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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 18:04

 

Europe du Sud : les gagnants et les perdants de la crise (3/10)

 

Athènes, correspondance

Ce jour-là, Vicky se rend pour la première fois dans la toute nouvelle clinique de médecins bénévoles de Korydallos, une commune des quartiers sud-ouest de la métropole athénienne. Cette dame de 49 ans vient consulter, gratuitement, le cardiologue, mais surtout, faire ses premiers pas auprès des bénévoles du secrétariat. « Il vaut mieux ça que rester enfermé tout seul chez soi… »


Clinique sociale de Korydallos : consultation d'un cardiologue 
Clinique sociale de Korydallos : consultation d'un cardiologue© Amélie Poinssot

La clinique a ouvert ses portes il y a un mois, à l'initiative de citoyens de Korydallos et des communes voisines. Elle accueille tous les patients qui ont perdu leurs droits à la Sécurité sociale. Et ils sont nombreux, dans cette commune où le taux de chômage est bien au-dessus des moyennes nationales. En Grèce, au bout d'un an sans emploi, on perd non seulement ses droits aux allocations chômage, mais aussi sa couverture sociale. De plus, de très nombreux commerçants ou auto-entrepreneurs ne parviennent plus à payer leurs cotisations à la caisse d'assurance sociale des travailleurs indépendants – cotisations qui s'élèvent à environ 400 euros mensuels pour une personne.

C'est le cas de Vicky, acculée à la fermeture de sa boutique de vêtements il y a trois ans. En réalité, elle n'a jamais pu procéder à la liquidation de sa micro-entreprise, déjà endettée à l'époque auprès des impôts et de sa caisse d'assurance sociale : impossible de fermer les comptes dans ces conditions. Depuis, ses dettes ont explosé : Vicky doit aujourd'hui plus de 10 000 euros à sa caisse d'assurance, et tant qu'elle ne s'acquittera pas de cette somme, elle ne pourra prétendre au carnet de « protection sociale » – ce statut qui, sous certaines conditions très restrictives, permet aux plus démunis d'être pris en charge par le système national de santé.

« C'est absurde : si je pouvais payer mes cotisations, je n'en aurais pas besoin, de ce carnet ! C'est justement ma situation d'endettement qui fait que j'en ai besoin. » Vicky n'a pas non plus réglé ses factures d'électricité depuis trois ans. L'an dernier, elle a passé, avec son mari et sa fille de onze ans, six mois sans électricité. « Plusieurs fois, nous avions rétabli le courant illégalement, jusqu'à ce que la DEI (l'équivalent de EDF en Grèce – ndlr) nous coupe les câbles. » Un électricien bénévole est venu rebrancher le courant en décembre – une pratique fréquente à Korydallos, où de nombreux foyers ont été privés de courant, faut d'avoir réglé leurs factures. Or c'est via ces mêmes factures que le gouvernement a décidé, l'an dernier, de prélever un nouvel impôt immobilier : autant de revenus fiscaux qui ne rentrent pas dans les caisses de l'État…

« On nous force à vivre illégalement, à devenir des fraudeurs fiscaux, lâche Vicky. On nous dit que tout cela, c'est pour éviter la faillite de l'État. Mais la faillite, on y va tout droit, et dans mon cas, cela ne peut qu'être positif : je n'ai plus rien à perdre ! » La maison de Vicky a été hypothéquée. Sans aucune ressource, le ménage se nourrit auprès des distributions de nourriture organisées par la mairie ou l'Église.

À quelques encablures de la clinique, sur la commune limitrophe de Nikaia, le réseau « Solidarité pour tous » distribue, lui aussi, des sacs de nourriture. L'action a démarré en décembre dernier ; plus de 150 familles bénéficient ainsi d'une aide alimentaire substantielle, une fois par mois. La collecte se fait à la sortie des supermarchés du coin, le samedi matin. « Mais il ne s'agit pas de philanthropie, explique Nikos. Il n'est pas question de faire des dons pour se donner bonne conscience. Le but, c'est de mobiliser les gens, de les pousser à l'action, de développer des alternatives au système... »

 

Partir, un aveu d'échec

Nikaia fait partie de ces banlieues populaires qui n'ont jamais débordé de richesses. Construite sur d'anciens champs dans les années 1920 par les réfugiés d'Asie mineure, arrivés en masse et sans ressources après la guerre perdue par la Grèce face à la Turquie, la ville compte aujourd'hui de nombreux ouvriers ou anciens commerçants au chômage. Il n'y a pas d'industrie sur la commune ; certes, Le Pirée et ses banlieues industrielles sont proches, mais l'activité s'est effondrée ces dernières années. Nikaia possédait quelques grandes artères commerçantes, mais les boutiques ferment les unes après les autres...

Toutes les générations sont frappées : Nikos, 33 ans, a travaillé pendant huit ans chez Opel comme conseiller des ventes. L'an dernier, l'entreprise a subitement réduit la voilure : de 150, elle est passée à 45 employés« J'ai encore quatre mois d'allocations chômage devant moi. Après c'est fini, et je ne vois aucune perspective de travail autour de moi. » Pendant la campagne électorale au printemps dernier, le leader de la droite de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, avait pourtant promis, entre autres aides pour alléger le poids de la politique d'austérité envers les plus démunis, d'allonger la période d'indemnisation du chômage à deux ans, contre un an actuellement. Aujourd'hui premier ministre à la tête d'un gouvernement de coalition avec les socialistes, il n'a introduit aucune mesure sociale tandis que de nouvelles mesures d'austérité continuent d'être entérinées, sous l'œil attentif de la Troïka (le Fonds monétaire international, l'Union européenne et la Banque centrale européenne).

 

Collecte de produits alimentaires à la sortie d'un supermarché de Nikaia, un samedi matin 
Collecte de produits alimentaires à la sortie d'un supermarché de Nikaia, un samedi matin© Amélie Poinssot

Chômage de longue durée, surendettement, extrême pauvreté : tel est désormais l'horizon des habitants de Nikaia et Korydallos. Pour Nikos, ce n'est que la mobilisation citoyenne qui permettra de s'en sortir – et d'échapper à l'abattement dans lequel l'avalanche de mesures de ces trois dernières années a plongé ces gens issus de milieux modestes. Le jeune homme habite encore chez ses parents – « par nécessité », comme le disent tous les trentenaires rencontrés dans ces quartiers : comment se payer un loyer lorsqu'on n'a pas de travail ?

Officiellement, le taux de chômage des 25-34 au niveau national est de 34 % selon les dernières statistiques. Mais avoir un emploi ne permet pas davantage de s'en sortir : les retards de paiement sont tels, et les salaires si bas, qu'il est extrêmement difficile d'avoir un peu d'autonomie. Pour autant, l'énergique Nikos, engagé sous les couleurs de Syriza, la gauche radicale qui a percé aux élections de juin 2012, refuse de baisser les bras« J'ai trois amis autour de moi qui ont décidé d'émigrer. Dont l'un de mes plus proches, qui va travailler comme serveur à Dubaï... Moi, je n'ai jamais rêvé de partir, alors je ne vois pas pourquoi je devrais l'accepter aujourd'hui. Ce serait céder devant cette politique, accepter la défaite. C'est d'abord à ceux qui nous imposent cette politique de partir. »

Partir, un aveu d'échec : ils sont nombreux à partager cet avis dans les réseaux de solidarité qui prospèrent dans ces quartiers sud-ouest de la capitale grecque. Danin, qui est pourtant née d'une mère allemande et a grandi en Allemagne, n'a aucune envie d'y retourner. Mère de trois enfants, au chômage depuis 8 mois, elle touche 460 euros mensuels d'allocations – dont 300 partent directement dans le loyer« Je ne paye plus aucune autre facture, et j'ai des angoisses terribles à chaque fois que quelqu'un sonne à la porte : j'ai peur que ce soit pour me couper l'eau ou l'électricité. » 

Danin raconte sans pudeur dans quel état dépressif cette situation l'a plongée jusqu'au jour où, par hasard, elle découvre le réseau de solidarité de Nikaia. Elle s'y engage tête baissée« Pour moi, ce n'est pas seulement un réseau d'entraide matérielle, c'est une aide inestimable sur le plan psychologique. On ne se sent plus seul, on se rend compte qu'on est plusieurs à vivre cette galère, alors on retrouve la force de se battre. »

 

Réquisitions

Danin et son mari ont passé l'hiver sans chauffage : même son petit poêle, elle ne l'a pas allumé. À 1,60 euro le litre de fioul, elle et son mari ne pouvaient se le permettre. Lui est sans activité depuis trois ans, lorsque la poissonnerie qui l'employait a fermé. Une fois le loyer payé, la famille n'a donc plus que 160 euros pour passer le mois. Et les allocations de Danin touchent à leur fin... Dans quatre mois, elle ne pourra plus compter sur aucune aide sociale.

 

Clinique sociale de Korydallos: réserve de médicaments gratuits 
Clinique sociale de Korydallos: réserve de médicaments gratuits© Amélie Poinssot

À l'hôpital public de Nikaia, l'un des plus grands de la métropole athénienne, les conséquences de cette désagrégation sociale à l'œuvre depuis trois ans sont visibles« Nous voyons arriver des patients au dernier stade de la maladie, raconte Yannis, interne en neurochirurgie. Beaucoup refusent de faire certains examens ou de séjourner à l'hôpital, car cela entraîne des frais non remboursés par leur caisse de Sécurité sociale. » Quand ils ont encore une couverture maladie... 

« Nous acceptons les patients qui n'ont plus de couverture santé quand leur cas est grave. » Mais face à un public de plus en plus nécessiteux, les ressources de l'hôpital fondent : budget presque divisé par deux en trois ans, manque de personnel, pénuries de matériel... Et difficile de motiver le personnel médical quand les retards de paiement s'accumulent. La dernière fois que les médecins ont pleinement été rémunérés pour leurs gardes, c'était en... décembre 2011. Depuis, quelques euros sont tombés à l'automne, mais la somme n'y était pas. En conséquence, les médecins ont décidé d'arrêter, il y a deux semaines, d'assurer les gardes. Peine perdue : la direction de l'hôpital les a réquisitionnés. 

