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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 17:58

 

Source : mediapart.fr

 

En Espagne, un aéroport bradé aux enchères

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Porté par des élus locaux, des banques et des constructeurs de la région de Madrid, l'aéroport de Ciudad Real, situé au sud de Madrid, est un fiasco financier. L'aéroport, qui a coûté plus d'un milliard d'euros, a été mis aux enchères.

Construit pendant la période d'euphorie immobilière espagnole, l'aéroport international de Ciudad Real, situé au sud de Madrid, s'avère être un véritable gouffre financier. Depuis deux ans, les élus locaux, les banques et les promoteurs du projet espèrent trouver un repreneur.

L'aéroport, qui a coûté plus d'un milliard d'euros, est en faillite depuis 2011. Il n'a accueilli qu'une poignée de vols en trois ans d'activité. Confrontés au manque de clients et à des frais d'entretien exorbitants, les banquiers et les politiques ont organisé une vente aux enchères – une première pour un aéroport – en espérant retirer quelques dizaines de millions d'euros de la vente.

Lire sur le Frankfurter Allgemeine Zeitung

 

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 15:53

 

Source : ptb.be

 

3 décembre 2013 16:07 | Il y a : 2  jour(s)

Espagne :: Le maire de Marinaleda sous les verrous

 

 

 

Quatre dirigeants du syndicat des travailleurs andalous SAT ont été condamnés à sept mois de réclusion. Parmi eux, le charismatique maire de Marinaleda, Juan Manuel Sánchez Gordillo, qui est aussi élu au Parlement.

Carmela Negrete

 

 

Le maire révolutionnaire de Marinaleda, connu chez nous suite à un reportage diffusé sur TerZake et une interview de L’Humanité publiée dans Solidaire est, pour reprendre les termes du quotidien britannique The Guardian, l’homme qui a transformé le petit village défavorisé de Marinaleda en « utopie communiste ». En 2012, le village connaissait un taux de chômage de 5 %, alors qu’à la même époque le reste de l’Espagne affichait un taux de 25 %.
    La semaine dernière, la Cour suprême d’Andalousie a également condamné le secrétaire général du syndicat SAT, Diego Cañamero. Les deux hommes sont poursuivis pour avoir occupé le domaine Las Turquillas durant l’été 2012. Cette finca est une propriété publique, le ministère de la Défense n’utilise que 20 des 1 200 hectares de cette propriété pour un haras, le reste est laissé en friche. En 2010 déjà, même le parti de droite Partido Popular (PP) avait reproché que seules 25 personnes étaient employées sur cette propriété, alors qu’une gestion saine et efficace générerait au moins 800 emplois. L’Andalousie est l’une des régions les plus touchées par le chômage en Espagne, avec un taux de 35,9 % selon les derniers chiffres officiels.
    « Nous avons un problème, et ce problème c’est le capitalisme », a déclaré le maire Sánchez Gordillo le 11 novembre dernier lors d’une assemblée à Grenade, à l’ouverture du procès. « Ce qu’il faut c’est une véritable lutte anticapitaliste, à la fois révolutionnaire et capable d’ébranler le système. » Sur les 54 membres du syndicat assignés à comparaître, quatre ont été condamnés à une peine, les cinquante autres ont été acquittés.
    Le SAT est connu pour ses actions spectaculaires. L’an dernier, le syndicat a fait la Une des journaux espagnols pour avoir mené dans les supermarchés une action de confiscation symbolique et avoir redistribué les aliments aux familles démunies. A plusieurs reprises, le syndicat a occupé des terres agricoles à l’abandon pour réclamer leur redistribution aux paysans sans terre. Depuis mai 2012, le syndicat occupe le domaine Somontes à Cordoue et y a créé une coopérative qui cultive des fruits et des légumes revendus sur les marchés locaux des alentours.

Photographier des agents de police : interdit !

Le gouvernement espagnol et le parlement, dominé par une majorité absolue du Partido Popular (PP), ont décidé de durcir le Code pénal contre ce type d’actions en particulier, mais aussi contre les simples manifestations. Ils ont proposé l’insertion d’au moins 16 nouveaux délits dans le Code pénal pour réprimer la protestation sociale. Ainsi, photographier des agents de police lors d’une manifestation sera désormais passible d’une amende d’un demi-million d’euros. Participer à une manifestation non autorisée devant le Congrès ou tout autre bâtiment public sera puni d’une amende pouvant aller jusqu’à 600 000 euros, même si cette manifestation est pacifique.
    Avec ces nouvelles mesures, le gouvernement espagnol espère empêcher que d’autres manifestations comme celle du 25 septembre 2012 puissent avoir lieu. Pour rappel, ce jour-là, des milliers de personnes ont participé à un blocage symbolique du Congrès et réclamé la démission du gouvernement. L’intervention brutale de la police a été filmée par de nombreuses caméras de télévision et téléphones portables. Des images choquantes montrent les forces de l’ordre poursuivant des manifestants dans la gare Atocha et tirant sur eux des balles en caoutchouc à l’intérieur du bâtiment. Plusieurs plaintes ont été déposées, mais, plutôt que d’enquêter, le ministre de l’Intérieur, Jorge Fernández Díaz, a invité un inspecteur des forces de l’ordre à se pencher sur un durcissement du droit pénal.
    A l’avenir, ce ne sont plus les brutalités des agents qui seront punies, mais les journalistes et les manifestants qui les photographient.
    A l’avenir, toute manifestation sur un monument ou un immeuble public sera interdite. Greenpeace, connue pour ce genre d’actions spectaculaires, a déjà réagi. La semaine dernière, les activistes de l’ONG ont déployé sur l’immeuble de l’entreprise pétrolière Shell à Madrid une banderole de 315 m2  pour protester contre « la limitation du droit de protester pacifiquement ».

