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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:38

wort.lu -17.11.2011 13:50 Uhr

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Photo: (AP)

En Grèce comme en Italie, alors que les nouvelles équipes s'activent pour échapper aux ennuis financiers, la rue se mobilise contre la rigueur annoncée.

Penser «plus aux gens et moins à sauver les banques», des milliers de lycéens et étudiants sont descendus dans la rue jeudi dans toute l'Italie pour dénoncer les coupes dans le budget de l'école publique, dans le cadre d'un mouvement international.

A Milan, des manifestants ont jeté des oeufs sur le bâtiment de l'université privée catholique du Sacré Coeur, dont était recteur le nouveau ministre de la Culture, Lorenzo Ornaghi qui a fait aussi l'objet de quolibets. «Redonnez-nous notre argent, que l'Eglise paye», scandaient les protestataires en exigeant l'arrêt des soutiens publics au système privé.

Un autre groupe a essayé d'atteindre la prestigieuse faculté privée d'économie Bocconi, dont le nouveau chef du gouvernement Mario Monti était encore tout récemment président. Mais il a été refoulé sans ménagement par la police à coups de matraque.

D'autres ont essayé d'envahir le siège de l'Association des banques italiennes. «Save schools, not banks, de l'argent pour l'instruction publique», avaient-ils écrit sur une grande banderole. Ils ont été stoppés dans le hall d'entrée.

A Rome, les slogans des 2.000 manifestants ironisaient sur le nom du nouveau ministre de l'Education nationale Francesco Profumo (parfum en italien) en dénonçant par avance «un parfum d'austérité. Non au gouvernement des sacrifices». Partis de l'université publique de La Sapienza, ils devaient rejoindre un cortège du syndicat minoritaire mais radical Cobas dont le mot d'ordre de grève dans les transports publics, a coïncidé, par un hasard de calendrier, avec les manifestations estudiantines.

A Palerme (sud), quelque 5.000 protestataires, le plus grand cortège jusqu'à présent, ont scandé des slogans contre l'ultra-libéralisme qui domine, selon eux, en Europe. «Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiciens et banquiers», criaient-ils.

A Turin, la tension est montée en fin de matinée quand un groupe d'étudiants a lancé des bouteilles et des oeufs contre les forces de l'ordre qui voulaient les empêcher d'atteindre l'antenne locale de la Banque d'Italie.

Anniversaire du soulèvement de 1973 contre les colonels...

Des milliers de personnes se préparaient à manifester jeudi à Athènes contre les mesures d'austérité préparées par le gouvernement grec de coalition de Lucas Papadémos, fort d'un confortable vote de confiance obtenu mercredi au parlement mais non exempt de tiraillements.

Les défilés, traditionnels chaque 17 novembre, commémorent le 38e anniversaire de la révolte estudiantine contre la junte des colonels en 1973.

L'an dernier, ils avaient tourné à la protestation contre les réformes d'austérité (hausses des taxes, baisses de salaires etc.) introduites par le gouvernement Papandréou sous la pression des créanciers étrangers de la Grèce.

Cette année, outre la protestation sociale, les manifestations devraient aussi revêtir un aspect très politique, après l'entrée de l'extrême droite dans le gouvernement grec de coalition, pour la première fois depuis la chute de la dictature des colonels. C'est la raison qui a poussé un député Pasok dissident à voter mercredi soir contre la confiance au gouvernement.

Député du département de Xanthi en Thrace (nord-est) où vit la minorité musulmane de Grèce, Tsten Mantazi s'est dit contre la participation au gouvernement de transition du parti d'extrême droite Laos, dont les députés expriment régulièrement des positions xénohobes.

Jeudi, le journal communiste Rizospastis souligne que les communistes placent le défilé sous le signe de la résistance au «retour du fascisme» et, faisant le lien avec la situation immédiate de la Grèce, rappelle que le slogan de novembre 1973 «Pain, éducation, liberté», n'a jamais été autant d'actualité.

Il s'agit aussi de la première marche de ce type depuis le vote d'une loi réformant l'université l'été dernier, modifiant le droit d'asile qui interdisait jusqu'à présent à la police d'entrer dans des locaux universitaires.

La ministre de l'Education socialiste Anna Diamantopoulou a annoncé qu'elle n'irait pas déposer de gerbe sur les lieux du soulèvement comme le veut la tradition. Selon Ta Nea, c'est la première fois que cette tradition ne sera pas respectée.

Vendredi, une nouvelle échéance attend le gouvernement avec la présentation au parlement du budget 2012 qui rappellera au pays l'ampleur des sacrifices à consentir.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 13:36

Les Grecs toujours en colère contre l’austérité

18/11 01:33 CET

 

La mobilisation des grecs a été forte ce jeudi contre l’austérité prônée par leur nouveau gouvernement.

Plus de 40 000 personnes ont défilé dans les rues d’Athènes hier soir et 15 000 autres aussi à Salonique.

Un premier test social pour Lucas Papademos et son gouvernement d’union nationale au lendemain d’un vote de confiance du parlement.

Les manifestations ont été émaillées d’incidents et d’affrontements parfois violents entre certains protestataires et les forces de l’ordre. En cause : le nouveau tour de vis que doit annoncer le cabinet ce vendredi pour tenter d‘échapper à la faillite sous l’oeil très vigilant de la troïka UE-BCE-FMI.

Ces manifestations contre la dictature de l’austérité et des marchés rappellent celles des étudiants le 17 novembre 1973 contre la “junte des Colonels”. La volonté de ne pas laisser l’espoir céder la place à la résignation et à la fatalité y était la même.

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...Près du Parlement, un incident a opposé un groupe de casseurs aux forces de l'ordre: les premiers ont lancé des cailloux et deux cocktails molotov sur la police qui a répondu en tirant des jets de gaz lacrymogène, a-t-on indiqué de source policière.


Les cortèges du 17 novembre défilent traditionnellement du quartier de l'Ecole Polytechnique à l'ambassade américaine, en passant par la place Syntagma où se trouve le Parlement.


Les traditionnels slogans célébrant le soulèvement étudiant ont pris une coloration très actuelle pour dénoncer "la junte des banques, de l'Union européenne, du FMI", comme le proclamait une banderole dans une allusion directe à la politique d'austérité imposée à la Grèce surendettée par ses créanciers.


"La junte ne s'est pas terminée en 1973, soulèvement contre le gouvernement UE-FMI !" pouvait-on également lire dans le cortège.


Efthymios, un lycéen de 18 ans du Pirée, près d'Athènes, est venu manifester pour la première fois pour un 17 novembre, surtout car il s'inquiète pour l'avenir de son pays en crise. "C'est la première fois depuis que je suis né que je vois des gens chercher de la nourriture dans les poubelles", raconte-t-il à l'AFP.


Aristidis, un serveur de 38 ans, est là parce qu'il se sent "trahi" par le gouvernement qui a accepté sans rechigner les sacrifices demandés par les partenaires financiers du pays pour redresser ses finances.


Marita, 23 ans, étudiante à l'Ecole Polytechnique, établit un parallèle entre passé et présent: "le gouvernement actuel (de coalition, NDLR) n'est pas issu des élections. Qu'est ce que c'est sinon une junte ?"


"Nous les ficherons tous dehors !", promet d'ailleurs une banderole.


"Il faudrait que les gens descendent dans la rue tous les jours mais ils ont peur", ajoute Aristidis. "Face à la tyrannie, il faut choisir entre les chaînes et les armes", exhorte de son côté la banderole d'un groupe anarchiste.


Certains manifestants ont aussi déversé leur colère contre la participation de l'extrême droite au nouveau gouvernement de coalition socialiste-conservateur, intronisé la semaine dernière, derrière le mot d'ordre: "à bas le gouvernement fascisant".

 

Les affaires.com
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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 10:56
| Par La rédaction de Mediapart

En Grèce, plus de 40.000 personnes ont manifesté pour refuser les mesures d'austérité que compte appliquer le gouvernement de coalition de Lucas Papademos. 27.000 manifestants à Athènes selon la police, 15.000 à Thessalonique.

Les manifestants rassemblés par le parti communiste (KKE) et la gauche radicale (Syriza) – l'opposition de gauche qui a refusé de participer au gouvernement – relevaient opportunément que l'extrême droite est revenue au pouvoir pour la première fois depuis la dictature des colonels en Grèce, défilaient sous les banderoles clamant que «la junte ne s'est pas terminée en 1973, soulèvement contre le gouvernement UE-FMI!» et «A bas le gouvernement fascisant».

Cependant, Lucas Papademos recevait le vote de confiance de 255 députés sur 300 pour engager le nouveau plan d'austérité afin d'obtenir la mise en place du nouveau prêt de 100 milliards concédé lors du sommet de la zone euro du 27 octobre et, plus rapidement, le déblocage d'une tranche de 8 milliards d'euros issue du précédent plan d'aide à la Grèce.

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 13:23

LEMONDE.FR Avec Reuters | 17.11.11 | 08h40   •  Mis à jour le 17.11.11 | 12h43

 
 

 

L'ampleur du rassemblement, le premier depuis presque un mois, devrait donner le pouls de l'opinion publique et de l'éventuel bras de fer social à venir entre le pouvoir et la rue.

