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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 17:25

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

À Thessalonique, on transforme les camps militaires en potagers collectifs

Marie Astier (Reporterre)

mercredi 24 décembre 2014

 

 

 

À Thessalonique, un jardin autogéré, le Perka, s’est installé sur un ancien camp militaire. On y cultive des légumes en bio, et on vit l’expérience enthousiasmante d’une communauté diverse mais unie.


- Thessalonique (Grèce), reportage

Ils ont décidé d’appeler leur jardin « PERKA », une contraction des mots « cultures périurbaines » en grec. Les fleurs y profitent des douces températures de la fin d’automne. Les salades poussent encore, mais les tomates et les poivrons flétrissent. Certaines parcelles ont déjà été retournées pour les semis d’hiver. Des bâtiments bas et allongés, à l’abandon, entourent la série de potagers et servent de remises aux outils de jardin. Un rappel qu’ici, on se trouve sur un ancien terrain militaire.

L’idée de ce jardin communautaire est venue d’un groupe d’habitants de Thessalonique qui achetait déjà les légumes en direct aux producteurs, à la manière des AMAP en France. L’appel lancé sur internet réunit quarante personnes, la première assemblée a lieu au printemps 2011. Avant de se mettre à cultiver, pendant plusieurs mois tout le monde discute : comment s’organiser ?

Occuper le terrain

L’assemblée se met d’accord sur une série de principes. Les intrants chimiques sont bannis, la culture doit être biologique. Seules les variétés paysannes, libres de toute propriété intellectuelle sont autorisées. Les décisions sont prises par l’assemblée et par consensus, on ne vote pas. Enfin, on ne peut pas faire d’aménagements permanents sur une parcelle, car cela empêcherait qu’elle soit utilisée pour un autre usage ensuite.

Mais surtout, il faut trouver un lieu pour s’installer. L’assemblée de Perka rencontre l’association culturelle du quartier de Karatasiou. A dix minutes du centre de Thessalonique, elle a décidé d’investir cet immense terrain abandonné depuis le début des années 2000. Le gouvernement en a chassé l’armée. Depuis, il fait l’objet d’une bataille juridique entre les ministères de l’armée et des finances, ce qui lui permet d’échapper temporairement à l’appétit des promoteurs immobiliers.


- Une partie de l’ancien terrain militaire à l’abandon -

« L’association a aménagé un centre culturel et organise des événements ici. Ils veulent faire connaître le parc aux habitants pour que l’endroit reste ouvert et accessible », raconte Zora, une des fondatrices de Perka. Pour l’association de quartier, installer un jardin partagé est un excellent moyen de poursuivre l’occupation du lieu.

Aujourd’hui, six jardins collectifs Perka sont dispersés sur l’ancienne base militaire et rassemblent environ deux-cents jardiniers. Un collectif vegan, et un autre qui fait la cuisine pour les migrants ont également investi des parcelles. Tous doivent adhérer aux principes fondateurs, mais ensuite libre à eux de s’organiser différemment au sein de chaque assemblée.

Des abeilles sont installées sur un toit. Un poulailler est en cours de construction. Pour organiser des projections et d’autres événements, un des bâtiments a été réhabilité en salle commune, appelée « la serre » : « C’est l’endroit où l’on fait pousser les idées », traduit Zora.

Peu à peu, le lieu s’est mis à accueillir des événements : un festival d’échanges de graines ou des stages de permaculture. Un jour, sur la proposition d’un vieux crétois, un four à pain traditionnel a été construit collectivement.

« C’est aussi un acte politique »

Beaucoup de jardiniers sont retraités ou chômeurs, comme Nikos, sans travail depuis un an. Le plus important pour lui c’est de « garder une activité » : « Venir ici me permet de participer à la société, de rencontrer des gens », confie-t-il. « Mais c’est aussi un acte politique. Le gouvernement nous a rendu la vie si difficile... » Parfois, il donne une partie de sa récolte aux centres sociaux, qui distribuent de la nourriture à ceux qui ne peuvent plus se payer à manger.

« Perka est un lieu qui permet de rassembler des personnes qui ne sont pas très actives politiquement, c’est un endroit où l’on échange et on construit une communauté », estime Giorgos, présent depuis le début à Perka.


- Natasha, Zora et Giorgos (de gauche à droite) -

Sur le bord des parcelles, les cailloux s’entassent. « La terre est pleine de pierres, elle est très difficile à cultiver ici », explique Natasha, elle aussi fondatrice de Perka. Les plus assidus arrivent quand même à entretenir des potagers luxuriants...

 

*Suite de l(article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 15:44

 

Source : www.humanite.fr

 

Grèce : L’irrésistible ascension de la gauche anti-austérité

Rosa Moussaoui
Mardi, 23 Décembre, 2014


Alors que les sondages prédisent, les uns après les autres, la victoire de Syriza, ministres, éditorialistes et banquiers se relaient sans répit pour promettre aux Grecs la peste de Thèbes si la gauche arrive au pouvoir.
Photo : Aristidis Vafeiadakis/Zuma/Rea
Athènes (Grèce), envoyée spéciale. Seuls les rougeoiements du petit réchaud près duquel elles se blottissent éclairent leurs visages. On leur a coupé jusqu’à la lumière. Les femmes de ménage des institutions publiques, en lutte contre leur licenciement, sont toujours là, sous les fenêtres du ministère de l’Économie et des Finances, dans le bas de la place Syntagma. Elles occupent les lieux depuis 229 jours. La violence inouïe des policiers anti-émeute, qui les ont maintes fois matraquées, n’a pas suffià les chasser ni à les décourager. Au contraire.
Les gardiens d’école, eux aussi menacés d’être jetés à la rue, les ont imitées. Eux aussi ont planté leurs tentes, tout près d’elles. Les passants s’arrêtent, encouragent ces femmes qui luttent, versent quelques euros en soutien. Créée par un graphiste solidaire, leur affiche figure un poing levé revêtu d’un gant de caoutchouc rose.
Cette image est devenue le symbole de la résistance aux diktats de la troïka (Banque centrale européenne, FMI, Commission européenne) qui exigeait d’Athènes, au début de l’année, 11500 licenciements de travailleurs du secteur public en 2014. Ce soir-là, alors que la coalition qui réunit au pouvoir conservateurs et sociaux-démocrates a échoué, au premier tour, à faire élire par les députés son candidat à la présidence, la crise politique occupe toutes leurs discussions. Elles commentent les graves accusations d’un parlementaire affilié aux Grecs indépendants (droite souverainiste) : Pavlos Haïkalis assure qu’un conseiller bancaire a tenté d’acheter sa voix pour plusieurs centaines de milliers d’euros. Toutes veulent voir chuter le gouvernement d’Antonis Samaras.
Toutes aspirent à des élections anticipées, qui seraient convoquées si le Parlement échouait à élire le président. « Ils ne veulent pas laisser la gauche arriver au pouvoir. Il y a beaucoup de manoeuvres, de tractations et de manipulations. Tout peut arriver d’ici au troisième tour, le 29 décembre. Mais nous espérons, malgré tout, que les élections anticipées se tiendront. C’est le seul chemin pour sauver la Grèce », assure Sofia Tsangaropoulo. Cette quadragénaire fait partie des 260 femmes de ménage qui exigent toujours leur reclassement. Depuis bientôt huit mois, elle ne perçoit plus que 70 % de son salaire, soit 500 euros. Trop difficile, avec si peu, de boucler les fins de mois. « Nous essayons de gagner du temps par la lutte, par des actions en justice. Il faut tenir jusqu’aux élections. Le changement politique est notre seul espoir », souffle-t-elle. Le camp des femmes de ménage en lutte est comme un point de ralliement. Mania Papadimitriou s’y arrête chaque fois qu’elle le peut, lorsqu’elle sort du Parlement, tout proche. Cette comédienne, élue députée sous l’étiquette Syriza en 2012, ne dissimule pas sa colère lorsqu’elle évoque le paysage de désastre économique, social et humain laissé par cinq années d’austérité. « J’espère que Syriza arrivera au pouvoir et fera une politique pour le peuple, pas pour les banques. Ceux qui sont au pouvoir ont sauvé les banques et laissé les gens se noyer. Plus personne ne peut supporter cette violence. Il faut dire stop et lancer un message de résistance à tous les peuples d’Europe, pour qu’ils refusent de subir à leur tour le sort infligé au peuple grec », insiste la députée.
Après les deux mémorandums organisant l’ajustement de la Grèce à l’ordre néolibéral le plus brutal, les attentes sociales pesant sur la gauche anti-austérité sont immenses, à la mesure de la crise humanitaire que traverse le pays.
 
DES ATTEINTES SÉRIEUSES AUX DROITS HUMAINS ET AUX LIBERTÉS
 
Le 18 décembre, à Athènes, la Fédération internationale des droits de l’homme et son organisation affiliée, la Ligue hellénique des droits de l’homme (HLHR), ont présenté un rapport édifiant sur les conséquences des politiques d’austérité. « Contrairement aux finances, les droits humains et les libertés fondamentales ne peuvent pas faire l’objet de plans internationaux de renflouement, a expliqué Konstantinos Tsitselikis, président de la HLHR.
Les politiques économiques et fiscales ont ignoré de manière éhontée leurs impacts sociaux dévastateurs et les autorités ont failli à apporter l’assistance sociale requise. En agissant de la sorte, la Grèce a manqué à ses obligations internationales et a bafoué les droits humains fondamentaux de ses citoyens. » Le document met aussi en lumière des reculs démocratiques préoccupants, avec des atteintes sérieuses aux droits et libertés individuelles. Mais que vaut la démocratie, quand la Commission européenne affiche sans complexe ses préférences politiques à la veille d’un scrutin dans un État membre ?
 
