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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 15:40

 

 

Source : cadtm.org

 

Espagne

Obstination aveugle de la Troïka pour la croissance... des inégalités

4 février par Jérome Duval

 

 


Dans la foulée de sa cinquième mission en Espagne, entre le 2 et le 13 décembre 2013, la Troïka – Commission européenne (CE), Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI) – a applaudit le chemin parcouru jusqu’au sauvetage bancaire alors qu’elle continue à réclamer au gouvernement espagnol qu’il poursuive dans la même direction de l’austérité mortifère pour la population.

Concrètement, elle a demandé au gouvernement qu’il approfondisse la réforme du travail en flexibilisant encore plus le contrat à temps partiel, qu’il élimine le mal nommé « déficit de tarif » de l’électricité en le transférant en dette publique à long terme pour tous pendant que les consommateurs continuent à voir leurs factures augmenter, qu’il aborde la réforme fiscale en taxant de façon régressive la majorité de la population qui a le moins, etc. |1| Peu importe que cela fasse vaciller la démocratie et plombe les droits humains, l’Espagne, quatrième économie de la zone euro, est sortie au troisième trimestre 2013 d’une récession de deux ans, avec une petite mais sacrée croissance de +0,1% par rapport au trimestre antérieur. En dépit du fait que celle-ci ne se répartira pas de manière équitable et que la grande majorité de la population n’en profitera pas, c’est bien ce qui compte pour la Troïka et le gouvernement. Il faut signaler que le fonds de sauvetage (MES) et la Commission européenne maintiendront leur vigilance jusqu’à ce qu’ils aient récupéré les montants prêtés pour le sauvetage bancaire |2|- duquel l’Espagne a utilisé 41,3 milliards d’euros - ce qui est prévu pour 2027. |3|

 

Plus de coupes et de contre-réformes

Alors que le gouvernement soumis traitait ces contre réformes, le 16 décembre 2013, le FMI maintenait la pression et rappelait à l’Espagne qu’il « est crucial de maintenir le rythme des réformes ». De son côté, la Commission européenne avertissait : « les efforts pour appliquer les mesures convenues doivent continuer comme prévu » |4|. Ces « réformes » doivent être entendues comme des politiques néolibérales ultra conservatrices qui portent gravement atteinte au modèle d’État providence et des droits sociaux conquis. Peu importe que ce parcours impulsé par la Troïka débouche sur une crise humanitaire sans précédent avec plus de deux millions d’enfants (2 267 000 en 2012) sous le seuil de pauvreté |5|, et quasiment deux millions de personnes survivant sans percevoir aucune sorte d’allocation. Ce qui intéresse, ce sont les indicateurs économiques comme la sacro-sainte croissance qui devrait soit disant bénéficier à tout le monde. Il est tout à fait raisonnable de maintenir nos doutes à ce sujet.

Avec ces mesures, la Troïka enseigne au gouvernement espagnol comment augmenter ses recettes ou dépenser moins afin de continuer à payer religieusement la dette, qu’elle soit illégitime, illégale ou non. La Troïka, une fois de plus, se trompe de direction. Au lieu de sauver les banques privées avec l’argent public, flexibiliser les contrats de travail pour baisser les salaires et faciliter les licenciements, taxer plus les espagnols quel que soient leurs revenus avec la TVA, la Troïka devrait, entre autres pistes, chercher du côté de l’évasion fiscale. Selon les données du coordinateur en Catalogne du syndicat Gestha (le syndicat des Techniciens du Ministère de l’Économie et des Finances) Miguel Ángel Mayo |6|, celle-ci ferait perdre près de 89 milliards d’euros par an à l’État. La fraude fiscale, qui en Espagne, est estimée aux alentour de 23 à 25% du PIB, est due à 72% aux grandes entreprises (33 des 35 entreprises de l’Ibex 35 ont des fonds dans les paradis fiscaux) et aux grandes fortunes qui, profitant d’un système judiciaire avantageux en termes fiscaux, sont très peu ou pas du tout imposés dans le pays |7|.

Il y a toujours des politiciens avisés pour voir la lumière au bout du tunnel (serait-ce la sortie tant espérée ou bien le train qui nous arrive dessus ?) et pour encourager les gens avec la croissance capitaliste, quelque soient les conséquences sociales et environnementales. Selon la pensée unique, il n’y a pas d’autre alternatives possibles au capitalisme dévastateur en cours : « ...les recettes de la Troïka en Europe, et auparavant celles du FMI en Asie et en Amérique latine, sont adéquates pour revenir sur un chemin soutenable » affirmait en décembre 2013 Klaus Regling, ex économiste du FMI et actuel directeur du Mécanisme européen de Stabilité (MES) |8|.

Malgré le fait que l’éventail de recommandations des institutions financières (OCDE, FMI, CE, BM, etc.) appliquées de par le monde n’améliorent pas la situation, que les politiques d’austérité mises en place par le FMI échouent depuis des décennies au Sud et que de plus en plus de voix s’élèvent contre lui, le Fonds poursuit maintenant sa route dévastatrice aussi au Nord. Contrairement à ce qu’à dit Klaus Regling, ces politiques ne sont pas « adéquates », vu qu’elles sont responsables de graves crises humanitaires en Amérique latine, en Afrique, en Asie et maintenant dans les pays du Sud et de l’Est de l’Europe en commençant par la Grèce, la Roumanie, l’Espagne... À titre d’exemple, selon le récent rapport d’Oxfam, Le piège de l’austérité, le nombre d’européens en situation de pauvreté pourrait augmenter de 15 à 25 millions de personnes supplémentaires d’ici 2025 si les mêmes politiques d’austérité mises en place se poursuivent |9|. L’austérité risquerait ainsi d’enfoncer un Européen sur trois dans la pauvreté. Le commissaire pour les Droits Humains du Conseil de l’Europe affirme dans le rapport Safeguarding human rights in times of economic crisis, publié le 4 décembre 2013, que les mesures d’austérité appliquées en Europe ont eu pour effet de porter atteinte aux droits de l’Homme sur le continent. Le rapport établit que « beaucoup de ces mesures d’austérité – caractérisées par des coupes dans les dépenses publiques, une augmentation des impôts régressifs, la réforme des retraites et une protection du travail réduite – ont empiré les déjà graves conséquences humanitaires de la crise économique... » |10|. Pire : « Après trois années d’austérité, ces mesures n’ont pas atteint leurs objectifs. » |11| De plus, les causes qui ont mené à la récession n’ont pas non plus été corrigées.