L'ampleur du rassemblement, le premier depuis presque un mois, devrait donner le pouls de l'opinion publique et de l'éventuel bras de fer social à venir entre le pouvoir et la rue.AFP/ARIS MESSINIS

Journée test pour le nouveau pouvoir grec. Des milliers de personnes sont attendues jeudi dans les rues d'Athènes pour mettre en garde Lucas Papadémos, dont le gouvernement a obtenu la confiance du Parlement mercredi, contre l'instauration de nouvelles mesures d'austérité réclamées par l'Union européenne.

L'ampleur du rassemblement, le premier depuis presque un mois, devrait donner le pouls de l'opinion publique et de l'éventuel bras de fer social à venir entre le pouvoir et la rue. Les sondages montrent que près de trois quarts de Grecs soutiennent Papadémos, ancien vice-président de la Banque centrale européenne, mais le nouveau programme d'austérité a du mal à passer auprès de la population. La coalition de crise réunit le parti socialiste de l'ancien premier ministre George Papandréou (Pasok), la Nouvelle Démocratie d'Antonis Samaras (ND, convervateurs) et le parti LAOS d'extrême droite.

Après avoir remporté sans surprise la confiance du Parlement mercredi, le chef du gouvernement va avoir la lourde tâche de maintenir la cohésion de la coalition. Il doit parvenir à resserrer les rangs de la majorité derrière les réformes impopulaires alors que des dissensions ont fait leur apparition. Antonis Samaras a ainsi de nouveau exclu, mercredi, de s'engager par écrit à respecter les modalités du dernier plan de sauvetage de la Grèce, comme le réclame la Commission européenne.

HAUSSES D'IMPÔTS ET COUPES BUDGÉTAIRES

Cette année, outre la protestation sociale, les manifestations devraient aussi revêtir un aspect très politique, après l'entrée de l'extrême droite dans le gouvernement grec de coalition, pour la première fois depuis la chute de la dictature des colonels. C'est la raison qui a poussé un député Pasok dissident à voter mercredi soir contre la confiance au gouvernement. Député du département de Xanthi en Thrace (nord-est) où vit la minorité musulmane de Grèce, Tsten Mantazi s'est dit contre la participation au gouvernement de transition du LAOS, dont les députés expriment régulièrement des positions xénohobes.

Jeudi, le journal communiste Rizospastis souligne que les communistes placent le défilé sous le signe de la résistance au "retour du fascisme" et, faisant le lien avec la situation immédiate de la Grèce, rappelle que le slogan de novembre 1973 "Pain, éducation, liberté", n'a jamais été autant d'actualité. Le quotidien Ta Nea à grand tirage assure que tout laisse présager une "marche à haute tension". Le défilé marque l'anniversaire de la répression sanglante du soulèvement étudiant de 1973 par le régime des colonels qui était renversé l'année suivante.

Il s'agit aussi de la première marche de ce type depuis le vote d'une loi réformant l'université l'été dernier, modifiant le droit d'asile qui interdisait jusqu'à présent à la police d'entrer dans des locaux universitaires. "L'atmosphère est électrique" depuis mercredi, affirme le journal citant un premier incident entre militants de gauche à l'école Polytechnique, bastion de la résistance étudiante au régime des colonels. Après cet incident, la ministre de l'éducation socialiste Anna Diamantopoulou a annoncé qu'elle n'irait pas déposer de gerbe sur les lieux du soulèvement comme le veut la tradition. Selon Ta Nea, c'est la première fois que cette tradition ne sera pas respectée.

Athènes tente de s'assurer le versement de la dernière tranche de huit milliards d'euros du premier plan d'aide européen de 110 milliards. Le pays doit aussi rétablir la confiance des inspecteurs de la troïka (Fonds monétaire international, UE et Banque centrale européenne) afin de bénéficier d'un deuxième plan de sauvetage de 130 milliards d'euros ayant fait l'objet d'un accord à Bruxelle fin octobre.
Le gouvernement va soumettre au Parlement, vendredi, le projet de budget 2012 du pays, incluant des hausses des impôts et des coupes budgétaires censées répondre aux exigences de l'Union européenne et du FMI.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 12:19

Notre Grèce en ruine

 

Point de vue | LEMONDE | 12.11.11 | 14h22   •  Mis à jour le 14.11.11 | 13h11

par Takis Théodoropoulos

 
 

 

Pour le romancier et essayiste Takis Théodoropoulos, les Grecs paient le prix de l'incurie et du clientélisme de leur classe politique, sur fond de violence sociale endémique.

Pour le romancier et essayiste Takis Théodoropoulos, les Grecs paient le prix de l'incurie et du clientélisme de leur classe politique, sur fond de violence sociale endémique.AFP/ARIS MESSINIS


Les symptômes du malaise ont fait leur apparition bien avant l'aveu de la faillite. En décembre 2008, le centre d'Athènes a été incendié après le meurtre d'un adolescent de 16 ans par un policier dans le quartier étudiant de la capitale. Alors que la police suivait le spectacle sans vouloir intervenir, les médias parlaient d'une jeunesse révoltée contre un système qui la condamnait à la précarité et à la misère des 700 euros mensuels.

On n'a pas signalé que, sous les cagoules des lycéens qui lançaient les cocktails Molotov se cachaient les enfants d'une classe moyenne grecque qui fut la clientèle privilégiée de la classe politique. Dans une certaine mesure, ils faisaient ce que leurs parents auraient bien voulu, mais ne pouvaient faire : s'attaquer à un système dont ils avaient joui et qui ne pouvait plus les satisfaire. Après les dépenses mégalomaniaques des Jeux olympiques de 2004, l'argent manquait, les ménages étaient accablés par les prêts et les cartes de crédit offerts par les banques sur un simple coup de téléphone, l'avenir semblait court et peu tentant. Les jeunes, eux, avaient une raison de plus pour se révolter. Ils sentaient que l'éducation qui leur était offerte les trahissait.

Les émeutes de 2008 ont légué à la société grecque un capital de violence qui est loin d'être dépensé. C'est cette violence qui a coûté le 1,5 million d'euros que la mairie d'Athènes, en faillite, doit verser pour réparer les dégâts des manifestations de cet été. C'est la même violence qui se libère dans le quotidien par les groupes qui bloquent les artères du centre-ville en scandant des mots d'ordre contre le "traître" Papandréou, la "nazie" Merkel, et les "forces d'occupation" de la troïka. Le lyrisme n'est pas très original, mais il est caractéristique des spasmes provoqués par un corps social déprimé qui se retrouve devant une situation inédite.

Le syndicaliste du secteur public qui a vécu pendant trente ans sous la tutelle de la classe politique se sent orphelin quand cette même classe politique l'abandonne aux sables mouvants des privatisations nécessaires pour payer les dettes du pays. C'est la même chose pour le propriétaire de taxi ou de la pharmacie du coin qui a vécu pendant trente ans sous la protection d'un système qui lui permettait de contrôler la distribution des licences.

Le vandalisme dans les lycées occupés, les menaces et les violences physiques contre les professeurs qui insistent pour assurer leurs cours dans les universités fermées depuis le début de l'année ne sont que les symptômes de la banalisation de cette violence endémique. Mélangée à un nationalisme primaire, souvent récupérée par quelques laudateurs de l'Eglise orthodoxe, attisée par la rhétorique d'une partie de la gauche parlementaire, elle menace d'implosion une société déjà à genoux et indignée. C'est la peur des vandalismes et des rixes sanglantes qui n'a pas permis jusqu'à présent la mobilisation d'une grande partie de la population.

Vu les commerces fermés, les 900 000 chômeurs de la dernière statistique officielle et la baisse dramatique des salaires au mois de septembre, quand il y a eu l'appel à la grève générale, on aurait dû s'attendre à une manifestation aussi massive que celle qui a eu lieu à Lisbonne en mars.

Mais à la différence de Lisbonne, à Athènes, il n'y avait que 100 000 personnes dans la rue, qui se sont précipitées hors de la place de la Constitution quand les jeunes encagoulés ont commencé à lancer des pierres contre les militants du Parti communiste. La guerre de tous contre tous n'est plus une menace. Elle est une réalité.

Si M. Papandréou, en lançant l'idée d'un référendum qui aboutirait à un oui ou un non à l'Europe, avait voulu détendre, ne serait-ce que provisoirement, la situation explosive qui mine le quotidien dans la capitale et les grandes villes, nous devons admettre qu'il a réussi son coup. La population, prise d'une peur panique devant le gouffre que représentent le retour à la drachme et, par conséquent, l'abandon de l'Europe, abasourdie, accrochée à son poste de télévision, suivait le déroulement des négociations à Bruxelles et au G20.

Sous l'emprise d'un sentimentalisme tout aussi profond que flottant, le oui à l'Europe fit l'unanimité dans les sondages des journaux du dimanche. Mgr Anthimos, l'archevêque de Thessalonique, champion du nationalisme primaire, celui qui a voulu rejoindre les "indignés" il y a quelque mois, a prié pour la santé de la monnaie unique.

Le gouvernement Papandréou a démissionné, un autre gouvernement d'union nationale a pris sa place, la troïka reviendra à Athènes, la sixième tranche du prêt de sauvetage sera éventuellement versée, mais aucun problème n'est résolu. L'incertitude provoquée par le coup de dés du référendum n'a fait qu'attiser la méfiance envers une classe politique déjà fortement discréditée, la longue marche vers les élections anticipées annoncées pour le mois de février 2012 ne fera qu'aggraver la paralysie d'une administration qui marginalise tout fonctionnaire qui refuse de ramper dans les ruines du clientélisme et de la corruption.