« Certains jours, je me demande ce que je fais ici ! avoue Yannis. Notre seule motivation, notre seule récompense : un patient qui nous dit merci... » Ce n'est certainement pas le salaire qui motive ces médecins du secteur public. Ce trentenaire, interne, touche actuellement 900 euros par mois (sans les gardes) – une somme inférieure de moitié à ce qu'elle était il y a trois ans, tandis que, dans le même temps, les impôts ont considérablement augmenté. Pendant que nous discutons avec Yannis, dans la salle de pause des médecins, un de ses collègues nous indique qu'il touche, lui, 1 270 euros mensuels. Pour vingt-quatre ans d'ancienneté.

Ces derniers jours, la commune de Nikaia célébrait en grande pompe la bataille de Kokkinia qui, en mars 1944, avait vu cette banlieue rouge repousser les troupes allemandes et les Bataillons de sécurité – ces forces de l'armée grecque qui, sous l'Occupation, s'étaient rangées du côté des nazis. Jusqu'à présent, cette victoire était peu commémorée – au contraire de la défaite, cinq mois plus tard, qui s'était conclue par la répression sanglante des résistants communistes. Tous nos interlocuteurs le disent : ils se sentent héritiers d'une longue tradition de contestation. Pas question, aujourd'hui moins que jamais, de l'oublier.

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 17:59

 

 

 

Par Okeanos

5 avril 2013 - 9:33
(dernière modification le 5/04/2013 - 14:14)

 

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Par Theodora Oikonomides et Zoe Mavroudi, publié en anglais chez usilive.org (traduction Okeanos)

 

Skouries est la plus importante histoire grecque dont vous pourriez entendre parler. Il s'agit d'une ancienne forêt dans le nord de la Grèce, où une entreprise canadienne mammouth de l'exploitation aurifère revendique sa place.

Mines d'or, préoccupations environnementales, répression de l'Etat, violence de la police et un mouvement anti-mine local solide et organisé ont fait de Skouries un véritable champ de bataille dans la politique grecque, un champ de bataille qui n'a pourtant reçu que très peu de couverture internationale, clairement éclipsé par l'escalade de la crise grecque.

La société grecque Hellas Gold et son principal actionnaire, le canadien Eldorado Gold collaborent à l'établissement d'une mine d'or et de cuivre dans l'ancienne forêt de Skouries, dans la région nord de la Chalcidique, mais les résidents de 16 villages de la région sont fortement opposés au projet et ont tenu plusieurs manifestations contre le projet au cours de l'année passée, dont beaucoup ont tourné à la violence. La police anti-émeute a fait un usage excessif de gaz lacrymogènes à l'intérieur même de la forêt et dans les villages, tandis que les résidents ont accusé la police de détenir des personnes sur de fausses accusations, en les maltraitant physiquement et en procédant même à des prélèvement d'échantillons d'ADN contre leur gré.

"Halkidiki est un trou noir dans la géographie de la Grèce. C'est un endroit dans ce pays où la Constitution a été transformée en un chiffon, où l'état de droit s'est effondré, où les droits humains sont bafoués au quotidien", a déclaré Dina Daskalopoulou, journaliste au journal des rédacteurs, le seul quotidien grec organisé en coopérative et détenu par son personnel. Daskalopoulou parlait dans une interview sur la radio Radiobubble.gr , communauté de journalistes citoyens et indépendants qui a couvert de près l'histoire de Skouries et a couvert les manifestations de l'année passée.

Daskalopoulou a donné un compte rendu inquiétant de ce qui pourrait très bien être la meilleure suppression d'un mouvement en Grèce organisée par l'État . Elle a indiqué que les maisons des habitants étaient surveillées par la Sécurité d'Etat, les téléphones sur écoute et les détentions devenues la norme, souvent en prenant pour cible des résidents handicapés et des étudiants du secondaire. "Je pense que l'État a un plan global à l'égard de la population locale. Il a lancé toute une opération pour les terroriser. En choisissant ce qu'il croit pouvoir plus facilement briser leur entrain. "

 

Skouries contre les mines d'or. Photo de Maria Kadoglou


Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi ce petit coin de la Grèce est tellement chargé de tensions. Premièrement, Skouries est une région ayant une longue histoire de l'exploitation minière qui remonte à Alexandre le Grand. Plus récemment, dans les années 1980, une tentative de la compagnie canadienne TVX Gold d'établir une mine dans la région est tombée à l'eau après que les scientifiques de certaines des plus grandes institutions de la Grèce comme l'Université Aristote de Thessalonique et de la Chambre technique de Grèce ont averti les habitants que cet investissement conduirait à un désastre écologique sans précédent en polluant la zone de 317 kilomètres carrés (31.000 ha) des sols, de la mer, de l'air et de l'eau et allaient rendre leurs villages inhabitables.

Aujourd'hui, près de trente ans plus tard, Hellas Gold et Eldorado ont un plan qui suscite des préoccupations similaires. Ils veulent établir une mine à ciel ouvert au milieu de la forêt de Skouries sur la montagne Kakavos, qui se trouve être la principale source d'eau douce de toute la région. Selon les propres estimations de la société, la mine à ciel ouvert va générer 3.000 tonnes de poussières toxiques par heure. Des galeries seront creusées à 700 mètres de profondeur, amenant la mine en dessous du niveau de la mer, de sorte que même l'eau qui n'est pas contaminé par des métaux lourds et d'autres substances toxiques provenant de la mine seraient sûrement contaminée par l'eau de mer. En outre, un tunnel de 9 km de long qui vise à relier deux sites miniers coupera en deux une ligne de faille géologique qui a provoqué un tremblement de terre dévastateur dans la région en 1932. Enfin, une usine de traitement du minerai sera construite dans la montagne où l'or sera séparé des autres substances. La société affirme cela sera fait sans l'aide du cyanure, mais cette méthode n'a pas été montrée comme étant efficace sur le minerai de Skouries. Cela soulève des inquiétudes supplémentaires sur l'utilisation éventuelle de cyanure dans la forêt.

L'opération actuelle a cherché à remplacer ces préoccupations avec peu d'effet et les préoccupations environnementales n'en sont qu'une partie. Une des raisons est que les circonstances dans lesquelles l'exploitation minière ont été établies sont discutables.

Quelques jours seulement après que l'homme d'affaire Fotis Bobolas a créé Hellas Gold en 2003 avec un capital de départ de seulement 60.000€, l'État grec a acheté les droits d'exploitation de TVX pour 11 Millions d'euros et a immédiatement vendu à Bobolas pour 11 millions d'euros, ne gagnant rien dans l'opération. En quelques mois, Hellas Gold a été acheté à 95% par European Goldfields, une autre société canadienne qui fut à son tour absorbée lors d'une OPA amicale par Eldorado Gold.

Ces transactions couplées de la police et de l'oppression étatique pour assurer la poursuite des préparatifs pour commencer l'exploitation minière dans la région n'ont servi qu'à renforcer la colère locale et l'organisation du mouvement de protestation.

Il y a un an, en Mars 2012, les choses ont atteint un point culminant lorsque la société minière a envoyé ses ouvriers dans la montagne pour démanteler un camp de protestation établi par les militants anti-mines sur le site minier. Les manifestations qui ont suivi ont été violemment réprimées par la police anti-émeute. La situation n'a cessé de se détériorer jusqu'en février dernier, quand un groupe de 40 à 50 personnes de la région ont mené une attaque incendiaire sur le chantier principal de la société à Skouries, brûlant chaque équipement qu'ils y ont trouvé avant de partir.

Les autorités ont lancé une série de rafles après l'incendie criminel - une pratique policière courante en Grèce - et ont depuis arrêté 154 personnes tout en menant un raid de la police dans le village de Ierissos, un village de 3.000 habitants au centre du mouvement de protestation. Daskalopoulou a indiqué à Radiobubble.gr que les cloches des églises sonnent fréquemment pour alerter les villageois des détentions ou de la présence de la police.

Dans un cas, une jeune mère de deux enfants a été détenue pendant 16 heures sans avocat ni appel téléphonique à sa famille et sans accusation. Elle a été interrogée par la police en charge du "dossier" qui lui a demandé si elle pensait que son mari l'avait trompée. Une jeune fille de 15 ans à été appelée par la Sécurité d'Etat sur son téléphone portable pour une faire une «déposition». La police a fréquemment demandé des échantillons d'ADN aux personnes qui étaient simplement appelées à témoigner. "Dans certains cas, la police a prélevé des échantillons d'ADN par la force et a contraint le détenu à signer une déclaration disant qu'il leur avait donné de son plein gré", a déclaré Daskalopoulou.

Dans un cas très troublant, quatre jeunes, âgés de 19 à 22 ans, ont reçu la visite dans les premières heures du matin des agents de la sécurité de l'Etat qui leur ont demandé de les suivre au poste de police pour un problème non spécifié. A la station de police, ils ont été séparés. Daskalopoulou a interviewé l'un d'entre eux récemment, le fils d'un policier, qui a dit qu'il avait été laissé sans un verre d'eau pendant des heures et interrogé sur ses convictions politiques et sa participation à des manifestations. Il a ensuite été giflé et battu. "Chaque demi-heure, ils arrêtaient de le battre et l'obligeaient à regarder le mur, afin qu'il puisse mieux penser et leur dire où il était ce soir-là" ajoute Daskalopoulou. "Et puis ils revenaient et cela a duré entre six et sept heures. A la fin, une dizaine d'entre eux ont surgit dans la salle et ont exigé qu'il donne son ADN. " Le jeune a ensuite été contraint de signer qu'il avait donné son ADN volontairement. Un policier lui a dit plus tard: "Viens maintenant, ton village est assiégé. Pour atténuer ton cas et celui de ton village, donne nous quelques noms. " Quand il a refusé, il a été menacé d'être utilisé dans un jeu de « ping-pong ».

"Ping-pong signifiait qu'ils allaient le balancer dans la pièce tout en l'appelant anarchiste et vaurien. Ce gamin a 19 ans. "

Mais la violence n'a pas seulement été utilisée comme une tactique d'intimidation à huis clos dans les postes de police. Le 7 mars 2013, des policiers anti-émeute ont défilé dans Ierissos et détenu 5 personnes. Les recherches ont été menées avec l'unité anti-terrorisme qui était armée. "Ils ont douché les gens du village avec des produits chimiques pendant des heures. Les gaz lacrymogènes sont même entrés dans l'école. Trois enfants ont eu une attaque de panique, d'autres des problèmes respiratoires. L'ambulance a essayé d'y aller mais ne pouvait pas. Même un bébé de dix mois a dû être transporté à l'hôpital", a déclaré Daskalopoulou.