Comme pour confirmer ce panorama affligent, trois membres d’une famille d’Alcalá de Guadaíra (Séville) sont morts après s’être nourris de produits périmés, ce qui a conduit, fin 2013, la Fédération des Associations pour la Défense de la Santé publique (FADSP) à dénoncer les coupes budgétaires et la crise comme étant les causes qui condamnent des millions de personnes à vivre dans l’indigence et à s’alimenter de produits périmés, dont l’alimentation est constituée de ce qu’ils trouvent dans les poubelles. |12|

En 2013, un autre rapport de la Fondation Foessa, Desigualdad y Derechos Sociales. Análisis y Perspectivas 2013, a souligné l’approfondissement des inégalités qui existent en Espagne : « Alors que depuis 2006 les revenus de la population avec des revenus les plus bas ont baissé de 5% en termes réels chaque année, la croissance des foyers les plus riches a été la plus importante de toute la population. » |13| Malgré cela le FMI recommande début 2013 de baisser les salaires de 10% en Espagne. Quelle est la légitimité d’une organisation qui demande de réduire les salaires quand sa directrice, Christine Lagarde, s’octroie une augmentation de 11% à son arrivée au FMI et touche maintenant plus de 30 000 euros par mois, tout inclus, sans payer d’impôts ? |14|

Ne suffit-il pas de voir les conséquences des politiques appliquées sous la pression du FMI et de la CE pour ne plus les approuver ?

 

Augmentation simultanée de la pauvreté et de la richesse

L’inégalité fait partie intégrante du capitalisme et pendant que la pauvreté se généralise, la richesse croit. Au niveau mondial, selon la classification annuelle du Bloomberg Billionaires Index |15|, les 300 milliardaires les plus riches du monde sont devenus encore plus riches en 2013, en accroissant leur richesse de 524 milliards de dollars (soit 381 milliards d’euros, c’est à dire plus que la dette grecque qui se situait fin 2013 à 322 milliards d’euros), pour s’établir à 3 700 milliards de dollars, soit plus de trois fois le PIB de l’Espagne (ou l’équivalent du PIB de la France et de l’Espagne réunis) |16|. L’espagnol Amancio Ortega, le troisième homme le plus riche du monde, a vu sa fortune augmenter de 8,9 milliards de dollars en 2013, pour s’établir à 66,4 milliards de dollars. Quand à la liste publiée par Forbes en mars 2013 |17|, elle comptabilise 1 426 milliardaires dans le monde en 2013 (un chiffre record avec 210 nouveaux milliardaires supplémentaires), qui cumulent un patrimoine net total de 5 400 milliards de dollars, 800 milliards de plus qu’en 2012 (quand ils avaient 4 600 milliards de dollars), soit une hausse de 18%. En Espagne, les 100 plus riches de la liste espagnole Forbes totalisaient un patrimoine de 158,2 milliards d’euros et les 10 plus riches 82,8 milliards d’euros. |18|

Selon le rapport Global Wealth Report 2013 |19|, publié le 9 octobre 2013 par Crédit Suisse, la richesse mondiale a augmenté de 68% ces dix dernières années pour atteindre les 241 000 milliards de dollars (178 000 milliards d’euros, soit 178 000 000 000 000 euros) et la centième part de la population la plus riche détient 46% du patrimoine global. Cette ascension fulgurante ne semble pas en rester là, puisque le même rapport prévoit encore une augmentation de la fortune mondiale de 40% jusqu’en 2018 pour atteindre les 334 000 milliards de dollars. En Espagne, d’après le même rapport de Crédit Suisse, le nombre de millionnaires en dollars (ceux qui détiennent plus d’un million de dollars, ou 740 000 euros) s’est accru de 13,2% pour atteindre les 402 000 personnes courant 2013. En l’espace d’un an, il y a ainsi 47 000 millionnaires en plus en Espagne.

De l’autre côté de la barrière, le revenu de 18 500 euros que les résidents espagnols ont perçu en moyenne en 2012, est inférieur en terme de pouvoir d’achat à celui qui prévalait en 2001. Depuis 2007, le revenu moyen a chuté de 4%, alors que, dans le même temps, les prix ont augmenté de 10% |20|. En 2012, selon les révélations du huitième rapport d’Observation de la Réalité Sociale réalisé par Caritas Espagne, 3 millions de personnes, soit l’équivalent de 6,4% de la population espagnole, survivent dans l’extrême pauvreté, c’est à dire avec moins de 307 euros par mois. Cela représente le double de celles et ceux qui étaient dans cette situation au début de la crise en 2008. Le nombre de personnes pris en charge par les services d’accueil et d’aide d’urgence de Caritas sont passées de 350 000 en 2007 à 1 million 300 000 en 2012 |21|. Le nombre de foyers dont tous les membres actifs sont au chômage a été multiplié par quatre en cinq ans et est passé de 380 000 en 2006 (2,6%) à plus de 1,9 million en 2013 (11%) |22|.

