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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 18:30

 

 

Source : https://eric-verhaeghe.entreprise.news/2017/01/31/paradis-fiscaux-comment-le-rsi-sy-enrichit-avec-largent-des-entrepreneurs/

 

 

Paradis fiscaux: comment le RSI s’y enrichit avec l’argent des entrepreneurs

 

 

 

Les paradis fiscaux sont, officiellement, le refuge des méchants capitalistes qui s’enrichissent en échappant à l’impôt. Mais en grattant dans la vie de notre bon régime social des indépendants, chargé d’une mission de service public par l’article L 611-3 du Code de la Sécurité Sociale, on s’aperçoit qu’il s’adonne sans vergogne au même sport. Mais avec l’argent des entrepreneurs.

 

Le RSI, administrateur d’Amundi

Premier point d’étrangeté: en 2014, le Régime Social des Indépendants, ès-qualité, a obtenu un siège au conseil d’administration de la société Amundi, structure de gestion d’actifs créée par deux banques insoupçonnables: le Crédit Agricole et la Société Générale. Les indépendants seront heureux d’apprendre que des liens aussi étroits unissent leur régime de protection sociale, obligatoire et monopolistique, à des banques commerciales et d’investissement.

Si certains ont un doute, on trouvera une mention de cette nomination dans le règlement de l’OPCVM Amundi Euroland Convertibles:

 

 

http://eric-verhaeghe.entreprise.news/wp-content/uploads/sites/11/2017/01/Capture-d%E2%80%99e%CC%81cran-2017-01-31-a%CC%80-00.09.46.png

Fin 2014, le conseil d’administration de l’OPCVM a donc connu quelques changements majeurs, avec cette arrivée triomphale du RSI.

 

L’étrange représentant du RSI au conseil d’administration

Les lecteurs les plus vicieux du rapport annuel de l’OPCVM ne manqueront pas de relever cette étrange information donnée en page 14 sur ce fameux Jean-Luc Vitré, démissionnaire, qui cède sa place au RSI:

Traduction: Jean-Luc Vitré, administrateur d’Amundi, a perdu son mandat au cours de l’exercice pour reprendre un autre mandat au titre d’Amundi. Il est subitement devenu représentant du RSI. Et, au passage, on notera sur sa page Linkedin:

 

Du coup, on ne comprend pas trop la combine: le directeur des placements financiers du RSI siégeait au titre d’Amundi dans le conseil d’administration de l’OPCVM qui investit une partie des fonds du RSI.

En tout cas, et sans chercher de complication, cette affaire n’est pas simple.

 

Des investissements dans les paradis fiscaux

En effeuillant le rapport annuel de cet OPCVM qui gérait 200 millions de dépôts en 2015, on va de surprise en surprise. Officiellement, le fonds ne concerne que l’Euroland. Mais la liste des « instruments » montre une réalité un peu différente.

On trouve par exemple cette petite synthèse des opérations:

http://eric-verhaeghe.entreprise.news/wp-content/uploads/sites/11/2017/01/Capture-d%E2%80%99e%CC%81cran-2017-01-31-a%CC%80-00.34.22.png
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http://eric-verhaeghe.entreprise.news/wp-content/uploads/sites/11/2017/01/Capture-d%E2%80%99e%CC%81cran-2017-01-31-a%CC%80-00.35.08.png

Ben oui, vous l’ignoriez sans doute, mais l’Euroland intègre désormais les Emirats Arabes Unis, les îles Caïmans et Jersey. Accessoirement, les deux derniers sont des paradis fiscaux… où l’argent du RSI peut prospérer en toute bonne conscience.

C’est vrai que l’évasion fiscale est une activité tout à fait louable quand on est chargé d’une mission de service public.

 

Les placements incongrus du RSI

Au passage, on notera que l’OPCVM qui gère les fonds du RSI a placé les dépôts dans des structures tout ce qu’il y a de plus honnête.

Par exemple, Siem Industries est un conglomérat norvégien immatriculé aux Iles Caïmans. C’est donc bien une entreprise de l’UE! On dira la même chose de la société émiratie Aabar, qui possède par exemple la Falcon Private Bank, spécialisée dans les services aux familles les plus riches. Et que dire de Gabriel Finance, spécialisé dans l’immobilier de luxe?

Le monde est merveilleux… le RSI met parfois des entrepreneurs en faillite pour récupérer un argent qui sert à financer des entreprises tout à fait en rapport avec l’objet social du régime. Comme on le voit.

 

 

Source : https://eric-verhaeghe.entreprise.news/2017/01/31/paradis-fiscaux-comment-le-rsi-sy-enrichit-avec-largent-des-entrepreneurs/

 

 

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 17:44

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Accueil

Dans un village de la Loire, la haine et les clichés submergés par une vague de solidarité avec les migrants

 

par

 

 

 

 

En septembre 2016, l’annonce de l’ouverture d’un centre d’accueil et d’orientation pour réfugiés, en plein centre du village de Valfleury, dans la Loire, a d’abord généré un torrent de peurs fantasmées, voire de haine. Mais depuis l’arrivée des migrants, contraints de quitter la jungle de Calais, un immense élan de solidarité a gagné la commune rurale et ses environs, à proximité de Saint-Étienne. Depuis trois mois, plus de 220 bénévoles, bien coordonnés par un collectif d’habitants, proposent leur aide sous des formes très variées. A mesure que les migrants sont déplacés, d’autres citoyens, ailleurs, s’inspirent de leur solidarité. Reportage.

Odile et Gilbert se souviennent parfaitement de ce 23 septembre 2016. Les 732 habitants de Valfleury, paisible commune rurale de la Loire, non loin de Saint-Etienne, sont alors invités à une réunion publique, en présence de la mairie et de représentants de la préfecture. Une réunion qui va déclencher peurs, clichés xénophobes, voir haine parmi les habitants. Son objet : l’ouverture d’un « CAO », un centre d’accueil et d’orientation, dans un bâtiment désaffecté du village où sera hébergé une cinquantaine d’hommes en provenance de Calais et de son bidonville évacué. 300 personnes font le déplacement. « Beaucoup n’étaient pas du village, il y avait même une conseillère régionale du Front national », se souvient Gilbert.