Une manifestation d'étudiants pour commémorer l'attaque du mois dernier dans l'école a eu lieu la semaine dernière dans la région. Cette manifestation, qui s'est déroulée dans le calme et a rejoint les manifestations contre les mines à Thessalonique, peu après les attentats,  a réuni 20 000 personnes et a été le premier mouvement de protestation retransmis en Grèce, ce qui montre que le mouvement est loin d'être en déclin.

Au contraire, la région est devenue une scène dans le contexte des larges divisions politiques en Grèce, une sorte de symbole de la nécessité de résister au contrôle des monopoles des puissants sur l'État ainsi qu'aux ventes des actifs grecs et des ressources naturelles.

Daskalopoulou a affirmé qu'une récente manifestation de soutien à la mine a été mise en scène et elle l'a décrit comme ayant été presque comique, un événement extravagant qui a rassemblé des politiciens de la droite et des représentants d'organisations marginales. Selon Daskalopoulou, des manifestations organisées par les habitants eux-mêmes sont suivies par des syndicalistes ainsi que par des politiciens de gauche du principal parti d'opposition Syriza. Au même moment, dans une conférence de presse qui s'est tenue en Grèce la semaine dernière, Eldorado Gold a signalé qu'elle reconsidérerait ses plans avec une allusion d'un climat d'investissement instable en raison des réactions en cours.

"Si l'Etat a décidé de transformer la Chalcidique en un laboratoire de la violence et de la répression pour l'exporter vers le reste du pays, les gens de la Chalcidique ont décidé d'en faire un laboratoire pour la liberté et la lutte. Et cette lutte est quelque chose qui doit tous nous unir." a déclaré Daskalopoulou.

Pour écouter l'entrevue de Daskalopoulou en anglais par  Theodora Oikonomides sur Radiobubble.gr cliquez sur ce lien .

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 16:18

 

http://www.autogestion.asso.fr/?p=2856

 

Sporos : la graine de solidarité

logoSous la pression de l’idéologie dominante, le commerce international est devenu une machine sans visage qui vise la maximisation du profit et dans laquelle, producteurs et consommateurs ne sont plus que des pions. Ce type de commerce a comme conséquences l’exploitation et l’anonymat, la baisse de la qualité des produits au nom du profit et la disparition des relations humaines. Face à cette réalité, de nouvelles pratiques sont apparues en Grèce chez des personnes qui connaissent les règles du marché mais qui croient aussi et encore aux relations humaines et ne sont pas prêtes à les sacrifier.

 

Le texte complet en format PDF

Le commerce alternatif et solidaire en Grèce

Inspirés par le mouvement des Zapatistes du Chiapas au Mexique et les principes du commerce équitable, ces précurseurs ont, dès l’automne 2004, importé du café des coopératives zapatistes. Il s’agissait à la fois d’un acte concret de solidarité et d’une expérimentation constructive pour mettre leurs idées en pratique. Le modèle de commerce qu’ils voulaient promouvoir a comme objectif la qualité des relations et non l’augmentation des ventes. C’est un système horizontal qui se base sur la collaboration, la confiance, l’échange et l’autonomie. Il met en valeur autant l’histoire, la géographie et le chemin que les produits parcourent pour arriver aux points de vente, que les personnes qui les produisent, les transportent et les consomment. Dans ce modèle, qu’ils ont nommé « commerce alternatif et solidaire », les producteurs distribuent directement leurs produits dans des réseaux solidaires en se passant ainsi des intermédiaires et des grandes entreprises. Leur autonomie et leur production se renforcent car ils vendent leurs produits à des prix plus rémunérateurs que ceux que pratique le commerce classique. Les structures de production respectent l’environnement et contribuent aux multiples programmes locaux éducatifs. En parallèle, des relations stables se construisent entre producteurs, fournisseurs et consommateurs. Les produits arrivent et circulent en Grèce grâce à un réseau étendu de personnes, de coopératives et de petits magasins partout dans le pays.

Graine de café, graine de résistance, graine de solidarité

Ce café est produit par des agriculteurs autochtones participant au mouvement des zapatistes du Chiapas. Les zapatistes luttent pour le droit à la terre, à la dignité, à la civilisation, à l’autodétermination, à la démocratie, à la liberté et à la justice. Depuis  la révolution de 1994, ils ont créé  leurs propres structures autonomes d’éducation, de santé, de justice, d’économie et de gouvernance selon leur mot d’ordre « Construisons le monde du début. Nous. Aujourd’hui. »

Des centaines des zapatistes sont organisés en coopératives de café, qu’ils exportent vers des groupes solidaires, se passant des intermédiaires locaux et des entreprises multinationales. De cette manière, les producteurs reçoivent un prix digne pour leurs produits et une partie importante des ventes du café retourne aux communautés autochtones pour renforcer les structures locales  d’éducation et de santé.

La coopérative du café zapatiste Ssit Lequil Lum est constituée d’environ 400 producteurs. La culture est faite avec des méthodes écologiques, sans utilisation de produits chimiques, sous l’ombre des arbres tropicaux. La coopérative met en place, en collaboration avec les principes autonomes zapatistes, un système participatif d’évaluation des méthodes de culture écologique et de qualité du café.

Etiquette au dos du café “Sporesso”

 

Sporos et son fonctionnement

« O Sporos », qui signifie la graine en grec, était la première association à Athènes qui a mis en place les principes du commerce alternatif et solidaire (http://sporos.org/). La procédure avec laquelle toute décision est prise à Sporos est basée sur le consensus : i) participation de tous aux réunions d’une manière équitable et ii) chaque décision est prise avec l’accord de tous les associés et provient d’une synthèse des propositions et des avis des participants. Les principes du commerce alternatif et solidaire ont été définis dans la première réunion de Sporos en 2007:

1) Les paramètres de l’échange (prix, qualité, type de produits) sont déterminés par les réseaux associatifs des producteurs, distributeurs et consommateurs sur la base d’une convergence des besoins des tous. Ce n’est pas « la loi du marché » mais la collaboration, la compréhension et la solidarité qui régulent ces paramètres. Dans ce cadre, le mouvement s’étend au-delà du champ traditionnel du commerce équitable classique : il ne s’agit pas seulement d’échanges « Nord-Sud » mais aussi « Nord-Nord » (producteurs grecs ou d’autres pays d’Europe) et « Sud-Sud » (au niveau national ou périphérique).

2) Autarcie alimentaire : les produits locaux (vin, miel, huile d’olive, etc) ne sont pas importés de loin, au nom de la solidarité locale.

3) Le terme « équitable » des structures technocratiques du Nord (par exemple, FLO International) concernant le prix et/ou les conditions que les producteurs devraient remplir est réfuté. Sporos essaye d’avoir des relations directes avec les producteurs, de déterminer en commun les paramètres (notamment le prix) déterminés par les besoins et les capacités des deux parties en tant que partenaires d’une collaboration et non comme de « bons commerçants ».

4) Toutes les étapes de la procédure commerciale sont importantes et pas seulement la production. Sporos veut échanger avec des structures associatives et « démocratiques » économiquement viables, à but non lucratif et débarrassées de relations d’exploitation internes. Il souhaite des consommateurs associés et actifs, plutôt que des clients, et que les produits aient des prix accessibles à tout le monde et pas qu’à une élite.

5) Dénonciation d’un « label » qui transforme les produits en marchandises en rajoutant un coût supplémentaire. Sporos dénonce le commerce équitable des multinationales et des chaînes des supermarchés, qui ne change pas les règles du marché mais devient juste un « marché spécialisé ». Ce type de commerce ne promeut pas les relations entre producteurs et peut même relancer la concurrence.

6) Les principes du commerce alternatif et solidaire vont plus loin que la distribution des produits : ils visent à véhiculer en actes et en paroles leur proposition politique pour une transformation de la société. C’est un mouvement qui lutte pour la transformation du système et l’abolition des injustices, des dépendances et des inégalités. Dans ce but, Sporos collabore et dialogue avec toutes les structures qui prônent les mêmes principes.

sporos

Sporochoros et la politique de tarification

Comment, concrètement, ces démarches se sont-elles mises en place en Grèce ? Un lieu de distribution des produits et de promotion de la philosophie du mouvement était nécessaire pour que ces idées deviennent réalité. Ce lieu, dont le nom est « Sporochoros », l’espace (choros – χώρος) de Sporos a été ouvert en février 2006 dans le cadre juridique d’une coopérative. Il se trouve au cœur du quartier d’Exarcheia, au 21 rue de Spirou Trikoupi au centre d’Athènes. Lieu de distribution et de vente des produits, il s’est avéré indispensable pour les rencontres et les réunions de Sporos.

La politique de tarification des produits se résume comme suit : le prix d’achat du produit additionné a) des frais de transport jusqu’à Sporochoros, b) des frais de distribution en Grèce, c) d’un pourcentage pour les frais de fonctionnement du mouvement. Dans le cas du café, un pourcentage supplémentaire est retourné en fin d’année au mouvement des zapatistes au titre de la solidarité. Aucun surplus n’est ajouté pour rémunérer les associés et leur travail dans le mouvement. Des prix réduits sont accordés aux associations, squats, lieux autogérés et petits magasins pour leur développement, sous réserve que les produits soient revendus au prix initial, défini par Sporos.  Le surplus réalisé est disponible pour la viabilité et le développement de Sporos, mais aussi pour soutenir d’autres initiatives équivalentes dans le pays. Si besoin, une partie de cette somme est utilisée pour des buts politico-sociaux (par exemple, Palestine, Kouneva ou autres mouvements politiques).