 

 

 

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 18:06

 

lemonde.fr

Ecran (bientôt) noir dans la région endettée de Valence en Espagne

Le Monde.fr | 14.11.2013 à 15h22 • Mis à jour le 14.11.2013 à 16h56

 

 

 

 

Le Monde.fr | 14.11.2013 à 15h22 • Mis à jour le 14.11.2013 à 16h56

Durée : 02:22  |  Images : AFP  

En Espagne, la télévision et radio publique de Valence, RTVV – pour Radiotelevisión Valenciana –, pourrait bientôt faire écran noir. Après vingt-six ans de diffusion, elle est sur le point de fermer, victime de la mauvaise gestion financière du gouvernement local. Journalistes et techniciens sont entrés en résistance.

Le Monde.fr

 


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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 15:21

 

rue89.com

Correspondance 05/11/2013 à 06h59

Les Espagnols écrivent leur colère sur les billets de banques

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

 

 

 

Pour se faire entendre par les responsables politiques et financiers du pays, les Espagnols ont décidé de leur écrire et pour être sûrs que le message soit transmis, ils ont choisi de le faire sur leurs billets de banque.

La démarche, racontée sur Euronews.com n’a rien d’illégal et pourrait bien se révéler efficace : les billets circulent rapidement.

Sur ce billet de 50 euros :

« Ah, chers politiciens et banquiers, comme je suis sûr que ce billet finira entre vos mains, j’en profite pour vous laisser un message privé : vous êtes des voleurs et des fils de putes. »

Cet Espagnol affirme qu’il ne laissera aucun billet sans message.

 

Voir l'image sur Twitter

A partir de ahora no dejaré un billete sin nada escrito.

 

Sur ce billet de 5 euros :

« Les politiciens et les banquiers sont la honte de la Nation. »

 

 

Voir l'image sur Twitter

Mirad lo que me he encontrado escrito en un billete de 5 €

 

Retrouvez plus de billets sur Euronews.com.(*voir ci-dessous)

 

 

                                                        *****************************************

 

 

euronews.com

 

Toute la colère de l’Espagne sur les billets de banque

04/11 13:08 CET

 

 

  

Les Espagnols, exaspérés par la situation dans le pays, ont trouvé un nouveau moyen très original d’exprimer leur colère contre les banques et les politiques qu’ils tiennent responsables de la crise économique : ils défigurent les billets de banque en les couvrant de messages.

Ces petits graffitis, qui n’enlève rien de leur valeur légale aux billets, font leur bonhomme de chemin de poches en poches, de caisses enregistreuses en distributeurs de billets, ainsi que sur les réseaux sociaux.

L’un de ces graffeurs se demande si son message, écrit sur un billet de cinq euros, arrivera jusqu‘à Emilio Botin, le président de la Banque Santander.

 

Voir l'image sur Twitter

Mensaje al Sr Botin en un billete de 5 Euros ¿ llegara hasta el a traves de Twiter ? PROBEMOS.

 


“Les politiciens et les banquiers sont une hone à la Nation” clame un autre billet de cinq euros”.

 

 

Voir l'image sur Twitter

Mirad lo que me he encontrado escrito en un billete de 5 €


Un autre message demande à ce que quelqu’un “retourne dans le passé et fasse en sorte que les parents de Rajoy [le Premier ministre, Mariano Rajoy] ne se rencontrent jamais”.

 

Voir l'image sur Twitter

Estoy va para Rajoy jaja y mira lo q me encontrado en el billete escrito jaja

 


Cet utilisateur de Twitter promet qu’il ne laissera aucun billet sans message.
Il a écrit sur ce billet de cinquante euros : “Ah, chers politiciens et banquiers, comme je suis sûr que ce billet finira entre vos mains, j’en profite pour vous laisser un message privé…” s’en suit une belle insulte.

 

Voir l'image sur Twitter

A partir de ahora no dejaré un billete sin nada escrito.

 


Cet autre utilisateur de Twitter a trouvé ce message écrit sur un billet de dix euros qu’il a reçu avec sa monnaie dans un supermarché :

“Ce billet est de l’argent sale, s’il vous plaît, ne le laissez pas en circulation”.

 

Voir l'image sur Twitter

He hecho unas compras y me han devuelto un billete de 10€ con esto escrito:

 


Sur la photo principale “Non aux coupes budgétaires” par @albita_ulleen.