Le sentiment d'injustice, fondé sur l'immunité de la classe politique et de sa clientèle privilégiée, renforcé par une magistrature paresseuse, souvent corrompue et perdue dans le labyrinthe d'une production inflationniste de lois et de décrets, menace le contrat social déjà miné par l'appauvrissement violent de la classe moyenne.

Un certain populisme européen attribue l'évasion fiscale en Grèce à une sorte de déterminisme culturel, en négligeant le poids du contrat d'infidélité que tout citoyen était obligé de signer avec l'Etat et sa classe politique.

Certains d'entre nous parlent d'humiliation nationale. Il est vrai qu'une grande partie de la société grecque se sent humiliée par la cacophonie de sa classe politique, par la bravoure mesquine de ses chantres qui ont depuis longtemps perdu tout sens du ridicule. Une classe politique qui fait semblant de ne pas comprendre que depuis deux ans la majorité de la population a fait preuve de patience, malgré l'indignation, malgré la colère, malgré l'incertitude, malgré le sentiment d'injustice et d'insécurité qui mine le quotidien.

L'implosion n'est pas loin. La société est à bout de souffle. Ses dirigeants lui demandent de faire des efforts pour pouvoir payer les dettes du pays tout en oubliant qu'une entreprise qui ne fonctionne que pour payer ses dettes est une entreprise qui a déjà fait faillite. Mais à la différence des entreprises, les sociétés humaines ne peuvent pas déposer le bilan.

On a tendance à oublier que, à la différence des Français ou des Allemands, et même des Italiens, pour qui la construction européenne était un sens unique qui permettrait à la vieille civilisation de sortir des ruines de la seconde guerre mondiale, pour les Grecs cette même Europe représentait une option. Une option qu'ils ont eu le courage de suivre parce qu'ils espéraient que cette voie permettrait au petit pays méditerranéen de former un paradigme national en dehors de son charme folklorique. Ça n'a pas été le cas.

L'Union européenne, trop préoccupée par les directives sur la longueur des préservatifs ou la couleur des concombres, s'est très peu souciée de l'éducation de sa société multinationale, multiethnique et multiculturelle. Et le pauvre Zorba a été aveuglé par les premiers 4×4 qu'il a vus débarquer sur son île.

La classe politique grecque n'a jamais ouvert de débat public sur l'Europe, celle avec laquelle les élites grecques et la partie la plus dynamique de sa population n'ont cessé de dialoguer, celle qu'elles considèrent comme l'aboutissement naturel du trajet que la Grèce contemporaine a suivi depuis deux siècles. La classe politique, toute-puissante dans les années qui ont suivi la dictature des colonels, n'a rien fait pour programmer le nouveau paradigme dont la Grèce avait besoin.

Elle n'a cessé de ménager sa clientèle en lui assurant que la perspective européenne pour la société grecque était une affaire traitée par des gens sérieux lors des sommets, à Maastricht, à Lisbonne ou ailleurs. Elle a été bonne élève. Elle a tout signé, même feu le projet de Constitution européenne. C'était sa façon de laisser carte blanche pour gérer le flot des subventions. Par mesquinerie ou par naïveté, ou les deux à la fois, on ne le saura jamais.

Ce que l'on sait par contre c'est qu'au moment où la construction européenne traverse une grande crise existentielle, la société grecque est profondément déboussolée.

Périclès, l'original, avait ruiné économiquement Athènes. Mais il avait construit le Parthénon qui, aujourd'hui encore, continue de rayonner. La Grèce contemporaine, elle, a gagné sa place en Europe grâce, entre autres raisons, aux ruines de son Antiquité. Elle risque aujourd'hui de la perdre à cause de ses ruines modernes qui ne rayonnent même pas pour les Grecs. Sans jamais oublier, bien sûr, que ces ruines-là seront les ruines d'un pays européen.


 

 

Romancier et essayiste

Né à Athènes en 1954, il a travaillé dans l'édition et tient une chronique dans le quotidien d'Athènes "Ta Nea" ("Les Nouvelles"). Il a été jusqu'en octobre président du Centre national du livre grec.

Son dernier ouvrage traduit en français est "L'Invention de la Vénus de Milo" (Sabine Wespieser éditeur, 2008). Son prochain roman "Le Va-nu-pieds de nuages", paraîtra chez le même éditeur en mars 2012.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 15:40

Reportage | LEMONDE | 11.11.11 | 12h51   •  Mis à jour le 11.11.11 | 16h12

 
 

 

Pratiquement tous les armateurs grecs sont installés dans le port du Pirée près d'Athènes, (ici des bateaux à quai en octobre 2011).

Pratiquement tous les armateurs grecs sont installés dans le port du Pirée près d'Athènes, (ici des bateaux à quai en octobre 2011).AFP/LOUISA GOULIAMAKI

Athènes Correspondance - Pour vivre riche et heureux dans une Grèce en crise, mieux vaut rester discret. L'idée de parler au président de l'Union des armateurs grecs - ou à un membre de cette Union - semble saugrenue à son assistante : "Seul, explique-t-elle, le président parle aux journalistes, et il ne parle que lors de conférences de presse." Qui sont rares.

"Nous aimons parler business, mais nous n'avons pas besoin de communiquer", relève Georges Gourdomichalis, armateur, quadragénaire, né à Londres mais revenu aux pays : "Tous les Grecs veulent retourner à la maison, comme Ulysse."

Ses bureaux sont au Pirée, sur l'Akti Miaouli, un quai à grande circulation, où se trouvent pratiquement tous les armateurs, mais aussi les banques spécialisées, les brokers, les assurances, tout ce qui gravite autour de la marine marchande.

Le bureau de M. Gourdomichalis est sans luxe particulier. Les maquettes de bateau, les marines au mur, et les exemplaires de la Lloyd's list indiquent la vocation du lieu. Une salle de conférences permet de parler avec les capitaines des bateaux.

M. Gourdomichalis est un petit armateur, représentatif de la majorité de la profession. Les trois quarts des armateurs grecs ont moins de dix bateaux.

"Les armateurs sont les chauffeurs de camionnettes de la mer, qui transportent n'importe quoi, n'importe où, pour n'importe qui", explique Nicolas A. Vernicos, l'un des rares armateurs aimant parler. Lui appartient à une famille d'armateurs originaire de Sifnos, dans les Cyclades, qui a développé une flotte de remorqueurs.

Ces armateurs sont fiers de la Grèce, mais pas à n'importe quel prix. "Je me suis installé ici par choix, explique M. Gourdomichalis. Le cadre légal est l'un des meilleurs du monde. Il y a une grande expérience professionnelle. Si ce cadre changeait, je pourrais revoir mon implantation. C'est un business mondial que je peux pratiquer aussi depuis Chypre ou Hongkong."

Le message a toujours été bien reçu par les divers gouvernements grecs. Aucun d'entre eux n'a jamais eu envie de voir ces armateurs - espèce sacrée et qui représente plus de 6 % du produit intérieur brut (PIB) - quitter le pays.

"Ce sont les entrepreneurs les plus intelligents du monde", s'enthousiasme Haris Pamboukis, qui a quitté le gouvernement fin août : "Ils demandent simplement de la stabilité et de l'anonymat." Et que l'Etat les aide à tenir leur rang de numéro un mondial du secteur.

Les armateurs ne veulent surtout pas qu'on coupe le "cordon ombilical" - l'expression est du président de l'Union des armateurs, Théodore Véniamis - qui les relie à l'Etat grec.

Ce cordon, c'est l'article 107 de la Constitution. En termes techniques, celui-ci renvoie aux dispositions d'une loi portant sur "l'imposition des navires, l'établissement d'une taxe pour le développement de la marine marchande, l'installation d'entreprises maritimes étrangères et la réglementation de matières connexes".

Cette loi indique que les armateurs ne payent pas d'impôts sur leurs bénéfices, mais seulement une taxe en fonction du tonnage du navire.

"Sans cette protection constitutionnelle, avec cette culture grecque de changer de lois et d'impôts tous les ans, aucune banque ou investisseur n'accepterait de nous prêter de l'argent, assure M. Vernicos. C'est un métier cyclique, avec des hauts et des bas. Si la Constitution ne protège pas notre investissement, c'est la réaction des marchés financiers qui nous obligera à changer de drapeau."

Un avocat d'affaires résume : "Je peux changer le régime fiscal d'un bateau en moins de sept heures."

Même si, dans les manifestations, les armateurs sont associés à la ploutocratie, le gouvernement des riches, leur statut privilégié ne fait pas débat en Grèce, beaucoup moins que les exemptions fiscales de l'Eglise.

"Cela n'a pas été discuté depuis très longtemps, ce n'est pas dans l'agenda politique", explique Georges Kastrougkalos, professeur de droit à l'université de Thrace et membre du groupe qui demande un audit sur la dette grecque.

"Ils ne payent pas d'impôts sur leurs activités en dehors de Grèce, comme c'est le cas dans d'autres pays, explique Michalis Chryssohoïdis, ministre du développement et de la marine marchande dans le dernier gouvernement Papandréou. C'est une industrie très importante, qui rapporte au pays entre 12 et 15 milliards d'euros par an. Et ils payent des impôts pour leurs immeubles, leurs maisons, y compris sur les investissements immobiliers offshore."

