire ou inscrire un(e) ami(e), il suffit d’envoyer un courriel à courriel chats de gouttière en indiquant simplement "info yy" en objet.


QUELQUES PHOTOS :

Les albums de photos du film : Quelques personnages, Terres de luttes et Paroles de murs


CONTACTER l’équipe du film (coordination, administration, réalisation...) : Contact

 

 

Source : http://jeluttedoncjesuis.net

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Photos - Vidéos - Sons Grèce
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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 17:23

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

 

 

 

La tourmente grecque

 

Mardi 8 septembre 20h
Cinéma Sémaphore à Nîmes
Film débat
avec Philippe Menut, réalisateur

 

proposé par ATTAC, CADTM, Collectif nîmois de soutien au peuple grec

Un film pour débattre et comprendre la situation en Grèce.
Un gros plan à la fois humain et économique sur les causes et les conséquences de la crise.

Après la victoire électorale de janvier 2015, six mois de négociation avec les « institutions » de la zone euro ont débouché sur l’accord du 13 juillet 2015. Un troisième mémorandum d’austérité est planifié dans une situation économique et sociale insoutenable.

LA TOURMENTE GRECQUE donne la parole aux salarié-e-s, militant-e-s, économistes, médecins, ministres, chômeurs-euses, philosophes…
Ils-elles donnent leur éclairage sur la crise vécue de l’intérieur et témoignent de la résistance du peuple grec.

 

 

 

Source : http://cadtm.org

 

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 15:06

 

Source : http://cadtm.org

 

 

La bataille de Grèce, un épisode d’une guerre mondiale prolongée

2 septembre par Gustave Massiah

 

 

 

Les débats sur la crise grecque et sur la crise ouverte de l’Union Européenne ont suscité de très nombreux commentaires et de très nombreuses analyses. Ce débat va se prolonger d’autant que l’évolution, en Grèce et en Europe, est loin d’être achevée. Voici dix pistes de réflexions lapidaires sur le débat en cours.

 

1. La bataille de Grèce s’est terminée par une défaite de ceux qui refusaient les plans austéritaires.

Une défaite et une reddition pour Syriza qui avait défendu cette position. Une défaite qui va peser lourd, d’abord pour le peuple grec.

 

Cette bataille a donné lieu à une démonstration de force du pouvoir financier. Elle lui a permis de montrer sa puissance et sa capacité à humilier tous ceux qui lui résistent. C’est un avertissement pour tous ceux qui pensent pouvoir passer outre aux oukases.

 

Pour autant, la guerre n’est pas terminée, ni en Grèce, ni ailleurs. Que peut-on déjà apprendre de cette bataille.

 

La question de la dette est la question cruciale. C’est à partir de là que se différencient les choix possibles. Faut-il ou non suspendre unilatéralement le remboursement de la dette. La question s’est posée deux fois, à des moments décisifs ; il est possible qu’elle se repose à nouveau.

 

Au départ, le choix de Syriza semblait aller dans ce sens. C’était un des cinq points du programme à partir duquel ce parti avait gagné les élections. Et, l’importance de la place donnée à la Commission pour la vérité sur la dette publique paraissait le confirmer. Cette position, conforme au rejet des mesures austéritaires, nécessitait un programme radical qui comprenait notamment la nationalisation des banques et une réforme fiscale de grande ampleur, la réquisition de la banque centrale pour couper sa subordination à la Banque centrale européenne.

 

Le gouvernement grec n’a pas suivi ce plan. Il a préféré ouvrir la négociation sur des mémorandums (nouveaux crédits contre réformes austéritaires) plutôt que de l’ouvrir sur un moratoire de renégociation des dettes. Le gouvernement a estimé que les risques étaient trop grands compte tenu de la violence des réactions de l’Eurogroupe.

 

Le deuxième moment décisif a été juste après le succès du non au référendum. Une nouvelle fenêtre d’opportunité avec la légitimité donnée par le résultat aurait permis de remettre en avant le plan fondé sur la suspension des remboursements. Là encore le gouvernement a préféré la négociation sur les mémorandums plutôt que la rupture. Là encore, c’est l’importance des risques qui a pesé sur le choix du gouvernement.

 

Une troisième manche est possible. Car la dette n’est pas seulement illégitime, illégale et odieuse, elle reste toujours insoutenable. Compte tenu de la capitulation sur les mesures austéritaires, elle est très mal engagée et un redressement sera très difficile.

 

2. La bataille de Grèce est un épisode d’une guerre mondiale prolongée.

Nous sommes en fait dans une guerre mondiale prolongée. Cette guerre a commencé avec la victoire du capitalisme financier et des politiques néolibérales, à la fin des années 70. La gestion de la crise de la dette, provoquée par les pouvoirs financiers et politiques, et les programmes d’ajustement structurels, en ont été les vecteurs principaux. Les plans d’austérité en sont une des déclinaisons.

 

Il s’agit d’une offensive pour le rétablissement de l’hégémonie impérialiste par rapport aux succès de la révolution de la décolonisation. Elle a combiné les coups d’État économiques et financiers, les interventions militaires et de redoutables offensives idéologiques et culturelles.

 

Un militant africain écrivait récemment : « ce qui arrive à la Grèce est lamentable et dramatique pour le peuple grec ; peut-être que les européens comprendront un peu mieux ce que nous vivons depuis quarante ans ».

 

Ce n’est pas par hasard que le CADTM, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde, qui lutte de manière remarquable et avec opiniâtreté, depuis 1989, se retrouve en position centrale dans la lutte contre l’austérité à partir des outils forgés dans ces batailles, et notamment des comités d’audit citoyen des dettes. Rappelons qu’en 1989, la campagne « ça suffat comme ci ! » mettait en avant le mot d’ordre toujours actuel « Dette, apartheid, colonies ; ça suffat comme ci ! »

 

3. Le rapport de forces écrasant a été déterminant dans cette bataille.

Affirmer la volonté de sortir de l’austérité est un casus belli, une déclaration de guerre insupportable pour les pouvoirs dominants. Tous les moyens sont bons pour abattre ceux qui s’y risquent, encore plus quand ils le claironnent.

 

Face à un tel rapport de forces, la délégation grecque pouvait-elle gagner ? Il faut se demander : gagner quoi ? Gagner de meilleures conditions à court terme était déjà difficile. Gagner tout, c’est-à-dire gagner l’abandon des programmes anti-austéritaires, était beaucoup moins probable. Gagner tout, c’est-à-dire obtenir la défaite de la troïka au bénéfice de tous, était encore moins probable compte tenu du rapport de forces et de la possibilité financière de détruire la finance et l’économie grecque.

 

C’est pourquoi l’analyse de la défaite en termes de : « on aurait pu gagner mais certains des chefs ont trahi » n’est pas vraisemblable et n’avance pas beaucoup. D’une manière générale, la réflexion en termes de trahison a l’avantage d’éviter l’interrogation sur la situation et les responsabilités. Elle n’est jamais suffisante. La désillusion la plus forte vient d’ailleurs de ceux qui ont délégué au gouvernement grec la possibilité de gagner pour eux, de mettre à bas la troïka.

 

Le rapport de forces a joué doublement. Il a pesé sur le choix du gouvernement grec pour la négociation sur le mémorandum. Une fois ce choix confirmé, il a réduit à très peu de choses les marges de manœuvre dans la négociation.
Y-a-t-il eu des erreurs et le gouvernement grec aurait-il pu obtenir plus ? Probablement oui. Pouvait-il obtenir tout ? Probablement non. Mais il aurait pu obtenir de mettre plus en évidence la remise en cause des programmes austéritaires et la question de la dette. La question est surtout importante pour la suite en Grèce et en Europe. Pour y répondre, il faut se poser la question des prochaines étapes.

 

On arrive à la lancinante question du plan B. Nombreux sont ceux qui pensent que Syriza a perdu parce qu’il n’avait pas de plan B. Bien sûr qu’il faut un plan B, et même plusieurs. Il aurait peut-être permis de mieux négocier, mais il ne donnait pas l’assurance de gagner. Malheureusement, il ne suffit pas d’un plan B pour gagner. Un plan B n’annule pas le rapport de forces ! Ceci n’annule pas les critiques qui soulignent que l’absence explicite d’un plan B a été voulue comme une preuve de bonne foi dans la négociation et une concession qui a certainement coûté cher. Si on appelle plan B le choix de la rupture, on n’est plus dans un plan B de négociation, on est dans une orientation stratégique alternative. La question est de savoir comment s’y préparer pour la mener.

 

4. Si le rapport de forces était aussi défavorable, fallait-il engager la bataille ?

Face à un rapport de forces aussi défavorable, fallait-il y aller ? Pour gagner les élections, fallait-il entretenir des illusions en laissant croire qu’il était possible d’en finir avec les plans austéritaires ?

 

L’idée qu’il vaut mieux ne pas y aller quand le rapport est trop défavorable n’est pas la plus intéressante. Les plus grandes défaites viennent des batailles qu’on ne mène pas.
Souvent, la bataille permet des avantages, même avec une défaite. Elle peut permettre d’obtenir des concessions par rapport à l’acceptation du plan imposé sans bataille. En laissant ouverte la discussion sur ce qui aurait pu être obtenu d’autre ; discussion qui n’avait pas vraiment été ouverte avant.

 

La bataille a permis deux autres avancées. D’abord, elle a montré la volonté de résistance active. Elle a ouvert une séquence encore incomplète mais très prometteuse : on n’accepte pas, on résiste, on veut bien négocier, mais on consulte le peuple. Ensuite, elle a contribué à dévoiler la nature des politiques et la nature des institutions, de l’UE et du FMI. Elle a rendu plus visible la nature du système, du capitalisme européen et mondial sous ses différentes facettes. La bataille de Grèce ouvre dans de meilleures conditions une nouvelle phase de la bataille de l’Europe.

 

Pour revenir au rapport de forces défavorable et même écrasant, il faut tenir compte de ce rapport de forces pour définir les objectifs de la bataille et la manière de la mener. Et surtout, il faut inscrire la bataille dans une perspective stratégique en anticipant les prochaines batailles et les prochaines étapes.

 

C’est la question qui est posée aujourd’hui à Syriza et à ses différents courants. Avec une interrogation majeure : quelles sont les attentes et les possibilités d’engagement du peuple grec après cette première bataille ? C’est ce que le débat politique en Grèce va éclairer.

 

5. La violence de l’agression met à jour de fortes contradictions

La violence de l’agression a été croissante. Au départ, il fallait faire rentrer la Grèce et la prendre comme exemple de la règle. Le peuple grec résiste ! Il faut le réduire, l’obliger à accepter la règle, le prendre comme exemple de l’inutilité de résister, l’humilier et l’écraser.