Copyright © 2013 euronews

 

 


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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 15:00

 

midilibre.fr

Espagne : naissance du Parti X, né de la mouvance des Indignés

AFP
08/10/2013, 22 h 47 | Mis à jour le 08/10/2013, 22 h 58
Un mouvement citoyen, le Parti X, a été lancé mardi en Espagne, avec des ex-membres du mouvement des Indignés, né en 2011.
Un mouvement citoyen, le Parti X, a été lancé mardi en Espagne, avec des ex-membres du mouvement des Indignés, né en 2011. (Capture d'écran)

                                                                                                                                                                                                                            Un mouvement citoyen, le Parti X, a été lancé mardi en Espagne, avec des ex-membres du mouvement des Indignés, né en 2011, et dénonçant, comme lui, "une classe politique corrompue". Parmi eux, le Français Hervé Falciani.

Un mouvement citoyen, le Parti X, a été lancé mardi en Espagne, avec des ex-membres du mouvement des Indignés, né en 2011, et dénonçant, comme lui, "une classe politique corrompue et incapable" de sortir de la crise. "La majeure partie des personnes du réseau citoyen Parti X, bien que pas toutes, nous nous sentons du 15M", le mouvement des Indignés lancé le 15 mai 2011, explique le parti sur son site internet.

Comme pour les Indignés, ce parti fonctionne avec des personnes qui "travaillent" sur des tâches précises et ne dispose d'aucun organe dirigeant ou de listes en vue des prochaines échéances électorales. "Nous n'avons pas de liste fermée comme les autres partis", a expliqué une porte-parole, le nouveau parti se voyant plus comme "un groupe de pression". Quant au programme, "nous proposons un plan d'urgence de sortie de crise. Nous pensons que c'est le moment d'une réponse citoyenne et que les conditions sont réunies", a affirmé l'une des intervenantes, lors de la présentation du nouveau parti. 

 

Lutte contre la corruption et la fraude

Le projet de programme affiché sur le site est d'ailleurs ouvert aux amendements des citoyens, ont souligné les intervenants. "Nous voulons que les coupables de la crise soient jugés et un plan d'action pour les citoyens (un Nuremberg financier et un plan Marshall adapté au 21è siècle)", affirme le parti sur son site internet. Car la lutte contre la corruption et la fraude est l'un des piliers importants du programme. "Comme de par hasard, la somme qui manque pour sortir de la crise est égale à celle qui n'a pas été payée" au fisc, affirme ce parti, dénonçant l'évasion fiscale. "La seule réduction de la fraude fiscale des grandes entreprises rapporterait à l'Etat 30 milliards d'euros", affirme le Parti X.

 

 

 

 

Pour relancer l'économie il propose, comme le gouvernement, d'aider les petites et moyennes entreprises, soit 99,88% des entreprises espagnoles, en relançant le crédit. Mais il propose également de baisser la pression fiscale, de réduire les monopoles (dans l'énergie notamment) ainsi que de rediriger les aides aux grandes entreprises vers les PME. Côté emploi, le Parti X veut instaurer un "salaire maximum inter-entreprise" qui ne peut être plus de dix fois supérieur au plus bas salaire, avec pour tous un système de primes liées à la productivité. "Nous ne partons pas de zéro. Nous avons beaucoup discuté depuis de nombreux mois", a expliqué un autre intervenant.

 

Le Français Hervé Falciani, dans la commission anticorruption

Le mouvement citoyen des "Indignés", qui avait campé pendant un mois sur la place centrale de la Puerta del Sol à Madrid, était devenu le symbole d'un ras-le-bol de la classe dirigeante qui avait surpris un pays où, malgré la crise, le mécontentement s'était jusque-là peu exprimé. Mais il avait ensuite perdu en visibilité, ses membres refusant souvent de fournir leur nom et de désigner des listes de dirigeants comme les autres partis politiques dont ils dénonçaient le fonctionnement opaque et corrompu.

"Depuis le début, l'une des demandes récurrentes était de 'montrer des visages'. Aujourd'hui, nous commençons à le faire avec les premiers noms de la commission anticorruption", affirme le Parti X. Parmi eux, figure le Français Hervé Falciani, ex-informaticien de la banque HSBC Genève qui a divulgué en 2008 des fichiers bancaires permettant de découvrir des milliers d'évadés fiscaux dans le monde et menant au redressement fiscal de fraudeurs français.

 

 

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 17:26

 

 

mediapart.fr

 

Des centaines de milliers de personnes rayées de l'accès aux soins en Espagne

|  Par La rédaction d'infoLibre et Rubén Martínez

 


873 000 personnes ont perdu leur carte de Sécurité sociale depuis un décret-loi de 2012. Beaucoup d’immigrés sans travail renoncent aux soins et les ONG s’alarment d’une mesure «synonyme de condamnation à mort pour beaucoup».

 

 

« Pour moi c’est clair : tout ce qu’il me reste, c’est de demander à ma famille un billet d’avion et rentrer dans mon pays pour mourir. » Ce sont les mots de Cecilia, une immigrée en situation irrégulière qui est greffée du cœur. Cette Guinéenne de 52 ans est l’une des 873 000 personnes qui ont perdu leur carte de Sécurité sociale et, partant, leur droit à la santé.

Elle est arrivée en 1981 en Espagne, y a élevé ses enfants et a travaillé jusqu’à sa mise au chômage il y a quelques mois. Pour elle, l’expression « arriver en fin de mois » a un sens vital. Son traitement coûte près de 1 000 euros par mois et elle a payé les derniers médicaments grâce à des prêts d’amis.

