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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 22:34

 

Source : http://www.laviedesidees.fr

 

 

Espagne : de l’indignation à l’organisation

par Jeanne Moisand , le 20 mars
 
 

 

Le mouvement espagnol Podemos émane-t-il vraiment des Indignés ? Construit en tension sur deux modèles de démocratie (participative et plébiscitaire), Podemos dépend de la confluence d’une multitude de mouvements participatifs locaux et de leurs succès électoraux au cours des mois qui viennent.

 

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Focalisées sur le personnage de Pablo Iglesias, les analyses du mouvement espagnol Podemos dénoncent souvent son « populisme » [1]. La success story de Podemos tient indubitablement aux capacités médiatiques de son leader, qui revendique de fait un populisme positif imprégné de références sud-américaines. Mais ce succès doit aussi être replacé dans son propre contexte : celui de l’intense mobilisation sociale qui a suivi le mouvement des Indignés en Espagne. Cristallisée autour de « marées sociales », cette mobilisation s’est ensuite institutionnalisée sous la forme d’une multitude de processus participatifs à des échelles diverses : celle des quartiers où ont continué à se réunir les assemblées indignées et où sont apparues de nouvelles formes d’activisme local ; celle des municipalités et celle des régions où s’élaborent des listes participatives pour les prochaines élections, basées sur des assemblées locales intégrées pour certaines – mais pas toutes – à Podemos ; et enfin, l’échelle étatique. Cette effervescence politique ne peut être résumée au succès individuel de Pablo Iglesias, et ce dernier pourra plus difficilement maintenir sa position dans les sondages (au coude à coude avec le PP et le PSOE) en cas de recul des mobilisations sur le terrain : les élections municipales et la plupart des régionales auront lieu entre fin mars et mai prochain (en septembre pour les élections très sensibles du parlement catalan) et seront autant de tests avant les législatives de décembre.

 

Cet essai a pour objectif d’analyser le moment politique actuel en Espagne en s’interrogeant sur le lien entre Podemos et les autres processus politiques participatifs qui se sont constitués dans le sillage des Indignés. Comprendre la nature de ce lien implique de revenir sur le développement de ces mobilisations entre 2011 et 2015, et de s’interroger sur la permanence et la transformation de leurs acteurs, de leur langage et de leur répertoire d’action à chaque étape. J’analyserai pour cela le surgissement des « marées sociales » (des mouvements de défense des droits sociaux qui ont pris leur essor après les Indignés) puis le développement de la PAH (une association regroupant les victimes des expulsions de logement). On verra ensuite comment l’activisme de quartier, régénéré par ces mouvements et par les assemblées indignées, s’est lancé à la conquête des institutions municipales en formant des candidatures « de confluence ». Le détour par le cas catalan permettra de comprendre quels problèmes pose l’articulation des différents mouvements participatifs à l’échelle étatique. Seront enfin abordées les tensions internes à l’organisation de Podemos, moins vite résolues qu’on ne le pense, entre démocratie plébiscitaire et participative.

 

Des Indignés aux « marées » sociales

Les Indignés ont fini par quitter les places qu’ils avaient occupées en mai 2011, mais leur discours et leurs pratiques ont continué à être portés par leurs assemblées de quartier et par plusieurs « marées » sociales. La politique de Mariano Rajoy a conforté la critique indignée des partis gouvernementaux : se conformant aux consignes de la Troïka, ce dernier a drastiquement réduit les dépenses publiques (de 13 milliards d’euros pour la santé et l’éducation depuis 2011) en s’appuyant sur la réforme expresse de l’article 135 de la constitution (réputée intouchable sur toute autre question) à laquelle avait procédé Zapatero en 2011 [2]. Cette cure d’austérité n’a pas eu d’effet positif sur l’emploi (tout au contraire, puisque le taux de chômage est passé de 21,52% à 23,67% entre 2011 et 2014, même s’il a légèrement diminué entre 2013 et 2014). Les annonces actuelles d’un début de reprise font difficilement oublier la pauvreté massive qui touche près d’un quart de la population selon différentes ONG [3]. 51,8% des actifs de moins de 25 ans sont au chômage [4] : les jeunes espagnols ont repris les routes de l’émigration de leurs grands-parents et doivent accepter des mini-jobs mal payés en Allemagne ou en Amérique latine [5]. Alors que tous les indicateurs sociaux tournaient au rouge, les scandales de corruption n’ont pas cessé de faire les unes de la presse, la crise de régime se traduisant par des fuites d’information en cascade. Ces scandales ont atteint la famille royale, les plus hauts postes des principaux partis, mais aussi l’administration régionale de base dont le quotidien a été fait pendant des années de concessions véreuses de marchés publics. 1700 instructions pour corruption étaient en cours en 2014, tandis qu’une étude évaluait le coût social de ces pratiques à 40 milliards d’euros [6].

 

Dans un tel contexte, les slogans des Indignés ont gagné en actualité : obtenir une démocratie réelle (« Democracia real ya ») en dénonçant les apories du système représentatif (« No nos représentan ») et les mécanismes qui ont provoqué la crise (« Esto no es nuestra crisis »). Différentes « marées citoyennes » ont relayé ces demandes en les appliquant à des luttes sectorielles bien précises. Défendant la santé publique, le système éducatif ou les personnes expulsées de leur logement, elles ont fini par confluer en mars 2014 en une impressionnante manifestation d’un million de personnes à Madrid [7], lors de laquelle chacun de ces mouvements d’anonymes défilait sous sa couleur : blanc pour la santé, vert ou jaune selon les régions pour l’éducation et pour le logement, bleu pour la défense de l’eau comme ressource publique, violet pour les « émigrés forcés », etc. Les Yayoflautas (les « papis joueurs de flûte ») portaient quant à eux comme d’habitude leur gilet jaune fluorescent. Menacés par la baisse de leur retraite, ces militants du troisième âge précarisé ont retourné le cliché lancé par Esperanza Aguirre, la Présidente conservatrice de la Communauté de Madrid, selon lequel les Indignés se réduisaient à quelques jeunes excités « perroflautas » (punks à chien) [8]. Témoignant au contraire par leur présence de la dimension « inter-âges » des marées sociales, les yayoflautas ont réactivé pour beaucoup d’entre eux les souvenirs des luttes anti-franquistes tout en reprenant à leur compte l’humour du 15M [9]. Ils ont utilisé conjointement d’anciens répertoires d’action (grève ou manifestation) et des pratiques nouvelles de happening politique rodées par les mouvements altermondialistes [10].

 

 

Le scratch est devenu en peu de temps l’une des pratiques les plus caractéristiques des marées sociales. Il consiste à dénoncer visuellement les personnes ou les entités jugées responsables d’une atteinte au bien commun en collant par exemple des étiquettes ou une affiche accusatrices sur un édifice. Importé d’Argentine, il y avait été inventé pendant les années 1990 pour dénoncer les personnes liées à la dictature et non jugées, et s’y était étendu pendant la crise des années 2000 [11]. Il a servi en Espagne à dénoncer les entités publiques à l’origine des choix d’austérité, ou les banques sauvées par des aides publiques qui continuent à expulser des familles de leur logement.

 

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L’exemple le plus emblématique de l’ample soutien social obtenu par ces mouvements est probablement celui de la « marée blanche » de Madrid. Des milliers de médecins, infirmières et personnels de toutes catégories s’y sont mobilisés contre le programme de privatisation des hôpitaux régionaux. Soutenus y compris par des électeurs potentiels du PP, ils ont récolté 1,47 millions de signatures en faveur de leur modèle de santé publique [12], poussant le gouvernement régional à retirer une grande partie de son projet. Forts de leurs connaissances spécialisées, les professionnels du secteur ont démontré non seulement l’absence de bénéfice du plan de privatisation pour les citoyens, mais même la perte sèche qu’il représentait en termes de qualité sanitaire et de finances publiques. À l’inverse, la marée blanche a exposé au grand jour l’incompétence du personnel politique en charge de la santé publique, notamment celle de la ministre Ana Mato qui a dû démissionner après son imputation dans l’énorme trame de corruption Gürtel [13]. Mais les marées sociales ne sont pas restées cantonnées aux catégories lettrées et à la défense des services publics.

 

Droit au logement et municipalisme

Les atteintes au droit du travail, centrales dans les réformes menées par le PP depuis 2011, ont elles aussi été au cœur des revendications, même si la mise en retrait des syndicats majoritaires n’a pas toujours facilité la tâche. Certains mouvements de protestation contre des fermetures d’usine ont pris une allure spectaculaire, comme la grève des « 300 spartiates » d’une usine coca-cola qui campent depuis un an sur le site pour empêcher sa fermeture [14]. C’est cependant sur le terrain du logement et des expulsions, plus que sur celui du travail, que les marées sociales sont parvenues à mobiliser le plus.

 

Crise du logement et expulsions en Espagne

Des centaines de milliers d’individus et de familles ont été expulsés de leur logement en Espagne depuis 2008 [15]. Avant la crise, alors que l’État encourageait activement l’achat par les particuliers de leur résidence principale, des prêts irresponsables furent consentis par les banques : ils exposaient les emprunteurs à des taux variables très risqués et à des clauses abusives (les personnes expulsées devant continuer à payer leur dette). Après l’explosion de la bulle immobilière, une aide publique fut débloquée pour sauver les banques espagnoles de la faillite : leur dette privée fut alors convertie en dette publique, portant l’endettement de l’État à près de 100% du PIB malgré les coupes budgétaires drastiques. L’effort ainsi imposé aux contribuables pour sauver les banques ne fut compensé par aucune contrepartie pour protéger leurs usagers. Les expulsions ont donc augmenté au même rythme que le chômage et la pauvreté, sans discrimination aucune des groupes expulsés (les enfants et les personnes âgées, souvent garantes des prêts pour ces dernières, sont également concernés), de la saison, ou d’aucune autre considération humanitaire. Lorsqu’elles parviennent à s’exprimer publiquement, les victimes de ces expulsions évoquent à la fois leur honte et leur sensation de mort sociale. Des centaines de suicides liés à ces situations ont été enregistrés chaque année depuis le début de la crise [16].

