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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 15:31
 

 

 

Un nouveau rapport cinglant de l’ONU sur les violations des droits de l’Homme en Grèce

 

15 décembre par Raphael Goncalves Alves

 

 

 

Le Comité des droits économiques et sociaux de l’ONU vient de rendre ses observations sur le deuxième rapport périodique déposé par la Grèce |1|. Sans véritable surprise, et bien qu’étant adressée par le biais du langage policé des Nations Unies, ces observations sont accablantes pour le gouvernement grec et ses créanciers.

Le Comité des droits économiques et sociaux est l’organe de supervision du Pacte International sur les droits économiques, sociaux et culturels. Il a pour mission de veiller à la bonne application du Pacte par les États parties, et dispose à cet égard d’un certain nombre d’outils. Outre les observations générales sur les articles du Pacte, sorte de commentaires des articles, il s’est vu récemment attribuer une compétence contentieuse ouverte par le Protocole facultatif de 2008, entré en vigueur en 2013 (il n’est ratifié que par vingtaine d’Etats) et qui offre au Comité la possibilité de connaître des recours individuels (ou communications dans le langage Onussien) à l’encontre des États.
Mais l’outil central et historique de cette mission de supervision reste les observations spécifiquement adressées à chaque État à l’issue de l’examen de leurs rapports périodiques respectifs. Le Comité y répond par des observations et des recommandations précises et visant les articles du Pacte.

C’est dans ce dernier cadre que la Grèce a déposé son 2nd rapport périodique en 2015, rapport auquel le Comité a donc répondu par plusieurs observations et recommandations particulièrement intéressantes dans le contexte de crise économique et sociale que le pays traverse.

Le Comité adresse d’abord des observations générales. Il recommande notamment d’intégrer au sein du rapport périodique les jurisprudences nationales se référant aux articles du Pacte. Pour le Comité il est nécessaire de sensibiliser les institutions judiciaires et les citoyens à la justiciabilité des droits économiques et sociaux, en d’autre terme à la possibilité d’invoquer ces droits devant les juridictions, de les faire appliquer et de les rendre opposables à leur débiteur, à savoir l’État. Il convient de rappeler, et nous nous libérons quelques instants des propos du comité, que cette justiciabilité dépend en grande partie du travail des juridictions nationales, qui sont les premières garantes des droits de l’homme, et dont la jurisprudence relative à ces droits doit nécessairement se densifier afin de favoriser l’émergence de cette justiciabilité. Il convient bien, pour le Comité d’intégrer les droits économiques et sociaux dans la sphère contentieuse.

La seconde observation d’ordre générale affère, elle, à la crise et à ses répercussions. Malgré certains efforts du gouvernement grec visant à limiter les impacts des plans d’ajustement que le Comité reconnaît, la crise a eu de lourdes conséquences sur les droits économiques et sociaux. Le gouvernement a certes pris et continue de prendre des dispositions visant à intégrer ses droits dans le cadre des négociations, toutefois, le Comité rappelle que la Grèce est en premier lieu responsable du respect du Pacte et qu’elle doit veiller à ce que les obligations qui en découlent soient prises en considération lors des négociations et ce par l’ensemble des parties à ces négociations. Le Comité vise ici en particulier les créanciers de la Grèce (Banque centrale européenne, Commission européenne, Etats membres de la zone euro, le FMI, le Mécanisme européen de stabilité). Dans un même élan, la Grèce doit revoir les mesures et les réformes engagées dans le cadre des programmes d’ajustement, et se doit de renoncer progressivement à ces politiques afin de garantir une protection effective des droits économiques et sociaux.

Il rappelle qu’une crise économique, tout en étant une situation nécessitant parfois des mesures exceptionnelles, ne peut en aucun cas justifier l’application de mesures violant les droits de l’homme et notamment les droits économiques et sociaux.

 

Sur l’emploi et la pauvreté

Le taux de chômage est encore très élevé, bien trop élevé, en particulier chez les jeunes où il atteint les 50%. Il est en outre frappant de constater que le taux de chômage de longue durée s’élève à 73% des chômeurs. Ces chiffres semblent peu conciliables avec le respect du droit au travail comprenant le droit qu’a toute personne d’obtenir la possibilité de gagner sa vie par un travail librement choisi ou accepté (article 6 du PIDESC). Le Comité recommande un certain nombre de mesures articulées autour de 4 grands axes, à savoir renforcer les programmes d’accès à l’emploi, en particulier pour les groupes sociaux particulièrement exposés à la crise, remédier aux causes profondes du chômage chez les jeunes, renforcer l’assistance aux personnes sans emploi, et continuer à mesurer systématiquement l’impact des politiques d’austérité sur le marché de l’emploi et son corollaire, le droit au travail. Cette dernière recommandation semble centrale dans la mesure où cette évaluation des politiques d’austérité n’a jamais été menée sérieusement par l’un quelconque des acteurs en présence. La Commission européenne a pour la première fois rendu une étude des impacts sociaux dans le cadre du 3e plan d’ « aide », étude qui, à vrai dire, ne constitue même pas l’ombre d’une étude sérieuse.

C’est une étude cosmétique, bâclée et biaisée, très loin des études d’impact en matière de droits de l’homme préconisées par la société civile. Elle n’apporte strictement aucune critique des plans précédents, en lisse les effets, elle tend à reporter la responsabilité sur le gouvernement grec, et ne vise in fine qu’à justifier les mesures d’austérité en cause. Cette étude reste dans la droite ligne d’une vision purement subsidiaire des droits économiques et sociaux, à savoir que ces droits coûtent chers, qu’ils nécessitent de l’argent et qu’en ce sens ils ne peuvent être qu’un corollaire de la bonne santé économique d’un pays. Dès lors, ils ne peuvent que peser bien peu dans la balance qui les opposent à des mesures visant prétendument à « redynamiser » l’économie.

On notera, à l’issue de cette digression, que le comité invite à lutter contre la précarisation de l’emploi, notamment contre une pratique répandue visant à transformer des contrats à durée déterminée en contrats flexibles, et à temps partiel, incluant des rémunérations inférieures et des conditions de travail précaires.
La Grèce doit également prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir le droit à une négociation collective, droit protégé par le Pacte, et qui a été largement mis à mal par des mesures d’austérité qui ont radicalement changé voire supprimer cette possibilité de négocier collectivement.

Quant au salaire minimum, il est aujourd’hui insuffisant pour garantir aux travailleurs un niveau de vie décent, le Comité rappelle au gouvernement son obligation de se conformer à l’article 7 du Pacte (droit à un salaire minimum notamment) et d’abandonner les mesures d’austérité qui y contreviennent.
Enfin, le travail des enfants demeure une réalité dans un contexte de crise et doit impérativement être combattu, passant notamment par des inspections régulières, la poursuite des auteurs et des campagnes de sensibilisation de la société sur ce fléau.

 

Sur la sécurité sociale

Le Comité critique frontalement la restructuration du système de sécurité sociale issue encore une fois des mesures d’ajustement. Cette restructuration a entraîné des violations de l’article 9 du Pacte garantissant précisément le droit à la sécurité sociale. Le Comité rappelle l’importance de prendre en compte ce droit fondamental en amont d’une réforme de la sécurité sociale, puis d’évaluer l’impact effectif de cette réforme sur les droits humains en cause.

Le Comité note en outre que la pauvreté et l’exclusion sociale ont largement augmenté avec la crise. L’État doit à ce titre se concentrer sur les couches les plus vulnérables de la population et allouer un budget suffisant afin de leur offrir un niveau de vie décent.
En raison des mesures d’austérité, les services de santé sont en sous-effectif et ne disposent pas d’un financement suffisant. Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne les services psychiatriques et liés plus généralement à la santé mentale, fortement mise à mal en ces périodes sombres. De manière générale, les services de santé ne permettent pas d’assurer à toutes les personnes un accès aux soins. Cela est vrai pour les citoyens grecs mais également et surtout pour les personnes marginalisées comme les demandeurs d’asile et les migrants sans papier. Le Comité recommande à la Grèce d’engager des dépenses en ce sens atteignant des dépenses de santé par PIB plus importantes qu’elles ne le sont aujourd’hui, et qui permettraient à l’ensemble de la population d’avoir accès aux soins les plus basiques. Le Comité est également concerné par la recrudescence du SIDA qui se développe au-delà des groupes généralement considéré comme « à risque », et incite le gouvernement à engager des mesures de prévention.