“Sporochoros”, l’espace de Sporos en 2009, Spirou Trikoupi 21, 10683 Athènes

“Sporochoros”, l’espace de Sporos en 2009, Spirou Trikoupi 21, 10683 Athènes

L’évolution du mouvement

Une collectivité qui a fonctionné pendant huit ans, ne peut qu’avoir changé plusieurs fois de composition, de priorités et de rythmes tout en conservant les mêmes principes politiques et fonctionnels. Plusieurs questionnements et dilemmes sont apparus et le besoin d’évolution du mouvement était évident. La question de la rémunération du travail taraudait de plus en plus les associés qui s’investissaient beaucoup et y accordaient tout leur temps libre (le peu qu’il restait à coté de leur travail salarié). Après beaucoup de discussions, réflexions, expérimentations, modifications, engagements et désengagements, confiance et déception, soulagement et amertume, de nouveaux rôles et de nouvelles initiatives sont apparus. Bien qu’il n’y avait pas de contre-proposition, la création d’un poste à mi-temps pour s’occuper de l’entrepôt et du contrôle de gestion a été rejetée. Décision est prise au printemps 2010 d’externaliser la logistique de Sporos (importation, transport, livraison, etc) en créant une nouvelle coopérative de travail sous le nom de « Syn.All.Ois » (=avec les autres, http://www.synallois.org/). Dans le même temps, l’idée de fonder des cafés coopératifs était en train de germer.

Un réseau solidaire étendu

“ On tente une expérimentation, on l’appelle « La Graine » et on espère qu’elle va s’implanter, qu’elle va croître et, pourquoi pas, germer aussi ailleurs.” (Sporos, 2000)

Sporos a vécu. Ayant perdu de sa fraîcheur et de son élan initial, il a finalement fermé ses portes à l’été 2012. Au delà de Syn.All.Ois, le commerce alternatif et solidaire qu’il a promu avait commencé à se répandre en Grèce : à Thessalonique le groupe « S.pa.me » (=cassons, http://www.spame.gr/ ), à Canée (Chania) en Crète « Terra Verde » (http://www.terraverde-chania.gr/), à Héraklion en Crète « Emeis kai o kosmos » (=nous et le monde, http://blog.nuestromundo.gr/), à Athènes « Lacandona » (http://www.lacandona.gr/index.php/en/), à Corinthe avec un caractère plus local et totalement apolitique « Allotropon » (=manière différente, http://www.allotropon.gr/).

nosotrosPlusieurs lieux autogérés ouverts à tout le monde soutiennent ce type de commerce et de solidarité concrète. Lieux culturels associatifs, séminaires gratuits, débats ouverts, projections de films, cuisines collectives, etc, on les appelle en grec Espaces Sociaux Libres : à Athènes, à Exarcheia « Nosotros » (http://www.nosotros.gr/nosotros-blog/), à Petroupoli « Votanikos Kipos » (=jardin botanique, http://www.votanikoskipos.blogspot.gr/) et à Thessalonique « Micropolis » (http://micropolis-socialspace.blogspot.gr/).

Lieux autogérés d’un caractère moins politisé à Athènes « Nea Gouinea » (=Nouvelle Guinée, http://neaguinea.org/francaise/), à Corinthe « Svoura » (=toupie, http://svourakorinthos.espivblogs.net/) et à Canée « To koukoutsi » (=le noyau, http://koukoutsi.enallaktika.gr/).

botanikosmicropolis

Les cafés coopératifs

kafeneionΚαφενείον (Kafeneion): Le café traditionnel en Grèce, autrefois exclusivement réservé aux hommes. Lieu des retrouvailles du quartier où on pouvait les voir jouer aux cartes ou au backgammon, boire le café et/ou l’ouzo, grignoter des petits « mézés » et surtout discuter de politique, de problèmes de la vie quotidienne, des nouvelles, du sport, des femmes et philosopher sur le sens de la vie. Ce type de café qui existait et existe encore dans chaque kafeneion2quartier partout en Grèce se transforme aujourd’hui (surtout dans les villes) en un lieu de retrouvailles des jeunes ouvert à tout public. On y trouve toujours le café, l’alcool et les mignardises, les jeux, de la musique traditionnelle et, bien sûr, des échanges politiques et culturels à tout niveau.

pagkaki_logoDeuxième enfant de Sporos, le kaféneion “To Pagkaki” (=le band, http://pagkaki.org/fr) a commencé à s’organiser en octobre 2008. Un collectif de travail politiquement motivé cherchait à fournir à ses membres un salaire digne tout en soutenant d’autres actions solidaires et/ou structures qui prônent l’économie solidaire. Le premier objectif économique était de couvrir le coût d’investissement (avant de payer des salaires) pour que le collectif devienne économiquement indépendant. Son projet de fonctionnement était celui d’un café-bar-brasserie ouvert toute la journée qui diffuserait des produits de Sporos, un lieu hybride et polymorphe qui accueillerait d’autres collectivités, activités culturelles et débats partageant la même éthique. Un an plus tard, le projet collectif prend forme avec un Règlement intérieur bien précis : il était prêt à se lancer. Petit détail pratique qui est devenu un vrai calvaire : les démarches administratives et la bureaucratie grecque. Après un grand nombre de tentatives et de contacts avec presque toutes les structures grecques impliquées (qu’on n’énumérera pas ici), il a fallu une année entière pour mettre en place et faire accepter ce statut de café coopératif qui n’existait pas en Grèce. Malgré quelques crises de nerfs bien justifiées, rien n’a pu entamer la détermination du groupe qui a enfin ouvert le kafeneio en juin 2010. Pari gagné pour To pagkaki. Situé à Koukaki, à Athènes, dans la rue pédestre Georgiou Olumpiou 17-19, il fonctionne toute la journée (de 11h00 à 02h00), tous les jours et il n’est jamais vide !

“To Pagkaki”, kafeneion collectif, G.Olumpiou 17-19, Koukaki, Athènes.

“To Pagkaki”, kafeneion collectif, G.Olumpiou 17-19, Koukaki, Athènes.

cafesPagkaki s’est fait connaître très rapidement et a donné une impulsion à toute une série de cafés-librairies coopératifs qui ont démarré simultanément ou plus tard un peu partout en Grèce : à Thessalonique « Belleville sin patron » (http://belleville-sin-patron.blogspot.fr/), à l’Académie de Platon à Athènes « European Village » (http://www.european-village.org/index.asp), à Pagrati à Athènes « To Youkali » (=lieu onirique où l’utopie dévient réalité, http://youkalicafe.blogspot.gr/), à Koukaki à Athènes « Syggrouomeno » (=celui qui entre en collision, http://syggrouomeno.gr/), à Petralona à Athènes « To Perivolaki » (=le petit jardin, http://www.facebook.com/kafeneioperivolaki), à Rethymno en Crète « To Chalikouti » (chalikoutides=les esclaves d’origine africaine qui sont arrivés à Crète au 17eme siècle, http://toxalikouti.org/).
L’orientation politique des cafés coopératifs peut varier (de l’anarchie jusqu’à l’apolitique), tout en restant compatible avec les valeurs de gauche. La nécessité et le besoin de trouver un travail, si possible en accord avec ses convictions, ont fait que ces cafés coopératifs se sont développés plus facilement après la crise économique qui a profondément touché le peuple grec en 2010. La crise, autant sociétale que politique, qui couvait depuis longtemps en Grèce, a été le catalyseur de la solidarité et de la mise en place des initiatives alternatives et autogérées.

Les coopératives du travail : après le café et avant l’ouzo

Les cafés coopératifs ont bien réussi dans une société qui aime prendre du temps avec autrui autour d’un café, qui aime partager de bons moments avec les amis et qui s’exprime en collectivité. Mais, puisque ce modèle de travail était possible et réussi, pourquoi ne pas l’appliquer dans d’autres métiers aussi ? En peu de temps, diverses coopératives de travail rémunéré sont apparues en Grèce :
Journalisme et maison d’édition coopérative : « Alterthess » http://www.alterthess.gr/
Maison d’édition coopérative : « Koursal » http://koursal.wordpress.com/
Services informatiques et réparation des ordinateurs : « Stin priza » http://stinpriza.org/
Services Courrier : « Collective Courier » http://www.collectivecourier.gr/
Collectif de joaillerie : « Syn apeiro » http://www.synapeiro.gr/

 

copyleftLe contenu de cet article est copyleft : soumis à la licence creative commons (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/gr/deed.fr), qui permet sa reproduction, distribution, présentation au public et sa modification à des fins non-commerciales.

Sources:
- Pour l’historique de O Sporos, Syn.All.Ois et To Pagkaki : “Résistances Constructives et Contre-pouvoir” de Orestis Varkarolis, Editions “To Pagkaki”.
- Les sites indiqués dans le texte.

 

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 12:53

 

 

 

Par Okeanos

3 avril 2013 - 10:12

(dernière modification le 3/04/2013 - 10:26)

 

 

 

Le texte qui suit a été publié sur le site du Comité de Jumelage Quimper-Lavrio, transmis par Joëlle Dalègre *, maître de conférence à l'INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales). C'est le thème d'une intervention qu'elle a faite le mercredi 27 mars 2013, à Rennes, à l'Institut de Gestion. 

Ce n'est pas un texte destiné à la publication, mais un plan détaillé, le support de sa conférence.

* Sous sa direction : Regards sur la "crise" grecque, Ed. L'Harmattan, 2013.

Troïka = représentants du FMI, de la BCE et de l'U.E qui, depuis mai 2010, surveillent la bonne mise en oeuvre par le gouvernement grec des décisions prises (par eux). Mai 2010 marque la signature du premier accord aide/mesures d'austérité dit 1er mémorandum, suivi de nouvelles mesures d'austérité en juillet et décembre 2010, mars 2011, suivi en juin 2011 d'un nouvel accord dit « plan à moyen terme », lui aussi suivi de nouveaux trains de mesures en juillet, août, septembre et novembre. 2011, puis un 2ème mémorandum en février 2012, associé de mesures en juillet, septembre, octobre et novembre.

La Troïka, ce fut d'abord trois hommes en visite chaque trimestre, puis associés à une task force étrangère, présente à plein temps dans les ministères, et à des spécialistes placés ponctuellement - à plein temps également - dans certains services. Donc voici la Grèce « à l'heure de la Troïka », sous les « conseils » de la T ou sous la « surveillance » de la T selon les choix, puisque l'accord de la Troïka conditionne le versement trimestriel des prêts accordés, et qu'elle peut exiger des mesures, accepter ou refuser.