 

 

C’est dans ce contexte dramatique que s’est constituée la « Plateforme des Affectés par les Hypothèques ». Née en Catalogne, la PAH a essaimé sur tout le territoire espagnol (on compte aujourd’hui 200 PAH locales) [17]. Elle joue depuis lors tous les rôles que l’aide sociale déficiente n’assume pas, accueillant les personnes menacées d’expulsion et leur fournissant une aide juridique. Elle les implique surtout dans la contestation collective – faite de blocages d’expulsion et de scratchs –, et les fait passer du statut de victime à celui d’activiste. La PAH a aussi contribué à réactiver l’activisme de quartier, ce qu’on appelle en Espagne le « mouvement vecinal (des habitants/quartiers) ». À la fin du franquisme, ce dernier s’était structuré autour d’associations locales (asociaciones de vecinos) pour revendiquer logements et services urbains, mais s’était peu à peu démobilisé après la Transition [18]. La PAH s’est aussi inspirée d’expériences plus récentes, comme celle de l’association « V de Vivienda » (V de victoire-logement) qui dénonçait les risques de bulle immobilière dans les années 2000. C’est dans les rangs de cette association que s’est formée Ada Colau, la fondatrice de la PAH devenue la figure la plus connue des marées sociales. Grâce au soutien massif de la société espagnole (évalué à 80% d’opinions favorables envers la PAH en 2013, alors que seuls 11% des Espagnols avaient confiance dans leur gouvernement [19]), elle a pu regrouper 1,4 million de signatures en faveur d’une Initiative Législative Populaire (ILP) qui proposait trois réformes : un moratoire sur le paiement des hypothèques, la donation des logements à l’organisme prêteur contre l’extinction de la dette (« dación en pago »), le relogement en habitat social. Suite à cette action, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé le 14 mars 2013 que la loi espagnole relative aux prêts hypothécaires était contraire au droit de l’Union [20]. Une nouvelle loi hypothécaire votée par le PP en mai 2013 tenait à peine compte des demandes formulées par la ILP. Le 17 juillet 2014, la Cour a jugé qu’elle continuait à violer les droits humains fondamentaux [21], ce qui n’a pas empêché le nombre d’expulsions d’augmenter depuis lors [22].

 

Face à cette résistance des pouvoirs publics, le besoin de traduire politiquement l’action des marées sociales est devenu plus urgent. Refusant d’intégrer un parti ou un syndicat classique comme on l’y invitait, Ada Colau a lancé en juin 2014 le mouvement « Guanyem Barcelona » (Gagnons Barcelone), une « plateforme de confluence » fondée en vue des élections municipales de mai 2015, se fixant pour objectif de convertir les institutions locales à la démocratie participative. Cette « confluence », un mot récurrent dans le vocabulaire politique espagnol actuel, désigne la rupture des clivages partisans anciens par le rassemblement de citoyens souhaitant participer davantage à la vie politique, d’activistes locaux et de partis politiques critiques. De nombreux secteurs ont apporté leur soutien à l’initiative (récemment renommée Barcelona en comúø à cause d’un problème juridique sur le nom guanyem), parmi lesquels on retrouve des activistes des marées sociales et de la PAH, des associations de quartier ainsi que certains partis politiques (comme Podemos, les verts d’ICV ou le « Processus constituant » dont je parlerai par la suite). Le mouvement s’est organisé en commissions par quartier et par thème, selon un schéma fidèle à la tradition des Indignés.

 

 

Guanyem a rapidement fait des émules dans le reste de l’Espagne, avec la création de listes comme Guanyem Valencia, Ganemos Madrid (Gagnons Madrid) ou Ganemos Jérez, et ainsi d’une infinité d’autres villes. Ces nouvelles candidatures « de confluence » n’ont pas été sans poser problème : la gauche institutionnelle a cherché à s’y recomposer sans toujours respecter l’esprit et les pratiques de ce municipalisme d’assemblées ouvertes, ce qui a provoqué de nombreuses tensions (par exemple dans la région de Murcie ou à Malaga) [23]. Malgré ces difficultés, l’espoir éveillé par ce nouveau municipalisme est au moins aussi important que celui suscité par Podemos : alors que les élections du 24 mai 2015 s’approchent, certains partisans du radicalisme municipal rappellent que le changement de régime en 1931 fut provoqué par la victoire des républicains aux municipales.

 

Souverainisme, nationalisme et populisme

L’appel d’Ada Colau à la confluence des mouvements citoyens a revêtu une dimension particulière en Catalogne, où la question de l’indépendance oriente les revendications souverainistes vers des objectifs a priori différents. L’affirmation de la souveraineté catalane contient en fait deux revendications différentes : celle du « droit à décider » (c’est-à-dire le droit des Catalans à définir leur lien à l’État et à l’exprimer à travers un référendum) et celle du droit à accéder à une république catalane indépendante. Alors que 80% des Catalans aspirent à s’exprimer sur l’indépendance, ils seraient autour de 50% à dire oui si ce référendum avait lieu. Le plus large consensus concerne donc le « droit à décider » [24]. Les coupes imposées en 2010 par le Tribunal constitutionnel espagnol à l’Estatut, un texte négocié pendant des années avec le gouvernement Zapatero et adopté à la majorité absolue par les députés catalans, n’y sont pas étrangères. Cette sentence, émanant d’une institution peu autonome par rapport aux partis au pouvoir à Madrid, a été dénoncée par de larges secteurs de la société catalane comme une attaque à leurs droits démocratiques fondamentaux.

 

Liée à la crise, l’affirmation actuelle de la souveraineté catalane revêt aussi une dimension économique dont les nuances varient infiniment d’un secteur à un autre. Pour les secteurs du catalanisme actuellement au pouvoir (les conservateurs de CiU et le parti historique de l’indépendantisme, ERC), la Catalogne aurait été entraînée dans la crise économique par une Espagne à la dérive, par son modèle fiscal centraliste et par son capitalisme archaïque, digne des caciques corrompus au pouvoir à Madrid (même si la corruption de CiU, et notamment du patriarche Jordi Pujol, s’avère en fait à la hauteur de celle des partis espagnols). Face à cela, il faudrait (selon CiU [25]) renforcer l’autonomie fiscale de la Catalogne, voire (selon ERC) accéder à l’indépendance pour libérer l’esprit d’entreprise national des entraves de l’État espagnol et sortir de la crise. À cette interprétation libérale et dominante de la souveraineté économique catalane s’oppose une vision minoritaire beaucoup plus critique du modèle économique actuel. Elle est défendue au parlement catalan par la CUP (Candidatura Unitaria Popular), un jeune parti anticapitaliste et indépendantiste à l’origine des premières consultations sur l’indépendance dans les municipalités catalanes et fondé sur un modèle d’activisme local.

 

On retrouve ces oppositions entre les deux mouvements catalanistes basés sur des processus participatifs : l’ « Assemblée Nationale Catalane », forte de 40 000 membres et d’autant de sympathisants (80 000 au total selon son site), et le « Processus Constituant » qui revendique 47 000 adhérents. Le premier mouvement, structuré autour d’assemblées territoriales et sectorielles, reprend l’interprétation libérale de la souveraineté économique catalane. Refusant toute politisation, il ne contredit pas l’agenda politique des partis au pouvoir. Le « processus constituant » paraît en revanche beaucoup plus proche des Indignés. Lancé en avril 2013, il défend une conception très large du « droit à décider », le faisant porter sur tout ce qui a trait à l’organisation politique, économique et sociale. L’économiste Arcadi Oliveres, l’un de ses co-fondateurs formé dans les mouvements catholiques antifranquistes, critique très sévèrement les formes fiscales du nationalisme catalan : les fortes inégalités sociales en Catalogne tiendraient selon lui avant tout au modèle mis en place par les élites catalanes depuis la Transition et non à la relation avec l’Espagne. Il est épaulé par la sœur Teresa Forcades, docteure en théologie et en médecine, religieuse bénédictine du monastère de Montserrat devenue populaire en postant sur youtube une vidéo dans laquelle elle dénonçait les lobbys pharmaceutiques à l’œuvre lors de la campagne de vaccination contre la grippe A. Depuis, elle expose régulièrement sa « critique éthique du capitalisme » ou sa « théologie féministe » sur les plateaux de télévision [26]. Le « processus constituant » catalan s’appuie sur la convocation d’assemblées locales et sur l’activisme de quartier, tout en appelant à la confluence des gauches contre les coupes budgétaires tant à échelle catalane qu’espagnole. Si des divergences profondes existent entre ce type de souverainisme catalan et celui du catalanisme conservateur, une autre division s’affirme actuellement entre les aspirations du Procès constituent et celles d’un parti comme la CUP, qui refuse quant à lui de « confluer » avec Barcelona en comú (la liste participative municipale) et avec Podemos au nom de leur supposé « espagnolisme ».