Alors Monsieur Klaus Regling, Messieurs les créanciers du FMI, de la CE et de la BCE, les mesures que vous imposez en Espagne en échange d’un sauvetage bancaire que nous mettrons des années à vous retourner, sont-elles « adéquates » ?

 

Traduction : Virginie de Romanet & Jérôme Duval

Notes

|1| “Tras los progresos realizados en 2013, debe mantenerse el impulso para finalizar las reformas actuales y previstas —entre ellas, la adopción de la ley de servicios y colegios profesionales, las reformas de la Administración Pública, el mayor fortalecimiento de las políticas sobre el mercado de trabajo, la eliminación del déficit de tarifa eléctrico y la próxima revisión del sistema tributario— y para asegurar la aplicación efectiva de todas las reformas.” Déclaration de la CE et de la BCE après la conclusion du cinquième examen du Programme d’Assistance Financière a l’Espagne, MEMO/13/1153, 16/12/2013. http://europa.eu/rapid/press-releas...

|2| 100% pour le MES et jusqu’à 75% du prêt pour la Commission européenne.

|3| El rescate bancario, del cual España ha utilizado 41.300 millones de euros de los 100.000 millones propuestos por el Eurogrupo para reestructurar la banca, se cerraría oficialmente el 23 de enero de 2014 aunque el Estado español deberá seguir reembolsando el MEDE hasta 2027. “El préstamo europeo tiene un tipo de interés del 0,5%, una carencia de 10 años y un plazo de devolución de hasta 15 años.” La troika publicará este lunes su última evaluación sobre la banca española antes del fin del rescate, Europa Press, 16/12/2013. http://www.expansion.com/agencia/eu...

|4| “Respetar completamente los objetivos de reducción de déficit acordados —con el fin de invertir el alza de la deuda pública— y completar el programa de reformas siguen siendo imperativos para volver a colocar a la economía en la senda del crecimiento sostenible”, le pidió la Comisión Europea a España. Piden a España que mantenga el rumbo de las reformas, 16 de diciembre de 2013. www.estrategiaynegocios.net/...

|5| Chiffres 2012 du rapport Muchos anuncios pocos avances, Save The Children, novembre 2012.

|6| Miguel Ángel Mayo, coordinador en Catalunya del sindicato de Técnicos del Ministerio de Economía y Hacienda (Gestha), El fraude fiscal en España, 02.05.2012 : “Los diferentes estudios elaborados sobre la materia coinciden en estimar una cifra de fraude fiscal en torno al 23% del PIB, lo cual supone que cerca de 89 000 millones de euros dejan de ingresarse anualmente. O dicho de otra manera, que uno de cada cuatro euros se escapan del control fiscal. Aún más preocupante es que nuestras cifras de fraude se sitúen diez puntos por encima de la media de nuestros países vecinos de la Unión Europea.” Piden a España que mantenga el rumbo de las reformas, Miguel Ángel Mayo, 02/05/2012.

|7| Raison por laquelle nous appelons aussi les paradis fiscaux des paradis judiciaires.

|8| “Las recetas de la troika son las adecuadas”, Klaus Regling, El País, 14 décembre 2013. http://economia.elpais.com/economia...

|9| Rapport Oxfam, ’La trampa de la austeridad’, 2013. http://www.oxfam.org/sites/www.oxfa... En français : http://www.oxfam.org/fr/policy/pieg...

|10| Rapport : La protección de los derechos humanos en tiempos de crisis económica (Safeguarding human rights in times of economic crisis), Consejo de Europa, novembre 2013, page 6. Disponible en anglais : https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=... et en castillan : https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?Ref...

|11| Ibid, page 11.

|12| La crisis obliga a "millones de personas" a alimentarse de la basura, según la Fadsp, 16/12/2013.
http://www.servimedia.es/Noticias/D...

|13| Fondation Foessa, ’Desigualdad y Derechos Sociales. Análisis y Perspectivas 2013′, page 7. http://www.foessa.es/publicaciones_...

|14| Le salaire de Christine Lagarde atteint 323 000 euros par ans (467 940 dollars), plus un supplément pour frais de représentation de 58 000 euros (83 760 dollars par ans), le tout sans payer d’impôts grâce à son statut de fonctionnaire internationale. Son salaire est habituellement ajusté à l’inflation des États-Unis en juillet à Washington où se trouve le siège du FMI.

|15| Today’s Ranking of the world’s richest people, Bloomberg Billionaires Index 2014. http://www.bloomberg.com/billionair...

|16| La fortune des milliardaires s’est accrue de plus de 500 milliards de dollars en 2013, Pierrick Fay, Les Echos, 02/01/2014. http://www.lesechos.fr/entreprises-...

|17| http://www.forbes.com/billionaires/list/ et http://www.forbes.com/sites/luisakr...

|18| Estos son los más ricos de España, Enrique Utrera, 30 octobre 2013. http://www.forbesmagazine.es/actual...

|19| Global Wealth Report 2013, Crédit Suisse. https://www.credit-suisse.com/ch/fr...

|20| María José Esteso Poves, “La austeridad ha puesto a España en el mismo camino que Grecia”, Diagonal Periódico, 02/10/2013. https://www.diagonalperiodico.net/g...

|21| Caritas, VIII Informe del Observatorio de la Realidad Social pages 7 - 8. http://www.caritas.es/publicaciones... et rapport Memoria 2012, http://www.caritas.es/memoria2012/p...

|22| Encuesta de Población Activa, EPA.