UN SONDAGE DE L’INSTITUT RASS POUR LE JOURNAL ELEFTHEROS TYPOS CRÉDITE SYRIZA DE 27,1 % D’INTENTIONS DE VOTE, CONTRE 23,7 % À LA NOUVELLE DÉMOCRATIE DU PREMIER MINISTRE ANTONIS SAMARAS.
Alors que les sondages prédisent, les uns après les autres, la victoire Syriza, ministres, éditorialistes et banquiers se relaient sans répit pour promettre aux Grecs la peste de Thèbes si la gauche arrive au pouvoir. Même le spectre de la guerre civile (1945-1949) est convoqué dans ce théâtre d’ombres.
À Bruxelles, ceux qui étaient prêts, il n’y a pas si longtemps, à mettre Athènes à la porte de la zone euro accusent aujourd’hui la gauche grecque de vouloir jouer la carte du « Grexit ». « La stratégie de la terreur et du chantage est la seule disponible, puisque l’austérité est perçue comme un échec économique par la majorité de la population. Mais cette menace de déstabilisation est surtout source d’énormes profits pour ceux qui spéculent sur la dette grecque », remarque Dimitris Seremetis, professeur d’économie à l’université de la mer Egée.
Le programme économique de Syriza, d’inspiration plutôt keynésienne, n’a pourtant rien du dangereux virage extrémiste décrit par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le parti d’Alexis Tsipras refuse la perspective d’un nouveau mémorandum et prône une renégociation de la dette. Objectif: dégager les ressources indispensables pour faire face à l’urgence humanitaire et financer un plan de relance. « Syriza est déterminée à s’appuyer sur la mobilisation du peuple grec pour imposer cette renégociation.Par ailleurs, la Grèce reste une menace pour la zone euro. Il n’y a pas de cordon sanitaire. Personne n’a intérêt à une déstabilisation qui pourrait déclencher un effet domino », résume Maria Karamessini, directrice du département de politique sociale à l’université Panteion d’Athènes. Alexis Tsipras, lui, répète qu’une réponse « concertée » est préférable à des « décisions unilatérales », auxquelles il n’exclut pourtant pas de recourir si on l’y « contraint ». Cette posture, entre pragmatisme et fermeté, séduit, selon les enquêtes d’opinion, près d’un tiers de l’électorat. En 2012, déjà, la formation de gauche avait recueilli 27 % des suffrages aux élections législatives, mais s’était placée en seconde position, derrière la Nouvelle Démocratie, d’Antonis Samaras. Ce dernier paie aujourd’hui le prix de son dévouement à la troïka. Mais l’addition la plus salée revient aux sociaux-démocrates du Pasok, partie prenante de la coalition au pouvoir. Avec moins de 5% des intentions de vote, ils subiraient une sanction plus sévère encore que celles des élections locales et européennes du printemps dernier. Pour contenir l’hémorragie et empêcher la base électorale social-démocrate de se rallier à Syriza, l’ancien premier ministre Georges Papandréou vient d’annoncer la création d’un nouveau parti, sur les ruines du vieux Pasok. Faute d’alliés à gauche, les communistes du KKE refusant de participer à une éventuelle coalition, Syriza espère, de son côté, conquérir une « autonomie politique » qui lui laisserait les mains libres au Parlement. « Avec une extrême droite toujours en embuscade, Syriza n’a pas le choix. La gauche est condamnée à réussir et à surmonter tous les obstacles qui se dresseront devant elle, estime Babis Kovanis, journaliste à l’hebdomadaire Epohi. En cas de victoire, le plus dur commencera après les élections. Le vrai danger, c’est qu’un gouvernement de gauche soit empêché de gouverner. » En Grèce, la confrontation politique se jouera autant sur le terrain social que sur le plan démocratique.
 
LES EX-SALARIÉS DE L’ERT LUTTENT TOUJOURS
 
L’écran noir était devenu, bien au-delà des frontières de la Grèce, un symbole de la brutalité des mesures d’austérité dictées par la troïka et appliquées avec zèle par le gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras. La fermeture sans préavis de la radiotélévision publique ERT, le 11 juin 2013, a entraîné la mise à la porte de près de 2700 employés, dont 677 journalistes, licenciements jugés « non valides » en première instance par la justice. Depuis, la chaîne Nerit, créée pour remplacer l’ERT, n’a pas tenu les promesses d’indépendance éditoriale. Les accusations de népotisme et de gaspillage dont le gouvernement Samaras accablait l’ERT n’épargnent pas la Nerit, qui connaît un naufrage en termes d’audience. Les anciens de l’ERT opposés au « coup d’État de l’écran noir », eux, continuent de produire, bénévolement, des programmes radiophoniques et télévisés diffusés sur le Web. « La carte Nerit jouée par le gouvernement s’est déjà effondrée. Pour faire cesser cette situation humiliante, tant pour la radiotélévision publique que pour le pays, il existe une solution : rouvrir l’ERT maintenant ! » estime Nikos Michalitsis dans l’hebdomadaire Epohi. La réouverture de la radiotélévision publique figure parmi les promesses de Syriza. Les salariés de l’ERT, eux, promettent déjà de nouvelles actions durant la campagne électorale.
Source : www.humanite.fr

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 17:09

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

En Grèce, le coût social et humain de l'austérité

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

À quelques jours d'un nouveau vote pour élire le président de la République grecque, sans la moindre remise en cause par le gouvernement des politiques suivies jusqu'à présent, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme fait le point sur la dégradation des droits humains entraînée par quatre ans d'austérité. Son bilan est accablant.

C'est à un désastre économique et social que l'on assiste en Grèce depuis le début de la mise en place des politiques d'austérité, en 2010. Mais les conséquences de ces mesures vont encore au-delà : c'est ce que nous enseigne le dernier rapport de la FIDH, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, rendu public à Athènes ce jeudi 18 décembre. Elles touchent en effet à la question même des droits de l'homme, qui se sont sensiblement dégradés depuis quatre ans.

Pour réaliser ce rapport – une somme de 80 pages diffusée en grec et en anglais –, la FIDH est allée à la rencontre de multiples acteurs. Elle a mené des entretiens auprès des autorités, des élus, des syndicats, des acteurs du secteur de la santé et de l'éducation, des journalistes, de diverses associations grecques, des organisations en lien avec les migrants, mais aussi des bailleurs de fonds du pays que sont la commission européenne et le FMI.

Les conclusions sont accablantes. Le droit au logement et le droit à l'éducation sont particulièrement bafoués, mais aussi le droit au travail et l'accès à la santé. Quelques chiffres, glanés au fil du rapport : depuis 2010, 180 000 petites et moyennes entreprises ont mis la clef sous la porte. Le taux de chômage est allé jusqu'à toucher 28 % de la population active en septembre 2013 – il en est aujourd'hui à près de 26 %. Cependant, souligne le rapport, « le chômage réel doit être de 5 à 6 % supérieur aux statistiques officielles »...

Surtout, le rapport de la FIDH pointe les responsabilités et démontre l'absurdité des mesures prises, qui n'ont rien de réformes structurelles destinées à améliorer l'administration ou les performances économiques du pays. « Cette situation [de chômage très élevé] ne résulte pas seulement de la crise économique, mais c'est aussi le résultat de la manière dont cette crise a été gérée au niveau politique, c'est-à-dire les politiques spécifiques engagées par les autorités. Rien que dans le secteur public, 75 000 postes ont été supprimés entre fin 2012 et début 2013. Bien que le besoin de réformer pour faire face à de sérieuses déficiences structurelles dans le service public était communément admis, les coupes rapides et massives décidées en conséquence dans le secteur public ne reposaient pas sur la base d'une évaluation adéquate. Au contraire, ces coupes étaient fondées sur le besoin d'une conformité rapide avec les exigences formulées dans les mémorandums d'accord entre la Grèce et la Troïka et ont été appliquées uniquement pour des raisons budgétaires. » Autrement dit, les coupes ont été faites à l'aveuglette, sans logique aucune, comme nous le racontions dans Mediapart, déjà, en mars 2012.

La mission de la FIDH met également en évidence le deux poids deux mesures appliqué selon les ministères. La santé publique, les transports et l'éducation ont été très durement affectés par la politique d'austérité – tandis que le budget de la défense est resté relativement préservé. « Le budget de défense de la Grèce reste l'un des plus élevés parmi les pays de l'OTAN en termes de pourcentage de PIB », note le rapport. La santé grecque, en revanche, se retrouve en queue de peloton des pays de l'OCDE : seulement 5,9 % de son PIB était consacré à des dépenses publiques de santé en 2011, contre 8,6 % pour la France et 6,7 % en moyenne dans l'OCDE.

Le rapport montre qu'après la signature du premier mémorandum avec la Troïka, en mai 2010, les autorités grecques se sont uniquement focalisées sur les objectifs budgétaires et ont délibérément négligé les implications sociales et humaines des mesures. Le deuxième mémorandum, en février 2012, prévoyait certes la nécessité de mettre en place des mesures d'accompagnement des chômeurs... Ce n'est qu'en avril 2014 que de premières expérimentations sont mises en place. Au bout du compte, sur environ 1,4 million de chômeurs, seulement 110 000 ont pu recevoir des indemnisations. « Les autorités grecques n'ont pas seulement pris des mesures qui ont sérieusement exacerbé la situation du chômage, mais elles ont en outre échoué à offrir le soutien social nécessaire pour faire face à la hausse rapide du chômage », écrit la FIDH.

Mais au-delà du chômage, c'est la précarité et l'absence de garde-fous pour les salariés qui se sont développés sous l'effet des mesures d'austérité : disparition des conventions collectives, baisse du Smic, multiplication des contrats précaires, renversement des rapports de force en faveur des employeurs. Le rapport de la FIDH relève au passage que l'OCDE évalue le recul de la protection des salariés grecs entre 2008 et 2013 à 15 % : c'est le plus grand recul après le Portugal (il a été de 2 % en France sur la même période).

 

Des policiers grecs s'attaquent à un manifestant
Des policiers grecs s'attaquent à un manifestant © FIDH

L'intérêt de ce rapport publié jeudi ne tient toutefois pas seulement à ce bilan économique et social chiffré et documenté. Il montre aussi combien la politique d'austérité a pu se répercuter sur les droits civiques et politiques. Les manifestations en réaction à la rigueur ont ainsi été l'occasion pour la police grecque d'exercer une violence injustifiée à l'égard de simples quidams et de multiplier les arrestations arbitraires. De nombreuses interpellations ces dernières années ont en outre été accompagnées de mauvais traitements : en s'appuyant sur des cas précis, la FIDH dénonce des abus de pouvoir et un usage « excessif et inutile de la force dans la répression de protestations pacifiques » : « Une telle force comprend le tabassage de manifestants et l'usage de gaz chimiques toxiques irritants et de gaz lacrymogènes. De tels actes constituent un comportement illégal, viole les obligations de la Grèce en matière de droit international. » Sans compter les arrestations préventives ni l'impossibilité d'avoir accès à un avocat pendant ces arrestations, en particulier à la veille de grandes manifestations ou de visites d'officiels étrangers – des pratiques relevées par plusieurs avocats grecs que la FIDH a rencontrés sur place. « Bien que ces incidents et pratiques ne soient pas nouveaux, note le rapport, les personnes interrogées par la délégation rapportent que la situation en Grèce a significativement empiré depuis le début de la crise. La police semble s'être radicalisée, aggravant les réponses à la dissidence et montrant une intolérance croissante à l'égard des voix critiques. »

Ces années d'austérité n'ont pas non plus laissé indemnes les immigrés. Montée de la xénophobie, montée des violences policières à leur égard, impunité jusqu'à il y a peu des criminels, difficulté de plus en plus grande pour obtenir des papiers : les migrants en Grèce sont particulièrement touchés par cette dégradation des droits de l'homme. Le discours de la haine et les violences racistes du parti néonazi Aube dorée – autrefois complètement marginal – ont en outre aggravé la situation. « Aube dorée n'aurait jamais pu connaître un tel succès sans le soutien des autorités, en particulier la police, et les médias », relève la FIDH.

Enfin, l'austérité a eu un impact sur la liberté de la presse : la Grèce a largement reculé dans les classements internationaux. Il y a eu notamment la brutale fermeture de ERT, la radiotélévision publique, en juin 2013. Il y a eu aussi l'arrestation du journaliste Kostas Vaxevanis, quelques mois plus tôt, alors qu'il avait publié dans son magazine la « liste HSBC/Lagarde », quelque 2 000 noms de personnes suspectées d'avoir placé des fonds en Suisse. Et puis il y a eu de multiples pressions politiques exercées sur des journalistes qui critiquaient ouvertement les accords du gouvernement avec la Troïka.