 

 

La « confluence » entre les mouvements participatifs d’échelle locale, régionale et étatique constitue un défi important pour le mouvement Podemos. Prenant acte de la centralité du problème catalan, Pablo Iglesias s’est déclaré favorable au référendum sur l’indépendance catalane (une première pour un parti susceptible de gouverner en Espagne) tout en avouant préférer le « non » à titre individuel. Les sondages attestent pour le moment de la popularité de Podemos en Catalogne : on lui attribue entre 20 et 22% des intentions de vote des électeurs catalans aux élections législatives espagnoles (ce qui le place comme première force politique catalane à cet échelon) et 14% pour les élections au parlement catalan [27]. La stratégie discursive de Pablo Iglesias et de ses proches risque cependant de conforter les accusations d’« espagnolisme » de la CUP et d’approfondir le clivage de la gauche catalane autour de la question nationale. L’équipe dirigeante de Podemos assume en effet tout un vocabulaire patriote et populiste en empruntant ses références à l’œuvre du philosophe argentin Ernest Laclau [28]. Le populisme consiste selon eux à rompre les clivages traditionnels droite-gauche pour générer un nouvel espace de référence politique, et pour déjouer ainsi la position à laquelle les partis de gouvernement assignent Podemos : celle d’une gauche anti-système dangereuse, vouée à ressusciter les divisions de la guerre civile et à rompre les consensus économiques européens. La ressource symbolique majeure pour parvenir à ces déplacements consiste à désigner un ennemi commun (« la caste », dans laquelle confluent élites politiques et élites économiques) et à doter « le peuple », voire « la patrie », d’un nouveau contenu social. Le mot « patrie », jusque-là tabou pour les gauches espagnoles, est ainsi devenu depuis quelques mois omniprésent dans le langage d’Iglesias. Il pense le détourner de sa signification traditionnelle en le liant à la défense des droits sociaux, et en affichant en même temps son soutien au référendum catalan ou à une nationalité ouverte aux étrangers vivant en Espagne. Ces références, efficaces pour convaincre à la fois certains anciens électeurs du PP (le parti populaire au pouvoir) et du PSOE (parti socialiste), donnent cependant de nouveaux motifs à ceux qui, issus des Indignés ou des gauches périphériques, dénoncent non seulement l’ « espagnolisme » mais aussi l’autoritarisme des leaders de Podemos.

 

Podemos entre démocratie participative et plébiscitaire

Le vocabulaire patriote était omniprésent dans le discours d’Iglesias le 31 janvier dernier à Madrid, lors d’une grande manifestation de soutien à Podemos à laquelle 200 000 personnes auraient participé. Organisée juste après la victoire de Syriza aux élections grecques, cette manifestation avait principalement pour objectif de conforter l’image médiatique d’une rupture politique en marche dans plusieurs pays du Sud de l’Europe. De nombreux représentants des marées sociales et des nouvelles candidatures municipalistes étaient invités et présents, comme Ada Colau (de la PAH et de Barcelona en comú), afin d’incarner leur « confluence » avec Podemos. Pourquoi, malgré les références populistes et la stratégie charismatique d’Iglesias, ces mouvements soutiennent-ils cette confluence ?

Né en janvier 2014, le mouvement Podemos s’est abreuvé selon le philosophe Juan Domingo Sánchez Estop à trois sources différentes : les Indignés, le parti politique Izquierda Anticapitalista (IA) proche du NPA français mais marqué par son passage par les Indignés, et la Tuerka – une chaîne de télévision privée animée par des universitaires de la Complutense de Madrid (dont est issu Pablo Iglesias) – [29]. La filiation indignée se repère au fonctionnement par assemblées locales (les « cercles Podemos »), peuplées d’anciens participants aux assemblées indignées et aux marées sociales. Sur décision de l’équipe dirigeante cependant, la participation réelle à ces cercles a été rendue équivalente, en termes de votes, à celle des « amis » virtuels de Podemos sur internet (352 800 à ce jour). Cette décision a court-circuité le pouvoir des cercles locaux et permis au modèle plébiscitaire d’organisation de Podemos, présenté par Iglesias aux élections internes de novembre 2014, de l’emporter contre une motion beaucoup plus démocratique menée par Pablo Echenique. Fort de ce succès, Pablo Iglesias a pu réviser le programme présenté aux Européennes et isoler les militants d’IA en interdisant la double appartenance militante (ce en quoi Podemos s’oppose au fonctionnement de Syriza comme coalition de partis). À rebours de la méfiance des assemblées envers les experts, il a alors confié le programme économique du mouvement aux économistes Juan Torres et Vicenç Navarro, qui ont présenté un projet de mesures néo-keynésiennes [30]. Bien préparé aux affrontements des plateaux télévisés par ses émissions sur la chaîne La Tuerka, Iglesias a enfin parié sur ses succès médiatiques pour continuer à gagner des points dans les sondages.

 

Ce modèle de démocratie plébiscitaire reste cependant en lutte dans l’organisation de Podemos avec le modèle plus participatif, dont les défenseurs sont loin d’avoir abandonné le navire. Les primaires du parti pour les prochaines élections régionales (convoquées entre fin mars et septembre 2015) l’ont manifesté récemment, avec la victoire de nombreux partisans de la motion démocratique défaite en novembre : Pablo Echenique, le leader de cette motion, a été élu secrétaire général de Podemos en Aragon avec 75% des voix ; Teresa Rodríguez, militante d’IA et autre tête visible de ce Podemos mis en minorité en novembre, a accédé au même poste pour l’Andalousie, une région décisive car il s’agit du bastion du PSOE ; en Navarre, Laura Pérez Ruano a elle aussi été élue sur une liste soutenue par Echenique ; à Madrid, le candidat soutenu par Iglesias a certes gagné, mais avec le score très serré de 49,8% des voix contre 44,4% pour son adversaire, dont tout une partie de la liste accède au « conseil citoyen » de la région. Parmi ces nouveaux « conseillers » de Podemos-Madrid, on compte des gens comme Carmen San José, une médecin très investie dans la marée blanche qui atteste par sa présence des continuités entre les mobilisations sociales des dernières années et le parti en cours de constitution [31]. Les victoires des tendances les plus fidèles à l’esprit initial des Indignés ont eu lieu lors de votes assez techniques : ces primaires régionales impliquaient soit de voter pour une liste en bloc, soit de débloquer la liste (comme c’est arrivé dans les votes madrilènes) et de choisir soi-même ses candidats entre plusieurs dizaines d’anonymes porteurs de projets précis pour leur région. En novembre dernier, le vote qui avait permis à la motion d’Iglesias de l’emporter haut la main était beaucoup plus simple : les électeurs devaient choisir entre deux motions opposées en bloc dont l’une était menée par Iglesias. L’alternance entre voie plébiscitaire et voie participative pourrait se mettre durablement en place dans les élections internes à Podemos, selon le type de consultation plus ou moins technique à laquelle sont appelés les adhérents au mouvement.

 

Une proche de Pablo Iglesias a récemment différencié un « Podemos qui gagne » d’un « Podemos qui proteste », une opposition très critiquée par ceux des adhérents au mouvement qui entendent continuer à protester tout en gagnant [32]. Comme l’ont manifesté les dernières élections internes à Podemos, ces derniers ne se réduisent pas à une minorité passive servant de caution « indignée » à Iglesias. Pour comprendre l’originalité de ce mouvement, il paraît nécessaire de prendre acte de cette tension persistante entre plusieurs pratiques et langages politiques : ceux d’une équipe dirigeante occupée par sa stratégie médiatique, et ceux des cercles locaux de démocratie participative dont le langage emprunte peu au lexique patriote et aux formes plébiscitaires. S’il faut reconnaître aux premiers leur contribution à l’ouverture inédite d’une fenêtre de possibles dans la politique espagnole et européenne, les seconds promettent semble-t-il une transformation plus profonde de la vie politique. Chevilles ouvrières des candidatures Podemos aux prochaines régionales, les activistes locaux sont aussi à l’initiative d’une multitude de listes participatives pour les municipales de mai 2015, hors de ce mouvement pour la plupart mais héritées comme lui des assemblées de quartier indignées et des marées sociales. L’originalité du panorama politique actuel en Espagne repose sur cette mobilisation continue et multiforme de démocrates radicaux, qui comme leurs ancêtres de la fin du XVIIIe siècle et du XIXe siècle défendent avant tout le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Dans le cas de Podemos comme dans celui de Syriza, la critique du système économique européen paraît fondamentale. Par ses pratiques cependant, le mouvement espagnol met plus profondément en cause un modèle de citoyenneté de très basse intensité participative, qui génère partout en Europe des frustrations politiques profondes.

 

par Jeanne Moisand , le 20 mars

 

 

 

 

Notes

[1] Un immense merci à Marc Casanovas pour son aide, ainsi qu’à Bernat Aviñoa, Andreu Coll, Florent Guénard, Marieke Louis et Ariel Suhamy pour leurs critiques et leurs conseils.

[2] http://www.eldiario.es/agendapublica/reforma-constitucional/articulo-Constitucion-excesiva-innecesaria-inconsistente_0_203680224.html

[3] http://www.cuartopoder.es/laespumaylamarea/2014/11/24/la-herencia-de-rajoy/721 et
http://www.lamarea.com/2015/01/22/el-2014-cierra-con-una-tasa-de-paro-del-237/

[4] http://www.datosmacro.com/paro-epa/espana

[5] http://www.lamarea.com/2014/02/27/lara-hernandez-los-emigrantes-ya-tenemos-una-perspectiva-de-retorno-corto-plazo/
En 2012, 120 231 Espagnols vivaient en Allemagne et 206 589 en France, et en 2013 1,2 millions en Amérique dont 200 000 moins de 30 ans, qui choisissent en priorité l’Argentine et le Venezuela : Navarrete Moreno, Lorenzo (dir.), La Emigración de los jóvenes españoles en el contexto de la crisis. Análisis y datos de un fenómeno difícil de cuantificar, Madrid, Observatorio de la Juventud en España, 2014, pp. 39, 48 57. Le témoignage d’une émigrée activiste à Berlin.

[6] http://www.huffingtonpost.es/2014/10/27/corrupcion-casos-espana_n_6055088.html, et http://www.courrierinternational.com/article/2014/11/28/que-faire-de-cette-espagne-rongee-par-la-corruption.

[7] http://www.cuartopoder.es/invitados/2014/12/16/las-marchas-de-la-dignidad-convocan-para-el-22-de-octubre-la-primera-huelga-general-sin-ccoo-ni-ugt/3947

[8] http://www.abc.es/20110814/espana/abci-esperanza-aguirre-entrevista-zapatero-201108132325.html

[9] Romanos, Eduardo, “Humor in the Streets : The Spanish Indignados”, Perspectives on Europe, 2013, 43:2, pp. 15-20.

