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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 17:54

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Le tenace lobbying d’Arnaud Montebourg pour le gaz de schiste

Basta ! Gaz

jeudi 30 janvier 2014

 

 

 

Le ministre du Redressement productif est la figure la plus en pointe du lobby du gaz de schiste. Et poursuit une stratégie durable pour imposer l’exploitation en France de ce combustible fossile.


Après un long silence sur la question du gaz de schiste, Montebourg revient dans le débat public en déclarant le jeudi 23 janvier, sur la radio d’Europe 1, vouloir « convaincre » François Hollande « d’avancer sur la recherche de techniques propres à l’exploitation écologique du gaz de schiste ».

Le retour du ministre du redressement productif est loin d’être surprenant, il participe à une stratégie patiemment mise en place visant à se servir de la problématique environnementale pour rendre acceptable la recherche du gaz de schiste et à terme son exploitation.

 


EXTRAIT – Gaz de schiste : "il faut travailler... par Europe1fr

 

Acte 1 – Le gaz de schiste "écologique"

Lors de son audition, en juillet 2013, par la Commission des Affaires Economiques de l’Assemblée Nationale, Montebourg souhaite arriver « avec la technologie, dans très peu de temps, au gaz de schiste écologique, où il n’y a pas de pollution » feignant d’ignorer le bilan carbone de son exploitation et de son impact sur le réchauffement climatique.

Il réaffirme avec conviction que le gouvernement n’a jamais fermé la porte à la recherche et que celle-ci figure dans la loi du 13 juillet 2011, s’appuyant aussi sur les paroles prononcées par le Président de la République déclarant, en novembre 2012, au cours de sa conférence de presse, qu’il ne pouvait interdire la recherche et qu’elle est possible sur d’autres techniques que celle de la fracturation hydraulique.

Acte 2 – Le rapport de l’OPECST

Montebourg est aidé par l’OPECST (l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques ) qui adopte, en novembre 2013, le rapport Lenoir/Bataille sur les alternatives à la fracturation hydraulique. Ce rapport recense les différentes techniques ayant "des effets positifs sur l’environnement". L’OPECST demande dès lors de démarrer les recherches sur ces différentes techniques en soulignant la rapidité avec laquelle la recherche progresse et qu’ elle se développe partout dans le monde, sauf en France et en Bulgarie.

L’OPECST appelle la création d’un programme de recherches sur la fracturation hydraulique et sur les techniques alternatives pouvant inclure des forages expérimentaux

Acte 3 – La réforme du code minier

Cet impératif de recherche est envisagé dans le processus de la réforme du code minier, actuellement en cours, qui fera l’objet d’un futur projet de loi.

Thierry Tuot, Conseiller d’État, chargé d’écrire les dispositions législatives du futur texte de loi présente, le 10 décembre 2013, au Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, ainsi qu’aux Ministres du redressement productif et des Outre-mer, son projet de nouveau code minier.

Une lecture attentive de son contenu nous permet de découvrir la création d’un permis d’exploration particulier (dans le livre II du projet portant sur les dispositions relatives à l’exploration et à l’exploitation) précisant que « les opérations de recherche ou de prospection, tous essais, mis en œuvre pour acquérir des connaissances, évaluer quantitativement ou qualitativement une substance ou l’accès à un usage soumis aux dispositions du présent code sont libres, quelle que soit la manière de procéder ou de mettre en œuvre ces opérations (…) » (article L.222-1, livre II du projet de code du groupe de travail Tuot sur la refonte du code minier).

Ce nouveau permis d’exploration visant la recherche dite purement « académique » permettrait de conduire des travaux en laissant une place, le cas échéant, à une expérimentation quelle que soit la manière de procéder.

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 17:16

 

Source : www.midilibre.fr

 

 

Et si le contrôle du gaz de schiste nous échappait...

ARNAUD BOUCOMONT
28/01/2014, 06 h 00 | Mis à jour le 28/01/2014, 07 h 10
Le gaz de schiste (ici aux USA, dans le Dakota du Nord) sera-t-il imposé d’en haut ?
Le gaz de schiste (ici aux USA, dans le Dakota du Nord) sera-t-il imposé d’en haut ? (AFP)

La France, qui est avec la Bulgarie le seul pays en Europe à s’opposer aux pétroliers sur les gaz de schiste, pourra-t-elle résister longtemps ?Un accord Europe/Etats-Unis peut-il imposer sa loi ? Point de vue de l’altermondialiste Raoul-Marc Jennar.

La semaine dernière, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, estimait "dommage" qu’on ne puisse pas lancer de recherche sur les gaz de schiste en France. "Mon travail, c’est de convaincre" qu’il faut le faire, assurait-il. Convaincre "le Président" et les Français. Son intervention sur Europe 1 avait d’ailleurs tout d’un terrain qu’on prépare. Et, en écho, le patron de Total, Christophe de Margerie, pouvait depuis le forum économique de Davos exhorter la France à édulcorer ses positions.

 

“Paquet climat-énergie 2030”

Fin de non-recevoir d’un autre ministre, de l’Écologie celui-là... Philippe Martin s’est agacé de l’insistance de ceux, Montebourg compris, "qui sempiternellement reviennent à la charge". Les plus sceptiques pourront y voir un numéro de duettistes : Montebourg et Martin s’écharpant gentiment, façon fausses notes mais pourtant vrai play-back... La vraie musique serait jouée ailleurs, à l’échelle européenne et même mondiale.

Mercredi dernier, la commission européenne a en effet adopté son “paquet climat-énergie 2030”, qui prévoit notamment d’entériner l’exploitation des gaz de schiste en Europe, à condition de respecter des "principes communs" minimaux, notamment sanitaires et environnementaux.

 

"Ce qu’on a essayé de construire péniblement risque d’être balayé comme un tsunami"

La France, qui est avec la Bulgarie le seul pays en Europe à s’opposer aux pétroliers sur les gaz de schiste, pourra-t-elle résister longtemps ? Non, assure Raoul-Marc Jennar, docteur en science politique et militant du Parti de gauche, fervent altermondialiste vivant à Mosset, dans les Pyrénées-Orientales.