Peurs irrationnelles et discours xénophobes émaillent alors la réunion. « Cela devient inquiétant, le pays est envahi », réagit une personne. « Avec tous ces attentats, qu’est-ce qu’ils vont faire ? », interroge une autre. « Je trouve que c’est tout à fait honteux. On se fait envahir silencieusement, c’est inadmissible. Ces gens là quand ils vont voler, piller, violer... Il n’y aura pas de gendarmes », répond une troisième. « Mes enfants ne veulent même pas sortir s’il y a des immigrants », « nos filles vont se faire violer, ça va finir comment ? », entend-on encore [1].

 

Débordés par l’élan collectif

« A un moment, j’ai demandé : "mais que faites-vous de la solidarité ?" Et on m’a répondu : "Vous n’avez qu’à les prendre chez vous" ! », témoigne Odile. Une manifestation est organisée deux jours plus tard. La préfecture décide de réduire le nombre de migrants accueillis à 34 personnes. Les deux septuagénaires, eux, tiennent bon, et refusent de se laisser submerger par la méfiance et la peur.

Les anciens locaux de l’Adapéi transformés en centre d’accueil et d’orientation jusqu’à avril 2017.

 

Dès le lendemain de l’arrivée de la trentaine d’afghans, koweïtiens, érythréens, soudanais, pakistanais et irakiens, Odile et Gilbert se rendent au centre d’hébergement. « Nous voulions les accueillir chaleureusement mais nous ne connaissions pas leurs besoins. » En dépit des barrières de la langue, le couple comprend que les migrants ont, entre autres, besoin de piment, de café et de thé. Gilbert décide de mettre en place un site internet pour coordonner les bonnes volontés, prêtes à aider. Avec Ghislaine et René, un autre couple d’amis de Valfleury, ils initient une première réunion, le 4 novembre, via notamment les paroisses alentours. Une soixantaine de personnes répondent à l’appel ! Des représentants du Secours populaire, du Secours catholique et du CCFD [2] sont aussi présents.

Dans les ruelles du village de Valfleury.

 

Les propositions d’aide concrètes et variées affluent via un questionnaire, réalisé avec les résidents du CAO. Cours de français par des instituteurs à la retraite, traduction, organisation de randonnées, dons de vêtements et de nourriture, coupe de cheveux, aide dans les démarches administratives... Ghislaine, René, Odile et Gilbert doivent organiser le soutien et répartir les bénévoles en commissions de travail (randonnées, langues, transports, animation culturelle, cuisine...). Un « vestiaire » s’ouvre au premier étage du centre, afin de gérer les vêtements et chaussures donnés. « Du matériel a été acheté pour la cuisine », ajoute Ghislaine.

Réunion du collectif citoyen chez Ghislaine et René, avec Gilbert, Odile et Pascale.

Un premier repas partagé est organisé le 19 novembre. « L’un des Afghans est cuisinier dans son pays et il est venu avec deux grands plats de riz. C’était une très bonne soirée », se souvient René. Lors du jour de l’An, le collectif organise un réveillon solidaire. Quatre-vingt dix personnes s’inscrivent. Une semaine plus tôt, pour le réveillon de Noël, le collectif lance « une famille, un migrant » pour que les migrants qui le souhaitent soient invités à diner dans des familles. « Trop de familles s’étaient proposées, il n’y avait pas assez de migrant ! », plaisante René. Le souvenir de la terrible réunion publique, deux mois plus tôt, s’estompe. « Ce qui y a été dit est insupportable, on doit accueillir ces gens. Nous ne voulions pas laisser cette image des habitants de Valfleury, c’est pour cela que nous sommes là aujourd’hui », explique Françoise, qui vient de Saint-Etienne.

Un an plus tôt, la solidarité « bloquée par les politiques »

Les généreuses initiatives ne se tarissent pas avec la nouvelle année. Patrick habite Saint-Christo, un village à trois kilomètres de Valfleury. Mi-janvier, il a organisé un match de foot amical avec son club et les réfugiés. « L’idée, c’était de leur faire changer d’air, de partager un moment de foot avec eux. » Des joueurs leur prêtent des tenues. « Nous avons mélangé les équipes afin de ne pas être les uns contre les autres mais de jouer ensemble. Les bénévoles nous ont dit qu’ils ne les avaient pas vu rire autant depuis bien longtemps. » Patrick attend l’arrivée des beaux jours pour organiser un nouveau match.

L’appel du Pape aux paroisses de France, un an plus tôt, d’accueillir chacune au moins une famille de réfugiés, a joué un rôle précieux. « Dans notre paroisse, nous étions alors environ quatre-vingt à nous être engagés à fournir une aide matérielle, culturelle ou financière », raconte Pascale, professeure d’anglais. Mais les attentats de novembre 2015 changent la donne. « Cet élan de solidarité a été bloqué par les politiques », déplore l’enseignante. Un an plus tard, elle est rassurée de voir autant de personnes motivées pour aider. Fin janvier 2017, ils sont plus de 220 bénévoles à suivre les activités du collectif citoyen de Valfleury. Odile et Gilbert ont presque réussi leur pari.

« Les gens n’étaient pas préparés »

Presque, car si des dizaine de bénévoles viennent des trente kilomètres alentours, se déplaçant même de Saint-Etienne, à Valfleury même, la solidarité demeure timide.Une quinzaine d’habitants seulement participent aux activités de soutien. « La violence est retombée mais il y a une espèce d’indifférence », observe Ghislaine. L’engagement de la préfecture à fermer le CAO d’ici avril encouragerait une forme de « neutralité ». Certains préjugés ont toutefois été dépassés. « Nous sommes dans un village où il ne se passe pas grand chose. Les gens n’étaient pas préparés ; ils ont eu peur, mais j’ai l’impression que cela s’est calmé », confie Chantal, retraitée après avoir tenu le café-restaurant du village pendant dix-huit ans. Il est aujourd’hui à vendre.

Réservée au départ, elle a franchi le pas en contactant le collectif. « Je leur ai dit que s’ils avaient besoin de quoi que ce soit, j’avais du temps de libre et je pouvais rendre service. Je n’osais pas aller au centre toute seule, alors nous y sommes allés ensemble. Ghislaine m’a présentée les résidents. Je n’avais pas apporté grand chose mais nous avons été très bien reçus. Ils m’ont offert le thé. Je suis contente d’avoir fait ce geste. Mon problème, c’est que je ne parle pas anglais. » Depuis, elle dit s’être rendue seule au centre « trois ou quatre fois », pour apporter un peu de nourriture.

Vue du village de Valfleury.