 

Mais cette violence a montré, à contrario, que la puissance considérable n’était pas suffisante pour se faire obéir sans résistance. La menace de la table rase financière a dévoilé la nature des rapports et a mis à jour de nombreuses contradictions dans le camp des dominants.

 

La négociation avec la Grèce a montré des contradictions entre les gouvernements européens et les peuples européens et combien la question de l’austérité était sensible. Elle a montré la peur de la contagion que pouvait susciter une issue positive pour le peuple grec. Elle a montré les contradictions entre les capitalismes européens sur la conduite de l’Europe ; entre l’Europe du Nord qui suit la roideur allemande, l’Europe du Sud rétive à l’austérité, l’Europe de l’Est qui joue les bas salaires, la Grande Bretagne occupée à la définanciarisation. Elle a montré les contradictions entre les gouvernements européens sur l’avenir de l’Europe. Elle a montré que derrière le partage des rôles dans la négociation, les divergences entre la France et l’Allemagne sont réelles sur les équilibres budgétaires. Elle a montré le désaccord sur la dette entre l’Allemagne et le FMI. Elle a montré les divergences en Allemagne sur son rôle futur. Elle a montré que les politiques financières et monétaires ne suffisent pas à définir une politique européenne.

 

La crise ouverte en 2008 avec la crise financière commencée avec les subprimes a démontré que le système capitaliste est en crise et qu’il n’en est pas sorti. Après quelques hésitations autour des propositions sur une réforme du capitalisme appelée green new deal, le capitalisme financier a repris le contrôle et raidi ses positions. Pour autant la crise n’est pas résolue et les mouvements de contestation qui se sont manifesté à partir de 2011 n’ont pas faibli, même s’ils n’ont pas encore réussi à modifier le rapport de forces. Dans la bataille contre les plans austéritaires et les politiques néolibérale, la question de la dette publique est centrale au niveau mondial. Une campagne internationale pour la reconsidération et l’annulation des dettes publiques peut trouver des formes renouvelées.

 

6. L’irruption de la question démocratique

La démocratie est à la fois un élément de la bataille et une question stratégique centrale de longue période. Syriza a joué le jeu démocratique en appuyant ses demandes sur la légitimité démocratique des élections et en décidant d’organiser un référendum. Ils ont de ce point de vue marqué un point en démontrant le peu de cas pour les financiers et l’Union Européenne de toute procédure démocratique. On le savait déjà mais la grossièreté de la réponse de la Commission explicitant qu’il n’y avait là pas de place pour la démocratie peut peser dans l’avenir.

 

Consulter le peuple, faire appel au peuple, cette initiative de Syriza qu’un gouvernement grec précédent avait menacé de faire sans aller jusqu’au bout aurait pu changer la donne. Les contradictions mises à jour n’étaient pas seulement celles des pouvoirs financiers, il y en avait aussi au niveau du peuple. Le peuple voulait deux choses contradictoires : sortir de l’austérité, ne pas sortir de l’Euro. Le gouvernement voyait bien que c’était contradictoire et que le chemin possible était quasiment impossible. Mais il a consulté là-dessus dans la continuité des élections et aussi parce que poser la question de la sortie de l’Euro, donnait peu de chances de gagner le référendum.

 

Il y avait une autre opportunité, c’était d’utiliser la légitimité du référendum pour rompre la négociation, quitte à se faire imposer un grexit qui aurait peut-être mis en difficulté la troïka. Ce n’est pas ce qui a été choisi et qui a divisé Syriza. Plusieurs raisons ont pesé dans ce sens. D’abord les risques pour le peuple grec d’une guerre financière totale à travers la destruction du système financier et bancaire grec. Ensuite, le fait que les mesures pour faire face au grexit n’avaient pas été préparées. La discussion sur le choix du gouvernement grec nous concerne tous. Pour l’instant, cette discussion relève beaucoup du débat politique grec.

 

Il y a une discussion plus fondamentale sur le processus démocratique. Il y a eu, à un moment, juste après le référendum une opportunité historique, une bifurcation possible. Compte tenu de la nature contradictoire de la réponse au référendum, il n’était pas illégitime de durcir, voire d’interrompre la négociation plutôt que de l’accélérer et de capituler. Il y avait certes des risques, mais aussi des opportunités. Dans un moment de décision historique, la consultation démocratique, dans ses formes classiques, ne donne pas toujours une réponse suffisante.

 

La discussion sur une orientation stratégique alternative, même si elle a été très courte, a été beaucoup plus riche juste après le référendum. Parmi les nombreuses propositions, retenons celles de Yannis Varoufakis (reconversion de la dette en cours par une monnaie fiscale complémentaire, décote sur les obligations détenues par la BCE, réquisition de la Banque de Grèce) et celles, répétées, de Eric Toussaint (moratoire de la dette, création d’une monnaie complémentaire électronique, réquisition de la Banque Centrale Grecque, nationalisation des banques, réforme fiscale d’ampleur, mesures sociales de relance). Ces propositions sont relayées par Thomas Coutrot et Bruno Théret qui précisent que pour éviter les risques de panique bancaire et de coup d’état financier par un exode massif des capitaux, il faut une adhésion populaire. C’est sur un programme de mesures précises et sur les risques de l’affrontement que doivent porter les consultations démocratiques.

 

La bataille de Grèce ouvre aujourd’hui de nouvelles possibilités pour d’autres situations. La consultation portant sur un programme de sortie d’austérité en acceptant les risques de ruptures et en définissant les premières mesures d’un projet de transition. Une consultation sur le refus des programmes austéritaires, au risque de sortir de l’Euro, peut devenir beaucoup plus « entendable » dans plusieurs pays européens

 

7. La crise grecque ouvre une nouvelle étape de la crise de l’Union Européenne

La crise grecque ouvre une nouvelle étape de la crise de l’Union Européenne. Elle en dévoile les mécanismes et la nature.

 

L’Union Européenne est une partie avancée du néolibéralisme. La discussion porte sur son évolution. Laissons la discussion sur sa nature intrinsèque. Son évolution est-elle le résultat de la révolution néolibérale de la fin des années 1970, ou est-elle immuable depuis sa création ? La discussion n’est pas sans intérêt mais elle n’est pas fondamentale. L’Union Européenne est d’une certaine manière la pointe avancée, l’avant-garde institutionnelle du capitalisme financier. Celle qui règlemente et légifère dans l’intérêt du capitalisme financier.

 

En adoptant l’Euro, en corsetant la zone euro, elle a instauré une monnaie unique à partir de l’idée d’une monnaie commune. L’Euro qui aurait pu contester ou concurrencer le dollar comme monnaie internationale est devenu le moyen de contrôler et de mettre au pas chacun des pays européens. La crise économique et financière se traduit par une crise sociale majeure et se prolonge dans une crise démocratique.

 

Le mouvement social européen n’a pas joué un véritable rôle dans la crise grecque. Il y a eu des pétitions mais pas de véritable mobilisation. On ne peut pas parler d’unité du mouvement social européen autour de la définition d’un projet alternatif européen. La différenciation de la mondialisation entre les régions du monde concerne aussi l’Europe. La crise européenne s’inscrit dans la crise globale. La crise européenne est spécifique sur le plan économique et sur le plan géopolitique. En Europe même, plus largement qu’au niveau de l’Union Européenne, les situations se différencient suivant les régions européennes. La convergence au niveau du mouvement social européen est, de ce fait, très difficile.

 

La différenciation des situations pèse sur la définition d’une position stratégique commune des mouvements sociaux et citoyens en Europe. L’ambition est de définir un projet européen alternatif qui se dégagerait du projet européen dominant et de ses impasses et qui traduirait en termes politiques et culturels l’unité du mouvement social européen. Pour l’instant, le mouvement social européen est confronté à trois défis principaux : l’alliance avec le précariat, la rupture de l’alliance entre les compétents et les actionnaires, la lutte contre le racisme et la xénophobie. Il s’agit de trois défis mondiaux qui prennent des formes spécifiques dans chaque région du monde, notamment en Europe.

 

Une campagne européenne de longue durée pourrait adopter plusieurs déclinaisons : Nous ne voulons pas de cette Europe là ! Nous voulons une Europe sociale et démocratique ! Nous ne voulons pas de cette Union Européenne ! Nous n’obéirons pas à cette Union Européenne ! Nous ne voulons pas de cet Euro ! Nous voulons transformer l’Euro en monnaie commune !

 

8. La place des mouvements dans les affrontements

La bataille de Grèce a vu l’affrontement entre le pouvoir financier représenté par la troïka et Syriza représentant le gouvernement grec. Ni les mouvements grecs, ni le mouvement européen n’ont réussi à inverser la tendance dans le court terme.

 

Faut-il alors considérer que les mouvements sociaux ne sont pas des acteurs directs du changement. Effectivement, ils ne suffiront pas à assurer seuls, à court terme, une rupture et la mise en œuvre d’une transition. Certes, les mouvements sociaux sont insuffisants ; ils ne sont acteurs du changement que quand ils s’inscrivent dans un processus.

 

Les mouvements sont les forces anti systémiques qui combinent sous des formes diverses, les positions de classe et les alliances entre les couches sociales et les catégories qui composent la société. La démarche qui caractérise le mouvement altermondialiste est de partir des mouvements sociaux et citoyens, de leur diversité et de leurs convergences.

 

Le mouvement altermondialiste est en mutation. Le processus des forums sociaux mondiaux ne le résume pas. Il doit d’ailleurs être repensé. Dans la dernière période, trois types de mouvements forment le processus : les mouvements traditionnels, redéfinis par les années 70, (mouvement ouvrier, mouvement paysan, mouvements des femmes, …) ; les mouvements qui ont été visibles dans le processus des forums sociaux à partir de l’évolution des anciens mouvements et des mouvements qui sont devenus plus visibles (comme les peuples indigènes, l’écologie, l’extractivisme, …) ; les nouveaux mouvements à partir de 2011 (indignés, occupy, taksim, carrés rouges, …).