"A un taux prohibitif de 10 % par an, s'indigne M. Vernicos, ce qui a comme résultat de geler les investissements immobiliers internationaux en Grèce."

Si la Grèce dispose de la première flotte du monde, ses bateaux portent le plus souvent des pavillons libériens, chypriotes ou maltais. Seulement un sur quatre a le drapeau grec.

"Le choix du drapeau est une décision commerciale, explique M. Vernicos. Les bateaux à pavillon grec sont obligés d'employer un certain pourcentage de salariés grecs. Les armateurs sont aussi patriotes que les autres Grecs. Mais je préfère un bateau rentable qui appartient à des Grecs avec un pavillon des Kerguelen ou de Chypre plutôt qu'un bateau à pavillon grec qui appartient à une société qui a déposé son bilan, et qui ressemble à un "cercueil" emballé dans un drapeau grec."

Les relations entre les armateurs et le gouvernement de Georges Papandréou n'étaient pas bonnes. Ils n'ont jamais admis qu'on supprime ce qu'ils considèrent comme leur ministère, celui de la marine marchande.

Le ministre des finances, Evangelos Venizélos, avait aussi demandé, en septembre, un effort pour aider davantage le pays en crise. Les armateurs n'ont pas entendu.

Citant les fondations des plus riches armateurs, Onassis ou Niarchos, les investissements qui sont faits dans les musées, les hôpitaux, les îles, les armateurs trouvent qu'ils en font déjà beaucoup. M. Vernicos sort l'arme suprême : "Les armateurs sont les plus grands bienfaiteurs du pays et en particulier des îles d'où ils viennent."

Alain Salles

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 14:28

Publié par Poetes Indignes le 07/11/2011

Patrick MIGNARD

La décision prise par le Premier Ministre grec, Papandréou d’avoir recours à un référendum populaire pour savoir si oui ou non la Grèce doit accepter le plan issu de l’accord européen des 26 et 27 octobre à Bruxelles, la concernant, est probablement un des moments politiques les plus passionnant de cette année finissante.

Cet évènement en dit long sur l’état de la « démocratie » en Europe et sur la manière dont les décisions sont prises.

UN SEISME POLITIQUE

Le séisme ne vient pas simplement de ce qui pourrais se passer,… Mais c’est d’abord la manière, à l’annonce de la décision grecque, dont ont réagi la classe politique dirigeante européenne, puis les bourses et marchés.

Le tollé des dirigeants européens, et en particulier ceux de l’Allemagne et de la France, éclaire singulièrement la « confiance » que ces « démocrates » ont dans les peuples. En effet, c’est sans nuance et sans la moindre pudeur qu’ils ont qualifié la décision d « irresponsable », tout en soulignant hypocritement que « la consultation du peuple est une bonne chose »… Ben voyons !… Les faux culs !.

La décision du référendum méritait au moins, de la part de personnages qui se qualifient de « démocrates » d’accompagner leur surprise de nuances. Or, chassez le naturel, il revient au galop… C’est la sauvegarde du système qui a eu la priorité dans leur réaction.

La réaction des marchés et banques est moins surprenante… On ne peut pas attendre de tels secteurs autre chose qu’une défense farouche de leurs intérêts financiers, même si pour cela il faut mettre des millions d’individus à genoux.

Quant au futurs bénéficiaires de la faillite de la Grèce, ( si ! si ! il y en a !), les détenteurs de CDS (Contrat Default Swap) liés à la dette grecque, qui garantissent un paiement – par les grandes banques alors menacées – en cas de réalisation du risque de faillite,… ils gardent un silence gourmand.

La démocratie devient très clairement un danger pour le système. Nous en avons ici la preuve irréfutable.

Résumons nous :

D’un côté, le peuple dit,… ou va dire, ou risque de dire « ce programme de réformes est inacceptable ».

D’un autre côté, les dirigeants européens disent, « ce programme de réformes est le seul qui puisse exister ».

Qui a raison ?… A vrai dire, les deux ! Sauf que les uns et les autres ne parlent pas de la même chose, ont des priorités, des intérêts différents.

Là est le vrai problème. Nous serions dans des systèmes dictatoriaux,… on comprendrait cette dichotomie d’attitudes,… mais nous sommes, du moins en principe, dans des « démocraties », et le divorce entre ce qu’est le peuple et ce qu’est le système est aujourd’hui flagrant… L’absurdité de la soit disante « démocratie représentative » – du moins dans sa forme actuelle – éclate au grand jour. Les représentants du peuple, « démocratiquement élus » peuvent s’avérer ses pires adversaires.

LE SENS DE LA DECISION

Ce n’est évidemment pas à l’issue d’une poussée de « démocratine » et d’une extase d’essence populaire que Papadréou a pris la décision.

Papandréou, comme tous les politiciens en Europe, fait partie de cette caste parasite qui profite du système, s’attribue des privilèges et impose la rigueur à la population.

Ce n’est certainement pas spontanément qu’il a pris la décision. Coincé qu’il est entre les intérêts divergents d’un côté de l’euro, de la classe dirigeante, des politiciens, des banques et des marchés,… et de l’autre des aspirations du peuple à une vie décente qui se révolte,… il navigue à vue.

Tant que la population supportait passivement le joug qu’on lui imposait, la classe dirigeante jouait « sur du velours »,… tout était possible. Aujourd’hui en Grèce, la « corde a cassé »,… la situation est devenue insupportable pour la population.

Papandréou devait donner des gages pour éviter l’explosion… C’est ce qu’il vient de faire.

Cette décision a aussi l’avantage pour lui et son équipe de « taper en touche »…De se défausser lâchement sur le peuple. Et si les choses empirent,… ce qui est probable, les futures élections législatives donneront une majorité à la droite qui héritera d’une situation pourrie. Papandréou pourra alors jouer l’oppositionnel aux décisions prises. L’alternance ça sert à ça ! Un coup la Droite, un coup la Gauche, un coup….etc.

Une autre hypothèse peut être envisagée : la technique du « moi ou le chaos », version grecque. Papandréou a peut-être tenu le raisonnement suivant : le peuple ne veut plus accepter la rigueur, il va rejeter le plan européen,… et bien, mettons le au pied du mur, mettons le au défi de voter contre et risquer le chaos… peut-être qu’il finira par se résoudre à l’accepter ce plan.

La manière dont va être posée la question lors de ce référendum ,s’il a lieu, va être un signe significatif de ce que l’on souhaite « faire dire » au peuple grec.

L’IMPASSE

Ne nous faisons pas d’illusions…Contrairement à ce que croient certains démocrates naïfs, le recours au peuple ne va rien régler…

Pourquoi ?

Des décennies de conditionnement, de démissions devant les promesses des politiciens, de croyances en un système politique pervers et corrompu,… ont fait que le peuple grec, comme d’ailleurs tous les autres peuples en Europe, n’a pas la solution au problème posé. Il s’est livré pieds et poings liés à un système dont on lui cache les mécanismes et les objectifs, qu’il ne domine pas, sur lequel il n’a aucune prise réelle.

Des décennies de soumission à des pratiques électorales destinées à déresponsabiliser les citoyens –« votez, nous ferons le reste » – ne peut qu’aboutir à une situation chaotique… à partir de laquelle, toutes les dérives sont possibles.

Mais va-t-il avoir le courage de refuser ?

Ne doutons pas que d’énormes pressions « tout à fait amicales et paternalistes » vont être exercées sur le peuple grec pour qu’il se comporte de « manière responsable », autrement dit qu’il accepte le diktat européen, avec description à la clef de la « situation apocalyptique » qui l’attend s’il quitte l’euro. Et ce d’autant plus que les agences de notations commencent à menacer, de même que le FMI, en cas de refus grec du plan européen.

Le peuple a intérêt à bien voter sinon …

Moralité : un peuple a le droit de penser ce qu’il veut à la condition que ce soit conforme à l’intérêt des banques et des marchés financiers…. Et cet intérêt est politiquement garanti par la classe politique.

Ce qui va se passer, dans les semaines à venir, personne ne peut évidemment le prévoir…

Une seule certitude : il est désormais évident que la solution ne réside plus dans le système lui-même, ses manipulations banco-financières, ni par le jeu des institutions politiques.

Situation gravissime car, en Europe, aucun peuple n’a, dans l’immédiat la capacité, je dirais même la culture politique, qui lui permette de passer outre les règles du système et de ses institutions, d’élaborer une stratégie alternative de changement et de créer un rapport de force avec les profiteurs du système en place.

La crainte de chaos et de dérive totalitaire n’est pas écartée,… mais dès à présent c’est à l’élaboration d’une telle stratégie que nous devons nous consacrer.

DERNIERE MINUTE

C’est donc la thèse du « chantage », mené jusqu’au bout, qui a été retenue. Convoquer un chef de gouvernement pour lui faire changer de politique et surtout le dissuader (menaces de rétorsions à l’appui) de consulter son peuple sur des questions qui le concernent directement,… ça ne vous rappelle rien ?….

Cette fois-ci, c’est au nom de la logique des marchés financiers que s’est produite cette infamie.

Il ne fallait surtout pas que le peuple grec s’exprime… ça aurait donné des idées à d’autres et effrayé les marchés financiers. Mais que l’on ne s’y trompe pas, la mésaventure du peuple grec pèse, comme une « épée de Damoclès », si j’ose dire, sur tous les peuples d’Europe.

