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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 18:27

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.12.2012 à 12h16 • Mis à jour le 09.12.2012 à 10h55

 

 

Des membres de l'opposition à Mohamed Morsi campent sur la place Tahrir, au Caire, samedi 8 décembre.

Le président égyptien Mohamed Morsi a accepté samedi 8 décembre d'abandonner ses pouvoirs renforcés pour sortir de la plus grave crise depuis son élection, mais a maintenu au 15 décembre un référendum sur un projet très controversé de Constitution.

Ces décisions ont été annoncées à l'issue d'une rencontre entre le chef de l'Etat islamiste et des personnalités politiques, quelques heures après que l'armée égyptienne eut appelé au dialogue pour éviter que la crise ne débouche sur un "désastre". "Le décret constitutionnel est annulé à partir de maintenant", a déclaré Selim Al-Awa, homme politique islamiste et conseiller de M. Morsi, en faisant le compte-rendu de la rencontre lors d'une conférence de presse à la présidence, en présence du porte-parole du chef de l'Etat.

Ce décret, qui plaçait les pouvoirs de M. Morsi au-dessus de tout recours en justice, avait provoqué une tempête de protestations et déclenché une fronde au sein de la magistrature. Il est remplacé par un nouveau décret qui supprime cette clause et qui prévoit en outre l'organisation d'un nouveau scrutin pour élire une Assemblée constituante, "au cas où les électeurs décideraient de rejeter le projet de Constitution lors du référendum de samedi prochain".

L'opposition avait dénoncé une dérive autoritaire, M. Morsi se défendant en faisant valoir que la mesure ne durerait que jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution. M. Morsi a en revanche confirmé la date du 15 décembre pour la tenue du référendum sur le projet de Constitution, car la modifier est juridiquement impossible, a-t-il ajouté en présence du porte-parole du chef de l'Etat.

Le référendum doit légalement être organisé deux semaines après la remise du projet de loi fondamentale au chef de l'Etat, ce qui a été fait le 1er décembre. L'opposition souhaitait qu'un report permette d'élaborer un texte plus consensuel. Elle accusait la mouture actuelle d'ouvrir la voie à une islamisation accrue de la législation et de manquer de garanties pour les libertés, en particulier d'expression et de religion.

 POURSUITE DE LA PROTESTATION

Samedi, la principale coalition d'opposition, le Front du salut national (FSN), a toutefois appelé à la poursuite du mouvement de protestation. "L'humeur du peuple égyptien s'oriente vers la grève générale", prévient également le FSN, dans un communiqué lu à la presse par Mohamed Abou Al-Ghar, l'un de ses responsables.

Dans la journée, une centaine de manifestants étaient toujours à proximité du palais, dans le quartier d'Héliopolis, surveillés sans tensions par les soldats qui bloquent l'accès au site à l'aide de barbelés et de blindés. Ils exprimaient toujours leur détermination : "Je suis prêt à mourir, comme tous mes camarades. Je suis contre la violence, mais si on essaie de nous opprimer, il faut nous soulever", affirmait Moustafa El-Tabbal, 27 ans, qui a passé la nuit sur place.

La veille au soir, plus de 10 000 opposants au président s'étaient massés devant la présidence. Nombre d'entre eux étaient parvenu à franchir les barbelés pour s'approcher sans incident des murs du complexe présidentiel, sans toutefois y pénétrer. Les manifestants ont lancé des slogans appelant M. Morsi à "dégager", et le traitant de "mouton" aux ordres des Frères musulmans, le puissant mouvement dont il est issu. De nombreux slogans rappelaient ceux de la révolte contre le régime de Hosni Moubarak début 2011.

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 18:03

 

Marianne - Samedi 8 Décembre 2012 à 05:00

 

Propos recueillis par Régis Soubrouillard

 

Plus de 10.000 opposants au président Mosrsi ont de nouveau investi vendredi les abords du palais présidentiel au Caire, alors que la crise politique se durcit en Egypte. Entretien avec Tewfik Aclimandos, chercheur associé à la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France et spécialiste de l'Egypte.

 

Hassan Ammar/AP/SIPA
Hassan Ammar/AP/SIPA
Marianne.net: Alors que la contestation à son encontre grandit, le président égyptien, Mohamed Morsi, s'est exprimé en direct à la télévision, jeudi 6 décembre. Il a notamment invité l'opposition au dialogue samedi tout en maintenant le référendum sur la constitution. Après de nouvelles manifestations, il se dit désormais prêt à un report du référendum sous condition que ce report ne rende pas « le texte caduc ».  Comment analysez-vous la situation ? 
 
Tewfik Aclimandos: Morsi n’a fait aucune concession, il est dans la confrontation. Il ne retire pas la déclaration constitutionnelle qui est absolument infâme, il ne revient pas sur le projet de constitution et le référendum aura lieu. Il n’a fait que camper sur ses positions, lancer toutes sortes d’accusations pour finir par dire « j’invite ceux qui n’ont rien à se reprocher au dialogue ». Il s’est essentiellement adressé aux siens et peut-être indirectement aux capitales occidentales mais il ne s’agit là que de cosmétique.  C’est une déclaration extrêmement décevante.
 