« Ils m’ont pris ma carte de Sécu, mon dossier médical a été effacé et j’ai l’impression que c’est comme si j’avais tué quelqu’un. Dans mon pays, ces médicaments n’existent pas et il n’y a pas de cardiologues. Si je rentre, ça durera ce que ça durera », se plaint Cecilia, qui explique qu’obtenir les ordonnances n’est pas toujours un problème : « Le véritable problème, c’est quand je vais chercher les médicaments et qu’on me demande la carte de santé. »

Cette femme n’a pas peur d’apparaître dans les médias, elle n’a rien à perdre. Ce n'est pas toujours le cas car, comme le relève Celia Zafra de Médecins du monde (MdM), une des conséquences de ce décret-loi approuvé en septembre 2012 est son « caractère dissuasif ». La Chilienne M.G. en est un bon exemple : après avoir expliqué à infoLibre qu’elle n’avait plus accès à son traitement préventif contre le cancer de l’utérus, elle a préféré ne pas être citée dans ce reportage. « Beaucoup ont peur de représailles parce qu’ils sont dans l’attente d’une procédure », confirme Celia Zafra.

Red Acoge est une ONG qui offre des conseils aux personnes qui se retrouvent dans cette situation « chaotique », comme l’explique l’un de ses membres, Manuel Sobrino. « Les gens qui viennent nous voir sont de plus en plus nombreux cette année », dit-il. Il rejoint Zafra sur le caractère dissuasif de cette mesure et ajoute que les immigrés en situation irrégulière sont considérés comme des « boucs émissaires ».

C'est aux Communautés autonomes de décider comment elles appliquent ce décret et, selon les régions d’Espagne, le maintien dans l'accès aux soins est variable. « Les personnes qui se trouvent dans cette situation ont peur d’aller voir le médecin car elles ne savent pas s’il les fera payer ou si on leur enverra une facture qu’ils ne pourront pas régler… »

« Nous avons remarqué que les patients exclus par le décret ne viennent pas aux centres de santé. C’est très préoccupant parce que nous ne savons pas ce qu'ils deviennent. C’est un décret qui a un contenu idéologique et raciste parce qu’il vise à les exclure du pays », affirme Nacho Revuelta, médecin de premiers soins dans le centre de santé madrilène Rafael Alberti. Lui propose à ses confrères de désobéir : « On ne peut pas tourner le dos à une personne qui a besoin de secours. » Celia Zafra ajoute que, selon une étude de la Société espagnole de médecine de famille et communautaire, les médecins désobéisseurs sont environ 3 000 et 80 % des médecins rejettent cette mesure.

« Il n’y a pas eu une seule campagne d’information pour ces patients. Ni une seule affiche qui indique que, même si vous n’avez pas de carte de santé, vous avez des droits, vous pouvez consulter sans payer. Cette attitude est absolument irresponsable, elle abandonne ces personnes à leur sort », s'indigne Nacho Revuelta. Cette mesure essaie aussi de dissimuler une autre conséquence importante pour la population, insiste-t-il : « La perte des soins universels pour tous les Espagnols, parce que l’assurance est maintenant soumise à conditions alors qu’auparavant il s’agissait d’un droit pour tous. Et le nombre d’exclus du système de santé va augmenter parce que les Espagnols de plus de 26 ans qui n’ont pas cotisé ont aussi perdu l’accès aux soins. »

Répercussions économiques

Celia Zafra, de Médecins du monde, souligne que la mesure a été prise pour des raisons d’austérité. Cependant, elle considère que l’argent économisé en premiers soins devrait être destiné aux urgences et au contrôle de maladies transmissibles comme le VIH. Ou comme la tuberculose, qui a pris la vie du jeune Sénégalais Alpha Pam, l’une des nombreuses personnes à avoir renoncé à se rendre à l’hôpital.

« Un rapport réalisé par le Pays basque disait que l’économie maximale que supposait l’exclusion du système de santé des personnes en situation irrégulière représenterait seulement 0,2 % de son budget », ajoute Revuelta.

Soledad Torrico et Alpha Pam sont les cas les plus connus de mort par manque de soins en Espagne. Cecilia lutte chaque mois pour obtenir son traitement vital, avec la peur de ne plus pouvoir se le procurer un jour : « Mon calvaire commence le 1er de chaque mois. »

Celia Zafra considère qu’« en plus d’être immorale, cette mesure va à l’encontre de l’éthique des professionnels de la santé, qu’elle n’est pas efficace économiquement et qu’elle contrevient aux conventions internationales sur les droits de l’homme signées par l’Espagne ». Et Nacho Revuelta rappelle que ce qui attend ces personnes sans Sécu, comme Cecilia, est un total abandon à leur sort. Quant à Manuel Sobrino, de Red Acoge, il demande qu’il soit dérogé au décret-loi 16/2012 parce que, pour beaucoup de personnes, il s’agit d’« une condamnation à mort ».