On pourrait dire que l'austérité a atteint son but : le budget primaire de la Grèce en 2012 est positif pour la 1ère fois depuis 40 ans au moins, le déficit de la balance des paiements entre 2008 et 2012 a été divisé par 12 (!), mais cela au prix d'une mise en danger de la vie économique, sociale, politique et culturelle du pays.

 

La récession

Les financiers demandaient au pays des réductions de dépenses et des augmentations de recettes...

Réductions des dépenses :

-   progressivement dans le secteur public on a supprimé les différentes primes, les 13e et 14e mois, on a gelé puis baissé les salaires et les retraites, en gros on arrive à – 30 à 40% selon le salaire et le secteur ; le secteur privé suit le mouvement d'autant que les conventions collectives sont gelées pour une durée indéterminée,

-   finalement le salaire minimum est à 486 euros nets et – 10 % pour les moins de 25 ans

-   réduction du nombre des fonctionnaires : 1/5 départs remplacés, renvoi des non titulaires, titulaires mis en « réserve » un an à salaire diminué, puis au chômage,

-   réforme Callicratès : on passe de 1034 communes à 325 et on supprime les arrondissements

-   les services de l'IKA ne sont plus gratuits : il faut payer 5 euros minimum, recul de l'âge de la retraite à 65 ans et allongement des cotisations, diminution de toutes les allocations.

Augmentation des recettes :

-   augmentation des tarifs publics :  fuel et gaz + 25 %, électricité, transports publics + 30 % ,

-    augmentation des impôts : sur le revenu (plancher : 5000 € revenus annuels, l’impôt sur le revenu est en moyenne 2 fois + élevé qu'en France ) et TVA à 23 % sauf produits alimentaires, taxes sur alcools, tabac et essence (à 2 euros / litre),

-   création de nouveaux impôts : impôt spécial de solidarité (CSG), impôt sur l'immatriculation des voitures (de 12 à 20% de sa valeur à l'achat) et taxe de circulation (vignette) de 135 à 240 euros pour cylindrée moyenne, taxe sur les voitures de luxe, les fourrures, tapis, bijoux, les bateaux, avions privés et piscines, taxe sur les revenus des artisans et professions indépendantes en 2011, enfin un impôt foncier sans cesse remanié depuis 2008 (de 0,5 à 16 euros annuels le m2 selon lieu, âge etc) soit une pluie fiscale au moment où les revenus diminuent,

-    restaient les privatisations multiples demandées (la Grèce à vendre) qui ne s'effectuent guère, à la fois parce l’opinion publique y est hostile de même que la bureaucratie, et parce que les investisseurs ne se pressent pas vu l'incertitude régnante qui les décourage : euros ou pas, quel système fiscal (il change sans arrêt ) et grèves nombreuses.

Quels résultats sur l'économie ?

 -  Récession : le PIB a baissé de 20% depuis fin 2008 et du même coup la dette exprimée en % du PIB ne baisse pas,

-  Indice de production industrielle : de 91 en 2008 à 73 en 2012 (la production destinée au marché intérieur a baissé de moitié),

-   Nombre de logements vendus : 116 000 en 2008 à moins de 5000 en 2012,

-   Indice de construction privée : de 95,6 en 2008 à 19,2 en 2012,

-   Dépôts en banque de décembre 2009 à juin 2012 ont diminué de 80 milliards d'euros soit 41 % du PIB, à la fois retrait pour consommer et manque de confiance (matelas, argent à l'ombre),

-   sans compter les innombrables commerces fermés depuis un an ou deux dans les rues d'Athènes, les loyers impayés, les prêts non remboursés,

-   et du même coup les impôts ne rapportent pas davantage, vu la baisse du chômage et de la consommation ; si le budget s'équilibre, c'est uniquement par la baisse des dépenses.

 

Désastre social et sanitaire :

-   désastre social : le chômage est monté à 27 % des actifs, le double chez les jeunes et  + élevé chez les femmes (jeune et fille = sans espoir); il peut y avoir des « faux chômeurs » mais ce n'est guère "intéressant" car l’indemnité a été réduite, un an au grand maximum si on a travaillé longtemps, et l'IKA s'arrête avec l'indemnité. Du même coup l'émigration reprend, en majeure part, celle de jeunes adultes diplômés, vers l'Allemagne...

-    SMIC à 456 euros nets et 10 % de moins pour les moins de 25 ans ; c’est donc la course au bas salaire : on embauche pour des salaires inférieurs, à la journée, la semaine, l'heure et sans déclarer.

-   niveau de vie moyen, entre baisse des revenus et hausse des tarifs publics, malgré baisse des loyers et de quelques prix, a diminué de 50 % plaçant ainsi près du tiers de la population en-dessous du seuil de pauvreté, ce qui s'est traduit par la mise en remise des voitures (on rend les plaques et on ne paye plus la vignette), la suppression des chauffages collectifs dans les immeubles au profit de poêles à bois alimentés par le bois des arbres des cimetières, des parcs, des forêts proches des villes (froid en Grèce du Nord, pics de pollution par CO2 de la combustion).

-    désastre sanitaire : un million et demi de personnes sont privées d'IKA parce que sans travail, de plus, même pour les autres, la situation s'est aggravée. Avant 2010, le bénéficiaire de l'IKA ne payait rien à l'hôpital public, ni visites ni médicaments, pharmaciens et hôpitaux étaient remboursés par l'État. Le malade dorénavant doit payer 5 euros, puis 25 euros par consultation ; comme l'État n'a pas remboursé les pharmaciens ni les hôpitaux qui n'ont pas payé les fournisseurs, les sociétés pharmaceutiques ne fournissent plus, certaines ont quitté la Grèce : le patient, soit achète ses médicaments (et attend un improbable remboursement), soit ne peut le payer et survit sans, soit ne le trouve plus du tout. L'hôpital d'Athènes affiche des conseils : n'apportez ni fleurs ni gâteaux, mais des seringues et des compresses ! Faute de vaccins la tuberculose reprend, de même que le SIDA reprend son élan...

 

 Si la marmite n'a pas encore explosé, c'est que les mécanismes de solidarité sont encore forts : les liens avec la campagne sont encore vifs car l’exode rural est relativement récent et la solidarité familiale puissante.

-   on a donc les "visites à la grand-mère" qui donne l'huile et les pommes de terre, celui qui travaille aide les autres, certains chômeurs sont repartis cultiver le jardin, on fait pousser des tomates sur les balcons dans les pots de fleurs, des familles se sont regroupées sur plusieurs générations

-   l'Église orthodoxe finance des distributions de nourriture dans plusieurs secteurs, et offre des salles à des médecins bénévoles qui acceptent de travailler gratis

-   Médecins du Monde a ouvert des antennes de soin

-   une émission de TV se charge de la collecte des médicaments disponibles chez les particuliers pour leur redistribution

-   en passant par internet, des réseaux d'échanges de services non monétarisés se sont mis sur pied, des agriculteurs viennent sur une place donnée au jour donné avec un camion plein de pommes de terre, d'oranges etc., par gros sacs et vendent à des prix avantageux pour eux et dérisoires par rapport à ceux du commerce...

 

Il est certain qu'il existe encore des riches qui sont loin de tout cela et que les situations sont d'autant moins difficiles qu'on est plus éloigné d'Athènes et de Salonique (les 2 agglomérations = 50 % population grecque…)

 

Danger pour la démocratie

 

 Le système en place depuis 1974 est en danger : les deux partis dominant depuis lors, ND et  PASOK, sont tombés dans le discrédit total :

-    jugés responsables de tout ce qui a été fait, d'où les yaourts et injures que les députés ont reçus depuis 2010 lors de leurs sorties publiques ou privées etc.,

-    jugés encore plus pourris que ce que l'on croyait depuis que des enquêtes ont lieu et montrent les malversations, pots de vin, évasion fiscale des uns et des autres,

-    jugés incapables, même honnêtes, puisqu'ils ne parviennent pas à mettre en oeuvre les mesures qu'ils annoncent,

-    « valets de l'étranger » puisque tout le monde sait qu'ils ne font que suivre les instructions de la Troïka.

 

Résultats :

 

-    Effondrement électoral des deux partis. Si Samaras, ND, est tout de même Premier ministre après la seconde élection c'est 1) en faisant une alliance entre 3 partis, 2) parce que les électeurs ont vécu sous la menace (si vous votez mal, c'est la fin de tout), 3) parce que le système électoral donne 50 sièges supplémentaires (sur 300) au parti sorti en tête.

-    Surgissement de deux partis pas vraiment nouveaux mais avec peu de visibilité, dont l'un, le Syriza, a talonné de très près la ND, et l'autre Chrysi Avghi, qui n'avait encore jamais présenté de candidats aux législatives, est ouvertement néonazi.

Le Syrizaunion des gauches radicales, (qui juge, avec raison, que le PASOK n'est plus à gauche) qui alterne discours extrémiste antieuropéen et discours réformiste radical, offre l'avantage de réunir des trentenaires qui n'ont pas encore eu part au pouvoir tandis que d'autres lui reprochent jeunesse et inexpérience qu'ils jugent dangereux (il faut bien commencer pourtant). Le parti remporte des succès surtout chez les personnes éduquées en milieu urbain.

Le dirigeant de Chrysi Avghi (qui a 16 élus) a un passé, des discours et des insignes directement nazis, dont il ne se cache pas ; il manie les médias avec talent : chacune de ses manifestations, bonnes oeuvres, coup d'éclat se fait en présence de la TV. Il attire les classes populaires par des soupes populaires, des aides aux personnes âgées, des interventions musclées contre les vendeurs étrangers à la sauvette, il entretient même des pompiers, tout cela pour montrer qu'il fait mieux que les politiciens ; mais il a également un violent discours machiste et xénophobe (les étrangers viennent prendre le peu qui nous reste et sont des délinquants !) et organise des groupes d'assaut qui tabassent les étrangers qui couchent dans les rues, les journalistes de gauche, les « anti-chrétiens » selon leurs critères... Même leurs députés adoptent tenue et comportement provoquants : crâne rasé, tatouages, gros bras, injures et menaces aux collègues... et comme tout cela passe impunément ou presque. La démocratie est réellement en danger.