Que cherche Mohamed Morsi en accaparant ainsi tous les pouvoirs ? 
 
Morsi  a tout simplement abrogé l’état de droit, c’est un coup d’Etat.  Il a déclaré que les décisions du président de la république n’étaient plus susceptibles d’être remises en cause par un recours devant la justice. Moubarak n’avait jamais osé dire ça. Ajouté à cela que sa dépendance à l’égard des salafistes l’oblige à se positionner très à droite de l’échiquier politique. Trop à droite. 
Ce n’est pas une surprise, les Frères musulmans ont toujours eu l’intention de s’accaparer tous les pouvoirs. Leur  objectif  est d’instaurer une théocratie. La seule chose qui les intéresse, c’est d’établir leur programme sans se soucier du reste.
 
Quel est aujourd’hui l’état des forces en présence ?
 
C’est assez simple. Les pro Morsi sont essentiellement composés des Frères Musulmans et une grosse partie du courant salafiste. En termes de classe vous avez une coalition de certains éléments de l’appareil d’Etat avec l’immense exception que sont les juges. Le reste du pays, mais essentiellement les classes moyennes et les plus pauvres sont contre Morsi. 
 
Il y un très grand désenchantement vis-à-vis des Frères Musulmans. Jamais ils n’ont été si impopulaires dans le pays. Les Frères Musulmans sont le groupe le plus organisé, ils ont une capacité de mobilisation importante, ils détiennent les clés de l’appareil d’état mais ils ne sont plus majoritaires dans le pays. 
 
Au moment de son accession au pouvoir, Mohamed Morsi a pourtant été présenté, tant par les médias, que par les diplomaties occidentales comme un modéré. Aujourd’hui, on semble découvrir que l’Egypte est gouverné par un clone de Moubarak allié aux fondamentalistes musulmans. Que s’est-il passé ?  
 
Le mot modéré est un mot qui a été complètement galvaudé. Un modéré est quelqu’un qui croît à la mesure, à la pluralité des choses humaines mais il y a des gens pour qui le sens du mot est très différent : les Frères Musulmans pensent qu’ils doivent vous tuer mais comme ils sont « modérés », ils ne vont pas le faire. En plus, techniquement, Morsi n’a jamais fait partie des modérés de la Confrérie. Ceux qui emploient ce mot confondent avec pragmatisme, c’est à dire qu’au lieu d’appliquer la charia en deux mois, il mettra deux ans, et j’aurais personnellement des doutes sur son pragmatisme. Enfin, si le fait de ne pas recourir au terrorisme est un signe de modération, alors, oui, ils sont modérés. 
 
Mais comment expliquez-vous cette bienveillance des diplomaties occidentales ?
 
C’était une erreur massive. L’argument valable jusqu’en juillet pour les Frères musulmans, était qu’ils avaient un programme économique relativement sérieux, qu’ils étaient ouverts aux principes de réformes structurelles économiques, ils avaient promis de calmer le Hamas ce qui était important pour les relations avec Israël. Ils pouvaient contrer l’Iran dans le cadre d’une coalition mais il ne fallait pas attendre d’eux des réformes démocratiques, accepter la pluralité des sociétés. Ils ont montré qu’ils n’étaient pas capables de stabiliser le pays car la polarisation ne vient pas des laïques. 
Il faut ajouter à cela qu’une  grande partie de l’administration Obama a pensé qu’en favorisant l’islamisme dit « modéré », ils affaibliraient l’islamisme radical. Il y a beaucoup de diplomates américains qui gobent tout le discours des Frères Musulmans. 
D’autres vont jusqu’à dire que ce sera soit les Frères Musulmans soit le déluge. Obama aimerait croire qu’il a affaire à un pouvoir modéré. Il joue cette carte là, mais il n’arrive pas à s’en convaincre totalement. C’est un très mauvais pari. 

Existe-t-il des alternatives au pouvoir de Mohamed Morsi? 
 
On peut imaginer un renversement de Morsi, un coup d’état militaire mais ce serait une autre catastrophe. Des élections présidentielles anticipées à supposer que les anti-Morsi gagnent. Je ne crois pas une victoire  du camp démocrate même si je la souhaite. De toutes façons, le président aura les mêmes problèmes que Morsi. Il faudra qu’il ait retenu la leçon que l’on ne passe pas en force dans ce pays. La dernière possibilité est que le camp Morsi apprenne à gouverner mais ils n’ont pas l’air d’être partis pour. 
Du temps de Moubarak, les militaires tenaient une bonne partie du pouvoir. Quel rôle joue aujourd’hui l’armée  ? 
 