 

Un grand marché transatlantique

La position de la France, déjà fragilisée au sein de l’Union européenne, pourrait être encore plus inconfortable à l’échelle mondiale, selon lui. Le 18 janvier dernier, sur France culture, il alertait sur le Transatlantic free trade area (Tafta), un grand marché transatlantique entre l’Europe et les USA en cours de discussion. Les premières réunions, débutées en juillet dernier, doivent déboucher sur des négociations et une perspective d’accord en 2015.

 

"Hydrocarbures dits non conventionnels"

Voici l’une des idées sous-jacentes, résumée par Raoul-Marc Jennar : "En cas de conflit sur une norme, sur une loi (...), on aura recours à un groupe d’arbitrage privé pour régler les différends." La formule, déjà en vigueur au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), serait d’une certaine façon généralisée, insiste Raoul-Marc Jennar. "Les investisseurs privés pourraient ainsi contourner les lois et les décisions qui les gêneraient, permettant par exemple aux pétroliers d’imposer en France l’exploitation des gaz de schiste et autres hydrocarbures dits non conventionnels."

Si d’aventure l’option libérale devait l’emporter, "tout ce qu’on a essayé de construire péniblement, en dépit des lobbys qui agissent avec force pour faire passer le profit avant la santé, risque d’être balayé comme un tsunami", affirme Raoul-Marc Jennar.

Les collectifs français “Non au pétrole et gaz de schiste et de houille” étaient réunis en coordination nationale à Valence ce week-end. Ils « refusent catégoriquement que le gouvernement, comme il l’envisage, fasse délibérer par ordonnance » sur la réforme prochaine du code minier. 

DANS LA RÉGION : Cévenols mobilisés

Douze maires gardois, concernés par le permis de recherche d’hydrocarbures de Navacelles, aux portes d’Alès, ont manifesté la semaine dernière leur féroce opposition à une potentielle exploration du sous-sol, craignant des atteintes à l’environnement, dont les ressources en eau. Un autre permis, celui du bassin d’Alès, est aussi en suspens.

Le ministre de l’Écologie a demandé une étude complémentaire au rapport d’expert rendu l’été dernier. Sans que rien ne bouge pour l’instant. Mais les militants anti-gaz de schiste se mobilisent surtout autour de la réforme du code minier, qui pourrait aboutir au printemps.

Leurs craintes : que les avancées en termes écologiques soient atténuées par le cadre réglementaire : des enquêtes publiques devraient être généralisées pour chaque nouveau permis, « mais le choc de simplification souhaité par le gouvernement prévoit des temps de traitement des dossiers très courts et de simples enquêtes publiques ne suffiront pas à évacuer tous les risques », assure Sébastien Espagne, militant membre du collectif Basta ! Gaz Alès.

 

 

Source : www.midilibre.fr

 

 

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 17:53

 

Source : www.rtl.be

 

UE: feu vert de la Commission européenne à l'exploitation du gaz de schiste

Afp | 22 Janvier 2014 13h29

 

 


La Commission européenne a adopté mercredi une recommandation qui laisse la voie libre à l'exploitation du gaz de schiste en Europe à condition de respecter des "principes communs" minimaux, notamment sanitaires et environnementaux.

"Le gaz de schiste suscite des espoirs dans certaines régions d'Europe, mais également des inquiétudes. La Commission répond aux demandes d' action en formulant des principes minimaux que les Etats membres sont invités à suivre afin de tenir compte des aspects environnementaux et sanitaires et de donner aux exploitants et aux investisseurs la prévisibilité nécessaire", a expliqué le commissaire chargé de l'Environnement, Janez Potocnik.

Au grand dam des organisations de défense de l'environnement et à l'encontre du souhait du Parlement européen, la Commission européenne a refusé d'imposer des normes juridiques contraignantes concernant l'exploration et l'exploitation de cette source d'énergie.

Les recommandations de Bruxelles sont "totalement insuffisantes pour protéger les populations et l'environnement des risques posés par l'extraction de ces hydrocarbures", a estimé l'ONG Les amis de la Terre. Elle a dénoncé dans un communiqué "le manque absolu de courage de l'Union européenne qui, face aux pressions des lobbies, a renoncé à prendre des mesures concrètes dans ce domaine".

"Un site ne pourra être sélectionné que si l'évaluation des risques démontre que la fracturation hydraulique à haut débit n'entraîne la libération directe d'aucun polluant dans les nappes phréatiques", recommande notamment la Commission.

Les Etats devront également s'assurer que les installations pour exploiter le gaz de schiste soient "construites de manière à éviter des fuites à la surface et des déversements dans le sol, l'eau ou l'air".

Les évaluations d'impact sur l'environnement devront être menées avec "le maximum de transparence", insiste le texte de la Commission. Les autorités nationales devront ainsi informer le public des produits chimiques utilisés durant la fracturation hydraulique.

Les Etats membres de l'Union sont simplement invités à appliquer les principes formulés dans un délai de six mois et, à compter de décembre 2014, à informer chaque année la Commission des mesures qu'ils auront mises en place.

Le développement du gaz de schiste dans l'UE est controversé. Certains pays (Royaume-Uni, Danemark, Pologne, Roumanie) développent des projets d'exploration, mais la France et la Bulgarie ont interdit l'exploitation. L'Allemagne a banni la fracturation hydraulique dans les zones riches en eau de son territoire.

 

Source : www.rtl.be

 

 

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 17:44

 

Source : blogs.mediapart.fr

 

La Commission européenne reconnait les dangers des gaz de schiste

...tout en n'imposant pas de règlementation contraignante.

Lire l'info publiée par José Bové sur son blog :

 

"Fuite de gaz de schiste à la Commission Européenne"

6843855

 

"Le projet de recommandation de la Commission Européenne sur l’exploration et l’exploitation des gaz non-conventionnels dans l’UE, qui doit être rendu public le 22 janvier prochain, a fait l’objet d’une fuite cette semaine. Sont donc consultables ici, dans leur intégralité et en version anglaise,
la communication de la Commission ainsi que le projet de recommandation.