 

Sur les discriminations

Le Comité recommande la mise en place de collecte statistiques précises, sur base du volontariat, qui permettraient de mieux appréhender et évaluer les violations des droits économiques et sociaux et d’y répondre de manière plus effective en fonction des populations effectivement touchées. Suivant cette même ligne, il invite la Grèce à revoir sa définition, quelque peu étroite, de la notion de minorité, statut uniquement accordé aux Musulmans de Thrace. A cet égard, le Comité relève que près de 140 000 Roms sont logés dans des conditions ne satisfaisant pas le droit à un logement adéquat tel que prévu par le Pacte. Ces derniers n’ont en effet pas été inclus dans les programmes de régularisation des logements illégaux et sont donc sujet à des expulsions sans qu’aucune alternative ne leur soit proposée.

Concernant les migrants, la Grèce doit intensifier ses efforts afin que ces derniers puissent jouir des droits garantis par le Pacte, elle doit à cet égard continuer à rechercher et renforcer la coopération et l’aide internationale. Les centres d’accueil doivent se multiplier et permettre aux migrants de disposer de conditions de vie décente, ces centres doivent prévoir l’accès aux soins, à une assistance sociale, à une nourriture saine et à des interprètes.

Le Comité s’attarde également sur les discriminations à l’égard des femmes. La classe politique semble loin de montrer l’exemple en la matière, le Parlement et l’exécutif se caractérisent par une faible mixité. Pour le Comité, des mesures doivent être prises afin de palier un tel déséquilibre, mais il convient surtout de lutter contre les discriminations qui subsistent au sein du marché du travail, et de garantir une égale opportunité d’accès à l’emploi et aux postes à haute responsabilité. Il convient également de combattre les violences domestiques, qui font aujourd’hui l’objet d’un faible taux de poursuite.
Enfin, le Comité s’attarde sur le droit à l’éducation des enfants en situation de marginalisation, notamment les enfants Roms et les enfants handicapés et invite la Grèce à intensifier ses efforts afin de garantir à ces enfants la jouissance effective de ce droit.

 

 

 
Notes

|1| UN Doc. E/C.12/GRC/CO/2 and CCPR/C/GRC/CO/2 : http://www.ohchr.org/EN/countries/E...

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce Economie et social
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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 15:17

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Crise des réfugiés: la Grèce est à nouveau sous forte pression de l'Europe

15 décembre 2015 | Par Amélie Poinssot
 
 
 

Une crise chasse l'autre ? Après des mois de tensions autour du maintien de la Grèce dans la zone euro, Athènes est à nouveau pointée du doigt à Bruxelles. Incapable de gérer ses frontières et d'enregistrer correctement les migrants, la péninsule hellénique ne satisferait pas aux conditions de l'espace Schengen. Sur le terrain, les acteurs décrivent une situation intenable.

Besoin urgent de ressources humaines, de matériel et d'hébergement. C'est le constat fait à Athènes par Katerina Kitidi du HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés). Les îles grecques proches des côtes turques sont effet débordées depuis cet été par un afflux sans précédent. Plus qu'une nouvelle agence européenne de surveillance des frontières dont la formation est annoncée ce mardi 15 décembre à Bruxelles (lire les explications de Carine Fouteau), c'est d'abord de moyens matériels et humains dont la Grèce a besoin. Certes, avec le début de l'hiver, le nombre d'arrivées quotidiennes a baissé. Mais les chiffres sont encore colossaux.

La semaine dernière, ils étaient en moyenne 2 179 chaque jour à fouler le sol grec après une traversée en mer depuis les côtes turques – en octobre et début novembre, on dénombrait jusqu'à 6 000 voire 8 000 arrivées par jour. Il n'empêche, pour les autorités grecques, les ONG et les nombreux bénévoles mobilisés sur le terrain, le manque de moyens se fait toujours cruellement sentir, et le programme dit de « relocalisations » décidé par les Européens à la sortie de l’été – qui prévoyait une répartition des réfugiés entre les 28 États membres pour « soulager » l'Italie et la Grèce avec la mise en place de « hotspots » afin de faire le tri – n'est pas du tout opérationnel.

Sur le papier, il s'agissait, dans les deux années à venir, d'aller chercher quelque 160 000 Syriens, Irakiens et Érythréens actuellement en Grèce et en Italie et de les répartir entre différents pays européens, selon les quotas acceptés par chacune des 28 capitales. Mais pour l'heure, depuis Rome, seulement 130 personnes ont été relocalisées. Et depuis Athènes, seulement 30 Syriens ont été emmenés au Luxembourg… sur les 40 000 censés être délocalisés de Grèce, un chiffre qui apparaissait déjà, pour plusieurs connaisseurs du terrain, « ridicule ».

 

Un enfant réfugié devant une carte de l'Europe, dans un campement près d'un centre d'enregistrement sur l'île de Lesbos, le 18 novembre 2015 © Reuters
Un enfant réfugié devant une carte de l'Europe, dans un campement près d'un centre d'enregistrement sur l'île de Lesbos, le 18 novembre 2015 © Reuters

 

Avant de se porter volontaires pour ce programme de relocalisations, de toute façon, les réfugiés doivent passer par plusieurs étapes. Et elles sont loin d'être évidentes pour ces personnes qui ont parfois frôlé la mort dans la traversée de la mer Égée et affrontent désormais le froid de l'hiver et les intempéries. Ils sont nombreux à dormir dehors avant de pouvoir accomplir la première démarche, celle de l'enregistrement auprès des autorités, même si la file d'attente a tendance à se réduire avec la baisse du flux d'arrivées de ces dernières semaines. Aux côtés des autorités grecques, c'est Frontex qui officie, l'Agence européenne pour la gestion des frontières extérieures : cette dernière compte actuellement 170 officiers déployés sur cinq îles grecques, dont 65 pour la seule île de Lesbos. Des officiers qui aident à l'identification des personnes, aux entretiens pour tenter de déjouer les migrants qui mentiraient sur leurs origines, à la prise des empreintes digitales… Beaucoup de migrants voyagent en effet sans passeport, le perdent ou se le font voler pendant leur voyage semé d'embûches. Toutes les données sont aussitôt mises en commun sur les fichiers européens.

Problème : le déficit de ressources matérielles est criant. Pour l'heure, la Grèce ne dispose que de 48 « Eurodac », ces machines numérisant les empreintes digitales directement reliées au réseau européen. Insuffisant, selon le ministre grec délégué à la politique migratoire, Yannis Mouzalas, qui déclarait devant le Parlement grec le 3 décembre dernier en avoir demandé une centaine à Bruxelles. Sans compter que les coupures internet, fréquentes sur les îles, freinent le processus. Dans certaines îles, la prise des empreintes digitales se fait encore à l'encre : des données impossibles à traiter en l'état au niveau européen.

Ces procédures se sont toutefois améliorées au cours de l'automne. Car jusqu'à octobre, totalement submergées, les autorités grecques laissaient filer les Syriens ou les migrants se faisant passer comme tels sans les enregistrer, comme en témoigne une personne qui était impliquée sur le terrain à ce moment-là, sur l'île de Lesbos. L'île, qui a vu passer cette année 60 % du flux migratoire de la mer Égée, compte deux centres de réception faits de préfabriqués, Kara Tepe et Moria. « Les Syriens, conduits vers le centre de Kara Tepe, se voyaient délivrer un document leur demandant de s'enregistrer à Athènes, avec un rendez-vous en février 2016 pour y laisser leurs empreintes digitales ! C'était absurde, aucun réfugié n'allait attendre cette date, beaucoup ont déjà quitté la Grèce. Ces personnes ne sont donc enregistrées nulle part, elles n'existent pas dans le système Schengen », témoigne cette source qui était en contact direct avec la police grecque sur place. « En revanche, tous les autres migrants passaient par la procédure d'enregistrement avec Eurodac, dans le centre de réception de Moria. Mais il n'y avait encore qu'une seule machine Eurodac. »

« Le service d'enregistrement est maintenant efficient, assure de son côté Ewa Mancure, la porte-parole de Frontex, depuis le siège de l'organisation, à Varsovie. Mais nous avons encore besoin de personnel. Au total, nous avons lancé 775 appels à candidature pour des missions de plusieurs mois. Il nous reste encore environ la moitié à recruter. »

 

Dès que l'enregistrement est fait – parfois il faut attendre plusieurs jours –, deuxième étape : la demande d'asile. Le service d'asile est bien opérationnel à Lesbos, nous disent différents interlocuteurs impliqués sur le terrain. Mais la plupart des migrants, en réalité, ne profitent pas de la structure : en novembre, sur l'île de Lesbos, seulement 17 personnes ont fait la démarche de demander l'asile, pour un nombre d'arrivées supérieur à 103 000. À l'échelle nationale, c'est 10 718 dossiers déposés depuis le début de l'année… pour environ 800 000 entrées sur le territoire par la mer Égée, d'après les dernières données de l'Organisation internationale pour les migrations (IOM) et celles du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Autrement dit, une infime proportion.