On peut penser que l’armée a intérêt à ce que ce pouvoir tienne  ne serait ce que parce que elle ne veut pas gouverner le pays qui n’a pas d’alternative très claire. Est-ce que cet intérêt va jusqu’à ouvrir le feu sur la foule ? Je pense que la réponse est non. L'engagement, jeudi, des militaires égyptiens à ne pas recourir à la force contre les manifestants traduit une forme d'équilibre dans le bras de fer entre les Frères musulmans et l'armée. Mais la neutralité de l’armée signifie une forme de soutien au pouvoir en place. 
 
Pensez-vous que le référendum du 15 décembre va pouvoir se tenir ? 
 
La situation évolue chaque jour, donc je ne me prononcerai pas. Le principal problème est que si Morsi veut organiser un référendum crédible, il faudra une supervision judiciaire et les juges ne sont pas avec lui. Donc je ne crois pas à un référendum « honnête ». 
 
Comment voyez-vous évoluer la situation ? 
 
C’est difficile à dire. Je suis rentré d’Egypte il y a trois semaines. Je vous aurais dit : le camp anti-Frères est majoritaire mais ils ne savent pas s’organiser donc les Frères Musulmans feront ce qu’ils voudront. Aujourd’hui Morsi, a avancé trop vite, trop brutalement. Il a braqué tout le monde. Nous sommes en plein bras de fer. Je ne sais pas qui va plier. Morsi a néanmoins des cartes en main. Notamment l’appui de certaines capitales occidentales qui continuent à voir en lui un modéré, l’appui des milieux financier et son camp est très organisé alors que ses opposants ne le sont pas. Tout dépendra de sa capacité à diviser l’opposition, mais les frères Musulmans font preuve de tellement peu de finesse qu’ils peuvent parvenir à unir l’opposition contre eux. L’opposition tiendra tant que la population suivra. En face, les Frères Musulmans ont une organisation quasi-militaire. 
 
Parleriez vous aujourd’hui d’un pouvoir dictatorial ? 
 
Nous n’y sommes pas mais on en prend le chemin. 
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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 18:33

 

 

Libération

7 décembre 2012 à 17:59

Manifestation hostile au président égyptien Morsi vendredi au Caire.
Manifestation hostile au président égyptien Morsi vendredi au Caire. (Photo Mohamed Abd El Ghany. Reuters)

Des milliers de personnes manifestaient vendredi après-midi au Caire contre le président islamiste Mohamed Morsi en assurant vouloir rester pacifiques, mais sans cacher être à bout de patience face à un chef de l’Etat accusé de faire revenir le pays à la dictature.

«Nous utiliserons tous les moyens pour faire tomber le régime», affirme Ahmed Dewedar, un jeune manifestant présent sur la place Tahrir, où un village de tentes abrite depuis deux semaines les anti-Morsi les plus déterminés.

«Il n’y aura pas de stabilité tant que nos revendications ne seront pas satisfaites», poursuit-il sur ce site emblématique de la révolte populaire qui a provoqué la chute de Hosni Moubarak en février 2011.

Un peu plus loin, une banderole proclame: «A bas Adolf Morsi, à bas le nouveau Hitler».

Les manifestants réclament l’abandon d’un décret par lequel le président s’est octroyé le 22 novembre des prérogatives s’apparentant à des pleins pouvoirs, en plaçant en particulier ses décisions au-dessus de tout contrôle par la justice.

La volonté de M. Morsi, qu’il a réaffirmée jeudi soir, de soumettre le 15 décembre à un référendum un projet de Constitution très critiqué par l’opposition, n’a fait que doper la détermination de ses adversaires, qui dénoncent une volonté d’islamiser les institutions et de saper les libertés.

«Nous aurions pu envahir le palais présidentiel mercredi», affirme Mahmoud Ghazawi, 35 ans, en référence à la marche sur la présidence qui s’est achevée en affrontements de rue meurtriers avec les partisans du chef de l’Etat.

«Nous ne resterons pas pacifiques éternellement», prévient-il, alors que des milliers d’opposants se rassemblaient à nouveau vendredi après-midi aux abords du palais désormais gardé par l’armée.

La crise actuelle a aggravé la polarisation du pays entre islamistes d’un côté, forces libérales, de gauche et chrétiens de l’autre.

«A la libanaise»

«Cela pourrait devenir un scénario à la libanaise», en référence à la guerre civile qui a ravagé le Liban de 1975 à 1990, affirme Mohammed al-Cheikh, 27 ans, partisan de l’une des figures de l’opposition, Mohammed ElBaradei.

«Ce qui se passe en Egypte est déjà une guerre civile», insiste un autre militant, qui demande à garder l’anonymat. «Morsi et les Frères musulmans ont divisé le peuple en cherchant à imposer leur Constitution nulle, malhonnête», ajoute-t-il.

«Nous mourrons ici place Tahrir, de faim ou de maladie, au nom de nos martyrs», lance au mégaphone un imam de la prestigieuse institution théologique sunnite d’al-Azhar, qui a demandé à M. Morsi de suspendre son décret sur ses pouvoirs élargis pour favoriser l’apaisement.