Dans un dernier chapitre intitulé « Qui est responsable ? », la FIDH renvoie la balle aux autorités grecques et européennes : « Le tragique déni des droits que la mission a observé et documenté en Grèce n'aurait pas pu arriver sans les contributions de la Grèce, d'autres États membres de l'UE et en particulier les membres de l'Eurogroupe, mais aussi l'UE et ses institutions comme la commission et la BCE, ainsi que d'autres institutions financières internationales, comme le FMI. » C'est à tous ces niveaux que l'on doit cette profonde dégradation des droits sociaux et humains à l'œuvre depuis quatre ans, et le rapport montre combien les décisions prises par l'UE sur la Grèce sont en contradiction avec ses propres valeurs. La FIDH a-t-elle prévu d'envoyer son rapport à Pierre Moscovici et Jean-Claude Juncker ? Ces deux derniers, plutôt que d'appeler le parlement grec à élire à la présidence le candidat du gouvernement Samaras, feraient bien de lire ce que la politique qu'ils défendent bec et ongles encore aujourd'hui a provoqué dans la péninsule hellène...

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

 

 

 

 

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 16:54

 

Source : cadtm.org

 


CADTM

 

Grèce : l’impact de quatre ans de Troïka, les mobilisations de la population et les perspectives politiques en 2015

La Troïka respecte-elle les Droits de l’Homme ?

18 décembre par Yiorgos Vassalos


 


La raison d’être de la Troïka est de dicter des mesures d’austérité indépendamment des résultats ou des programmes électoraux. Cela constitue une violation flagrante de l’article 1 du document qui constitue la base du droit international, c’est-à-dire le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes inscrit dans la Charte de l’ONU de 1945.

La Grèce est sous tutelle. Une « task force » de la Commission européenne installée à Athènes a son mot à dire sur tout. Des lois déjà votées au Parlement se modifient après des emails envoyés par la Troïka. Ceci n’est pas une situation de « souveraineté partagée » dont les idéologues officiels de l’UE ont tant parlée mais bien un colonialisme moderne, au sein même de l’Europe.

Ci-dessous on présentera trois exemples de droits inscrits dans la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union européenne que généralement les institutions de l’UE sont censées respecter lors de leur activité, mais dont la Troïka – et donc la Commission européenne et la BCE – a explicitement imposé la violation.

Bien que dans les médias on mentionne le plus souvent la réduction de la dette comme objectif principal du programme – dette qui est passée de 129% du PIB en 2009 à 179% en 2014 – c’est la dévalorisation des travailleurs qui en est la véritable pierre angulaire. C’est pour cela qu’on examinera des cas de violation du droit de travail.

1. L’article 30 de la Charte des Droits Fondamentaux prévoit que « tout travailleur a droit à une protection contre tout licenciement injustifié ». Hors, en mai 2010, comme condition du premier prêt de la Troïka inscrite dans le Mémorandum, une période d’essai d’un an a été imposée pour tous les CDI durant laquelle le travailleur peut être licencié sans aucun préavis. Cette condition du Mémorandum a été transposée en loi en décembre 2010. Les citoyens n’ont le droit d’aller devant la Cour de Justice de l’UE que pour des « dispositions particulières les concernant, s’estimant directement et individuellement lésés ». Dans la pratique cela empêche les groupements de citoyens comme les syndicats d’aller en justice collectivement. La seule instance qui a examiné la conformité de cette mesure a été le Comité Européen des Droits Sociaux du Conseil de l’Europe (47 pays) qui a conclu que l’article 4.4 de la Charte Sociale Européenne qui prévoit « un délai de préavis raisonnable dans le cas de cessation de l’emploi » a été violé. Cet article-là a été la base d’inspiration de l’article 30 de la Charte des Droits Fondamentaux de l’UE. Une période générique d’un an pour tous les secteurs et métiers généralise la possibilité de licenciement injustifié pour une partie très importante des travailleurs. La condamnation du Comité Européen des Droits Sociaux du Conseil de l’Europe ne produisant aucun effet contraignant, la loi est demeurée inchangée.

2. L’article 31 de la Charte des Droits Fondamentaux affirme que « tout travailleur a droit à des conditions de travail justes et équitables qui respectent sa santé, sa sécurité et sa dignité ». En février 2012, l’UE et le FMI ont conditionné leur deuxième prêt à la réduction de 22 % du salaire minimum dans le secteur privé. Le salaire des jeunes a, par conséquent, été ramené à 440 euros net par mois, ce qui était en-dessous du seuil officiel de pauvreté. L’année suivante, le Comité du Conseil de l’Europe – mentionné précédemment - a aussi conclu à l’unanimité que la Grèce violait ainsi le droit à un salaire équitable et digne pour les jeunes, contenu dans la Charte Sociale Européenne. Il est clair qu’un tel salaire ne pourrait pas être considéré comme respectant la dignité du travailleur et de plus il introduit clairement un élément de discrimination vis-à-vis des jeunes. Mais comme on a dit, les citoyens grecs – comme les autres citoyens européens – ne peuvent pas s’adresser à la Cour de Justice de l’UE contre de telles mesures pour obtenir leur annulation. ADEDY, le syndicat grec du service public a essayé de le faire contre la réduction des retraites mais son dossier a été jugé inadmissible parce qu’il ne représentait pas la totalité des fonctionnaires !

3. L’article 28 qui est censé garantir le droit de négociation et des conventions collectives est le plus sauvagement violé. Il a été démantelé en trois étapes et une quatrième qui arrive pour l’effacer presque complétement. En 2010, la Troïka a imposé la primauté des conventions d’entreprise par rapport aux conventions sectorielles. En février 2012, le renouvellement automatique des conventions collectives a été supprimé, ce qui implique qu’au bout de trois mois, faute de nouvel accord, les normes en vigueur seront celles de la législation nationale. |1| En novembre 2012, une autre loi a prévu que le salaire minimum national pouvait être imposé par décret gouvernemental, et que l’avis des « partenaires sociaux » n’était que consultatif. Aucune instance n’a condamné ces violations, |2| mais il est assez évident que le droit de négociation collectif est sérieusement bafoué en Grèce.
La Troïka exerce maintenant des pressions pour changer la façon dont les grèves sont décidées et la façon dont les syndicats sont financés. Déjà que les organes de l’UE comme la Troïka n’ont pas selon les Traités vocation à intervenir dans la politique sociale et la réglementation des niveaux de salaire, ils ont encore moins le droit de peser sur la législation concernant l’organisation des syndicats et des grèves.

L’article 28 de la Charte des Droits Fondamentaux de l’UE est censé garantir aussi le droit aux travailleurs « de recourir […] à des actions collectives pour la défense de leurs intérêts, y compris la grève ». Pour faire passer les licenciements massifs dans le secteur public et la dérèglementation du marché de travail ordonnés par la Troïka, le gouvernement grec a dû invoquer des dispositions de force majeure quatre fois en deux ans pour mettre fin à des grèves. D’abord on a réquisitionné les travailleurs du métro d’Athènes, puis ceux des transports maritimes et enfin les enseignants du secondaire et les employés de la société d’électricité avant même qu’ils appliquent la décision de leurs AG ou de leurs syndicats. Cette disposition de mise au travail forcée est bel et bien prévue dans la Constitution, mais seulement en cas de guerre, désastre naturel ou risque majeur pour la santé publique. Aucune de ces conditions n’était réunie. De façon clairement illégale, donc, le gouvernement a menacé d’emprisonnement et de licenciement immédiat toute personne qui poursuivrait la grève.

La Troïka/Commission européenne n’a pas ordonné directement la violation du droit de grève comme c’est le cas pour les trois autres violations que l’on a vues, mais elle a constamment taxé dans son discours les syndicats qui organisaient les grèves d’ « intérêts particuliers illégitimes » (vested interests) et elle a demandé au gouvernement grec, même lors de conférences publiques à Bruxelles, ce qu’il comptait faire pour briser leur résistance.

Elle n’a bien entendu pris aucune action pour rappeler au gouvernement grec son obligation de respecter la Charte des Droits Fondamentaux, mais au contraire elle l’a incité à la violer. En plus, elle essaye maintenant d’imposer comment les grèves doivent être décidées (50%+1 des membres de syndicat) et d’autres modalités qui limiteront radicalement le droit à la grève. Dans les trois points qu’on a cités ci-dessus (licenciements sans préavis, salaire des jeunes et conventions collectives) on peut dire qu’elle a obligé le gouvernement grec à violer cette charte.

En théorie, les institutions de l’UE sont censées respecter la Charte. Mais dans la pratique, les citoyens n’ont pas les moyens légaux pour les tenir responsables auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne. C’est seulement les États qui pourraient aller contre la Commission ou la Commission contre les États. Ce qu’aucun des deux n’a la volonté politique de faire puisqu’ils sont complices. En plus, la Cour de Justice a démontré dans le cas d’ADEDY et des Sindicatos dos Bancarios portugais qu’elle n’a pas la volonté non plus de mettre les institutions européennes devant leurs responsabilités.

La position officielle de l’UE vis-à-vis de ces violations
En répondant aux questions des Eurodéputés de Syriza sur la responsabilité de la Commission, les Commissaires Katainen et Timmermans prétendent que jusqu’à maintenant il n’y a pas preuve de violation de la Charte. C’est facile à dire quand il n’y a pas des procédures en place pour que la justice examine des cas concrets comme les trois mentionnés ci-dessus.

Il y a pourtant une nuance très importante entre les réponses données par les Commissaires Katainen et Moscovici d’une part et le Vice-Président Timmermans responsable pour les Droits Fondamentaux : les uns prétendent que puisque les Mémorandums ne sont pas des lois européennes stricto sensu la Charte ne s’applique pas. Timmermans a affirmé pourtant que « le plan développé par la Troïka est basé sur les Traités et la loi communautaire » ce qui inclut la Charte. On doit continuer à faire pression sur la Commission afin qu’elle clarifie son point de vue sur ce sujet d’importance primordiale : la Troïka peut-elle agir dans un espace de non-droit ?
Autre point important c’est que Timmermans semble admettre ce que le Parlement européen a déjà adopté comme position : que la Commission n’a pas examiné d’avance l’impact des programmes sur les droits sociaux. Il l’a dit indirectement en disant qu’à l’avenir il faudra faire « une analyse en profondeur », mais c’est clair qu’une telle analyse n’a pas existé pour les programmes appliqués jusque-là et c’est important qu’on oblige la Commission à l’admettre.

L’impact social général de la Troïka

Les violations ci-dessus ne donnent pas toute l’ampleur de l’impact catastrophique de l’intervention de la Troïka sur l’économie et la société grecque.
L’article 22 de la Constitution grecque reconnait « le droit au travail et le devoir de l’État de créer les conditions pour l’emploi de tous les citoyens ». La Troïka a imposé l’objectif de 150 000 licenciements dans le secteur public (soit - 22 %) jusqu’en 2015, objectif qui est atteint presque entièrement. L’intervention de la Troïka a accentué la récession de l’économie grecque qui a perdu 25 % de son PIB depuis 2009. Au total, 778 000 personnes ont perdu leur travail entre 2010 et 2013. La Grèce a le plus grand taux de chômage dans l’UE, près de 30 % et 60 % pour les jeunes. Le nombre des gens qui vivent dans des foyers où personne ne travaille a augmenté de 600 000 en 2009 à 1,48 million au début de 2013. Sur 1,3 million de chômeurs officiels, en 2014, seulement 157 000 touchent des allocations. En gros 3,5 millions de Grecs sur 4,8 économiquement actifs travaillent (sans toujours être payés) sur une population de 11 millions. |3| Le pourcentage de la population active par rapport à la population générale a aussi beaucoup diminué.