La plupart des migrants, aussitôt leur identité enregistrée, prennent en fait un ferry pour Athènes, d'où ils essaient de poursuivre leur route, vers les Balkans. Objectif : rejoindre le nord de l'Europe. Une route de plus en plus périlleuse, comme en témoignent les récents affrontements le long de la frontière avec la Macédoine où plusieurs milliers de migrants sont restés bloqués, côté grec, les autorités de Skopje ne laissant plus passer que les Syriens, Afghans et Irakiens. Début décembre, un homme marocain est mort, électrocuté, en tentant de passer cette frontière. La semaine dernière, les autorités grecques ont employé les grands moyens : elles ont délogé les quelque deux mille migrants du camp de fortune installé à la frontière et les ont conduits jusqu'à Athènes, dans un ancien stade des infrastructures olympiques où ils séjournent depuis. Le ministère a promis de leur trouver une solution durable d'ici à la fin de cette semaine.

 

Une nouvelle humiliation « efficace »

Or pour bénéficier du programme de « relocalisations » de l’UE, il y a une troisième étape : se porter candidat. Mais la plupart des migrants qui arrivent sur les îles ignorent qu'un tel programme existe. « De notre côté, nous essayons au maximum d'expliquer aux réfugiés arrivant sur les îles leurs droits et leurs obligations, et de les inciter à se porter candidat à ce programme », explique Katerina Kitidi. Mais pour l’instant, seulement 74 personnes se sont portées candidates à ce programme via les services du HCR. Du côté des pays d'accueil, selon la commission, à peine 3 616 places avaient été identifiées début décembre, dans 14 États membres, pour les semaines à venir.

À Lesbos, pourtant site du premier « hotspot » officiellement ouvert en Grèce, les structures d'hébergement pour combler l'attente entre le dépôt de la demande de relocalisation et le départ effectif n'existent pas. D'autres hotspots étaient en outre prévus sur les îles de Chios, Samos, Kos et Leros d’ici à la fin de l’année. Aucun n'a ouvert et il ne reste plus qu'une quinzaine de jours…

Athènes, en réalité, n'était pas extrêmement favorable à cette mesure. L'exécutif grec est davantage partisan de hotspots sur le sol turc, afin d'effectuer une répartition des réfugiés en amont, et de leur éviter la traversée mortelle de la mer Égée. Depuis le début de l'année, 3 671 personnes ayant emprunté une route maritime pour rejoindre l'Europe sont décédées ou portées disparues, d'après les statistiques de l'IOM. Autrement dit, une personne sur cinquante qui tente la traversée… Athènes a par ailleurs demandé, ce mardi 15 décembre, que soit étudiée à Bruxelles la possibilité d'enregistrer les demandes d'asile des migrants où ils le souhaitent à l'intérieur de l'UE. Autrement dit, elle milite pour l'abolition de Dublin II, règlement qui voulait que les migrants déposent leur dossier dans le premier pays européen dans lequel ils pénètrent – ce qui faisait de la Grèce le premier pays d'enregistrement des demandes d'asile. Ce n'était de facto plus en application depuis 2011, mais Bruxelles souhaite que ce soit de nouveau la règle dès les premiers mois de 2016. Entre Bruxelles qui souhaite maintenir la gestion du phénomène migratoire à l'intérieur des frontières grecques et Athènes qui semble avoir démissionné depuis longtemps, la divergence est grande.

 

A Lesbos, le 8 décembre 2015

 

Mais si la Grèce ne s'est jamais montrée exemplaire en matière d'accueil des immigrés, les politiques d’austérité voulues par Bruxelles n'ont fait qu'empirer les choses et ne sont pas sans conséquence sur la gestion du flux migratoire exceptionnel de cette année 2015. Dimitris Christopoulos, vice-président de la Ligue hellénique des droits de l'homme, estime ainsi que les obligations de son pays sont tout simplement impossibles à tenir. D'après les conclusions du sommet européen du 26 octobre, la Grèce est censée créer 50 000 places d'hébergement d'ici à la fin de l'année. « C'est impossible, à la fois en raison d'une incapacité administrative de l’État grec et d'une absence de volonté politique. Mais cette absence de volonté, elle est due au fait que nos dirigeants sont sincèrement convaincus qu'on ne peut rien faire : notre État est en faillite, on a intégré l'idée que cette faillite a gagné l'ensemble de la société. Les élites politiques sont désormais convaincues que nous sommes condamnés à échouer. C'est le résultat de plus de cinq ans de crise et de politiques d'austérité », avance Christopoulos, qui a conseillé le gouvernement Tsipras sur les questions migratoires jusqu'en juillet.

À Bruxelles, on feint d'oublier aujourd'hui les contraintes budgétaires extrêmement serrées que l'on a exigées d'Athènes depuis 2010. Et l'on dégaine, même, de nouvelles armes. La pression est ainsi remontée d'un cran début décembre pour forcer la Grèce à être plus efficace dans les enregistrements des migrants. De manière insidieuse, le bâton a pris la forme de spéculations sur une « suspension » de la Grèce de Schengen. Spéculations qui faisaient même la une du Financial Times le 2 décembre. Après deux jours d'une mayonnaise médiatique savamment orchestrée en parallèle d'une réunion à Bruxelles des ministres européens de l'intérieur, la menace était retombée.

Cette perspective d’une nouvelle humiliation pour Athènes, de fait, a fonctionné. Comme le résumait le 4 décembre un diplomate français, cette agitation « a permis de débloquer les choses » : « Je ne dirai pas que c’était une mise en scène concertée, mais disons que cela s’est révélé efficace. » En amont de la réunion européenne, Athènes avait ainsi donné des gages pour consolider sa coopération avec Bruxelles, quitte à perdre un peu de sa souveraineté dans la gestion des frontières : elle avait activé le Mécanisme européen de protection civile (pour obtenir de l’assistance technique, déjà débloqué par le passé dans des situations très variées afin de lutter contre la prolifération de l’Ebola ou éteindre des incendies en Grèce), et elle avait formulé auprès de Frontex une demande de déploiement des équipes d’intervention rapide aux frontières (RABIT, dans le jargon anglais), constituées de gardes-frontières venus d’autres États membres.

La pression, toutefois, ne s'est pas arrêtée là. Jeudi 10 décembre, c'est au tour de la Commission européenne de brandir le bâton. Dans une lettre adressée simultanément à la Grèce, l'Italie et la Croatie, elle reproche à ces trois pays de ne pas être assez efficaces dans le relevé des empreintes digitales des demandeurs d'asile et des migrants et dans leur transmission au système central Eurodac – en théorie dans les 72 heures. Si le lendemain, au cours d'une séance parlementaire, le premier ministre grec Alexis Tsipras a aussitôt démenti, assurant que « tous » les migrants arrivant sur les îles hellènes étaient bien enregistrés depuis septembre, l'annonce de la Commission n'est pas anodine : il s'agit d'une mise en demeure, autrement dit c'est la première phase d'une procédure d'infraction pouvant aller jusqu'à des saisines de la Cour européenne de justice. D'après la Commission, environ la moitié des quelque 800 000 migrants débarqués sur les côtes grecques depuis le début de l'année n'auraient pas été enregistrés par Athènes.

Sous pression, sans aucune marge de manœuvre, le gouvernement grec a acquiescé en fin de semaine dernière face au projet de la Commission d'une nouvelle agence de surveillance des frontières maritimes de l'Union. Il est pourtant très réservé sur cette réforme, notamment en raison des questions qu'elle pose en termes de souveraineté nationale. En raison de conflits passés plus ou moins résolus, les relations de voisinage entre la Grèce, la Macédoine et la Turquie ne sont pas au beau fixe, et l'abandon de la gestion de ses frontières à une autre autorité n'a rien d'évident pour le pouvoir hellénique. D'autres pays d'Europe centrale, comme la Pologne et la Hongrie, ont également exprimé leurs réserves à Bruxelles ce lundi.