 

« Les gens qui étaient contre l’arrivée des migrants se sont apaisés, confirme Michel Maisonnette, le maire de Valfleury. Ils craignaient que ces migrants, qui étaient des hommes seuls, viennent tout casser. Je comprenais cette crainte, mais j’ai toujours insisté sur le fait que ces gens n’étaient pas des sauvages mais des humains. Et qu’ils n’avaient aucun intérêt à créer des problèmes, car ils n’auraient alors aucune chance d’obtenir le droit d’asile. »

« À partir du moment où l’État nous désigne parce qu’on a un bâtiment disponible, notre rôle est de faire en sorte que tout se passe bien, poursuit-il. C’était inhumain de laisser ces gens passer un hiver de plus dehors. » L’élan de solidarité réjouit le maire qui a lui-même reçu une cinquantaine de propositions dans les jours suivant l’arrivée des migrants : « Ce n’était pas facile de gérer les bénévoles. C’est une bonne chose que les volontaires de Valfleury aient pris ça en main. »

 

Tisser un maillage de solidarités

Mais les bonnes volontés se heurtent parfois à la rigidité des gestionnaires du CAO [3]. Y compris lorsqu’il s’agit de les aider à mieux lire, écrire, et parler en français. Des instituteurs bénévoles viennent trois fois par semaine, et les résidents sont « très motivés » pour pratiquer davantage, selon Pascale, la professeure d’anglais. Une cinquantaine de personnes se sont ainsi portées volontaires pour des cours de conversation, et Pascale était prête à établir un planning. Problème : la direction administrative du CAO a refusé [4].

Les bénévoles redoutent désormais l’éparpillement des quinze résidents restant dans différents centres d’accueil. « Ce qui est précieux pour eux à Valfleury c’est l’entourage, souligne René. Des gens qui passent, s’assoient pour boire le thé... A l’endroit où ils vont être envoyés, ils ne connaissent personne. » De nouveaux liens se tissent donc avec des habitants proches des centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) de la Loire, qui doivent les accueillir. Le collectif lancé par Odile et Gilbert a également contribué à créer Solaré (Solidarité dans l’Ouest lyonnais avec les réfugiés et les exilés). A Valfleury, ce 28 janvier, un nouveau repas est partagé. René est désormais sûr d’une chose : « Un étranger, c’est un ami que tu n’as pas encore rencontré ».

Texte et photos : Sophie Chapelle

Photo de une : Randonnée le 28 janvier sur les hauteurs de Valfleury, après le repas partagé au CAO.

 

 

Notes

[1Écouter à ce sujet le reportage de France Culture dans l’émission Les pieds sur terre, intitulé « La réunion ».

[2Comité catholique contre la faim et pour le développement.

[3A Valfleury, l’association Pierre Valdo a en charge l’accueil des migrants dans les locaux – chaque homme a une chambre avec un lit une place, cuisine collective, douches, machine à laver – ainsi que tout ce qui relève de la santé et de l’administratif. L’association reçoit une aide de l’État de 25 euros par jour et par personne accueillie (voir ici).

[4Contactée, la direction du CAO n’a pas souhaité donner suite à notre demande d’entretien.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 14:16

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/200217/le-discours-de-noam-chomsky-le-30-novembre-2016-paris

 

 

Le discours de Noam Chomsky le 30 novembre 2016 à Paris

 

 

Le philosophe Noam Chomsky, figure mondialement réputée de la linguistique et intellectuel engagé à la gauche de la gauche, devait recevoir le 30 novembre 2016 une distinction scientifique à l’Assemblée nationale, à Paris. L'événement a finalement été annulé en dernière minute à la demande du groupe socialiste. Pris de court, les organisateurs se sont donc tournés vers le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris qui a accepté d'accueillir cette cérémonie dans l'urgence. Voici le discours de Noam Chomsky traduit par le site www.les-crises.fr.

 

 

 

L'espèce humaine est sur Terre depuis environ 200 000 ans. C'est un séjour très bref à l'échelle de l'évolution. Durant cette période, les humains ont fait face à de nombreuses crises. Pour s'en tenir à l'Europe et à l'époque moderne, la guerre de Trente Ans au XVIIe siècle fut dévastatrice, exterminant peut-être un tiers de la population de l'Allemagne. Il est inutile de passer en revue les détails de la guerre de Trente Ans du XXe siècle, de 1914 à 1945. Cette guerre abominable prit fin en août 1945; le 6 août, nous apprenions que l'intelligence humaine avait découvert les moyens de mettre un terme à 200 000 ans d'expérience humaine.

 

Il n'y avait aucun doute au fait que la capacité de destruction augmenterait, se diffuserait dans de nombreuses mains, augmenterait le risque d'autodestruction de l'humanité. Il y eut de nombreuses opportunités pour réduire significativement ou même éliminer la menace. La plupart ont été ignorées, parfois de façon vraiment surprenante: je n'ai pas le temps d'entrer dans les détails, mais c'est une histoire stupéfiante. Des opportunités existent encore et éliminer ce fléau n'est pas un rêve utopique, bien que les obstacles soient importants. Il y a beaucoup à dire sur cette histoire révélatrice et les options actuelles, mais mettons cela de côté pour l'instant.

 

Revenons au 6 août 1945. En ce jour sinistre, l'humanité entra dans une nouvelle ère, celle de l'âge nucléaire. Une ère qui a peu de chances de perdurer. La liste des cas où on l'a échappé belle est absolument effarante; nous sommes parfois passés à quelques minutes du désastre final. Ce fut souvent à cause d'accidents ou d'erreurs, dans quelques cas marquants à cause de l'inconscience de nos dirigeants.

 

De plus, juste en ce moment, la menace s'amplifie à la frontière russe, entraînant l'inquiétude des autorités, à juste titre, que la menace d'une guerre nucléaire n'approche le niveau des phases les plus critiques de l'ère atomique. Et l'histoire est sans équivoque: soit nous mettons fin à l'ère atomique, soit l'ère atomique sera notre fin.

 

Certes, nous n'en avions pas conscience en 1945, mais nous savons aujourd'hui qu'une ère nouvelle et néanmoins tout aussi dangereuse a débuté à ce moment-là : une nouvelle époque géologique baptisée l'Anthropocène, une époque définie par l'impact extrême de l'humanité sur l'environnement.