 

La culture aussi en danger

Peut-être le plus grave à long terme pour un pays qui a fondé la raison d'être de son existence sur la culture :

-   diminution des crédits de l'enseignement, des salaires des enseignants et fermeture des écoles et des sections universitaires (langues étrangères à Thessalonique), fermeture également des instituts de recherche en Sciences Humaines, des petites écoles de montagne et des îles. Dans un relief aussi difficile, c’est  prendre de gros risques : un conseiller européen a dit un jour qu'il faudrait par économie « vider » les petites îles !

-   Fin des fouilles archéologiques et fermeture des sites, de musées ou de plusieurs salles, faute de gardiens, en même temps vols et fouilles clandestines

-   Fin des subventions aux théâtres de province, au cinéma ; Parmi les secteurs de l’économie et des biens culturels touchés par la crise, le livre semblait épargné jusqu’en 2010. Mais il apparaît désormais gravement touché. Le Centre européen de traduction littéraire (Ekemel) n’existe plus depuis l’été dernier. La décision du gouvernement grec de fermer le Centre national du livre (Ekebi) après 19 ans d’existence et de centraliser la politique du livre au ministère de la Culture a provoqué l’indignation dans les milieux culturels du pays.

-   L'ambiance, de surcroît, détourne les élèves du travail scolaire qui avait toujours été sanctifié en Grèce, un des pays d'Europe qui a le plus de diplômés du supérieur : à quoi bon avoir des diplômes pour chômer, pour émigrer, pour être payé 800 euros/mois comme leur prof ? Enfin un tiers des étudiants de 1ere année, qui ont passé un concours d'entrée pourtant, ont abandonné au premier trimestre, non pas à cause du niveau, mais pour ne pas avoir à payer un logement dans une autre ville puisque le système de concours place les gens selon leur rang à travers tout le pays.

 

Règne donc une ambiance de dévaluation de toutes les valeurs culturelles, en phase avec l'ambiance européenne.

 

Conclusion :

 

C'est une vision volontairement noire car j'ai choisi de montrer ce que la Troïka avait « changé » dans le pays, et que dire maintenant que le FMI lui-même a avoué avec fait des erreurs de calculs, avoir sous-estimé les effets de mesures d'austérité aussi radicales sur un pays comme la Grèce ?  Bien sûr, il existe toujours des gens riches, des gens qui par chance s'en sortent encore bien, d'autres qui ont appris à se serrer la ceinture sans se plaindre. Bien sûr, il existe aussi des personnes qui n'ont pas payé ou ne payent pas leurs impôts, mais les salariés et retraités sont soumis au prélèvement à la source et ne peuvent donc y échapper, et une partie des nouveaux impôts est payée par la note d'électricité, donc même chose.

Que dire, si ce n'est :

-   que la population est désemparée, comme les investisseurs potentiels, face à l'incertitude permanente et à l'avenir sombre qu'on lui promet (une possible résurgence du problème de la dette dans 15 ans, une génération pour remettre le pays à flots),

-   qu'elle est furieuse : ceux qui ne payaient pas, ne payent toujours pas : malgré les progrès réalisés dans la chasse aux fraudeurs par la liaison informatique des caisses, les premières ventes saisies et même quelques condamnations, la justice n'ayant pas assez de personnel, les gens conservent l'impression que les fraudeurs restent impunis,

-   que la population humiliée et pleine de honte : les Grecs ont été (et sont toujours) montrés du doigt par les partenaires européens, en particulier l’Allemagne, considérés comme paresseux, menteurs etc. sans le mériter, jugent-ils

-   et qu'un rien pourrait faire exploser cette situation...

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 17:30

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 01.04.2013 à 15h38


 

 

Le ministère du développement grec a donné, lundi 1er avril, le coup d'envoi de la procédure de privatisation de l'opérateur ferroviaire Trainose, censée être conclue d'ici au début de 2014, après un appel d'offres d'ici à la fin de juin.

Le ministre Costas Hatzidakis a annoncé le transfert des actions de Trainose, détenu à 100 % par l'Etat, à l'agence grecque chargée des privatisations (HRADF). Il a souligné qu'à l'issue d'une longue procédure d'assainissement et de scission de la société publique des chemins de fer OSE, Trainose, qui assure la gestion du réseau ferroviaire, avait réalisé "pour la première fois un bénéfice marginal" en 2012.

 

 DES GROUPES CHINOIS ET FRANÇAIS INTÉRESSÉS

L'appel d'offres doit être lancé d'ici à la fin de juin, soit dans les délais requis par la dernière feuille de route mise au point par les bailleurs de fonds Union européenne et Fonds monétaire international, a souligné le directeur de l'agence, Ioannis Emiris. "Nous comptons conclure cette très importante privatisation d'ici à la fin de l'année ou au début de la prochaine", a-t-il précisé. Le gouvernement compte également  "faire avancer" la privatisation d'une autre ex-filiale d'OSE, la société de maintenance Rosco.

Selon le gouvernement grec, des groupes chinois et français sont notamment intéressés par Trainose. Dans un pays ayant négligé le rail pendant des années, Trainose vient notamment d'inaugurer une jonction ferroviaire reliant au réseau national et européen le port du Pirée, en plein développement, sous l'impulsion du groupe chinois Cosco, qui en gère une partie des installations. La cession au privé de cette société avait au départ été prévue pour le courant 2010, mais avait été retardée, comme l'ensemble du programme de privatisations, par l'aggravation de la crise.

 

Lire aussi : La grande braderie grecque

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 21:12

 

 

 

Par Okeanos

31 mars 2013 - 10:07

(dernière modification le 31/03/2013 - 11:20)

 

 

Grèce. 2013. La police torture. Dans un pays de l'Union Européenne. La police torture et le ministre de l'ordre de public N. Dendias n'a pas lu le rapport d'Amnesty International concernant la violence de la police mais avait menacé d'attaquer The Gardian en justice pour avoir publié un article sur des tortures de la police envers des militants anti-fascistes en 2012. Il y a quelques semaines, la police a retouché les photos de détenus torturés. Le ministre avait à l'époque indiqué qu'"il avait fallu retoucher les photos pour que les détenus soient reconnaissables" tout en précisant que les traces de violence laissées sur les détenus étaient issues de l'arrestation. OkeaNews partage aujourd'hui cet appel à pétition du Comité Grec contre la torture pour que ces tortures cessent en Grèce. Merci à l'initiative des étudiants et travailleurs grecs à Paris pour m'avoir informé de cette pétition. 

PetitionPoliceTorture

Le Comité Grec contre la torture a été constitué récemment suite à une série d’événements alarmants de recours à la torture de la part de la Police grecque (le cas de quatre arrêtés à Velvedo de la ville de Kozani étant le plus flagrant [lire ici]). Il est composé de plusieurs organisations de défense des droits, telles que la Ligue des droits de l’Homme (Grèce), le Comité pour les droits des détenu-e-s, le Réseaux pour les droits politiques et sociaux, les Médecins du Monde, Act-up et bien d’autres, ainsi que de plusieurs citoyen-e-s. Il lance cette pétition pour dénoncer les violences policières perpétrées dans la rue, les commissariats, les prisons, les centres de rétention, et il se donne comme objectif d’enregistrer, d’intervenir sur place et de rendre public tout acte arbitraire et de torture de la part de la Police grecque. Une première conférence de presse est prévue pour le 9 avril : elle sera l’occasion d’annoncer publiquement la constitution du comité et de présenter la liste de signataires. Nous comptons sur votre soutien.

En Grèce la police torture

Agressions, viols, bastonnades, usage de Taser, brûlures de cigarettes, humiliations,
prélèvements génétiques obligatoires, même enlèvements d’élèves…

Les corps torturés, abusés, humiliés varient à chaque fois : manifestants, immigrés, détenus, personnes prostituées, même mineurs ; dans la rue, en salle de détention ou en centres de rétention. Les mains cependant, sont toujours les mêmes : celles de la police. La plupart de ces affaires ne sont pas officiellement dénoncées, ou un semblant d’enquête est mené laissant les responsables impunis. Mais qui peut encore croire que ces mésactions sont des événements marginaux?

Pas même le ministère de l’Intérieur, qui n’a pas hésité à publier les photos des 4 anarchistes arrêtés à Kozani le 1er février, sur lesquelles trois d’entre eux sont défigurés suite aux violences subies. Après une enquête réalisée en interne, le ministère déclare officiellement que la violence exercée par la police était « légitime et nécessaire ».

De leur côté, les personnes arrêtées ont dénoncé, par l’intermédiaire de leurs avocats et de leurs familles, qu’ils sont restés pendant des heures attachés les coudes dans le dos, avec des capuches sur la tête, pendant que les policiers les battaient à tour de rôle! Les photos, pourtant visiblement trafiquées, n’ont pas pu (ou peut-être n’a-t-on pas voulu?) dissimuler l’horreur. Les journaux télévisés ont diffusé ces photos sans commentaire. C’est également sans commentaire qu’ils ont diffusé un autre cas flagrant de torture, commis au siège de la direction générale de la police, celui de 15 motocyclistes participant à une manifestation antifasciste, quelques mois auparavant, un cas qui a pris toute sa gravité lorsque les médias internationaux s’en sont emparés. Plusieurs autres cas sont de même restés dans l’obscurité, comme celui de l’immigré torturé avec des pinces au commissariat de police d’Egaleo /Athènes, du mineur détenu à Amigdaleza/Attique qui a eu la rate éclatée suite à de violents coups, du viol avec matraque d’un autre immigré à la police portuaire de la Canée/Crète et plein d’autres.

En tant que citoyens de ce pays nous avons largement dépassé le stade de la simple inquiétude. Désormais il est de notre devoir de parler, de déclarer publiquement que :

- Nous ne devons pas permettre que la Grèce devienne un vaste Guantanamo.

- Nous ne devons pas permettre le retour aux pratiques des régimes dictatoriaux. La torture est un crime et comme tel, passible de sanctions légales.

- Nous refusons de nous habituer à la médiatisation de ces pratiques horribles, et de céder à la peur du message terrorisant qu’elle envoie à toute une société.