 

A la lecture de ces documents, je constate avec intérêt que la Commission a pris la mesure de l’importance des risques engendrés par l’exploration ou l’exploitation du gaz de schiste, des dangers environnementaux et sanitaires, face au peu de bénéfices engendrés.

 

Elle reconnaît l’impact de la fracturation hydraulique sur l’eau de surface ou souterraine, le retraitement des eaux contaminées dans le processus, les possibles tremblements de terre, la pollution des sols, etc. Elle ne minimise pas les impacts de cette industrie sur la santé.

 

Elle trouve un intérêt économique  à l’entreprise : « les gaz de schiste pourraient apporter des bénéfices économiques, par exemple à travers des investissements locaux sur les infrastructures, des offres d’emplois et des revenus publics via des taxes, émoluments et des royalties »  mais reconnaît à la page suivante que la consommation en eau va entrer en concurrence avec d’autres usages déjà établis à savoir l’industrie, agriculture, ou l’eau potable.

 

La Commission prête une attention particulière aux craintes exprimées par les populations concernées et lors de la consultation qu’elle avait organisé entre le 20 décembre 2012 au 23 mars 2013 concernant « leur santé et les impacts environnementaux du gaz de schiste ». Elle constate « une perception d’un insuffisant niveau de précaution, de transparence et de consultation en ce qui concerne les activités liées au gaz de schiste. ». Elle reconnaît que les opposants au projet de gaz de schiste ne sont pas animés que par une lutte contre un équipement à proximité de chez eux (« pas dans mon jardin »), mais bien par l’intérêt général puisqu’ils agissent aussi contre les projets éloignés. Pour la Commission, « aussi longtemps que ces risques environnementaux et sanitaires, que le manque de transparence et que les incertitudes légales n’auront pas trouvé de réponses, les inquiétudes du publics persisteront ».

 

Quant à l’impact sur le changement climatique et la diminution des émissions de gaz-à-effet-de-serre, au cœur de la communication du 22 janvier, la Commission explique que le gaz de schiste, du fait des émissions de CO2 qu’il implique, ne pourrait jouer qu’un rôle transitoire  et mineur dans le secteur énergétique. Transitoire car il ne répond pas aux objectifs à long terme de décarbonisation de  notre système énergétique. Mineur, car il représenterait « au mieux 10% de la demande en gaz naturel en 2035 ».

 

Les recommandations de la commission sont assez strictes. Aux Etats Membres qui feraient encore le choix d’exploiter leurs réserves de gaz de schiste, elle impose de nombreuses études préalables, elle restreint les choix des sites exploitables, elle prévient des impacts sur les pays voisins, elle sélectionne les entreprises qui offriront des garanties financières en capacité de réparer les dégâts environnementaux, elle soumet les produits chimiques utilisés au cours de la fracturation hydraulique à la directive REACH.

 

La Commission surveillera de près la mise en œuvre des règles « sous la forme de tableau de bord ». Une évaluation est déjà programmée pour juillet 2015 qui visera la « mise à jour des dispositions et la nécessité de mettre au point des clauses harmonisées et juridiquement contraignantes ».

 

La Commission donne ainsi du crédit aux lanceurs d’alerte qui luttent contre les projets d’exploration de gaz de schiste, même si nous pouvons regretter que ce texte n’ait pas encore de valeur contraignante. Néanmoins,  au vu des éléments contenus dans ces pages, les populations concernées disposent désormais des arguments juridiques pour obtenir un moratoire auprès de leurs gouvernements. La commission nous offre des moyens de pressions que nous saurons utiliser."

 

Source : blogs.mediapart.fr

 

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 18:27

 

Source : www.reporterre.net

 

Gaz de schiste : l’Europe démissionne

Hervé Kempf (Reporterre)

vendredi 17 janvier 2014

 

 

 

 

La Commission européenne ne veut pas réglementer l’exploitation du gaz de schiste. Plutôt que de proposer un cadre réglementaire aux Etats, elle se contentera de proposer le 22 janvier de simples "recommandations". Le document, que Reporterre s’est procuré, est téléchargeable ici.


La Commission européenne a adopté la ligne la plus molle en ce qui concerne l’encadrement réglementaire de l’exploitation du gaz de schiste. Alors que la Direction générale de l’Environnement de la Commission avait mis au point une directive - c’est-à-dire un texte ayant force de loi - sur ce sujet, la Commission a finalement décidé de proposer aux Etats-Membres, contre l’avis du Parlement européen, des recommandations peu contraignantes, puisque les entreprises ne sont pas tenues de les respecter.

Celles-ci seront publiées le 22 janvier. Reporterre les publie aujourd’hui :

PDF - 175.2 kolien

Si les États ne respectent pas les recommandations, une évaluation prévue en juillet 2015 pourrait rendre ces règles « juridiquement contraignantes ».

Parmi les recommandations, on relève que qu’il serait souhaitable que :

- un site ne soit sélectionné que si l’évaluation des risques démontre que la fracturation hydraulique à haut débit n’entraîne pas de pollution ;
- les puits soient évités dans les zones inondables et les zones sismiques ;
- le contrôle des débits d’eau, la surveillance des émissions de méthane et l’installation d’infrastructures destinées à la capture du gaz naturel soient assurés ;
- la composition du fluide de fracturation, le volume d’eau consommée, la pression au cours du processus de fracturation et les liquides revenant à la surface soient contrôlés.

La Commission fera le point sur l’application de ces recommandations le 22 juillet 2015. Et concluera éventuellement à

* Suite de l'article sur reporterre

 

Source : www.reporterre.net

 

 


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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 16:23

 

 

Source : www.romandie.com

 

(©AFP / 14 janvier 2014 12h13)

 

Gaz de schiste: le groupe italien Eni se retire de Pologne

 

 


VARSOVIE - Le groupe gazier italien ENI va se retirer de Pologne où il explorait des gisements de gaz de schiste, a rapporté mardi le quotidien économique polonais Puls Biznesu.

ENI abandonne les schistes polonais, a affirmé le journal. La décision de la direction à Milan a déjà été prise, a-t-il ajouté en se référant à des sources non identifiées.