 

 

Source : cadtm.org

 

 

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 23:03

 

UNION SYNDICALE

SOLIDAIRES

 

144 boulevard de La Villette 75019 Paris

Téléphone : (33) 1 58 39 30 20 Télécopie : (33) 1 43 67 62 14

contact@solidaires.org - www.solidaires.org

 

 

 

 

Révolte et exaspération populaire à Burgos et dans toute Espagne  


L'aménagement d’une rue de Burgos dans le nord de l’Espagne, a mobilisé, vendredi 17 janvier et pendant le week-end qui a suivi, des milliers d’habitant-es pour protester contre des dépenses jugées superflues en temps de crise. Leurs rassemblements émaillés d’incidents ont offert une image pour le moins insolite dans cette ville réputée tranquille et conservatrice. 


La Mairie de Burgos prévoyait d’investir huit millions d’euros dans l’aménagement de la rue Vitoria, l’une des deux principales artères du quartier ouvrier de Gamonal. Un coût exorbitant qui choqua l'opinion publique et notamment les Comités de quartier, très actifs, et ce d'autant que l'Espagne continue à payer le prix d'une crise aiguë (avec un taux de chômage dépassant les 26%). 


Autre élément qui justifia la colère de la population : le constructeur, propriétaire du journal local, El Diario de Burgos, est un homme d'affaire "connu" qui dans le passé a été condamné pour corruption pour d'anciens projets immobiliers négociés avec la Mairie de la ville. 


En écho à la mobilisation à Burgos, ce week-end des rassemblements et manifestations de soutien ont eu lieu dans plusieurs villes d'Espagne. A Barcelone, Valence et surtout à Saragosse en Aragon, ils ont donné lieu à des affrontements violents avec la Police. Dans cette dernière ville, 8 personnes ont été arrêté-es. Un véritable état de siège avait été établi par la Police locale autour du quartier la Magdalena, dans le centre de la ville. Des contrôles systématiques étaient imposés aux passant-es. Ce qui n'était pas neutre, aux dires de la secrétaire de la CGT aragonaise, Nieves : "Toute personne contrôlée sans papier est passible d'une amende de 300 euros!"


Pour Nieves, cette colère à Burgos et ailleurs en Espagne est le fruit d'une "exaspération généralisée de la population espagnole lassée de la misère, de la précarité et de la corruption éhontée des politicien-ne-s lié-es aux magnats de l'immobilier". 

 

A Burgos, la mobilisation a imposé l'arrêt des travaux dans le quartier de Gamonal. D'autres étincelles et soulèvements populaires sont à prévoir dans les semaines et mois à venir. 

 

L’Union syndicale Solidaires apporte son soutien absolu à ces révoltes légitimes et demande l'annulation des poursuites à l'égard des personnes arrêtées. 

 

Une vidéo sur la révolte est disponible sur : 

http://cgt.org.es/recursos/audio-visuales/video-gamonal-la-lucha-es-el-unico-camino


Solidarité internationale !

 

 

 

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 18:49

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Libertés

En Espagne, au-delà de l’avortement, des lois de plus en plus liberticides

Astrid Menasanch Tobieson

mardi 21 janvier 2014

 

 

 

Sous couvert de l’inattaquable excuse de la sécurité, le gouvernement de Mariano Rajoy considère préventivement le manifestant comme dangereux. Il est ainsi automatiquement regardé comme une menace à la loi grâce au nouveau projet législatif de « Sécurité citoyenne » adopté par le conseil des ministres le 29 novembre dernier.

 


 

Metteur en scène et dramaturge, Astrid Menasanch Tobieson travaille entre la Suède et l’Espagne. Elle est membre du groupe de théâtre Sta ! Gerillan. La lettre ci-dessous était initialement adressée aux journalistes suédois et a été publiée le 19 décembre. Avec l’autorisation de l’auteure, la traductrice a pu la retranscrire en français.

Mathilde Rambourg (Rue89)

La lettre d’Astrid Menasanch Tobieson

Bouleversée, je vous écris sous le coup de l’indignation. L’Espagne, dans peu de temps, empruntera le chemin qui mène d’une démocratie ouverte à ce qui risque de devenir une démocratie fasciste et autoritaire.

Je vous écris après les événements qui se sont produits dans le quartier de Kärrtorp à Stockholm (où un groupe néonazi ultraviolent a attaqué une manifestation antirasciste il y a quelques jours).

Je vous écris à propos de qui se trame en Espagne. Je crois en tout cas que la Suède et l’Espagne se ressemblent en un point : l’avancée du fascisme devant l’indifférence de la société. Le 19 novembre, le gouvernement espagnol a approuvé un projet de loi dont le but est d’en finir avec les manifestations et les contestations au régime actuel. La méthode est classique : instaurer le silence grâce à la répression.

Je vous demande maintenant de l’aide, je vous demande d’informer. Le samedi 14 décembre à Madrid s’est déroulé une des 6 000 manifestations qui se sont organisées cette année en Espagne. Je le répète : une des 6 000.

Ces dernières années, le réseau de protection sociale a été ébranlé : privatisation des théâtres, tentatives de privatiser les hôpitaux, droit du travail ébranlé et transformé depuis sa base, licenciements innombrables, familles chassées de leur domicile, éducation civique suspendue dans les écoles, etc. Et afin de clore une longue liste, le vendredi 20 décembre, le gouvernement a approuvé la réforme du droit à l’avortement.

Ce que l’on a désigné comme une crise économique est, depuis le début, avant tout une crise démocratique. La couverture médiatique en Suède et en France sur la situation en Espagne a été très faible, et son analyse d’un point de vue social, inexistante.

La manifestation qui s’est tenue au pied du Congrès de Madrid le samedi 14 décembre, avait pour but de protester contre une nouvelle proposition de loi : la « ley de Seguridad Ciudadana », loi de Sécurité citoyenne.

Un groupe Facebook : 30 000 euros

Cette loi, qui contient 55 articles et punit autant d’actes différents, prévoit des amendes pour le manifestant, allant de 100 à 600 000 euros. Les infractions ?