La presse grecque s'est d'ailleurs fait l'écho de vives critiques ces derniers jours. « Cette fois-ci, il ne s'agit pas de la gouvernance économique des "Vingt-Huit", écrit ce lundi 14 décembre le quotidien Efsyn (notre partenaire #OpenEurope), mais de l'imposition d'un corps européen de surveillance des côtes et des frontières, lequel sera activé dans le cas où un pays membre fait apparaître de sérieuses faiblesses dans la surveillance des frontières extérieures de l'UE. Quel pays membre est montré du doigt par Berlin et Bruxelles ? La Grèce, bien sûr. Le sujet de la souveraineté nationale n'existe plus pour Angela Merkel et Jean-Claude Juncker, dont le but est de ne pas laisser passer un moustique vers le nord et de maintenir les réfugiés à l'intérieur de la Grèce. » La création de cette nouvelle agence, poursuit le journal, « ne laisse pratiquement aucune possibilité de réaction ou de désaccord aux pays qui ne souhaitent pas céder une partie de leur souveraineté nationale ». Les forces de cette nouvelle police peuvent en effet être déployées en dépit de l'avis du pays concerné. Dans un communiqué publié ce mardi 15 décembre, Amnesty International Grèce fait valoir que cette annonce pose d'ores et déjà problème sur la question des droits humains : elle intervient « au milieu d'une série de violations des droits de l'homme enregistrées par Amnesty International aux frontières extérieures européennes, par des autorités nationales qui rendent très peu compte de leurs agissements, voire pas du tout. Aucun système de gestion des frontières, qu'il soit national ou européen, ne peut poser des frontières à la protection internationale ».

À noter que ce dossier est soutenu, à Bruxelles, par la chancelière allemande et le président de la Commission, lesquels étaient en première ligne, déjà, sur le dossier de la viabilité financière de la Grèce à l'intérieur de la zone euro. Les premiers concernés par le dossier semblent relégués au second plan. Ainsi du commissaire européen à l'immigration, Dimitris Avramoupolos… un Grec.

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 15:15

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

Grèce : vers une "grande coalition" ?

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Alexis Tsipras voudrait élargir sa base parlementaire

Alexis Tsipras voudrait élargir sa base parlementaire (Crédits : Reuters)

 

Alexis Tsipras a appelé à une réunion des leaders politiques grecs. Il pourrait chercher à élargir une majorité affaiblie par les mesures demandées par les créanciers.

 

Alexis Tsipras s'apprête-t-il à élargir sa majorité parlementaire pour faire adopter la prochaine série de mesures demandée par les créanciers ? La rumeur en est forte à Athènes, et les indices se multiplient. Ce jeudi 26 novembre, le premier ministre hellénique a convenu avec le président de la République Prokopis Pavlopoulos d'organiser une réunion des dirigeants politiques du pays dès que ce dernier sera revenu d'un voyage officiel de deux jours à Rome. Cette réunion devra donc avoir lieu vendredi 27 novembre.

 

Trois défections et une majorité réduite de deux députés

Cette réunion pourrait être l'occasion pour Alexis Tsipras d'obtenir l'appui d'autres partis politiques pour la prochaine série de réformes que son gouvernement prépare, notamment celle des retraites. Le 19 novembre, lors du vote du paquet législatif permettant d'obtenir les 12 milliards d'euros du Mécanisme européen de stabilité (MES), la majorité du premier ministre s'est réduite de quatre à deux voix. Un député de Syriza, Stathis Panagoutis, s'est en effet abstenu lors du vote, et un autre, Nikos Nikopoulos, a voté contre. Tous deux ont été exclus immédiatement de Syriza. La veille, l'ancien porte-parole du premier gouvernement Tsipras, Gabriel Sakellaridis, avait démissionné de ses mandats, ce qui avait permis de préserver la majorité puisqu'il avait été remplacé par un député fidèle à Alexis Tsipras.

 

La question des expulsions

L'annonce de nouvelles règles sur les expulsions des possesseurs de résidences primaires a été le déclencheur de ces trois défections. Athènes a négocié pendant trois semaines un compromis sur ce dossier avec des créanciers qui voulaient réduire cette protection pour faciliter le renflouement des banques. Alexis Tsipras et son ministre des Finances Euclide Tsakalotos avaient obtenu le maintien d'une protection pour les débiteurs les plus fragiles et des aménagements pour une seconde catégorie. Mais, globalement, la nouvelle loi facilitait bien les expulsions, ce qui a été mal accepté au sein de Syriza. Désormais, donc, Alexis Tsipras ne peut s'appuyer que sur une majorité de 153 députés à la Vouli, le parlement grec, soit deux de plus de la majorité absolue.

 

La très sévère réforme des retraites à venir

Il se sent donc à la merci de nouvelles défections. D'autant que le gouvernement va devoir faire accepter de très sévères mesures dans les semaines à venir, notamment sur les retraites. Déjà, Alexis Tsipras a fait adopter le report de l'âge légal de départ à la retraite de 65 à 67 ans, il a pris des mesures pour décourager les départs anticipés en retraite et a augmenté les cotisations santé sur les pensions de retraites et de retraites complémentaires. Mais ceci ne suffit pas aux créanciers qui veulent une unification des systèmes d'assurance vieillesse, ce qui devrait conduire à une baisse du niveau de certaines pensions. Longtemps, le gouvernement a promis de ne pas toucher aux pensions inférieures à 1.500 euros nets mensuels, mais cette ligne s'est effondrée début octobre lorsque George Katrougalos, le ministre du Travail a annoncé qu'il cherchait surtout à défendre les pensions inférieures à 1.000 euros.

 

Pas moins de 475.000 des 2 millions de retraités grecs qui touchent entre 1.000 et 1.500 euros ont donc dû s'attendre soudain à des baisses dans leurs pensions. Mais la ligne des 1.000 euros sera elle-même difficile à tenir, car 60 % des retraités grecs seraient alors protégés. Dans leur volonté de couper dans les dépenses, il y a fort à parier que les créanciers réclament un abaissement du niveau de protection. Le gouvernement entend compenser la protection de ces pensions faibles par une augmentation des cotisations pour les salariés, autrement dit par une ponction sur le pouvoir d'achat. On comprend que la prochaine réforme des retraites qui doit être votée début décembre fasse grincer des dents au sein de Syriza.

 

Elargir l'alliance de Syriza

Alexis Tsipras pourrait donc chercher une solution « politique » en tentant de faire céder le front de l'opposition « pro-européenne » décidé après les élections du 20 septembre. Après leur défaite électorale et le renouvellement de l'alliance entre Syriza et la « droite eurosceptique » des Grecs Indépendants (Anel), Nouvelle Démocratie (droite), To Potami (parti fortement pro-européen) et les sociaux-démocrates du Pasok avaient annoncé qu'ils voteraient contre les projets du gouvernement, y compris ceux demandés par les créanciers. Une position de pure forme, car ces partis avaient permis l'adoption de toutes les mesures jusqu'à la signature du mémorandum du 19 août, alors que Syriza était divisée. De plus, ces trois partis ne proposent pas réellement d'alternatives à des mesures qui sont imposées par les créanciers et plus ou moins « adoucis » ensuite par des négociations. Alexis Tsipras va sans doute chercher à obtenir sur le prochain train de réformes l'appui de tous ces partis ou de quelques-uns d'entre eux. L'enjeu sera de convaincre les créanciers de la détermination grecque à « mettre en place les réformes » afin de négocier une restructuration de la dette en janvier. La question sera de savoir s'il faudra faire entrer des partis centristes dans le gouvernement.

 

Echec de la stratégie politique de l'après 13 juillet

Reste que ce mouvement sanctionnerait l'échec de la tentative d'évolution d'Alexis Tsipras après son retournement le 13 juillet dernier et l'acceptation des conditions des créanciers. A ce moment, le premier ministre avait tenté de présenter l'austérité comme un « mal nécessaire » que Syriza était capable d'appliquer avec davantage d'humanité et justice que les partis de centre-droit. Alexis Tsipras avait aussi prétendu être capable de résister aux demandes supplémentaires des créanciers. S'il est vrai que le gouvernement a pu réduire l'impact de certaines mesures, comme celles sur les expulsions, ce discours est de plus en plus difficile à tenir compte tenu du niveau d'exigence des créanciers.