Après les Grecs sacrifiés sur l’autel de la finance, ça va être le tour des Italiens….

Conforté par cette mise au pas du peuple grec, Sarkozy va, en France, nous en rajouter une couche en matière de rigueur.

L’Euro, pour le moment, est sauf. Les marchés rassurés. L’illusion de la « suppression des paradis fiscaux » et d’une « taxe sur les transactions financières » est ressortie de la naphtaline.

Bref, rien de nouveau,… sinon que la situation devient de plus en plus insupportable.

Les peuples se taient, la finance passe !

La Grèce, berceau de la démocratie ? Peut-être !… Mais aujourd’hui assurément son tombeau !

Patrick MIGNARD

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 18:19
| Par Mathieu Magnaudeux

Roman Gerodimos se sent de plus en plus à Athènes quand il se promène dans les rues de Londres, où il vit depuis onze ans. «Depuis six mois, j'entends de plus en plus parler grec ! Mes concitoyens, les jeunes surtout, débarquent nombreux. En Grèce, la fuite des cerveaux est énorme en ce moment», raconte Roman, 36 ans, maître de conférences en communication à l'université de Bournemouth (sud-ouest du Royaume-Uni).

Selon Europass, une agence européenne qui accompagne dans leurs démarches les candidats à l'exil au sein de l'UE, 13.300 Grecs ont transmis leurs CV à l'agence en septembre 2011. Les deux tiers avaient moins de 30 ans. Il y a trois ans, avant que les plans d'austérité ne se succèdent, ils étaient à peine 2200.

«Pour les jeunes Grecs, c'est vraiment le désespoir, reprend Roman. Ma génération a été élevée avec l'espoir de beaux lendemains. Jusqu'ici, de nombreux jeunes Grecs pouvaient rêver de faire une carrière qui corresponde peu ou prou à leurs attentes. Maintenant, les diplômés n'arrivent même plus à être embauchés comme vendeurs dans les magasins...»

Depuis la fin de l'année 2009, la Grèce est entrée dans une spirale infernale. Relativement épargné par la crise financière de 2008, ce petit pays de 11 millions d'habitants a subi la vindicte des marchés quand la réalité de son déficit (plus de 15% du produit intérieur brut, un record dans la zone euro où le déficit ne doit théoriquement pas dépasser 3%) a été rendue publique, fin 2009. En échange de son renflouement (très tardif) par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, la Grèce a adopté depuis plusieurs trains de mesures extraordinairement sévères. En 2010, le pays a réduit son déficit public de 5%, une «thérapie de choc» uniquement destinée à contenter les marchés financiers, selon Maria Karamessini, directrice du département «politiques sociales» de l'Université Panteion d'Athènes. D'ici à 2015, la Grèce compte bien poursuivre l'austérité pour passer sous le seuil des 3% requis par l'Union européenne et réduire sa dette publique qui culmine à 160% du PIB.

Ces objectifs de réduction des déficits ne disent pourtant rien du marasme social en cours. L'économie grecque rétrécit chaque année : –2% en 2009, –4,5% en 2010 et sans doute –3,5% en 2011, selon les dernières prévisions de la Fondation pour la recherche économique et industrielle (IOBE), un think-tank athénien.

Fin 2011, le chômage (seulement 7,7% en 2008) pourrait atteindre 17% de la population active – chiffre certainement sous-estimé. Selon Eurostat, 43,5% des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. En Europe, seule l'Espagne fait pire, et la progression est fulgurante : +10% en un an... «Les jeunes ont absorbé en premier la dégradation économique, et de façon très violente. L'économie n'arrive plus à les intégrer. Beaucoup de jeunes Grecs partent à l'étranger, et ceux qui partent reviennent de moins en moins. Certains 20-30 ans disent que, pour eux, il n'y a plus d'espoir», constate Nicolas Prokovas, maître de conférences à Paris-3 qui travaille actuellement sur l'impact de la crise sur les jeunes Grecs.

«On a tué le malade»

 

Thessalonique, 28 octobre 2011. Des manifestants bloquent une parade militaire. Thessalonique, 28 octobre 2011. Des manifestants bloquent une parade militaire.© Reuters/G. Siamidis

 

Les ménages grecs sont de très loin ceux qui paient le plus lourd tribut à l'austérité en Europe. Dans le privé, les salaires ont baissé en moyenne de 7% du fait de la récession. De nombreux petits commerces ont fermé, et l'inflation s'est envolée de près de 5%, réduisant encore le pouvoir d'achat. A plusieurs reprises, des milliers de Grecs ont manifesté contre ces mesures mais aussi contre la gestion du gouvernement du premier ministre Georges Papandréou. Les Indignés grecs ont occupé pendant trois semaines la place Syntagma, au cœur d'Athènes.

«La réduction drastique des finances publiques et la violence des mesures prises n'ont laissé aucune place à l'économie pour retomber sur ses pieds, commente Nicolas Prokovas. Le résultat de cette avalanche de mesures est une diminution extrêmement rapide du PIB et une envolée du chômage. La croissance a été cassée. Quand on tente de lutter contre un emballement cardiaque en posant un garrot, on tue inévitablement le malade.»

 

L'effondrement a été d'autant plus violent que l'Etat «a toujours été le poumon de l'économie», explique Nikolas Prokovas, tandis que le secteur privé, essentiellement constitué de toutes petites entreprises, «est incapable de fournir des emplois et de soutenir l'économie». «Les dépenses publiques assuraient dans le passé une bonne partie de la consommation globale des ménages, car le secteur public était le seul secteur où il y avait à la fois des primes et des augmentations», une dynamique cassée par les plans d'austérité successifs.

En 2010, le premier plan d'économie était déjà très sévère. On en trouve un aperçu sur le site de la BBC (en anglais), et dans un article paru dans la Revue internationale de l'IRES:  

  • La hausse de tous les taux de TVA (le plus élevé fixé à 23% au lieu de 19), des taxes sur le tabac, l'alcool, le fuel, les biens de luxe.
  • De nombreuses nouvelles taxes directes, certaines touchant les retraites et les aides sociales.
  • Dans la fonction publique : baisse des bonus des fonctionnaires qui équivalent à la suppression des treize et quatorzième mois, réduction des CDD, baisse des retraites, remplacement d'un fonctionnaire sur 5.
  • Des coupes dans les allocations sociales, les budgets sociaux (services de santé, services sociaux pour les enfants et les personnes âgées, éducation), les dotations de l'Etat aux ministères, aux communes, et la Sécurité sociale, etc.

Depuis, le gouvernement a fait voter un nouveau train de mesures fiscales de 23 milliards d'euros sur cinq ans (l'équivalent de 10% du PIB). Il prévoit la renconduction des mesures prises en 2010, de nouveaux impôts et un vaste programme de privatisations de 50 milliards d'euros d'ici 2015 – pour l'heure, les privatisations maintes fois promises aux bailleurs de fonds de la «troïka» FMI-UE n'ont pas encore démarré.

«Tragédie» sanitaire

«Il n'y aucune raison d'être optimiste pour les Grecs, s'alarme Georgios Karyotis, chercheur à l'université d'Edimbourg. L'austérité en Grèce est non seulement extrême, mais elle est aussi permanente car elle va durer des années, que le pays reste dans l'euro ou en sorte.» «Pour l'heure, il n'y a pas eu l'explosion sociale qu'on aurait pu attendre, mais c'est encore tout à fait possible. Certains acteurs sociaux que j'ai interrogés prédisent des émeutes», explique le chercheur.

 

Après un an et demi de marasme économique, les conséquences combinées de la récession et des mesures d'austérité commencent à apparaître. Les mesures d'économie n'ont pas épargné les revenus les plus élevés, mais selon Roman Gerodimos, les victimes de la crise sont d'abord «les retraités aux revenus modestes, les personnes qui ont besoin de soins et d'aide sociale, les petits commerçants qui ferment boutique chaque semaine».

 

C'est ce que confirme une récente étude de plusieurs chercheurs grecs, sous l'égide de la London School Economics. Faute de recul, elle a tenté de mesurer les seuls effets du premier plan d'austérité. Et les résultats sont déjà effarants :

  • La pauvreté et l'extrême pauvreté ont commencé à augmenter dès 2010.
  • La hausse de la pauvreté touche d'abord les agriculteurs, les chômeurs et les jeunes actifs de 30 à 44 ans. «La pauvreté chez les personnes sans emploi va devenir la question sociale par excellence», écrivent Manos Matsaganis et Chrysia Leventi, les auteurs de l'étude.
  • La crise a déjà entraîné d'importantes baisses de revenu, de 8% pour les plus pauvres à 12% pour les plus riches.
  • Si de nombreuses mesures fiscales touchent les revenus les plus élevés (et parmi eux certains fonctionnaires, car deux tiers des fonctionnaires se trouvent dans les 30% les mieux payés), la hausse de la TVA et la baisse des retraites ont particulièrement pesé sur les ménages les plus pauvres. «Les pauvres ont clairement contribué dans une plus grande proportion de leur revenu à l'effort fiscal», affirment les chercheurs.

A Athènes, le Centre pour les sans-abris est débordé. Selon son responsable interrogé par le site IPSnews, le centre a distribué 30% de repas en plus depuis le début de l'année.

 

Récemment, une étude parue dans la revue scientifique The Lancet a fait apparaître l'ampleur de la «tragédie» sanitaire en cours.