Rubén Martínez, de la rédaction d’infoLibre (reportage publié le 8 septembre)

Version française : Laurence Rizet, Mediapart

Article original : Condenados a morir en la España del siglo XXI

 

 

 

 

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 15:31

 

lemonde.fr

 

Grand ménage dans les rangs de Bankia

Le Monde.fr | 24.09.2013 à 16h50 | Par Anna Villechenon

 
En un an, la banque espagnole Bankia a remercié 80 % de ses directeurs externes dans ses filiales.

A ce niveau là, c'est bien plus qu'une réorganisation. En un an, la banque espagnole Bankia a remercié 80 % de ses directeurs externes, soit 800 au total. C'est le chiffre qu'a dévoilé le quotidien britannique Financial Times  mardi 23 septembre. Liés à des partis politiques, ces dirigeants – d'anciens politiciens, des membres de leurs familles ou des leaders syndicaux – avaient été nommés, via un système proche du clientélisme, pour siéger au conseil d'administration de ses holdings.

Selon le journal, qui cite des sources proches du dossier, ces départs auraient permis à Bankia d'économiser 7 millions d'euros. Mais, outre les économies, l'objectif de ces suppressions de postes était surtout de réduire l'influence des politiques sur la banque.

Née fin 2010 de l'union de sept caisses d'épargne en difficulté – dont la plus ancienne, Caja Madrid –, Bankia a été nationalisée à 45 % en mai 2012 pour faire face à la détérioration de son portefeuille immobilier, après l'éclatement d'une bulle spéculative, avant d'être renflouée par le gouvernement de Mariano Rajoy à hauteur de 23 milliards d'euros, du jamais vu.

Ce sauvetage avait alors contraint Madrid à solliciter une aide européenne : en juin 2012, la zone euro a accepté de mettre 100 milliards d'euros sur la table, en échange d'une réforme du secteur bancaire.

 

TROUS COMPTABLES

Avant la reprise en main de la banque par l'Etat, celle-ci était en grande partie dirigée par des hommes du Parti populaire (PP), actuellement au gouvernement. Parmi eux se trouvait l'ancien président de la banque, Rodrigo Rato. Ce dernier, qui avait été ministre de l'économie du pays de 1996 à 2004, puis directeur général du FMI jusqu'à 2007, a démissionné début mai 2012, conséquence de la nationalisation de l'établissement.

En juillet 2012, l'Audience nationale, la plus haute instance judiciaire en Espagne, a lancé une enquête contre lui – aux côtés de 32 autres responsables de la banque – mais aussi contre Bankia et sa maison mère BFA, à la suite d'une plainte du parti de centre-gauche (Union, progrès et démocratie) : celle-ci vise des délits d'"escroquerie", de "détournement de fonds", de "falsification des comptes annuels", d'"administration frauduleuse et déloyale" et de "manipulation des prix".

De son côté, le parquet anticorruption a déjà ouvert une enquête préliminaire sur d'éventuelles fraudes commises lors de la création de Bankia et de son introduction en Bourse.

 

"SYMBOLE DE LA GESTION TRÈS POLITISÉE DES CAISSES D'ÉPARGNE"

Arrivé aux manettes de Bankia en mai 2012, juste après sa nationalisation, José Ignacio Goirigolzarri a donc été chargé de "nettoyer" la banque. Il a fait en sorte de débarasser la direction de Bankia, qui était devenue le "symbole de la gestion très politisée et non professionnelle des caisses d'épargne espagnoles", de toute nomination due au patronage pratiqué par M. Rato, explique le FT. Et de les remplacer par des administrateurs sans lien direct avec la politique.

La direction est cependant loin d'être la seule à être touchée. En novembre, la banque a annoncé une réduction massive de ses effectifs. Dans le cadre de son plan de restructuration, elle prévoit au total de supprimer d'ici à 2015 environ 6 000 emplois, soit 28 % de ses effectifs, et de fermer près de 40 % de ses agences.

 

Lire aussi (en édition abonnés) : "Bankia, une affaire d'Etat en Espagne"


Anna Villechenon
Journaliste au Monde

 


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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 15:53

 

 

 

iahorde.samizdat.net

26 août 2013  

 
Madrid_Htiler1

Source : Twitter

 

L’été est une période propice aux fêtes municipales. Dans une commune de la banlieue madrilène, à Pinto (plus de 45 000 habitants), celles-ci sont marquées par un spectacle de corrida. La première journée de celui-ci s’est déroulée dans l’arène locale décorée, pour l’occasion, d’une immense fresque comportant le visage d’Adolf Hitler, une croix gammée et la phrase « Adolf Hitler tenia razon » (Adolf Hitler avait raison).

La mairie, gouvernée par le PP (qui a obtenu 51 % des voix aux dernières élections municipales), a expliqué que la mairie n’avait pas recouvert ces inscriptions pour des « raisons de sécurité, pour ne pas faire de la publicité à des indésirables et pour que les honnêtes citoyens ne soient pas privés de taureaux ».

Cela a effectivement permis à plusieurs milliers de spectateurs de se rendre à l’arène et de regarder le spectacle de la mise à mort d’un taureau et d’une fresque en hommage à Adolf Hitler. Tout va bien…

 

 


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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 12:08

 

 

Médiapart

|  Par La rédaction d'infoLibre et Begoña P. Ramírez

 


Baisses de salaires, flexibilité sauvage des horaires, hausse du temps partiel, contrats au rabais… malgré les conventions collectives, le low cost devient le paradigme social en Espagne, touchant largement les salariés de la classe moyenne. 