- Nous ne devons pas permettre cette barbarie ni tolérer son impunité.

à signer ici : http://www.ipetitions.com/petition/stop-police-torture/ (à noter que le site ipetitions.com propose de faire une donation au site de pétition en ligne après avoir signé la pétition : celle-ci est bien signée même si vous ne faites pas de donation. Cette donation n'est pas liée au Comité contre la torture.).

ou par courriel ici : nopolicetorture@gmail.com

lancée par le Comité grec contre la torture (http://greek-committeeagainsttorture.blogspot.gr/)

Vidéo du Comité grec contre la torture :

 

 

source : l'initiative des étudiants et travailleurs grecs à Paris

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 17:37

 

 

Par Okeanos

30 mars 2013 - 12:30
(dernière modification le 30/03/2013 - 12:30)

 

 

"Avanti Europe!" a été créé par un groupe d'Européens concernés. Soutenu par plusieurs individus et ONG qui croient à la nécessité de mobiliser des millions de citoyens en ligne, à l’image d’autres plates-formes développées notamment aux USA, "Avanti Europe!" propose un manifeste et souhaite agir pour réviser les politiques d'austérité. OkeaNews vous propose donc la vidéo de présentation ainsi que les liens pour participer à la pétition.

Avanti Europe !

"L’Europe doit éviter que la situation en Grèce ne dégénère en désastre humanitaire et s’assure que les même remèdes ne sont pas appliqués aux autres économies européennes faibles.

Nous vous demandons, membres de la Troïka et Gouvernement grec, de revoir les politiques d’austérité et de mettre l’être humain au cœur de vos réflexions et décisions.

Les résultats de la pétition seront envoyés à la Troika et au Gouvernement grec le 9 mai (fête de l’Europe)."

La vision, les engagements et les objectifs sont détaillées dans le manifeste que vous pouvez lire en fin d'article ou sur le site d'Avanti Europe.

La vidéo :

 

 

 

La pétition peut être signée en cliquant ici.


Manifeste

La crise des dettes publiques européennes est hors de contrôle, l’ensemble du projet européen est sous la pression des marchés financiers et la crise crée des divisions qui peuvent être fatales pour l’Union européenne.

Les économies européennes sont sous pression et un jeune sur cinq est au chômage : une génération entière est en danger.

Les gouvernements des Etats membres de l’Union ont perdu de vu la finalité du projet et sont principalement concernés par la prochaine élection. Aujourd’hui, des décisions majeures en Europe sont prises par les chefs d’Etat sans transparence démocratique.

Les partis populistes et anti-européens sont de plus en plus forts et de plus en plus de citoyens tournent le dos à l’Europe.

Nous, le peuple, sommes l’Union européenne ! L’Europe nous appartient et ne peut nous être confisquée. Nous sommes reconnaissants à nos prédécesseurs d’avoir osé concevoir un projet politique ambitieux après-guerre basé sur l’état de droit.

Nous sommes convaincus que nos nations ne peuvent relever seules les challenges d’aujourd’hui. La stagnation de nos économies, le chômage de masse, la régulation des marchés financiers et l’évasion fiscale mais aussi le changement climatique et le déficit démocratique : tous demandent des réponses collectives européennes.

Nous nous opposons à certaines décisions prises au niveau européen et à la façon dont elles sont prises. Notre approche n’est évidemment pas nationale, mais nous souhaitons faire des critiques constructives et proposer des alternatives venant des citoyens pour que les politiques européennes reflètent leur volonté.

  • Nous rêvons et nous battons pour une Europe prospère pour le plus grand nombre et pas seulement quelques uns, basée sur une économie innovante capable d’assurer la transition vers un monde durable.
  • Nous rêvons et nous battons pour une Europe sociale, où les Etats et les citoyens les plus riches comprennent que leur prospérité n’est pas soutenable si les plus faibles sont laissés de côté.
  • Nous rêvons et nous battons pour une Europe équitable qui passe notamment par une meilleure régulation des marchés financiers et une juste imposition permettant de financer en priorité l’éducation de nos enfants, notre modèle social mais aussi des politiques culturelles.
  • Nous rêvons et nous battons pour une Europe responsable, capable de faire jouer son poids diplomatique pour mettre fin à des conflits armés et lutter contre la pauvreté.
  • Nous rêvons et nous battons pour une Europe moderne, disposant d’institutions fortes, où les parlements nationaux associés au parlement européen contrôlent l’action des gouvernements à Bruxelles pour éviter les négociations a huis clos.
  • Nous rêvons et nous battons pour une Europe démocratique, où les tentatives nationales pour limiter les droits des citoyens ne sont plus possibles. Nous voulons que nos droits, tels que définis dans la Charte des droits fondamentaux, soient protégés pour chacun de nous dans tous les Etats membres.

Nous pouvons, devons et allons agir dès maintenant. Nous initions le mouvement Avanti Europe pour :

  • Apporter de la créativité et du dynamisme pour trouver les réponses collectives à nos crises et enjeux communs.
  • Nous battre pour une Europe unie et démocratique, juste et propère, proche des citoyens.
  • Faire entendre la voix des citoyens à Bruxelles et dans les capitales européennes.
  • Combattre le discours populiste anti-européen.

Nous sommes ouverts et indépendants, pragmatiques mais passionnés. Nous sommes nombreux. Nous devons simplement réunir nos forces, notamment en utilisant les meilleures pratiques de la communication traditionnelles et les outils de campagne les plus modernes.

La bataille pour notre rêve européen commence juste. Rejoignez-nous pour en faire une réalité !

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 22:28

 

Par Okeanos

27 mars 2013 - 16:59
(dernière modification le 27/03/2013 - 17:57)

 

Comme partout en Grèce le week-end dernier, la Crète aussi "fêtait" l'anniversaire de son indépendance face à l'occupation turque. Une fête nationale "joyeuse et conviviale" que la jeune photographe  Stella Meligounaki immortalise avec brio.  Stella nous a proposé ses clichés et c'est avec grand plaisir que nous les partageons ici. Ces photos ont été prises à Heraklion lors de la commémoration du 25 mars 2013. Des images qui montrent encore une fois que la démocratie grecque fait mois après mois de grand pas en avant.

Des photos qui devraient faire réfléchir chacun : imaginez votre propre fête nationale et transposez ces photos dans votre univers démocratique.

Commémoration de l'indépendance grecque - une femme, un arrière plan habituel en Grèce

Commémoration de l'indépendance grecque - une femme et un arrière plan habituel en Grèce (photo : Stella Meligounaki)

Commémoration de l'indépendance grecque - un retraité

Commémoration de l'indépendance grecque - un retraité, un grillage (photo : Stella Meligounaki)

Commémoration de l'indépendance grecque - un retraité

Commémoration de l'indépendance grecque - un retraité, un grillage et un drapeau en berne (photo : Stella Meligounaki)

Commémoration de l'indépendance grecque - un enfant, un policier, une barrière

Commémoration de l'indépendance grecque - un enfant, un policier, une barrière (photo : Stella Meligounaki)

Commémoration de l'indépendance grecque - un tract pour la désobeissance

Commémoration de l'indépendance grecque - un tract pour la désobeissance (photo : Stella Meligounaki)

Texte du tract :

"L’histoire s’écrit avec désobéissance (insoumission)

Devant la tribune des « officiels » nous tournons tous la tête à gauche !

Après le défilé, nous participons tous, écoliers, étudiants, ouvriers, à la marche (cortège, manif)

A BAS LA JUNTE DU GOUVERNEMENT,U.E., FMI.

Site : l’écolier insoumis.gr"

Commémoration de l'indépendance grecque - un enfant et un tract

Commémoration de l'indépendance grecque - un enfant et un tract (photo : Stella Meligounaki)

 Texte du tract :

"Nous ne porterons pas l’uniforme de la discipline et de la soumission, ni au défilé, ni ailleurs."

"Les « non » du peuple, plus forts que la troïka. "

"Les « non » du peuple, plus forts que la troïka. " (photo : Stella Meligounaki)

"Les défilés sont des festivités fascistes En avant pour des manifestations massives"

"Les défilés sont des festivités fascistes
En avant pour des manifestations massives" (photo : Stella Meligounaki)

 

Vous pouvez consulter le site de Stella pour profiter d'autres superbes photos et lui demander les autorisations pour partager son travail.

PS : un grand merci à BB pour la traduction des textes grecs


Une autre photographie de Stella lors de la fête nationale du 28 février 2012 (le jour du Non à Mussolini) :

Le jour du "NON" - Contrastes et barrière

Le jour du "NON" - Contrastes et barrière (photo : Stella Meligounaki)

 

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 19:43

 

Rue89 - Tribune des droits humains 26/03/2013 à 12h24
Tribune des droits humains"

Apostolis Fotiadis

 

Arrestations au faciès, conditions de détention inhumaines… De nombreux migrants accusent la Grèce de mauvais traitements. Sans inquiéter l’Europe, qui va rallonger les budgets de son meilleur « garde-frontière ».

(D’Athènes) En septembre dernier, alors qu’il tentait de gagner le nord de l’Europe par la Turquie, Faraj Alhamauun a été arrêté durant sa traversée de la Grèce.

En dépit d’une grave blessure à la jambe causée par des bombardements sur sa ville natale d’Alep, en Syrie, cet activiste a été emprisonné dans un camp de rétention du nord-est de la Grèce, dans la région d’Orestiada. Ses maigres biens et le peu d’argent qu’il avait lui ont été confisqués lors de son arrestation. Sans jamais lui être rendus.

Aujourd’hui installé à Istanbul, en Turquie, cette ancienne source de Human Rights Watch (HRW) n’a rien oublié du calvaire subi lors de ces mois d’enfermement, victime d’un harcèlement verbal et physique incessant.

Il s’est d’ailleurs plaint de ces mauvais traitements à une délégation de fonctionnaires européens qui visitait le camp Fylakio où il était détenu. « Après leur départ, j’ai été maltraité pour leur avoir parlé. » Faraj a alors commencé une grève de la faim. Résultat : les autorités hellènes l’ont finalement renvoyé vers la Turquie.