Interrogé par l'AFP, le groupe ENI n'a pas commenté cette information.

Selon le journal, Eni qui possède trois concessions en Pologne, dont une vient d'expirer et deux autres expireront prochainement, ne demandera pas aux autorités polonaises leur renouvellement.

Nous avons été informés par ENI qu'ils n'allaient plus participer au programme de dialogue avec les habitants, car le groupe a décidé de ne pas prolonger sa concession de Mlynary expirée le 5 janvier, a indiqué mardi à l'AFP Anna Miazga, responsable d'un programme gouvernemental de dialogue social visant à apaiser les tensions entre les partisans et les opposants de l'exploitation du gaz de schiste.

ENI serait ainsi le quatrième groupe, après Exxon, Talisman et Marathon, à se retirer de Pologne.

Selon un expert du secteur gazier, Andrzej Szczesniak, ces sociétés n'ont pas trouvé de gisements de gaz de schiste espérés. Le groupe italien de facto n'a pas commencé ses forages, a-t-il déclaré à l'AFP.

Soucieuse de garantir son indépendance énergétique, la Pologne, largement dépendante du gaz russe, compte beaucoup sur le gaz de schiste.

Les réserves de gaz de schiste en Pologne sont évaluées à entre 800 et 2.000 milliards de m3. Une première extraction, à titre expérimental, avait été lancée en juillet.

Une cinquantaine de forages ont jusqu'à présent été réalisés. Pour décider de la rentabilité de l'exploitation commerciale, il en faudrait quelque 350 au total.

Le gouvernement prévoit d'investir à cet effet 12,5 milliards d'euros d'ici à 2020.

mc/mrm/jld

ENI

EXXONMOBIL


(©AFP / 14 janvier 2014 12h13)

 

 

Source : www.romandie.com

 

 


 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 15:01

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Royaume-Uni

Gaz de schiste : comment David Cameron tente d’acheter le silence des élus et des écologistes

par Olivier Petitjean 14 janvier 2014

 

 

 

 

Après avoir mis en place « le régime fiscal le plus avantageux du monde » pour l’exploitation du gaz de schiste, le gouvernement conservateur britannique cherche à vaincre les résistances locales en achetant le consentement des élus et en étouffant les mouvements de résistance à la fracturation hydraulique. Total et GDF-Suez en profitent pour investir – modestement – dans des concessions au Royaume-Uni.

Le groupe français Total a confirmé avoir racheté 40% des parts d’un consortium détenant deux licences de prospection de gaz de schiste dans l’Est de l’Angleterre (Lincolnshire). Un investissement d’environ 35 millions d’euros qui devrait permettre de réaliser un forage exploratoire pour évaluer la viabilité technique et économique de l’extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique dans la zone.

 

Fiscalité très avantageuse

Soutenu par les lobbies énergétiques, notamment états-uniens, le gouvernement conservateur de David Cameron pèse de tout son poids pour favoriser le développement du gaz de schiste au Royaume-Uni et au niveau européen. Le gouvernement britannique veut également développer le gaz de schiste en Écosse, malgré l’opposition du gouvernement régional – tenu par les indépendantistes – qui a adopté une série de mesures restreignant les activités de prospection.

David Cameron a déjà accordé aux entreprises prospectrices des conditions fiscales très avantageuses, notamment une taxation à 30%, contre 62% pour le pétrole et le gaz de mer du Nord [1]. Le gouvernement britannique a également supprimé des régulations environnementales et d’aménagement du territoire : la fracturation hydraulique ne sera pas encadrée spécifiquement, la responsabilité financière des exploitants en cas de pollution est limitée, l’obligation d’informer les propriétaires fonciers sur les activités de prospection est suspendue. Il a aussi classifié pas moins de 60% du territoire britannique comme zone de prospection potentielle.

 

Du cash pour oublier l’écologie

Le Premier Ministre a annoncé le 13 janvier une nouvelle série de mesures destinées à encourager les collectivités locales et les habitants à faire bon accueil à l’exploitation de gaz de schiste. Les collectivités devraient ainsi recevoir 100% des taxes professionnelles issues de cette activité - contre 50% normalement, le reste allant au budget national. Une mesure que Greenpeace a qualifié de « pure et simple tentative de corruption des élus locaux » [2]. Les conseils locaux - qui subissent de plein fouet la cure d’austérité budgétaire imposée par le gouvernement conservateur - se voient désormais encouragés à « oublier » leurs responsabilités environnementales en échange de cash...

Selon le Guardian, David Cameron promet également que les fonds distribués localement par les firmes exploitantes - 100 000 livres sterling par puits (120 000 euros), plus 1% des revenus générés - seront gérés de manière transparente, et pourraient donner lieu à des paiements directs aux propriétaires fonciers. « Nous allons à fond sur le gaz de schiste », a-t-il déclaré.

 

Étouffer les mouvements de résistance

Autant d’annonces qui visent à étouffer dans l’œuf le mouvement de résistance au gaz de schiste dans les diverses zones de prospection. L’été dernier, les villageois de Balcombe, dans le Sussex – pourtant un bastion conservateur – avaient manifesté contre les activités exploratoires de la firme nord-américaine Cuadrilla [3]. Une autre mobilisation importante a lieu en ce moment même à Salford, dans la banlieue de Manchester.

Total est la première major pétrolière à investir dans le gaz de schiste au Royaume-Uni. Cela fait plusieurs mois que le groupe avait annoncé ses intentions et recherchait une concession. L’investissement de Total demeure très modeste : 35 millions d’euros, à comparer avec les plusieurs centaines de millions déboursées par la firme pétrolière Cuadrilla au Royaume-Uni, pionnière du gaz de schiste britannique, et qui n’a pas encore foré un seul puits ! Et également avec les deux milliards d’euros que Total injecte au total chaque année au Royaume-Uni, pour exploiter le pétrole et le gaz de la mer du Nord.