[10] Eduardo sur 15M

[11] Romanos, Eduardo, “Evictions, Petitions and Escraches : Contentious Housing in Austerity Spain”, Social Movement Studies, 2014, 13:2, p.296-302.

[12] http://vientosur.info/IMG/pdf/VS134_C_San_Jose_J_Cordon_J_Jaen_Marea_Blanca_balance_prespectivas.pdf

[13] http://www.saludadiario.es/opinion/2014-2015-pare-marea-blanca.
http://politica.elpais.com/politica/2014/11/26/actualidad/1417012981_141230.html

[14] http://www.publico.es/economia/300-espartanos-coca-cola.html.
http://www.cuartopoder.es/laespumaylamarea/2015/01/07/solidaridad-con-coca-cola-en-lucha/790

[15] Oxfam évoque deux sources qui recensent pour l’une 600 000 familles concernées, et pour l’autre 350 000 procédures entamées, et 172 000 menées à bout depuis cette date. http://www.oxfamintermon.org/sites/default/files/documentos/files/cs-true-cost-austerity-inequality-spain-120913-es.pdf.

[16] http://www.publico.es/actualidad/relacion-incremento-suicidios-y-crisis.html

[17] http://www.eldiario.es/contrapoder/PAH-ganado_6_231386862.html

[18] http://www.infolibre.es/noticias/politica/2013/04/11/movimiento_vecinal_2264_1012.html

[19] http://politica.elpais.com/politica/2013/03/16/actualidad/1363470095_882443.html. http://politica.elpais.com/politica/2013/04/07/actualidad/1365358645_241274.html

[20] http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/03/15/la-justice-europeenne-conteste-la-loi-espagnole-sur-les-expulsions-immobilieres_1848941_3234.html

[21] http://afectadosporlahipoteca.com/2014/07/24/sentencia-tjue-pah-exige-ilp/

[22] 23 240 procédures d’exécution hypothécaire ont eu lieu au cours du dernier semestre 2014, dont 77% concernaient une résidence principale. http://economia.elpais.com/economia/2014/11/13/actualidad/1415880017_059766.html.

[23] http://www.deseosenelinsomnio.com/wp-content/uploads/2015/01/Epilogo-2-Territorios-en-democracia-Candidaturas-2015-y-Municip-Transfromador-Angel-Calle-2015.pdf

[24] http://www.elplural.com/opinion/la-importancia-del-derecho-a-decidir/. http://cat.elpais.com/cat/2014/12/19/catalunya/1418984873_128596.html

[25] http://www.economiadigital.es/es/notices/2014/11/empresarios_catalanes_de_pymes_se_organizan_contra_la_independencia_62651.php

[26] https://eukleria.wordpress.com/2014/05/03/invitacion-para-la-escuela-queer-de-teologia-no-1/

[27] http://www.elperiodico.com/es/noticias/politica/podemos-primera-fuerza-las-generales-catalunya-3713664 ; http://cat.elpais.com/cat/2014/12/19/catalunya/1418984873_128596.html

[28] Ernesto Laclau, La raison populiste, traduit de l’anglais par Jean-Pierre Ricard, Paris, Seuil, collection « L’ordre philosophique », 2008 ; et son compte rendu sur ce site : http://www.laviedesidees.fr/Vous-avez-dit-populisme.html

[29] http://blogs.publico.es/dominiopublico/11355/podemos-seguir-siendo-anomalos/

[30] http://www.eldiario.es/ultima-llamada/Podemos_6_313278693.htm

[31] http://autonomicas.podemos.info/resultados/ ; http://www.eldiario.es/politica/Alegre-Madrid-Echenique-Aragon-Podemos_0_356614711.html ; http://podemosganarmadrid.info/

[32] http://www.infolibre.es/noticias/politica/2015/01/19/bescansa_hay_podemos_para_ganar_otro_para_protestar_26979_1012.html

 

 

 

Source : http://www.laviedesidees.fr

 

 

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 22:04

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

Espagne: des dizaines de milliers manifestants contre l'austérité

- Publié le 21/03/2015 à 23:22

 

 

 

Manifestation contre l'austérité à Madrid, le 21 mars 2015

Manifestation contre l'austérité à Madrid, le 21 mars 2015 © AFP - Pedro Armestre

 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Madrid lors de "marches pour la dignité" pour dénoncer les effets de l'austérité, à la veille d'élections régionales en Andalousie qui font figure de test face à la vague de mécontentement.

"Pain, travail, toit et dignité", lisait-on sur une grande banderole tenue par des manifestants en tête d'une des marches.

Les manifestants -- quelques dizaines de milliers selon une estimation de l'AFP -- dénonçaient les effets des politiques d'austérité qui ont entraîné des coupes claires en matière d'éducation, de santé publique ou encore d'aides sociales, à hauteur de près de 150 milliards d'euros entre 2012 et 2014.

Ils ont conflué, en provenance de différents points de Madrid, vers la place de Colon dans le centre à 17h00 GMT (18h00), et la manifestation s'est dispersée vers 20H00 GMT dans le calme, hormis quelques petits groupes qui ont vandalisé du mobilier urbain dans le centre historique. Dix-sept personnes ont été interpellées pour des désordres, conteneurs brûlés ou jets de pétards, selon la police qui n'a fait état d'aucun blessé.

Les premières grandes "marches pour la dignité", venant de toute l'Espagne, ont eu lieu le 22 mars 2014 à Madrid.

Ces "neuf colonnes" rassemblent des Espagnols venus de tout le pays, qui a renoué avec la croissance (+1,4% en 2014) après six ans de crise mais reste meurtri, avec un taux de chômage de 23,7% et la moitié des jeunes de 16 à 25 ans sans emploi.

Certains sont arrivés à pied, avoir marché plusieurs jours.

D'autres en bus, comme Antonio Colmenar, venu de Séville, capitale de l'Andalousie (sud), la région la plus peuplée d'Espagne et bastion du Parti socialiste, où des élections régionales anticipées sont organisées dimanche.

"Je suis venu avec la colonne d'Andalousie. Cinq bus, avec 55 personnes. C'est une journée pour revendiquer nos droits", a expliqué ce militant de 41 ans, membre d'une association de lutte contre les expulsions.

"Je vais voter Ciudadanos ou Podemos", a-t-il dit, évoquant les deux partis du centre droit et d'extrême gauche qui menacent le bipartisme en place en Espagne depuis plus de trente ans.

Dans la foule des marcheurs ondoyaient des drapeaux républicains (rouge-jaune-mauve), de l'Andalousie (vert et blanc), de syndicats, de partis de gauche, ou encore du Chili, avec une image du révolutionnaire Che Guevara.

Pilar Garcia Dorado, 54 ans, arborait elle un drapeau républicain et un autocollant de Podemos. "Dans la vie, je lutte et je travaille", a résumé cette commerciale qui vit près de Tolède, ajoutant: "J'espère que le changement va commencer dans ce pays" dirigé par le Parti populaire (droite) depuis fin 2011.

"La lutte continue, coûte que coûte", scandaient les manifestants, avant de dénoncer les "banquiers et propriétaires terriens".

En 2014, la marche s'était achevée par des affrontements entre policiers et manifestants faisant plusieurs dizaines de blessés légers dans les deux camps.

Samedi les forces de l'ordre gardaient en nombre les succursales de grandes banques situées place de Colon.

21/03/2015 23:21:51 - Madrid (AFP) - Par Michaela CANCELA-KIEFFER, Anna CUENCA - © 2015 AFP

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:48

 

Reçue par mail

 

 

 

Salut camarades

 

Pour info, en lien ci dessous, la vidéo que j'ai réalisé et monté avec mon camarade, Mohamed Amami, sur la "Campagne contre la criminalisation du mouvement social espagnol".

 

https://www.youtube.com/watch?v=05yggHr-8YI&feature=youtu.be

 

Merci d'être indulgent, cette vidéo est le résultat d'un travail d'amateur et non d'un pro du montage vidéo.

 

Si vous n'êtes pas branché Streetpunk, mettez le son en bas volume pour les 5 premières minutes. Je vous rassure le reste des apports musicaux de la vidéo est plus consensuel.

 

J'attends vos commentaires critiques. N'hésitez pas c'est par la critique que l'on avance.

 

Jérémie (Solidaires 30)

 

Campagne contre la criminalisation du mouvement social espagnol

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 18:20

 

Source : tempsreel.nouvelobs.com

 

 

La grande "marche pour le changement" de Podemos en Espagne

 

 

espagne

Des dizaines de milliers de personnes proches du parti antilibéral espagnol Podemos, allié de Syriza, ont manifesté samedi 31 janvier dans les rues de Madrid pour démontrer qu'en Espagne aussi la volonté de "changement" n'a jamais été aussi forte.

Publié le 31-01-2015 à 16h15 - Mis à jour à 17h02 par 

 

espagne

Podemos, "Nous pouvons", issu du mouvement des Indignés né à Madrid le 15 mai 2011 pour dénoncer la haute finance, l'austérité et l'establishment jugé corrompu, la "caste", a fait un pari inhabituel : manifester non pas "contre" mais "pour".

Publié le 31-01-2015 à 16h15 - Mis à jour à 17h02 par 

 

espagne 

La grande "marche pour le changement", partie à la mi-journée de la place de Cibeles à Madrid pour relier la Puerta del Sol (photo), dans le centre historique, rassemblait une foule compacte.

Publié le 31-01-2015 à 16h15 - Mis à jour à 17h02 par 

 

espagne

"Si se puede, si se puede" (Oui, c'est possible), scandait la foule. "Tic tac, tic tac, c'est l'heure du changement", lisait-on aussi sur les grands calicots de manifestants débarquant de bus provenant des quatre coins de l'Espagne.

