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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 16:10

 

Marianne - Mercredi 3 Octobre 2012 à 15:20

 

Greek Crisis
Historien et ethnologue, ancien correspondant en France pour la revue grecque Nemecis, Panagiotis... En savoir plus sur cet auteur

 

La Grèce s'enlise dans la crise. Tandis que le peuple souffre, les élites s'en sortent. Notre blogueur associé Panagiotis Grigoriou raconte comment une partie de la classe politique évite de participer à l'effort commun pour redresser le pays.

 

(Graffiti à Athènes - Photo du blog Greek Crisis)
(Graffiti à Athènes - Photo du blog Greek Crisis)
Dans ce pays, jour après jour, nous nous éloignons (aussi) du silence. Ce silence dont le poète Elytis n'a cessé d'affirmer la nécessité : «Ce n'est pas uniquement un phénomène acoustique, car par-dessus tout, le silence instaure de la distance». Elytis n'était (et n'est) pas le seul à stigmatiser, à combattre, ou à fuir, cette lente mais inexorable destitution du silence fondateur. Pas plus tard qu'hier à Athènes, un ami de la Grèce et de longue date, se plaignait du bruit dans les îles, «comme si, ses habitants, ses commerçants ou les vacanciers (restants) seraient devenus complètement impénétrables par l'harmonie des lieux, et ceci, en l'espace de seulement trente ans». Sans doute, une conséquence à la fois issue de l'acculturation véhiculée par la mondialisation (c'est-à-dire du marché, plus libre que jamais), et aussi, de ses «paraphrases culturelles» endogènes, autrement-dit, le lifestyle du royaume du déchet, dont le bruit, ce pylône, alors promu en pilonnage, caractéristique des tranchées de notre modernité. Inutile de rappeler que sous le régime de la Troïka, le bruit devient aussi une arme de destruction massive. Car son usage, savamment combiné à celui de la peur propagée par les bancocrates, ainsi qu'à la déperdition de nos repères liés au temps (et intrinsèquement connectés à nos repères revendicatifs), tout cela, peut (aussi) expliquer la passivité relative des Grecs, évidemment sans l'excuser.

Il fait chaud cet après midi, 35ºC vers 15h, ainsi, nos plages se remplissent de nouveau, de gens de tout âge, c'est aussi une conséquence du chômage. C'est sur une plage, d'ailleurs accessible en tramway, qu'une Chinoise ayant épousé un Grec, estima que la moitié de ses compatriotes installés en Grèce depuis plus de dix ans, ont déjà quitté notre pays, plutôt pour s'installer ailleurs en Europe, que pour revenir en Chine. Sauf que la future grande histoire du dernier bruit de la Grèce, retiendra ce lundi 1er octobre, comme étant celui du retour des Troïkans à Athènes : «Ces connards (sic) d'employés à la solde des usuriers internationaux (…) et à celle de la psychopathe de Berlin, agissant de la manière d'un nouveau Hitler (sic), ce que l'ancien chancelier Helmut Schmidt a tenté de le lui expliquer paraît-il récemment, certes avec plus de diplomatie», selon le commentaire-réquisitoire du journaliste Giorgos Trangas ce matin sur Real-FM. Le ton du moment me semble-t-il est déjà donné pathétique dès «l'inauguration» de ce 29ème mois sous le mémorandum... Oui, c'est mal parti, et nous avec.

Capitalistes et escrocs

Le pays se décompose en mille et une Babylonies des âmes dans un vacarme assourdissant. Plus personne ne contrôle grand-chose, hormis certains ministères par les Troïkans et le cas échéant, par les escrocs du grand capitalisme local, pour ne pas changer. Des mesures pour tous et des scandales encore pour eux et contre nous, comme cet escroc d'envergure, Karouzos, ami lié de parenté spirituelle au Président du Parlement (Vangelis Meimarakis), voilà condamné depuis onze mois à de la prison ferme mais «paradoxalement» resté libre. Le mandat d'arrêt vient d'être émis mardi dernier (28/09), sauf que Karouzos demeure introuvable. Meimarakis doit être assez «naïf» en tout cas, pour ne prêter aucune attention aux activités mafieuses de son ami, car (selon les reportages) cet ancien patron de boites de nuit, devenu par la suite multi-entrepreneur dans l'immobilier, et dont «l'ouverture» auprès des banques excède les 350 millions d'euros, s'est toujours présenté devant les guichets comme étant le compadre de Vangelis et l'ami des politiques (Real-FM, 01/10).

Du bruit, encore du bruit. L'implication de Meimarakis dans cette affaire n'est pas prouvée, néanmoins certains oiseaux du poulailler des journalistes, chantent tout bas que Voulgarakis, l'autre politicien présumé impliqué à ce scandale aurait davantage profité des parrains et des amis. Ce dernier, ancien ministre de l'Intérieur, déjà mêlé au scandale Siemens ainsi qu'à celui du Monastère Athonite de Vatopèdi, s'est retiré de la vie politique pour entamer une carrière d'universitaire cette année à Chypre, sauf que le Recteur de l'établissement chypriote, vient (dans l'urgence) de déprogrammer les conférences de l'ancien ministre. Tout le monde ne s'appelle pas Giorgos Papandréou pour se voir offrir un strapontin d'or à Harvard, (officiellement) acheté par la famille Angelopoulos. Et on apprendra concernant les Angelopoulos (et certains autres amis des Papandréou et de la Suisse) : «qu'à part Johnny Hallyday et l’armateur grec Peter Livanos, qui ont fait bloquer leurs données fiscales seulement à partir de 2010 (...), la quasi totalité des personnes soumises au forfait fiscal font systématiquement bloquer leurs données. Ainsi par exemple les ressortissants grecs suivants, alors que leur pays est au bord du gouffre : Monsieur Theodoros Angelopoulos et famille, armateur et magnat de l’acier, Madame Gianna Angelopoulos-Daskalaki, ancienne politicienne, Monsieur Spiros Latsis et famille, banques, raffineries de pétrole, marine et aviation, participations, immobilier. C’est un scandale ! Ce faisant, ils rendent impossible toute transparence au sujet de leur situation financière. De plus, ils cachent dans la boîte noire de l’impôt forfaitaire le secret de leur menue contribution à la Suisse, pays dont ils jouissent si volontiers de la bonne infrastructure. Leur comportement est tout simplement contraire à la démocratie et inacceptable. Ce faisant, ils escroquent non seulement leur pays d’origine, mais privent aussi la Suisse et, en ce qui concerne les personnes susmentionnées, également le canton de Berne et la commune de Saanen, d’une contribution fiscale équitable: nous parlons ici certainement de millions, probablement de milliards de francs. La commune de Saanen fait état pour 2011 de rentrées fiscales sur le revenu de CHF 18,6 millions et de 9,6 millions sur la fortune. Quels seraient ces chiffres si les personnes au bénéfice de l’impôt forfaitaire étaient taxées comme les contribuables suisses ?» (Rapport de Margret Kiener Nellen, conseillère nationale PS /BE ).

Nous espérons que nos amis Helvètes (c'est-à-dire le peuple) trouveront leur solution, et nous... notre problème. Hier dimanche, le grand journal de la propagande To Vima, faisait sa une sur le prétendu putsch qui n'aurait pas abouti en octobre 2011, sans aucune preuve tangible, mais dans un contexte où certes, «les militaires étaient en ébullition». Telle fut également la version des faits dont s'accordèrent apparemment, Giorgos Papandréou et par exemple, l'homme politique de nationalité allemande, principalement implanté politiquement et médiatiquement en France, à savoir Daniel Cohn-Bendit. Je crois (et je ne suis pas un «oiseau isolé... ni de mauvaise augure»), qu'une fois de plus, To Vima, veut nous effaroucher pour nous pousser à admettre combien notre «démocratie» serait en danger, alors qu'elle se trouve déjà abolie depuis longtemps, officiellement en tout cas depuis 2010. Yannis Pretenderis, «notre» plume distinguée chez les oiseaux du royaume médiatique Lambrakis (Ta Nea, To Vima, Mega-TV), n'a pas hésité un seul instant à nous prévenir : «Vaut mieux réduire la santé (sic), les salaires et les retraites, plutôt que la démocratie, non ?» (a déclaré récemment, lors d'une émission de télévision, cité par Giorgos Trangas sur Real-FM – 01/10).

On admettra par la même occasion qu'au nouveau pays des bijoux à vendre et du bois de chauffage à acheter qui est le nôtre, les électeurs du centre ne devraient pas trop se reporter sur SYRIZA, qui d'ailleurs se centraliserait à son tour avant l'heure, au point où on se demande déjà (y compris en son sein), (et) dans quelle mesure, il deviendra ou pas, un bon, ou sinon, un mauvais Pasok ! Aliki, militante (et même cadre) au sein d'un courant SYRIZA politiquement situé très à gauche est en colère : «Tsipras a présenté à Salonique un programme sensiblement différent de celui de juin dernier. On se droitise, puis on caresse les Euro-maîtres dans le sens du poil. "l'économie basée sur la solidarité des citoyens" ne veut absolument rien dire, [car] soit on brise le système d'en haut et d'en bas, soit on rentre chacun chez soi pour ainsi ruminer la crise... Et il n'y avait aucune urgence pour que Tsipras aille voir Martin Schulz, le président du Parlement européen».