 

Ces mouvements renouvellent l’altermondialisme. Ils montrent que la contre-offensive de l’oligarchie dominante ne s’est pas imposée, même si elle a marqué des points. Elle montre aussi que la seule réponse des peuples n’est pas dans la droitisation des positions. Certes, la montée des courants fascistes, d’extrême droite et populistes réactionnaires est sensible. Elle prend d’ailleurs des formes différentes avec le néo-conservatisme libertarien aux Etats-Unis, les diverses formes de national-socialisme en Europe, le jihadisme armé au Moyen-Orient, le hindouisme extrême. Dans plusieurs des nouveaux mouvements, la gauche classique est battue en brèche et des courants de droite paraissent quelquefois imposer leurs points de vue. Mais, il s’agit bien de mouvements de contestation de l’ordre dominant. On le retrouve dans les mots d’ordre explicités depuis Tunis et complétés par les autres mouvements. Il s’agit d’abord du refus de la misère sociale et des inégalités, du respect des libertés, de la dignité, du rejet des formes de domination, de la liaison entre urgence écologique et urgence sociale. D’un mouvement à l’autre, il y a eu des affinements sur la dénonciation de la corruption ; sur la revendication d’une « démocratie réelle » ; sur les contraintes écologiques, l’accaparement des terres et le contrôle des matières premières.

 

9. L’affrontement s’inscrit dans l’espace des partis et des gouvernements

La crise grecque montre que l’espace national est l’espace de l’affrontement, mais que l’affrontement ne peut s’y restreindre. Il s’élargit à l’espace capitaliste mondial et à l’espace de l’Union Européenne en Europe. La discussion porte sur les rapports entre les mouvements, les partis et les gouvernements.

 

Les nouveaux mouvements sont spontanés, radicaux, hétérogènes. Certains affirment que ces mouvements ont échoué parce qu’ils n’auraient pas de perspective ou de stratégie et qu’ils ne se sont pas dotés d’organisation. Cette critique mérite d’être approfondie. Elle n’est pas suffisante quand on sait que le plus vieux de ces mouvement a quatre ans. Les mouvements ne rejettent pas toutes les formes d’organisation ; ils en expérimentent des nouvelles. Celles-ci ont démontré leur intérêt dans l’organisation des mobilisations, la réactivité aux situations et l’expression de nouveaux impératifs. La question des formes d’organisation par rapport au pouvoir est à l’ordre du jour.

 

On aurait pu espérer que ce qui se passe avec Syriza, Podemos ou le Parti des gens ordinaires à New Delhi, soit le début d’une nouvelle étape. La montée en puissance d’organisations politiques qui se réfèrent aux nouveaux mouvements et qui en sont, en partie, issues. Des organisations politiques qui se donnent comme objectif d’arracher le politique au financier et qui refusent l’idée qu’il n’y a pas d’alternatives. Ce ne sont pas encore complètement des nouvelles formes d’organisation politique, mais elles assument que les partis doivent prendre leur part dans la réinvention du politique.

 

Par rapport à Syriza, ne passons pas de l’enthousiasme au grand découragement. Regardons ce qui est en jeu. On ne peut pas considérer qu’il n’y a donc pas besoin de partis, même si l’autonomie des mouvements par rapport aux partis est à reconfirmer. Pas plus qu’il ne paraît intéressant de considérer que celui-ci n’était pas le bon et qu’arrivera bien un parti d’avant-garde qui lui réussira à s’imposer.

 

Syriza est né de la gauche radicale relativement classique qui a su tirer des leçons des mouvements des indignés. Il a su aussi lier des formes de mobilisation avec une élaboration qui a tiré des leçons de la chute du soviétisme en 1989 et de l’évolution catastrophique de la social-démocratie existante.

 

Une prochaine bataille est possible en Espagne à partir de Podemos. Podemos est plus directement issu du mouvement des indignés. Il a montré sa capacité à s’inscrire dans le local et à passer des alliances assez larges. Podemos va bénéficier de la bataille de Grèce et des limites de ce premier affrontement. Essayons déjà de ne pas l’étouffer par notre impatience, et comme certains s’y essayent déjà, à prévoir les futures trahisons.

 

Il y aura d’autres batailles. Il y aura possiblement et probablement d’autres défaites. Mais il y aura aussi des résistances et des avancées, à partir des leçons tirées des défaites.

 

10. Le débat est ouvert sur les perspectives stratégiques

Le capitalisme a marqué des points et démontré sa capacité à s’adapter. Il a mené une bataille idéologique majeure, contre la valeur d’égalité, et a réussi à accentuer une droitisation des sociétés et à attiser les racismes et les xénophobies. Il a surtout réussi à mettre au service de la finance les extraordinaires découvertes scientifiques et technologiques, particulièrement dans le numérique et les biotechnologies. Il affine ses stratégies militaires et perfectionne à l’infini les moyens qui s’inscrivent dans un état de guerre perpétuelle. Il gagne du temps pour préserver les privilèges de l’oligarchie tout en préparant pour l’avenir une mutation des rapports sociaux capitalistes.

 

Le mouvement social aussi est en recomposition. Les mouvements affirment un refus et recherchent de nouvelles propositions. Ils n’opposent pas à la complexité des situations des réponses simplistes. Les rapports de production n’ont pas changé de nature, mais il faut prendre en compte les mutations scientifiques et culturelles. Les modes de pensée sont bouleversés par la révolution écologique. La révolution majeure des droits des femmes, au-delà des réactions violentes qui la rejettent, commence à peine un bouleversement incroyable des sociétés. La géopolitique est marquée par le chamboulement du monde. C’est la réinvention de la démocratie qui est au cœur des mutations et des interrogations. La démocratie économique et sociale reste un préalable. Elle est à inventer. Il est clair que la démocratie ne se résume pas au marché, mais il apparaît aussi que l’Etat ne suffit pas à définir le contraire du marché et à garantir la démocratie. Le rejet de la corruption va au-delà de la corruption financière ; il s’agit de la corruption politique. Elle est visible dans les politiques imposées et dans le mélange des intérêts. La subordination du politique au financier annule le politique. La démocratie culturelle et politique nécessite la réinvention du politique.

 

Il y a des occasions de rupture qu’il faut saisir. Mais, on ne gagne pas d’un coup, par surprise. La rupture se fait dans le temps long ; le temps que s’accumulent les nouveaux paradigmes. Rappelons-nous par exemple qu’après l’écrasement de La Commune, en 1871, il a fallu quarante ans pour que le mouvement social se recompose et inverse la tendance. Il a su tirer les leçons de la défaite et renouveler sa pensée dans la Première internationale. Il a su reconnaître la montée des ouvriers de la grande industrie. Nous sommes dans la période des quarante à cinquante ans qui suivent la réussite de la contre-offensive néolibérale. A partir de 2008, avec la confirmation de la crise ouverte de la mondialisation capitaliste et 2011, avec les nouvelles insurrections populaires, une période de rupture s’amorce.

 

Nous sommes dans une période de bouleversements et de très fortes contradictions. Probablement dans le temps d’un changement de période dans lequel cohabitent les anciennes tendances et s’amorcent de nouvelles. La citation de Gramsci est d’une grande actualité « le vieux monde se meurt ; le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Il faut à la fois lutter contre les monstres et construire le nouveau monde. Il n’y a pas de fatalité, ni dans le succès, ni dans l’échec.

le 15 août 2015

 

 

 

Auteur

 
 
Gustave Massiah
http://www.crid.asso.fr/

 

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Source : http://cadtm.org

 

 

 

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 14:39

 

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Zoé Konstantopoulou à l’ONU : « La dette souveraine est actuellement utilisée contre la population grecque et le Parlement hellénique pour affaiblir la démocratie »

3 septembre par Zoe Konstantopoulou

 

 

 

 

Mesdames et messieurs,
leaders des parlements du monde,

 

en cette occasion du 70e anniversaire de l’ONU, marquant également les 70 ans depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en cette 4e conférence mondiale des Présidents de Parlements |1| plaçant la démocratie au service de la paix, du développement durable et de la construction d’un monde tel que les peuples le veulent, je me tiens devant vous et parmi vous, en tant que Présidente du Parlement hellénique récemment dissous pour vous adresser un appel à la solidarité envers le peuple grec et envers la Grèce, terre où la démocratie naquit, et où elle est aujourd’hui brutalement attaquée et violée. La Grèce et son peuple sont les victimes, depuis cinq ans, de politiques supposées offrir une solution durable au surendettement du pays et une voie pour sortir de la crise économique, ces politiques contenues dans des accords appelés « Memoranda - Protocoles d’accord », conclus par le gouvernement grec et un trio d’institutions internationales, à savoir le FMI, la Commission européenne et la Banque centrale européenne, connu sous le nom de Troïka, et agissant au titre de créanciers de la Grèce, ont eu pour résultat de graves violations des droits humains, et particulièrement des droits sociaux, des libertés fondamentales et de l’État de droit lui-même.

 

Ce qui a été présenté comme un accord de renflouement a eu pour effet la misère, le chômage à des taux jamais vus jusque-là, 72% parmi les jeunes femmes et 60% parmi les jeunes hommes, des centaines de milliers de jeunes gens poussés à l’émigration, une explosion des suicides, la marginalisation des jeunes, des vieux, des faibles, des immigrés, des réfugiés, avec la moitié des enfants du pays vivant sous le seuil de pauvreté, une situation relevant d’une crise humanitaire, documenté dans les rapports et les déclarations des experts indépendants de l’ONU sur la dette et les droits de l’homme aussi bien que dans toute une série de décisions de justice et de rapports.

 

 

Le 25 janvier 2015, il y a de cela 7 mois, le peuple grec, à travers un scrutin national, a donné au gouvernement et au parlement un mandat clair et sans équivoque : celui de se débarrasser de ces politiques assassines. Des négociations ont débuté, une commission spéciale du Parlement a été formée, baptisée Commission pour la Vérité sur la Dette Publique, avec pour mission de conduire un audit et une évaluation juridique de la Dette grecque. Cette commission a produit un rapport préliminaire en juin dernier. Le rapport a établi que la dette souveraine de l’État est illégale, illégitime, odieuse et insoutenable. Il a établi que la dette souveraine avait été contractée via des procédures qui constituent une violation flagrante du droit constitutionnel, justifiant par là même la dénonciation de la dette. Il a établi que les créanciers avaient agi de mauvaise foi en faisant délibérément peser sur la Grèce le fardeau de prêts insoutenables afin de sauver les banques privées françaises, allemandes et grecques. En dépit de ces conclusions, les créanciers de la Grèce ont exigé qu’on néglige le mandat du peuple.

 

Le 25 juin, un ultimatum de 48 heures fut posé au gouvernement grec, lui demandant d’accepter, contrairement au mandat populaire, une série de mesures démantelant le droit du travail, abolissant les garanties de sécurité sociale et la protection juridique pour les citoyens surendettés, et requérant, dans le même temps, le bradage des biens et entreprises publics les plus précieux, mais aussi des principaux ports, aéroports et infrastructures qui devraient être vendus ou cédés pour rembourser une dette odieuse et insoutenable.