D’autres manifestants en appellent désormais à l’armée, alors qu’il y a quelques mois encore la place Tahrir résonnait de slogans contre le pouvoir militaire de transition, qui a dirigé l’Egypte pendant 18 mois, entre la chute de M. Moubarak et l’élection en juin de M. Morsi.

«Il y aura de la violence c’est sûr, tous les bords veulent l’escalade. Mais quand l’armée viendra, ce sera la fin du président et des Frères musulmans, et nous pourrons avoir une nouvelle vie», estime Magdi Hossein, 50 ans. «L’armée a toujours été du côté du peuple», affirme-t-il.

D’autres estiment que l’épreuve du pouvoir a fait fondre la popularité des Frères musulmans. «Aujourd’hui, Morsi ne représente pas plus de cinq millions de personnes sur 85 millions d’Egyptiens», assure Mahmoud Ghazawi.

(AFP)

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 19:07

 

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com

 Créé le 04-12-2012 à 19h05 - Mis à jour à 19h31

Des dizaines de milliers d'opposants au chef de l'Etat égyptien Mohamed Morsi ont encerclé mardi soir le palais présidentiel au Caire pour exiger qu'il retire un décret par lequel il a considérablement élargi ses pouvoirs et qui a provoqué une profonde crise dans le pays. (c) Afp

Des dizaines de milliers d'opposants au chef de l'Etat égyptien Mohamed Morsi ont encerclé mardi soir le palais présidentiel au Caire pour exiger qu'il retire un décret par lequel il a considérablement élargi ses pouvoirs et qui a provoqué une profonde crise dans le pays. (c) Afp

LE CAIRE (AFP) - Des dizaines de milliers d'opposants au chef de l'Etat égyptien Mohamed Morsi ont encerclé mardi soir le palais présidentiel au Caire pour exiger qu'il retire un décret par lequel il a considérablement élargi ses pouvoirs et qui a provoqué une profonde crise dans le pays.

Les manifestants, dont beaucoup font partie de groupes laïques et de gauche, ont pu s'approcher du palais après avoir coupé les barbelés installés à quelques centaines de mètres de là.

La police anti-émeutes a fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de les disperser, sans succès, et a battu en retraite.

Une source à la présidence a indiqué à l'AFP que le président Morsi ne se trouvait pas dans le palais.

Quelques personnes ont tenté d'escalader les murs du palais mais en ont été empêchées par d'autres. Les manifestants entourent désormais le palais sur trois côtés.

"Dégage!", "Le peuple veut la chute du régime", slogans phares de la révolte qui a renversé Hosni Moubarak début 2011, ont scandé les protestataires, dont certains cognaient sur des lampadaires.

Beaucoup, agitant des drapeaux égyptiens, accusent les Frères musulmans, dont M. Morsi est issu, d'avoir "vendu la révolution".

Des milliers de personnes continuaient d'affluer vers le palais dans le quartier d'Héliopolis, dans la banlieue du Caire, pour protester contre les nouveaux pouvoirs du président Morsi, que l'opposition qualifie de "dictatoriaux", et contre un projet de Constitution devant être soumis à référendum dans moins de 15 jours.

Plusieurs groupes et partis d'opposition avaient appelé à marcher "pacifiquement" sur le palais, dont les jeunes du 6-Avril, qui avaient contribué à lancer le soulèvement de l'an dernier, et le parti de la Constitution du Nobel de la paix Mohamed ElBaradei.

Des milliers de personnes manifestent également sur l'emblématique place Tahrir, dans le centre du Caire.

L'Egypte vit une profonde crise politique depuis le décret du 22 novembre, par lequel M. Morsi, premier président islamiste du pays, a notamment mis ses décisions et la commission chargée de rédiger la future Constitution à l'abri de tout recours en justice.

Opposants et partisans de M. Morsi ont manifesté en masse après le décret, et l'annonce par le président de la tenue d'un référendum sur le projet de Constitution le 15 décembre a creusé le fossé entre les deux camps.

Le pouvoir judiciaire, à qui le président a interdit de contester ses décisions, est aussi divisé.

Le Conseil supérieur de la justice, en charge des affaires administratives de la magistrature, a décidé lundi de déléguer des magistrats pour superviser le référendum malgré l'appel au boycott de plusieurs juges, ouvrant la voie à la tenue du scrutin. Les élections doivent en effet être placées sous supervision judiciaire en Egypte.

Mais mardi, le Club des juges, un syndicat professionnel en faveur du boycott, a campé sur sa position.

"Nous ne pardonnerons pas" aux juges qui superviseront le vote, a lancé son président, Ahmed al-Zind, en affirmant que le nombre de juges opposés à la supervision du référendum dépassait de loin le nombre de ceux y étant favorables.

M. Morsi assure que son décret est "temporaire" et qu'il vise à accélérer les réformes démocratiques et à mettre fin à une tumultueuse période de transition. L'opposition estime qu'il s'engage dans la voie dictatoriale qui a coûté la présidence à Hosni Moubarak, et exige qu'il annule ses décisions.

Pour les autorités, le référendum aura bien lieu et les Egyptiens de l'étranger sont appelés à voter à partir du samedi 8 décembre.