Mais a contario, le journal Avgi (SYRIZA) daté du 30/09, estime que «le message d'Alexis Tsipras devient enfin audible en Europe (…) et que Martin Schulz, lui a réservé un accueil digne d'un rang de Premier ministre». Soyons donc rassurés et confiants, l'avenir viendra ! Et du côté de la presse, pendant que nous y sommes, nous avons distingué la photo du chef Pasokien Venizélos, choisie par le journal Le Monde dans sa version électronique la semaine dernière. Elle en dit plus et surtout autre chose que l'article du journal, au point à se demander dans quelle mesure, les concepteurs de la page ne ont pas opéré ce choix volontairement. Le hasard a aussi fait, que pratiquement au même moment, j'ai découvert une caricature de Venizélos visitant l'exposition Dessins issus de la crise, à l'École de dessin de Spyros Ornerakis. Ses étudiants et jeunes dessinateurs présentaient leurs travaux, invariablement d'actualité. Lors du vernissage, on pouvait simplement grignoter et grignoter par la même occasion l'avenir. Que faire, où produire et comment vivre dignement de son art, rester ou sinon quitter le pays à la fin du cycle. Cycle d'études bien entendu, pas de la crise.

 

(Des étudiants en art exposent leurs travaux sur le thème de la crise - Photo du blog Greek Crisis)
(Des étudiants en art exposent leurs travaux sur le thème de la crise - Photo du blog Greek Crisis)

«La Mafia c'est l'Etat»

Car nos jeunes partent. Leur mot d'ordre : fuir. D'abord un pays occupé et inexistant, mais aussi un pays dont la mafia c'est l'État (plus les autres institutions). Avec une certaine amertume, Aristidis Baltas dans son éditorial (Avgi 30/09), estime «qu'au-delà de l'horreur, [et] à part cette prise de conscience nous faisant admettre que notre monde est soumis à ces forces invisibles qui déterminent de fait nos destinées, le livre [Gomorra : dans l'empire de la Camorra, de Roberto Saviano] pose implicitement une question qui nous concerne aussi directement : pourquoi la Camorra ou la Mafia n'existent pas en Grèce ? Pourquoi on n'entend parler que "du milieux" ou "des parrains de la Nuit", anonymement et sans trop de précisions ? (...) La réponse serait plus claire si l'on considère un paramètre, mis en exergue par le livre de Saviano. En Italie voisine, à travers toutes les batailles que l'État mène contre la Camorra ou la Mafia, d'ailleurs non sans pertes, il s'oblige à une certaine auto-épuration. Et de toute façon, il fait la guerre contre la Mafia par certaines de ses institutions et services spécifiques, sans oublier les tirs à balles réelles, gagnant parfois ici ou là de batailles importantes. Plusieurs "parrains" se trouvent d'ailleurs déjà derrière les verrous des prisons italiennes. Risquant un certain excès, je dirais que cette lutte n'est pas menée en Grèce, non pas parce que nous ne connaissons pas de Camorra ou de système mafieux... comme si la Grèce était un endroit idyllique. Non, bien au contraire : l'équivalent de cette organisation anonyme a noyauté dans le silence, l'État et ses institutions. Exagération ? Peut-être. Mais peut-être que non. Pensons à ce que nous savons de l'histoire et essayons d'admettre, au moins en tant que hypothèse de travail, le lien entre le passé et ce qui se déroule sous les feux des projecteurs en ce moment. Nous savons que pendant la guerre civile et jusqu'à la dictature des Colonels, un certain "État profond" a presque ouvertement confisqué la gouvernance du pays. On sait aussi, que comme la dictature fut considérée comme relevant de "l'infraction instantanée", l'épuration n'a été en somme que trop partielle. À partir de là, on peut raisonnablement supposer que finalement, après la restauration de la démocratie, cet "État profond" n'a pas disparu pour autant comme par magie, mais qu'il a intégré la nouvelle situation. Donc, d'après ce que nous avons pu constater, nous pouvons raisonnablement déduire que tous les gouvernements d'après-dictature ont fini par réinventer un modus vivendi avec lui, car s'y opposer, affronter ces structures bien établies, comporterait un coût politique apparemment insupportable. En contrepartie, ces structures si bien établies garantissaient aux politiciens l'affiliation de leurs réseaux clientélistes, non sans en profiter évidemment. Ces éléments, nous conduisent à supposer que les divers scandales ou affaires seraient de fait en interconnexion. L'affaire Siemens, le scandale de Vatopedi, celui des écoutes téléphoniques, celui manuels universitaires, les obligations... Structurellement truquées et ces autres délits d'initiées à la Bourse d'Athènes, plus les journalistes qui n'ont toujours pas tout vu, les commandes d'armement, l'affaire des juges initiés, le "circuit des usuriers escrocs Thessalonique", la contrebande des carburants et la contrebande tout court, les «irrégularités» financières dans les municipalités et dans les préfectures, les "entremetteurs", "intermédiaires" et les autres maîtres-chanteurs dissimulés ou apparents, les condamnés à de lourdes peines qui s'échappent de prison comme de chez eux, les matchs de football truqués et ce dopage, inextricablement impliqué dans le sport tout comme l'argent mafieux, la corruption chez les prisonniers, chez les gardiens et chez les agents, au sein de la police et jusqu'aux juges, mêlant contrôleurs et contrôlés, journalistes et membres des partis, des députés et des ministres. Et tout cela alors que la Constitution quant à elle, assure la presque impunité, car l'immunité des parlementaires est levée au compte-gouttes et en réalité presque jamais, lorsqu'il s'agit de ce type d'affaires (...). Et il ne s'agit pas, comme on dit parfois d'un quelconque "dysfonctionnement". Car le capitalisme grec est un capitalisme largement nourri par l'État. On y rencontre notamment, tous ces entrepreneurs nationaux et sous-traitants de toute sorte, propriétaires de médias, banquiers, gérants de fonds de pension et d'entreprises appartenant à l'État, ou d'entreprises privées dont l'unique client c'est l'État. Il s'agit, d'une interminable collecte de fonds publics sans règles ni limites, distribuant ainsi des avantages dus de manière asymétrique (et) à travers des liens correspondants à des structures caractéristiques de l'État profond. Ce système relationnel qui pourrait bien ne pas être soumis à un centre qui le guiderait d'en haut, mais qui néanmoins, agit comme si il lui était soumis. L'harmonie même parfaite qui caractérise la production du discours public à travers les médias électroniques et traditionnels, semble toujours obéir à un ordre du jour, comme si il est délivré par un organisme compétent, d'un "grand" pouvoir exécutif. Alors, en quoi ce fonctionnement serait-il distinct de celui de la Camorra, ou de la Mafia ? Laissons donc cette question ouverte. Quoi qu'il en soit, tout laisse penser qu'un éventuel gouvernement de gauche aura devant lui une tâche très lourde à accomplir (...)».

«Un désastre dans le désatre»

Telle est une certaine vision de notre gauche. Elle n'a pas forcement valeur d'une vérité absolue, mais elle ne serait pas foncièrement mensongère non plus. J'y ajouterais «simplement», que la jonction entre le «système de rapacité interne» et cette «autre» rapacité de la bancocratie mondialisante, aurait engendré ce «cas d'école», à savoir «l'expérimentation grecque» sous le mémorandum.

Et c'est aussi ainsi que nos jeunes partent. Comme nos oiseaux d'ailleurs. Chassés une fois de plus et de trop de leurs dernières réserves naturelles qui sont ces îlots inhabités de la mer Égée, car mis en vente (et en exploitation potentielle), au profit des créanciers. Un désastre dans le désastre, et d'abord destructeur de silence, selon les travaux de la Ligue grecque pour la protection des oiseaux (LGPO), communiqués lors d'une conférence sur le sujet, organisée vendredi dernier (28/09). De cette conférence, tout comme des autres noms d'oiseaux il sera aussi question dans un prochain billet de ce blog. Besoin d'un peu de silence aussi....

 

Grèce : les politiques oublient de participer à l'effort collectif !
Retrouvez d'autres articles de Panagiotis Grigoriou sur son blog.
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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 21:59

 

http://www.youtube.com/watch?v=Pw5yzPx7m0w&feature=player_embedded

 

 

 

Publiée le  2 mars 2012 par OkeaNews

Mercredi dernier, le 28/02/2012, Anna Vagena a pris la parole au parlement grec. Une parole sensée et pleine de colère. Elle met en garde la classe politique contre la fureur grecque qui s'annonce. Un discours plein de bon sens qui fait mouche.

 

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 19:17


Le Nouvel Observateur

  Créé le 04-10-2012 à 17h41 - Mis à jour à 17h41

 

ATHENES (AFP) - Quelque centaines d'employés d'un chantier naval dénonçant des impayés de salaire ont envahi la cour du ministère de la Défense grec à Athènes jeudi, tandis que des personnels hospitaliers et des agriculteurs en Crète protestaient aussi contre les mesures d'austérité prévues dans le pays.