 

Nous savons aujourd'hui que nous sommes bel et bien entrés dans cette nouvelle époque ainsi que dans une période de destruction des espèces, que l'on nomme la 6e extinction, comparable à la 5e extinction qui s'est produite il y a 66 millions d'années lorsqu'un astéroïde a percuté la Terre, détruisant 75% des espèces, mettant fin à l'âge des dinosaures et ouvrant la voie aux petits mammifères, et finalement à l'espèce humaine très récemment.

 

Il ne nous a pas fallu longtemps pour reproduire les mêmes effets que l'astéroïde, à quelques différences près. Lors de la 6e extinction, celle qui est en cours, les grands animaux sont décimés à une vitesse démesurée, une particularité caractéristique de l'histoire humaine qui a moins de 200 000 ans, a contrario des précédentes extinctions.

 

Il y a aujourd'hui un large consensus sur le fait que nous sommes pleinement dans l'Anthropocène, néanmoins il existe certains désaccords sur le moment exact où les changements devinrent suffisamment extrêmes pour marquer le début de cette nouvelle époque géologique. Il y a quelques mois, le groupe de travail officiel sur l'Anthropocène est parvenu à une conclusion sur ce sujet. Et a recommandé au Congrès Géologique International que l'on date le commencement de l'Anthropocène à la naissance de l'âge atomique, à la fin de la Seconde Guerre mondiale en août 1945, c'est-à-dire lorsque les bouleversements radicaux de l'environnement liés à l'impact humain sont devenus véritablement dramatiques. Ainsi, selon leur analyse, l'Anthropocène et l'âge atomique coïncident pour constituer une double menace pour la perpétuation de la vie humaine organisée.

 

On peut, sans exagérer, comparer la fin de la Seconde Guerre mondiale au moment critique où les lemmings, sous forme humaine, se mettent en route et se jettent avec une détermination méthodique dans le précipice, vers leur désastre final. Nous en avons appris beaucoup plus sur cette marche déterminée et méthodique vers le désastre le 8 novembre dernier, une date qui sera peut-être historique à en juger par la gigantesque couverture médiatique et l'examen minutieux que les événements de ce jour ont reçu.

 

Le ton général de la couverture médiatique a été élégamment capturé par la Une de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Une caricature représentait une énorme tête de Donald Trump, en forme de météorite, fonçant vers une Terre minuscule, avec la bouche béante pour la dévorer, et comme titre : « Das Ende der Welt » (La Fin du Monde). En plus petites lettres, en dessous, on pouvait lire « Wie wir sie kennen », soit « tel qu'on le connaît », donc « La fin du monde tel qu'on le connaît ». Et il y a effectivement des raisons de penser que les événements du 8 novembre sont un signe de la fin du monde tel qu'on l'a connu, même si pour moi ça n'est pas dans le sens de cette caricature et d'autres du même style. Il y a eu en fait deux événements majeurs le 8 novembre dernier.

 

Le premier est l'élection américaine durant laquelle le Parti Républicain a pris le contrôle des 3 branches du gouvernement : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, et très bientôt le pouvoir judiciaire avec la Cour Suprême. Cet événement a bénéficié d'une couverture médiatique hors du commun pendant de nombreuses semaines. Il est difficile de trouver une frénésie comparable dans le passé.

 

Le deuxième événement majeur de ce 8 novembre n'a presque pas été couvert par les médias même si on peut démontrer qu'il a une portée bien plus grande que les élections et peut être vu comme un présage de la fin du monde tel qu'on le connaît.

 

Je veux parler d'un événement qui a eu lieu le 8 novembre à Marrakech, au Maroc, à la COP22 où 200 pays se rencontraient pour essayer de continuer les efforts engagés lors de l'accord obtenu à la COP21 de Paris en décembre 2015. A Marrakech, le 8 novembre, l'Organisation météorologique mondiale a présenté une étude évaluant le stade actuel de l'Anthropocène. L'étude indique que les 5 dernières années ont été les plus chaudes enregistrées, et que cette année est destinée à établir un nouveau record. Le niveau des mers monte à une vitesse qui va probablement encore s'accélérer, et ce de façon brutale, en raison de la fonte des calottes glaciaires, qui est bien plus rapide que prévue, en particulier celle de l'Antarctique.

 

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a déjà indiqué que la surface des calottes glaciaires de l'Arctique sur les 5 dernières années est presque 30% en dessous de la moyenne des 30 dernières années. C'est particulièrement notable car cela réduit l'effet bénéfique de la glace polaire qui renvoyait les rayons solaires, et ainsi accélère les effets désastreux du réchauffement climatique, en particulier celui de la montée du niveau des mers. L'étude de l'OMM a également ajouté que la hausse des températures était déjà dangereusement proche du seuil de 1.5°C, qui était établi comme la limite lors de la COP21 à Paris. Elle incluait également d'autres rapports et prévisions dramatiques. Le but à Marrakech était de négocier des façons de mettre en œuvre l'accord de la COP21 en fournissant un plan d'action détaillé. Cela n'a pas fonctionné en raison du second événement du 8 novembre, l'élection américaine.

 

La conférence de Marrakech s'est ouverte et mise au travail le 7 novembre. Le 8 novembre sortait le rapport de l'Organisation mondiale de météorologie. Le 9 novembre, le mandat de la conférence changea complètement. La question qui domina dès lors la conférence fut de savoir si le président élu aux États-Unis retirerait effectivement les États-Unis de l'Accord de Paris comme il avait promis de le faire. Et chacun se posait la question de savoir si l'accord pourrait survivre à un tel coup. La conférence s'est poursuivie avec cette ombre et s'est terminée presque sans résultat significatif. Ce dont nous avons été témoins est très marquant. À la conférence de Marrakech, il y a eu un pays qui a montré la voie pour soutenir les espoirs d'une survie civilisée, la Chine. La Chine est en tête pour porter les espoirs de la survie. En montrant au monde la voie vers le désastre, ce fut le leader du monde libre. C'est le pays le plus puissant dans l'histoire du monde qui a porté un sérieux coup aux espoirs de survie d'une société humaine organisée. Ce n'est pas facile de trouver les mots pour décrire ce spectacle. Tels sont les faits.

 

En fait, ce dont nous avons été témoins ces derniers mois n'est pas moins stupéfiant que la folie électorale des États-Unis qui a fasciné le monde. Mais pour des raisons étranges, ce qui a capté l'attention du monde sont les mots de Mitt Romney « l'intimidation, la cupidité, la frime, la misogynie, les scènes absurdes dignes de l'école primaire de Donald Trump. » Voilà ce qui a fasciné le monde.