Le projet de loi fondamentale, adopté en toute hâte par une instance dominée par les islamistes, est accusé de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, et d'ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.

Pour protester, plusieurs quotidiens indépendants et d'opposition ont décidé de ne pas paraître mardi.

 

 

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 18:08

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 04.12.2012 à 10h24 • Mis à jour le 04.12.2012 à 11h36

 

 

Plusieurs quotidiens indépendants et d'opposition égyptiens ont décidé de ne pas paraître, mardi 4 décembre, pour protester contre les articles concernant la presse et les libertés dans le projet de Constitution devant être soumis à référendum le 15 décembre.

Il s'agit de "faire face à la tyrannie", a affirmé le quotidien Al-Tahrir sur son site Internet. Les journaux entendent "protester contre les articles concernant la presse et les libertés dans le projet de Constitution (...) et rejeter le décret publié par le président de la République le 22 novembre", a de son côté indiqué Al-Masry Al-Yom.

Par ce décret, le président islamiste Mohamed Morsi a considérablement élargi ses pouvoirs, mettant notamment ses décisions et la commission chargée de rédiger la future Constitution à l'abri de tout recours en justice. Le président a convoqué un référendum pour le 15 décembre sur le texte adopté en toute hâte par la commission constituante, auquel il est reproché de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, et d'ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.

PROFONDE CRISE POLITIQUE

 

"Vous lisez ce message parce qu''Egypt Independent' s'oppose aux restrictions continues contre les libertés des médias, surtout après que des centaines d'Egyptiens ont donné leur vie pour la liberté et la dignité".

 

Le pendant anglophone d'Al-Masry Al-Yom, Egypt Independent, affichait un message sur fond noir sur son site Internet. "Vous lisez ce message parce qu'Egypt Independent s'oppose aux restrictions continues contre les libertés des médias, surtout après que des centaines d'Egyptiens ont donné leur vie pour la liberté et la dignité", a-t-il expliqué.

Les quotidiens gouvernementaux, comme Al-Ahram, étaient pour leur part disponibles mardi en version papier.

Des chaînes privées, comme ON-TV et Dream, doivent rejoindre le mouvement de protestation mercredi en ne diffusant pas de programme. Lundi, les journaux indépendants et d'opposition avaient déjà exprimé leur rejet des décisions du président en titrant simultanément "Non à la dictature".

L'Egypte vit une profonde crise politique qui divise le pays ainsi que le pouvoir judiciaire depuis le décret du 22 novembre. L'opposition a prévu une nouvelle manifestation mardi, dite du "dernier avertissement", devant le palais présidentiel.

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 16:29

 

 

 

Plusieurs dizaines de milliers d’Égyptiens étaient rassemblés, mardi 27 novembre, sur la place Tahrir au Caire pour protester contre le président Mohamed Morsi et sa décision de renforcer provisoirement ses pouvoirs.

Les manifestants, qui avaient commencé à se rassembler dès vendredi sur la célèbre place, ont défilé avec des banderoles comparant le président élu au mois de juin dernier à un « dictateur » ou un « pharaon ». De nombreux slogans visaient également les Frères musulmans, le mouvement islamiste dont est issu Mohamed Morsi.

 

 

Un reportage d'Euronews ce mercredi matin

 

Malgré les appels au calme, et l’annulation par les Frères musulmans d’une contre-manifestation, de nombreux affrontements ont été signalés, au Caire, mais également dans d’autres villes du pays, comme à Mahala, dans le Delta du Nil, où des manifestants se sont attaqués au siège du Parti de la liberté et de la justice, lié au Frères musulmans.

Au Caire, un militant du parti de gauche, l’Alliance populaire, est mort asphyxié lors d’incidents. Au total trois personnes sont mortes ces derniers jours lors des manifestations anti-Morsi. Les partisans du président, eux, ont recensé environ 80 blessés dans leurs rangs.

Les opposants avaient commencé à réinvestir la place Tahrir vendredi, au lendemain de la prise d’un décret accordant des pouvoirs élargis au chef de l’État, officiellement de manière temporaire et afin de mener certaines réformes politiques, économiques et sociales. Mais beaucoup d’Égyptiens voient dans ce texte le signe d’une dérive autocratique du pouvoir.

Le décret contesté permet, notamment, au chef de l’État de prendre toute mesure justifiée par « la défense de la révolution », une formule particulièrement vague. De plus, il prévoit également que les décisions prises à ce titre seront incontestables devant la justice. Mohamed Morsi a d'ores et déjà interdit le dépôt de tout nouveau recours devant la Haute cour constitutionnelle contre la commission chargée de rédiger la future constitution du pays, une commission dominée par les Frères musulmans.

Enfin, le décret prévoit la possibilité de lancer « de nouvelles enquêtes et de nouveaux jugements » dans les dossiers liés aux morts de manifestants lors de la révolution du printemps 2011. Ces nouveaux procès se tiendraient en outre devant une nouvelle juridiction. Les opposants craignent que le régime n'utilise ces procédures spéciales pour s'attaquer à des hauts fonctionnaires et des policiers actuellement en place.