Au ministère de la Défense, les forces anti-émeutes ont interpellé de nombreux ouvriers du chantier naval Hellenic Shipyards à Skaramangas dans la banlieue industrielle du Pirée, qui avaient fracturé les barrières d'entrée aux cris de "voleurs, voleurs" pour protester contre des impayés de plusieurs mois.

La police a matraqué des manifestants et tiré des gaz irritants pour les repousser, a indiqué un source policière. Devant le refus des protestataires de quitter les lieux, la police a procédé à leur interpellation en groupe.

Le chef d'Etat-major était auparavant descendu de son bureau pour tenter d'entamer le dialogue, mais avait été accueilli par des huées, montrées par les télévisions.

Le ministre, Panos Panayotopoulos, retenu par une cérémonie officielle, avait pour sa part fait savoir qu'il était prêt à rencontrer une délégation, à condition que les manifestants quittent les lieux.

Les manifestants, dont l'action a aussi brièvement interrompu le trafic routier sur un axe très fréquenté, protestent contre des impayés de plusieurs mois, alors que le chantier Hellenic Shipyards est menacé de faillite.

L'unité, employant plus d'un millier de personnes, avait été vendue en 2010 par son précédent propriétaire, le conglomérat industriel allemand ThyssenKrupp, au groupe Abu Dhabi mar, mais tourne au ralenti depuis des mois, dépendant de contrats de modernisation de l'armée grecque suspendus ou retardés par l'actuelle crise financière frappant le pays.

Les médecins et infirmiers des hôpitaux ont également manifesté jeudi devant le ministère de la Santé à Athènes contre de nouvelles coupes salariales et réductions des dépenses de la santé publique, comprises dans le nouveau train d'économies que la Grèce négocie actuellement avec la troïka de ses créanciers, UE, BCE et FMI. Le système de santé publique, comme le reste du pays, est lourdement endetté en Grèce.

L'adoption prévue du nouveau tour de vis destiné à assainir les finances publiques a fait remonter la tension sociale, tandis que l'UE et le FMI en font dépendre le maintien du pays sous perfusion financière.

Outre Athènes, Héraklion, chef-lieu de l'île de Crète (sud), a aussi été le théâtre d'affrontements jeudi après-midi entre forces anti-émeutes et des centaines d'agriculteurs en colère, qui ont tenté d'entrer sur la piste de l'aéroport de la ville.

Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui protestaient contre la baisse de remboursements de TVA et la hausse des cotisations sociales, prévues dans les nouvelles mesures d'austérité.

 

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 19:09

 

Marianne - Mardi 2 Octobre 2012 à 10:50

 

Greek Crisis
Historien et ethnologue, ancien correspondant en France pour la revue grecque Nemecis, Panagiotis... En savoir plus sur cet auteur

 

Malgré la grève générale et l'importante manifestation du 26 septembre, le gouvernement grec a annoncé de nouvelles mesures budgétaires. Elles risquent de toucher directement les personnes handicapées, comme le raconte notre blogueur associé Panagiotis Grigoriou...


(Manifestation à Athènes d'associations de défense d'handicapés, le 27 septembre 2012 - photo du blog Greek Crisis)
(Manifestation à Athènes d'associations de défense d'handicapés, le 27 septembre 2012 - photo du blog Greek Crisis)
Le «mémorandum rend libre» et au rythme où vont les choses, nous finirons vraiment par l'admettre. Déjà, depuis un moment, on se laisse dire que la bancocratie serait aussi l'affaire juteuse d'un si bon plat... partagé entre initiateurs-initiées en excluant tous les autres. Il est évident que dès que l'on saisit l'essence subjective de notre nouveau régime, ses initiateurs sont vite désignés : «créanciers», traders, ou politiciens de l'Europe «d'en haut», comme Mr. Schäuble par exemple.

Sans oublier, et nous ne les oublierons sans doute plus jamais, ces gens bien d'ici et (encore) de maintenant, autrement-dit, appartenant à notre si nombreuse «caste des intouchables» entre Athènes et l'archipel égéen. Sans les nommer, les politiciens issus des rangs du PASOK, ainsi que leurs autres frères Siciliens de la Nouvelle Démocratie, plus certains patrons et entrepreneurs de la saison pluvieuse de la dernière pluie de subventions de l'U.E., par exemple, et des corruptions diverses et variées à n'en plus finir ! Car historiquement, nous peinons à franchir ce dernier (et terriblement court) demi-siècle grec. Nous voilà donc aux temps des haricots ou plutôt à leur fin. Nul besoin d'être un grand épistémologue averti et expérimenté pour reconnaître cette énorme imposture attribuée au destin. Plus précisément, nous avons perdu le destin de notre vie.

Nous remercierons à ce propos et dans l'ordre, l'École de Chicago, ses épigones à Bruxelles, ainsi que la moitié du corps électoral (grec) depuis juin dernier. Tous remerciés pour avoir réussi cette prouesse méta-historique : nous faire revivre Weimar et le gouvernement de Vichy en une seule et unique séquence. Car, si l’histoire doit se répéter sous forme de farce, parions qu’il «n’est plus temps de se lamenter, et agissons», comme on entend dire ici ou là. Facile à exprimer mais plus compliqué à réaliser.

De nouvelles mesures de rigueur

Au lendemain de la manifestation du 26 septembre, on dirait que la capitale avait rapidement retrouvé son habituelle «normalité» : les vendeurs de pacotille à un euro pièce, les mendiants, les cafés du centre fréquentés, plus les imperturbables emplettes des chanceux. Les médias et autres violons sur le pont du navire, s'accordent pour nous enfoncer déjà la tête sous l'eau : «Vous n'étiez pas vraiment si nombreux hier à la manif les gars» et sur ce, le gouvernement s'est vite empressé, marquant une fois de plus l'épiderme du temps et certainement la nôtre, d'annoncer ses nouvelles mesures le soir même de la manifestation.

C'est ainsi que jeudi soir (27/09), la grande nouvelle grecque ne pouvait être que celle-ci : «Les trois partis du gouvernement s'accordent sur des mesures de rigueur». C'est ce que suggère Le Monde, qui révèle que «les trois dirigeants s'étaient déjà réunis plusieurs fois depuis début septembre pour tenter de finaliser cet accord sur des mesures controversées qui prévoient de nouvelles coupes dans les salaires, les retraites et les aides sociales. Le temps presse pour boucler ce plan, car le gouvernement doit présenter lundi son avant-projet de budget pour 2013, incluant une partie des mesures, et l'objectif est d'avoir fait voter les nouvelles mesures au Parlement avant le sommet européen du 18 octobre».

Manifestation d'associations de défense des handicapés

Et la moins grande nouvelle du jour, toujours selon le grand journal : «[C'est qu'au] lendemain de manifestations monstre et d'une grève générale en Grèce, des associations de défense des handicapés sont à leur tour descendues dans les rues pour protester contre les coupes budgétaires prévues par le gouvernement et qui devraient directement les toucher, alors qu'ils reçoivent en moyenne 640 euros par mois».

Sauf que les coupes budgétaires déjà effectuées par les gouvernements du mémorandum, touchent depuis 2010 les handicapés directement et indirectement. Sauf que le reportage du Monde ne rapporte rien de l'essentiel de cette énième matinée athénienne, à savoir l'émotion.

Effectivement, nous étions assez nombreux à les suivre, à les soutenir et à les admirer. Les passants s'arrêtèrent au passage du cortège, à l'exception notable de certains lecteurs du journal des sports. À chacun son match et les pénaltys pour tous, tel est aussi l'état d'une société défaite par deux mémorandum à zéro. Néanmoins, et je retiens surtout cela, ces moments furent beaux et grands, souriants mais graves, aussi, car il n'était pas un seul instant question de compassion, mais seulement de dignité et de lutte : «Nous ne voulons pas mourir, nous ne nous laisserons pas mourir, notre vie a toujours été une lutte, tout est lutte et d'abord la dignité.... Après le carnage déjà perpétué sur nos pensions (sic) et nos retraites, suite au coût des médicaments devenu insupportable, je dois survivre avec 340 euros par mois. Je suis enchainé voyez-vous, mais je reste debout et je marche. Ces gens sont des assassins, la dictature loge dans le Parlement en face, et nous, gens handicapés, nous considérons Schäuble comme un Colonel de ce régime, honte...».

Ils étaient tous là, occupant toute la rue du Stade entre Omonoia et Synagma (Place de la Constitution). Handicapés moteurs, malvoyants, malentendants, gens souffrant de pathologies rares ou chroniques, et dialysés, arrivés devant le Parlement d'une démocratie en dialyse. Et pour l'anecdote, mardi dernier, les employés d'une entreprise sous-traitante de la Régie d'Électricité, techniciens certainement «de spécialité» comme on nous apprend à dire, ont coupé le courant à la clinique de Saronikos (sur l'île d'Égine), pendant que les patients étaient encore sous dialyse. Heureusement que les groupes électrogènes de la clinique ont aussitôt pris le relais. Car l'établissement, privé du remboursement des soins depuis plusieurs mois par les Caisses de Sécurité Sociale, n'a pas pu à son tour, honorer ses factures électricité.