 

Les groupes français traversent La Manche

Le 22 octobre 2013, GDF Suez avait aussi annoncé un investissement similaire dans le bassin de Bowland dans l’Ouest du pays (Lancashire). Le groupe français a acquis, pour plus de 28 millions d’euros, 25% des concessions de Dart Energy, sur une zone de prospection de 1 378 kilomètres carrés. Les autorités britanniques espèrent que l’arrivée de ces majors françaises donnera un coup de fouet aux opérations de prospection de gaz non conventionnel dans le pays, alors que les quelques puits exploratoires installés par les firmes pétrolières sont la cible de manifestations et de blocage.

En raison du vieillissement de son parc de production et de l’obligation de fermer ses centrales au charbon trop polluantes, le Royaume-Uni est confronté au risque d’une pénurie d’électricité dans les prochaines décennies. D’où l’empressement du gouvernement conservateur à soutenir les méga-projets énergétiques des multinationales, quels que soient leur coût réel ou leurs risques environnementaux.

 

Qui profitera des gaz de schiste ?

Comme dans le domaine du nucléaire, où EDF et Areva ont bénéficié de conditions financières aussi avantageuses que contestées pour leur projet de nouveaux réacteurs EPR à Hinkley Point (lire ici), les entreprises françaises pourraient être les premières bénéficiaires des largesses du gouvernement britannique. Alors que l’Union européenne a lancé une enquête sur les aides publiques britanniques au nucléaire, certains eurodéputés en appellent désormais à une enquête similaire pour les aides au gaz de schiste. En tout état de cause, les velléités de passage en force de David Cameron pourraient bientôt se heurter aux régulations mises en place par l’Union.

Le gouvernement britannique prétend que l’exploitation du gaz de schiste permettra de faire baisser les tarifs de l’énergie dans le pays et de rendre l’industrie plus « compétitive ». Les chiffres qu’il avance en termes de contribution à la croissance et à la création d’emploi sont issus de rapports commandés par l’industrie, sans véritable contre-expertise. Et surtout, la plupart des experts s’accordent à penser qu’au contraire de ce qui s’est passé aux États-Unis, le gaz de schiste britannique, s’il est jamais exploité à grande échelle, ne contribuera pas à faire baisser les prix de l’énergie en Europe : les principaux bénéficiaires seront les entreprises exploitantes.

Olivier Petitjean

Photo : CC Prime Minister’s Office

Notes

[1Source.

[2Source : The Independent.

[3Voir l’article du Monde.

 

Source : www.bastamag.net

 

 

                                                                                          ***************************

 

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

14/01/2014 à 13h11

Gaz de schiste : Total a compris comment acheter les oui des Anglais

Barbara Krief | Rue89

 

 


David Cameron le 13 janvier 2014 sur le site de iGas à côté de Gainsborough (LINDSEY PARNABY/POOL/AFP)

 

Total confirme son investissement britannique. L’entreprise pétrolière française annonce qu’elle sera la première grande compagnie à chercher du gaz de schiste en Grande-Bretagne.

La société possède maintenant une part de « 40% dans deux permis » d’exploitation et de production dans le bassin du Gainsborough Trough, dans l’Est de l’Angleterre. Et les affaires devraient être bonnes.

En plus du monopole, la multinationale a le soutien du gouvernement de David Cameron. Total laissera néanmoins le travail de la phase d’exploration à l’entreprise britannique Igas Energy.

Fiscalité avantageuse pour les communes

Le Royaume-Uni dit vouloir « tout mettre en œuvre » pour l’exploration du nouvel or noir. Afin de motiver les régions encore hésitantes, le Premier ministre promet une fiscalité avantageuse pour les communes qui accepteront le projet. Les amoureux de l’environnement crient à la corruption face à ce qui peut être qualifié de pot-de-vin public.

Les communes qui jouent le jeu de l’exploration du gaz de schiste percevront la totalité de la taxe professionnelle collectée, au lieu des classiques 50%. Cela représente près de deux millions d’euros en plus par an pour chaque site participatif, auxquels viennent s’ajouter 120 000 euros, gracieusement offerts à l’occasion de l’ouverture d’un site.

L’industrie pétrolière n’est pas avare non plus, elle a promis de leur reverser 1% des profits dégagés par la découverte du précieux gaz.

La politique du Premier ministre en la matière n’est pas nouvelle. En août 2013, il annonçait [abonnés] la mise en place d’un régime fiscal extrêmement avantageux pour encourager l’exploration pétrolière et gazière. Il prévoyait de réduire à 30% le taux d’imposition, anciennement à 62%.

Une offre qui ne se refuse pas

Incitatif, ce petit encouragement financier peut faire grincer des dents. Difficile de résister à une augmentation de 50% de ses fonds annuels. David Cameron promet aussi « plus d’emplois et d’opportunités et de sécurité économique » pour son pays. Qu’espérer de mieux pour faire taire les écologistes se félicitant en août dernier de leur première « victoire contre le gaz de schiste » ?

Pendant ce temps en Pologne, premier pays européen à avoir entrepris des recherche de gaz de schiste, les politiques assurent que cette nouvelle richesse leur permettra de s’affranchir de Moscou en réduisant sa dépendance envers le gaz russe.

Mais les derniers résultats des tests forages ne sont pas satisfaisants et l’enthousiasme du ministre de l’Environnement polonais Piotr Wozniak, n’est plus vraiment d’actualité.

« La première exploitation commerciale commencera en Pologne l’an prochain », déclarait le ministre en 2013.

En Amérique, le gaz de schiste est généreux

Aux Etats-Unis, Shell a fait plier les militants anti-gaz de schiste les plus convaincus. La promesse de bénéfices séduit les propriétaires des terrains locaux. Ils seraient 80% à accepter tout de suite les 10% de retombées économiques prévus.

Pour séduire les habitants du bassin de Marcellus, située en Pennsylvanie, Shell a employé les grands moyens. A son arrivée, la société pétrolière a offert 50 000 dollars à une association culturelle, avant de faire don d’un hôpital à la ville.