 

Selon les chercheurs, les admissions à l'hôpital sont en constante progression. Le taux de suicide a explosé de 40% en un an au premier semestre 2011 d'après les chiffres du ministère de la Santé, alors que la hausse avait déjà été très importante en 2010. A cause de la réduction des programmes anti-toxicomanie, mais aussi d'un accroissement des pratiques à risque et de la prostitution, le taux de contamination au HIV devrait augmenter de 52% en 2011. Et de plus en plus de Grecs en mal de soins se tournent vers les cliniques d'urgence de Médecins du monde, en théorie destinées à accueillir les migrants (lire notre article ici).

Selon Vassilis Monastiriotis, chercheur à la London School of Economics, la réduction des crédits de l'Etat risque aussi d'appauvrir les régions périphériques de la Grèce, qui sont très dépendantes des investissements publics. 

Evasion et niches fiscales

Mais l'ampleur du plan d'austérité n'est pas le seul grief des Grecs, très remontés contre le gouvernement de Georges Papandréou, qui vit peut-être ses dernières heures. Une partie du pays lui reproche en effet de ne pas avoir profité de la crise pour s'attaquer à l'évasion fiscale massive, à la corruption et aux corporatismes qui gangrènent la société grecque. «Papandréou n'a pas agi assez vite, et il n'a pas non plus fait assez», déplore l'universitaire londonien, Roman Gerodimos. «La Grèce a un problème fondamental de gouvernance. Les mesures fiscales et d'austérité auraient dû s'accompagner d'une politique d'investissements, d'une vaste réforme du système politique et d'une remise à plat de la fiscalité, basée sur le clientèlisme.»

 

Pendant des années, alors que la Grèce profitait de taux d'intérêts très peu élevés pour améliorer son niveau de vie de façon fulgurante, l'Etat a laissé les entreprises et les travailleurs indépendants payer très peu d'impôts, tandis que banques, armateurs, Eglise orthodoxe et plus hauts revenus bénéficiaient d'exemptions fiscales jamais remises en cause, déplore Maria Karamessini, directrice du département «politiques sociales» de l'Université Panteion d'Athènes. «La corruption généralisée du personnel politique de l'Etat et des cadres du secteur public a conduit à une surévaluation des travaux et des marchés publics», affirme la chercheuse dans la Chronique internationale de l'IRES. Sans compter le poids du budget de l'armement – 100 milliards d'euros d'excès de dépenses militaires ces dernières années par rapport aux autres pays de la zone euro : un tiers de la dette ! Cet été, le gouvernement s'est enfin engagé à réduire le budget de la Défense de 200 millions d'euros par an...

 

D'après l'IOBE, on dénombre «plus de 1000 niches fiscales», qui rendent le «système fiscal inefficace (...) et parfois plus inégalitaire». Selon Yannis Stournaras, le directeur général de l'IOBE, 3 à 4% du PIB grec (un peu moins de 10 milliards d'euros par an) s'envolent chaque année à cause de l'évasion fiscale. Les revenus fiscaux ne représentent qu'un tiers du PIB, un chiffre nettement en deçà de la moyenne européenne et qui ne cesse de baisser depuis les années 2000, d'après Vassilis Monastiriotis, professeur à la London School of Economics.

55% des contribuables déclarent des revenus inférieurs à 10.000 euros par an, une incongruité à laquelle aucun gouvernement grec ne s'est attaqué frontalement. Pas même Papandréou, déplore l'IOBE. Dans le même temps, la récession aggrave encore les déficits – à cause, notamment, de la forte hausse de certaines allocations et des dépenses d'allocation chômage. De l'aveu même du gouvernement, les finances publiques sont désormais «hors de contrôle».

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 18:13
| Par Carine Fouteau

À Athènes, la polyclinique de Médecins du monde ne reçoit plus seulement des migrants et des demandeurs d’asile comme le prévoyait sa mission d’origine. La cinquantaine de médecins et infirmières qui y travaillent, pour la plupart bénévolement, voient affluer un nouveau public de Grecs, appauvris par la crise au point qu’ils ne peuvent plus se soigner et se nourrir à leur faim. Ce centre de soins est situé dans le centre, à Koumoundourou Square. Un autre a ouvert à Perama, ville portuaire à une demi-heure de route de la capitale, et une unité médicale mobile circule dans les îles et les régions plus reculées. Entretien avec Christina Samartzi, responsable des programmes nationaux en Grèce pour l'ONG.

 

Dans un des centres de Médecins du Monde en Grèce © MdM Dans un des centres de Médecins du Monde en Grèce © MdM
Les traces de la crise et des plans d’austérité sont-elles perceptibles dans le profil des personnes qui frappent à votre porte?

La grande nouveauté, c’est que nous voyons de plus en plus de Grecs venir demander de l’aide et se faire soigner ici, où ils savent qu’ils peuvent trouver gratuitement des généralistes, des dermatologues, des psychologues et des pédiatres. Ce n’était pas le cas auparavant, ou à la marge. Médecins du monde s’est installé à Athènes pour porter secours aux migrants, aux demandeurs d’asile et aux réfugiés, principalement originaires d’Afrique subsaharienne et d’Asie centrale. Arrivent désormais des chômeurs, des travailleurs précaires avec de faibles revenus et des sans-abri qui n’ont plus les moyens de se soigner. Ils ne peuvent plus payer les consultations dans le secteur privé. Ils n’ont plus, non plus, accès à l’hôpital public où il existe un droit d’entrée de 5 euros. Pour de nombreuses personnes, 5 euros, c’est déjà trop. Ils ne peuvent plus, non plus, acheter les médicaments. Ils viennent ici pour en obtenir gratuitement. En 2011, les Grecs ont représenté 30% du public reçu. Ils étaient moitié moins l’année précédente. Dans notre centre de Perama, situé dans une région très pauvre, ne viennent que des Grecs.

Quand avez-vous commencé à constater cette évolution?

Cela a débuté à la fin de l’année 2010 et ça s’est amplifié début 2011, pour atteindre des sommets. Au total, environ 30.000 personnes sont passées chez nous cette année, contre 20.000 un an auparavant.

Qui sont ces Grecs qui ont recours à vos services?

Les profils sont variés, mais on observe la présence de beaucoup de femmes seules avec leurs bébés. Ces femmes n’ont plus accès aux services sociaux habituels car l’État n’a plus les moyens de les prendre en charge. Elles viennent pour faire vacciner leurs enfants. Elles ont besoin de médicaments et d’examens médicaux de base. Il y a aussi de plus en plus de personnes âgées, des retraités qui n’ont plus de revenus. On reçoit également des fonctionnaires qui ont vu fondre leurs salaires, ainsi que de nombreux anciens entrepreneurs. Dans le passé, ils pouvaient être riches, ils étaient à la tête de PME florissantes qui ont fait faillite du jour au lendemain et ils se retrouvent sans rien. Ils ont honte de venir à la polyclinique. Certains ont tellement honte qu’ils nous parlent en anglais pour passer pour des migrants. Ils ne veulent pas qu’on pense qu’ils sont grecs. 

À qui en veulent-ils?

Ils sont désespérés, sans espoir. Ils pensent que les choses ne vont qu’empirer. Ils sont en colère car ils se sentent impuissants. Ils en veulent en priorité au gouvernement grec et aux hommes politiques grecs en général, qu’ils considèrent comme responsables de leur situation, mais aussi aux gros pays de l’Union européenne, au premier rang desquels l’Allemagne et la France. 

Ont-ils des pathologies spécifiques?

Beaucoup de ces personnes sont sous-alimentées. On s’en rend compte quand on leur prescrit des médicaments qui doivent être avalés après un repas. Ils nous disent qu’ils n’ont pas de quoi se nourrir. C’est pour cela que nous avons lancé une campagne dans les supermarchés pour obtenir des produits alimentaires de première nécessité, comme du lait, du riz, des pâtes ou de l’huile. C’est la première fois que nous devons recourir à ce type de campagne. On se croirait en Afrique. À part cela, on retrouve les maladies habituelles des gens qui vivent dans la rue, comme les infections dermatologiques.

Quelles sont les solutions en termes de logement et de vêtements?

Il y a d’autres associations, d’autres ONG sur place, mais les financements sont insuffisants. Nous-mêmes, nous avons un foyer d’hébergement, mais il est réservé aux migrants. Nous avons un service psycho-social, avec des psychologues et des travailleurs sociaux qui informent les personnes sur leurs droits et les orientent vers d’autres structures, mais la plupart d’entre elles sont saturées. Pour les vêtements, nous demandons à ceux qui le peuvent d’en apporter et nous les redistribuons. Au moment où nous en aurions le plus besoin, au moment où l’État est défaillant et qu’il n’y a plus que nous, les associations, pour prendre le relais, les subventions publiques sont en baisse, ainsi que les aides venues de donateurs privés.  

 

© MdM  
© MdM

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 12:49
| Par Martine Orange et Ludovic Lamant

Et si la Grèce revenait à la drachme? La question semblait jusqu'à présent taboue. Elle est désormais sur toutes les lèvres. En lançant leur ultimatum à Athènes, mardi, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy l'ont d'ailleurs officialisée. Il ne pouvait y avoir qu'une question, selon eux, lors du référendum que voulait organiser le premier ministre grec, Georges Papandréou: la Grèce souhaite-t-elle ou non rester dans la zone euro?