Ces Caisses, dont une bonne partie des avoirs, ont été «tondus» sur ordre de la Banque de Grèce, c'est-à-dire raflés par les «marchés», à l'occasion rêvée de la «restructuration financière» — le fameux PSI au printemps 2012— sur certains portefeuilles de la dette grecque. C'est peut-être la raison pour laquelle au passage de la manifestation, les portes de la Banque de Grèce se sont vite fermées, laissant certains clients dehors et stupéfaits : «Veuillez patientez un peu s'il vous plaît, la Banque rouvrira les portes de ses agences dans une petite heure Madame».

Le reportage du Monde, n'a pas non plus montré notre chien (vraisemblablement) Loukanikos, réapparu place Syntagma au moment où le haut du cortège se positionna devant le barrage policier, ce grand et omniprésent protecteur de notre Parlement depuis 2010. Il n'a pas non plus informé ses lecteurs jusqu'au bout, car peu après midi, les policiers ont chargé à coups de matraques des groupes de manifestants. Et ce matin (28/09), même sur la chaîne de télévision publique NET, les journalistes n'ont exprimé que de l'écœurement.

La déshumanisation

Quoi dire d'autre, si ce n'est que nous nous déshumanisons ne sachant plus que souhaiter à Mr. Schäuble pour son anniversaire. Il l'a fêté récemment à Berlin bien entouré paraît-il, selon Der Spiegel, aux côtés d'Angela Merkel et de Christine Lagarde, sauf qu'aucune nouvelle n'a filtré de cette réunion sur notre sort donc tout va bien ! Notre presse a également rapporté cet événement heureux sous forme d'un fait divers, c'est son droit diraient certains, ou peut-être bien son devoir. Mais chez d'autres, sa perception change et bien radicalement : c'est vrai que parmi nos handicapés-manifestants, il y a en a qui ont souhaité «la pendaison» disons symbolique du ministre fédéral des Finances. C'est triste, mais il faut dire que dans notre contexte, on s'éloigne facilement et imprudemment de toute critique de la faculté de juger.

Ce vendredi au marché, les dialogues du jour et de la saison n'ont pas cessé : «Nous nous débrouillons mal, notre retraite ne suffit plus, les enfants sont au chômage, il n'y a plus une seule famille sans "chômeur maison" (...) ah oui, je connais aussi le cas d'un casseur agissant de manifestation(s) qui vient d'être accepté au sein la police, donc voyez-vous, ce sont les mêmes (…). Les haricots blancs sont à 3,60 et les pêches de montagne à 1,5, vers 14h les prix baisseront, j'y reviendrai».

Temps des haricots, petites et grandes catastrophes, joies et espoirs. Une petite voiture a pris feu sur la rocade hier, tout comme la cuisine chez les gens d'en face aujourd'hui. Aussitôt, les pompiers sont arrivés sur place et tous les voisins... étaient de la fête, «tout de même, Kyriakos, le pays tourne et tournera dans l'urgence, je ne cesse de te le répéter depuis les élections de juin (…). Madame, vous avez laissé votre friture sans surveillance, même sans trop de dégâts, l'État, c'est-à-dire nous, porterons plainte contre vous, c'est automatique. Au train où vont les choses, vous serez convoquée devant un juge dans cinq ans... N'ayez pas peur, l'essentiel est déjà fait». Au rythme où vont les choses... c'est évident. L'essentiel ?

Les handicapés bientôt victimes des coupes budgétaires ?
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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 21:53

Médiapart - 03 octobre 2012 | Par Amélie Poinssot

Correspondance à Athènes

 

Une carte déployée sous les yeux, Fereniki Vatavali décrit les 600 hectares à vendre d'Elliniko : un espace deux fois supérieur à Central Park, situé dans le sud de la métropole d'Athènes, qui recouvre l'ancien aéroport et une grande partie des installations olympiques de 2004. La jeune femme est urbaniste à la mairie d'Elliniko. Elle énumère tout ce que l'on trouve sur le site : les locaux de la municipalité, un hôpital, des écoles, différentes fédérations sportives... et un vaste parc très apprécié par les familles et les sportifs qui viennent s'y entraîner. « Dans le cahier des charges de cette privatisation, rien n'est prévu pour la relocalisation de tous ces services. La question est de savoir si cette vente ne va pas coûter plus que ce qu'elle va rapporter ! » dit-elle.

L'urbaniste pointe par ailleurs les travaux d'aménagement qui resteront à la charge de l'État : réseaux d'eau et d'électricité, et probable aménagement d'une autoroute pour relier le site au nouvel aéroport. L'investisseur, lui, pourra aménager l'espace à sa guise ; sont prévus des immeubles de grand standing, des centres commerciaux, des bureaux... sans compter les 3,5 kilomètres de front de mer qui pourraient accueillir des infrastructures touristiques de luxe. Un tiers de l'ensemble doit être converti en espace vert. « Mais cela ne veut pas dire un parc accessible à tous : cela peut devenir un Disneyland ! » peste Fereniki Vatavali.

La vente de ce vaste terrain vient d'entrer dans sa deuxième phase : quatre candidats ont été pré-sélectionnés au terme d'un appel d'offres qui avait vu se présenter neuf investisseurs. Les derniers en lice sont le groupe indien Elbit Cochin Island, le qatari Diar Real Estate, le britannique London and Regional Properties, ainsi qu'une société grecque, Lamda Development.


L'entrée du Golden Hall 
L'entrée du Golden Hall© dr

 

Cette dernière vient d'ailleurs de décrocher un autre marché dans le cadre du programme de privatisations engagé par l'État grec : pour 81 millions d'euros, elle a obtenu la concession de 90 ans sur le centre commercial Golden Hall – l'ancien centre de presse des Jeux Olympiques de 2004, situé dans la banlieue nord d'Athènes. Lamda Development est l'un des plus gros groupes de construction de Grèce et d'Europe du Sud-Est. Il participe également à la compétition pour l'exploitation touristique de la côte Afantou sur l'île de Rhodes – autre bien dont la procédure de vente a commencé et où l'on retrouve aussi London and Regional Properties.

Ainsi va la Grèce. Au total, trente-trois entreprises ou lots fonciers sont à vendre d'ici à 2015, sous la forme d'une cession complète ou d'une prise de participation : la compagnie de distribution d'eau d'Athènes, celle de Thessalonique, l'exploitation des chemins de fer, les aéroports régionaux, les compagnies de gaz et d'électricité, des sites fonciers, de nombreux bâtiments ministériels... La liste devrait continuer de s'allonger, le but étant « de transformer complètement l'économie grecque », nous explique-t-on à l'Agence grecque des privatisations qui a été mise sur pied en juillet 2011. C'est à elle de réaliser ce vaste programme de privatisations, le Taiped : « Peu importe, en fait, les sommes que l'on va tirer de ces ventes. Il ne s'agit pas tant de collecter de l'argent que de libéraliser l'économie. »

Au Taiped, on parle de la Grèce comme du pays « le plus soviétisé au monde », et la notion d'entreprise publique apparaît comme quelque chose de tout simplement « démodé ». L'important est de s'en débarrasser, quel qu'en soit le prix... D'ailleurs, il est peu probable que l'objectif des 19 milliards d'euros de recettes d'ici à 2015 soit atteint. Déjà, l'objectif de 50 milliards, annoncé par la Troïka en février 2011, a très vite été abandonné. C'était une annonce politique, calculée en fonction de la dette à combler, et non sur la base de ce que l'État grec pouvait effectivement vendre.

Même lorsque l'objectif a été ramené à 19 milliards, l'une des personnes alors au cœur du dossier, que nous avons rencontrée, continuait de penser que le montant ciblé restait « complètement irréaliste ». De fait, les 3 premiers milliards que l'État devait toucher sur ses ventes en 2012 ne seront jamais atteints : seule une deuxième transaction doit être conclue d'ici à la fin de l'année – la vente de 33 % d'OPAP, société de paris sportifs, dont le processus a été officiellement lancé la semaine dernière.

 

Entreprises rentables

« L'ensemble de ces ventes rapportera, au mieux, 5 à 6 milliards d'euros », estime pour sa part Yorgos Stathakis, député en charge du dossier privatisations au sein de la gauche radicale Syriza, le principal parti d'opposition. Il relève que « toutes les entreprises à vendre, à l'exception de la compagnie des chemins de fer (OSE), sont rentables, et elles risquent d'être vendues à un prix bien inférieure à leur valeur réelle, comme ce fut le cas récemment dans le rachat de la Banque agricole de Grèce, qui a été vendue pour une bouchée de pain à la Banque du Pirée ».