 

Le Parlement hellénique a entériné la proposition du gouvernement de tenir un référendum portant sur l’ultimatum, et le peuple grec, à une large majorité de 62%, a rejeté les mesures.
Au cours de la semaine du référendum, des représentants des instances internationales et de gouvernements étrangers ont tenté d’influer sur le résultat du référendum, au moyen de déclarations visant à terroriser la population, et le référendum s’est tenu avec les banques fermées et le contrôle des capitaux imposé du fait du refus de la BCE de fournir des liquidités après l’annonce de la tenu du référendum ; et pourtant, la démocratie a prévalu, le peuple s’est prononcé clairement et a dit NON à 62% à ces mesures assassines.

 

Ce qui s’en est suivi est un cauchemar pour toute conscience démocratique, et une honte. Les créanciers ont refusé d’examiner le résultat du référendum. Ils ont insisté, usant de la menace d’un effondrement du système bancaire et d’un désastre humanitaire, que soient adoptées des mesures plus sévères encore que celles qui avaient été rejetées. Le gouvernement a été contraint d’accepter que le Parlement légifère sur des textes pré élaborés de centaines de pages, sans délibération, et à des dates prédéterminées, selon une procédure d’urgence, et avec les banques toujours fermées. Cette extorsion fut baptisée « pré requis pour un accord » et le Parlement fut appelé à abolir des lois qu’il avait votées durant les quatre mois précédents, et à s’abstenir de toute initiative législative sans l’accord préalable des créanciers.

 

Un projet de loi de cent pages, présenté comme un article unique, fut approuvé le 15 juillet en moins de 24 heures ; un autre, long d’environ 1000 pages et composé de 3 articles a été adopté en moins de 24 heures le 22 juillet ; presque 400 pages, fut adopté le 14 août en 24 heures. Le Parlement a légiféré trois fois sous la contrainte et la coercition, et cela étant fait, attestant qu’une partie importante des députés du principal parti de gouvernement, incluant la Présidente du Parlement, refusait de voter un tel texte de loi, le Parlement fut dissous de manière subite afin de garantir une majorité plus stable pour mettre en œuvre ce que le peuple a rejeté.

 

Mesdames et messieurs, la dette souveraine est actuellement utilisée contre la population grecque et le Parlement hellénique pour affaiblir la démocratie, mais la démocratie est une valeur suprême, et le Parlement ne peut être réduit à des sceaux, entérinant des normes dictées, rejetées par le peuple et conçues pour anéantir les sociétés et les générations futures.

 

J’en appelle à vous, Parlementaires du monde ; soutenez l’exigence de démocratie et de souveraineté parlementaire contre la coercition de la dette ; soutenez les initiatives de l’Assemblée Générale des Nations Unies et la commission ad hoc d’audit de la dette souveraine, ainsi que les initiatives des experts indépendants de l’ONU sur la dette et les droits de l’homme.

 

Ne permettez pas que la démocratie soit annihilée sur la terre où elle naquit. Ne permettez pas qu’un autre Parlement soit contraint de voter contre la volonté du peuple et contre le mandat de ses députés. Ne permettez pas que les droits de l’homme, les vies humaines, la dignité humaine, et les principes les plus précieux des Nations Unies soient foulés pour servir le système bancaire.


Le monde que les peuples veulent ne peut être construit sans les peuples du monde. Merci.

 

Discours prononcé le 2 septembre 2015 au siège de l’ONU à New York.

 

Traduit par Marie-Laure VEILHAN pour le CADTM

 

Auteur

 

Zoe Konstantopoulou

avocate et femme politique grecque. Députée du parti de la gauche radicale Syriza, qui a gagné les élections législatives du 25 janvier 2015 en Grèce, a été élue le 6 février 2015 présidente du parlement. Elle est, à trente-huit ans, la plus jeune présidente de la Vouli et la deuxième femme seulement à exercer cette fonction.

 

 

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Source : http://cadtm.org

 

 

 

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 17:03

 

Source : http://www.okeanews.fr

 

 

Le programme Grec de privatisations


Participants
  Nmyv66yH_400x400 Christine
  Olivier Okeanos

 

‘The Press Project’ revient sur les privatisations grecques : lors de la procédure d’approbation du plan d’aide à la Grèce par le parlement néerlandais, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a déposé un document comportant 55 actions de privatisation que le gouvernement grec doit réaliser dans les deux mois à venir. Asteras, l’ancien aéroport d’Athènes Hellinikon, Kassiopi, Port du Pirée, Port de Thessalonique, aéroports, marinas ainsi que des clauses étranges se retrouvent dans les « petites lettres » de l’accord.

 


1 septembre 2015

   dernière mise à jour le 1/09/2015


"A louer" ( photo Konstantinos Tsakalidis / SOOC)

"A louer" ( photo Konstantinos Tsakalidis / SOOC)

 

Outre la cession pour 50 ans des 14 aéroports régionaux les plus touristiques à la société allemande Fraport (détenue en majorité par l'Etat Allemand via le Land de Hesse et la ville de Francfort), le gouvernement grec s’engage également sur d’autres privatisations forcées, telle que la cession d’Astir à Jarmyn, d’ici la fin de l’année.

 

Un élément qui frappe The Press Project dans le tableau qui suit est le style impératif, notamment dans les cas où le gouvernement s’engage à approuver les études d’impact environnemental comme le veut le cessionnaire ou de surmonter les obstacles érigés par les services archéologiques. Bien entendu, le gouvernement s’engage également à abolir des lois de l’État grec car elles entravent la planification centrale de l’exploitation des actifs publics.

 

Notons que, au moment où le quartet parle de la nécessité de collecter des recettes et d’équilibrer les charges entre les groupes sociaux, il exige une série d’actions dont le résultat est exactement opposé. Ainsi, par exemple, le gouvernement grec est tenu, dès octobre, de permettre aux yachts de naviguer sous pavillon étranger pour plus de 12 mois.

 

Enfin, l’élément le plus bouleversant de la liste, ce sont les exemptions offertes aux cessionnaires. Ainsi, par exemple, par disposition législative, les collectivités locales ne pourront pas réclamer de taxes pour les services qu’elles fourniront à ceux qui auront acheté le patrimoine grec. D’autres dispositions les exempteront d’autres taxes ennuyeuses telles que l’ENFIA [taxe sur la propriété foncière, qui a été mise en place de manière rétroactive pour le reste de la population ces dernières années NdT].

 

Bien entendu, chaque fois qu’une privatisation se trouve confrontée à des obstacles coûteux, le TAIPED (Fonds de mise en valeur du patrimoine privé de l'Etat grec) se charge toujours de payer l’addition... Les Grecs ont toujours été ainsi... accueillants et hospitaliers...

 

*Suite de l'article sur okeanews

 

 

Source : http://www.okeanews.fr

 

 

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 15:22

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Entretien avec Yanis Varoufakis : « Notre appareil d’État a été contaminé par la Troïka »

31 août par Christos Tsiolkas , Yanis Varoufakis

 

 

 

 

« Je crois que s’est en train de sécher. Qu’est-ce qu’on fait ? » _ « Serre plus fort ! »

 

L’écrivain Christos Tsiolkas a réalisé un entretien avec Y. Varoufakis, publié dans la revue The Monthly. Il y dévoile le positionnement du FESF (Fonds européen de stabilité financière) qui, à en juger par son attitude, est plus un Fonds d’instabilité financière. Grâce à Varoukakis, nous apprenons ce que la presse, au service de la Troïka, se charge d’occulter : les obscènes conditions et mécanismes avec lesquels ils soumettent la Grèce.

Christos Tsiolkas

“… Il n’y a aucun filet de sécurité, de sécurité sociale, le chômage, le sous-emploi sans rémunération sont devenus la norme. Les pensions étaient trop généreuses. Qu’à cela ne tienne ! Réduisons-les. Mais s’il n’y a aucune allocation, aucun travail, que voulez-vous que la personne de 50 ans fasse ? Mourir de faim ! Laissez-moi vous assurer cela arrive.”

Varoufakis détecte ma fureur. Il dit tranquillement, « La conscience de classe de la Troïka a été ahurissante. »

"Notre appareil d’État a été contaminé par la Troïka, très, très gravement. Laisse moi te donner un exemple. Il y a quelque chose appelé le Fonds hellénique de stabilité financière, qui est une émanation du EFSF (The European Financial Stability Facility). Il s’agit d’un fonds qui comportait initialement 50 milliards d’euros - au moment où je pris mes fonctions il y en avait 11 milliards - et dont l’objectif est de recapitaliser les banques grecques.

C’est de l’argent que les contribuables grecs ont emprunté dans le but de renforcer les banques. Je ne peux pas choisir son PDG et je ne suis pas parvenu à avoir un impact sur la façon dont il a conduit ses affaires vis-à-vis des banques grecques. Le peuple grec qui m’a élu n’a aucun contrôle sur la façon dont l’argent qu’ils avaient emprunté allait être utilisé.

Je découvris à un certain moment que la loi qui constituait le FESF me permettait une seule prérogative, celle de déterminer le salaire de ces personnes. Je me rendis compte que les salaires de ces fonctionnaires étaient monstrueusement élevés, selon les standards grecs. Dans un pays avec tant de famine et où le salaire minimum a chuté à 520 euros par mois, ces gens gagnaient environ 18 000 euros par mois.

Je décidai donc, puisque j’en avais le pouvoir, je voulais l’exercer. J’ai utilisé une règle très simple. Les pensions et les salaires ont baissé en moyenne de 40% depuis le début de la crise. J’ai émis un arrêté ministériel par lequel je réduis les salaires de ces fonctionnaires de 40%. Encore un salaire énorme, encore un énorme salaire. Vous savez ce qui est arrivé ? Je reçus une lettre de la Troïka, en disant que ma décision a été annulée, car elle avait été insuffisamment expliquée.

Ainsi, dans un pays où la Troïka insiste pour que les personnes bénéficiant d’une pension de 300 euros par mois vivent désormais avec 100 euros, ils refusaient mon exercice de réduction des coûts, ma capacité en tant que Ministre des Finances de réduire les salaires de ces personnes. »

 

L’interview originale en anglais se trouve sur le blog de Varoufakis (posté le 3 août 2015).
Version en français ici.