La crise, les nouveaux modèles de gestion et la réforme du marché du travail sont devenus un cocktail létal pour les droits sociaux jusqu’alors considérés comme acquis dans un pays de la riche Europe tel que l’Espagne.

On ne parle plus seulement de baisses de salaires pour garantir la compétitivité à l’export ou la survie d’entreprises en situation critique. Ni même de l’augmentation du temps de travail. « Il faut travailler plus et gagner moins pour sortir de la crise », a dit un jour l’ex-président de la Confédération espagnole des organisations patronales (CEOE) Gerardo Díaz Ferrán, en détention provisoire depuis décembre dans le cadre de l’affaire Crucero (blanchiment d’argent, entre autres). « Le statut des travailleurs a été élaboré en pensant que les voyages se faisaient en diligence puisqu’il donne quatre jours de congés pour un décès », a raillé, il y a peu, un responsable de la même CEOE, José de la Cavada.

Concilier famille et travail, objectif si en vogue dans les années de croissance, est en train de devenir un concept obsolète. En général, ce qui était considéré comme des droits, et partant consacrés dans les lois et conventions collectives, devient un quasi-privilège ou des anachronismes qui doivent disparaître au profit de l’efficacité et de la reprise économique.

La précarité du travail propre aux secteurs les moins protégés est en train de se propager à des niveaux supérieurs de l’échelle sociale. Le low cost, ce nouveau concept patronal qui, comme l’outlet, devient le paradigme de l’économie en récession, est devenu aussi un concept de travail. La classe moyenne est de plus en plus poussée vers des conditions de travail d’un autre temps, d’autres professions moins qualifiées, d’autres pays.

Des hôtesses de l’air obligées de payer leur uniforme

Quand Iberia Express, filiale low cost de la compagnie aérienne espagnole, a commencé à voler, il y a un an et demi, les hôtesses de l’air devaient payer elles-mêmes leur manteau, leurs chaussures, leur valise et même le gilet de sécurité qu’exige l’Aviation civile. Maintenant, l’entreprise dit qu’elles paient seulement les chaussures et la valise. Peu de métiers avaient une image aussi glamour et les conditions de travail du secteur aérien. Aujourd’hui, des copilotes gagnent 50 000 euros bruts par an et des hôtesses 12 000. Dans les compagnies nationales, les salaires sont trois fois plus élevés. Chez Vueling, le salaire de base d’un membre d’équipage est de seulement 400 euros. Les femmes qui avaient autrefois des uniformes dessinés par Christian Lacroix, Pertegaz ou Elio Berhanyer doivent aujourd’hui nettoyer les cabines. « Les escales de trente-cinq minutes ne laissent pas le temps aux équipes de nettoyage de le faire », explique le syndicat Commissions ouvrières (CCOO).

 

L'équipage d'un avion low cost d'Iberia. 
L'équipage d'un avion low cost d'Iberia.© dr

Quant à la compagnie Ryanair, qui établit ses contrats depuis l’Irlande, elle ne propose même pas de salaire de base, chaque employé paie son uniforme et peut être licencié du jour au lendemain. Comme les hôtesses ne sont pas inscrites à la sécurité sociale espagnole, CCOO assure que certaines ont eu des problèmes quand elles ont dû s’arrêter pour raison de santé.

Chez Iberia Express, si elles quittent leur travail pendant les six premiers mois, elles doivent payer 3 000 euros à l’entreprise, officiellement pour compenser l’investissement de la compagnie pour les former. Ce type de clause est courant pour les pilotes, dont les cours d’habilitation incluent des stages dans de coûteux simulateurs de vol. Mais la formation que reçoit une hôtesse chez Iberia Express dure seulement cinq jours et se réduit à peu de choses près à la remise d’un CD, selon l’une d’elles.

En ce qui concerne les chaînes de salons de coiffure comme Marco Aldany, les employées, en majorité des femmes, doivent apporter peignes et brosses. Une pratique habituelle pour des instruments plus personnels et plus chers comme les ciseaux et les rasoirs s’est étendue au reste. La majorité de ces chaînes fonctionnent en franchise dans un secteur traditionnellement occupé par des entreprises individuelles.

Dans les franchises, beaucoup de coiffeuses travaillent avec des contrats à temps partiel et d’autres n’ont même pas de contrat, elles sont indépendantes, même s’il n’est pas courant en Espagne, contrairement à l’Italie, de pratiquer ce qu’on appelle « la location de fauteuil », explique Jesús Martínez Dorado, secrétaire à l’action syndicale de la fédération des services privés de CCOO. La chaîne fournit l’enseigne et les produits cosmétiques, mais le fauteuil comme tous les autres services de soins sont à la charge d’une professionnelle sans relation de travail avec l’entreprise. Quoi qu’il en soit, une coiffeuse salariée ne gagne pas plus de 10 000 euros bruts par an à temps plein, assure Martínez Dorado.

De plus, l’ouverture de salons par des immigrés chinois ou dominicains, qui ne respectent ni les salaires ni les horaires des conventions, et l’installation d’autres salons dans des centres commerciaux, ouverts tous les jours, exitent une concurrence à laquelle il est difficile de résister. Aujourd’hui, il est possible de se faire coiffer, teindre ou manucurer à 23 heures un samedi dans n’importe quel salon de centre-ville ou le dimanche à 10 heures dans une grande surface.