 

En attendant, le fait le plus important du processus électoral a à peine été mentionné, à savoir le strict évitement des problématiques dont les deux crises les plus importantes auxquelles l'espèce humaine n'a jamais été confrontée en 200 000 ans sur Terre. La menace de guerre nucléaire et la menace de catastrophes environnementales, n'ont quasiment pas été mentionnées.

 

Le changement climatique n'a pas été entièrement ignoré. Durant la primaire des Républicains, sur laquelle l'attention du monde était braquée, chaque candidat, sans exception, a rejeté les espoirs des conférences de Paris et du Maroc. Et la plupart ont tout simplement nié que ce qui est en train de se passer arrive.

 

Les seules exceptions sont ceux salués comme raisonnables et modérés, comme Jeb Bush, qui a dit que la science est dans l'incertitude, que nous n'avons pas à faire quoi que ce soit, parce que nous produisons plus de gaz naturel grâce à la fracturation. L'autre modéré était le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, qui a convenu que le réchauffement climatique était probablement en cours et a ajouté : « Nous allons brûler du charbon dans l'Ohio, et nous n'allons pas nous excuser pour ça. » C'est un déni total.

 

Le candidat élu appelle à une augmentation rapide de l'utilisation des combustibles fossiles, y compris le charbon, le plus dangereux, à l'élimination des réglementations, et, en pratique, au démantèlement de l'Agence de protection de l'environnement, à refuser d'aider les pays en développement qui cherchent à progresser vers l'énergie durable - qui est une pierre fondatrice des conférences de Paris et de Marrakech - et en général à courir vers le précipice le plus rapidement possible.

 

Le déni des Républicains a déjà un impact significatif. On avait espéré que les négociations de la COP21 à Paris aboutiraient à un traité viable mais cet espoir a été abandonné parce que le Congrès des États-Unis, républicain, n'a accepté aucun accord contraignant. Et donc l'engagement était un accord volontaire beaucoup plus faible, évidemment.

 

Et maintenant les suites. La conférence de Marrakech s'est terminée avec un problème réel du fait de l'inquiétude que tout cela soit vain et du fait de la position du leader du monde libre. Là encore, il est difficile de trouver les mots pour décrire ce qui arrive, car c'est à peine mentionné dans la couverture massive de ces problèmes et de ces événements ? À vrai dire, l'impact du réchauffement climatique global pourrait bientôt être plus clairement apparent qu'il ne l'est déjà.

 

Par exemple, prenez le Bangladesh. Rien qu'au Bangladesh, des dizaines de millions de personnes devront fuir les basses plaines dans les années à venir, à cause de la hausse du niveau de la mer et d'un climat plus violent. Cela va créer une crise migratoire qui fera passer celles d'aujourd'hui pour insignifiantes. Le principal climatologue du Bangladesh a déclaré, à juste titre, que ces migrants devraient avoir le droit d'émigrer dans les pays d'où proviennent tous ces gaz à effet de serre. Des millions devraient pouvoir venir aux États-Unis et dans les autres pays qui se sont enrichis en instaurant une nouvelle ère géologique qui pourrait, en fin de compte, être la dernière pour notre espèce.

 

Ces conséquences catastrophiques ne peuvent que croître, non seulement au Bangladesh mais également dans toute l'Asie du Sud puisque les températures qui sont déjà intolérables pour les pauvres augmentent inexorablement, et que les glaciers de l'Himalaya continuent de fondre, menaçant la totalité des réserves d'eau du Sud de l'Asie. On a déjà compté, en Inde, quelque trois cent millions de personnes qui manquent d'eau potable. Un moment de réflexion suffit pour rendre plus qu'évident que ces deux menaces pour la survie commencent à se rejoindre à l'heure actuelle.

 

L'Inde et le Pakistan possèdent, bien sûr, l'arme nucléaire et seront probablement exposés à de sévères manques d'eau dans un futur proche. Ils sont déjà à deux doigts d'entrer en guerre, et les conflits sur l'eau pourraient déclencher la catastrophe. Ils en viendraient sûrement rapidement aux armes nucléaires, avec des conséquences désastreuses pour la région. Et pire encore, un très grand recours aux armes nucléaires pourrait entraîner la malédiction finale de l'hiver nucléaire et de la famine globale. C'est un désastre final pour les espèces sur lequel les scientifiques nous ont alerté depuis des années. Tout cela se produit sans commentaire.

 

Pendant ce temps, à la frontière russe, les deux côtés s'engagent dans des actions provocatrices, dans des escalades militaires dangereuses, et, notez-le bien, à la frontière russe, pas à la frontière mexicaine, il y a une histoire importante là. Et l'Occident qui devrait être le premier dans la lutte sur ces questions existentielles, est dans le désarroi, avec la plus grande partie de sa population pleine de colère, de peur,de méfiance et de mépris pour les institutions établies.

 

Alors la phrase "Das Ende der Welt" n'est peut-être pas complètement inappropriée, si ce n'est pour les raisons attendues. Cependant, bien qu'il soit facile d'évoquer d'autres scénarios sinistres mais malheureusement pas invraisemblables, il y a des raisons aussi d'avoir de l'espoir. Pour rester sur les

 

élections américaines, le Parti républicain a pris le contrôle de la totalité du gouvernement, ils ont en fait obtenu une minorité de votes, 2 millions de moins que les démocrates, bien que le décompte ne soit pas encore fini.

 

Clinton a facilement gagné parmi les jeunes votants et, de manière encore plus significative, une majorité écrasante de jeunes votants a écrit « Sanders » au-dessus des deux candidats officiels et a soutenu ce qu'il appelle une « révolution politique ». C'est une formule intéressante. Sanders est en fait un démocrate honnête et dévoué, favorable à un New deal, et son programme n'aurait pas surpris le général Eisenhower, Dwight Eisenhower, président dans les années 50.

 

Le fait que ses propositions soient décrites comme une révolution politique montre aussi à quel point notre politique s'est décalée à droite pendant l'ère néolibérale. Les élections françaises qui arrivent en sont une autre illustration dramatique. Par ailleurs, de nombreux électeurs de Trump avaient en fait voté pour d'Obama. Dans les élections précédentes ils ont été séduits par les slogans « espoir » et « changement », puis ils ont été désabusés quand il n'y a eu aucun changement et bien peu d'espoir. On peut facilement concevoir la possibilité d'une coalition progressiste qui apporterait le changement et l'espoir qui sont justement réclamés par les victimes de l'agression du néolibéralisme sur les populations de la précédente génération.