La position qui consiste à s'opposer à l'austérité en l'appliquant, illustrée par la participation de Syriza à la grève du 11 novembre contre la politique du gouvernement, est de moins en tenable. D'autant que la situation se tend. La grève du 11 novembre a été émaillée de violence alors qu'une deuxième grève est prévue pour le 3 décembre. Par ailleurs, lundi, un attentat a eu lieu lundi devant le siège de la fédération patronale grecque à Athènes sans faire de victime. Alexis Tsipras va donc sans doute parvenir à ce que les créanciers cherchaient à obtenir depuis le 25 janvier : placer Syriza sous la surveillance de partis « sûrs » dans le cadre d'une coalition.

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 15:03

 

Source : http://cadtm.org

 

 

 

Zoe Konstatopoulou : Une femme au service de la démocratie et des droits humains

27 novembre par Brigitte Marti , Marie-Hélène Le Ny , Zoe Konstantopoulou

 

 

 

Zoe Konstantopoulou

 

Zoe Konstantopoulou a été la plus jeune présidente de la Vouli (Parlement Grec) de janvier à octobre 2015. Lorsqu’elle était députée, cette avocate dénonçait déjà les montages imposant les mesures d’austérité comme seule solution à la précarisation financière de la société grecque. Elle ne voulait plus voir des mascarades de débats, comme en septembre 2013, lorsqu’une série de textes de lois avait été adoptée par le président du parlement, sans débats et dans une Vouli quasiment vide.

 

La scène était édifiante, pendant que Mr Virividaki annonçait d’une voix monocorde l’adoption des articles à l’unanimité, alors qu’aucun vote n’avait eu lieu car seuls trois membres du comité pour la vérité de la dette était présents, la voix de Zoe Konstantopoulou résonnait demandant à chaque annonce « qui est en train de voter ? ». Cet épisode est représentatif d’un système de mise sous tutelle, qui n’a aucune difficulté à occulter la voix du peuple et la voix des femmes.

 

C’est pourquoi, en janvier dernier, une fois élue, avec 60% des voix, présidente du Parlement, Zoe Kostantopoulou a tout de suite entrepris de redonner au parlement sa raison d’être démocratique. Elle a aussi tout de suite démontré sa rigueur pour lutter contre toute forme de corruption se faisant ainsi quelques ennemis.

 

Pour Zoe Konstantopoulou, il fallait célébrer les luttes des femmes comme celle des femmes de ménage du ministère des Finances qui avaient construit un mouvement emblématique de résistance aux restructurations frauduleuses du droit du travail.

 

Il revenait, pour elle, au Parlement de contester légalement les mémoranda et les mesures d’austérité adoptées sans aucun respect pour les droits humains et les principes démocratiques de la Grèce. Dans cet esprit de droit des Etats démocratiques, elle mandata en avril 2015 un audit de la dette publique grecque avec la formation du comité pour la vérité sur la dette publique.

 

Elle avait déclaré en mai dernier a Paris : « l’austérité tue, elle tue la société, des êtres humains et tue la démocratie et l’Europe des peuples. » Il fallait bien toute la force de cette femme d’exception pour former et soutenir de telles initiatives.

 

Le rapport préliminaire du comité a amplement démontré l’illégalité et l’immoralité ainsi que l’insoutenabilité de la dette. Mais cette vérité qui dérange a conduit à la dissolution du Parlement et a réouvert une période d’instabilité politique et économique avec le dernier mémorandum, probablement un des plus dur imposé à un Etat souverain.

 

Zoe Konstantoupoulou continue en dehors du Parlement son travail de construction d’une coalition solidaire, toujours animée par sa quête de justice dans le respect du droit démocratique qui ne peut exister sans la participation des femmes.

 


Pourquoi la Grèce ? Pourquoi maintenant ?
 

 

Quelles actions en faveur des femmes avez-vous développé ?

 

 

Quel a été votre engagement dans le comité pour la vérité sur la dette ?

 

 

Comment résister aujourd’hui en Grèce ?

 


L’instrumentalisation du racisme par les politiques et les médias a-t-il favorisé le développement d’Aube Dorée ?

Aube Dorée
 
*A écouter ici
 

 

Source : 50/50 Magazine

 

 

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Auteur

 
Zoe Konstantopoulou

avocate et femme politique grecque. Députée du parti de la gauche radicale Syriza, qui a gagné les élections législatives du 25 janvier 2015 en Grèce, a été élue le 6 février 2015 présidente du parlement. Elle est, à trente-huit ans, la plus jeune présidente de la Vouli et la deuxième femme seulement à exercer cette fonction.

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Source : http://cadtm.org

 

 

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 14:03

 

Source : http://cadtm.org

 

Lettre ouverte au Président du parlement grec à propos de la dissolution de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque

24 novembre par Sofia Sakorafa

 

 

Sofia Sakorafa, Zoe Konstantopoulou, Eric Toussaint lors de la conférence de presse d’annonce de la création de la commission pour la vérité sur la dette (au parlement grec le 17 mars 2015)

 

Nous publions la lettre ouverte adressée par la députée européenne, Sofia Sakorafa, au nouveau Président du Parlement grec, Nikos Voutsis, qui a annoncé la fin des travaux de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque. Dès 2011, alors qu’elle était députée, Sofia Sakorafa a participé à la commission d’audit citoyen de la dette grecque. En mars 2015, elle a accepté de faire partie de la commission d’audit créée par la Présidente du Parlement grec et de se charger des relations avec le Parlement européen et les autres parlements. Suite à la capitulation du gouvernement d’Alexis Tsipras, Sofia Sakorafa a quitté Syriza et siège comme eurodéputée indépendante depuis septembre 2015.

Monsieur le Président,

Par lettre recommandée signée par vous le 12 novembre, reçue le 17 novembre 2015, vous m’avez annoncé la suppression de la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque.

Dans votre lettre, vous n’osez même pas mentionner le nom de la Commission. Cela se comprend. Lorsque l’on cherche à faire en sorte que le peuple grec « oublie » la question de la légitimité de la dette et que l’on veut lui faire croire que le troisième mémorandum, le plus dur, est la seule solution envisageable, il est vrai que la vérité peut faire peur, quand bien même il ne s’agit que de ce seul mot de « vérité ».

Monsieur le Président,

Il est inconcevable que le Président du Parlement hellénique, et encore moins quelqu’un qui a été de gauche, supprime la Commission pour la Vérité sur la Dette publique.

Il est offensant que le Parlement redevienne le lieu de blanchiment des scandales, des irrégularités, des choix politiques barbares, des accords de soumission, des contrats léonins, et que tout cela soit accepté et ratifié par le Président de la Chambre.

Monsieur le Président, je pense qu’il n’y a plus rien à ajouter. Vous n’avez fait qu’exécuter les ordres. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle vous avez été choisi comme Président de la Chambre en cette période cruciale.

La responsabilité politique de cette décision appartient entièrement au Premier ministre, Alexis Tsipras.

M. Tsipras qui, en compagnie du Président de la République, a assisté à l’ouverture des travaux de la Commission le 4 avril 2015.

M. Tsipras qui m’a personnellement assuré avec fermeté que la Commission fonctionnerait sans entraves jusqu’à la conclusion de ses travaux.

M. Tsipras porte l’entière responsabilité politique du refus de faire la lumière sur les politiques imposées à l’aide de la corruption et de contrats léonins qui nous ont menés dans une impasse.

M. Tsipras porte l’entière responsabilité politique de la renonciation à utiliser un outil de renégociation de la dette qui est pourtant accepté, approuvé et légitimé par un règlement de l’Union européenne.

Il est certain que votre décision de supprimer la Commission pour la Vérité sur la dette n’affectera en rien la détermination et l’efficacité de nous tous qui continuons à lutter et restons convaincus que la vérité sera le catalyseur de changements politiques profonds.

Sofia Sakorafa

 

 

 

Auteur

 
 

Autres articles en français de Sofia Sakorafa (1)

Conférence de presse de clôture au Parlement grec

23 juin, par Zoe Konstantopoulou , Eric Toussaint , Georges Kassimatis , Maria Lucia Fattorelli , Sofia Sakorafa , Ozlem Onaran , Renaud Vivien

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 21:04

 

Vu sur facebook :

 

 

Photo de Yannis Youlountas.

Yannis Youlountas

Bonsoir les ami-e-s. Beaucoup de bonnes nouvelles de Grèce : tout ce que vous savez déjà, tout ce que vous pouvez lire et voir, ici ou là, mais aussi tout ce qui se prépare (pas question d'en parler ici).