François Damerval, blogueur pour Rue89 et assistant parlementaire de Corinne Lepage raconte dans son reportage, le pouvoir qu’a Shell dans la région :

« Chacun des puits de Marcellus représente un investissement estimé entre quatre et cinq millions de dollars et le nombre de puits de forage de schiste s’est multiplié. »

Les locaux n’ont pas encore de quoi se plaindre, leur représentant affirme que depuis l’arrivée de la multinationale pétrolière, le chômage et la pauvreté ont disparu de la ville. Les chiffres brandis par les pro-gaz de schiste sont en effet réjouissants : il y aurait eu « entre un et cinq millions d’emplois crées ».

Mais pour François Damerval il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer :

« Avec 400 milliards d’investissements sur cinq ans, c’est un minimum ! »

Les lobbys canadiens instauraient en 2011 un forum permettant aux internautes locaux de se renseigner et de se familiariser avec la technique tant critiquée de la fracturation hydraulique. Pour ce faire, l’Association canadienne des producteurs pétroliers a accordé son soutien financier à une agence de relations publiques canadienne, Parta Dialogue.

Les sociétés pétrolières canadiennes jouent plus dans le social que dans le financier. L’entreprise Talisman Energy publiait même en 2011 un livre de coloriage pour enfants illustrant la technique de la fracture hydraulique.

« Le profit de Total va profiter à la France »

En France la pratique de la fracturation hydraulique, aujourd’hui seule technique connue permettant d’extraire du gaz de schiste, est interdite. Depuis le texte voté en 2011 sous le gouvernement Fillon, il est indirectement prohibé d’explorer ou d’exploiter ce gaz. Le 10 octobre 2013, le Conseil constitutionnel validait la loi.

Ce qui n’empêche pas une des plus grosse entreprise française d’exporter la pratique outre-Manche. Pour Yves Leers, journaliste spécialiste de l’environnement, c’est d’abord ça qui pose un problème d’éthique et de cohérence :

« Indirectement le profit, le rayonnement international et le développement d’une entreprise comme Total va profiter à la France. Payer les communes pour qu’elles embrassent un projet néfaste pour l’environnement, comme propose de le faire David Cameron, est tout aussi problématique. »

La Grande-Bretagne va venir s’ajouter à une très courte liste. Aujourd’hui, seuls les Etats-Unis et le Canada pratiquent la fracturation hydraulique. Pour rappel, la technique consiste à injecter un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques à haute pression pour créer des fissures souterraines et ainsi extraire les hydrocarbures de schiste.

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 17:39

 

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et toi, toi, tu viens pour le gaz

Publiée le 1 janv. 2014

d'après la chanson de Jacques Brel "le gaz"

musique : Gérard Jouannest
paroles, chant et images : Jofroi
réorchestration : Line Adam
prise de son : Colin Burton - Omp studio
réalisation : les ateliers de Victor

avec l'aimable autorisation et le soutien chaleureux
des Editions Jacques Brel et de Gérard Jouannest

La menace qui pèse sur nos têtes, ici et dans bien d'autres régions,  menace de forages et de recherche d'hydrocarbures, huiles et gaz de schistes, non conventionnels ou conventionnels, est loin d'être écartée.
Sous prétexte d'indépendance énergétique, de libre concurrence et de ressources économiques, les lobbys pétroliers influencent les hommes politiques, les médias et l'opinion publique, occultant les désastres écologiques,
humains et finalement économiques que cela entraînerait...
Lobbys pétroliers et financiers prêts à ravager des régions entières pour leurs jolis profits.

En 2014
ici comme ailleurs,
faut qu'on se libère, qu'on se décarcasse,y a d'autres choses à mettre en place !

En savoir plus sur le gaz de schiste :
http://www.stopaugazdeschiste07.org/
et aussi :
http://bassindales.fr/

 

 

bassindales

VOUS ETES 536 A AIMER NOTRE PAGE ALORS PARTAGEZ CE LIEN QU'IL APPARAISSE SUR 536 MURS AFIN QU'IL SOIT ENCORE PARTAGE ET QUE CETTE CHANSON ET CE CLIP SOIT CONNU PAR LE PLUS GRAND NOMBRE

 

 

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 15:34

 

 

Source : bastamag.net

 

Gaz de schiste : sur les barricades de Pungeşti, en Roumanie

par Antoine Simon, David Heller 17 décembre 2013

 

 

 

C’est devenu le cauchemar de la multinationale américaine Chevron. Depuis octobre dernier, les habitants du petit village de Pungeşti, en Roumanie, s’opposent aux travaux d’exploration des gaz de schiste. Antoine Simon et David Heller, de l’ONG Friends of the Earth Europe, étaient sur place le 7 décembre dernier. « Leur périlleux combat illustre le ton de la bataille qui commence à se mener aux quatre coins de l’Europe contre l’expansion européenne de ce nouveau type d’énergie extrême », assurent-ils. Témoignage en images.

Une fois arrivé à Pungeşti vers 10h, après cinq heures de route au nord de Bucarest dans l’est de la Roumanie, nous sommes rapidement arrêtés par le barrage policier contrôlant le moindre accès à la seule route menant jusqu’au village. La police vérifie les papiers de notre conducteur et nous autorise à continuer notre chemin. Nous apprendrons un peu plus tard que nous étions le dernier véhicule à avoir pu accéder au village cette journée-là. Des dizaines de manifestants solidaires venus de toute la Roumanie seront retenues plusieurs heures au niveau du barrage. Premier aperçu de ce quoi à ressemblera les 24 heures qui suivront, entre abus d’autorité, ingérence injustifiée et arbitraire constant des services de police déplacés sur le site.

Nous avons décidé de voyager jusqu’à Pungeşti afin de montrer aux populations locales engagées notre solidarité à l’égard du combat qu’elles mènent contre Chevron et ses projets de développement de gaz de schiste dans la région. Un combat que nous estimons justifié et fondé compte tenu des risques importants entourant cette activité industrielle (impliquant l’usage de la fracturation hydraulique) qui pollue les eaux souterraines que ces communautés rurales – non reliées aux circuits de distribution de l’eau – utilisent pour toutes leurs activités quotidiennes.