 

Et par exemple, durant le pic de ce miracle économique tellement glorifié de 2007, juste avant le krach, les salaires réels des travailleurs des États-Unis étaient bien en dessous de ce qu'ils étaient vingt-cinq ans auparavant quand le programme néolibéral venait juste de commencé. Avec des effets similaires et souvent plus durs en Europe. L'impact de politiques similaires en Europe a été encore plus graves qu'aux USA, et en particulier depuis le krach et les programmes d'austérité destructeurs qui ont suivi, qui peuvent encore être renforcés, en France par exemple. Pour en rester aux États-Unis, certaines décisions de Trump pourraient être sensées, suivant comment elles sont formulées. On peut noter la proposition d'un grand investissement dans les infrastructures, qui sont vraiment terriblement nécessaires aux États-Unis. C'est en fait un des programmes initiaux de l'administration Obama, qui a été torpillé par la machine destructrice républicaine qui était ouvertement dédiée à rendre le pays ingouvernable aussi longtemps qu'ils n'étaient pas aux commandes. Eh bien, maintenant qu'ils sont aux commandes, ils vont peut-être appliquer la politique d'Obama, même si cela se fera de façon bien plus périlleuse que cela ne l'aurait été dans le passé, à cause des mesures d'accompagnement fiscal, à savoir des coupes franches dans les impôts pour les plus riches et pour les entreprises, pas de nouvelles sources de revenu, et une augmentation du budget déjà bien gonflé du Pentagone. Et pour ces raisons, les plans prévoient une augmentation conséquente des déficits. À ce stade, le Parti républicain aura probablement recours aux instructions de Dick Cheney au secrétaire au trésor Paul O'Neil en 2002 : « Ronald Reagan a prouvé que les déficits n'ont pas d'importance. Je veux dire, les déficits que nous, républicains, créons pour gagner le soutien de la population, et laissons à d'autres, de préférence les démocrates, le soin de réparer les dégâts. » La tactique peut marcher, pour un temps au moins. Et quand elle échouera, car elle échouera de manière inévitable, il y aura probablement un recours répugnant à faire des plus vulnérables les boucs émissaires : les immigrés, les Afro-Américains, les Latinos, d'une manière trop familière dans l'histoire, bien connue en France en ce moment.

 

Il est peut-être utile de continuer de commenter le spectacle étrange de l'isolement des États-Unis, le leader du monde libre, à la conférence du Maroc. Cela reproduit aujourd'hui de manière bien plus inquiétante le rejet par les États-Unis du traité de Kyoto sur le réchauffement global qui tua plus ou moins cette initiative. Et de plus en plus, ces dernières années, les États-Unis sont devenus isolés sur d'autres aspects, c'est un développement curieux et significatif des affaires mondiales. Un des exemples les plus frappants est dans l'hémisphère ouest. Il a été longtemps perçu comme « notre petite région par ici », d'après les mots du secrétaire à la guerre du président Roosevelt, Henry Stimson, la région que les États-Unis dirigent comme ils le veulent sans interférence et où toute désobéissance doit être punie. Cela a été un schéma historique pendant longtemps, jusqu'à ce siècle. Au 21ème siècle, les relations ont changé radicalement. Pour la première fois en 500 ans, l'Amérique latine s'est considérablement libérée de la domination occidentale. Au siècle dernier, cela signifiait la domination des États-Unis.

 

Le Fonds monétaire international, qui a pendant longtemps été l'instrument de la politique gouvernementale des États-Unis, a été complètement exclu de la région. Les crédits du FMI ne vont plus en Amérique, ils vont en Europe. Les bases militaires des États-Unis ont disparu. Des organismes récents de l'hémisphère ont exclu les États-Unis et le Canada, et, au Sommet des Amériques en 2015, il a aussi semblé que les États-Unis pouvaient être renvoyés des organisations de l'hémisphère, à cause de sa position sur Cuba, qui était fortement combattue par tout l'hémisphère ; en fait par le monde entier. Et ce furent certainement les raisons qui ont poussé le président Obama vers la normalisation des relations avec Cuba, pour empêcher que les États-Unis soient expulsés de l'hémisphère. Est-ce que ces initiatives seront défaites par l'administration Trump, nous ne le savons pas encore. Et si elles le sont, l'isolation des États-Unis dans l'hémisphère s'ensuivra, les relations sont bien sûr déjà dégradées par l'extrémisme anti-immigrés de Trump.

 

À une plus grande échelle, le même scénario se déroule en Asie. Une des principales initiatives de politique étrangère du président Obama, ce qui a été nommé son pivot en Asie, une tentative de former un espace allié des États-Unis dans la région Asie-Pacifique pour contrer l'influence chinoise. Le Partenariat Trans-Pacifique qui excluait la Chine, à dessein, avait pour but d'ancrer cette structure dans la réalité. Cet accord, le TPP, sera probablement abandonné, alors qu'au même moment en Chine, le RCEP (partenariat économique régional global) des Chinois se développe. Les alliés américains comme le Pérou, l'Australie, le Japon rejoignent le partenariat économique proposé par la Chine. Les États-Unis en seront probablement exclus. Les États-Unis ont pratiquement été les seuls à refuser de rejoindre la Banque Asiatique d'Investissement pour les Infrastructures (AIIB), banque mondiale à laquelle les États-Unis se sont opposés depuis longtemps, mais maintenant rejointe par ses proches alliés, dont la Grande-Bretagne, alors que les États-Unis n'en font pas partie.

 

En même temps, l'Organisation de coopération de Shanghai basée en Chine et le projet chinois de route de la soie se sont étendus, de la Chine vers l'Ouest, et ont intégré des États d'Asie centrale, la Sibérie avec ses ressources, l'Inde et le Pakistan, et probablement bientôt l'Iran et peut être même la Turquie, qui a déjà un statut de partenaire et envisagerait l'adhésion. C'est donc un système qui s'étend de la Chine à l'Europe.

 

Les États-Unis ont demandé un statut d'observateur en 2005, qui a été rejeté.

 

On ne sait pas pour l'instant si Trump annulera l'accord sur le nucléaire avec l'Iran, comme il a menacé de le faire.

 

S'il le fait, il est possible que les autres pays qui font partie de cet accord, des pays européens, continuent à l'appliquer, et peut-être même ignorent les sanctions unilatérales des États-Unis.