• Pour commencer, toutes les manifestations non-déclarées et prenant place devant le Congrès ou autre édifice appartenant à l’Etat – comme celle qui s’est déroulée samedi 14 à Madrid – seront interdites et la sanction ira jusqu’à 30 000 euros par participant. Cela sera le cas lorsque plusieurs personnes seront considérées comme un groupe.

• L’interdiction des manifestations non-déclarées s’appliquera également aux réseaux sociaux. Se rassembler en tant que groupe sur Internet, autour d’une opinion, sera sanctionné de 30 000 euros. Créer un groupe, sur les réseaux sociaux ou dans un lieu public, autour de symboles ou de drapeaux, sera interdit : 30 000 euros d’amende.

• Si dans une manifestation, un citoyen manifeste avec...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 


Source : www.reporterre.net

 

 

 


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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 16:45

 

Source : www.air-journal.fr

 

Espagne : une trentaine d’aéroports en sursis

 

 

aj_aeroport transports

Selon la presse ibérique, l’Espagne songerait à fermer, au moins partiellement, environ 30 aéroports sur les 47 que gère l’exploitant aéroportuaire public AENA, car ils accueillent aujourd’hui trop peu de passagers pour être rentables.

Face à la crise économique, l’Espagne pourrait repenser sa couverture aéroportuaire. En effet, nombre de ses aéroports enregistrent un fort déficit. Certains restent ouverts et emploient toujours du personnel, alors même qu’ils ne proposent plus aucun vol.

Afin de réduire les coûts, le ministère espagnol de l’Industrie envisage désormais de maintenir une trentaine d’aéroports fermés une partie de l’année. Parmi les plates-formes concernées, la presse ibérique cite le cas de Badajoz, près de la frontière portugaise, dont le dernier vol remonte à janvier. L’aéroport d’Huesca, au nord, pourrait subir le même sort. Seulement 2.781 passagers y sont passés l’année dernièrement, essentiellement en hiver.

Quant aux deux principaux aéroports du pays, Madrid – Barajas et Barcelone – El Prat, ils cumulent à eux deux une dette de près de 8.000 millions d’euros, selon un rapport de la FEDEA (Fondation pour les études économiques appliquées). En 2011, l’Espagne avait envisagé de les privatiser, mais avec la crise économique, ce projet est remis à plus tard.

 

Source : www.air-journal.fr

 

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 22:59

 

Source : www.lemonde.fr

 

Espagne : des milliers de manifestants contre un projet immobilier coûteux

Le Monde.fr avec AFP | 16.01.2014 à 01h54 • Mis à jour le 16.01.2014 à 01h57

 
 

 

Des manifestants retirent des barrières autour d'un chantier pour protester contre des travaux sur la rue Victoria à Burgos, le 13 janvier.

 

Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes d'Espagne mercredi 15 janvier, pour soutenir des habitants de Burgos qui dénoncent depuis plusieurs jours un projet jugé inutile et coûteux en temps de crise.

Cette poussée de mécontentement a débuté vendredi par un rassemblement qui a dégénéré en incidents et heurts entre manifestants et forces de l'ordre à Burgos, ville réputée tranquille du nord du pays. Mercredi, pour le sixième jour consécutif, des milliers de manifestants ont exigé le retrait définitif d'un projet d'aménagement d'une grande artère du quartier de Gamonal, et la remise en liberté de trois jeunes placés en détention provisoire.

Cette fois, la manifestation a eu lieu dans le calme. Le maire de Burgos Javier Lacalle a pour l'heure annoncé la suspension des travaux. Le coût du projet est estimé à 8 millions d'euros, alors que les habitants de Burgos sont frappés, comme le reste du pays, par la crise précipitée par l'explosion de la bulle immobilière en 2008, un chômage record de quasi 26 % et les coupes budgétaires.

Lire (en édition abonnés) : L'Espagne n’en a pas encore fini avec l’austérité

 

 HEURTS À MADRID

A Valladolid, ils étaient environ un millier à manifester sous le slogan « Solidarité avec Gamonal », exigeant la remise en liberté des personnes en détention provisoire. A Madrid, environ 500 personnes, dont des jeunes portant cagoules et capuches, ont défilé dans le centre de la capitale.

Arrivés non loin du siège du Parti populaire (droite au pouvoir), la police anti-émeute a établi un barrage et a chargé à coups de matraque les manifestants, dont certains avaient lancé des projectiles contre les forces de l'ordre. La police anti-émeute a ensuite poursuivi des groupes de jeunes dans plusieurs rues du centre-ville où des manifestants ont incendié des poubelles et détruit du mobilier urbain. Onze personnes ont été interpellées et dix autres ont été blessées, dont cinq policiers et cinq manifestants, selon la police.

Les manifestants réclament le financement de services publics comme des crèches ou dans la santé plutôt que de nouveaux projets immobiliers. Le maire socialiste de Ségovie, Pedro Arahuetes, a aussi dénoncé mercredi un projet voulu par la présidence du PP de Castille-La Manche, de construction d'un palais des Congrès à Ségovie. Il s'est interrogé sur la nécessité de passer par la violence, comme à Burgos, pour que les opposants au projet soient entendus.

 

 

Source : www.lemonde.fr

 


 

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 17:31

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

11/01/2014 à 10h44

Près de 70% des Espagnols contre la loi sur l’avortement. Rajoy va plier ?

Blandine Grosjean | Rédactrice en chef Rue89

 

 


Manifestation d’anti-IVG devant une clinique madrilène fin décembre (Andres Kudacki/AP/SIPA)

 

Plus de 68% des Espagnols sont opposés à la disposition majeure de la réforme de la loi sur l’avortement que le gouvernement conservateur veut faire adopter : l’impossibilité pour les femmes d’interrompre leur grossesse en cas de malformation du fœtus.