COMME PRÉVU DEPUIS LONGTEMPS, LE MOUVEMENT SOCIAL ET RÉVOLUTIONNAIRE S'AMPLIFIE AU FIL DE L'AUTOMNE, EN GRÈCE, ET C'EST LOIN D'ÊTRE TERMINÉ.

Sept ans de luttes, d'actions diverses, de ripostes et d'offensives, de créations autogestionnaires, de solidarités concrètes, d'assemblées dans des quartiers, villages et lieux incroyables, des milliers de collectifs à travers la Grèce, de nouvelles initiatives qui naissent chaque jour, de résistances en tous genres, tout ça n'allait pas s'essouffler comme ça.

Bien au contraire. La mise en place progressive du troisième mémorandum, le pire que la Grèce ait connu, fouette désormais le sang de celles et ceux qui hésitaient et qui maintenant rejoignent, jour après jour, les différentes formes de luttes.

Laissez dire nos contradicteurs. Laissez les baver sur notre nombre et nos moyens encore modestes. Ils n'ont jamais rien vu venir : ni la révolution tunisienne il y a 5 ans, ni toutes les autres.

En Grèce, comme ailleurs, rien n'est fini, tout commence.

Y.Y.

- - - - - - -

Prochaines projections-débats du film "Je lutte donc je suis" suivi d'échanges sur l'actualité en Grèce (ce soir, 208 spectateurs au cinéma Le Lido de Limoges) :
http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?article16
Vendredi 13/11 GANNAT (03)
Samedi 14/11 LYON (69)
Dimanche 15/11 LYON (69)
Lundi 16/11 TOULOUSE (31)
Mardi 17/11 CARCASSONNE (11)
Mercredi 18/11 LASALLE (30)
Jeudi 19/11 LE VIGAN (30)
Vendredi 20/11 POUCHARRAMET (31)
Samedi 21/11 MAS D’AZIL (09)
Dimanche 22/11 CAHORS (46)
Lundi 23/11 BÉZIERS (34)
Mercredi 25/11 MILLAU (12)
Jeudi 26/11 AVIGNON (84)
Dimanche 29/11 FRÉJUS (83)
Lundi 30/11 MONTPELLIER (34)
(...)
Tous les détails :
http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?article16

 

 

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 17:21

 

Source : http://www.boursorama.com

 

 

 

Grèce: Tsipras face à sa première grève générale contre l'austérité

AFP le , mis à jour à 14:13

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"Esclaves du 21ème siècle", peut-on lire sur la banderole du syndicat PAME, proche du parti communiste KKE, qui ouvre le cortège contre les nouvelles mesures d'austérité en Grèce, le 12 novembre 2015 à Athènes ( AFP / SAKIS MITROLIDIS )

 

Le gouvernement du Premier ministre grec Alexis Tsipras essuyait jeudi sa première grève générale, qui a été émaillée de quelques incidents et qui est soutenue par son propre parti, Syriza, opposé à de nouvelles mesures d'austérité.

 

Près de 20.000 personnes ont défilé dans Athènes à la mi-journée, selon les chiffres des autorités, et environ 8.000 à Thessalonique (nord).

Près de la place Syntagma, vers 11h30 GMT, un groupe d'environ 150 jeunes armés de barres de fer et de morceaux de marbre ont vandalisé des arrêts de bus et mis le feu à une voiture de la compagnie de télécommunications OTE, a constaté l'AFP, avant que la police ne réplique avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Le mouvement, lancé pour 24 heures par les syndicats du pays, vise à protester notamment contre les hausses d'impôts et la réforme des retraites à venir. Il paralysait les administrations et les transports, y compris les vols intérieurs annulés par dizaines.

 

La police grecque prête à intervenir alors que certains manifestants ont jeté des cocktails molotov lors

La police grecque prête à intervenir alors que certains manifestants ont jeté des cocktails molotov lors d'un rassemblement contre de nouvelles mesures d'austérité, le 12 novembre 2015 à Athènes le 12 novembre 2015 ( AFP / LOUISA GOULIAMAKI )
 

Les hôpitaux n'assuraient que les urgences. Les musées et les sites archéologiques étaient fermés, et les journalistes étaient aussi en grève.

Cette grève générale illustre la position ambiguë de M. Tsipras, qui s'était attiré cet été la fronde d'une grande partie de son parti Syriza et d'un cinquième de ses députés, après avoir signé un nouveau plan d'aide internationale. Au point qu'il avait dû démissionner en août, pour se faire porter de nouveau au pouvoir en septembre à la tête d'une majorité débarrassée de ses contestataires.

Mais même Syriza a appelé jeudi à participer à cette grève contre "les politiques anti-sociales, d'un néo-libéralisme extrême" menées par le gouvernement... Syriza. Un paradoxe très commenté sur les réseaux sociaux. "Je suis un peu perdu, là. On défile avec Alexis pour renverser Tsipras, ou avec Tsipras pour renverser Alexis?", se demandait par exemple un utilisateur de Twitter.

- 'Moyen Age' -

M. Tsipras lui-même avait qualifié en juillet le plan d'aide de "compromis douloureux" et de "retraite tactique" pour éviter au pays de faire faillite et de sortir de l'euro.

"Nous luttons contre des mesures gouvernementales qui perpétuent des relations sociales dignes du Moyen Age", assurait jeudi le principal syndicat du privé GSEE.

A Athènes, le premier syndicat à défiler était le PAME, proche du parti communiste (KKE). Le cortège rassemblait environ 10.000 personnes, selon la police.

 

Un homme assis dans la  gare de Thessalonique, déserte en raison de la grève générale de 24 heure

Un homme assis dans la gare de Thessalonique, déserte en raison de la grève générale de 24 heures en cours en Grèce pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité, le 12 novembre 2015 ( AFP / SAKIS MITROLIDIS )
 

Venait ensuite la manifestation des syndicats GSEE et Adedy (public), précédée d'un cercueil portant la mention "auto-entrepreneurs, techniciens, artisans", suivie d'un autre cortège rassemblant plusieurs milliers de personnes à l'appel des partis et mouvements de gauche, dont étaient issus les jeunes fauteurs de troubles.

Beaucoup de Grecs ont été déçus du virage effectué par le jeune dirigeant de gauche radicale.

Dans la manifestation du GSEE, Maria Athanassiadou, 63 ans, électrice du Pasok (socialistes), disait vouloir "protester contre le gouvernement qui nous prend pour des imbéciles". "Je suis retraitée et je n'ai aucune idée de ce que ma retraite va devenir", déplorait-elle.

Arrivé au pouvoir en janvier avec un programme anti-plan d'assistance, il a fini par accepter un troisième plan d'aide en juillet, d'un montant de 86 milliards d'euros sur trois ans, alors que les deux cures d'austérité imposées au pays en 2010 puis 2012 -en échange de 240 milliards d'euros d'aide- avaient déjà été très mal vécues.

La grève générale se déroulait précisément pendant une visite d'inspection à Athènes de représentants des créanciers du pays, Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Fonds européen de stabilité financière.

Le gouvernement Tsipras a déjà fait adopter de nombreuses mesures du plan conclu en juillet, mais il reste des points de friction qui retardent le calendrier du versement d'une tranche de deux milliards d'euros.

Le blocage concerne en particulier les saisies immobilières, au sujet desquelles Athènes est partisan de clémence, et le traitement des créances douteuses qui plombent actuellement le bilan des banques du pays.

Le ministre de l'Economie Georges Stathakis s'est cependant montré confiant mercredi, déclarant "que tous ces problèmes seront résolus d'ici samedi".

 

 

Source : http://www.boursorama.com

 

 

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 17:38

 

Notre banderole "Soutien au peuple Grec" embarquée dans le voyage de Nîmes à Athènes avec quelques médicaments...

 

Objet: [SoliGrecsNîmes]Solidarité Acropole
C'EST FAIT !!

Inutile de vous dire que notre visite de l'acropole a été écourtée ... Mais visible !!
(et merci aux camarades du syndicat de la médecine générale qui ont pris les photos et ont fait diversion !!)
P.

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 15:15

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Les murs, une barrière criminelle sur la trajectoire des réfugiés : l'exemple grec

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

Plus de quatre-vingts personnes sont mortes noyées ces dix derniers jours au large des îles grecques. De nombreuses voix à Athènes en appellent à ouvrir le mur de l'Evros, érigé fin 2013 par le gouvernement de droite de Samaras sur les 12 km de frontière terrestre qui séparent la Grèce de la Turquie. À l'heure où plusieurs pays d'Europe centrale tentent de fermer leurs frontières, le cas grec met en évidence les conséquences criminelles de telles barrières.