 

Si cela arrive, cela augmentera l'isolement des États-Unis, même vis-à-vis de l'Europe.

 

Ce sont des développements assez conséquents, qui sont liés au vaste débat sur le déclin de la puissance américaine.

 

La puissance américaine a atteint son apogée en 1945. À ce moment, les USA détenaient, au moins, la moitié de la richesse mondiale.

 

À cette époque, les autres puissances industrielles avaient été dévastées ou sévèrement touchées, mais les USA eux-mêmes ont grandement bénéficié de la Seconde Guerre mondiale. Le secteur manufacturier ayant pratiquement quadruplé, les États-Unis avaient une sécurité incomparable.

 

Il était clair que cette si écrasante domination ne pouvait persister, et, de fait, elle a subi ses premiers coups sévères en 1949, quand les nationalistes chinois, alliés des États-Unis, ont été expulsés de Chine. Cet événement est appelé « la perte de la Chine » aux États-Unis. Si vous y réfléchissez, c'est une locution intéressante, « la perte de la Chine ».

 

Dans les années suivantes, d'autres puissances industrielles se sont reconstruites des dégâts de la guerre, et la décolonisation a pris une tournure atroce.

 

En 1970, le monde était économiquement tripartite, avec 3 centres majeurs : l'Amérique du Nord, l'Europe, l'Asie du Nord-Est. À l'époque s'appuyant sur le Japon, la Chine s'est hissée à la position de puissance majeure.

 

En 1970, la part américaine du PIB mondial avait diminué jusqu'à environ 25%. Aujourd'hui légèrement moins. C'est le récit standard du déclin de la richesse américaine.

 

C'est néanmoins tout à fait trompeur.

Ça ne tient pas compte des changements importants de l'économie mondiale pendant la période de mondialisation néolibérale. L'appropriation par les entreprises de la richesse mondiale devient une mesure plus réaliste du pouvoir mondial que la richesse nationale. Et la raison en est que le monde s'écarte, encore plus que jamais, du modèle des économies politiques nationales discrètes. Il y a des études récentes, assez intéressantes, de la propriété d'entreprise et elles en tirent quelques conclusions assez frappantes. Il s'avère que dans pratiquement tous les secteurs économiques, fabrication, finance, services, commerce de détail et autres, dans tous ces secteurs, les sociétés américaines sont bien placées dans la possession de l'économie mondiale. Globalement, la propriété des sociétés américaines est de près de 50% du total. C'est à peu près la proportion de la richesse nationale américaine en 1945. Et, bien sûr, ces sociétés américaines sont soutenues par les contribuables américains.

 

J'ai donc une mesure différente du pouvoir économique mondial. Elle n'indique pas trop de changements depuis 1945, excepté dans la nature de la puissance, des faits malheureusement ignorés dans les commentaires habituels mais qui sont tout à fait cruciaux.

 

Dans le domaine militaire les États-Unis règnent bien sur leurs compétiteurs. Les dépenses militaires US sont presque aussi importantes que celles du reste du monde réunies. Les États-Unis sont bien plus avancés technologiquement. Les États-Unis à eux seul ont des centaines de bases militaires dans le monde et des forces engagées partout dans le monde. Là aussi il pourrait y avoir des changements. L'Europe pourrait choisir d'être plus d'indépendante et pourrait faire revivre, d'une certaine façon, la vision de Mikhaïl Gorbatchev d'une maison commune européenne et d'un système de sécurité intégré depuis l'Atlantique jusqu'au Pacifique sans alliance militaire. C'était sa proposition en 1991 et elle a été rejetée par le camp occidental en faveur d'une expansion de l'OTAN jusqu'à la frontière russe avec les conséquences que nous voyons maintenant.

 

Ce concept, le concept de Gorbatchev, a des racines traditionnelles en partie dans les concepts de de Gaulle et en partie dans l'Ostpolitik de Willy Brandt. Cela pourrait se produire et cela pourrait conduire à une détente des tensions très dangereuses qui montent à la frontière russe. Ce serait un développement bienvenu.

 

Il y a évidemment beaucoup plus de choses à dire au sujet des peurs, des espoirs et des perspectives. Les menaces et les dangers sont très réels, les opportunités existent. Et alors que nous y faisons face nous ne devrions jamais négliger le fait que parmi les menaces les plus graves, il y en a deux qui sont les plus sérieuses que les humains aient jamais rencontrées, et qui menacent littéralement la survie de la société humaine organisée. Ce sont des problèmes urgents qui ne peuvent être remis à plus tard, auxquels il faut faire face directement, la charge de les résoudre revenant à votre génération, et il faut s'en occuper rapidement si l'on veut avoir les perspectives d'un avenir décent.

 

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/200217/le-discours-de-noam-chomsky-le-30-novembre-2016-paris

 

 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 22:14

 

Source: http://www.marianne.net

 

Eva Joly : "Le rideau de fumée que Fillon essaie de créer est insupportable"

 

Propos recueillis par

 

 

La justice, ils l'ont rendue ou subie. Magistrats, ils l'ont exercée, sans toujours parvenir à leurs fins. Prévenus célèbres, ils ont enduré une double peine, celle de l'humiliation due à leur notoriété s'ajoutant à la rigueur de la sanction. Les uns ont pu se tromper, les autres fauter. Pour "Marianne", ils racontent. Extraits, avec Eva Joly.

"Lorsque j'étais juge d'instruction, certains mis en examen me disaient : « Madame, vous avez détruit ma vie ! » Je leur répondais : « Ce n'est pas moi qui ai détruit votre vie, c'est votre délinquance. » Les politiques sont des justiciables comme les autres, mais ils rêvent encore de privilèges anciens. Le monde a changé, et François Fillon ne l'a pas compris. L'opinion publique exige de la transparence. Quand un candidat prétend aux plus hautes fonctions, il doit accepter ce que les Anglo-Saxons appellent le « scrutiny », cet examen minutieux qui consiste à passer toute votre vie au crible jusqu'à vérifier si vous n'avez pas employé votre baby-sitter au noir quand vous aviez 26 ans...