Publié le 31-01-2015 à 16h15 - Mis à jour à 17h02 par 

 

espagne

Le rassemblement intervient à moins d'un an des législatives en Espagne et à quatre mois d'élections régionales partielles et municipales, où des candidats de Podemos ont prévu de se présenter. En photo, son leader Pablo Iglesias

Publié le 31-01-2015 à 16h15 - Mis à jour à 17h02 par 

 

espagne

Le parti, fondé il y a tout juste un an, a créé la surprise dès mai 2014 en obtenant 1,2 million de voix, cinq députés, aux Européennes. L'ascension de Podemos dans les sondages a été fulgurante, dépassant régulièrement le Parti socialiste et parfois même le Parti populaire (droite) au pouvoir, devenant théoriquement la première ou deuxième force politique. A la tribune, Pablo Iglesias lève le bras

Publié le 31-01-2015 à 16h15 - Mis à jour à 17h02 par 

 

Podemos

Podemos a prévu de terminer sa marche à la Puerta del Sol, une place qui, de par sa taille, était déjà pleine à 12h30. Une image, dont il espère qu'elle marquera les Espagnols.

Publié le 31-01-2015 à 16h15 - Mis à jour à 17h02 par 

 

 

 

Source : tempsreel.nouvelobs.com

 

 


 

 

 

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 18:01

 

Source : www.liberation.fr

 


 

Espagne: des dizaines de milliers de partisans de Podemos dans la rue à Madrid

AFP 31 janvier 2015 à 11:02

 

 

Des dizaines de milliers de militants du parti antilibéral Podemos dans les rues de Madrid, le 31 janvier 2015 

 

Des dizaines de milliers de personnes proches du parti antilibéral espagnol Podemos, allié de Syriza, manifestaient samedi dans les rues de Madrid pour démontrer qu’en Espagne aussi la volonté de «changement» n’a jamais été aussi forte.

La grande «marche pour le changement» prévue à partir de 12h00 (11h00 GMT) place de Cibeles à Madrid et qui devait relier la Puerta del Sol, dans le centre historique, rassemblait une foule compacte, sans doute des dizaines de milliers de personnes au démarrage, selon plusieurs journalistes de l’AFP.

«Si se puede, si se puede» (Oui, c’est possible), scandait la foule. «Tic tac, tic tac, c’est l’heure du changement», lisait-on aussi sur les grands calicots de manifestants débarquant de bus provenant des quatre coins de l’Espagne pour participer à la marche.

La marche intervient moins d’une semaine après la victoire dimanche du parti de gauche Syriza, dont les dirigeants ont régulièrement fait campagne aux côtés de ceux de Podemos.

Issus de deux des pays européens ayant vécu le plus durement la crise, avec encore plus d’un cinquième de leur population active au chômage, Podemos et Syriza partagent le même rejet de la «troïka» (Banque centrale et commission européennes, Fonds monétaire international).

Selon eux il faut mettre fin à l’empire de la finance internationale qui oublie l’humain et poser la question d’une restructuration de la dette. «Ce qui s’est passé en Grèce est historique. Tout le monde sait que la suivante, c’est l’Espagne», assure samedi au quotidien en ligne Publico le Français Jean-Luc Mélenchon, dirigeant du Parti de gauche en France, également allié de deux formations et qui devrait participer samedi.

Le rassemblement intervient à moins d’un an des législatives en Espagne et à quatre mois d’élections régionales partielles et municipales, où des candidats de Podemos ont prévu de se présenter. Le parti, fondé il y a tout juste un an, a créé la surprise dès mai 2014 en obtenant 1,2 million de voix, cinq députés, aux Européennes.

Depuis, son ascension dans les sondages a été fulgurante, dépassant régulièrement le Parti socialiste et parfois même le Parti populaire (droite) au pouvoir, devenant théoriquement la première ou deuxième force politique.

C’est d’ailleurs «pour en finir avec le bipartisme», et le «régime pourri» par ces partis après la fin du franquisme, en 1978, qu’Antonio Lopez, un lycéen de 17 ans, a voyagé toute la nuit depuis l’Andalousie (sud), en bus, pour venir manifester.

Une célébration 

Podemos, «Nous pouvons», issu du mouvement des Indignés né à Madrid le 15 mai 2011 pour dénoncer la haute finance, l’austérité et l’establishment jugé corrompu, la «caste», a fait un pari inhabituel: manifester non pas «contre» mais «pour».

«Cette marche doit enlever la peur aux gens. Syriza a ouvert le chemin», confiait un des manifestants, Sergio Dominguez, 33 ans, mécanicien dans l’aéronautique, au chômage depuis trois ans. «Ce n’est pas une manifestation, c’est une fête», a assuré de son côté un des dirigeants du parti, Inigo Errejon.

«Le 31 janvier, nous allons démontrer que tous ensemble nous allons changer l’histoire de notre pays», promet son chef, le très charismatique professeur de sciences politiques Pablo Iglesias, âgé de 36 ans.

«L’enthousiasme et la volonté débordent dans les rues» de Madrid, lisait-on aussi sur le compte Twitter de Podemos, qui, inspiré du «Yes we can» de Barack Obama, a repris aussi ses recettes combinant l’usage intensif des réseaux sociaux, au porte-à-porte et aux réunions de quartier.

Le parti est violemment attaqué par la droite et la gauche traditionnelles espagnoles qui l’accusent de populisme et de mettre en danger la fragile reprise économique (+1,4% en 2014) en promettant «la lune et même le soleil».

Chaque jour les médias proches de l’un ou l’autre camp livrent des révélations ayant pour but de montrer ce qu’ils décrivent comme le vrai visage de ses dirigeants, accusés de cacher leur nature d’extrême gauche, voire d’être financés par le Venezuela.

Podemos a prévu de terminer sa marche à la Puerta del Sol, une place qui, de par sa taille, était déjà pleine à 12h30. Une image, dont il espère qu’elle marquera les Espagnols.

 

 

AFP
Source : www.liberation.fr

 

 

 

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Source : www.lemonde.fr

 

 

Podemos a rassemblé des dizaines de milliers d'Espagnols à Madrid

Le Monde.fr avec AFP | 31.01.2015 à 14h04 • Mis à jour le 31.01.2015 à 17h18

 
 

L'essentiel

  • Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi 31 janvier dans les rues de Madrid aux côtés de Podemos.
  • Le parti de gauche radicale avait invité les Espagnols à participer à grande « marche pour le changement ».
  • L'Europe observe de près cet événement qui, une semaine après la victoire de Syriza en Grèce, représente un nouveau message anti-austérité.

 

 

La grande "marche pour le changement" initiée par le parti anti-austérité espagnol Podemos rassemble des dizaines de milliers de sympathisants, samedi 31 janvier à Madrid.

 

Près d'une semaine après la victoire de Syriza en Grèce, c'est au tour du parti espagnol Podemos de faire résonner le message anti-austérité en Europe. Ce jeune parti de la gauche radicale, issu du mouvement des indignés qui a soulevé des foules en Espagne contre l'austérité à partir du 15 mai 2011, a rassemblé des dizaines de milliers de sympathisants, samedi 31 janvier, dans les rues de Madrid, pour sa grande « marche pour le changement ».

Lire : En Espagne, Podemos à l'heure de sa « marche du changement »

 

La « marche pour le changement » organisée par Podemos, samedi 31 janvier à Madrid.

 

« Le vent du changement a commencé à souffler sur l'Europe », a déclaré Pablo Iglesias, le leader du parti, devant une foule compacte réunie place de la Puerta del Sol dans le centre de Madrid, brandissant drapeaux grecs et républicains de la gauche espagnole. Auparavant, les manifestants ont défilé depuis la place de Cibeles, à moins de deux kilomètres, où ils avaient conflué par dizaines de milliers dans le centre historique de la capitale.

>> Lire : L'Espagne face à la vague Podemos

La foule a écouté avec ferveur Pablo Iglesias, 36 ans, et sa jeune équipe, en scandant régulièrement, poing droit levé « Si se puede, si se puede! (Oui c'est possible!) ». Podemos, qui signifie comme Syriza « Nous pouvons », dénonce la haute finance, l'austérité et l'establishment accusé de corruption, la « caste », qui aurait laissé le peuple dans une situation « d'humiliation et d'appauvrissement ».

 

Le leader de Podemos, Pablo Iglesias, lors de la "marche pour le changement", à Madrid, le 31 janvier 2015.

 

« Tic tac, tic tac, c'est l'heure du changement », lisait-on aussi sur les calicots de manifestants débarqués de bus des quatre coins de l'Espagne sous un froid soleil d'hiver. En Espagne, « les privilégiés ont rompu le pacte de coexistence », a lancé Iñigo Errejon, 31 ans, le numéro deux de Podemos. « Nous sommes venus célébrer le fait qu'en 2015, le peuple va recupérer la souveraineté! ».

 

Voir l'image sur Twitter

Banderas de @ahorapodemos, de Grecia y republicanas en la 'Marcha del cambio' http://ow.ly/IgbGk  

 


C'est le premier grand rassemblement de ce parti qui grimpe dans les sondages et dépasserait déjà le Parti socialiste (PSOE), dans l'opposition, et même parfois les conservateurs du Parti populaire, au pouvoir, à quelques mois des élections régionales de mai.

 « UN TREMBLEMENT DE TERRE » POUR MÉLENCHON

Cette mobilisation inspire d'autres partis européens. Après avoir soutenu le parti grec Syriza avant le scrutin du 25 janvier, le fondateur du Parti de gauche (PG), Jean-Luc Mélenchon, qui siège au Parlement européen aux côtés du chef de file de Podemos, Pablo Iglesias, a lui aussi participé à la manifestation.

Lire en édition abonnés : Jean-Luc Mélenchon, le pari de l’étranger

 

Voir l'image sur Twitter

Jean-Luc Mélenchon a rencontré Pablo Iglesias avant le début de la marche de

 

« Ce qui s'est passé en Grèce est historique. Tout le monde sait que la suivante, c'est l'Espagne », a assuré samedi au quotidien en ligne Publico, M. Mélenchon. « On est dans un tremblement de terre politique européen », a-t-il déclaré lors de la manifestation. « L'histoire est en train de se faire ». La victoire du parti anti-libéral Syriza en Grèce « est considérable, la mobilisation en Espagne, je ne sais pas si elle sera victorieuse, mais elle fait déjà bouger les lignes », a-t-il poursuivi.