Opap, à Athènes 
Opap, à Athènes© dr

 

La société OPAP a par exemple dégagé 126,1 millions d'euros de bénéfice net au premier semestre 2012« En trois ans, le repreneur aura déjà amorti son achat, analyse l'économiste Maria Karamessini. Et l'État, lui, ne disposera plus de cette manne qui aurait pu contribuer, petit à petit, à combler la dette. Certes, les paris sportifs ne font pas partie de ces biens d'utilité sociale comme l'eau ou l'électricité. Mais si c'est un secteur rentable, pourquoi s'en séparer ? »

Rien ne garantit par ailleurs que la gestion privée sera meilleure que la gestion publique. Maria Karamessini « Certes, de nombreux secteurs en Grèce sont restés dans le giron de l'État, plus qu'ailleurs en Europe. Mais cela ne veut pas dire que c'était une économie étatique. Au contraire : les entreprises publiques étaient approvisionnées par le secteur privé, qui était, lui aussi, partie prenante du système clientéliste caractéristique de l'État grec. De plus, le but du secteur privé n'est pas de maximiser le bien-être social, mais bien de maximiser le profit. »

La compagnie d'eau EYDAP, sur la liste des entreprises à vendre, est elle aussi bénéficiaire : elle a réalisé 12,18 millions d'euros de bénéfice net au premier semestre 2012 – un résultat en hausse de 53 % par rapport au premier semestre 2011. C'est un monopole avec une clientèle assurée de 4,5 millions de consommateurs (tout le bassin de l'Attique, la région d'Athènes). Certes, elle est endettée à hauteur de 190 millions d'euros auprès des banques, mais l’État et les collectivités locales lui doivent, respectivement, 540 et 240 millions d'euros... Quid de ces créances si l'entreprise est vendue ? Seront-elles transférées sur le compte du nouveau propriétaire ? Auquel cas l'affaire pourrait s'avérer particulièrement intéressante...

Pour parer à l'incapacité de l'État d'honorer ses dettes, le PDG d'EYDAP a même proposé, plutôt que de vendre l'entreprise avec ses créances, de la vendre avec une exemption fiscale pendant sept ou huit ans. L'Agence des privatisations n'a pas encore tranché, l'appel d'offres est toujours dans les tiroirs. Mais une chose est certaine : l'entreprise est sous-cotée. Sa valeur boursière actuelle n'atteint pas les 500 millions d'euros. « Elle en vaut en réalité au moins deux fois plus », lâche un proche du dossier.

Le contexte de récession actuel tire les prix vers le bas, et l'incertitude qui plane sur l'avenir de la Grèce et plus généralement sur l'avenir de la zone euro n'est pas favorable aux investissements. Et si peu de monde se bouscule au portillon, les enchères ne vont pas monter bien haut. Ioannis Pyrgiotis, secrétaire général des Infrastructures et investissements touristiques, et, à ce titre, en charge du dossier des anciennes installations olympiques, l'avoue à demi-mots : « La situation économique du pays est effectivement un problème. C'est un véritable challenge de faire venir une demande externe pour développer le site d'Elleniko. »

De fait, on a du mal à imaginer une clientèle grecque pour ce futur espace de prestige, tout comme pour la côte d'Afantou à Rhodes ou celle de Kassiopi à Corfou, également sur la liste des prochaines ventes : le tourisme interne est en chute libre depuis deux ans, et la Grèce est déjà largement dotée en termes d'infrastructures touristiques..

 

Les entreprises chinoises et qataries sur les rangs

Qui va profiter, en définitive, de ces ventes à marche forcée ? Les entreprises chinoises et qataries, notamment, manifestent un intérêt pour investir dans le pays – les premières sont particulièrement intéressées par le secteur des transports. Rappelons que le géant maritime chinois Cosco a fait l'acquisition en 2008 d'une concession de trente-cinq ans sur la moitié du port du Pirée, et que la Grèce constitue pour ce type de distributeur une porte d'entrée vers le marché des Balkans.

Pour d'autres, le rachat des biens publics est une spécialité. Le fonds d'investissement new-yorkais NCH Capital Inc., l'un des premiers à investir en Russie et en Europe de l'Est après l'effondrement du bloc soviétique, est déjà assuré de remporter au moins un marché : deux de ses filiales, NCH Balkan Fund et NCH New Europe Property Fund II, se disputent l'attribution finale de la côte de Kassiopi, à Corfou, tandis que le fonds d'investissement participe également à la dernière phase de la compétition pour l'exploitation de la côte d'Afantou à Rhodes.

Les Français, en revanche, sont en retrait – même si des propositions sont à attendre du côté de Veolia et Suez pour le rachat des compagnies d'eau, la seconde possédant déjà 5 % d'EYATΗ, la compagnie d'eau de Thessalonique. Quant au rachat de la compagnie de gaz DEPA, quatorze entreprises ont pour l'instant été pré-sélectionnées, parmi lesquelles deux groupes russes, un azéri, une firme israélienne, deux espagnoles, deux italiennes... 

« Les investisseurs viennent des quatre coins du monde », nous confirme-t-on au Fonds de privatisation. Avec une réorientation toutefois : Moyen-Orient et Asie, autrefois complètement absents des investissements étrangers en Grèce, cherchent désormais à se faire une place – jusque-là les investisseurs traditionnels étaient surtout allemands et français.

Tout ce processus a un coût. Le Taiped, société anonyme créée sur la base de fonds publics, a été doté au départ d'un capital de 30 millions d'euros. Une équipe de trente-trois personnes travaille à plein temps, et sur chaque projet sont sollicités des conseillers externes pour les aspects financier, juridique et technique.

Les plus grandes banques d'investissement du monde travaillent ainsi pour les projets du Taiped : Rothschild, UBS, Crédit suisse, Deutsche Bank, BNP Paribas, Lazard, HSBC, Crédit agricole... Parmi les conseillers juridiques, on trouve de grands cabinets internationaux comme Ernst and Young, Baker & McKenzie ou encore Clifford Chance, ainsi que de gros cabinets grecs comme Karatzas and Partners ou Koutalides. 

 

Jeffrey Sachs 
Jeffrey Sachs© dr

 

Au total, 6,9 millions d'euros d'honoraires ont été dépensés par l'agence pendant son premier semestre de fonctionnement. Le gouvernement grec a en outre dépensé 5,5 millions d'euros en conseillers en privatisation depuis juin 2010. L'on sait par ailleurs que Georges Papandréou, en tant que premier ministre, avait sollicité l'expertise d'économistes et de financiers de renom (Joseph Stiglitz, Matthieu Pigasse, Jeffrey Sachs notamment, d'après la presse grecque). Officiellement, près d'un million d'euros ont été dépensés pour les conseillers du gouvernement Papandréou (octobre 2009-novembre 2011). 

« Mais cette somme ne prend pas en compte les conseillers étrangers ; nous pensons que les rémunérations de ces derniers sont enregistrées sous une ligne budgétaire qui reste confidentielleestime le député de Syriza, Athanasios Athanasiou, qui a posé une question en ce sens au gouvernement pendant une session parlementaire au cours de l'étéNous ne demandons pas seulement une réponse sur le montant de ces dépenses, nous voulons aussi savoir ce qu'ont dit ces conseillers, et pourquoi ils n'ont pas été suivis. Car vraisemblablement certains ont déconseillé à Papandréou de s'engager dans le tout-austérité... »

D'autres dépenses s'ajoutent à ce montant avancé. Le mois dernier, un député de la droite de Nouvelle Démocratie estimait en commission des affaires économiques de l'Assemblée que le salaire annuel du président du HFSF, le Fonds grec de stabilité financière, atteignait 294 000 euros. Si le montant exact est impossible à vérifier, reste que le HFSF, comme le Taiped, est une société anonyme créée avec des fonds publics : chargé de la recapitalisation des banques grecques, le Fonds a été doté d'un capital de départ de 1,5 milliard d'euros. Il a ensuite touché, dans le cadre des prêts européens, 25 milliards d'euros qu'il est chargé de reverser aux banques grecques en manque de liquidités, avant un prochain versement de 25 milliards d'euros attendu pour la fin novembre. Ce sera ensuite à la charge de l’État grec de rembourser ce capital.

Faut-il le rappeler ? Dans le même temps, les contribuables grecs ont vu leur pouvoir d'achat s'effondrer. Sous le coup des mesures d'austérité, les salaires de la fonction publique ont baissé de 40 % en moyenne et ceux des entreprises publiques de 35 % (lire La Grèce s'enfonce dans la récession et la pauvreté).

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 17:32

 

Classé dans Enquête, Polémique, Politique

 

Par Okeanos, le 28 septembre 2012 - 10:40

 

Les 36 politiciens suspectés d'enrichissement personnel (image www.iefimerida.gr)

Les 36 politiciens suspectés d’enrichissement personnel (image www.iefimerida.gr)

Après la bombe de dimanche dernier concernant les soupçons de détournement de 10 milliards d’euros d’argent public, la liste des 36 hommes et femmes suspectés d’enrichissement illicite par la SDOE, la brigade financière grecque,  a été publiée, notamment chez Zougl@.