 

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 17:45

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 23.11.2012 à 11h17 • Mis à jour le 23.11.2012 à 17h03


 

 

M. Morsi est qualifié par l'opposition de "Pharaon", comme son prédécesseur le président autocratique Hosni Moubarak.

 

De violentes manifestations ont eu lieu vendredi 23 novembre en Egypte pour dénoncer un décret qui accorde de nouvelles prérogatives au président Mohammed Morsi, accusé par l'opposition de confisquer les acquis de la révolution de 2011 et de se comporter en "nouveau Pharaon".

Au Caire, la place Tahrir a été envahie par des milliers de manifestants demandant le départ de Mohammed Morsi, accusé de mener un "coup d'Etat". La police a tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants. Ailleurs dans le pays, trois antennes du Parti de la liberté et de la justice, issu des Frères musulmans, ont été incendiées par des opposants. Des heurts entre partisans et adversaires de Morsi ont fait 12 blessés à Alexandrie.

A l'appel des Frères musulmans, des milliers de partisans du chef de l'Etat se sont rassemblés près du palais présidentiel, brandissant des portraits de Mohammed Morsi.

 

Des supporters du président Morsi, au Caire le 23 novembre 2012.

 

 MORSI QUALIFIÉ DE "PHARAON"

Renforcé par son succès diplomatique dans l'imposition d'une trêve entre Israël et les Palestiniens de Gaza, Mohammed Morsi, issu du mouvement islamiste des Frères musulmans, a justifié sa décision par sa volonté de "plaire à Dieu et à la nation". "Je prends mes décisions après avoir consulté tout le monde", a-t-il dit. Selon lui, l'Egypte est sur la voie de "la liberté et la démocratie".

Elu en juin premier président civil et islamiste du pays le plus peuplé du monde arabe, M. Morsi s'est arrogé dans une "déclaration constitutionnelle" le droit de "prendre toute décision ou mesure pour protéger la révolution" de 2011. "Les déclarations constitutionnelles, décisions et lois émises par le président sont définitives et ne sont pas sujettes à appel" tant que ne sera pas achevée la nouvelle Constitution, prévue mi-février, selon cette déclaration.

 

Lire : Morsi renforce ses pouvoirs, l'opposition appelle à manifester


M. Morsi cumule déjà les pouvoirs exécutif et législatif – la chambre des députés ayant été dissoute en juin –, et entretient des relations tendues avec une grande partie de l'appareil judiciaire. Il avait renforcé son pouvoir en écartant en août le ministre de la défense de l'ex-régime, Hussein Tantaoui.

 

"MORSI DICTATEUR TEMPORAIRE"

Les avocats, Mohamed El Baradei et Amr Moussa, opposants de poids, ont accusé  M. Morsi de "monopoliser les trois branches du pouvoir", et de chercher à "anéantir l'indépendance du pouvoir judiciaire". "Morsi a jeté de l'huile sur le feu au lieu d'agircomme un président pour toute l'Egypte" et conduit le pays vers "un enfer politique" selon M. Achour.

Le décret publié jeudi donne à l'Assemblée deux mois de plus pour rédiger la Constitution égyptienne, ce qui pourrait repousser au mois de février l'achèvement du processus nécessaire à la tenue de nouvelles élections législatives. Le président, qui a limogé le procureur général, a également ordonné la tenue de nouveaux procès pour les responsables de l'ancien régime impliqués dans des violences contre des opposants lors de la "révolution du Nil" de janvier-février 2011, ce qui implique qu'Hosni Moubarak, condamné en juin à la prison à vie, devrait lui aussi être rejugé.

A Genève, le porte-parole de Navi Pillay, haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, a souligné que le décret du président Morsi soulevait de "très graves questions" sur les droits de l'homme. A Bruxelles, l'Union européenne a appelé le président égyptien à respecter le processus démocratique.

 

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 16:32

 

 

Le Monde.fr | 21.10.2012 à 12h32 • Mis à jour le 21.10.2012 à 13h58

 

La journaliste Sonia Dridi a été agressée alors qu'elle intervenait en direct sur France 24, vendredi.

La correspondante en Egypte de France 24 Sonia Dridi a été agressée et victime d'attouchements sexuels vendredi 19 octobre place Tahrir au Caire, a-t-elle indiqué à l'AFP et sur France 24.

Elle raconte avoir été encerclée par une foule composée essentiellement de jeunes hommes, qui ont commencé à la toucher alors qu'elle intervenait en direct sur la chaîne d'information en continu aux alentours de 22 heures.

"J'ai été agrippée de partout. La foule nous a encerclé, plusieurs dizaines d'hommes et les attouchements ont commencé, a-t-elle témoigné sur France 24.