En marche à #Madrid ! - ¡Hoy es el día del cambio! - #EsAhora31E #YoVoy31E - @Pablo_Iglesias_ @ahorapodemos http://t.co/O84rjf2THg

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon)

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

 

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 17:37

 

Source : www.lesechos.fr

 

 

En Espagne, Podemos se met à rêver du destin de Syriza en Grèce

Gaelle Lucas / Journaliste, correspondante à Madrid | Le 29/01 à 18:42, mis à jour à 18:50

Pablo Iglesias, le leader de Podemos, parti de gauche issu du mouvement des « Indignés », marche sur les traces du grec Syriza - AFP

 

 

Le nouveau parti appelle à la fin de l’austérité, et veut faire une démonstration de force ce samedi à Madrid.

 

« Ce 31 janvier figurera dans le calendrier comme le jour où la citoyenneté a retrouvé l’espoir et la dignité de dire « oui, c’est possible », promet Podemos sur sa page Facebook avec son habituelle emphase. Le dernier pari du parti alternatif de gauche est de réunir ce samedi à Madrid des milliers de personnes pour une grande « marche du changement ».

Podemos veut faire de cette manifestation une véritable démonstration de force. « On me confirme déjà plus de 260 autobus remplis pour Madrid », se félicitait hier Iñigo Errejón, numéro deux de Podemos, sur son compte Twitter. « Le parcours choisi [de 900 mètres, NDLR] est facilement « remplissable » et je crois donc qu’ils atteindront leur objectif : la photo de la Puerta del Sol remplie de monde en une des journaux de dimanche », nuance José Pablo Ferrándiz, vice-président de l’institut de sondage Metroscopia.

Un an après sa fondation, Podemos, qui a remporté 5 sièges aux élections européennes, veut montrer qu’il est un sérieux candidat aux élections régionales en mai et, surtout, aux législatives en fin d’année. La victoire de Syriza en Grèce donne de la chair à cet espoir. De fait, depuis dimanche, les regards sont braqués sur Pablo Iglesias, le leader de Podemos. Sera-t-il l’Aléxis Tsípras de l’Espagne ?

Comme lui, Pablo Iglesias revendique la fin de l’austérité et la restructuration négociée de la dette publique. Laquelle est élevée, quoique nettement moins que la grecque, à 96,8 % du PIB. Une ébauche de programme économique présentée en décembre propose la hausse du salaire minimum, la retraite à 65 ans et les 35 heures, entre autres.

Mais, dans un pays dont la crise et l’austérité ont été certes sévères, mais moins qu’en Grèce, Podemos a-t-il des chances de suivre la trajectoire de Syriza ? Oui, si l’on en croit les sondages, qui le placent, avec entre 20 % et 30 % des intentions de vote, au même niveau que les formations qui se partagent le pouvoir depuis 1982, le Parti populaire (droite, au pouvoir) et le Parti socialiste (PSOE). « L’austérité a été moins sévère qu’en Grèce, mais elle va se maintenir. Et alors que le chômage est encore haut, les Espagnols ont beaucoup de raisons de protester », avertissent les analystes de Capital Economics, qui voient dans Podemos « la plus grosse menace » à l’austérité budgétaire en zone euro. La reprise reste en effet imperceptible pour nombre d’Espagnols, lassés des sacrifices imposés et désabusés par les affaires de corruption.

Du reste, pour José Pablo Ferrándiz, l’économie et la peur de l’inconnu que brandit le PP du Premier ministre, Mariano Rajoy, comme principaux arguments électoraux, ne sont pas porteurs. Les potentiels électeurs de Podemos cherchent en effet avant tout à « régénérer le système politique. Cela passe, pour eux, par la fin du bipartisme », explique-t-il. Avec son organisation participative héritée du mouvement des Indignés, Podemos ambitionne ainsi non seulement de détrôner le Psoe à gauche mais aussi de s’imposer aux législatives. Premier test en mai, lors des élections régionales.

Portrait : Pablo Iglesias, ambitieux et pragmatique

Il y a un peu plus d’un an, il n’était connu que des étudiants de l’université Complutense de Madrid, où il enseigne la science politique, et de quelques cercles d’extrême gauche. Aujourd’hui, Pablo Iglesias, trente-six ans, se pose en principal challenger de la droite au pouvoir aux prochaines élections législatives de fin 2015. Il faut dire qu’il porte un nom prédestiné pour la politique : son homonyme a fondé en 1879 le Parti socialiste espagnol (psoe), cette formation que le Pablo Iglesias du XXIe siècle aspire à détrôner à gauche. Le fondateur et secrétaire général du parti alternatif de gauche Podemos prône la fin de l’austérité et une régénération de la classe dirigeante espagnole. Charismatique et fin stratège en communication, aussi pragmatique qu’ambitieux, ce consultant occasionnel des gouvernements vénézuélien et bolivien entre 2005 et 2009 a modéré ses propositions économiques et se réfère désormais plutôt au modèle du nord de l’Europe qu’à celui du Venezuela.

Source : www.lesechos.fr


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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 16:15

 

Source : www.marianne.net

 

 

L'Espagne diminue le nombre de ses chômeurs... en les exportant !

Mercredi 7 Janvier 2015 à 05:30
Aline Joubert

 

Une baisse de 5,39% du nombre de sans-emploi en Espagne soit 253 627 chômeurs de moins qu'en 2013, c'est ce qu'a claironné le gouvernement de Mariano Rajoy, lundi, sur les réseaux sociaux et dans la presse nationale. La nouvelle a été du plus bel effet dans un pays rongé par la crise depuis l'éclatement de sa bulle immobilière il y a sept ans. En France, "Le Figaro" s'en est même emparé. Sauf qu'à y regarder de plus près, l'Espagne a surtout la "chance" de voir une grosse partie de sa population fuir le pays.

 

Andres Kudacki/AP/SIPA
Andres Kudacki/AP/SIPA
« Nous avons plus de 253 000 raisons d'être optimistes » a déclaré hier la secrétaire d'Etat espagnole à l'Emploi Engracia Hidalgo. Mieux encore, le gouvernement s'enorgueillit d'avoir créé près de 2 millions de contrats de travail ! Une hausse de 13,1% par rapport à l'an passé. Le mois de décembre aurait été ainsi exemplaire avec une baisse de plus de 60 000 demandeurs d'emploi par rapport au mois précédent. La ministre de l'Emploi Fatima Bañez, confiante, a d'ailleurs d'ores et déjà annoncé que les chiffres de 2015 « surpasseront toutes les prévisions », nous rapporte le site du quotidien El Pais. Même Le Figaro et La Croix se réjouissent de la nouvelle en qualifiant l'Espagne de « bonne élève » et en saluant son « regain d'optimisme ».
 
Sauf que, comme le relève le Parti socialiste espagnol, dans l'opposition et qui ne peut s'empêcher de faire la fine bouche, nombre de ces contrats, s'ils sont à durée indéterminée, sont à temps partiel, et un quart de ceux à durée déterminée durent « moins d'une semaine » selon Mariluz Rodriguez, secrétaire à l'Emploi.
On pourrait ajouter qu'il existe une nette différence entre l'embauche des hommes (qui comptent 7,9% de chômeurs en moins) et des femmes (dont seulement 2,9% ont trouvé un emploi). Mais ce serait pinailler, vous dit-on.
 
Surtout, arrivent en tête du classement des plus fortes baisses du nombre de chômeurs la Catalogne (48 924 chanceux), la communauté de Madrid (36 914), celle de Valence (36 196) et l'Andalousie (24 901) selon le site Eleconomista.es.

Courage, fuyons !

Ce classement ressemble en fait trait pour trait à celui des régions au plus fort taux d'émigration. Même ordre. En Catalogne 54 736 personnes ont fait leurs valises, à Madrid elles sont 48 121, à Valence 27 631 et en Andalousie 19 682. Troublant.
 
Les chiffres très officiels de l'Institut national de statistiques montrent que le solde migratoire de l'Espagne est négatif depuis 2008, et qu'il s'est même fortement creusé en 2014. Pour le seul premier semestre de l'année 2014, il est déjà négatif de 124 915 personnes, soit quasi autant que pour toute l'année 2012 (-142 552 personnes).
 
Pendant ce même semestre, ce sont au total 206 492 Espagnols qui ont quitté le pays et plus de 150 000 d'entre eux venaient des quatre communautés autonomes précitées.
 

La recette miracle de Rajoy ?

La solution ibérique pour lutter contre le nombre croissant de chômeurs n'est peut-être pas sciemment pensée par le pouvoir en place. Néanmoins, dans les faits, elle consisterait presque à pousser une partie de sa population hors du pays et à proposer aux restants (et plus particulièrement aux hommes) des contrats à temps partiel, à la semaine, tout en baissant le niveau général des salaires. Ingénieux. On se demande alors pourquoi le quatuor Hollande-Valls-Macron-Rebsamen n'y a pas encore songé ?

 

 

Source : www.marianne.net

 

 


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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 17:38

 

Source : cadtm.org

 

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De l’indignation au pouvoir (partie 7)

De l’impasse du bipartisme capitaliste à l’émancipation pour le changement de régime

20 décembre par Jérôme Duval

 

 


Alors que l’Espagne vit une crise humanitaire sans précédent, le mouvement social subit une répression constante d’un régime qui a peur du changement et protège ses intérêts. Le bipartisme, avec le PP (droite libérale au pouvoir) et le PSOE qui alternent au pouvoir depuis la fin de la dictature est fort affaibli par une succession de luttes sociales victorieuses et l’irruption d’initiatives populaires qui mettent en pratique de nouvelles façons de faire de la politique. À n’en pas douter, l’Espagne entre dans une phase de mobilisation qui augure de possibles changements politiques importants.