La Liste :


Panos Kammenos : président du parti «Grecs indépendants. » Examiné par la SDOE de Grèce centrale pour la période ou il était député. L’enquête prévoit  l’ouverture de comptes bancaires et la vérification de propriétés.

 Nikitas Kaklamanis :  député Nouvelle Démocratie. L’enquête concerne la période pendant laquelle il était le maire d’Athènes. L’enquête a débuté après qu’une plainte est arrivé dans les bureaux de l’Accusation en Juin 2012.


Athanassios Nakos : vice-président du parlement. L’enquête a débuté le 15 Mars 2012 et est suivie par la SDOE de Thessalie. Collectes de données en cours.

Evangelos Meimarakis, président du parlement. Contrôlé par la SDOE après des plaintes. Suspecté d’être impliqué dans un scandale de détournement et de blanchiment de 10 milliards d’euros d’argent public.

George Voulgarakis, ancien ministre de l’Ordre Public, de la culture et de la marine marchande. L’affaire est très précoce puisqu’elle suit une demande du ministère public envoyée le 18 Juillet 2012, qui  concerne des comptes bancaires ouverts pour lui et sa femme.

Michalis Liapis, ancien secrétaire des Transports et de la Culture. L’enquête suit une plainte pour enrichissement illicite.

Aris Spiliotopoulos, député Nouvelle Démocratie d’Athènes. L’enquête fait suite à une plainte anonyme. Des demandes d’informations sur la source de revenu déclarée par le bureau des impôts compétent et des données sur les mouvements des comptes bancaires ont été faites.

Michalis Karhimakis, ancien secrétaire du Conseil national du PASOK. L’enquête fait suite à une plainte anonyme pour enrichissement illicite, qui indique qu’il possèderait 3 hôtels à Ierapetra, qui, selon la plainte, peuvent ne pas être à son nom.

Spilios Spiliotopoulos, ancien membre de Nouvelle Démocratie. Des vérifications seraient en cours pour la période pendant laquelle il était ministre de la Défense.

Nikos Konstantopoulos, ancien leader de SYRIZA.

Elizabeth Vozenmergk, ancien député de la Nouvelle Démocratie. Elle serait
contrôlée depuis 2010 pour des allégations de fraude.

George Orfanos, ancien député de Nouvelle Démocratie de Thessalonique. Des vérifications seraient en cours  pour la période pendant laquelle il a été vice-ministre des Sports (2004-2007).

Marina Chrysoveloni, député des Grecs indépendants. Contrôlé par la SDOE de Thessalie. L’enquête en serait au stade de la collecte de données.

Yiannos Papantoniou, ancien ministre des Finances et de la Défense du PASOK. Enquête, sur lui et sa femme, a débuté et dans l’attente des données en provenance des banques.

Anthony Beizas, Député. En cours d’enquête après dépôt d’une plainte.

Nikos Tagaras, ancien vice-gouverneur de Corinthe et député de Corinthe avec la Nouvelle Démocratie. Contrôlé par la SDOE du Péloponnèse. La vérification a été lancé le 14 Octobre 2011 et est en train de recueillir des données auprès des banques.

Panagiotis Fassoulas, ancien député-maire du PASOK du Pirée. Vérification en cours suite à des plaintes.

Elpida Tsouri, ancien député du PASOK et vice-ministre des Affaires maritimes, des îles et de la pêche. Contrôlé par SDOE Nord de la mer Egée pour la période ou elle était député.


Philippos Foudis, candidat aux élections législatives avec les Ecologistes. Contrôlé par la SDOE de Thessalie. L’enquête a débuté le 23 Avril 2012 et en serait actuellement à la rédaction du rapport d’audit.

- Alexandros Voulgaris, ancien député du PASOK. Contrôlé par la SDOE de Thessalie. L’enquête en serait à la collecte de données.

Leonidas Tzanis, ancien adjoint avec le PASOK. Contrôlé par la SDOE de Thessalonique. L’enquête a débuté le 31 mai 2012 et est en train d’ouvrir et analyser des comptes bancaires.

Ioannis Anthopoulos, ancien secrétaire de l’éducation avec le PASOK. L’enquête a débuté en Avril 2012 et est due à l’implication en tant qu’avocat dans diverses entreprises, pour lesquels le ministère effectue des vérifications. Il a été demandé de vérifier les comptes bancaires et la collecte des données serait en cours.

Anastasios Mandelis, ancien ministre des transports et des communications avec le PASOK. Un contrôle fiscal et un contrôle de ses comptes bancaires seraient en cours pour enquêter sur la question du scandale Siemens.

Yoannis Spokos, ancien secrétaire général au ministère de la Défense. Des vérifications seraient en cours.

Apostolos Fotiadis, ancien sous-ministre des Finances avec le PASOK. Suite ầ une plainte pour enrichissement illicite, une enquête a été ordonnée. Les revenus et les dépenses vérifiés ont été réalisés au cours de la période 2000-2012. Une demande pour analyser les mouvements des comptes bancaires aurait été lancée et les résultats seraient toujours en attente.

Fevronia Patrianakou, député de la Nouvelle Démocratie. L’enquête fait suite à une plainte adressée à  l’Inspection du travail. Les comptes bancaires seraient en cours d’analyse.

- Nicholas Andrianopoulos, ancien secrétaire général du ministère des Finances.

Akis Tsochatzopoulos, l’ancien ministre de la Défense. Déjà inculpé pour corruption en avril 2012 et en prison depuis. Voir ici.

- Fotis Arvanitis, ancien député du PASOK.

- Dimitris Apostolakis, ancien ministre de la Défense sous le gouvernement de Costas Simitis.

Christos Verelis, ancien ministre des Transports et des Communications. En cours de contrôle suite à des plaintes.

- Constantinos Liaskas, ancien ministre.

Christos Zachopoulos, ancien secrétaire général du ministère de la Culture, Nouvelle Démocratie.

Petros Mantouvalos, avocat et ancien député de la Nouvelle Démocratie. Enquête suite à une plainte  pour enrichissement illicite.

Michael Chalkidis, membre de la Nouvelle Démocratie et un ancien maire de Melikis. Enquête en cours après une plainte pour enrichissement illicite.


George Patoulis, maire de Maroussi. Enquête en cours après des allégations d’enrichissement illicite.

 


Il est a noter que cette liste comporte une majorité de cas dont les enquêtes commencent. Rien ne dit donc de l’implication réelle des femmes et hommes politiques de cette liste.

Mais rien ne dit non plus que cette liste est exhaustive…

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 15:04

 

Par Okeanos, le 28 septembre 2012 - 14:23

 

Les personnes handicapées manifestaient hier à côté du parlement grec, place Syntagma. Ils protestaient contre les coupes dans les aides au handicap que le gouvernement veut mettre en place dans le cadre du nouveau plan d’économie de 11.5 milliards d’euros. Retour sur une manifestation pas comme les autres.

Il était environ midi quand les personnes handicapées sont arrivées place Syntagma. Environ 700 personnes étaient présentes pour l’occasion. La police avait placé 2 bus de CRS pour bloquer l’accès à la rue Leoforos Vasilissis Sofias, voir le plan ci-dessous :

Il faisait chaud hier, l’été était de retour avec 32°c et les manifestants se sont mis progressivement à l’ombre des arbres ou des bus de la police anti-émeute.

Grâce à la pression des manifestants, une délégation a été autorisée à rentrer dans le parlement pour rencontrer les autorités et expliquer leur demande. Rien de concret n’est d’ailleurs vraiment sorti de cette entrevue, la requête a été « prise en compte ».

Pendant que la délégation s’entretenait dans le parlement, les manifestants sont restés sur les lieux de la manifestation et ont tenté de forcer le barrage de la police anti-émeute. Les CRS ont commencé par répliquer de manière violente et habituelle :

Vidéo (NewsIT) :

 

 

Suite à cet épisode (qui m’a permis de réviser « Le petit cours de grec accéléré  sur l’insurrection sociale »), les CRS se sont repris et ont décidé de reculer vers l’autre entrée du parlement, à l’angle des rues Akadomia et Leoforos Vasilissis Sofias.

L’ensemble des photos de la journée :

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 16:28

 

http://fr.contrainfo.espiv.net/2012/09/26/grece-greve-generale-26-septembre-2012/

 

 

Du poison pour les MAT (police anti-émeute)

Toutes les heures sont GMT+2

22.15 Un rassemblement a été appelé pour demain, le 27 septembre, à 11h30, au tribunal d’Evelpidon d’Athènes pour la solidarité avec les 25 arrêtés qui font face à des accusations et qui sont détenus. Parmi eux, 12 ont été attrapé dans le parc Gardenias à Zografou au matin quand la manif pour la grève fut attaqué par la police. Le nombre total d’arrêtés est de 140.

20.55 Chios a vu la manifestation pour la grève la plus large depuis des années sur l’île. Ce fut la première fois que quasiment tous les magasins et cafés ont été fermé. Environ 2.500 personnes sont descendus dans la rue le matin, dont plusieurs anarchistes et de nombreux jeunes.