« Chevron n’a fait aucune tentative pour engager un débat »

Mi-octobre, une série de manifestations pacifiques des villageois avaient permis de mettre en échec les premières tentatives de Chevron d’accéder au site. Le géant américain s’était alors vu contraint de suspendre ses activités pendant plusieurs semaines et d’admettre l’importance du soutien des populations locales dans de pareils cas. Un campement en face du site a alors été établi par les villageois, il allait vite devenir une base de regroupement pour les opposants à Chevron et à ses projets de développement de gaz de schiste dans la région. Pourtant, aucune tentative de la part de Chevron n’a été faite pour engager un débat ou négocier avec les communautés locales. Début décembre, plusieurs centaines d’hommes de la police anti-émeute roumaine sont venues déloger manu militari les habitants du campement afin de permettre à Chevron de reprendre ses activités.

Alors que nous nous approchons des manifestations importantes organisées ce jour-là, il nous apparait rapidement que Chevron a clairement failli à s’attirer le soutien de la communauté locale. Une foule de plusieurs centaines d’opposants s’est réunie pour l’occasion et plusieurs groupes ont commencé à démonter les barrières métalliques que Chevron avait récemment installées pour délimiter la large surface dont ils avaient fait l’acquisition. Cette action est le symbole fort du refus des opposants de laisser ces opérations industrielles menacer leur vie ainsi que leurs moyens de subsistance.

 

 

Face au site, bravant le froid hivernal, les manifestants de tous âges agitent des drapeaux, étendent des bannières, chantent et scandent leur incompréhension et leur colère. Une personne qui vient de quitter son emploi à Bucarest pour rejoindre le campement d’opposants nous raconte : « Quand je serai vieux et que mes enfants me demanderont "Qu’est-ce que tu as fait quand Chevron est arrivé en Roumanie ?" Je ne veux pas leur dire que je n’ai rien fait pour protéger notre eau et nos terres ».

Double-jeu des autorités locales

On comprend facilement le sentiment de trahison et d’injustice largement partagé par toute la communauté et tout le mouvement à l’encontre des autorités censées les représenter mais qui refusent obstinément de les écouter. Le maire du village a permis à Chevron de forer un champ qu’il a acquis dans des circonstances frauduleuses. Il n’est depuis plus le bienvenu dans son village. Le préfet (représentant du gouvernement dans la région) a annulé par deux fois le référendum local qui devait se tenir à ce sujet. Au niveau national, le nouveau premier ministre a été élu en 2012 sur un programme d’opposition forte à l’égard du gaz de schiste ainsi que du projet de mine d’or Rosia Montana… avant d’opérer un demi-tour politique radical une fois élu, se faisant désormais le premier soutien de ces deux projets industriels.

Le symbole le plus marquant de ce conflit avec les autorités de tout niveau reste pourtant la présence constante et étouffante des policiers anti-émeute (Jendarmeria), envoyés dans la région à la façon d’une armée d’occupation. Ce sont ces forces policières qui sont entrées sur la propriété privée où nous nous tenons, afin d’arrêter les manifestants, souvent violemment et de façon aléatoire. Plusieurs dizaines d’opposants sont poursuivies par-delà les collines de la région par des lignes de policiers anti-émeute ultra-équipés, bouclier et bâton à la main. Ceux comme nous qui restent sur le site finissent par se laisser cerner. Pour toujours plus d’arrestations pour le moins musclées et jamais sans fondement véritable, le campement n’empêchant pas l’accès au site de Chevron.

 

 

De retour au village, nous nous réunissons dans le seul commerce local, faisant également office de bar. Les informations télévisées nous rapportent que Chevron a annoncé une nouvelle suspension temporaire de ses activités. Un peu plus tard, la police anti-émeute déboule dans le bar, ordonne au tenancier de fermer son commerce. Ceux qui quittent le bar par l’arrière sont arrêtés et violemment transportés dans les fourgons de police.

Des villageois déterminés à poursuivre leur combat

Alors que nous nous tenons à l’extérieur du bar dans le froid, nous, ainsi que plusieurs manifestants venus à Pungeşti par solidarité, recevons l’invitation chaleureuse de quelques villageois à passer la nuit chez eux. C’est un couple de vieux fermiers qui nous accueillent avec générosité et simplicité. L’homme nous explique que cette solidarité à l’intérieur du village n’a cessé de croitre durant les dernières semaines, à mesure que la population se mobilisait contre son ennemi commun.

Le jour suivant, nous nous réveillons en apprenant que Chevron a repris ses activités. La trêve n’aura duré qu’entre le coucher et le lever du soleil. Les villageois se sentent comme assiégés. Alors que nous redescendons vers la route traversant le village, nous croisons tous les cinquante mètres des groupes de policier anti-émeute stationnant ou patrouillant. On compte au moins autant de force de police que de maisons. Partout où nous allons, nous croisons et discutons avec des villageois qui ont été harcelés, arrêtés et/ou molestés par les forces de police ces deux derniers mois. Nous rencontrons notamment un garçon arrêté et battu ce matin-là alors qu’il amenait ses vaches au champ.

Le village est déterminé à continuer son combat. Les villages environnants se préparent eux à le commencer. Chevron semble s’être fait à l’idée que le soutien des populations locales est un objectif perdu. La multinationale gazière et pétrolière se concentre alors plus que jamais sur ses plans d’expansion dans la région pour extraire toujours plus de gaz, au prix d’un environnement dont elle ne semble que bien peu se soucier.

Antoine Simon et David Heller, Friends of the Earth Europe
(Témoignage initialement publié en anglais ici)

Photos : © Antoine Simon

 

Source : bastamag.net

 

 

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 19:01

 

Source : reporterre.net

 

Ecologie

Gaz de schiste : en Roumanie, appel à la solidarité internationale des habitants de Pungesti soumis à la répression

Françoise Lienhard

lundi 9 décembre 2013

 

 

 

Le point sur les événements de la journée de solidarité organisée à Pungesti, en Roumanie, le 7 décembre, où les habitants luttent contre l’implantation d’un forage d’exploration de gaz de schiste.