 

 

Auteur

Yanis Varoufakis

Auteur

Christos Tsiolkas

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 13:25

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Rencontre avec Yanis Varoufakis : « Il est temps d’ouvrir les boîtes noires »

|  Par christian salmon

 

 

Il y a une semaine, l'ex-ministre grec des finances Yanis Varoufakis était en France à l’invitation d’Arnaud Montebourg. J’ai eu la chance de le rencontrer, une occasion de dépasser le personnage-écran, narcissique et provocateur, que les médias ont construit et véhiculé dans le but de le décrédibiliser. C'est un homme chaleureux, ouvert à la discussion et préoccupé non seulement par l'avenir de son pays mais par celui de l'Europe.

 

Avec son crâne rasé, sa veste en cuir et ses chemises bleu électrique, il a fait irruption sur les écrans du monde entier comme un personnage d’une série TV, larger than life, une sorte de “House of Cards” à l’européenne au cours de laquelle les formes et les exigences de la délibération démocratique ont été sacrifiées par les médias à la dramaturgie des événements et aux exigences purement narratives de l’intrigue. Dans cette nouvelle saison de la crise grecque, “It’s the romance not the finance” (c’est la romance pas la finance) qui a fait les beaux jours et les audiences de la médiasphère (lire Grèce contre Europe: la guerre des récits). Mais au-delà du personnage-écran, narcissique et provocateur, que les médias ont construit et véhiculé, qui est Yanis Varoufakis ?

 

Les médias l’ont d’abord adoré. Comparé à Bruce Willis par la chaîne publique de TV allemande ZDF, félicité pour sa « virilité classique » par Stern, qualifié de « sex icon » par le journal Die Welt proche des milieux conservateurs d’Angela Merkel, Varoufakis a fait l’unanimité des médias qui ont reconnu en lui un « intéressant personnage », une story. La palme revint au magazine Stylebook qui fit ce commentaire : « Son style cool est quelque chose que vous ne pouvez pas manquer », sous le titre :  « Pauvre mais sexy ! ». Mais les négociations se durcissant, les commentaires ont changé, son look n’était plus si cool, on lui trouva soudain des airs de « videur de boîte de nuit ». « Les tenues décontractées qu’affiche M. Varoufakis, affirmait The Financial Times, vont bien au-delà d’une question de style. Elles symbolisent le message selon lequel Syriza, le parti de la gauche radicale au pouvoir à Athènes, est un mouvement anti-establishment dont l’intention est de défier l’orthodoxie dont l’Allemagne est le chef de file. » La responsable de la rubrique “Fashion” du Guardian observait que le style de Varoufakis a marqué les esprits à Londres. « Une veste en cuir et une chemise jazzy, ce n’est pas une tenue habituelle pour une réunion internationale des finances »

Les semaines passant, les éditorialistes ne tardèrent pas à percevoir le danger de la « Varoufmania » naissante. Le nouveau ministre des finances grecs était en train de devenir un héros populaire. Le duel Varoufakis/Schäuble (le ministre allemand de l'économie) menaçait de tourner à l’avantage du premier. Car tout opposait les deux ministres des finances : la génération, le style, la « culture » politique. L’héritier d’Helmut Kohl était le survivant d’une génération politique disparue pendant que son collègue grec incarnait l’avenir et s’affichait avec Barack Obama. L’inflexible Dr Schäuble défendait les intérêts nationaux de l’Allemagne quand Varoufakis parlait au nom de l’Europe. L’un, rugueux et minéral, appartenait à la galaxie Gutenberg, coulé dans le marbre de l’expérience vécue. L’autre à la planète Internet, mobile, flexible, adaptable…

 

Wolfgang Schäuble et Yanis VaroufakisWolfgang Schäuble et Yanis Varoufakis © Reuters
 

On pourrait multiplier à l’infini le jeu des oppositions, un contraste saisissant entre deux univers narratifs, une caractérisation idéale pour un scénariste. Plus les nécessités de l’intrigue s’imposaient, plus s’éloignait la perspective d’un compromis. L’arbitrage entre des intérêts contradictoires s’effaçait au profit d’un affrontement fictif qui échappait aux lois de la négociation pour obéir aux lois d’une intrigue dont la résolution ne pouvait être que le triomphe du vainqueur et l‘humiliation du vaincu.

Le ton changea brusquement. Ce qui était surprenant devint déplacé. Le radical chic céda la place au « choc Varoufakis », le « cool » devint une faute de goût sur la scène très « policée » des « institutions ». On alla jusqu’à diffuser sur une grande chaîne allemande une vidéo où il faisait un doigt d’honneur à l’intention des Allemands. Varoufakis au pays du fake ! « Pas les mêmes codes, pas les mêmes référents, pas les mêmes manières de se comporter… », trancha la correspondante du Monde à Bruxelles : « Le look très rock de M. Varoufakis, son côté Bruce Willis – crâne rasé, carrure athlétique, chemise ouverte et col de veston relevé –, avec l’air de monter sur le ring à chaque fois qu’il arrive aux réunions de l’Eurogroupe, le dessert. »

Comment cet homme qui a fait irruption sur la scène médiatique il y a moins d’un an a-t-il attiré tant de haines de la part des dirigeants européens et des médias dominants ? Quel genre d’homo politicus est-il ? Est-ce un brillant économiste égaré dans la politique ? Un piètre négociateur qui a échoué à convaincre ses partenaires européens ? Un donneur de leçons ? Un provocateur comme l’ont décrit à longueur d’articles les médias dominants ? Comment distinguer l’homme réel de l’homme fictif ? Varoufakis de son fake ? Est-il un excellent économiste mais un mauvais politicien selon les mots d’Alexis Tsipras dont l’histoire dira s’il fut un meilleur politicien ? Un marxiste hétérodoxe comme il s’est défini lui-même dans un essai autobiographique écrit bien avant sa nomination et publié par The Guardian en février dernier ? Pourquoi cet homme qui a fait irruption sur la scène médiatique voilà moins d’un an a-t-il attiré tant de haines de la part des dirigeants européens et des médias dominants ? Qui a peur de Yanis Varoufakis ?

Je voudrais dans cet article tenter de répondre à ces questions. Pour cela, il faut bien sûr chasser les fantômes, débrancher les écrans et faire un sort aux images médiatiques et aux fausses rumeurs qui ont pollué son action pendant les cinq longs mois de la guérilla médiatique qui l’a opposé aux représentants actuels de l’Union européenne. Mais pourquoi s’y attarder ? Les lecteurs de Mediapart sont bien informés et savent ce que valent ces figures imposées… Pour comprendre quel genre d’homme politique est Yanis Varoufakis, il ne suffit pas de tourner le dos au personnage public construit par les médias. Il faut tenter de comprendre son rapport à la politique au-delà de la fonction ministérielle qu’il a exercée pendant cinq mois.

 

Lanceur d’alerte

« Je suis ici, me dit-il, parce que ce qui nous est arrivé est en train de vous arriver. La Grèce est un champ de bataille sur lequel une guerre contre la démocratie européenne, contre la démocratie française, a été tentée et testée... Je suis ici parce que notre Printemps d'Athènes a été écrasé, comme le fut celui de Prague. Bien sûr pas par des tanks, mais par des banques. Comme Bertolt Brecht l'a dit une fois "Pourquoi envoyer des assassins quand nous pouvons recourir à des huissiers ?" Pourquoi faire un coup d'État quand vous pouvez envoyer le président de l'Eurogroupe dire, au nouveau ministre des finances d'un gouvernement fraîchement élu, trois jours après son entrée en fonction, qu'il a le choix entre le programme d'austérité antérieur qui a plongé son pays dans une énorme dépression, ou la fermeture de ses banques nationales ? Pourquoi envoyer des troupes quand des visites mensuelles de la Troïka peuvent contrôler chaque branche du gouvernement et écrire chaque loi du pays ? »

Pour Varoufakis, la Grèce est le laboratoire de cette stratégie du choc dont parlait Naomi Klein et qui sera appliquée, si elle n’est pas combattue, à toute l’Europe. « À ceux qui disent "plus d'Europe" et parlent en faveur d'une "union politique", je dis : méfiez-vous ! L'Union soviétique était aussi une union politique. La question est : Quel genre d'union politique ? Un royaume démocratique de prospérité partagée ? Ou une cage de fer pour les peuples d'Europe ? »

On peut bien sûr discuter de sa stratégie de négociation sauf à considérer comme il l’a démontré à maintes reprises qu’il n’y a pas eu de négociation et qu’il a fait la seule chose qu’il pouvait faire : en appeler à l’opinion publique en l’éclairant, en l’informant, en brisant le secret des délibérations en s’efforçant de créer une opinion publique européenne. « Notre longue négociation de cinq mois fut un conflit entre le droit des créanciers de gouverner un pays débiteur et le droit démocratique des citoyens de cette nation d'être autogouvernés. Il n'y a jamais eu une négociation entre l'UE et la Grèce en tant qu'État membre de l'UE » (lire Un insider raconte comment l'Europe a étranglé la Grèce).

 

Yanis Varoufakis
Yanis Varoufakis © Reuters
 

Par ses déclarations et ses écrits, Varoufakis a jeté une lumière crue sur le fonctionnement de la maison Europe. S’il n’a pas réussi à faire plier la « Troïka », il a démonté les rouages de son pouvoir comme personne avant lui. Il a éclairé la scène de la « dette », une scène confuse où se mêlent les visages impuissants des gouvernants et le pouvoir sans visage de la Troïka, les créanciers voraces, les fonctionnaires de Bruxelles, des instances anonymes, « les marchés » qu’on invoque comme des divinités. Il a mis au jour les contradictions entre le FMI et l’Union européenne sous influence allemande : un conflit entre le néolibéralisme anglo-saxon (dérégulation, intervention de l’État, financiarisation) et l’ordolibéralisme allemand (empire de la « norme », de la faute de l’endettement, la rigueur budgétaire réparatrice...). Il a démystifié la croyance collective des élites bureaucratiques en la performativité des normes juridiques contenues dans les traités européens. L’empire du « chiffre » et de la « norme » qui substitue aux leçons de l’histoire économique des rituels d’obéissance et de sacrifices. Une grammaire du blâme et de la punition qui structure le langage des élites bureaucratiques et médiatiques. « Une des grandes ironies de cette négociation, c’est qu'il n'y a pas eu de discussion macro-économique au sein de l'Eurogroupe. Tout est basé sur des règles, comme si les règles étaient un don de Dieu et comme si les règles pouvaient s’imposer aux règles de la macroéconomie. J’ai insisté pour parler macroéconomie ! »

Si Yanis Varoufakis met au supplice les professionnels de la politique, c’est qu’il est le premier leader politique qui a compris que la politique européenne ne peut survivre à l’opacité de ses délibérations, et en a tiré toutes les conséquences. Le modèle des partis nationaux représentés à Bruxelles est devenu obsolète. L’Eurogroupe est une institution sans existence légale, un groupe informel qui pilote l’Eurozone sans contrôle démocratique. L’institution chargée de faire appliquer les sacro-saintes règles ordolibérales fonctionne sans règles.