20.35 Des résidents et grévistes du quartier de Petralona tiennent un rassemblement avec système audio à la station de métro de Petralona, exigeant la remise en liberté immédiate des tous les arrêtés de la marche d’aujourd’hui.

20.30 Malgré le harcèlement de la police, plus de 500 personnes ont marché depuis le parc Gardenias dans les rues principales du quartier de Zografou, alors que des unités de flics les suivaient de près.

19.30 Des unités de flics à moto encerclent le parc Gardenias à Zografou, empêchant l’accès à plus de manifestants et menaçant d’arrêter les gens qui se sont rassemblés en solidarité avec les arrêtés de la journée. C’est la deuxième fois aujourd’hui que le parc Gardenias est envahi par toutes sortes de flics. Les gens résistent et appellent à un soutien immédiat.

 

Quelques photos de la journée de grève à Athènes :

http://dimostheniszem.blogspot.gr/2012/09/26-2012.html

 

 

 

18.10 Le nombre total de manifestants interpellés est de 129, selon les avocats, tandis que les personnes en garde à vue et qui font face à des accusations sont 25 pour l’instant.

Le rassemblement de solidarité reste devant le quartier général de la police.

17.25 Des grévistes et d’autres personne en luttes appellent à un nouveau rassemblement à !9.00 sur la place Gardenia, dans le quarto er de Zografou, pour protester contre les evèmements répressifs ainsi que les interpellation massives et les gardes à vue d’aujourd’hui.

17.00 Les flics ont lancé une attaque violente à Exarchia, en intervenant depuis la rue Arachovis et en dispersant les gens hors de la place. Les gens ont été chassés et ont couru dans les rues Harilaou Trikoupi et Valtetsiou. Au moins une interpellation reportée.

16.40 A Kavala, dans le nord de la Grèce, plusieurs magasins ont été fermés et 1000 manifestants parmi lesquels des gauchistes, des anti-autoritaires et travailleurs ont participé à la la manifestations. Environ 100 personnes ont défilé dans le bloc anarchiste derrière une banderole qui disait : “Avec 400€ tu ne fait pas ta vie, tu fais une révolte”

16.38 Actuellement la place Exarchia est de nouveau bondée malgré la présence massive des forces répressives dans les environs. De même, e rassemblement de solidarité avenue Alexandras reste en face du quartier général de la police

16.20 Dans la ville  d’Agrinio, près de 1000 personne ont participé à la manifestation de cette journée de grève, manifestation dans laquelle se trouvait un bloc du squat Apertus et d’autres compagnons.

16.05 Au moins 13 des 20 interpellations de l’opération de ce matin a Zografou se sont transformées en gardes à vue. Un de ces manifestants a été sérieusement blessé et est actuellement hospitalisé.
Par ailleurs les personnes arrêtées n’ont pas encore été en mesure de pouvoir consulter un avocat et on ne sait pas non plus quand est ce qu’ils seront présentés au procureur du tribunal d’Athènes.
Il y a eu un total de 104 interpellation pour l’instant d’après une déclaration de la police.

15.45 Les affrontements s’intensifient dans les rues Valtetsiou et E.Benaki à Exarchia.

15.40 Plus de 250 persons en solidarité à l’exterieur du quarter général de la police (GADA )

15.35 Des affrontements ont lieu au coin des rues Aiolou et Stadiou a coté d’Omonia mais aussi des batailles rue Ermou à coté de Syntagma. Des coktails molotovs sont jetés sur les flics. D’autre interpellations rapportées.

Les forces de polices sont à Exarchia et chassent les manifestants de la place.

15.15 De petits affrontements et des barricades dans la rue Solonos. Un véhicules blindé de lutte contre les incendies a fait vu dans les rues d’Exarcheia.

15.10 De nombreuses arrestation dans les rues  Stadiou et Panepistimiou ont été rapportées mais aussi vers Omomia. Des manifestants blessées ont reçu des soins.

14.50 A Corfu, la manifestation de grevistes a commencé à 11.00 ra 50 et une compagnons des collectifs Draka et Elaia s’y sont retrouvés manifestant dans deux blocs. Des slogans ont été peint sur les murs, des tracts distribués aux gens et des oeufs ont été jetés sur des agences bancaires. Une banderole a été déployée au pré-rassemblement, en solidarité avec les squats et les lieux autogérés qui ont été violemment attaqués ces derniers mois. Leur banderole dit : Les squats Apertus (Agrinio), Draka (Corfu) et Delta (Thessaloniki), Le marché municipal de Kypselli (Athènes). Le lieu de rencontre autogéré de l’université de Rethymnon. Bas Les pattes des squats.

14.45 Appel urgent des assemblées populaires pour un rassemblement immédiat de solidarité à l’extérieur du quartier général de la Police à Athènes (GADA) , sur l’Avenue Alexandras , pour les nombreuses personnes  qui ont été interpellées aujourd’hui.

  

14.30 Présence massive et dynamique des syndicats de bases et des assemblées populaires ainsi que des blocs anarchistes/anti-autoritaires et d’autres manifestants dans la partie basse de la place Syntagma.
Peu de temps après  les flics ont lancé des lacrymo et des grenades assourdissantes contre les manifestants dans la rue Karageorgi Servias alors que les manifestants ont contre-attaqué avec des Molotov et des pierres.  Des affrontements ont éclatés après de nombreuses arrestations. Les forces de police sont déployées sur la place Syntagma. Des escadrons anti-émeutes ont coupé la rue Othonos. Des centaines de personne ont été obligées de quitter la place et se sont dirigées vers la partie supérieure de la place en face du parlement.
Les emanations des produits chimiques utilisés par la police se mêlent à la fumées des feu dans cette région. Au même moment les grévistes restent dans les rues principales. Des arbres ont été incendié à l’intérieur des jardins nationaux. La rue Panepistimiou est remplie de gaz lacrymo.

13.55 On rapporte une estimation de 100 000 personnes marchant vers la place Syntagma

13.30 La radio livre 1431am rapporte qu’environ 15 000 grévistes ont participé à la manifestation à Thessalonique qui est maintenant terminée. Les Syndicats de Bases ont appelés à une assemblées ouvertes de grévistes sur la place Aristotelous.

13.20 Au moins dix personnes interpellé à Zografou après que la police ait attaqué le rassemblement des grévistes du quartier. (Aucune arrestations à Pangratti)

13.00 Dans le centre d’Athènes après que les staliniens du PAME et du KKE ait fait leur parade séparée et se soient dispersés plus tôt à Syntagma, ont commencé depuis le Musée Archeologique. Des milliers de personnes marchent sur ‘avenue Patision et crient des slogans anti-fascistes.

12.50 Environ 200 manifestants ont participé à la mobilisation pour cette journée de grève dans la ville de Preveza ( à l’Ouest de la Grèce ). Un block anarchiste/libertaire à manifesté dans la ville pour la première fois constitué de 20 compagnons et de quelques dizaine de personnes qui se sont associés au bloc. Des slogans antifascistes ont été chantés pendant la manifestation.

12.40 Au moins 50 personnes sont détenues dans le quartier général de la police d’Athènes ( GADA ), sans pouvoir communiquer avec les avocats. Ces personnes ont été interpellées dans différents quartiers.

12.36 Environ 500 personnes dans les rues de Mytilini, la manifestation s’est terminées devant les bureaux du Secretariat Général de l’Egée et de la Police de l’Ile

12.30 Au moins 10000 manifestants à Patras, Autant de gens à la manifestation d’Heraklion en Crète

12.19 La radio libre “Parasita” de la ville de Volos ( au centre de la Grèce ) rapporte qu’environ 1000 manifestants ont commencé à marché vers la rue Iasonos. Plus tôt dans la matinée, une intervention anti-nationaliste à eu lieu au marché populaire de la rue Gianni Dimou. Depuis 11 heures les différents blocs de grévistes  ont commencé à se rassembler sur la place Eleftherias. Les forces de polices sont étonnamment pas visible en grand nombre dans le centre-ville

12.12 Les flics ont ouvert la rue Ymittou et n’empêchent plus le bloc de L’assemblée populaire ouverte de Pangrati. On ne sait pour l’instant pas si il y a eu des interpellations malgré les informations précédentes.

12.00 Les force de police bloquent des groupes de manifestants en haut de la place Pangratti dans le quartier du meme nom.
Les compagnons qui se trouvent sur place pensent que les flics vont transférés les interpellés au commissariat.

11.50 La radio libre 98 FM rapporte que les flics ont attaqués avec leurs matraques les manifestants mentionnés plus tôt qui étaient bloqués à Zografou et quils ont interpellé au moins une fille qui a été transféré directement au commissariat du quartier. Les flics ont attaqué une fois de plus les personnes solidaires qui essayaient de se rassembler à l’extérieur du commissariat.

11.30 D’après la radio libre 105FM, sur l’ile de Lesvos, environ 400 manifestants essentiellements des syndicats et d’organisations gauchistes se sont rassemblés  sur le lieu de rendez-vous de Mytilini. La manifestations commencé à 11.50.