Il est impossible de soutenir sérieusement que la Troïka n’a aucune responsabilité là-dedans, même si le FMI a déclaré par après avoir commis des fautes en sous-estimant de l’effet récessif des mesures.

D’autres droits comme l’accès à la santé et à l’éducation ont été dégradés pendant les années de la Troïka. La société grecque n’a pas accepté passivement la recette. Elle a réagi. C’était alors par la dégradation de la liberté d’expression et d’information, protégée par l’article 11 de la Charte, comme par exemple avec la fermeture de l’ERT ou des poursuites judiciaires de militants que les gouvernements ont réussi –jusque là - à l’imposer. Des phénomènes de torture par la police des manifestants mais aussi des immigrés qui ont servi de bouc émissaire dans cette crise sont apparus (violation de l’article 4).

De nouveau, ce ne sont pas des violations que la Commission européenne et la BCE ont explicitement dictées, mais elles les ont encouragées avec l’absolution politique qu’elles ont octroyée aux gouvernements en dérive autoritaire évidente.

Une nouvelle forme « gréco-hongroise » de « démocratie » en Europe ?

L’abolition de conventions collectives – du moins au niveau national - et du droit de la grève ne sont pas des originalités grecques. Elles font partie d’une stratégie européenne coordonnée par l’UE qui se déroule pays par pays non seulement à travers les programmes de la Troïka, mais aussi avec les recommandations assez contraignantes de la Commission dans le cadre de la « gouvernance économique européenne ». Nous assistons également à des tentatives législatives comme la proposition de directive européenne Monti II visant à limiter le droit à la grève et que la Commission a dû retirer en 2012.
Ce n’est pas par hasard que le premier État-membre de l’UE dans lequel un programme de la Troïka a été appliqué - la Hongrie – est l’État où la dérive antidémocratique est allée le plus loin avec son président déclarant aujourd’hui qu’il veut construire un État « non libéral » ce qui veut dire en réalité un État non démocratique. L’UE est entrée en conflit avec lui pour défendre l’ « indépendance » de la banque centrale, mais elle n’a rien dit sur l’interdiction en pratique des grèves.

L’entrée aux gouvernements de politiques provenant ou étant proches d’organisations fascistes comme en Grèce et en Belgique est symbolique d’un nouveau concept de « démocratie » où les syndicats doivent être quasi-inexistants et la représentation collective des citoyens en tant que travailleurs doit disparaitre. Dans cette conception de la « démocratie » l’évasion fiscale est légitime afin de concourir avec d’autres pays pour attirer des investisseurs. Elle est défendue par Makis Voridis, ministre de la santé et partisan de la dictature des colonels, comme pratique légitime en Grèce « puisque elle existe ailleurs ». Elle est défendue dans la pratique par le gouvernement belge actuel et par deux grands partis européens qui bloquent la formation d’un comité d’investigation sur le scandale Lux-Leaks.
En Belgique aussi on essaye de détruire les négociations collectives sur l’accord interprofessionnel national et on veut limiter le droit de grève. Dans cette nouvelle conception de la « démocratie » dont le dosage diffère selon la situation socio-économique concrète de chaque pays, les citoyens doivent appartenir seulement à leur « nation » et pas à des classes sociales et sont mis en compétition avec les citoyens d’autres pays pour favoriser leurs propres capitalistes, cela étant présenté comme leur seul espoir de survie.
C’est la conception de la démocratie que représente le rapprochement grandissant du néolibéralisme avec l’extrême droite que l’on doit combattre en y opposant une démocratie qui contient le contrôle social sur l’économie ainsi que la gestion collective et démocratique des ressources vitales de nos sociétés. La démocratie ne peut rester sous sa forme actuelle. Ça sera soit leur modèle, soit le nôtre.

Les luttes et l’état des lieux en Grèce

Suite à la paupérisation massive de la société et à la répression accrue à tous les niveaux, les luttes sociales de masse de la période 2011-2012 avec les grèves générales répétées suivies de manifestations des centaines de milliers de gens à Athènes ne sont plus là. La dernière grève générale le 27 novembre avait un taux de participation inférieure à 50%. On comprend pourquoi quand un employé sur trois du privé n’est même pas payé régulièrement et que même les fonctionnaires ne sont plus à l’abri des licenciements.

Pourtant il y a des luttes sectorielles et locales héroïques comme celle des 595 nettoyeuses licenciées du ministère des finances, celle des gardiens des écoles licenciés, des travailleurs de Coca-Cola Hellas dont les usines délocalisent, l’expérience d’autogestion de VioMe et d’autres encore qui tiennent haut le flambeau de la résistance sociale. Récemment un mouvement étudiant plus dynamique que jamais depuis 2006 a marqué le retour de la jeunesse dans la lutte.

Le gouvernement a tenté d’employer une stratégie de la tension pour isoler les mouvements de contestation de la majorité des citoyens. Il a essayé de présenter ces mouvements comme de violents extrémistes en s’autoproclamant garant de la sécurité.

C’est dans ce cadre que s’inscrit son refus jusqu’au dernier moment de fournir au détenu Nikos Romanos ses permis de sortie prévus par la loi pour suivre les cours à l’université dont il a réussi l’examen d’entrée depuis la prison. N. Romanos qui était à côté d’Aléxis Grigoropoulos quand celui-ci a été assassiné sans raison par un policier, a été, des années plus tard, condamné à 15 ans de prison ferme pour avoir tenté un braquage armé d’une banque avec un groupe des jeunes anarchistes. Sa grève de la faim de 31 jours a initié une immense vague de solidarité et a pu finalement briser la stratégie du gouvernement. Le gouvernement a essayé de provoquer le mouvement avec des arrestations arbitraires, le déploiement de 18 000 policiers le jour de la commémoration de l’assassinat de Grigoropoulos, des policiers en civil - agents provocateurs, etc. Mais malgré l’insistance et le discours tenu par l’aile d’extrême droite de la Nouvelle Démocratie (qui est désormais l’aile dominante) pour laisser mourir Romanos puisque c’est un « terroriste », l’unité du gouvernement sur cette question s’est effondrée quand lors du débat parlementaire Romanos a commencé une grève de la soif. Et le gouvernement avait clairement échoué à convaincre l’opinion publique que les manifestants sont « l’ennemi interne » de priorité. Ainsi, le gouvernement a dû céder ces sorties éducatives à Romanos.

Un jour avant, la réunion de l’Eurogroupe (regroupant mensuellement les ministres des finances des États membres de la zone euro) avait décidé de prolonger la surveillance de la Troïka pour deux mois en 2015 ce qui a détruit le message numéro 1 de la communication gouvernementale à savoir : « on sort du Mémorandum ».
Pour éviter les élections, rester au gouvernement et continuer à appliquer le Mémorandum de la Troïka, la coalition de la droite (Néa Dimokratia) et les sociaux-démocrates (Pasok) doivent assurer l’élection d’un Président de la République (une poste représentatif) par le Parlement grec avec une majorité de 180 sur 300 voix. Si une telle majorité n’est pas réunie et un président n’est pas élu, la Constitution oblige d’aller aux urnes pour élire un nouveau parlement. |4|

C’est une tâche très difficile pour le gouvernement actuel quand on pense que le budget 2015 a été voté par 155 députés. Accélérer donc le vote présidentiel c’est accélérer probablement la date des élections législatives anticipées. Cela serait plus facile pour Samaras si le programme avait été déclaré conclu et si la Troïka s’avérait plus souple concernant les provisions pour les citoyens endettés auprès banques (le plus souvent parce qu’ils avaient un prêt immobilier et entre temps ils ont perdu leur emploi) ou le démantèlement des fonds de pension. La Troïka a pourtant ordonné par email le changement d’une loi votée au Parlement qui offrait une illusion de facilité aux citoyens pour payer leurs dettes en cent tranches. Ella a aussi vu que Samaras ne pouvait pas faire passer une nouvelle contre-réforme du système de retraite en décembre ou en janvier sans perdre des grandes masses d’électeurs. Elle a préféré donc exiger, via l’Eurogroupe, un nouveau mandat clair du Parlement ou des électeurs pour achever les mesures prévues dans le Mémorandum. En prolongeant, la durée du programme sans relaxer aucun de ses points, la Troïka ne laissait pas à Samaras trop de marges pour remporter l’élection présidentielle, en gros, deux mois plutôt que prévu.

Pour la première fois dans l’histoire, le Président de la Commission européenne et ses représentants de presse se sont mêlés très clairement de la vie politique interne d’un pays en soutenant le candidat de la Néa Dimokratia pour le vote présidentiel, Stavros Dimas. Pierre Moscovici, commissaire à l’économie, est allé plus loin en appelant les citoyens Grecs à voter pour la coalition gouvernementale actuelle : « Les Grecs vont choisir leur destinée. Nous n’avons pas à influencer cela, mais une fois encore, c’est logique que nous parlions avec des gens légitimes qui font et qui pensent ce que nous pensons. » |5|

La mobilisation populaire, dopée par la première victoire depuis longtemps (sur l’affaire Romanos) pourrait rendre la mission de rallier 180 députés pour le gouvernement impossible en augmentant le coût politique de la trahison de 25 députés indépendants ou des partis anti-mémorandum dont l’immense majorité déclare de ne pas vouloir voter pour un Président. Le troisième et dernier vote au Parlement est programmé pour le 29 décembre. S’il n’aboutit pas, des élections législatives doivent être déclarées dans les quarante prochains jours.

Avec la décision de l’Eurogroupe sur la prolongation du Mémorandum, la Troïka s’arrange pour que s’il y a des élections et que Syriza arrive au gouvernement seul ou en coalition, le Mémorandum soit toujours là et Syriza soit obligé de faire face à ses propres contradictions entre son slogan de communication des derniers mois « contre toute initiative unilatérale » et l’abrogation du Mémorandum contenu dans son programme électoral.

Que faire ?

L’accent dans le discours de Syriza a depuis les élections de 2012 bougé de l’abrogation des Mémorandums au soulagement des plus faibles et au retour à la croissance. Les Mémorandums ne sont que les conditions des prêts, que l’on ne peut pas vraiment mettre de côté si on ne déclare pas la dette illégitime. Or, Syriza a dit clairement qu’il ne tentera pas de faire cela, mais il va appeler à une conférence européenne sur la dette sur le modèle de la conférence de Berlin de 1953 qui a effacé la dette allemande. Plutôt que de désobéir à la Troïka, la tactique de Syriza et de faire pression sur l’UE pour que cette dernière relâche un peu l’austérité et la dette.

La question de savoir si on peut reformer la Troïka ou la politique économique de l’UE se pose de plus en plus. Avant de répondre, rappelons une partie des conclusions du juriste Andreas Fischer-Lescano qui a écrit l’excellent rapport « Human Rights in Times of Austerity Policy » : « Alors qu’il n’y a aucun doute que les tribunaux et les autorités nationaux ont le droit de ne pas appliquer les Mémorandums illégaux, les procédures au niveau européen ou international qui pourraient garantir leur légalité ne sont pas claires ».

Avant d’essayer de poursuivre la Troïka auprès de la justice internationale ou négocier avec elle pour qu’elle relâche sa pression, la justice et les institutions politiques démocratiques des États concernés seraient tout à fait conformes au Droit International si elles annulaient unilatéralement les Mémorandums.

La déclaration de la dette comme illégitime et odieuse par des gouvernements authentiquement basés sur le peuple est une étape politique indispensable pour stopper la dégénération de la démocratie démontrée ci-dessus.