Les manœuvres politiques en cours, en Grèce, soutenues par les gouvernements européens, pour faire chuter Georges Papandréou et éviter le référendum (référendum finalement officiellement annulé vendredi), ne suffiront pas à enterrer le débat. L'Allemagne, qui n'a jamais caché son opposition à l'entrée de la Grèce dans la zone euro, dissimule à peine son point de vue. Dès le mois de mai, le Spiegel publiait les travaux sur des scénarios de sortie de la Grèce, menés par le ministère des finances allemand. Dans un éditorial publié lundi, le quotidien Die Welt enfonçait le clou: «Il faut que la Grèce sorte de l'euro et le plus tôt sera le mieux

Qu'elle soit ordonnée ou désordonnée, la sortie de la Grèce de la zone euro pose, en tout cas, de redoutables questions. La zone euro est une construction politique unique. Il n'existe aucune référence, dans le monde ou par le passé, sur laquelle les économistes ou les historiens puissent s'appuyer pour construire des scénarios. Mais tous s'accordent sur un constat : les premiers temps d'un retour à la drachme seraient horribles, même si la situation s'améliorerait par la suite. Et un tabou serait alors brisé: si la Grèce peut sortir de l'euro, d'autres pourraient suivre...

1 - Pourquoi la sortie de la Grèce de la zone euro est-elle désormais envisagée ?
«Dans un an à deux ans, nous pourrons avoir une rupture de l'union monétaire européenne ? Des pays risquent de sortir de l'euro», avertissait l'économiste Nouriel Roubini, lors du sommet de Davos de janvier 2010, citant la Grèce, le Portugal, l'Irlande et l'Espagne. Cet avertissement ne tenait pas de la divination, mais d'une simple observation. L'euro s'est construit à partir d'économies trop différentes. Et les divergences se sont accrues depuis l'avènement de la monnaie unique.

Les pays, dont la spécialisation économique était propice à une monnaie forte, ont profité de cet élargissement: leurs entreprises ont trouvé de nouveaux marchés, enregistré de nouvelles économies d'échelle, gagné en compétitivité. Dans le même temps, les pays qui avaient l'habitude de travailler avec des monnaies faibles ont vu leur outil de production laminé, incapable de s'adapter dans un temps trop rapide à une surévaluation monétaire qui ne leur convenait pas. Aucun mécanisme de redistribution fiscale ou économique n'est venu compenser, au moins momentanément, ces destructions économiques.

«La nourriture moins chère»

Les plans d'aide successifs apportés par l'Europe ont surtout permis à Athènes d'honorer ses paiements pour préserver le système financier. Mais ils n'ont rien résolu – de nouvelles dettes venant juste s'empiler sur les anciennes, ce qui est une étrange manière de soigner un surendettement. En contrepartie de ces aides, des plans d'une rigueur drastique, largement inspirés par ceux dispensés par le FMI depuis les années 1970, ont été imposés, avec pour objectif de diminuer les déficits publics et de permettre à l'économie de regagner en compétitivité.

Avant même qu'ils ne soient appliqués, de nombreux économistes de toute obédience ont souligné que ces plans souffraient d'un vice: toutes les cures d'austérité appliquées de par le monde ont été accompagnées de dévaluation massive, afin de permettre aux pays de regagner immédiatement des points de compétitivité et de relancer l'économie. Dans le cas de la Grèce, comme du Portugal ou de l'Espagne, aucun aménagement monétaire n'est possible puisqu'ils sont tenus par la monnaie unique.

L'ajustement économique ne peut donc passer que par une baisse des coûts du travail, des normes sociales, du droit du travail, en un mot une déflation sociale dangereuse. La chute des salaires des retraites, des dépenses sociales, la montée du chômage ne pouvant conduire qu'à une récession profonde, une envolée des déficits publics, et mener à terme à une crise sociale et politique. La Grèce en est là.

D'où la question: tous ces efforts justifient-ils de rester dans l'euro? Si le pays suit les ordres de Bruxelles et du FMI, à coup d'austérité, son endettement reviendra à 120% du PIB en 2020. Autant dire que les Grecs sont condamnés à l'austérité à perpétuité. D'où la tentation, soutenue par de plus en plus d'économistes, de sortir de l'euro. L'Europe n'a jamais voulu admettre ce cas d'école; l'adhésion à l'euro est irréversible, comme l'a rappelé Mario Draghi, le nouveau président de la BCE, lors de sa première intervention publique. De plus, selon les traités, il est prévu que toute sortie de la zone euro entraîne une radiation immédiate de l'Europe. Pour la Grèce, cela signifie trois milliards d'euros de subventions en moins, notamment par le biais de la PAC. L'aventure est donc dangereuse et imprévisible mais, selon eux, laisse plus de chance à Athènes de s'en sortir que de rester dans un carcan monétaire inadapté à son économie.  

2 - Un retour à la drachme pour doper les exportations?
C'est l'objectif numéro d'un retour à la drachme: la dévaluation. L'arme massue, dont la Grèce est aujourd'hui privée, euro oblige, pour redonner de l'oxygène à son économie moribonde. En laissant chuter la valeur de la devise, on baisse les coûts de fabrication des produits grecs. «Les voitures et les iPhones seront plus chers, mais la nourriture devrait être meilleur marché, et le taux d'emploi devrait décoller au bout de quelques mois», prédit Stergios Skaperdas, un professeur d'économie grec, à l'université Irvine, en Californie, franc partisan d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Si une nouvelle drachme était instituée, celle-ci, selon les estimations d'UBS, serait entre 40% et 50% de la valeur de l'euro.

Un retour à la drachme permettrait donc de régler l'une des faiblesses les plus lourdes de la Grèce: pas tant son endettement, ou ses niveaux inquiétants de chômage, que son manque de compétitivité face à des voisins, comme la Turquie, qui enregistrent, eux, de très forts taux de croissance. La compétitivité de la Grèce aurait chuté de 30% depuis son adhésion à l'euro, selon les calculs d'un économiste, Theodore Mariolis, cité par le New York Times. Mais cette perte de compétitivité a longtemps été masquée par un recours massif à l'endettement, avec le résultat que l'on connaît.

Comme en Islande et en Argentine?

Les partisans d'une dévaluation avancent deux exemples. L'Islande, dont la couronne a dégringolé de 40% à la fin de l'année 2008, a connu un redémarrage en trombe de ses exportations d'aluminium et de poissons (lire notre série de reportages sur la «reprise» islandaise). Problème: la taille modeste de l'économie de l'île (320.000 habitants) rend toute comparaison très fragile.

L'Argentine de 2001, par contre, est un exemple plus pertinent. «Le processus qu'a connu l'Argentine de 1997 jusqu'à l'éclatement de 2001 ressemble fortement au moment grec. Plus ils attendent, plus la situation devient impossible à résoudre, plus le coût social est important», constate Pierre Salama, économiste et spécialiste du «défaut» argentin de 2001. «Dans les deux cas, il aurait fallu couper le cordon, le dollar pour l'un, l'euro pour l'autre, plus tôt.»

En Argentine, le «désarrimage» du peso au dollar entraîne, en 2002, une chute, de plus de deux tiers, de la valeur du peso. D'un coup, les dollars déposés dans des comptes argentins (dont l'accès avait été quasiment bloqué par décret) ont été convertis, mécaniquement, en pesos, entraînant de lourdes pertes pour certains ménages. Malgré un accès toujours très difficile au crédit (à cause des mesures d'urgence décrétées par les banques), des pans de l'industrie, textile en particulier, sont repartis.

«Mais les Argentins ont l'avantage du soja», nuance Pierre Salama. Les taux de croissance «à la chinoise» enregistrés par l'Argentine ces dernières années (autour de 8% par an) sont surtout liés à l'explosion des cours des matières premières agricoles, qui dopent le secteur primaire. Or, la Grèce n'est pas une puissance agricole, et la situation de l'industrie argentine reste, elle, beaucoup plus fragile. Rien ne dit, de toute façon, que la Grèce possède l'appareil productif qui lui permette d'aller de l'avant, en cas de dévaluation.

D'autres économistes, argentins (lire par exemple ici), mettent en doute l'idée qu'une intervention sur les taux de change, seule, renforce mécaniquement la compétitivité d'un pays. Si la Grèce veut gagner en compétitivité, il faut, disent-ils, qu'elle dévalue, certes, mais aussi qu'elle parvienne à ce que sa dette, libellée en euros pour l'instant, n'explose pas une fois passée aux drachmes. C'est loin d'être acquis...

3 - Qu'advient-il des banques ?
Garantes des systèmes de paiement, de la monnaie et du crédit, les banques sont un rouage indispensable dans le fonctionnement de l'économie. Tout changement de monnaie les place donc en première ligne. Ce sont les premiers moments du changement qui paraissent les plus dangereux et les plus imprévisibles. Même si la sortie de la Grèce est programmée et organisée politiquement et économiquement, ce ne serait pas chose aisée. Il faut des mois normalement pour instaurer une nouvelle monnaie, imprimer les billets, frapper les pièces, convertir les  avoirs et les dettes dans la nouvelle devise.