- Correspondance, Roumanie

Ce matin 8 décembre au réveil, les nouvelles de Roumanie sont mauvaises. Malgré le communiqué de presse de Chevron, datant d’hier à 14 heures, annonçant la suspension de ses travaux sur le site, la police anti-émeute roumaine a terrorisé la population de Pungesti durant la nuit, comme en témoignent des personnes présentes sur place.

« La terreur s’est installée à Pungesti et dans toute la Roumanie avec les opérations de Fracking de Chevron. C’est une véritable guerre que Chevron a déclaré au peuple roumain, soutenu par le gouvernement de notre pays qui recourt à la police anti-émeute, branche lourde et brutale de la police militarisée.

Dans un pays où les droits de propriété sont manifestement violés, la liberté d’expression bafouée, le droit à la libre circulation entravé, nous avons désespérément besoin de la solidarité internationale !

Hier, le 7 décembre, nous avons connu un jour de guerre, peu médiatisé ni débattu dans les médias roumains, ce qui n’est pas une surprise.

Dans un premier temps, les gens qui s’étaient réunis à Pungesti pour envoyer un message fort à Chevron et au gouvernement roumain, qui a tout fait pour imposer le projet de fracturation hydraulique de Chevron, ont fait tomber en l’arrachant la clôture entourant le terrain - où Chevron a commencé à ériger sa première plate-forme sur le territoire roumain de manière abusive et malgré la forte opposition locale. Vingt personnes ont été arrêtées, d’autres blessées dans les échauffourées qui ont suivi ces arrestations, en particulier lors de tentatives de libération des personnes arrêtées sans ménagement.

Voir :

https://www.youtube.com/watch?v=-Qnznd_5hiw#t=178

Le camp a été entièrement évacué et détruit par la police anti-émeute pour cause d’insalubrité ! Ils ont accusé les gens de possession d’armes blanches (ce qui est totalement faux) et de matériaux inflammables. Or dans le camp, il n’y avait que du gaz pour la génératrice d’énergie.

La police a attendu que la nuit tombe pour envoyer ses troupes dans les maisons du village à la recherche d’hôtes (pas de réels activistes, souvent de simples citoyens venus par solidarité en soutien aux habitants de ce Pungsti), ils ont tabassé ces gens dans leur propre cour, sont entrés dans leurs maisons et ont fait payer des amendes à ceux qui accueillaient des personnes étrangères au village, pendant que tout le monde se cachait apeuré dans les maisons, lumières éteintes et chuchotant dans l’obscurité.

Auparavant, en fin de journée, les policiers anti-émeute ont prétexté sans preuves que les manifestants avaient jeté des pierres sur un de leurs camions pour intervenir brutalement : ils sont arrivé au magasin local où les personnes expulsées du camp s’étaient réunies, et ont emmené et battu violemment certains des dirigeants du mouvement politique et environnemental qui voit le jour en ce moment en Roumanie, arrivés depuis peu. L’appareil photo de l’un d’eux a été cassé. Onze personnes ont été arrêtées. Des dossiers pénaux seront ouverts pour beaucoup d’entre eux, et ils sont condamnés à 29 jours d’incarcération, comme s’il s’agissait de vrais criminels, contrairement à ce qui s’est passé jusqu’à maintenant. Les dirigeants du camp ont clairement été ciblés.

Dans le même temps, à Bucarest, des centaines de personnes envahissaient les rues en solidarité avec Pungesti. Elles ont tout de suite été condamnées par la police anti-émeute à payer une amende, et les forces de l’ordre ont essayé de dégager les manifestants de là en utilisant la violence. Toute protestation est donc muselée, quel que soit le type de protestation, toute résistance de la population roumaine brutalement réprimée.

Nous soulignons qu’il ne s’agit pas d’une situation locale, que le pays tout entier soutient Pungesti ! Ce que la dictature roumaine veut faire à Pungesti, c’est obtenir une vitrine de la répression, permettant, par l’exemple, d’ouvrir la voie à d’autres projets dans tout le pays.

Le camp de Pungesti doit résister et il résistera. Aidez-nous et soutenez cette résistance. Faites savoir au monde que les Roumains s’opposent à la fracturation hydraulique et qu’ils souhaitent que leur exemple inspire chacun à faire de même.

Aujourd’hui 8 décembre, de vastes protestations sont prévues en Roumanie. Une répression massive par la police anti-émeute est prévue pour empêcher nos protestations. Ce sera ainsi cette fois encore, mais la situation s’aggrave et le désespoir de ne plus parvenir à nous bâillonner s’installe.

La guerre se poursuit et nous avons besoin d’aide sur place pour affronter cette situation désespérée.

De fait, la situation à Pungesti n’est pas prête de toucher au dénouement : après le communiqué de presse de Chevron, annonçant samedi 7 décembre sa décision de suspendre ses activités à Pungesti, on apprend le 8 décembre, selon une information parue sur le site roumain Realitatea.net que Chevron reprenait ses travaux en utilisant des technologies conventionnelles.

"Notre priorité est de mener des activités de manière sécurisée et respectueuse de l’environnement. Nous respectons le droit des individus à exprimer leurs points de vue, mais nous pensons qu’ils doit être exercé dans les limites de la loi », a déclaré la compagnie. Les clôtures que les manifestants avait fait tomber sur le sol samedi ont été réinstallées. Des témoins annoncent que les opposants ont décidé d’organiser une autre manifestation dans un village voisin de Pungesti, Armăşoaia. Les gendarmes bloquent toujours l’accès à la terre actuellement louée par Chevron.

Les opposants à ce projet qui cristallise le ras-le-bol des citoyens roumains, considèrent cette dernière déclaration de l’entreprise américaine comme une réelle déclaration de guerre.


Complément d’info : Dépêche (en anglais) de l’agence Reuters, datant du samedi 7.


Pour soutenir les habitants de Pungesti, pétition en
ligne ici
.


Source : Courriel à Reporterre, traduction Françoise Lienhard.

Photo : Ecomagazin.ro

Lire aussi : Gaz de schiste : en Roumanie, le village de Pungesti sous étroite surveillance policière.


Pour une information libre sur l’écologie, soutenez Reporterre :

 

 

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