Au cours d’une réunion de l’Eurogroupe, raconte Varoufakis, le Dr Schäuble a déclaré : « Les élections ne peuvent pas changer quoi que ce soit. Si à chaque fois qu'il y a une élection les règles changeaient, l'Eurozone ne pourrait pas fonctionner. » Reprenant la parole, Varoufakis lui répond : « S'il est vrai que les élections ne peuvent rien changer, nous devrions être honnêtes et le dire à nos citoyens. Peut-être devrions-nous amender les traités européens et y insérer une clause suspendant le processus démocratique dans les pays obligés d'emprunter auprès de la Troïka. Mais, a-t-il demandé à ses collègues ministres, est-ce que l'Europe est d'accord avec ça ? Est-ce que nos peuples ont voté pour ça ? » Une réplique digne de l’arpenteur de Kafka ! Varoufakis serait-il l’arpenteur d’un empire envoûté, gouverné par les sortilèges et la pensée magique, chargé non plus de mesurer les distances réelles dans un monde réel mais de spéculer dans un monde envoûté où la raison et la mesure n’ont plus de prises. « Vous mettez en avant un argument que vous avez vraiment travaillé – pour vous assurer qu'il est logique et cohérent – et vous êtes juste face à des regards vides. » Une mécanique particulièrement troublante « pour quelqu'un qui a l'habitude des débats académiques », avoue l’économiste.

Plus le temps passera, plus on se rendra compte que Yanis Varoufakis n’a pas été seulement l’éphémère ministre des finances du premier gouvernement Tsipras, mais un fantastique éclaireur de la scène politique européenne. C’est un héritier de la tradition des Lumières convaincu des vertus de la délibération démocratique et du débat rationnel. Il bouleverse les codes de la politique européenne par une manière inédite de négocier en associant l’opinion publique, en mettant l’accent sur la rationalité dans la discussion. Économiste par accident, marxiste hétérodoxe. politicien malgré lui, Varoufakis appartient à cette nouvelle génération politique des lanceurs d’alerte qui a remplacé les militants ambiguës de l'action humanitaire et du droit d'ingérence. Les Julien Assange ou les Edward Snowden, accusés comme lui de haute trahison, car ils sont prêts à transgresser les règles du secret au nom d’un intérêt plus haut, celui de la démocratie.

 

Varoufakis en “parrêsiaste”

Pour Varoufakis, le temps est venu de réinventer une nouvelle « agora » européenne, un réseau dont l'objectif  explicite soit la démocratisation de l'Europe. « Je n'ai pas d'autre passion que de contribuer à réinventer la démocratie en Europe. » Non pas un nouveau parti politique, mais une coalition paneuropéenne de citoyens, de Helsinki à Lisbonne et de Dublin à Athènes, s'engageant à passer d’une Europe signifiant « Nous, les gouvernements » à l'Europe du « Nous, le peuple ». « Voilà pourquoi il est si important que nous évitions de commencer des phrases par "Les Allemands ceci" ou "Les Français qui" ou "Les Grecs". Voilà pourquoi il est impératif que nous comprenions que "les" Allemands, "les" Grecs ou "les" Français n'existent pas. Que nous sommes tous des Européens face à une crise éminemment européenne.
 »

Mais comment faire pour créer une nouvelle agora démocratique en Europe ?

Cela pose de redoutables problèmes même si ces problèmes ne sont pas nouveaux. Michel Foucault en a reconstitué la généalogie au tournant du Ve et du IVe siècle à Athènes, justement. Il a décrit la crise de la démocratie athénienne à la fois comme un problème discursif, le paradoxe du « parler-vrai » en démocratie (la parrêsia), et comme un déplacement de la « scène » du politique : de l’« agora » à l’« eklésia » – c’est-à-dire de la « cité » des citoyens à la « cour » des souverains. (Nous dirions aujourd’hui : de la place publique aux tours vitrées de Bruxelles.)

Réinventer une agora démocratique pose donc un double problème : un problème scénographique – le changement de la scène démocratique – et un problème discursif – à quelle condition la parole publique peut s’exercer démocratiquement.

1. Le problème de la scène démocratique. Depuis l’agora des Grecs jusqu’aux réseaux sociaux d’aujourd’hui, en passant par les chambres parlementaires et leur règlement, la démocratie dépend de dispositifs concrets d’énonciation, de transmission, de réception, de la parole. Dans quel ordre vont s’exprimer les orateurs ? Comment leur parole est-elle retransmise : grâce à l’acoustique du lieu, ou par des moyens de retransmission comme la radio, la télévision, ou Internet ? Quelle est la forme du droit de réponse utilisée par les citoyens ? S’effectue-t-il en direct, sous la forme de questions écrites, par l’intermédiaire des journalistes, ou par la voie d’une interpellation directe à la tribune ou comme c’est le cas aujourd’hui au cours des débats à la télévision par Twitter interposé ? C’est toute la question de l’acoustique démocratique. Reste la question du temps. Qui décide de l’ordre du jour ? Qui dicte l’agenda des enjeux démocratiques ? Qui du gouvernement et des médias conditionnent l’agenda de l’autre ? Le timing des médias se substitue au temps long de la délibération. L’agenda politique cède le pas à l’agenda médiatique. Tel est le rôle que joue la nouvelle « agora » des internautes qui peut imposer un autre agenda politique et parfois même renverser le régime et sa mauvaise « parrêsia », en s’assemblant sur les places publiques et en exprimant sa colère…

2. Les conditions d’un « parler-vrai ». Varoufakis est un adepte du “parler vrai” dans le sens que lui a donné Michel Foucault dans son séminaire du Collège de France sur la “Parrêsia”:  une pragmatique et une éthique du discours de vérité (Le Gouvernement de soi et des autres – cours au Collège de France 1982-1983, Paris, Gallimard/Le Seuil, 2008, p. 194). La “parrêsia” selon Foucault suppose des conditions juridiques, formelles – le droit pour tous les citoyens de parler, d’opiner –, mais aussi des compétences particulières de la part de ceux qui s’expriment et prennent l’ascendant sur les autres. « Condition formelle : la démocratie. Condition de fait : l’ascendant et la supériorité de certains. » Foucault retient deux autres conditions. « Une condition de vérité : la nécessité d’un logos raisonnable. Il faut que le discours soit un "discours de vérité" ou à tout le moins inspiré par la quête de la vérité et non simplement par le désir de plaire ou de flatter l’auditoire. C’est pourquoi un discours de vérité n’est possible dans une démocratie que sous la forme de la joute, de la rivalité, de l’affrontement, ce qui exige, dernière condition, du courage de la part des individus qui prennent la parole, le courage dans la lutte. »

 

« Il est temps d’ouvrir les boîtes noires » 

Le meilleur moyen de comprendre le rapport de Varoufakis à la politique et sa conception de l’engagement public est de lire un texte peu connu qui date d’avril 2012, trois ans avant qu’il soit nommé ministre de l’économie du gouvernement d’Alexis Tsipras. Ce texte qui s’intitule « Il est temps d’ouvrir les boîtes noires » a été écrit à l’occasion d’une exposition de son épouse, l’artiste Danae Stratou (lire notre Boîte noire). C’est une métaphore de la nécessaire ré-invention de la démocratie. C’est un texte politique non pas dans un sens étroit, celui d’un programme électoral ou d’une analyse politique ; son titre le dit assez, c’est un “geste” politique qui dessine une autre manière de faire de la politique.

 

Photo de l'exposition de Danae Stratou Photo de l'exposition de Danae Stratou © DR
 

« Nous vivons entourés de boîtes noires, m’explique Varoufakis. Nos téléphones portables sont des boîtes noires et nous n’avons nul besoin d’en connaître le fonctionnement précis pour les utiliser. Les personnes qui nous entourent sont aussi des boîtes noires, même celles que nous connaissons le mieux, nous ignorons tout des métabolismes qui sont à l’œuvre dans leur corps, de l’activité de leurs neurones quand elles nous parlent ou nous écoutent. Et cela ne nous empêche pas de les comprendre et de les aimer. » Mais il y a d’autre boîtes noires : « Les entreprises, les marchés, les États, les banques, les institutions supranationales sont des super-boîtes noires. Des réseaux interconnectés de pouvoirs qui fonctionnent dans l'opacité mais qui contrôlent nos vies. Personne ne comprend comment elles fonctionnent, pas même les personnes à leur tête. Elles détiennent le pouvoir d’écrire l'ordre du jour, de déterminer la conversation, d'implanter des désirs dans nos âmes, de canaliser le flux d'informations pour nous attirer dans le réseau. L’ouverture de ces super-boîtes noires est devenue une condition préalable indispensable à la survie des populations et de la planète. Car ces boîtes noires depuis 2008 ne fonctionnent plus. Nous n’avons plus d’excuses. Il est temps d’ouvrir ces boîtes noires. »

 

 

Boîte noire : L’œuvre de Danae Stratou est un projet participatif. L’artiste a proposé à un éventail de personnes contactées par les réseaux sociaux d’exprimer par un mot leur inquiétude, leur peur de l’avenir ou leur besoin de protection. Parmi un millier de réponses, elle a choisi une centaine de mots qu’elle a déposés dans 100 “boîtes noires” en aluminium, alignées au sol à égale distance les unes des autres, de manière à former une grille rectangulaire. L’installation constitue donc une sorte d’échiquier des frayeurs contemporaines. En entrant dans l'espace d'exposition, le spectateur est confronté à un mélange de sons, des bips, des battements cardiaques, des explosions et des lignes plates. Chaque boîte contient un écran sur lequel s’affichent les mots sélectionnés par l’artiste et un compte à rebours qui dramatise l’écoulement des secondes comme dans une bombe à retardement. Lorsque le compte à rebours est écoulé, chaque boîte émet le son d’une explosion, de manière à intensifier la sensation de tension, de crise et d'alarme…

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 14:22

 

Source : https://www.youtube.com/watch?t=33&v=ZAZHGwS0BZk

 

 

Eric Toussaint président du comité d'annulation de la dette donne une conférence à Lasalle ( Gard) sur la situation en Grèce . Il explique à partir de son expérience personnelle auprès du gouvernement Tsipras pourquoi celui-ci a capitulé devant le diktat de la troïka.