 "J'ai réalisé [plus tard], quand quelqu'un a reboutonné ma chemise, qu'elle était ouverte, mais pas déchirée. J'ai évité le pire grâce à la ceinture solide [que je portais]" et l'aide d'un ami, a-t-elle affirmé à l'AFP. Après avoir été "prise dans une sorte de mouvement de foule où des attouchements ont été commis" la journaliste a ajouté avoir trouvé refuge dans un restaurant fast-food de la place Tahrir.

"Elle a été secourue par son collègue Ashraf Khalil, correspondant égyptien pour la chaîne en anglais de France 24 et par d'autres témoins", indique le communiqué de France 24 qui précisent que les journalistes, "extrêmement choqués" vont "déposer plainte contre X". Jusqu'ici  lors d'affaires similaires, la police n'est pas parvenue à arrêter les responsables.

 

 PLUSIEURS PRÉCÉDENTS

De nombreuses femmes égyptiennes et étrangères se plaignent en effet du harcèlement dont elles font l'objet dans les rues du Caire.

Les témoignages venant de la place Tahrir faisant état de véritables agressions sexuelles, voire des viols, se sont multipliés ces derniers mois, sans susciter jusqu'ici de réaction des autorités. En juin, un groupe d'hommes avait même attaqué et agressé sexuellement plusieurs manifestantes lors d'une marche visant justement à dénoncer le harcèlement sexuel en Egypte.

Ces agressions ont été particulièrement médiatisées après que la journaliste américaine Lara Logan a raconté avoir été violée sur place Tahrir, le 11 février 2011, jour de la démission du président déchu Hosni Moubarak. En novembre 2011, Caroline Sinz journaliste à France 3 avait également été agressée sexuellement lors d'une manifestation qu'elle couvrait sur cette immense place de la capitale égyptienne. Peu avant elle, une journaliste égypto-américaine avait fait état de violences sexuelles de la part de policiers.

 

"AGRESSION RÉVOLTANTE"

La ministre de la culture et de la communication Aurélie Filippetti a exprimé dimanche sa "solidarité" ainsi que celle du gouvernement à Sonia Dridi qu'elle a pu joindre au Caire, dénonçant une "agression révoltante".

"La colère qui prévaut face à la difficulté des femmes reporters à pouvoir exercer leur métier librement dans certains pays, va de pair avec une détermination sans faille pour défendre partout la liberté de la presse et ceux et celles qui l'incarnent", indique la ministre dans un communiqué.

"Malheureusement, ajoute la ministre, les attaques sur des femmes journalistes sont aussi un témoignage douloureux de la situation terrible des femmes dans certaines régions du monde. Leur courage pour en parler est aussi le moyen de faire évoluer la situation pour toutes les autres femmes", conclut-elle.

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 18:35

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 19.10.2012 à 20h23

 

La manifestation était organisée par plusieurs groupes et formations ayant lancé le soulèvement populaire qui a mis fin au règne de Hosni Moubarak début 2011, et qui dénoncent aujourd'hui la prédominance des islamistes dans la vie politique.

Quelques milliers d'Egyptiens ont manifesté vendredi 19 octobre contre l'influence des islamistes, critiqués notamment pour leur prédominance dans la commission constituante, une semaine après des manifestations qui ont dégénéré en heurts place Tahrir au Caire.

Les manifestants sont partis de plusieurs points du Caire pour converger place Tahrir, où une centaine de personnes avaient été blessées une semaine auparavant dans des heurts entre islamistes et adversaires libéraux ou laïques. "Liberté, justice, à bas la commission constituante", ont-ils scandé. Ils ont également crié des slogans hostiles à Mohamed Badie, numéro 1 des Frères musulmans, dont est issu le président Mohamed Morsi.

La manifestation était organisée par plusieurs groupes et formations ayant lancé le soulèvement populaire qui a mis fin au règne de Hosni Moubarak début 2011, et qui dénoncent aujourd'hui la prédominance des islamistes dans la vie politique.

Le sort de la commission constituante est suspendu à une décision - attendue le 23 octobre - de la justice administrative, qui doit se prononcer sur des plaintes mettant en cause la constitutionalité de la commission et le mécanisme utilisé pour le choix de ses membres, majoritairement islamistes.

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 16:33

 

LE MONDE | 24.09.2012 à 12h40 • Mis à jour le 24.09.2012 à 12h50

Par Claire Talon

 

Au Caire, un graffiti représentant l'ex-président Hosni Moubarak et le militaire Hussein Tantawi, avec deux candidats à l'élection présidentielle, Amr Moussi et Ahmed Chafiq (tout à gauche).

Charlie Hebdo s'en réjouira-t-il ? Ses caricatures ont à peine attiré l'attention des Egyptiens. Alors que des milliers de Cairotes avaient manifesté une semaine plus tôt leur colère contre la vidéo américaine qui représente le prophète Mahomet en pédéraste débile et sanguinaire (déclenchant une vague de violence dans l'ensemble du monde musulman), ils étaient moins de cinquante, vendredi 21 septembre, devant l'ambassade de France au Caire à s'emporter contre le dessin du postérieur dénudé du prophète publié par l'hebdomadaire français.