« Dans les pays gravement endettés, les électeurs européens réagissent au coup d’État oligarchique par lequel les impôts, la planification de l’économie et le contrôle des budgets, sont passés aux mains de quelques cadres désignés par le cartel international des banquiers. » Michael Hudson, 2011 |1|.

Les élections européennes de mai 2014 constituent un 1er test pour le gouvernement espagnol depuis l’arrivée au pouvoir du Parti Populaire (PP) en novembre 2012 et marquent un tournant historique pour au moins deux raisons : tout d’abord l’émergence de la nouvelle force politique Podemos dépasse, à la surprise générale, tout pronostic établi par les enquêtes d’opinion et, par la même occasion, on assiste à l’effondrement du bipartisme qui accuse un coup très dur.

Élections européenne 2014, le début de la fin de l’alternance bipartiste

En Espagne, malgré une participation de 45,85%, les élections au Parlement européen du 25 mai 2014 ont représenté le premier test de l’évolution de la situation politique et sociale espagnole depuis que le PP est au pouvoir |2|. Une comparaison avec les scores obtenus lors des dernières élections au Parlement européen en 2009, montre une tendance nettement marquée vers un effondrement du PP et du PSOE. Le PP passe alors de 42,12 % des votes exprimés en 2009 à 26,05 % en 2014 et de 23 à 16 sièges au Parlement européen. Sur la même période, le PSOE chute de 38,78 % à 23 % et passe de 21 à 14 sièges. Chacun de ces 2 partis - binôme capitaliste - perd environ 2,5 millions de votes. Cela représente près de 5 millions de votes en moins pour la caste du bipartisme qui alterne au pouvoir depuis la fin de la dictature. De plus, résultat inédit, la somme de ces deux partis majoritaires passe en dessous de la barre des 50 %, et atteint 49 % des votes exprimés. C’est un dur revers aussi bien pour le PSOE qui a initié une politique antisociale d’austérité en temps de crise que pour le PP qui poursuit la besogne dans le même registre.

 

PSOE                                                               Votes                       % des votants                    eurodéputés
Total Espagne 2009                                 6 141784                           38,51                                     21
Total Espagne 2014                                 3 614232                           23,01                                     14
Pertes 2009 - 2014                                 -2 527552                         -15,5                                       -7

PP                                                                     Votes                       % des votants                    eurodéputés         
Total Espagne 2009                                6 670377                           42,12                                      23
Total Espagne 2014                                4 098339                           26,09                                      16
Pertes 2009 - 2014                                 -2 572038                        -16,03                                      -7

PP + PSOE                                                    Votes                         % des votants                    eurodéputés
Total Espagne 2009                              12 812161                          80,63                                       44
Total Espagne 2014                                 7 712571                         49,1                                          30
Pertes 2009 - 2014                                 -5 099590                        -31,53                                      -14

 

Sources : http://www.infoelectoral.interior.e... y http://www.resultados-elecciones201...

 

 

À noter qu’il subsiste de légères différences de chiffres entre ces 2 sources. Il faut par ailleurs tenir compte du fait que le Parlement européen passe d’un total de 50 eurodéputés espagnols en 2009 à 54 en 2014. Sur la même période, le nombre total de députés au Parlement passe de 766 à 751 |3|.

En Catalogne, bastion historique du PSOE, sa branche catalane, le Parti Socialiste de Catalogne (Partido Socialista de Catalunya, PSC), est descendu de 36 % en 2009 à 14,28 %. Cela s’explique entre autre par un discours nationaliste du PSOE dans un contexte de campagne référendaire sur l’indépendance |4|. Tout cela constitue une profonde défaite qui conduira à une crise interne et au changement de leadership du parti puisque le secrétaire général du PSOE, Alfredo Pérez Rubalcaba, décidera de se retirer (presque en même temps que l’abdication du roi Juan Carlos I, le 2 juin). Cette négation constante à reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple catalan, quoi qu’on pense de l’indépendance régionale, jouera en défaveur du pouvoir central et de la monarchie qui montrent une fois de plus leur ingérence antidémocratique. Le parti nationaliste et indépendantiste Esquerra Republicana de Catalunya en tire profit et, pour la première fois depuis la fin de la dictature, devient la première force catalane avec 23,67% des votes.

Le 25 mai, après avoir pris connaissance des résultats, Pablo Iglesias affirmait devant ses militants : « Nous ne pouvons parler de la fin, mais bien du début de la fin du bipartisme. Il faut les virer parce qu’ils sont les responsables de la ruine du pays » |5|.

Ébranlé et désemparé par l’irruption de Podemos, à quelques mois de l’élection municipale de mai 2015, le PP annonce son intention de modifier la Loi électorale afin de permettre aux maires d’être directement élus s’ils obtiennent au moins 40 % des votes dès le premier tour ou, le cas échéant, de concourir au second tour. Les formations de gauche comme Podemos n’ayant pas encore d’implantation large seraient incitées à rejoindre d’autres candidatures unitaires. Cela réduirait ainsi les possibilités des forces minoritaires à s’insérer dans la politique au niveau municipal. En d’autres termes cela renforcerait les probabilités pour les partis majoritaires d’être élus par une minorité. La récente proposition de loi électorale pour protéger le PP de l’effet Podemos dévoile, s’il en était besoin, la peur du régime, c’est un nouveau signe de faiblesse du pouvoir qui craint de perdre bon nombre de votes. Si elle devait voir le jour, cette réforme serait un véritable coup contre la démocratie et la pluralité, le 2e coup de force après le changement constitutionnel d’août 2011, donnant la priorité absolue au paiement de la dette devant tout autre nécessité. Pourtant, face à l’opposition de toutes les autres composantes politiques et l’irruption de nouvelles coordinations unitaires à gauche (Ganemos ou Guanyem à Barcelone par exemple), le projet semble être reporté pour après les élections municipales.

Les récents scandales de corruption, la mauvaise gestion de la crise Ébola, la démission du ministre Alberto Ruiz Gallardón et les tensions entre la Catalogne et le pouvoir central ont aidé à la propulsion déjà bien amorcée de Podemos dans les sondages. Après s’être placée en troisième position avec 15,3 % des suffrages en juillet |6|, le 1er novembre 2014, Podemos devient la première force politique du pays avec 27,7 % d’intention de vote (sur les estimations de votes valides), au delà du PSOE (26,2 %) et du PP (20,7 %). Le PP serait relégué en troisième position devançant Izquierda Unida (3,8 %) et UPyD |7| (3,4 %) |8|.


Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Partie 5
Partie 6
Partie 7


Notes

|1| « ...un golpe de Estado oligárquico por el que los impuestos y la planificación de la economia y el control de los presupuestos están pasando a manos de unos ejecutivos nombrados por el cartel internacional de los banqueros » Michael Hudson, La transición de Europa de la socialdemocracia a la oligarquía. 6/12/2011.

|2| An niveau européen, les résultats définitifs délivrés deux mois plus tard, en plein mois d’août, affichent un taux de participation de 42,54% – soit le score le plus faible depuis les toutes premières élections de 1979. Voir le dossier Flagrant délit d’Attac Bruxelles, novembre 2014. http://bxl.attac.be/spip/spip.php?a...

|3| Voir la liste des eurodéputés élus en 2014 : http://www.europarl.europa.eu/pdf/e...

|4| Le 9 novembre, plus de 1 860 000 personnes sur les 2 305290 personnes qui ont participé au referendum non contraignant sur l’indépendance de la Catalogne, ont répondu oui aux deux questions posées, votant ainsi pour que la Catalogne soit une État indépendant. alors même que la votation n’est pas reconnu par le pouvoir central. Lire : 1,8 millones de personas votan por la independencia catalana en el 9-N, Fernando J. Pérez, Pere Ríos, El País, 10 novembre 2014. http://politica.elpais.com/politica...

|5| « Asumimos un diagnóstico político del 15M. No podemos hablar del fin, pero sí del principio del fin del bipartidismo. Hay que echarlos porque son los culpables de la ruina del país. ». Il ajoutait en déclaration à El País : « Pero no habremos cumplido nuestro objetivo hasta que no los derrotemos ». Jacobo Rivero, Conversación con Pablo Iglesias, Ediciones Turpial, 2014, page 15.

|6| En juillet 2014, Podemos apparaît pour la première fois dans une enquête du CIS (Centre d’Investigations Sociologiques). Selon ce sondage, le parti devient alors la troisième force politique avec 15,2% des suffrages.

|7| UpyD (Unión Progreso y Democracia) se définit comme un parti laïque, démocrate, progressiste et transversal, mais reste économiquement libéral.

|8| Podemos es la primera fuerza política en España, según una encuesta de El País, 01/11/2014. http://www.eldiario.es/politica/Pod... et Fernando Garea, ’Podemos supera a PSOE y PP y rompe el tablero electoral, 2/11/2014. http://politica.elpais.com/politica...

 

Source : cadtm.org

 

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 17:19

 

Source : www.marianne.net


 

Espagne : la rue bientôt bâillonnée ?

Dimanche 21 Décembre 2014 à 13:00

 

Loïc Le Clerc

 

 

Le Partido popular l'a voté seul, grâce à sa majorité absolue au Parlement espagnol : la "loi organique de sécurité citoyenne", connue sous le nom de "loi bâillon". Concrètement, le gouvernement souhaite ainsi donner plus de pouvoirs aux forces de l'ordre, afin de limiter fortement le nombre et l'ampleur des manifestations. Mais la dérive n'est pas très loin et ce sont plusieurs libertés fondamentales qui se verraient bafouées.