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 13:57

 

Source : http://blogs.mediapart.fr

 

 

 

LE PIÈGE DU SOUVERAINISME DANS LA DÉBÂCLE GRECQUE

 

by Yannis Youlountas · 13/08/2015

 

 

 

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Un contresens répandu sur les causes et les conséquences du troisième mémorandum qui vient d’être signé par Tsipras.

 

LE PIÈGE DU SOUVERAINISME DANS LA DÉBÂCLE GRECQUE

13 août 2015. Athènes est tombée. La chose est entendue depuis un mois exactement. Ceux qui en discutent encore ne s’opposent plus que sur des chiffres situés après la virgule et sur des éléments de langage, notamment l’épineuse question d’utiliser ou pas le mot « trahison » pour qualifier la volte-face de Tsipras et de ses conseillers. Certains m’ont écrit pour me suggérer de ne pas utiliser ce mot. D’autres voulaient, au contraire, que je tire sur l’ambulance.Lassé par ces chamailleries d’apothicaires, j’ai choisi le silence fin juillet. L’essentiel était dit. Le reste devenait fioritures, toilette mortuaire et embaumement. Mais sans messe funèbre : la plupart de mes amis français continuaient à veiller inexorablement et à espérer l’impossible réveil d’un cadavre en décomposition politique. Le Tsipras de la victoire du 25 janvier était momifié amoureusement par ses fans dévastés, mêlant le déni de réalité à la thanatopraxie. Je n’avais plus rien à faire là et je suis sorti du débat anachronique sur la pointe des pieds.Sortie de la zone euro, abracadabra !Depuis, j’observe parfois le délire des analyses et des commentaires, la confusion des causes et des solutions. Et un mot, un seul mot, plus que tout autre, revient sur toutes les lèvres : souverainisme. Autrement dit, la cause principale du problème serait l’hétéronomie politique du gouvernement grec dominé par les institutions supranationales. Et la solution, élevée au rang de formule magique, se résumerait en une seule phrase : « sortie de la zone euro, abracadabra ! »

 

Permettez-moi de sourire. Le problème du souverainisme est l’arbre qui cache la forêt et occulte le vrai débat. Pire encore, appelons un chat un chat : le souverainisme est le principal piège de la débâcle grecque, tant avant qu’après le 13 juillet.

 

Même sous la pression, un choix reste un choix

 

Pourquoi ? Parce que, contrairement à ce que raconte tout le monde, ou presque, personne n’a imposé la capitulation à Tsipras. Il y a eu des débats, certes. Des combats, bien sûr. Un bras de fer, évidemment. Mais il n’y a eu ni épée, ni revolver, ni bombe, ni missile qui ait menacé la vie des protagonistes. Aucun de ces notables, confortablement installés entre fauteuils en cuir et table en chêne, café et croissants, douceurs et jus d’orange, n’a été décapité, affamé, licencié, expulsé de son domicile, privé de soins. Arrêtons de dire n’importe quoi. Il ne s’agissait que de pressions politiques, aussi fortes fussent-elles. Et même sous la pression, un choix reste un choix. Ne pas entendre les propositions de la plateforme de gauche de Syriza, depuis des mois, n’était pas lié à un problème auditif, mais à une volonté politique. Se couper du mouvement social et des chercheurs indépendants en économie et en philosophie politique ne relevait pas d’une panne de téléphone, mais d’une préférence réfléchie pour d’autres conseillers véhiculant des idées modérées et le germe de la renonciation. Ne consacrer qu’une seule après-midi au travail colossal de la commission pour l’audit de la dette grecque pour, ensuite, ne pas en tenir compte et feindre d’oublier la possibilité d’annuler la dette, n’était pas le fait d’une amnésie passagère due au surmenage, mais d’une option politique claire et même d’un choix paradigmatique.

 

Bref, le gouvernement Tsipras a été pleinement souverain dans sa décision, face aux instances supranationales, et prétendre le contraire, c’est oublier un peu vite que la vie politique, comme la vie en général, est l’objet de tensions incessantes, parfois très vives, qui n’éliminent pas pour autant toute capacité à choisir nos pensées et nos actes. Oui, le gouvernement grec a été souverain et, oui, il avait d’autres options possibles que la capitulation. Le nier, c’est contribuer au TINA imaginaire qui altère la volonté et renforce la résignation. Un mois après, il est temps de se réveiller et d’ouvrir les yeux.

 

Les deux débats corollaires, sur les moyens et sur la légitimité de la décision, ont également été tronqués. Je ne reviendrai pas sur les moyens, souvent abordés ici. Tout ce qui est évoqué plus haut suffit à réfuter totalement le discours mensonger qui parle d’absence d’alternative : les propositions de la plateforme de gauche, du mouvement social très créatif, notamment dans l’autogestion, des chercheurs indépendants ou encore de la commission pour l’audit de la dette ont purement et simplement été rejetées.

 

Stopper l’austérité, un point c’est tout

 

L’autre débat occulté concernait la légitimité de sortir ou pas de l’euro. Là encore, plus le stratagème est gros, mieux il passe. Quel était exactement le mandat principal du gouvernement Syriza-Anel, au lendemain de sa formation le 27 janvier ? Plus que jamais, les choses étaient claires, très claires. C’était même le seul sujet de la campagne électorale en janvier : stopper l’austérité, un point c’est tout. Le reste, rarement abordé, n’était que discussion annexe. Le mandat principal de Tsipras n’était pas d’éviter ou d’oser, au contraire, une sortie de l’euro, mais précisément d’éviter un nouveau mémorandum avec son lot de casses sociales, de coupes budgétaires et de dilapidations du bien commun. Ou, pour le dire autrement : s’il n’avait certes pas de mandat explicite pour sortir de la zone euro, il en avait encore moins pour imposer trois ans d’enfer supplémentaire, de surcroît juste après le OXI à 61% au référendum du 5 juillet. Virguler aujourd’hui autour de son mandat concernant l’euro pour justifier son choix, c’est tout simplement se moquer du monde.

 

Tsipras a joué la carte de l’unité nationale

 

Non seulement la décision du gouvernement Tsipras a été souveraine, mais en plus elle est intervenue au terme d’une dérive politique qu’il est indispensable d’évoquer ici. Le salut national — qui nous rappelle de mauvais souvenirs politiques en France — a progressivement remplacé le discours sur les inégalités sociales, au fil des mois. La misère des plus démunis s’est progressivement transformée en nation en péril. Les rapports de classes ont été balayés au profit des rapports en pays, plus ou moins amicaux ou rivaux à l’égard de la Grèce. Tsipras a joué la carte de l’unité nationale et de l’amalgame de l’identité grecque des victimes de « la crise », et, ce faisant, il a gagné son statut de chef en Grèce, aux yeux d’une majorité de la population. Chef du gouvernement en l’occurrence. Et surtout chef d’état parmi ses semblables. L’ancien gendre idéal au regard si doux est devenu l’homme de confiance, mûr, posé et réfléchi, puis le guide inflexible, autoritaire, mais dévoué faisant de son mieux dans l’intérêt du pays tout entier. Un pays uni, selon lui, dans le mélange de situations sociales non seulement hétérogènes, mais surtout antagonistes.

 

A celles et ceux qui, dans l’aile gauche de Syriza ou au-delà dans la gauche et dans le mouvement social, rappelaient que l’Allemagne, c’est douze millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté, que la France, c’est toujours plus de laissés pour compte dans tous les domaines et, surtout, que la Grèce, c’est aussi des patrons rapaces et leur lot de collaborateurs complices dans la hiérarchie des entreprises et des administrations, Tsipras insistait souvent sur la gravité du moment : ne pas se désunir, éviter les conflits sociaux et faire les bons choix dans l’intérêt de tous.

 

L’incroyable pouvoir de décider et de signer au nom de millions de personnes

 

C’est précisément une attitude souverainiste. Oui, vous avez bien lu : à ceux qui vous parlent de souverainisme comme d’une baguette magique qui eut été nécessaire en Grèce, vous pouvez les envoyer jouer aux billes. Car c’est exactement le chemin qu’a malheureusement pris Tsipras, ces derniers mois, en déplaçant la tension nécessaire entre les classes sociales sur le terrain des tensions — d’un autre type — entre gouvernements au prétexte illusoire de régler, par la négociation à l’échelle des états, de profondes inégalités sociales au sein de chacun d’entre eux. Il s’agit tout simplement d’un transfert de compétence depuis les mouvements sociaux des territoires en luttes vers le petit groupe de notables disposant de l’incroyable pouvoir de décider et de signer au nom de millions de personnes. C’est la réunion spectaculaire des puissants au prétexte frauduleux d’améliorer le sort des faibles, avec, fort logiquement, le résultat inverse.

 

Est-ce vraiment cela une politique de gauche ? Est-ce un mode d’action cohérent pour un gouvernement d’inspiration marxiste ?

 

Et c’est là qu’intervient le dernier point. Rappelez-vous qui est au pouvoir, depuis janvier, aux côtés de ministres Syriza : le principal parti souverainiste en Grèce, ANEL, aussi appelé Grecs indépendants. A-t-il critiqué ce mode d’action ? Non, bien sûr, il l’a approuvé, après avoir fait semblant de râler, le temps de reprendre du dessert. Ses députés ont-ils refusé l’accord du 13 juillet, lors des votes du 15 et du 22 juillet au parlement ? Non, ils ont voté la totalité des mille pages organisant le désastre, avant de retourner à la buvette. Le ministre membre des Grecs indépendants a-t-il finalement démissionné et quitté le gouvernement ? Pas du tout. Les Grecs indépendants ont obtenu un deuxième portefeuille ministériel, et hop ! Tout va bien pour eux ! Ça continue !

 

Alors, le souverainisme est-il la solution ? Non, comme on vient de le voir, c’est au contraire l’un des problèmes principaux de ces derniers mois.

 

C’est pourquoi, en France et ailleurs, en dépit des pleurnicheries tous azimuts — qui sont parfois des larmes de crocodiles — et des lamentations sur l’hétéronomie politique du gouvernement Syriza-Anel (désormais sans l’aile gauche de Syriza) sous la dictée des institutions supranationales, il serait bon d’arrêter de rejeter toutes les responsabilités sur les autres et de se cacher derrière son petit doigt. Bien sûr la responsabilité de ces institutions est immense, mais ce n’est pas elles qui ont littéralement décidé de tout ce qui vient de se passer pour les classes populaires en souffrance en Grèce, comme pour les pans entiers de nature mis en vente. Non, au bout du compte, c’est le gouvernement grec qui a refusé toutes les autres options depuis six mois, en allant jusqu’à dire qu’elles n’existaient pas.