11.28 Les DIAS, unité de police à moto, bloquent des manifestants rue Papagou à Zografou, tentant de les empêcher de rejoindre le centre ville et la manie. Les gens chantent des slogans et refusent de se disperser.

11.14 Interpellations préventives de 30 personnes au pré-rassemblement de l’assemblée populaire de Braxami au métro Dafni Place Kalogiron.
Toutes les personnes interpellées sont transférées au quartier général de la police ( GADA ) avenue Alexandras.

11.00 Des gens rapportent qu’à Aigaleo les patrons retiennent leurs employés enfermés à l’intérieur de leur commerce, en attendant que la foule qui se dirige à la manifestation soir passée pour ouvrir les portes aux consommateurs.

10.00 L’association des Employés du métier du livre de l’Attique tient un rassemblement en dehors de la librairie Papasotiriou, Rue Panepistimiou, dans le but de s’assurer qu’il n’y aura pas de tentatives de la part des patrons ou des jaunes de briser la grève. Une car de police et différentes sortes de flics se trouvent aussi sur place. Des grévistes bloquent aussi un établissement de la Banque Agrotiki un peu plus haut dans la meme rue.

Dans le centre d’Athènes les rassemblements pour la grève sont appelés à 10.30 (GMT+2) a coté du Musée Archeologique National sur l’avenue Patision.
Ce post sera constamment mis à jour avec des traductions brutes des rapports par les gens dans les rues, Indymedia Athènes et les radios libres.

September 26th, 2012

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 18:23

 

Le HuffPost/AFP  |  Publication: 26/09/2012 16:21 CEST Mis à jour: 26/09/2012 16:21 CEST

 
 
 
Grece Athenes Manifestations Rigueur

GRÈCE - Plus de 30.000 Grecs selon la police ont pris les rues mercredi à Athènes et Salonique, en marge d'une grève générale de 24 heures, pour protester contre un nouveau plan de rigueur négocié avec l'UE et le FMI par le gouvernement grec qui affronte son premier test social.

À Athènes, la police estimait à la mi-journée à plus de 15.000 les manifestants en route vers le parlement, séparé en deux cortèges, tandis qu'à Salonique, deuxième ville du pays, dans le nord, près de 18.000 personnes étaient décomptées par la police.

Manifestants, journaliste ou touristes sur place ont posté sur Twitter plusieurs photos permettant de se rendre compte de l'ampleur du rassemblement:

La place Syntagma:

 

Le boulevard Karagiorgi Servias qui part de la place Syntagma:

Dans la capitale, le défilé le plus fourni était celui du front syndical communiste Pame, uni derrière les slogans "Insoumission" et "Pas de nouveaux sacrifices pour la ploutocratie". L'autre cortège était mené par les deux centrales syndicales GSEE et Adedy, organisatrices de la journée d'action pour "repousser les nouvelles mesures dures, injustes et inefficaces". Les slogans étaient à la fois scandés, mais aussi taggés sur les murs, sur des t-shirt d'enfants ou encore... dans la gueule d'un chien:

Près de 5.000 policiers ont été déployés pour sécuriser les manifestations, souvent violentes en Grèce, comme lors des deux précédentes grèves générales de l'année, en février. L'accès au parlement était bouclé par une barrière métallique.

Molotov vs lacrymogènes

Des heurts ont d'ailleurs opposé policiers et manifestants à Athènes en marge de manifestations. Les fauteurs de trouble, encagoulés, opérant par petits groupes, ont jeté des molotov en contrebas de la place Syntagma faisant face au parlement, en direction des forces anti-émeutes, qui ont riposté par des tirs de grenade assourdissante et de gaz lacrymogènes, a constaté l'AFP.

Les affrontements, qui ont duré une grosse demi-heure, se sont poursuivis sur la place et vers le ministère des Finances devant lequel un camion de pompiers était stationné, alors que le gros des manifestants étaient en train de reculer dans un nuage suffoquant.

Regardez quelques images du dispositif policiers et des heurts avec certains manifestants:

Les molotov ont mis le feu à un kiosque de promotion d'une société téléphonique, à des poubelles et des abribus tandis que des individus s'en prenaient à des vitrines, notamment avec des bouts de marbre déchaussés sur les façades et des barres de fer.

Les hôtels de luxe longeant la place étaient mis à l'abri des échauffourées par un cordon policier, qui n'a pu toutefois empêcher un taggeur en colère d'écrire le slogan "Revolution" à la peinture sur le store en fer d'un des palaces.

 

 

Ce n'est pas la rue qui gouverne, répond l'État

Afin de montrer la détermination du gouvernement à mener à bien sa politique, le ministère des Finances a fait savoir dans la matinée que le nouveau plan de mesures d'économies et de réformes structurelles, contesté dans la rue, avait été "bouclé" lors d'une réunion discrète la veille au soir entre le Premier ministre conservateur Antonis Samaras et son ministre des Finances, Yannis Stournaras.

Les mesures, portant sur plus de 11,5 milliards d'économies budgétaires, essentiellement des coupes de salaires publics, pensions et prestations sociales, doivent encore être soumise à l'aval des deux partenaires de la coalition gouvernementale, et décrocher le feu vert de la troïka représentant les créanciers du pays.

Soutenue par le principal parti d'opposition, la Gauche radicale Syriza, la journée d'action est la troisième de l'année mais la première depuis l'arrivée au pouvoir en juin de la coalition gouvernementale.

Conditionnant le maintien de la Grèce sous perfusion financière, alors que la nécessité d'une troisième opération de soutien au pays parait gagner du terrain, le nouveau plan doit être adopté au parlement avant le sommet européen du 18 octobre. La Grèce attend le déblocage du versement au pays de 31,5 milliards d'euros de prêts.

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 18:13

 

france24.com -  26/09/2012

 

Des affrontements ont opposé mercredi des manifestants aux forces de l'ordre à Athènes, en marge d'une mobilisation générale organisée contre de nouvelles mesures de rigueur imposées par les créanciers publics du pays.

Par FRANCE 24 
 

Pour la troisième fois depuis le début de l’année, les Grecs sont descendus massivement dans la rue, mercredi 26 septembre, contre les mesures d’austérité, à l’appel des deux principaux syndicats du pays.

Avions cloués au sol et trains à l'arrêt, magasins rideaux tirés et service minimum dans les hôpitaux, la Grèce tourne au ralenti. Il s’agit de la première journée de grève nationale contre l'austérité, depuis l'arrivée au pouvoir, en juin, du gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras. Ce dernier est pris en étau entre la grogne sociale et la pression exercée par les créanciers publics.

Le ministère grec des Finances a annoncé avoir bouclé le nouveau train d'économies conditionnant le maintien de la Grèce sous perfusion de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) et devrait, selon une source anonyme au sein du ministère des Finances citée par l’AFP, soumettre sa copie jeudi aux partenaires de la coalition gouvernementale.

Violences place Syntagma à Athènes

Mobilisés pour dénoncer le nouveau train de restrictions, entre 30 000 (selon la police) et 100 000 manifestants (selon les organisations syndicales) ont marché en direction de la place Syntagma, devant le Parlement, à Athènes, en scandant "Ne plions pas devant la troïka" et "UE, FMI, dehors !". Les accès à la place étaient bloqués par la police.

Pendant le rassemblement place Syntagma, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes sur de jeunes manifestants cagoulés qui leur jetaient des pierres, des bouteilles et des cocktails Molotov, tandis que des hélicoptères survolaient le quartier.
Les policiers ont par ailleurs empêché un retraité de se rendre devant les bureaux du Premier ministre avec une pancarte portant les photos de plusieurs chefs du gouvernement présentés comme "les pires traîtres de l'histoire grecque".

"Un message fort au gouvernement et à la troïka"

Un nouveau train de restrictions budgétaires doit prochainement être soumis au vote du Parlement. Depuis le début de la crise en 2008, les plans d’austérité se succèdent dans le pays. "Nous ne pouvons plus supporter cela. Nous sommes exsangues, ce n'est plus possible de nourrir nos enfants", déclare Dina Kokou, enseignante de 54 ans et mère de quatre enfants, contrainte de vivre avec un revenu n’excédant pas 1 000 euros par mois. "Les hausses d'impôts et la baisse des salaires sont en train de nous tuer", ajoute-t-elle.

"Hier, les Espagnols sont descendus dans la rue, aujourd'hui c'est nous, demain ce sera les Italiens et plus tard tous les peuples d'Europe", a lancé à la foule Yiorgos Harisis, un responsable de l'Adedy, principal syndicat de la fonction publique.

"Avec cette grève, nous envoyons un message fort au gouvernement et à la troïka. Leurs mesures ne passeront pas, même si elles sont votées au Parlement, parce que les jours de ce gouvernement sont comptés", a-t-il ajouté.

Il s'agit du premier test important pour le gouvernement du Premier ministre Antonis Samaras, qui a bénéficié du calme de la rue au cours de la traditionnelle trêve estivale. Pendant l’été cependant, nombre d’analystes avaient prévu une rentrée sociale mouvementée.

FRANCE 24 avec dépêches

 

 

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