 

 

 

Le décompte est macabre. Quatre morts le 2 novembre, au large de l'îlot de Farmakonissi. Onze morts, dont six enfants, la veille, au large de l'île de Samos. Vingt-deux corps repêchés au large de Kalymnos et de Rhodes le 30 octobre. Quarante-deux décès dans le naufrage d'une embarcation transportant plus de 300 personnes au large de Lesbos le 28 octobre. Trois corps retrouvés, dont deux enfants, mais aussi sept disparus, le 25 octobre, au large de Lesbos… Ces dix derniers jours, les naufrages des embarcations précaires de migrants qui s'engagent dans la traversée des côtes turques vers les terres grecques sont devenus pratiquement quotidiens, venant alourdir un nombre de morts en Méditerranée qui a déjà battu un triste record : près de 3 000 personnes ont perdu la vie en tentant une traversée vers le continent européen depuis début 2015.

La situation sur l'archipel hellène, si elle n'était déjà humainement tragique, aurait un aspect absurde. Seuls quelques kilomètres séparent les îles grecques les plus orientales des côtes turques – parfois même moins : entre Samos et la Turquie, 1 200 mètres à peine… Pour les touristes munis de passeports européens, le voyage, en toute sécurité, ne coûte que quelques euros. Pour ces hommes, ces femmes et ces enfants qui fuient un pays en guerre ou des conditions de vie devenues trop dangereuses, en provenance de Syrie, d'Afghanistan, d'Irak ou d'Iran, la traversée peut coûter jusqu'à 3 000 euros (comme en témoigne notamment ce récit par Carine Fouteau, qui retrace le parcours d'un réfugié syrien, de Hama à Solo). Une traversée où ils mettent leur vie en jeu, entassés à plusieurs dizaines sur des pneumatiques, beaucoup ne sachant pas nager.

La Grèce a toujours été une porte d'entrée dans l'Union européenne : ses îles, proches des côtes turques, ont toujours vu passer des migrants. Mais la situation s'est considérablement aggravée ces deux dernières années et le bilan humain n'a jamais été aussi lourd. Cela ne tient pas seulement à l'ampleur du flux actuel, sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et en constante augmentation (le mois d'octobre a présenté un nouveau pic pour la Grèce, qui a vu arriver plus de 200 000 personnes d'après l'Organisation internationale des migrations). Ce phénomène est lié, aussi, au changement de parcours migratoire, la route des îles étant la seule encore possible en Grèce, et la plus dangereuse de toutes, en particulier lorsque les vents se lèvent sur la mer Égée, comme c'est le cas en ce moment.

 

La main d'un homme échoué sur l'île de Lesbos, le 31 octobre 2015.
La main d'un homme échoué sur l'île de Lesbos, le 31 octobre 2015. © Reuters
 

Car depuis deux ans, une barrière construite à la limite nord-est de la Grèce, le long des 12 kilomètres de frontière terrestre qui la séparent de la Turquie, au détour d'un méandre de l'Evros – le fleuve frontalier –, a fermé la route plus sûre que constituait, pour les migrants, cette entrée dans l'Union européenne (UE) par une simple traversée à pied (que Mediapart avait raconté, déjà, début 2011). Érigé sous le gouvernement Samaras (droite conservatrice), en dépit de l'avis critique de Bruxelles et sans argent européen, ce mur de barbelés, désormais étroitement surveillé avec l'aide de Frontex, a eu l'effet exactement contraire de celui escompté : loin de limiter les entrées en Grèce, sa construction a provoqué un déplacement de la route migratoire vers les îles. Multipliant, par là même, le nombre de morts et de traversées périlleuses.

À l'heure où plusieurs gouvernements d'Europe centrale envisagent d'ériger de nouveaux murs, l'exemple grec devrait faire réfléchir. Après la Hongrie de Orban, qui a fait construire un mur de 175 km à sa frontière avec la Serbie et souhaite désormais installer de nouvelles clôtures à ses frontières avec la Roumanie et la Croatie (voir notamment l'interview accordée par Viktor Orban au Figaro, le 16 septembre dernier), c'est au tour de l'Autriche de vouloir construire une barrière sur sa frontière avec la Slovénie. Ce serait une première : la fermeture d'une frontière au sein même de l'espace Schengen. De son côté, le premier ministre slovène s'est dit prêt à édifier une clôture entre son pays et sa voisine croate… Or – c'est une évidence rappelée régulièrement par les ONG et les associations d'aide aux migrants –, un mur n'a jamais empêché un migrant fuyant la guerre de poursuivre sa route.

En Grèce, on ne compte plus ces derniers jours les voix qui s'élèvent pour « ouvrir » le mur de l'Evros. Il y a eu notamment, ce week-end, le cri de colère d'Aris Messinis, photographe grec employé par l'Agence France-Presse à Athènes, qui se trouve régulièrement sur les îles pour couvrir ces arrivées sans précédent et les élans de solidarité qui les entourent. Mais la solidarité ne suffit pas, dit-il, face à la tragédie. « À Lesbos, nous vivons une deuxième Syrie, a-t-il déclaré dans une interview au site grec indépendant Press Publica, qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. L’État, notre État de gauche, n'existe pas. Il laisse les bénévoles et les pêcheurs sortir les hommes des vagues. La seule chose que fait notre État de gauche c'est de twitter, à travers le compte Tweeter du premier ministre, sur l'Europe qu'il souhaite. L'Europe, soi-disant, de la solidarité et de l'humanisme. » Le photographe n'a pas de mots assez durs pour décrire la réalité qu'il tente de saisir avec son appareil. « Je suis père… et je vois devant moi des enfants qui se noient. […] J'ai couvert des guerres et j'ai vu des enfants morts. Mais ce qui se passe ici n'a pas de précédent. Ils sont comme des moutons à l'abattoir. » Alors que la barrière de l'Evros reste, pour l'heure, complètement hermétique, Aris Messinis déclare : « Qu'ils ouvrent au moins une porte, afin de les laisser passer, goutte à goutte. C'est seulement comme ça que les noyades s'arrêteront et que le contrôle voulu pourra fonctionner. »

 

« Barrière de la honte »

La question du mur de l'Evros est pourtant ouvertement posée par de nombreux acteurs sur le terrain. Plusieurs associations militent pour son démantèlement, et même des institutions, comme la région Égée du Nord. À Kastanies, la commune la plus proche de cette frontière terrestre avec la Turquie voisine, le collectif « Stop Evros Wall » a organisé ce samedi 31 octobre une manifestation qui a rassemblé des centaines de personnes, dont une bonne partie venue de Thessalonique pour l'occasion. Parallèlement, la commission « droits de l'homme » de Syriza, rappelant opportunément que la Grèce a été le premier pays en Europe à ériger un mur face aux flux migratoires, a demandé l'ouverture de cette « barrière de la honte » et l'organisation d'un passage sécurisé pour les réfugiés.

Mais au niveau gouvernemental, rien ne bouge pour l'instant et la position de l'exécutif Tsipras, à rebours de son parti, tient de la schizophrénie. Le premier ministre a bien fustigé, dans son discours devant la Vouli, la semaine dernière, l'« hypocrisie » européenne et condamné ces pays qui « adoptent la logique de construction de murs et de fils barbelés sur les frontières pour empêcher les migrants de passer leurs frontières »… Mais il n'a pas dit un mot sur la frontière nord-est du pays. Dans l'opposition au moment de la construction du mur, en 2012, les députés Syriza étaient pourtant les premiers à s'opposer à cette politique de fermeture et de répression à l'égard des migrants…

 

La barrière de l'Evros, au moment de sa construction, en 2012.
La barrière de l'Evros, au moment de sa construction, en 2012. © Archives Reuters
 

Le Journal des rédacteurs (Ephimerida ton syntakton, quotidien grec partenaire de l'opération #OpenEurope), a posé la question aux trois membres du gouvernement compétents sur ce sujet : le ministre délégué à la politique migratoire, celui délégué à la protection du citoyen (équivalent du ministre français de l'intérieur) et le ministre de la marine. Dans son numéro du 2 novembre, les trois répondent, écartant l'éventualité d'une ouverture à court terme et renvoyant la balle aux institutions européennes. Pour le premier, Nikos Mouzalas, « la question de démanteler le mur repose sur une base politique et idéologique juste. […] Nous l'écoutons avec grand respect et attention. Je me retrouverais probablement davantage dans le slogan “aucun mur nulle part”, mais je ne veux pas imposer à la mobilisation ses termes. Toutefois, dans la conjoncture actuelle, les conditions ne sont pas réunies pour que le démantèlement du mur conduise à un résultat positif ; au contraire, le risque est que cela renforce les problèmes pour les réfugiés comme pour la Grèce ».