 

La baguette magique du souverainisme cache en réalité un sceptre

 

Et la sortie de l’euro ? Ce moyen, parmi d’autres, n’est en rien l’apanage des uns ou des autres. Il n’y a aucun brevet « sortie de l’euro » déposé à l’INPI. Et rien ne prouve qu’un parti se proclamant souverainiste serait plus à même de l’organiser, surtout au vu de l’expérience grecque. En réalité, la sortie de l’euro n’est qu’un outil dans une boite à outils qui en compte des dizaines. Et l’utilisation des uns n’empêche pas celle des autres. Pendant que le souverainisme ressasse, comme un disque rayé, la solution magique de la sortie de l’euro, la vraie gauche et les mouvements révolutionnaires projettent bien au-delà d’innombrables formes d’actions qui caractérisent leurs analyses respectives et objectifs politiques. Et rien ne doit être laissé au hasard. Les rapports de classes et de dominations ne s’effaceront pas au prétexte de l’unité nationale et du pouvoir plein et entier d’élus bonhommes et repus chantant la Marseillaise devant une foule émue. Car la baguette magique du souverainisme cache en réalité un sceptre et le pouvoir ne sert que le pouvoir.

 

Nous unir, classe contre classe, par-delà les frontières

 

Sortir de la zone euro pour sortir de la zone euro ne suffit pas. Crier au loup venu d’ailleurs pour détourner les brebis nationales de la menace des loups nationaux est une vieille recette éculée. Une ficelle, un piège, une potence. C’est lutter contre tous nos prédateurs qui est nécessaire, urgent, vital. C’est nous unir, classe contre classe, par-delà les frontières. C’est, au moins, nous mettre en synergie, attentifs et solidaires, face à l’internationale du capitalisme triomphant. C’est nous rappeler le chemin parcouru, pour en comprendre les échecs et redécouvrir les rêves de celles et ceux qui nous ont précédé, il y a un siècle-et-demi. C’est ouvrir de nouvelles perspectives, décoloniser l’imaginaire, inventer des chemins de traverses, oser au-delà de ce qui paraît possible et, en aucun cas, se replier sur soi.

 

Depuis un mois, ce n’est pas Athènes qui est tombée, en réalité. Ce sont les persécutés et les insoumis de partout qui avaient les yeux rivés sur la Grèce, d’un bout à l’autre du monde, et qui ont été frappés une fois de plus.

 

C’est pourquoi l’heure n’est en aucun cas à l’union des tyrans avec leurs victimes, même au prétexte de la coexistence sur un même bout de territoire, mais au soulèvement simultané et solidaire des damnés de la Terre.

 

TINA ? En effet, mais dans le sens contraire. Oui, il n’y a pas d’alternative. Il n’y a pas d’autre issue possible pour sortir de l’impasse. Il n’y a rien à attendre, mais tout à faire. Il n’y a pas d’alternative : lutter.

 

Yannis Youlountas

 

PS : si vous le souhaitez, nous pourrons en discuter lors des premières projections-débats, en version expérimentale puis définitive, de « Je lutte donc je suis ».

03/09 MARTIGUES (13)
08/09 ALBI (81)
09/09 TARBES (65)
10/09 VIC-EN-BIGORRE (65)
11/09 ANÈRES (65)
12/09 MIRABEL/BLACONS (26)
13/09 REILLANNE (04)
PUIS PORT-DE-BOUC (13)
14/09 CASTELNAUDARY (11)
19/09 GRENOBLE (38)
20/09 GENÈVE (SUISSE)
21/09 ANNECY (74)
22/09 THONON-LES-BAINS (74)
23/09 THORENS-GLIÈRES (74)
24/09 BERRE (13)
26/09 GRAULHET (81)
01/10 AUBAGNE (13)
03/10 MOUHANS-SARTOUX (06)
08/10 TOULON (83)
15/10 TOURNEFEUILLE (31)
17/10 CLUNY (71)
18/10 TOURNUS (71)
21/10 GRAMAT (46)
22/10 ANGERS (49)
23/10 RENNES (35)
24/10 ÉVRAN (22)
25/10 LANNION (22)
PUIS ST-BRIEUC (22)
26/10 BREST (29)
27/10 LORIENT (56)
28/10 VANNES (56)
29/10 OLÉRON (17)
30/10 ROCHEFORT (17)
02/11 TULLE (19)
03/11 ST-OUEN-L’AUMÔNE (95)
04/11 PARIS (75)
06/11 PARIS (75)
09/11 JOIGNY (89)
10/11 MEYMAC (19)
11/11 AUBUSSON (23)
12/11 LIMOGES (87)
13/11 MONTLUÇON (03)
14/11 VÉNISSIEUX (69)
16/11 TOULOUSE (31)
19/11 LE VIGAN (30)
20/11 POUCHARRAMET (31)
21/11 MAS D’AZIL (09)
03/12 AU 09/12 TOURNÉE EN BELGIQUE ET DANS LE NORD

 

Détails : http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?article16
Contact programmation : maud@jeluttedoncjesuis.net
Bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=v3Vc5aWkORY

 

Je présenterai quelques extraits du film aux rencontres nationales des SEL à Digne le 20/08 et au congrès de l’ICEM (pédagogie Freinet) le 21/08 à Aix-en-Provence.

Le film sera mis en ligne en gratuit sur Internet (dans une douzaine de langues) dès que sa version sera finalisée, après avoir pris le temps d’échanger avec vous durant les premières projections-débats.

 

 

Source : http://blogs.mediapart.fr

 

 

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 14:55

 

Source : http://www.boursorama.com

 

 

Ces entreprises allemandes mêlées à des affaires de corruption en Grèce

AFP le

 

 

 

Siemens, Daimler, Rheinmetall: ces fleurons industriels qui ont fait la réputation de l'économie allemande

Siemens, Daimler, Rheinmetall: ces fleurons industriels qui ont fait la réputation de l'économie allemande sont englués dans des affaires de corruption à grande échelle en Grèce ( DPA/AFP/Archives / Maja Hitij )

 

Siemens, Daimler, Rheinmetall: ces fleurons industriels qui ont fait la réputation de l'économie allemande sont englués dans des affaires de corruption à grande échelle en Grèce, pays dont l'Allemagne ne cesse pourtant de dénoncer certaines pratiques frauduleuses.

 

Aucune date n'a encore été fixée pour la comparution de 19 anciens cadres du conglomérat allemand Siemens devant la justice grecque, mais elle s'annonce comme l'un des procès financiers les plus importants de la décennie en Grèce.

Soixante-quatre personnes au total sont poursuivies pour corruption passive et active et blanchiment d'argent dans le cadre d'une gigantesque affaire de pots-de-vin versés en échange de l'obtention d'un juteux marché public.

Il s'agit du "plus gros scandale impliquant une entreprise dans l'histoire d'après-guerre de la Grèce", selon l'organisation américaine CorpWatch, qui scrute les pratiques des entreprises.

L'enquête aura duré neuf ans et nécessité 2.368 pages de rapport. Le groupe bavarois, qui entretient des liens avec la Grèce depuis le XIXe siècle, est accusé d'avoir "arrosé" différents responsables pour obtenir le vaste chantier de la modernisation du réseau téléphonique grec à la fin des années 90.

Au total, Siemens aurait versé environ 70 millions d'euros de pots-de-vin lors d'un contrat conclu pour le passage au numérique de la société des télécommunications grecque OTE.

Parmi les accusés, l'ancien dirigeant de Siemens en Grèce, Michalis Christoforakos. Mais ce Germano-Grec de 62 ans a peu de chances d'être présenté à ses juges. Réfugié en Bavière depuis sa fuite de Grèce en 2009, la justice allemande refuse catégoriquement son extradition, arguant que les faits sont prescrits. Les relations déjà acrimonieuses entre l'Allemagne et la Grèce ne se sont pas arrangées avec cette décision.

"Le témoignage de cette personne serait vital pour le procès Siemens à Athènes", a tempêté la présidente du Parlement grec, Zoé Konstantopoulou. "Mais c’est avant tout une question de justice qui démontre qu’il y a un double langage de la part de l’Allemagne", selon elle.

Siemens serait aussi impliquée dans une affaire de corruption concernant le système de sécurité des jeux Olympiques d'Athènes de 2004, selon une enquête en cours.

-'dommages de 2 mds EUR'-

L'Allemagne aime prendre la posture du bon élève de l'Europe, consciencieux et sérieux et n'hésite pas à renvoyer la Grèce à son image de nation gangrénée par les détournements d'argent public, comme si la corruption était un atavisme national.

Selon l'ONG Transparency International, qui réalise un indice de perception de la corruption, la Grèce reste le cancre de l'Europe, mais elle a fait des progrès notables à la faveur de la crise.

"La corruption des entreprises allemandes en Grèce est notoire depuis des années même si jusqu'ici, ces affaires n'ont été suivies que quelquefois de poursuites judiciaires", assure le think tank de chercheurs German Foreign Policy.

En 2011, au plus fort de la crise économique et sociale, une commission parlementaire avait même chiffré le manque à gagner pour les finances grecques "à deux milliards d'euros".

Plusieurs grands noms de l'armement allemand sont également pointés du doigt en Grèce.

"Les entreprises allemandes ont considérablement profité des dépenses faramineuses d'Athènes en matière de défense", assure à l'AFP Sahra Wangenknecht, députée allemande de Die Linke. La Grèce a eu des années durant le plus gros budget défense de l'Union européenne, ce qui n'a fait qu'accroître son abyssale dette publique, selon elle.

Le constructeur automobile Daimler a été épinglé au printemps par la justice grecque qui lui reproche le versement de pots-de-vin lors de l'attribution d'un contrat de véhicules militaires de 100 millions d'euros. Idem pour Krauss Maffei Wegmann qui a fourni des chars Leopard.

Le groupe de défense Rheinmetall a été condamné en 2012 à payer 37 millions d'euros d'amende pour s'être montré généreux avec des responsables du ministère grec de la Défense. A la clé: la vente de son système de défense aérienne pour 150 millions d'euros.

Deux ex-dirigeants de Ferrostaal ont aussi été condamnés et la firme a dû payer 140 M EUR pour avoir versé des commissions occultes pour décrocher des contrats de sous-marins.

Souvent les dommages financiers encourus en cas de condamnation sont plus faibles que les gains réalisés par ces entreprises avec ces contrats douteux, ce qui ne pousse pas à stopper ces pratiques, relèvent des observateurs.

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Grèce
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