Le projet de loi validé par le conseil des ministres le 20 décembre prévoit en effet de limiter le recours à l’avortement à deux cas : le viol (avec dépôt de plainte) et en cas de danger grave pour la santé physique et psychique de la mère, constaté par deux médecins.

 

Non68
Oui27
NSP4

 

 

Le sondage réalisé pour le quotidien El Diario montre que les électeurs du Parti populaire de Mariano Rajoy sont divisés, à l’instar de plusieurs de leurs dirigeants qui prennent leurs distances avec cette réforme.

Sans surprise, la députée Celia Villlobos, connue pour ses positions progressistes au sein d’un parti tenu par le courant réactionnaire, a réclamé la liberté de vote, ce qui lui a été refusée. Plus embêtant pour le parti au pouvoir, le président de la communauté autonome d’Estrémadure, José Antonio Monago, a affirmé que « personne ne pouvait obliger une femme à devenir mère ».

Le président de la Gallice, Alberto Nunez Feijçoo, la déléguée du gouvernement à Madrid Cristina Cifuentes et le secrétaire général des jeunesses populaires ont également exprimé leur opposition.

« La loi doit aider ceux qui, pour des raisons de grave malformation ou risque pour la santé de la mère, se voient dans l’obligation de prendre cette difficile décision », s’est risquée la maire de Zamora, Rosa Vladon, par ailleurs membre de la direction nationale du PP.

L’auteur de la réforme, le ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon, avait déclaré que lui garderait son enfant même s’il avait des malformations graves : « Il n’y a pas de fœtus de première ou deuxième catégorie. »

Une loi idéologique qui irrite les barons du PP

Selon El Pais, les barons du PP font pression sur le gouvernement pour qu’il assouplisse son texte et revienne, au moins, au consensus de la loi adoptée il y a vingt-cinq ans par le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez, qui entretenait un flou artistique sur les « risques encourus par la mère », permettant de facto l’interruption de grossesse en cas de malformation.

Pour les analystes, la volonté politique d’abroger la dernière réforme du gouvernement Zapatero et le désir de donner des gages à l’Eglise poussent le Parti Populaire dans ce combat idéologique, déconnecté des aspirations de la population.

Marta Pazos Pérez, professeur de droit à l’université de Salamanque, interrogée par El Diario, estime qu’il « il n’y avait aucune demande sociale ou d’arguments juridiques pour changer la loi. La seule raison de cette réforme est qu’elle figurait dans le programme électoral du PP ».

Pour ce gouvernement, qui est en passe de faire passer des lois liberticides dans une relative apathie et parvient à imposer des mesures d’austérité violentes, cette loi sur l’avortement pourrait provoquer un mouvement social plus rude. Jeudi, Mariano Rajoy a demandé à son ministre de la Justice d’écouter les voix dissidentes des barons du parti.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 16:09

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Tribune 10/01/2014 à 13h15

Brisons le silence sur ce qui se passe en Espagne

Astrid Menasanch Tobieson, dramaturge

 

 

Tribune

Sous couvert de l’inattaquable excuse de la sécurité, le gouvernement de Mariano Rajoy considère préventivement le manifestant comme dangereux. Il est ainsi automatiquement regardé comme une menace à la loi grâce au nouveau projet législatif de « Sécurité citoyenne » adopté par le conseil des ministres le 29 novembre dernier.

 


Des policiers arrêtent des manifestants lors d’un défilé contre la réforme du droit à l’avortement, le 20 décembre 2013 à Madrid (Andres Kudacki/AP/SIPA)

 

Metteur en scène et dramaturge, Astrid Menasanch Tobieson travaille entre la Suède et l’Espagne. Elle est membre du groupe de théâtre Sta ! Gerillan. La lettre ci-dessous était initialement adressée aux journalistes suédois et a été publiée le 19 décembre. Avec l’autorisation de l’auteure, la traductrice a pu la retranscrire en français.

Mathilde Rambourg

La lettre d’Astrid Menasanch Tobieson

Bouleversée, je vous écris sous le coup de l’indignation. L’Espagne, dans peu de temps, empruntera le chemin qui mène d’une démocratie ouverte à ce qui risque de devenir une démocratie fasciste et autoritaire.

Je vous écris après les événements qui se sont produits dans le quartier de Kärrtorp à Stockholm (où un groupe néonazi ultraviolent a attaqué une manifestation antirasciste il y a quelques jours).

Je vous écris à propos de qui se trame en Espagne. Je crois en tout cas que la Suède et l’Espagne se ressemblent en un point : l’avancée du fascisme devant l’indifférence de la société. Le 19 novembre, le gouvernement espagnol a approuvé un projet de loi dont le but est d’en finir avec les manifestations et les contestations au régime actuel. La méthode est classique : instaurer le silence grâce à la répression.

Avortement non, sécurité citoyenne oui ?

Le 29 novembre dernier, le Conseil des ministres du gouvernement conservateur espagnol a approuvé le projet de loi « Sécurité citoyenne » qui réforme le code pénal. Le texte, qui réduit les droits et libertés civiles (mais pas celle de faire l’apologie du franquisme) est unanimement rejeté par les mouvements sociaux, les syndicats, l’opposition, les organisations professionnelles comme celles des juges pour la démocratie, l’association unifiée des gardes civils ou la fédération des journalistes d’Espagne.

 

Alors que le Parti socialiste espagnol a demandé à ses alliés européens de se mobiliser contre le projet de loi réduisant les droits d’accès des femmes à l’avortement, certains se demandent pourquoi il n’a pas entrepris la même démarche sur la loi « Sécurité citoyenne ». Blandine Grosjean

 

 

Je vous demande maintenant de l’aide, je vous demande d’informer. Le samedi 14 décembre à Madrid s’est déroulé une des 6 000 manifestations qui se sont organisées cette année en Espagne. Je le répète : une des 6 000.