Refuser de payer la dette sera l’acte politique fondateur d’un rétablissement du principe de la souveraineté populaire sur une nouvelle base, plus économique que jamais. Le concept de la souveraineté populaire doit envahir la sphère économique et concerner la gestion des ressources de base pour une existence digne de tous et une planète en bonne santé.

Sur la dette, il n’y a pas de compromis possible à l’amiable entre, d’une part, la majorité sociale et, d’autre part la finance, les gouvernements et les institutions de l’UE qui la représentent politiquement.
On ne peut pas garantir à la population les services publics et les droits dont elle a besoin pour vivre dignement et en même temps continuer à payer la dette aux vampires de la finance. De son côté, la finance ne peut pas tolérer la déclaration d’une cessation de paiement dans un pays européen parce que ceci aurait un effet domino et déclencherait d’autres refus de paiement qui pourraient la mettre à genoux.

Cela ne veut pas dire qu’il y aura à court terme une victoire absolue de l’un ou l’autre camp. Il y a un rapport de force à changer par étapes successives de luttes sociales et politiques. Mais c’est une chimère de croire qu’on pourra trouver un compromis durable avec la finance, de la réguler un peu et de trouver un point d’équilibre qui permettrait d’avoir un État-providence aux côtés d’une finance privée qui continuerait à faire des profits colossaux.

Refuser de payer la dette c’est changer le modèle de financement des États en les rendant indépendants des prêts bancaires. C’est ne plus sauver les banques mais les nationaliser sous contrôle social et démocratique. C’est transformer les banques en service public pour l’investissement et le financement des citoyens, des familles et de l’économie. C’est rejeter le modèle des Banques centrales en théorie indépendantes mais en pratique contrôlées par la finance et les capitalistes privés et fonder des nouvelles banques centrales et un nouveau système financier sous le contrôle démocratique des citoyens.

Les demandes des peuples et des travailleurs de l’Europe qui se mobilisent – et on en voit un exemple magnifique en ce moment en Belgique – ne peuvent pas se limiter à appeler à une conférence des gouvernements et des institutions européens qui discuteraient de la réduction de la dette à l’amiable.

Les peuples européens ont le droit et la force d’imposer par leurs mobilisations leurs propres gouvernements qui seront sous le contrôle du mouvement de masse organisé et non pas sous celui des lobbys et qui oseront déclarer la dette illégitime et les mesures dites d’austérité caduques. Comme l’a fait l’Équateur, comme l’a fait la Russie révolutionnaire de 1917 et pleins d’autres pays dans l’histoire récente et moins récente.

Annuler la dette et désobéir aux institutions de l’UE par rapport à la politique économique et sociale à suivre sont deux points indispensables du programme transitoire que chaque peuple européen doit définir pour sortir de la crise et du capitalisme.

Les 10 objectifs anticapitalistes d’urgence formulés par la FGTB Charleroi Sud-Hainaut - |6| est une très bonne élaboration de la version belge de ce programme transitoire qu’on doit mettre en œuvre partout en Europe.


Yiorgos Vassalos est membre de l’Initiative de Solidarité avec la Grèce qui Résiste – Bruxelles

Notes

|1| MoU 2012 : « Collective agreements which have expired will remain in force for a period of maximum 3 months. If a new agreement is not reached, after this period, remuneration will revert to the base wage and allowances for seniority, child, education, and hazardous professions will continue to apply, until replaced by those in a new collective agreement or in new or amended individual contracts. »

|2| « The Committee holds that Article 3 of the 1988 Additional Protocol and, in particular, paragraph 1a, does not concern the right to collective bargaining. » https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=...

|3| http://www.inegsee.gr/wp-content/up...

|4| Plus d’explication ici http://www.okeanews.fr/20141217-que...

|5| Plus d’info ici http://initiativegrecqueaparis.word... et ici http://balkans.courriers.info/artic...

|6| http://www.fgtb-charleroi.be/10obje...

 

 

Source : cadtm.org

 

 

 

 

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 21:58

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Grèce: la Commission fait pression pour barrer la route à Syriza

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

C'est la première fois que le président de la commission européenne s'invite dans une élection nationale : jeudi 11 décembre, Jean-Claude Juncker a ouvertement pris parti pour la droite de Nouvelle Démocratie actuellement à la tête de l'exécutif grec. Une ingérence qui se confirme cette semaine: le commissaire Pierre Moscovici est à Athènes lundi et mardi.

Les Grecs, qui ont déjà le sentiment d'être gouvernés par Bruxelles depuis le début de la crise, n'avaient certainement nul besoin de cela. Jeudi 11 décembre, dans une interview accordée à la chaîne de télévision autrichienne ORF III, Jean-Claude Juncker a déclaré qu'il ne souhaitait pas que « des forces extrêmes arrivent au pouvoir » en Grèce. Cette déclaration vise la gauche radicale de Syriza, premier parti d'opposition sorti victorieux des élections européennes, en mai dernier, et qui pourrait arriver en tête en cas d'élections législatives anticipées. Tout en prétendant ne pas vouloir s'exprimer sur un parti politique en particulier à l'occasion du scrutin présidentiel subitement avancé à ce mercredi, le président de la commission européenne a ajouté : « Ma préférence serait de revoir des visages familiers en janvier. »

La déclaration est explicite : le candidat à l'élection présidentielle proposé par la droite conservatrice Nouvelle Démocratie, Stavros Dimas, est un ancien commissaire européen. Vieux routard de la politique grecque, systématiquement réélu député entre 1977 et 2004 et maintes fois ministre, il fait précisément partie de ces « visages familiers » aux manettes du pays depuis bientôt une quarantaine d'années.

 

Stavros Dimas en 2009, quand il était commissaire : un "visage familier" pour ses collègues européens 
Stavros Dimas en 2009, quand il était commissaire : un "visage familier" pour ses collègues européens © Reuters

Jean-Claude Juncker, ce président qui s'était promis de politiser la commission, a donc saisi l'élection présidentielle grecque pour peser de tout son poids dans une élection nationale. La Grèce, une fois de plus, se trouve aux avant-postes en matière d'expérimentation politique... De fait, le pays a fait l'objet de toutes sortes d'ingérences ces dernières années. En parallèle des programmes d'austérité décidés depuis 2010, de multiples décisions ont été prises à Bruxelles pour mettre en œuvre de nouvelles mesures et les déclarations politiques de certains dirigeants européens n'ont cessé de considérer la Grèce comme un pays sous tutelle. 

À maintes reprises, le ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble a ainsi fait la leçon aux Grecs, se faisant le spécialiste des déclarations humiliantes au lendemain de prises de décision difficiles, exigeant chaque fois un nouveau tour de vis. À quelques jours des élections législatives de juin 2012, c'était même… François Hollande, fraîchement élu, qui s'offrait le 20 heures le plus regardé du pays pour appeler les Grecs à voter pour les partis de la coalition gouvernementale. Autrement dit le président socialiste en appelait à soutenir... la droite conservatrice d'Antonis Samaras.

« J’ai conscience que les électeurs doivent avoir la pleine souveraineté, avait-il dit au cours de cette interview, mais je dois les prévenir parce que c’est mon devoir, parce que je suis un ami de la Grèce, que si l’impression est donnée que les Grecs veulent s’éloigner des engagements qui ont été pris et abandonner toute la perspective de redressement alors il y aura des pays dans la zone euro qui préféreront en terminer avec la présence de la Grèce dans la zone euro. » Le chantage entre vote pour le maintien de la coalition gouvernementale ou vote pour Syriza et la sortie de la zone euro était posé. Cette fois-ci, il vient d'encore plus haut : la commission européenne. C'est la première fois que l'exécutif européen se prononce aussi clairement dans une élection.

Cette intervention tombe alors que le premier ministre Antonis Samaras a subitement avancé, la semaine dernière, l'élection présidentielle initialement prévue pour février ou mars, dans une manœuvre menée de concert avec Bruxelles, destinée à couper l'herbe sous le pied de Syriza, dont la popularité ne faiblit pas depuis sa victoire aux élections européennes de mai dernier. En Grèce, le président est élu par la Vouli, le parlement, à la majorité des deux tiers, ou des trois cinquièmes après deux échecs consécutifs. La coalition gouvernementale ne dispose pas, en l'état, de cette majorité renforcée : cette manœuvre de convoquer l'élection plus tôt que prévu, à la veille des fêtes, est destinée à convaincre les députés non affiliés ou potentiellement hésitants de donner leur voix au candidat de la coalition.

L'affolement sur les marchés qui a suivi l'annonce de Samaras lui fournit l'occasion rêvée d'agiter la menace du chaos pour appeler à voter pour la « stabilité ». La bourse athénienne a connu en début de semaine dernière la plus forte baisse depuis 1987. Le risque d'une nouvelle crise financière et d'un défaut de paiement : voilà l'argument que va marteler la coalition gouvernementale pour rassembler les troupes et éviter le scénario Syriza. La porte-parole du gouvernement a d'ailleurs commencé sa tournée des médias ce lundi. Sur la chaîne de télévision Mega, elle annonçait le risque d'une « faillite » du pays en cas de victoire de Syriza si le parlement, faute d'accord sur le choix du président, convoquait des élections générales anticipées.

En Grèce, ce genre de chantage n'a rien de nouveau. En 2012, déjà, le leader de Nouvelle Démocratie agitait la menace de sortie de la zone euro en cas de victoire de Syriza aux élections. La position majoritaire au sein de Syriza, rappelons-le, n'est pas hostile à la zone euro en tant que telle. En revanche, son programme passe par l'arrêt immédiat des politiques d'austérité et l'effacement d'une partie de la dette publique, restée à un niveau insoutenable. L'alternative simpliste "stabilité versus chaos" a en outre été brandie à chaque vote crucial depuis 2010, lorsqu'il a fallu décider de nouvelles mesures d'austérité et signer des accords avec les bailleurs de fonds.

« L'argument de la peur »

Les Grecs ne sont pas dupes, et n'ont pas manqué de réagir à la déclaration de Juncker. Ses propos ont été aussitôt tournés en dérision sur Twitter, où certains se sont mis à demander l'avis du président de la commission sur toutes sortes de questions. « Si je vote pour vos politiciens grecs préférés, pourriez-vous payer mon loyer et mes dépenses alimentaires pour quelques mois ? » interroge ainsi la réalisatrice grecque Zoe Mavroudi.

Les critiques ont également fusé du côté de Syriza, où les communiqués de la direction du parti et les interventions des députés se sont multipliés ces derniers jours pour dénoncer une telle ingérence. « Le gouvernement et la Troïka, après s'être mis d'accord sur toutes les nouvelles mesures d'austérité, procèdent ensemble au chantage auprès des députés afin de lever l'obstacle de l'élection présidentielle », a déclaré ce lundi Alexis Tsipras, le leader de Syriza, dénonçant « l'argument de la peur » brandi par l'exécutif.

 

Zoe Mavroudi @zoemavroudi

If I vote for the Greek politicians you prefer, could you pay my rent and food for a couple of months? Thanks.

 

"Si je vote pour vos politiciens grecs préférés, pourriez-vous payer mon loyer et les dépenses alimentaires?"