Lassitude de l'opinion ou volonté des autorités de faire cesser la polémique ? Au moment même où l'on s'arrachait à Paris les exemplaires de cette édition controversée de Charlie Hebdo, c'est une tout autre polémique qui agitait les rues du Caire et occupait les colonnes de journaux. Faut-il protéger les graffitis au nom de la liberté d'expression ?, se demande-t-on en Egypte, où les autorités ont fait disparaître, mercredi, une fresque en plein air qui était devenue un temple international du street art contestataire.

Ce n'est pas le prophète Mahomet qu'on vénérait sur le célèbre mur de la rue Mohammed-Mahmoud, mais la mémoire des "martyrs" de la révolution, la haine de l'armée et de la police, et l'esprit de rébellion et de provocation qui s'est donné libre cours pendant et après le soulèvement. Jeudi, on s'interrogeait dans les rangs des tagueurs de toutes obédiences accourus aussitôt sur les lieux pour ranimer ce mémorial, sur l'empressement des autorités à détruire des images devant lesquelles se pressaient depuis des mois les touristes et les analystes du monde entier. Certains soupçonnent déjà des fonctionnaires zélés, galvanisés par l'arrivée des islamistes au pouvoir, de chercher à censurer des représentations qu'ils estiment interdites par l'islam.

Mais les motivations de la nouvelle élite au pouvoir semblent beaucoup plus prosaïques : depuis quelques semaines, les nouveaux gouverneurs fraîchement nommés par Mohammed Morsi s'appliquent à nettoyer les rues du Caire et d'Alexandrie avec un zèle qui n'a d'égal que le mépris général pour les autorités léguées par le régime de l'ancien raïs Hosni Moubarak.

C'est en laissant des pans entiers de la population se loger et travailler dans l'illégalité totale que le président déchu achetait la paix sociale. Au point de cultiver au mieux une indifférence totale à la législation, au pire une véritable haine des autorités. Comment la jeune démocratie égyptienne se construira-t-elle à partir d'un tel héritage, une tradition de défiance si forte vis-à-vis de la loi ?

A défaut de véritables réformes de fond, l'espace public est devenu, depuis l'élection de Mohammed Morsi, l'enjeu d'une bataille féroce sur les apparences. Comme animés par le fantasme de la page blanche, les Frères musulmans semblent bien décidés à "nettoyer" les rues d'Egypte avant même d'épurer un appareil d'Etat gangrené par la corruption.

Autour de la place Tahrir vidée de ses tentes, où jardiniers et paysagistes ont été chargés de faire pousser des fleurs et des palmiers, des escouades de policiers traquent désormais les graffitis mais aussi les milliers de vendeurs ambulants qui peuplent les rues du Caire. Une initiative problématique dans une mégalopole surpeuplée où l'économie informelle représente plus du tiers du produit intérieur brut.

Le 7 septembre à Alexandrie, c'est le célèbre marché aux livres de la rue Nabi-Daniel, véritable institution culturelle, sur lequel la police s'est déchaînée, renversant les étals à coups de pied, déchirant les livres, broyant les étagères. L'opération a provoqué un tel tollé que le ministre de la culture lui-même a dû manifester sa réprobation.

Dans leur souci d'épuration, les Frères musulmans ont aussi lancé quelques groupes de jeunes bien intentionnés à l'assaut des tas d'immondices qui jonchent les rues des villes du pays. Une initiative cosmétique qui a provoqué les sarcasmes des chiffonniers, aux prises depuis des décennies avec ce phénomène.

Les fantaisies végétales et les rêves d'ordre superficiel des autorités ne leurrent pas les victimes de la répression policière. Réfugiés dans les halls d'immeubles, les vendeurs ambulants laissent parler leur colère contre l'Etat. "Pour rétablir la confiance, il faudrait d'abord que l'Etat donne aux gens, avant de leur prendre quoi que ce soit !", s'emporte un homme qui tente de sauver sa marchandise. "A part les ordures...", se reprend-il en envoyant valdinguer un tas d'immondices.

Le rêve d'une légalisation des graffitis semble plus irréel que jamais, même si, au lendemain de la destruction de la fresque de la rue Mohammed-Mahmoud par la police, le premier ministre, Hisham Qandil, a pris ses distances vis-à-vis du gouverneur du Caire, et condamné le nettoyage du mur, encourageant les tagueurs à produire, place Tahrir, de nouveaux graffitis "fidèles à l'esprit de la révolution".

Sur les murs situés au coeur de la révolution de 2011, on n'a pas attendu longtemps pour lui répondre : "Quand on change de pantalon sans se laver, on attrape des champignons", pouvait-on lire le soir même sur une façade de la rue Talaat-Harb, à l'endroit même où la police venait d'arrêter un vendeur de tee-shirts. Et, rue Mohammed-Mahmoud, une superbe tête tirant la langue en signe de défi proclamait crânement : "Efface encore, régime de trouillards ! Efface, efface, je dessine."

coco.boer@yahoo.fr

Claire Talon

 

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