Pendant cette transition, le pays risque d'assister, sauf à rétablir un contrôle des changes drastique auparavant, à une fuite massive des capitaux et peut-être à une panique bancaire. D'ordonnée, la sortie risquerait de devenir désordonnée. En cas d'explosion de l'économie et de sortie imposée de l'euro, la ruée éperdue des épargnants vers les guichets afin d'éviter la destruction de leurs économies, comme cela s'est passé en Argentine, est un scénario souvent évoqué. Ce chaos monétaire risquerait de s 'accompagner d'un écroulement économique, entreprises et particuliers n'ayant ni crédit ni monnaie seraient précipités dans la faillite. En Argentine toujours, une économie de troc fit son apparation dans les premiers mois.

Mieux vaut l'austérité ou l'hyper-inflation?

Les banques devraient être nationalisées temporairement afin d'assurer la stabilité du système, et garantir les avoirs des déposants. La banque centrale grecque deviendrait le seul garant du système bancaire, la BCE ne pouvant plus assumer ce rôle et prêter aux banques grecques. Reste le problème des dettes grecques. Libellées en euros, celles-ci seraient encore plus insupportables à payer, en cas de sortie de l'euro.

Là encore, les économistes s'inspirent du scénarios russe en 1998 et argentin en 2002 pour imaginer ce qu'il pourrait advenir. Surendettés, les deux pays avaient l'un et l'autre décrété la suspension du paiement de toutes leurs dettes et avaient engagé des négociations fort longues avec les créanciers. Celles avec l'Argentine se sont terminées en 2006 sur une réduction de 70% de l'encours des dettes. Pendant ce temps, la banque centrale argentine  a assuré le financement de l'Etat. Dans le cas de la Grèce, la faillite déclarée de l'Etat se doublerait inévitablement d'une transformation obligatoire de la dette d'euros en drachmes, afin de ne pas payer en monnaie forte. Entre-temps, de nombreuses entreprises, endettées en euros, auront pu faire faillite, sauf à ce que l'Etat transforme immédiatement leurs créances en euros en drachmes.

4 - Quels risques sur l'inflation?
Parmi les nombreuses zones d'ombre qui obscurcissent une sortie de l'euro, les risques inflationnistes figurent en bonne place. En clair, une sortie de l'euro précipitée pourrait s'avérer redoutable pour les classes populaires, déjà malmenées par la rigueur des derniers mois. Un détour par l'Argentine, là encore: l'année qui a suivi le défaut, et le retour au peso, fut la plus chaotique de toute la période de crise - le PIB chuta de 16%, et le taux de pauvreté dépassa la barre des 50%. «La période de transition pose le principal problème, dans le scénario d'une sortie de la zone euro», reconnaît Stergios Skaperdas, favorable à un retour préparé à la drachme. «Il faudra imposer des contrôles de capitaux. Il faudra rationner les devises étrangères, pour pouvoir importer du pétrole et d'autres produits essentiels à l'économie.»

D'où viendrait l'inflation? D'abord, l'ensemble des produits importés seraient beaucoup plus chers, après la chute de la drachme. Le temps que l'industrie grecque parvienne à répondre à certaines demandes qu'elles ne produisaient pas (ce qui permettrait, à terme, un mécanisme vertueux de substitution par les importations). Ensuite, la Banque centrale grecque, qui aurait désormais les mains libres, aurait la tentation de faire marcher la planche à billets, pour rembourser sa dette, autrefois libellée en euros, et qui aurait, entre temps explosé. Rappelons que l'Argentine a renoué, ces dernières années, avec l'«hyper-inflation» (des taux d'inflation annuels, et officieux, de 25% par an environ).

C'était déjà la teneur de la mise en garde formulée, en juillet dernier, sur Mediapart, par le député socialiste Henri Emmanuelli, confronté à l'économiste «atterré» Cédric Durand (lire ici l'ensemble du débat), favorable à une sortie de l'euro. Extrait: 

Henri Emmanuelli. Mais le choc de départ est pris par les catégories populaires. Ce n'est pas un détail.

Cédric Durand. Mais il est moins pris en charge par les classes populaires que les mesures d'austérité actuelles. Un choc de dévaluation implique que toutes les richesses sont touchées proportionnellement de la même façon. Alors que les mesures d'austérité consistent par exemple à augmenter la TVA, ce qui frappe plus fortement les pauvres.

On en revient à un douloureux constat: si la sortie s'annonce explosive, elle n'est peut-être pas la pire des solutions, quand on la compare à la violence des politiques d'austérité en cours.

Une tentation pour d'autres pays de la zone euro?

5 - Quelles conséquences pour le système bancaire international?
C'est une des questions qui effraie même les plus fervents partisans du retour à la drachme. La faillite de Lehman Brothers a fait découvrir une interdépendance insoupçonnée au sein du monde financier. Depuis des mois, les banques européennes  ont cessé de prêter aux banques grecques. Le système interbancaire leur est totalement fermé. Et c'est la BCE qui assure leur besoin de liquidités.

Les banques européennes ont commencé à se débarrasser de leurs dettes grecques et a provisionné le reste. BNP Paribas a ainsi annoncé qu'elle provisionnait à hauteur de 60% ses créances grecques, ce qui représente 2,2 milliards d'euros. La banque a indiqué qu'elle n'irait pas au-delà. Compte tenu de la confusion qui règne en Grèce, de nombreux établissements bancaires devraient l'imiter, en provisionnant largement le risque grec. Ce qu'elles s'étaient toujours refusé à faire jusqu'alors.

Mais la BCE a fait jouer la solidarité. Elle accepté sans rechigner tous les titres grecs dont les banques souhaitaient se défausser en garantie de leur emprunt, sans  compter les titres directement achetés sur le marché pour tenter de soutenir la dette grecque. Selon le Wall Street journal, un défaut de la Grèce  provoquerait un trou de 50 milliards d'euros dans le bilan de la BCE. Les Etats européens seraient alors dans l'obligation de recapitaliser la banque centrale. D'où la remarque d'un journaliste du Wall Street Journal : «Les Grecs ont plus d'armes qu'ils ne le croient».

Mais une faillite brutale risquerait malgré tout de bousculer le système bancaire international. Car la sortie de la Grèce et sa faillite inévitable remettraient en cause un des dogmes de l'Europe et de la BCE. Depuis trois ans, elles ne cessent de répéter qu'un défaut est inenvisageable dans la zone euro, tout comme l'abandon par un pays de la monnaie unique. Une sortie de la Grèce ferait peser inévitablement le doute sur les autres pays de la zone euro jugés les plus vulnérables, Portugal en tête. La contagion qui a déjà gagné d'autres pays et qui maintenant atteint l'Italie ne pourrait que s'étendre.

Car la spéculation risquerait d'accentuer le doute qui pèse sur la plupart des dettes publiques des pays de la zone euro et  sur le crédit de la monnaie unique. Les dettes souveraines jugées alors comme le placement le plus sûr seraient menacées. Les banques européennes, mais aussi les assurances et les fonds de pension, qui ont massivement investi dans ces titres jusqu'alors inattaquables, pourraient voir le sol se dérober sous leurs pieds: elles n'auraient plus aucun pilier sûr sur lequel appuyer leurs fonds propres et leur capital.

6 - Pourquoi l'Europe est-elle tétanisée par un «événement de crédit»?
C'est une autre partie totalement obscure sur les risques encourus par le système bancaire: l'évolution des credit default swaps (CDS), cette assurance censée garantir les créanciers. Ces produits, négociés dans la plus totale opacité, sans aucun contrôle d'une autorité de régulation, manifestement vont peur. Lors des premières discussions sur une réduction volontaire de la dette grecque, la BCE s'est opposée à toute diminution pour ne pas déclencher  un «événement de crédit». Par la suite, les créanciers ont été invités à prendre part aux négociations européennes sur l'effacement partiel de la dette grecque, afin que l'effort demandé soit considéré comme volontaire et non imposé.

En juillet quand il a été décidé d'effacer 21% de la dette publique auprès des créanciers privés, puis en octobre, lorsque la suppression a été portée à 50%, les responsables européens se sont chaque fois assurés auprès du lobby bancaire et des cabinets chargés de l'évaluation, que la suppression demandée ne déclencherait pas ce fameux «événement de crédit». En clair que le paiement des garanties prévues dans le cadre de CDS ne pourrait pas être réclamé.

Mais pourquoi cette peur de faire jouer des garanties prévues dans le cadre d'assurances prévues à cet effet ? Parce que les montants sont immenses et que les primes ne sont plus devenues qu'un objet de spéculation. Selon la réserve fédérale, les  dérivés de crédit, composés à 97 % par des CDS, représentaient un montant de 13 900 milliards de dollars dans les banques américaines. Trois d'entre elles - Bank of America, JP Morgan et Citibank - portaient à elles seules plus de 70% de ces engagements. Goldman Sachs, très actif sur ce marché, s'en est rapidement retiré.

Toujours selon des estimations de marché, il y aurait un volume  de CDS sur la dette grecque,  trois à quatre fois supérieur au nombre de titres obligataires existants : les banques ayant favorisé la spéculation sur la dette grecque par le simple achat des CDS, dite vente à nu. Si la Grèce venait à faire défaut, les garanties accordées par les CDS seraient immédiatement demandées par les détenteurs de CDS. Les banques, qui ont accordé ces garanties, risqueraient d'essuyer des pertes colossales, voire de ne pas pouvoir y faire face du tout, comme cela est arrivé à l'assureur AIG lors de la faillite de Lehman. Le risque de faillite en cascade des établissements bancaires n'est donc pas exclu. D'autant que d'autres pays européens pourraient suivre le chemin de la Grèce.

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