L'affaire a fait grand bruit à Bruxelles : « Ces pressions de la commission européenne sur le processus électoral d'un pays souverain sont insupportables et soulèvent de grandes questions pour l'avenir de la démocratie en Europea estimé dans un communiqué l'eurodéputé Pierre Laurent, président du parti de la Gauche européenne, dont fait partie Syriza. J'appelle tous les démocrates à s'élever contre ces pratiques autoritaires qui n'ont pas lieu d'être. Le processus doit suivre son cours, y compris jusqu'à la tenue d'élections législatives, si la coalition au pouvoir n'obtient pas la majorité nécessaire à l'élection présidentielle. »

La commission ne semble pas revenir sur cette prise de position inédite. Au contraire. Elle a décidé une visite impromptue à Athènes du commissaire aux affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici. Arrivé lundi 15 décembre, il doit, en deux jours, rencontrer pas moins de sept ministres ainsi que le gouverneur de la banque centrale grecque, des partenaires sociaux et des élus. Il a visité en outre lundi une station de métro en construction ayant bénéficié de fonds européens et rencontré une première fois les journalistes, avant de tenir, ce mardi, une conférence de presse dans les locaux de la représentation de la commission européenne. On aura rarement vu agenda aussi chargé pour un commissaire européen en visite.

Nul doute que le planning laisse peu de place à des discussions de fond. Le but est ailleurs : mettre en scène, sous l'œil des caméras, tout ce que l'Union européenne apporte à la Grèce. Manière d'alimenter la rhétorique de la coalition gouvernementale, qui stigmatise Syriza comme un parti anti-UE – lequel ne figure pas à l'agenda du commissaire français.

 

Voir l'image sur Twitter

Point de presse à sur les enjeux de ma visite / Press briefing in on my visit today and tomorrow

 

Premier point presse de Pierre Moscovici à Athènes lundi 15 décembre 2014

 

En amont de sa visite, Pierre Moscovici a d'ailleurs déroulé son argumentaire dans un entretien accordé au quotidien conservateur Kathimerini. Il félicite les Grecs pour l'excédent budgétaire primaire atteint en cette fin d'année et pour les prévisions de croissance de l'an prochain, ce qui lui permet d'une part de justifier la politique de la Troïka, d'autre part de continuer à exiger des mesures d'austérité. « Nous avons besoin de davantage de discussion et davantage de réformes pour renforcer l'économie grecque », déclare-t-il, tout en disant apporter « un message de soutien et d'admiration ».

Mais le vrai message de cette visite à Athènes – éviter les élections législatives anticipées, éviter une victoire de Syriza – se lit également déjà dans cette interview : « Vous savez que Jean-Claude Juncker, par la voix de son porte-parole, a envoyé un message qui dit clairement que nous voudrions que le parlement actuel élise un président, Stavros Dimas, qui était un commissaire, un homme bien. (…) Les Grecs vont choisir leur destinée. Nous n'avons pas à influencer cela, mais une fois encore, c'est logique que nous parlions avec des gens légitimes qui font et qui pensent ce que nous pensons. »

Tout est dit. Pour la commission européenne, Syriza, avec plus de 26 % des voix aux dernières élections européennes – ces élections dont est issue, précisément, cette commission Juncker – n'est pas « légitime ». Les décideurs européens préfèrent se soutenir les uns les autres plutôt que de s'ouvrir à des politiques alternatives. Ce n'est certainement pas de cette manière que Bruxelles va se réconcilier avec des Européens. Mais l'histoire n'est pas écrite : si la coalition gouvernementale ne parvient pas à faire élire son candidat à la présidence à la troisième tentative, des élections législatives seront convoquées. La commission européenne sera alors bien forcée de discuter avec Syriza.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 21:49

 

 

 

Source : www.reporterre.net


 

Alternatives

Athènes, dans le café anarchiste qui construit une société nouvelle

Marie Astier (Reporterre)

jeudi 11 décembre 2014

 

 

 

En Grèce, la mobilisation en faveur du jeune anarchiste Nikos Romanos a porté ses fruits. Il pourra poursuivre ses études, à condition de porter un bracelet électronique. Il cesse donc sa grève de la faim. Ce jeune homme est le symbole de la pression de l’État sur sa population, mais aussi le représentant d’un mouvement qui tente dès aujourd’hui d’imaginer une autre Grèce pour l’après-crise et dont l’un des centres est le Café Vox, à Athènes. Visite guidée.


- Athènes, reportage

L’emplacement est idéal, à l’un des coins de la place centrale du quartier d’Exarchia, le quartier dit « anarchiste » d’Athènes.

Dans des temps plus calmes, les lieux pourraient apparaître comme un simple café. A l’ombre des arbres, dans une ruelle pavée, la terrasse est cosy. Jeunes et moins jeunes sirotent des cafés glacés. Le soir, les jeunes athéniens viennent y boire des verres à prix raisonnables, ici, la plupart des boissons sont à deux euros. L’enseigne, « Vox », est toujours celle de l’ancien cinéma.

Mais au-dessus des grandes fenêtres, des banderoles suspendues laissent deviner un lieu militant : ce bâtiment abandonné est devenu un squat anarchiste il y a deux ans.

C’est de là que sont parties plusieurs manifestations pour demander la libération du jeune militant anarchiste Nikos Romanos, accusé de vol à main armé. « Le café Vox fédère beaucoup de mouvements militants », explique Yannis Youlountas, philosophe et réalisateur franco-grec. Il était à Athènes, en plein cœur de la mobilisation ces derniers jours. « Vox permet le dialogue entre ceux qui défendent les migrants, les autonomes, les anti-autoritaires, etc. », poursuit-il.

Un « centre social occupé »

L’ex-cinéma est spacieux. Plus qu’un café, il est devenu un « centre social occupé » : il accueille une bibliothèque, un centre médical autogéré, des cours en tous genres et surtout beaucoup de réunions et assemblées porteuses de projets dans le quartier. « Au départ, on voulait juste créer un café puis quand on a vu que les lieux étaient très grands on a voulu faire plus », explique notre interlocuteur, un des membres fondateurs du squat.

On ne donnera pas de prénom, il est simplement le représentant de l’assemblée de Vox désigné pour parler à Reporterre. De même, pas de soucis pour réaliser des photos mais ici la règle c’est « pas de visages ». La police pourrait les utiliser.

Car le journaliste n’est pas malvenu, mais sa demande doit passer par l’assemblée de Vox. Tous les mercredis soirs, sa petite trentaine de membres débat de la vie du squat, des projets. C’est la règle de base : les décisions sont prises en commun, tout le monde est à égalité. Chaque activité a également sa petite assemblée.

« Montrer que c’est possible »

« Tout a commencé avec l’assemblée de soutien aux prisonniers politiques », poursuit-il. En Grèce, depuis le début de la crise, une trentaine d’anarchistes ont été arrêtés et emprisonnés. Certains pour avoir participé à des attentats contre des banques ou l’ambassade des États-Unis, d’autres pour leur appartenance au mouvement.


- En 2012, l’opération pour retirer les plaques de métal fixées par les policiers -

Les recettes du café servent à payer les frais de justice et à améliorer leur ordinaire en prison. Mais Vox est surtout devenu un centre d’expérimentation sociale anarchiste, avec un but : créer une petite société autogérée, pour « montrer que c’est possible ».

Au départ, les autorités ont bien tenté de déloger les squatteurs. « Deux jours avant l’ouverture officielle, la police est venue. Elle a bloqué tout le quartier pendant deux heures pour fermer le squat. Ils ont fixé de grandes plaques de métal à toutes les ouvertures, ils ont tout saccagé à l’intérieur. On a enlevé les plaques, on les a vendues. Ça a fait de l’argent pour les prisonniers politiques ! » Depuis, « ils coupent l’eau ou l’électricité, de temps en temps », poursuit le militant.

À l’intérieur, à côté du bar, un tableau affiche les permanences des serveurs, tous bénévoles. Les murs sont tapissés d’affiches qui rappellent les luttes, annoncent des projections, des débats, des appels à manifester.

Un drapeau rend hommage à Pavlos Fyssas, rappeur antifasciste poinardé en septembre 2013 par un militant du parti néonazi Aube Dorée. Une fresque représente les militants de la CNT (Confederación Nacional del Trabajo) lors de la guerre d’Espagne de 1936. Des reproductions de peintures zapatistes égayent la bibliothèque. Une affiche en turc fait référence aux rassemblements de la place Taksim à Istanbul au printemps 2013.


- Hommage au rappeur Pavlos Fyssas -

Médecine gratuite

Des contestations qui ne suffisent plus, selon le représentant de Vox : « On ne va pas t’écouter si tu ne fais que parler de la révolution. Il faut faire des projets dans la société, matérialiser ce que l’on dit maintenant. On développe des stratégies pour tous les aspects de la vie : alimentation, santé, éducation, etc. »

Avec le centre médical, par exemple. Gratuit, ouvert à tous...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 15:39

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

En Grèce, les capitalistes privatisent sauvagement la nature

Marie Astier (Reporterre)

mercredi 10 décembre 2014

 

 

 

En Grèce, rien n’est réglé. Le pays est dans une crise économique profonde, la « troïka » demande encore plus d’efforts financiers au gouvernement, un jeune manifestant, Nikos Romanos, est en grève de la faim en prison depuis le 10 novembre. Pendant ce temps, plages, forêts, îles, tout est à vendre aux spéculateurs et aux millionnaires qui veulent leur coin privé.


- Athènes, reportage

Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Une plage sur l’île de Rhodes ? Ou une propriété en bord de mer non loin de Thessalonique, reconnue pour sa « beauté naturelle » ? A moins que vous ne préfériez ce terrain entre mer et forêt à Corfou, une île qui accueille « plus de 700.000 touristes par an » ?

Voici quelques-uns des terrains disponibles dans le catalogue du TAIPED, ou « Fonds de mise en valeur du patrimoine privé de l’Etat ». Ce fonds est une compagnie privée, créée par l’État grec. Il y transfère toutes sortes de propriétés publiques : les ports régionaux et même le Pirée d’Athènes, les compagnies d’eau d’Athènes et de Thessalonique (les deux plus grandes du pays), les autoroutes, des sites culturels tels que des châteaux ou des lieux archéologiques, les trains publics, la Poste hellénique, les équipements olympiques datant des jeux de 2004… ou encore toutes sortes de terrains à travers la Grèce, de préférence des propriétés situées en bord de mer, idéales pour la construction de complexes touristiques.


- Capture d’écran le 9 décembre 2014 -

A vendre au plus offrant

N’importe qui peut-il acheter ce qui se trouve dans ce catalogue ? « Bien sûr, si vous avez l’argent ! », s’exclame Maria Karamanov. Conseillère d’État, elle préside aussi la Chambre pour l’environnement et le développement durable, une association de protection du patrimoine grec, culturel et naturel.

« Le gouvernement a l’opinion que toute propriété gouvernementale est une propriété à vendre. Le but du fonds est de vendre aussi vite que possible tous ces biens », déplore-t-elle. Des appels à investisseurs sont lancés pour chaque bien, qui est vendu au plus offrant. L’argent ainsi récolté va directement au paiement de la dette grecque, « un trou noir » pour Maria Karamanov, qui critique également le fonctionnement peu transparent de ce fonds. Les demandes d’interviews de Reporterre aux responsables en ont d’ailleurs été refusées.

Parmi les terrains en vente, celui de l’ancien aéroport d’Hellinikon, à quelques kilomètres du centre d’Athènes. A l’abandon depuis bientôt dix ans, la zone s’étend sur 3,5 kilomètres de côtes. Avant la crise, elle devait devenir un grand parc métropolitain, alors qu’Athènes est l’une des villes comptant le moins d’espaces verts en Europe.