Pas d’exception dans les grands magasins

Même une grande entreprise comme El Corte Inglés n’échappe pas au vent de casse sociale. La convention collective sectorielle récemment signée par les syndicats Fetico et Fasga a laissé les 100 000 employés de la première entreprise de distribution espagnole sans complément de salaire pour les jours fériés et les dimanches travaillés, elle leur a augmenté le temps de travail de 28 heures et gelé les salaires jusqu’en 2016. El Corte Inglés avait déjà baissé les commissions sur les ventes et fait passer leur emploi du temps d’annuel à trimestriel, ce qui signifie que les employés sont amenés à changer d’horaire de travail tous les trimestres. Ce n’est pas tout : le personnel de premier échelon pourra rester jusqu’à cinq ans au même salaire de 13 000 euros bruts. Avant, il avait droit à une promotion dès la deuxième année.

 

El Corte Inglés de Vitoria. 
El Corte Inglés de Vitoria.© dr

Aussi plus de 1 000 employés ont préféré quitter les grands magasins plutôt que d’accepter ces nouvelles conditions de travail, révèle le syndicat UGT, et s’en sont remis à l’article 21 du statut des travailleurs qui leur permet de toucher une indemnisation de vingt jours par année d’ancienneté. « C’est un plan social à bon marché et déguisé », s’insurge le syndicat.

Cette nouvelle convention du secteur touche aussi de grandes chaînes comme Carrefour, Alcampo (enseigne espagnole d’Auchan), la Fnac ou Ikea. « On est en train d’imposer des mesures conçues pour des entreprises en crise à des entreprises en bonne santé », souligne Javier Jiménez, du service juridique de l’UGT. S’ils sont affectés par la baisse de la consommation, El Corte Inglés a néanmoins enregistré 210 millions de bénéfices en 2011 (les chiffres 2012 seront annoncés à la fin du mois) et les autres enseignes sont également bénéficiaires. Mais ces entreprises préfèrent se soigner en bonne santé. Le Corte Inglés, par exemple, n’a engagé personne depuis des années. Au point que, pour Noël, il mobilise son personnel de bureau pour s’occuper des clients des magasins de Madrid, explique l’UGT. Dans d’autres entreprises, le contrat à temps partiel est devenu la norme pour plus de la moitié des 230 000 salariés du secteur. Dans certaines chaînes comme Toys R Us, c’est même tout le personnel qui travaille à temps partiel.

Aux Baléares, l’hôtellerie a découvert les avantages des embauches à l’étranger. L’année dernière, 15 jeunes de République tchèque, de Hongrie, Bulgarie et Roumanie ont raconté à l’inspection du travail qu’ils avaient été engagés par une agence de Prague pour faire des stages dans un hôtel de Majorque. Mais l’expérience n’a pas du tout été comme celles qu’Erasmus est censé promouvoir. Au lieu des 1 200 euros promis pour 40 heures par semaine, ils ont touché 400 euros pour un travail de 54 heures. « Ils font venir des étudiants européens en management hôtelier et ils leur font débarrasser des tables pendant tout l’été », accuse le secrétaire général de la fédération hôtelière de CCOO, Ginés Díez. Le syndicat vient de dénoncer à l’inspection du travail un hôtel qui avait 36 boursiers de plusieurs nationalités et seulement 22 employés.

L’an passé, le groupe Barceló a été dénoncé aussi pour avoir employé comme boursiers des Roumains sans permis de travail. Cette saison, explique Antonio Copete, responsable de la fédération hôtelière de l’UGT, ce sont les chaînes hôtelières de moyenne gamme qui continuent à remplacer les employés espagnols par des boursiers étrangers. Elles font même payer la nourriture à certains de ces étudiants, alors que la convention les oblige à leur fournir gratuitement.

Il arrive également que les femmes de ménage qui font les chambres ne fassent pas partie du personnel de l’hôtel. Et la même chose est en train de se produire pour les réceptionnistes et les cuisiniers, préviennent CCOO et l’UGT. Après avoir licencié le personnel chargé de ces tâches, l’hôtel fait par exemple appel à une entreprise de nettoyage dont la convention fixe des salaires inférieurs de 20% à ceux de l’hôtellerie. « Cela frise le licenciement abusif », dénonce César Galiano, du bureau juridique de l’UGT.

Un plombage pour 24 euros

Même les dentistes ne sont plus ce qu’ils étaient. La hausse du nombre de diplômés et l’irruption de franchises ont changé le paysage d’une profession jusqu’alors synonyme de prestige et de rémunérations élevées. « L’Espagne compte 30 000 dentistes, un pour 1 400 habitants, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à un pour 3 500 la proportion idéale », explique Alfonso Villavigil, président du conseil général des odontologues d’Espagne. De plus, l’exercice libéral est devenu salarié ou faussement autonome. En 2010, le tribunal suprême a condamné Vitaldent pour avoir gardé deux dentistes sous contrat de fourniture de services alors qu’ils auraient dû être salariés.