Ces dernières années, le réseau de protection sociale a été ébranlé : privatisation des théâtres, tentatives de privatiser les hôpitaux, droit du travail ébranlé et transformé depuis sa base, licenciements innombrables, familles chassées de leur domicile, éducation civique suspendue dans les écoles, etc. Et afin de clore une longue liste, le vendredi 20 décembre, le gouvernement a approuvé la réforme du droit à l’avortement.

Ce que l’on a désigné comme une crise économique est, depuis le début, avant tout une crise démocratique. La couverture médiatique en Suède et en France sur la situation en Espagne a été très faible, et son analyse d’un point de vue social, inexistante.

La manifestation qui s’est tenue au pied du Congrès de Madrid le samedi 14 décembre, avait pour but de protester contre une nouvelle proposition de loi : la « ley de Seguridad Ciudadana », loi de Sécurité citoyenne.

Un groupe Facebook : 30 000 euros

Cette loi, qui contient 55 articles et punit autant d’actes différents, prévoit des amendes pour le manifestant, allant de 100 à 600 000 euros. Les infractions ?

  • Pour commencer, toutes les manifestations non-déclarées et prenant place devant le Congrès ou autre édifice appartenant à l’Etat – comme celle qui s’est déroulée samedi 14 à Madrid – seront interdites et la sanction ira jusqu’à 30 000 euros par participant. Cela sera le cas lorsque plusieurs personnes seront considérées comme un groupe.
  • L’interdiction des manifestations non-déclarées s’appliquera également aux réseaux sociaux. Se rassembler en tant que groupe sur Internet, autour d’une opinion, sera sanctionné de 30 000 euros. Créer un groupe, sur les réseaux sociaux ou dans un lieu public, autour de symboles ou de drapeaux, sera interdit : 30 000 euros d’amende.
  • Si dans une manifestation, un citoyen manifeste avec une capuche ou avec le visage couvert : 30 000 euros d’amende.

Capture d’écran du Huffington Post espagnol qui montre huit photos prises en 2013, qui ne pourront être diffusées en 2014 (Huffingtonpost.es)

  • Refuser de décliner son identité devant un policier : 30 000 euros.
  • Empêcher un policier de remplir sa fonction : 30 000 euros, ce qui, dans la pratique, signifie que les sit-in comme ceux qui initièrent le mouvement du 15-M en Espagne [ « Les Indignés », ndlr], seront strictement interdits.
  • Déshonorer le drapeau espagnol : 30 000 euros [en France, cet acte est passible de 1 500 euros d’amende, ndlr].
  • Réaliser un dessin satirique, prenant pour sujet, par exemple, un politique, sera interdit.
  • Utiliser des pancartes critiquant la nation espagnole : 30 000 euros.
  • Filmer ou photographier un policier en service : 30 000 euros.
Note de la traductrice

Les dénonciations faites par des policiers bénéficient de la présomption de véracité. Par conséquent, c’est celui qui fait l’objet de l’accusation qui devra démontrer la non-véracité de ce qui est avancé par les agents. Le système d’accusation fonctionnait ainsi également sous la dictature franquiste.

 

Selon l’écrivain Javier Marias, c’est une négation de la justice : cela revient à condamner directement l’accusé car il sera incapable de démontrer qu’il n’a pas pas commis l’acte dont on l’accuse puisque l’on part de la base que si, il l’a fait. Il sera d’autant plus difficile à l’accusé d’apporter des preuves à cause de la loi qui interdit de photographier ou de filmer des agents de l’ordre.

Et la liste n’est pas exhaustive. Dans tous les cas, le témoignage d’un policier ou d’un agent de sécurité sera suffisant pour infliger une amende au citoyen.

D’aucuns peuvent par conséquent se demander : l’Espagne fait-elle face à un mouvement de manifestations violentes ? Eh bien non. Le chef de la police Ignacio Casido a déclaré que ces 6 000 manifestations sont jusqu’à ce jour le mouvement le plus pacifique de l’histoire de l’Espagne.

Il n’y a pas si longtemps, l’Espagne était encore une dictature. Il n’y a pas si longtemps non plus que la guerre civile a eu lieu. Tous les débats sont politiques. Informer d’un événement est un acte politique. Ne pas le faire est un acte politique. Le silence est, au plus haut point, un acte politique. Le choix de garder le silence se fige dans la mémoire des générations. Cette loi néofasciste qui va être votée n’est pas sans lien avec la montée des fascismes en Europe. Cela nous concerne tous.

Je m’adresse à tous les journalistes, aux éditorialistes en France. Vous qui détenez l’espace médiatique. Je vous demande sincèrement de briser le silence vis-à-vis du régime qui est en train de s’imposer en Espagne.

Je vous demande de commencer à informer. Je vous demande de soutenir la liberté d’expression avec vos articles et vos apports au débat, je vous demande d’y apporter des analyses rigoureuses et profondes. Informez ! Informez sur tout !

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 19:13

 

Source : www.liberation.fr

 

Naissance en Espagne du Parti X, issu de la mouvance des Indignés

AFP 8 octobre 2013 à 22:22

 

Des manifestants se rassemblent sur la Puerta Del Sol, à Madrid,, pour marquer l'anniversaire du mouvement des Indignés, le 12 mai 2012.

Des manifestants se rassemblent sur la Puerta Del Sol, à Madrid,, pour marquer l'anniversaire du mouvement des Indignés, le 12 mai 2012. (Photo Andrea Comas. Reuters)

 

Le mouvement dénonce «une classe politique corrompue et incapable» de sortir de la crise.