Désormais, le terrain va être vendu à un fonds d’investissement, Lamda Development, dont les capitaux viennent d’Abu Dabi, de Chine et d’Europe. En projet, une marina de luxe pour touristes et des centres commerciaux, peut-être même une île artificielle. Le projet va ainsi privatiser tout un littoral très fréquenté des populations alentours.


- A Stratoni, en Chalcidique -

Golf et aéroport privé

Autre exemple à Corfou, une île déjà bien grignotée par les hôtels à touristes. Là-bas c’est une zone humide, lieu de passage des oiseaux migrateurs, qui est mise en vente. Les associations de protection de l’environnement soupçonnent un projet d’hôtel « classique ».

Mais ailleurs ce sont des villas de luxe, voire des villages privés avec golf et aéroport qui sont envisagés. « C’est la nouvelle tendance du tourisme en Grèce », déplore George Chasiostis, responsable juridique au WWF Grèce. Comme à Kyparisia, dans l’ouest du Péloponnèse. Sa plage est un lieu de reproduction pour les tortues de mer. Lundi, un avis du conseil de l’Europe enjoignait même la Grèce de protéger leur habitat.

« Investissements stratégiques »

Additionnées, les superficies de tous ces terrains ne représentent pas tant que cela. « Mais ce sont des zones très précieuses, précise George Chasiostis. Beaucoup sont des aires protégées : des zones Natura 2000 [comme à Corfou - NDLR], des forêts où des littoraux. »

Ainsi, il ne s’agit pas que de vendre ces terrains. Il faut aussi y faciliter la construction, normalement limitée dans ces zones sensibles. Ce programme de ventes s’accompagne d’un programme législatif.

Première étape, la loi dite d’« accélération et de transparence des investissements stratégiques », adoptée en 2010. Elle met en place une procédure spéciale, qui oblige les autorités à examiner certains dossiers d’investissement en priorité.

« Chaque investisseur est invité à présenter un programme d’aménagement pour la zone qu’il achète, explique Maria Karamanov. Cela l’autorise à faire beaucoup plus de choses que ce qui est normalement autorisé sur ces zones. Et les permissions sont données beaucoup plus rapidement par les ministères. »

« Construire sur une plage va devenir plus facile que de construire partout ailleurs en Grèce...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 


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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 18:48

 

Info reçue par mail

 



URGENT : INFOS IMPORTANTES SUR LA SITUATION EN GRÈCE !

(alors que les médias européens n'en parlent pas du tout, n'hésitez pas à faire circuler, merci de votre soutien)

Texte et photos envoyés par Yannis Youlountas depuis Athènes, cette nuit (5-6 décembre 2014)

Résumé :
Les manifestations, émeutes et occupations se multiplient chaque jour à Athènes et ailleurs en Grèce, depuis fin novembre. Notamment à cause de la tyrannie du pouvoir à l'égard de Nikos Romanos, jeune prisonnier de 21 ans en grève de la faim, privé de la possibilité d'étudier et particulièrement maltraité. Nikos est, de surcroît, l'ami d'enfance d'Alexis Grigoropoulos, tué le 6 décembre 2008, à l'âge de 15 ans, par un policier dans le quartier d'Exarcheia à Athènes, ce qui avait provoqué un mois d'émeutes retentissantes dans toute la Grèce. Nikos est naturellement devenu le nouveau symbole de toutes les violences actuellement subies par la population, mais aussi du profond désir de lutter, quelle que soit la forme, et de refuser la torpeur et la résignation.

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Photos
envoyées par Yannis Youlountas depuis Athènes (Yannis est membre de l'assemblée de réoccupation de l'Ecole Polytechnique et tourne également, caméra au poing, au cœur des événements, avec l'appui des insurgés).
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article54

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Texte
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article55

ATHÈNES SUR UN VOLCAN

Six ans après le mois de décembre 2008, l'atmosphère est à nouveau insurrectionnelle à Athènes et ailleurs en Grèce. Tous les ingrédients sont réunis pour faire du mois de décembre 2014, peut-être, un grand moment historique. Jusqu'à quel point et à quelles conditions ?

Depuis la fin du mois de novembre, les manifestations, émeutes, actions ciblées et occupations se multiplient un peu partout en Grèce (dans le silence total des medias européens, plus que jamais des merdias à boycotter ou à bloquer et occuper). La cause principale est la situation du jeune prisonnier anarchiste de 21 ans, Nikos Romanos, qui est devenu un symbole de toutes les violences actuellement subies par la population, mais aussi du profond désir de lutter, quelle que soit la forme, et de refuser la torpeur et la résignation.

Nikos, l'ami d'Alexis Grigoropoulos, symbole des émeutes de 2008

Nikos est l'ami d'enfance d'Alexis Grigoropoulos, assassiné à l'âge de 15 ans par un policier dans le quartier d'Exarcheia à Athènes. Un quartier réputé pour ses révoltes historiques et ses nombreuses initiatives autogestionnaires et solidaires. Un quartier dans lequel la liberté, l'égalité et la fraternité ne sont pas des mots jetés à l'abandon au frontispice de monuments publics glacés de marbre. Nikos a vu son ami mourir dans ses bras le soir du 6 décembre 2008. Profondément révolté, il s'est par la suite engagé dans l'anarchisme révolutionnaire et a dévalisé une banque pour financer son groupe qualifié de terroriste par le pouvoir. Après avoir été torturé, notamment au visage, lors de son arrestation, il a finalement réussi à obtenir son bac en prison, mais se voit aujourd'hui refuser la possibilité de poursuivre ses études. C'est pourquoi, depuis le 10 novembre dernier, Nikos est en grève de la faim. Son état s'est progressivement dégradé, notamment au niveau cardiaque, malgré ses 21 ans, et il a été transféré sous haute surveillance à l'hôpital Gennimatas d'Athènes devant lequel manifestent régulièrement des milliers de personnes qui parviennent parfois à dialoguer avec lui à travers les grilles de sa fenêtre (voir la première photo de l'article connexe, dans la même rubrique). En solidarité avec Nikos, un autre prisonnier politique, Yannis Michailidis, s'est mis en grève de la faim le 17 novembre au Pirée, suivi par deux autres, Andreas Dimitris Bourzoukos et Dimitris Politis, depuis le 1er décembre. Le gouvernement grec vient de confirmer son refus de permettre à Nikos de poursuivre ses études et préfère le laisser mourir, non sans faire preuve d'ironie. Des petites phrases assassines et provocatrices qui ne font qu'augmenter la colère populaire et les nombreuses protestations des organisations anarchistes et antiautoritaires jusqu'à celles de SYRIZA, principal parti de la gauche critique, qui est annoncé vainqueur des prochains élections en Grèce. Bref, le contexte politique est particulièrement tendu, à tous points de vue.

L'Ecole Polytechnique, symbole de la chute de la dictature des Colonels

Dans cette ambiance de fin de règne, parmi d'autres initiatives solidaires, l'Ecole Polytechnique est à nouveau occupée depuis le premier décembre, 41 ans après avoir défié avec succès la Dictature des Colonels en novembre 1973, au cours d'une occupation similaire pour défendre une radio libre qui s'opposait au régime autoritaire. Les CRS suréquipés viennent d'échouer par deux fois dans leurs tentatives de nous déloger, notamment le 2 décembre au soir, à la fin d'une manifestation fleuve qui s'est terminé avec plusieurs banques dégradées ou brûlées. Parmi d'autres obstacles de circonstance, un bus a même été transformé en barricade incandescente sur l'avenue Stournari, à Exarcheia (voir les photos dans l'article connexe), et les affrontements ont duré une bonne partie de la nuit. Douze insurgés arrêtés ont été violemment frappés, au point que trois d'entre eux souffrent de fractures du crâne. L'occupation de l'Ecole Polytechnique n'a pas cédé, malgré le deversement de quantités énormes de gaz lacrymogène depuis l'extérieur, tel du napalm sur toute la zone devenue une zone à défendre. Une ZAD jumelée, ces dernières heures, avec d'autres ZAD dans le monde, notamment celles de NDDL et du Testet en France qui ont rapidement transmis leur soutien fraternel, ainsi que de nombreuses personnes et organisations de France et d'ailleurs (soutiens que j'ai tous affichés sur l'un de nos murs et annoncés en assemblée à tous les compagnons et camarades).

Ce soir-là, alors que la distribution solidaire de sérum, de mallox et de citrons battait son plein, j'ai remarqué plus de filles que jamais parmi les insurgés (voir la photo de « l'autre statue de la liberté » dans l'article connexe) et une diversité à tous les niveaux qui augure d'une ampleur et d'une radicalité sans précédent. J'ai vu et ressenti une détermination et une fraternité rarement rencontrées jusqu'ici, dans mes voyages en Grèce et ailleurs, là où l'humanité ne se résoud pas à vivre à genoux et tente, diversement, de se lever. J'ai vu la vie s'organiser autrement dès le lendemain et la chaleur des barricades se transformer en chaleur des cœurs parmi les occupants de l'Ecole Polytechnique et d'ailleurs.

Rien n'est fini, tout commence !

Car durant ces dernières heures, les lieux d'occupations se sont multipliés, rappelant le processus de décembre 2008 qui avait amené la Grèce à connaître les émeutes sans doute les plus puissantes en Europe depuis plusieurs dizaines d'années (sans toutefois parvenir à renverser un pouvoir qui s'était finalement maintenu de justesse, notamment en distillant la peur et la désinformation dans les médias). Des occupations de bâtiments publics et de groupes financiers, de chaînes de télévision et de radios, d'universités et de mairies, depuis Thessalonique jusqu'à Héraklion. Des occupations toujours plus nombreuses, ainsi commentées par Yannis Michailidis dans son dernier communiqué de gréviste de la faim, très relayé sur Internet : « c'est ce qui brise la solitude de ma cellule et me fait sourire, parce que la nuit de mardi [2 décembre], je n'étais pas prisonnier, j'étais parmi vous et je sentais la chaleur des barricades brûlantes ». Avant de conclure avec une phrase rappelant le titre du dernier livre de Raoul Vaneigem : « Rien n'est fini, tout commence ! »

Une émotion immense

Parmi les événements qui m'ont également marqué ces jours-ci, certaines assemblées de collectifs ont montré à quel point la tension est à son comble. Notamment celle de l'occupation de l'Ecole Polytechnique dans la soirée puis toute la nuit du 3 au 4 décembre. Une assemblée qui a duré plus de 9 heures, jusqu'à 5h30 du matin. Certes, quelques divergences ont justifié cette durée jusqu'au consensus finalement trouvé au petit matin et je ne rentrerai évidemment pas dans les détails de ce qui s'est dit, notamment pour ce qui est des projets en cours. Mais je peux témoigner d'une atmosphère électrique ponctuée de longs silences qui en disent long. Je peux vous dire également que le grand amphi de l'Ecole Polytechnique était, une fois de plus, plein à craquer, avec des compagnons et des camarades debout et assis un peu partout, devant des murs fraichement repeints de graffitis. Je peux vous dire que la présence du papa de Nikos Romanos, assis au milieu de la salle, avec sa chevelure longue et grise et son regard profond et digne, ne pouvait que contribuer à une émotion déjà immense, alors que son fils se rapproche chaque jour d'une mort certaine.