 

Andres Kudacki/AP/SIPA
Andres Kudacki/AP/SIPA

Les députés espagnols, ou du moins ceux de la majorité parlementaire conservatrice, ont voté en séance la semaine dernière la « loi organique de sécurité citoyenne  », plus connue sous le quolibet que lui ont donné ses détracteurs de « ley mordaza », littéralement « loi bâillon ». Pour Paul Aubert, professeur de civilisation espagnole contemporaine à l’université d’Aix-Marseille, que Marianne a interrogé à ce sujet, la traduction la plus exacte serait « loi muselière ». Pourquoi un tel surnom ? C’est que cette loi « ambiguë et dangereuse » vient fortement « limiter les droits et les libertés des citoyens (manifestations, réunions, expression, etc.) afin de mieux garantir la sécurité » en donnant plus de pouvoirs aux forces de l’ordre.
 
Quarante-cinq délits sont concernés et donc ce sont 45 peines qui se retrouvent durcies. Outre le fait que cette « loi muselière » punie plus sévèrement les délits liés à la prostitution, à la drogue ou aux occupations illégales d’un logement, elle a pour principale cible le manifestant. L’idée d'accentuer la répression a germé dans le cerveau du gouvernement depuis les manifestations des Indignés, ce mouvement lui étant devenue ingérable, non par sa violence mais par sa persévérance. Mais cette situation est loin maintenant, et l’Espagne, malgré la crise, la pauvreté et la rancœur permanente contre les élites ultra-corrompues, est calme. Alors beaucoup se demandent pourquoi une telle loi vient éclore aujourd’hui ? D’ailleurs, tous les partis d’opposition ont, pour l’occasion, formé un front commun. En vain.
 
Une justice... sans juge
 
Principale caractéristique de cette loi : « Elle transforme en actes administratifs des actes laissés autrefois à l’appréciation du juge », nous explique Paul Aubert. Dès lors, des délits punis par le code pénal deviennent des fautes administratives, ce qui entraîne donc le paiement d’amendes administratives. Désormais donc, pour les délits concernés, plus besoin de passer devant une cour de justice, c’est l’administration qui prend tout en charge. Plus de juge, d’avocat, etc. Rien que des policiers et des fonctionnaires. Il s’agit pourtant d’amendes classées en trois catégories pouvant monter jusqu’à 600 000 euros. En quelque sorte, une personne accusée d’avoir commis un de ces délits doit d’abord payer. Si elle souhaite contester sa peine, elle d’adresse à la juridiction « contentieux administratif » pour laquelle a été créée une toute nouvelle taxe. Pour une justice accessible à tous, on repassera !
 
Désormais, par exemple, manifester devant les bâtiments publics constitue une « faute grave » pouvant être punie d’une amende allant jusqu’à 30 000 euros. Faute qui devient « très grave » si les manifestants pénètrent dans l’édifice en question. Là, la bagatelle pourra coûter 600 000 euros. De même, il est interdit d’occuper une banque ou d’« escalader des édifices ou des monuments sans autorisation ». Et, pour chapoter le tout, comme il est plus qu’interdit de braver un interdit, ainsi, si une quelconque manifestation est prohibée, y participer relève là aussi de la faute « très grave ».
 
Afin de se justifier, le Partido popular a fait appel à Conrado Escobar, porte-parole de la commission Intérieur, lequel a osé déclarer que « les manifestations seront plus libres, car elles seront protégées des violences » ! Pour lui, sans rire, cette loi serait même une « avancée démocratique ». Mais pour Paul Aubert, cette nouvelle loi représente surtout une « menace pour les garanties constitutionnelles (inviolabilité du domicile, liberté d’expression, liberté de réunion, liberté de manifestation, etc.) ainsi que pour le droit d’asile ».
 
Car la deuxième cible de choix de cette loi, c’est le migrant. Tout individu qui serait pris en train de passer les frontières des enclaves marocaines de Ceuta et Melilla sera renvoyé « à chaud », illico presto de l’autre côté. Adios donc tout droit à l’assistance juridique, ou toute forme de prise en charge, qu’elle soit sanitaire ou humanitaire, jusqu'à ce qu’il soit décidé du sort du migrant.
 
Certains craignent de voir leur pays renouer avec des vieilles pratiques peu glorieuses. Et il n’est pas seulement question d’éditorialistes redoutant de revivre les — trop souvent convoquées en France — « heures sombres du passé ». Pedro Sanchez, le jeune chef de file du PSOE a qualifié Mariano Rajoy de président du gouvernement « le plus rétrograde de l’Histoire », ajoutant qu’il ne lui manquait plus que de reprendre à son compte cette expression franquiste : « La rue est mienne ». Ambiance…
 
Une police toute-puissante
 
Cette loi risque en tout cas, d’après Paul Aubert, de permettre « aux forces de police d’agir plus vite mais ne les met pas à l’abri d’abus ». Tout ce qui relèverait du manque de respect, de l’insulte ou de l’outrage est plus sévèrement puni. Mais, plus inquiétant, un policier peut donner une amende dite « légère » (entre 100 et 600 euros) a tout individu qui refuserait de décliner son identité. Filmer la police et diffuser les images sans autorisation devient par ailleurs une faute grave.
 
Pour Paul Aubert, « c’est bien la démocratie qui est en jeu ». Cette loi n’est pas encore en vigueur en Espagne, elle doit maintenant être ratifiée par le Sénat. Si celui-ci l’approuve sans l’amender, alors la « loi muselière » sera effective, au grand dam des Espagnols. Une manifestation de protestation s’est déroulée ce samedi 20 décembre. La dernière ?

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 19:31

 

Source : www.liberation.fr


 

 

Espagne : des milliers de manifestants pour «du pain, un travail, un toit»

AFP 29 novembre 2014 à 19:04 (Mis à jour : 29 novembre 2014 à 20:24)
Des manifestants effectuent une marche baptisée Des manifestants effectuent une marche baptisée "Marche pour la dignité" à Madrid afin de protester contre l'austérité, le 29 novembre 2014 (Photo Pierre-Philippe Marcou. AFP)

 

Des milliers de personnes sont descendues samedi dans la rue à Madrid, Barcelone et d’autres villes en Espagne pour protester contre l’austérité que la classe politique «corrompue» leur a imposée et la misère qui les frappe encore de plein fouet.

«Du pain, un toit, un travail»: une grande banderole a été déployée par les manifestants près du musée du Padro à Madrid. Ils marchent en direction du centre à l’appel de syndicats, partis de gauche, plateformes citoyennes et collectifs de défense des services publics notamment.

«Ni chômage ni exil ni précarité. Marchons, marchons pour la dignité», ou encore «Si se puede, si se puede!» (Oui, c’est possible !), scande la foule en écho au «Yes we can» de Barack Obama en 2008.

«Ni chômage ni exil ni précarité. Marchons, marchons pour la dignité», ou encore «Si se puede, si se puede!» (Oui, c’est possible !), scande la foule en écho au «Yes we can» de Barack Obama en 2008.

«C’est quoi cet oiseau ?» demande une fillette en montrant du doigt un grand volatile fabriqué avec des sacs en plastique. «Un, corbeau, non, un vautour», répond la mère. «Comme les politiques?», interroge la petite.

Le vautour est porté par Agustin Carretero, 41 ans, qui a la chance d’avoir un travail au sein d’un service d’assistance clients. Pour lui, le problème c’est le toit. Il vit dans un appartement de 50 mètres carrés avec deux enfants de six et huit ans, pour un loyer d’environ 500 euros. Son logement, de type HLM, a été vendu à un promoteur et en 2018 il n’aura plus le choix: soit il l’achète 140.000 euros, soit il s’en va, raconte-t-il.

Ils sont plus de 2.300 dans son cas. «Le promoteur les a achetés en moyenne 60.000 euros et maintenant il veut les vendre le double ou le triple à ceux qui sont dedans», s’insurge-t-il.

Près de 23,7% des Espagnols sont au chômage, soit quelque 5,4 millions de personnes et ce même si la croissance devrait atteindre 1,3% en 2014, «la plus forte de la zone euro», selon le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, au pouvoir depuis fin 2011.

- 'Marre de ces gouvernements' -

«Ce que raconte le gouvernement c’est de la propagande. La crise se poursuit. On continue à imposer des coupes claires dans la santé, l’éducation (...) », explique Carlos, 48 ans, dénonçant le plan d’austérité qui doit déboucher sur 150 milliards d’euros d’économie fin 2014.

Pour cet agent administratif au chômage depuis un an et demi, en fin de droits dans cinq mois, les journées s’écoulent «entre CV et CV, dans le combat».

«Je suis enseignante en philologie anglaise, j’ai des diplômes en éducation dans le primaire, éducation physique, mais je suis au chômage depuis deux ans et je n’ai plus aucune aide», témoigne Yolanda Garcia, 42 ans.

«Mon ex-mari a dû venir vivre avec moi pour éviter que l’on nous expulse», car il participe au paiement du crédit, explique cette mère de deux enfants.

«Un pays ne peut subir les conséquences d’une équipe de corrompus», ajoute-t-elle alors que depuis début octobre deux nouveaux scandales de corruption, touchant la droite et la gauche, ont éclaté.

Le premier concerne de cartes bancaires du groupe Bankia sauvé de la faillite et dont ont profité des dizaines de personnalités, y compris syndicales, sans rien déclarer au fisc. Le deuxième porte sur des marchés publics truqués, principalement dans la région de Madrid.

«On en a marre de ces gouvernements», national comme régional, se plaint, à Barcelone, Francisco Crespín, retraité de 73 ans qui a manifesté avec quelque 2.000 autres personnes. «C’est pas juste que l’on expulse les gens alors que l’on sauve les banques», souligne-t-il.

«Il faut changer cette situation de fond en comble. Et l’an prochain nous en aurons l’occasion», promet-il en évoquant les législatives de 2015 pour lesquelles le nouveau parti antilibéral Podemos est en tête selon deux sondages.

Sur 46,5 millions d’habitants plus de cinq ont été assistés par la Croix-Rouge, qui estime que 84% sont menacés par la pauvreté.

AFP
Source : www.liberation.fr


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