Une mouvement citoyen, le Parti X, a été lancé mardi en Espagne, avec des ex-membres du mouvement des Indignés, né en 2011, et dénonçant, comme lui, «une classe politique corrompue et incapable» de sortir de la crise. «La majeure partie des personnes du réseau citoyen Parti X, bien que pas toutes, nous nous sentons du 15M», le mouvement des Indignés lancé le 15 mai 2011, explique le parti sur son site internet.

Comme pour les Indignés, ce parti fonctionne avec des personnes qui «travaillent» sur des tâches précises et ne dispose d’aucun organe dirigeant ou de listes en vue des prochaines échéances électorales. «Nous n’avons pas de liste fermée comme les autres partis», a expliqué à l’AFP une porte-parole, le nouveau parti se voyant plus comme «un groupe de pression». Quant au programme, «nous proposons un plan d’urgence de sortie de crise. Nous pensons que c’est le moment d’une réponse citoyenne et que les conditions sont réunies», a affirmé l’une des intervenantes, lors de la présentation du nouveau parti.

Le projet de programme affiché sur le site est d’ailleurs ouvert aux amendements des citoyens, ont souligné les intervenants. «Nous voulons que les coupables de la crise soient jugés et un plan d’action pour les citoyens (un Nuremberg financier et un plan Marshall adapté au 21è siècle)», affirme le parti sur son site internet.

Le mouvement citoyen des Indignés, qui avait campé pendant un mois sur la place centrale de la Puerta del Sol à Madrid, était devenu le symbole d’un ras-le-bol de la classe dirigeante qui avait surpris un pays où, malgré la crise, le mécontentement s’était jusque-là peu exprimé. Mais il avait ensuite perdu en visibilité, ses membres refusant souvent de fournir leur nom et de désigner des listes de dirigeants comme les autres partis politiques dont ils dénonçaient le fonctionnement opaque et corrompu.

«Depuis le début, l’une des demandes récurrentes était de "montrer des visages". Aujourd’hui, nous commençons à le faire avec les premiers noms de la commission anticorruption», affirme le Parti X. Parmi eux, figure notamment le Français Hervé Falciani, ex-informaticien de la banque HSBC Genève qui a divulgué en 2008 des fichiers bancaires permettant de découvrir des milliers d’évadés fiscaux dans le monde et ayant mené au redressement fiscal de fraudeurs français.

AFP

Source : www.liberation.fr


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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 20:46

 

 

Source : mediapart.fr

Le gouvernement espagnol veut limiter le droit à l'avortement

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Le projet de loi du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy limite l'avortement aux situations de viols et de mise en danger de la vie de la mère. La gauche et les associations féministes dénoncent un « retour en arrière de 30 ans ».

Le gouvernement conservateur espagnol a adopté vendredi 20 décembre un projet de loi qui restreint considérablement le droit à l'avortement, en dépit de l'opposition de la gauche et des associations féministes qui dénoncent un « retour en arrière de 30 ans »

Cette promesse de campagne en 2011 de Mariano Rajoy, qui doit encore être adoptée au Parlement où les conservateurs détiennent la majorité, restreint l'avortement à deux situations spécifiques. L'avortement ne sera appliqué qu'en cas de graves dangers pour la vie, la santé physique ou psychologique de la mère, et dans celui d'une grossesse consécutive à un viol. Le projet conservateur prévoit également la réduction du délai d'avortement de 22 à 14 semaines en cas de malformation du fœtus.

A l'annonce de l'adoption du projet de loi, plusieurs députés de gauche ont signé le manifeste d'un collectif de 200 associations de femmes qui militent pour la protection de ce droit depuis 1985. Un total de 118 359 IVG ont été enregistrées en Espagne en 2011, après 113 031 en 2010. La quasi-totalité des pays d'Europe autorise l'avortement.

 

 

 

 

Source : mediapart.fr
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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 15:59

 

 

Source : bastamag.net

 

Eurovegas : le méga-projet de « Las Vegas espagnol » définitivement abandonné

par Sophie Chapelle 17 décembre 2013

 

 

 

C’est la mort d’un projet pharaonique : douze hôtels de 3000 chambres chacun, incluant casinos ou terrains de golf, à Madrid. Le groupe américain Las Vegas Sands a annoncé le 13 décembre qu’il renonçait à investir plus de 30 milliards de dollars dans ce projet controversé baptisé « Eurovegas ». Le directeur de Las Vegas Sands, Sheldon Adelson, 16e fortune mondiale, avait promis la création de 164 000 emplois directs et 97 000 indirects. La panacée pour un pays plombé par 26 % de chômage ! Mais en échange de la création de milliers d’emplois, le magnat étasunien exigeait la révision du droit du travail, de la protection sociale, et la remise en cause de la loi de prévention sur le blanchiment d’argent… (lire notre enquête).

Alors que la pose de la première pierre était prévue fin 2013, de nouvelles exigences du groupe américain ont achevé d’enterrer le projet. Des représentants du gouvernement ont évoqué « de nouvelles conditions […] de nature fiscale, de restrictions à l’entrée de nouveaux opérateurs sur le marché et de blindage juridique de son investissement ». Ni le gouvernement espagnol, ni la Commission européenne n’ont acceptées ces conditions. 

La mobilisation de la plateforme Eurovegas No a également été décisive. En publiant de nombreux rapports sur les impacts économiques et environnementaux du méga projet, elle « a contribué à ouvrir les yeux de la société » et à « arrêter un projet insensé », souligne la fédération Ecologistas en Acción. Mais leur slogan « Ni ici, ni ailleurs » demeure d’actualité. La compagnie Las Vegas Sands affirme désormais chercher des « opportunités en Asie ».

 

 

 

 

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