 


Opération de police contre des immigrants sans-papiers à Athènes, en novembre 2012 (AP Photo/Petros Giannak)

 

90 000 arrestations au faciès

Son cas est loin d’être unique en Grèce : les financements de la Commission européenne pour des opérations d’envergure visant à contrôler le flot massif de migrants ont abouti à un nombre important de violations des droits humains.

Et si les fonctionnaires européens n’ignorent rien des conditions inhumaines de détention des demandeurs d’asile, ils planchent actuellement sur une extension des financements afin que le gouvernement d’Antenis Samaras poursuive cette politique.

En août dernier, la police grecque a déployé près de 1 900 nouvelles recrues le long du fleuve Evros pour l’opération « Aspis » (bouclier), pour tenter de fermer la frontière avec la Turquie par laquelle affluent les réfugiés syriens.

Au même moment, l’opération « Zeus Xenios » (protecteur des étrangers) menée par les autorités sur tout le territoire a conduit aux interpellations de 4 849 sans-papiers. Auxquelles s’ajoutent la « rafle » de plus de 90 000 personnes, arrêtées uniquement selon leur faciès.

Afin d’emprisonner le flot de migrants arrêtés, le gouvernement a transféré les détenus dans des camps improvisés : académies de police ou anciens dépôts militaires, comme Xanthi et Komotini, dans le nord de la Grèce, Corinthe dans le Péloponnèse, et Paranesti dans la Drama.

Vétustes, gardés au secret, ces bâtiments sont souvent des trous noirs pour les droits de l’homme. D’autant que les demandeurs d’asile sont également détenus dans d’autres installations de fortune à travers le pays, pendant douze à dix-huit mois.

Lathra, un groupe de défense des droits des réfugiés, basé sur l’île de Chios, a récemment indiqué que les garde-côtes retenaient un grand nombre de migrants – parmi lesquels des réfugiés syriens, des femmes enceintes et des enfants – sur le port, dans un container en bois d’à peine 36 m². Depuis août, pas moins de 84 personnes – pour les cas signalés – ont péri au large des côtes turques en essayant de rejoindre la Grèce.

Pas d’accès à la justice

Bien que les opérations telles que Aspis et Xenios Zeus soient perçues comme « efficaces » par les autorités, les ressources limitées de la Grèce ne lui permettent pas de les poursuivre.

Or, en septembre dernier, la Commission européenne a dépêché une mission d’évaluation le long de la frontière turque et dans certains camps de rétention, pour estimer le coût d’un tel financement. Alors que plusieurs délégations de fonctionnaires européens et des organisations internationales ont apporté leur témoignage négatif sur le traitement inacceptable des migrants arrêtés.

En dépit de ces constatations, les migrants ont peu accès aux voies de recours. Quatre Syriens arrêtés avec Faraj ont été reconnus coupables de fomenter une émeute à l’intérieur du camp de Fylakio. Engager des procédures juridiques contre des fauteurs de troubles, qui pour la plupart protestaient contre leurs conditions de détention, est un phénomène nouveau qui obéit à la nouvelle politique migratoire voulue par le ministre de la Police, Nikos Dendias. Non sans quelques revirements.

A l’automne 2012, quinze migrants étaient jugés devant le tribunal d’Igoumenitsa, dans le nord-ouest du pays, pour s’être enfuis d’un camp réputé comme « le pire du pays ».

Après les avoir entendus relater leurs conditions d’enfermement extrêmement difficiles – il leur était par exemple totalement interdit de quitter leurs cellules –, le tribunal a jugé ces conditions de détention constituaient « une violation de la Convention européenne des droits de l’homme ». Les quinze prévenus ont été acquittés.

 

Publié initialement sur
Tribune des droits humains
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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 14:33

 

 

Par Okeanos

20 mars 2013 - 11:40
(dernière modification le 20/03/2013 - 12:00)

 

Le magazine indépendant Unfollow a fait paraître en kiosque son quinzième numéro au début du mois de mars. La couverture -explicite- montre une photo retouchée qui représente le visage tuméfié du premier ministre Antonis Samaras. Une couverture qui pose à elle seule la question sur les cas de tortures et les derniers évènements des retouches de photographies de détenus par la police. La réponse du gouvernement pourrait être une attaque en justice envers le magazine Unfollow pour "outrage à la constitution" : une nouvelle claque pour la liberté de la presse en Grèce.


la couverture du 15ème numéro du magazine Unfollow

la couverture du 15ème numéro du magazine Unfollow

 

En 2012, plusieurs évènements ont montré que la liberté de la presse avait pris une sacré claque en Grèce. Le classement RSF 2013 est d'ailleurs très clair : 14 places perdues en un an.

L'année dernière, Marios Lolos avait été attaqué par la police alors qu'il quittait une manifestation contre les mesures d'austérité, suite au suicide de Dimitris Christoulas sur la place Syntagma. Dans un état critique, le photoreporter avait dû subir une opération chirurgicale qui fut, bien heureusement, un succès. Président du syndicat des photo-journalistes, c'est sans doute en tant que figure du syndicalisme qu'il avait été blessé. Cette attaque n'est pas la seule et d'autres procédés sont à l'oeuvre en Grèce pour museler la presse, indépendante ou non.

Récemment, Giannis Pretenderis, un journaliste "poids lourd", avait confié que les médias grecs ont été invités à se taire sur la non viabilité de la dette. Cette "invitation" n'était pas vraiment une surprise pour qui suit les journaux télévisés en Grèce : "There Is No Alternative". Les quotidiens mainstream sont également assez avares d’informations quand celles ci concernent des luttes sociales qui prennent de l'ampleur. Ainsi, récemment, et suite à l'invasion du village de Ierissos par la police anti-émeute et des sections de la cellule anti-terroriste, une manifestation de grande ampleur s'est déroulée à Thessalonique. Environ 20 000 personnes s'étaient rassemblées pour dire non au projet d'extraction aurifaire dans la forêt de Skouries.

Durant la manifestation, la police a interdit l'accès de la tour blanche de Thessalonique aux photographes : impossible donc de pouvoir garder une épreuve panoramique d'un évènement de masse ce jour là. Pourtant, une photographie a montré la foule impressionnante. Et kathimerini a diffusé cette photo... en partie (à gauche la photo originale, à droite, la version kathimerini) :

Inutile de chercher des chiffres sur le nombre de manifestants dans l'article de Kathimerini, ils sont inexistants. Aucune mention non plus du fait que les manifestants étaient tous réunis sous une seule bannière : celle du "NON" au projet d'extraction à Skouries. Ce cas n'est qu'un exemple de la désinformation généralisée qui règne en Grèce. La plupart des médias mainstream étant la propriété d'industriels, comme Bobolas, eux-même proches du pouvoir. Rien de nouveau et rien de surprenant : il faut se tourner vers les médias indépendants pour trouver les informations pertinentes et concrètes.

Ainsi, ce n'est ni Skai, ni MegaTV, ni ToVima qui ont publié la liste de Lagarde des citoyens grecs ayant un ou plusieurs comptes dans la banque HSBC en Suisse. C'est Kostas Vaxevanis, journaliste indépendant, rédacteur de "La boite de Pandore" et de HotDoc. Cela lui a valu d'être arrêté dans les 24h pour un procès en comparution immédiate. Blanchit, le procureur a néanmoins fait appel de la décision et le procès a été reporté au mois de juin.

C'est encore un journal indépendant qui a révélé les informations concernant  la contrebande du pétrole en Grèce qui implique des patrons de grandes entreprises. Cette fois, le journaliste de Unfollow a reçu des menaces de mort puis une demande de l'avocat de M. Melissanidis, patron de Aegean Oil, de publier un droit de réponse. Il faut noter que l'avocat, M. Kranidiotis, n'est autre qu'un proche du premier ministre Antonis Samaras et un des ses conseillers non officiels.  Il est également un commentateur fréquent sur ​​les affaires publiques, et ses articles dans des journaux de droite et des sites web populistes sont connus pour leur nationalisme et leur xénophobie. Il est allé jusqu'à suggérer dans un article que l'armée doit intervenir pour maintenir «l'ordre» en Grèce.

Unfollow, dans son dernier numéro, a publié en couverture une photographie retouchée du premier ministre. Ce "trucage photoshop" a provoqué des réactions très vives du parti du premier ministre et des débats houleux sur les chaînes de télévision. Selon Unfollow, le journal pourrait être attaqué en justice pour "outrage à la constitution". Pour le magazine, cette couverture avait pour but de poser la question sur les tortures et le maquillage des photographies de détenus torturés en Grèce. Un article est d'ailleurs dédié à ce sujet dans leur quinzième numéro : "Arrêtez la torture , M. Samaras ! "  (article par Augustin Zenakos).

Pour le journal, "La dénonciation de la torture est un acte de protection de la constitution et de la démocratie. La démocratie a toujours agi pour la défense de la liberté de la presse". Le refus du gouvernement de répondre aux interrogations soulevées par le 15ème numéro d'Unfollow "montre que la torture fait partie d'une politique structurée et systématique qui impose la misère et l'injustice en utilisant la répression policière et le repli des droits de l'homme".

Lors d'une émission de RadioBubble sur l'indépendance des médias en Grèce, le journaliste Augustin Zenakos avait indiqué que "Les médias indépendants sont ce dont la Grèce a désespérément besoin". L'histoire d'OkeaNews confirme d'ailleurs ce point : les informations les plus pertinentes qui sont partagées sur ce site sont toujours issues de ces médias indépendants. Une grande méfiance est toujours de mise à la lecture des gros titres des médias mainstream en Grèce. Et malheureusement, parfois, la presse étrangère s'empare de -faux- gros titres pour donner une nouvelle vie à certaines rumeurs qui sont très difficiles à démonter ensuite.

Les attaques régulière envers ceux qui souhaitent -vraiment- informer la population grecque semblent se poursuivre. Dans le cas de la photo retouchée du premier ministre, Unfollow pourrait donc être poursuivi pour "outrage à la constitution". A l'origine, semble-t-il : une action en haut lieu afin de trouver un procureur prêt à lancer une action en justice contre le magazine. A l'heure où des rumeurs de nouvelles élections prévues pour le mois de mai font surface, il semble que le premier ministre grec ne souhaite surtout pas ternir son image.

Et tout serait bon pour de-crédibiliser les médias indépendants dont la Grèce à tant besoin.

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