Le ministre rappelle ainsi qu'il y a eu de nombreux morts lorsque les migrants empruntaient la route de l'Evros, les années précédentes. Ce n'est pas faux, mais il fait la confusion entre la traversée par le fleuve Evros, effectivement très meurtrière, et la traversée, à pied, par la frontière terrestre qui, elle, ne présentait pas de danger objectif. « La question n'est pas de ne pas avoir de morts en mer Égée et d'en avoir dans la région de l'Evros. La question est celle de la nécessité d'avoir une politique européenne de responsabilité commune, qui comprenne un accord avec la Turquie afin de réduire le flux, et que les autres pays cessent de construire des murs et d'alterner ouverture/fermeture des frontières. »

Pour Nikos Toskas, le ministre délégué à la protection du citoyen, le mur à la frontière gréco-turque ne joue tout simplement « aucun rôle ». Le ministre de la marine Theodoris Dritsas, quant à lui, exprime, comme Mouzalas, son opposition aux murs en général, mais l'impossibilité de s'attaquer à celui-ci en particulier. « Les barrières sont la preuve d'un manque de stratégie et la seule chose qu'elles font est de confirmer de manière criminelle les égoïsmes nationaux. […] Les tragédies dans les eaux de la mer Égée, mais aussi sur toutes les routes migratoires terrestres, nous imposent d'avoir une stratégie d'ensemble. »

Autre problème soulevé par ces ministres : pour gérer au mieux cette frontière, la Grèce et l'Union européenne doivent établir un nouvel accord avec la Turquie. Bruxelles a promis à Ankara un chèque de 3 milliards d'euros pour l'aider à contenir le flux vers l'UE et à accueillir les migrants à l'intérieur de ses frontières. Mais dans un contexte de relations gelées entre l'Union et la Turquie et d'un durcissement autoritaire du président Recep Tayyip Erdogan, dont le pouvoir vient d'être confirmé avec le succès de son parti, l'AKP, aux élections, la coopération sur ce dossier s'annonce des plus difficiles. Et pour ne pas faciliter les choses, la Grèce et la Turquie, vieilles sœurs ennemies, comptent entre elles de nombreux contentieux, parmi lesquels la répartition des eaux territoriales au large des côtes turques… Les réfugiés ne sont pas seulement victimes de conflits dans leurs pays. Ils sont aussi, dans leur tentative d'entrer en Europe, pris dans le filet d'enjeux géopolitiques qui les dépassent complètement.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 14:56

 

Source : http://www.tlaxcala-int.org

 

 

 

Flanby va faire ses courses au Taipedistan
Coup de dent N° 154
 

   
Ayman El Kayman Αϋμαν Eλ Καϋμάν أيمن الكايمان
 

 

Flanby* débarque ce jeudi à Athènes, accompagné de 70 patrons des plus grands groupes capitalistes français, pour profiter des Grandes Soldes automne-hiver du plus grand dépôt de sorties d'usines d'Europe, TAIPEDISTAN  SARTL (Société à responsabilité TRÈS limitée). C'est ce qu'est devenu le pays qu'on appelait la Grèce.

Le TAIPED est un machin qui gagne à être connu. C'est  l'acronyme du Ταμείο Αξιοποίησης Ιδιωτικής Περιουσίας του Δημοσίου (Tameio Axiopoieses Idiotikes Periousias tou Demosiou), en anglais Hellenic Republic Asset Development Fund, autrement dit le Fonds de développement du patrimoine de la république hellénique. Drôle de "développement". En fait c'est l'Office de liquidation de la Grèce, mis en place en 2011 pour brader tout ce qui peut l'être. Cet organisme est privé. Il a établi la liste de tout ce qui peut être vendu en Grèce, des plages et îles aux zones vertes classées Natura 2000 en passant par les entreprises publiques d'énergie, de transport etc. Le tout bradé pour trente fois rien. Les Allemands ont déjà commencé à se servir, comme les Chinois et les Qataris, les Français ne doivent donc pas traîner s'ils veulent faire de bonnes affaires, histoire d'oublier la tragi-comédie d'Air France-KLM.
 

 
En fait, tous ces achats ne coûteront pratiquement rien aux acheteurs puisqu'ils récupèreront l'argent déboursé via les remboursements de la dette grecque aux banques françaises, allemandes etc., permis par ces ventes. Donc, vous avez bien compris : les banques européennes ont prêté de l'argent à la Grèce pour acheter des milliards de choses très utiles (armes, métro d'Athènes, Cité Olympique) aux entreprises contrôlées par ces banques. Pour les rembourser, la Grèce se livre à un strip-tease intégral et leur vend tout ce qui peut être vendu, et même ce qui, légalement, logiquement, moralement, ne pourrait pas être vendu. Bref, pour rembourser une dette odieuse, illégale et illégitime, des actes de vente illégaux, illégitimes, et odieux.
 
Conclusions ? Vive la Gauche radicale grecque ! Vive l'Internationale socialconservatolibérale !
 

PS: Y avait-il une alternative pour la Grèce ? Bien sûr, et très simple. Voilà mon Plan Z: 

La Grèce a une dette d'environ 300 milliards d'euros. De son côté l'Allemagne a une dette envers la Grèce d'au moins la moitié, soit 150 milliards, si on met ensemble tous les dégâts provoqués par l'occupation allemande de la Grèce :
-100 000 morts de famine
-50 000 prisonniers de guerre
- 20 000 travailleurs forcés
 -48 500 Juifs déportés de Salonique à Auschwitz (auxquels la Reichsbahn, ancêtre de la Bundesbahn, fit payer leur billet de train, inventant ainsi la déportation payante)
-6 000 massacres de civils,
-Sans oublier le vol de l'or et des devises de la Banque de Grèce, qualifié d' "emprunt" (avec un pistolet sur la tempe du directeur).
Donc, l'Allemagne et la Grèce pouvaient se mettre d'accord pour remettre les compteurs à zéro : je ne te dois plus rien, tu ne me dois plus rien. Resterait une petite centaine de milliards à régler. La Grèce pourrait vendre le copyright sur l'ensemble de ses sites historiques, de l'Acropole, Salamine et Marathon au Mont Athos, aux NR (Nouveaux Riches) de la planète, je veux parler des camarades chinois, qui nagent dans le fric. Pour 100 milliards, les Chinois pourraient reproduire, aux dimensions de leur choix, tous ces sites et les ouvrir au tourisme chinois, indien et brésilien. Et voilà! Il est pas beau, mon plan Z ?

AeK, pépiniériste de plans X, Y, Z

Note
*Flanby (de l'anglais "flabby", flasque) est une marque commerciale française de flan au caramel industriel commercialisée par Lactalis Nestlé. C'est Arnaud Montebourg qui, en 2003, a lancé cette comparaison restée célèbre dans les couloirs de l'Assemblée nationale : "Hollande, c'est Flanby". Le dessert est connu pour son aspect flageolant, mais il reprend toujours sa forme initiale, même secoué dans tous les sens. Pour ma part, je préfère pour l'automate ectoplasmique de l'Élysée le surnom Gouda (prononcer "Khouda"), le nom du célèbre fromage batave, rose-rouge à l'extérieur et jaune pipi à l'intérieur.
 
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’Esprit soit avec vous !
…et à la prochaine !
 
Note de la traductrice grecque, Christine Cooreman
 
Sur le plan Z: 

Je saisis parfaitement la « touche » humoristique dudit plan Z. Je tiens toutefois à préciser que, tant pour moi que pour beaucoup d’autres Grecs, ce serait impensable de considérer comme solution à la crise grecque l’ « échange » de dettes. Procéder à une « compensation » entre la dette odieuse et illégale (telle que celle créée pour la Grèce à la suite des mémorandums -entre autres…) avec la dette de l’Allemagne envers la Grèce, qui comporte une dimension morale énorme, serait un véritable outrage à la mémoire de tous ceux qui ont lutté, qui ont souffert et qui sont morts sous l’occupation allemande.


 



Merci à Coups de dent-Chronique satirique hebdomadaire sur l'actualité de la Galaxie
Source: http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=16253
Date de parution de l'article original: 20/10/2015
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=16253

 

 

Source : http://www.tlaxcala-int.org

 

 

 

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