« Agir comme si notre propre vie était en jeu… »

Le stress et la nervosité, la gravité du moment, l'importance des enjeux, faisaient fumer presque tout le monde beaucoup plus qu'à l'habitude, au point que j'en étais presque à regretter l'irritation causée par les gazs lacrymogènes dans les rues alentours. Parmi les paroles qui ont résoné : « ce n'est plus l'heure de mettre la pression, mais de rentrer en insurrection » ou encore des appels à « agir comme si notre propre vie était en jeu, car en vérité, c'est bien le cas pour nous tous qui vivons comme damnés, comme des esclaves, comme des lâches » ; « il faut retrouver pleinement confiance en nous-mêmes pour parvenir à redonner partout confiance aux gens et, en particulier, pour rassembler les laissés pour compte qui devraient être les premiers à descendre dans la rue, au lieu d'attendre que la libération vienne du ciel ». J'ai aussi parfois entendu des paroles jusqu'au boutistes que je ne préciserai pas ici, mais qui témoignent bien du ras-le-bol immense qui traverse une grande partie de la population et la conduit à tout envisager pour se libérer des tyrans du XXIème siècle.

Des tags à la mémoire de Rémi Fraisse

J'ai vu un ancien de 1973 avoir les larmes aux yeux et songer que nous vivons peut-être un autre moment historique. J'ai lu d'innombrables tags en soutien à la grève de la faim de Nikos Romanos, mais aussi à la mémoire de Rémi Fraisse, tué par le bras armé du pouvoir sur la ZAD du Testet.

Cette nuit encore, à la veille du 6 décembre très attendu, avec une grande inquiétude par les uns et avec un profond désir par les autres, le quartier d'Exarcheia est encerclé par les camions de CRS (MAT) et les voltigeurs (Delta, Dias). Plusieurs rues sont barrées. On ne peut entrer et sortir d'Exarcheia que par certaines avenues, plutôt larges et très surveillées. La situation prend des allures de guerre civile et rappelle certaines régions du monde. A l'intérieur du quartier, comme dans beaucoup d'autres coins d'Athènes, la musique résonne dans le soir qui tombe : du rock, du punk, du rap, du reggae, des vieux chants de lutte. Dans l'Ecole Polytechnique, on a même installé deux immenses enceintes du côté de l'avenue Patission et on balance ces musiques pour le plus grand bonheur des passants qui nous soutiennent et lèvent parfois le poing ou le V de la victoire tant désirée. D'autres baissent la tête et ne veulent pas y croire, ne veulent pas voir, ne veulent pas savoir, murés dans la prison d'une existence absurde et pauvre à mourir d'ennui, si ce n'est de faim.

Le spectacle d'un monde à réinventer

Ici, ça dépave, ça débat, ça écrit sur les murs et sur les corps, ça chante, ça s'organise. La fête a déjà commencé ! Certes, elle est encore modeste et incertaine, mais une nouvelle page de l'histoire des luttes est peut-être en train de s'écrire à Athènes et au-delà. Une nouvelle page qui ne pourra s'écrire qu'en sortant de chez soi, par-delà les écrans, les « j'aime » des réseaux sociaux et le spectacle d'un monde tout entier à réinventer. Une nouvelle page qui ne pourra s'écrire qu'ensemble, en se débarrassant de la peur, du pessimisme et de la résignation.

Rester assis, c'est se mettre à genoux.

Yannis Youlountas
membre de l'assemblée d'occupation de l'Ecole Polytechnique à Athènes

N'hésitez pas à faire circuler. Merci de votre soutien.
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article55 (texte)
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article54 (photos)
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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 16:27

 

 

Source : cadtm.org


 

Grèce

Au moment où la Troïka et la Grèce clôturent leurs négociations à Paris, le CADTM exige l’annulation pure et simple de la dette odieuse à l’égard de la Troïka

Communiqué de presse

5 septembre par CADTM

 

 


La Troïka, composée des représentants du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Commission européenne, a mené pour la première fois du 2 au 4 septembre des négociations avec le gouvernement grec à l’extérieur du pays. Lieu choisi : Paris, plus précisément le siège de la très libérale Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), au château de la Muette.

À croire que ces négociateurs craignent les manifestations du peuple grec qui subit depuis 2010 une cure d’austérité sans précédent et qui lutte pour sa dignité à l’image des 595 femmes de ménage du ministère des finance, licenciées abusivement et devenues le symbole de la résistance à la Troïka. Une journée internationale de mobilisation de soutien à ces 595 femmes est d’ailleurs prévue le 20 septembre prochain.

Ces négociations, qui se sont déroulées au moment où le gouvernement Valls renforce lui aussi l’austérité, représentent pour la Troïka « une évaluation de routine » des réformes en cours qui permettra, « dans le meilleur des cas » de débloquer l’ultime tranche de prêt de l’Union européenne (UE) d’environ 2 milliards d’euros à condition que le gouvernement applique de nouvelles mesures d’austérité.

Or, la cure d’austérité qui est imposée depuis quatre ans pour (officiellement) réduire une dette insoutenable, aggrave en réalité le poids de celle-ci et enfonce les Grecs dans la misère. Ces mesures d’une violence inouïe sont imposées en échange de prêts de la Troïka. Depuis 2010, cette dernière a déjà endetté le pays à hauteur de 240 milliards d’euros et c’est sans compter les intérêts que le peuple devra en plus rembourser en se saignant aux quatre veines.

Sur injonction de la Troïka, le gouvernement grec s’est engagé à licencier 6500 fonctionnaires d’ici la fin de l’année 2014 alors qu’environ 20 000 agents ont déjà été mis au chômage via la fusion ou la suppression d’organismes publics. Et ce n’est pas fini. Selon le quotidien grec Kathimerini, 600 nouvelles mesures doivent encore être adoptées. L’une d’elles pourrait bientôt permettre aux employeurs de licencier librement sans justification. Une autre mesure que la Troïka veut mettre en place pour aider les banques grecques ployant sous 70 milliards d’euros de créances douteuses est de leur permettre de saisir les biens immobiliers dans le cas de crédits non payés.

Pendant ce temps, et malgré la mascarade du plan d’allègement intervenu en 2012, la dette publique poursuit son ascension. Celle-ci s’élève aujourd’hui à 175,1% du PIB (318 milliards d’euros) contre 129,7% du PIB en 2009 avant l’arrivée de la Troïka.

La politique dictée par ses créanciers au gouvernement grec complice conduit logiquement au délabrement de la société toute entière, au chômage de masse qui stagne à 27 % de la population active (celui des jeunes a triplé depuis 2008) et à une profonde récession.
La réunion de Paris, comme chacune des missions précédentes de la Troïka, n’améliorera en rien les conditions de vie de la population. Les seuls bénéficiaires de la gestion de la crise sont les grandes entreprises multinationales et nationales qui profitent des privatisations et de la baisse des salaires et les quelques oligarques à leurs services.

Les recettes tirées des privatisations (réseau de télécoms – OTE, office des paris sportifs- OPAP, loteries nationales, compagnie de gaz, la compagnie des eaux de Thessalonique, les ports du Pirée et de Thessalonique, des aéroports régionaux, etc.) partent aussitôt en remboursement de la dette. De même, chaque prêt de la Troïka repart en grande partie en remboursement des dettes antérieures.

Le CADTM condamne l’ingérence de la Troïka qui viole la souveraineté du peuple grec, et exige l’annulation pure et simple de toutes les dettes odieuses, illégales et illégitimes de la Grèce. Le peuple grec rembourse depuis trop longtemps cette dette imposée par l’UE et le FMI pour l’asservir.
Pour de nombreux Grecs précarisés, affamés, en situation de survie, au bord du suicide ou sur le chemin de l’exode, les dommages sont irréversibles.

Plusieurs rapports officiels publiés en 2013 et 2014, dont celui du Commissaire européen aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe |1|, de l’Expert de l’ONU sur la dette ou encore l’opinion juridique du professeur de droit Andreas Fischer-Lescano commissionnée par la Chambre de travail de Vienne |2|, démontrent avec précision que la Troïka a violé une série de droits humains protégés par les textes internationaux.

Il est temps de poursuivre en justice la Troïka et d’exiger des réparations pour les dégâts humains et écologiques.

Enfin, le CADTM exige que soient rendues publiques les dépenses de cette fastueuse rencontre aux frais des contribuables.

Notes

|1| Rapport « Safegarding human rights in time of economic crises », publié le 3 décembre 2013

|2| Rapport « Human Rights in Times of Austerity Policy », publié le 17 février 2014

 

 

Source : cadtm.org

 

 

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 16:47

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/chalouette

 

Grèce : 850.000 travailleurs ne sont pas payés depuis 1 an

 

Publié le 19 août 2014

Ecrit par folamour

 

J'en profite pour  vous rappeler les deux documentaires sur la Grèce que nous avons passé récemment : La Grèce, crise et châtiments... , et Grèce, année zéro

 Amicalement,

 

f.

 

Greek_worker_19_08_2014.jpg

La crise financière a nettement changé les vies des millions de citoyens grecs dont les salaires ont été coupés tandis que leur pouvoir d'achat est retourné 30 ans en arrière.

 

Selon le rapport annuel de l'institut de travail de la confédération générale des travailleurs grecs (INE-GSEE), le pouvoir d'achat du salaire minimum actuel s'élève au niveau des années 1980. Ceci signifie qu'avec le salaire minimum actuel, les Grecs peuvent acheter les mêmes biens et services qu'ils ont achetés au début des années 80. Le rapport a également enregistré un numéro de travailleurs impressionnant qui ne sont pas payé a temps.

Le rapport prouve qu'environ 850.000 travailleurs attendent jusqu'à 12 mois pour recevoir leur salaire. Le phénomène de l'emploi bénévole est largement étendu, particulièrement dans les magasins de détail à moins de cinq employés.

 

Selon le rapport, les caractéristiques principales du marché du travail en Grèce sont :

  •     Faibles salaires
  •     Travail non assuré
  •     Formes souples d'emploi. Tandis qu'en 2009 l'emploi souple représentait 26% de nouveaux contrats, en 2013 l'emploi souple a représenté 51%.

 

Selon des chiffres, le salaire réel moyen dans le secteur privé est de 750-800 euros comparés à 1.100 euros au début de la crise économique, enregistrant une diminution de 23%.

La crise a également eu un impact dramatique sur le salaire minimum des travailleurs plus de 25 ans : Elle a chuté à 560 euros par mois, alors qu'elle était de 751 euros (diminution de 22%). Pour des travailleurs au-dessous de 24 ans, le salaire minimum s'élève à 510 euros.

 

Source : Greece.greekreporter.com via Maître Confucius ; )

 

Traduction : ~ folamour ~

Corrections : Chalouette

 

Si vous appréciez nos tentatives de traduction et plus globalement notre petit blog, n’hésitez pas à voter pour lui sur http://info.pinterac.net/

Pour lui donner un peu plus de visibilité, (vote comptabilisé toutes les 24h donc à renouveler svp).

Merci d’avance, ; )

f.

 

Informations complémentaires :

Crashdebug.fr : La Grèce, crise et châtiments...

Crashdebug.fr : Grèce, année zéro

Crashdebug.fr : La Grèce devient médiévale – 66 % des salaires payés en troc

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Crashdebug.fr : L'austérité en Grèce a fait exploser le nombre de suicides et de meurtres

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Source : blogs.mediapart.fr/blog/chalouette

 

 

 

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