Dans les chaînes, les odontologues touchent 12,5% des revenus qu’ils génèrent, assure Villavigil. « Etant donné qu’un plombage coûte 24 euros, il faudrait qu’ils en fassent trois par heure pour gagner 10 euros », ajoute-t-il. Il soupçonne donc ces chaînes de donner des traitements non nécessaires pour gonfler les chiffres tout en diminuant la qualité des prestations. « Quand j’ai commencé, voici presque trente ans, nous avions une liste d’attente de deux mois, se souvient le président du collège de dentistes. Aujourd’hui, on est content si on remplit l’agenda de la semaine. » 

Begoña P. Ramírez, rédaction d’infoLibre

Article original : La fiebre del «low cost» laboral

 

 

Version française : Laurence Rizet, Mediapart

 

 

 

 


 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 18:50

 

 

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Edito 11/08/2013 à 16h02
Blandine Grosjean | Rédactrice en chef Rue89

 

 

 


 

Réponses à la question : L’Espagne est-elle un pays pacifique avec de fortes valeurs civiques ? (Metroscopia pour El Pais)

L’Espagne est-elle un pays fondamentalement pacifique, avec de fortes valeurs civiques, qui réussit à résoudre ses problèmes en négociant ? 67% des sondés ont répondu oui, dans une enquête publiée par le quotidien El Pais, qui lance une série sur l’état d’esprit des Espagnols dans son édition du week-end.

Les Espagnols sont aussi 74% à se percevoir comme des gens sérieux et « dignes » (ou des « gens bien », qui serait une traduction moins littérale de « gente decente »). Mais plus de la moitié (54%) estiment que leur pays n’est pas digne de confiance.

Espagne officielle et Espagne réelle, généreuse

Il y a donc une Espagne officielle, celle des centaines de politiciens englués dans des scandales de corruption touchant jusqu’au Premier ministre Rajoy, celle des choix économiques hasardeux. Et une Espagne réelle, celle que l’on voit quand on connaît ce pays, où les serruriers de Pampelune décident de ne plus participer aux expulsions de leurs concitoyens incapables de rembourser leur crédit immobilier.

La révolte des Indignés n’a pas débouché sur le chaos, rappelait Jaime Pastor, spécialiste des mouvements sociaux dans un article de L’Express en juin. Au contraire, le mouvement s’est fragmenté en une multitude d’actions locales et a resserré les liens sociaux :

« Les Indignés ont créé un espace public nouveau, pacifique et inventif. Ils interpellent les politiques et les obligent à réagir, ils prennent des initiatives et proposent leurs propres alternatives au niveau des quartiers. »

Week-end après week-end, les enseignants, les personnels médicaux, les travailleurs sociaux défilent dans les rues, sans violences, contre le démantèlement des services publics bien plus que pour leurs droits et salaires, qui ont déjà été rognés par tous les bouts.

La « révolution du respect »

Il y a quelque chose de profondément respectable (et de poignant) quand on traverse ce pays asphyxié par le chômage et les faillites personnelles. La solidarité familiale, la compassion pour ceux qui sont encore plus dans le besoin, et une infinie patience...

José Juan Toharia est le président de Metroscopia, l’institut qui a réalisé l’enquête. Il écrit dans El Pais :

« [Au début des années 60], l’Espagne était un pays inégalitaire, attardé économiquement et isolé du reste de l’Europe par la dictature. En à peine une génération, le panorama a radicalement changé.

Les citoyens ont pris très au sérieux le changement politique et ont mené une transition qui est un modèle.

Ils ont pris au sérieux et avec courage la lutte contre le terrorisme ; ils ont pris au sérieux le pluralisme des idées, valeurs et styles de vie, instaurant cette “révolution du respect” qu’appelait de ses vœux Fernando de los Rios [socialiste humaniste mort en 1949, ndlr] ; ils ont pris au sérieux l’Europe et leur intégration dans l’Union européenne. »

Si patiente, si solidaire, si généreuse

En Espagne, aujourd’hui, personne ne remet en question le système démocratique. L’extrême droite est quasi inexistante, il n’y a pas de partis xénophobes. En conclusion du premier volet d’« Espagne, un pays déçu », Toharia note avec raison :

« Il n’est pas facile de trouver dans notre entourage européen une société qui sache rester si patiente, solidaire, généreuse au milieu d’une crise si profonde et face à une telle carence de leadership politique.

Car c’est bien là le principal problème : l’effondrement (par anesthésie, incompétence et aveuglement partisan) de plusieurs institutions indispensables à la vigueur de notre vie publique. »

Le frigidaire de ma maison est vide

Pour illustrer cet éditorial, voici le reportage vidéo réalisé par des enfants auprès des enfants d’un « comedor social » (réfectoire social) qui offre les repas mais aussi des vêtements dans la province de Madrid, et intitulé « Le frigidaire de ma maison est vide ».

Une fillette raconte qu’elle vient là tous les matins prendre son petit déjeuner, car elle n’a plus de maison, « les politiques ont tellement volé ». Jorge, une dizaine d’années, estime que c’est la faute à Rajoy s’il vient ici depuis un an pour manger. « A la maison, on n’a plus d’argent pour faire les courses. Le frigidaire est vide. »

 

 

 

 

 

 

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