Pendant très longtemps, les élus ont bénéficié d'un privilège de juridiction qui nourrit leur sentiment d'impunité. A mes débuts comme juge d'instruction, la hantise, c'était de trouver dans le dossier un élu d'une petite commune, car à l'époque il fallait se dessaisir au profit de la Cour de cassation. Vous meniez une instruction pendant cinq ans et il fallait lâcher l'affaire qui ne serait jugée que des années plus tard. Le fait d'être sénateur a aussi pu, parfois, dissuader le parquet d'ouvrir des enquêtes pour ne pas mettre en péril les institutions. On reproche très souvent aux juges d'être instrumentalisés, manipulés. Or, peu importe par quel biais vous parviennent les informations, la seule chose qui compte, c'est si ces éléments sont vrais. Ce que je trouve insupportable dans le cas de François Fillon, c'est le rideau de fumée qu'il essaie de créer pour échapper à ses propres turpitudes."

 

(...)

 

 

>>> Retrouvez l'intégralité de cet article en kiosques.

Vous pouvez également , en version papier ou numérique.

Et pour ne plus rater aucun numéro,  !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: http://www.marianne.net

 

 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 21:39

 

 

Source : http://www.lesinrocks.com

 

 

En Picardie, François Ruffin part à la reconquête de l’électorat populaire

 

18/02/2017 |  14h32

 

 

François Ruffin (à droite) le 17 février à Flixecourt (Somme) pour le lancement de sa campagne (photo MD)

 

Le réalisateur de “Merci Patron!”, candidat unique de la gauche hors-PS aux législatives dans la 1ère circonscription de la Somme, a lancé sa campagne ce 17 février, avec pour objectif de reconquérir le vote populaire, tombé soit dans l’abstention, soit dans le vote FN

 

Quelque chose a changé chez François Ruffin. Ce n’est pas son verbe, toujours à mi-chemin entre la citation érudite et l’argot picard – un mélange qui fait le charme de son journal satirique, Fakir. Ni sa dégaine de militant décroissant, une paire de baskets invariablement aux pieds, en cas de match de foot à disputer. C’est son t-shirt. On ne le connaissait plus qu’avec une déclaration d’amour à Bernard Arnault inscrite au milieu d’un t-shirt blanc, depuis la sortie de Merci Patron!, son film-documentaire qui prenait pour cible le patron de LVMH.

Désormais, il l’a remisé pour un t-shirt à l’effigie de Lafleur, devenu le symbole de sa campagne pour les élections législatives de 2017, dans la 1ère circonscription de la Somme. “Quelle fleur ?”, s’enquerront les profanes de la culture picarde. Lafleur : la marionnette populaire tirée d’un personnage de la révolution, “dont la spécialité est de botter le cul aux notables!”, explique François Ruffin devant la salle comble du Chiffon rouge, à Flixecourt (Somme), à une vingtaine de kilomètres d’Amiens, ce 17 février. “Et si je suis élu, je botterai le cul aux notables de l’Assemblée nationale!”, ajoute-t-il face aux quelques 600 personnes venues le soutenir. Le lieu est symbolique : c’est le “point de départ de la fortune de Bernard Arnault”, explique Ruffin. Il sera opposé dans cette circonscription à la candidate du PS Pascale Boistard, secrétaire d’État chargée des personnes âgées.

 

Lafleur, la marionnette dont "la spécialité est de mettre des coups de pied au cul des notables", est le symbole de

L’union est un combat

C’est sous le label “Picardie Debout” (ce qui n’est pas un hasard pour l’un des protagonistes de Nuit Debout), que toutes les étiquettes de la gauche hors-PS se sont réunies pour soutenir François Ruffin, et sa suppléante Zoé Desbureaux (PCF). Un exploit.

Écolos, France Insoumise, PCF et Ensemble sont donc réunis derrière François Ruffin pour les législatives

 

 

Cette convergence est le fruit d’un long processus. Peu avant le meeting, quand François Ruffin aperçoit le porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV), Julien Bayou, venu le soutenir, il le salue d’une franche accolade. L’intéressé fait partie des personnes qui, dans chaque parti, ont intercédé en faveur de l’union de la gauche derrière le militant picard.

A l’été 2016, alors que “le bal des égo battait son plein pour la présidentielle”, le trentenaire écolo lui laisse un message pour l’encourager à se présenter. Il n’est pas le seul. Le message est resté sans réponse jusqu’à la mi-août :

“Il m’a dit, très cash : ‘No way si tout le monde n’est pas derrière nous'”, raconte Julien Bayou.

Dans le numéro de Fakir paru en décembre, François Ruffin réitère cette condition d’union de la gauche. Il a fallu tordre virtuellement quelques bras, mais c’est chose faite : “L’avantage, c’est que je pouvais passer au niveau national quand ça coinçait au niveau local”, explique François Ruffin, citant par exemple Pierre Laurent (PCF), Eric Coquerel et Manuel Bompard (France Insoumise) parmi ceux qui ont pesé en sa faveur.

“Même les chips ont quitté la Picardie ! Pourquoi on laisse faire ?”

Désormais, fort de cette union, François Ruffin s’est présenté en verve devant ses soutiens. Après une intervention des salariés de Whirlpool dont l’usine va être délocalisée en Pologne, le journaliste s’est fait le chantre du protectionnisme, et s’est engagé à porter la voix des oubliés.

Ruffin: "Jeff Fettig, Pdg de Whirlpool, gagne en 1 an l'équivalent de 500 ans de travail d'un salarié de Whirlpool"

Énumérant toutes les fermetures d’usines et les délocalisations qui ont miné la région (Goodyear, Magneti-Marelli, Sièges de France…), il déclare ainsi :

“La même histoire se répète depuis trente ans. Même les chips ont quitté la Picardie ! Pourquoi on laisse faire ? Parce que ce sont des ouvriers, et qu’ils ne sont pas représentés à l’Assemblée nationale!”

Aussi François Ruffin s’est-il engagé, s’il est élu, à être payé au Smic, à mettre sa réserve parlementaire sous le contrôle d’un jury populaire, et à ce que son mandat soit révocable.

Ruffin: "Si je suis élu mon mandat sera révocable, vous gérerez ma réserve parlementaire et je me mettrai au Smic"

Faire de la Picardie un exemple de reconquête du vote populaire

Le contexte local dans l’Amiénois est favorable depuis des années au vote FN. Aux dernières élections régionales, en 2015, il atteignait ainsi 42%. Mais François Ruffin ne se résigne pas à cette situation et espère renverser la balance dans cette terre historiquement rouge, pour en faire un exemple de reconquête de l’électorat populaire par la gauche. “Lutter contre le fatalisme, la résignation et le marinisme” est un de ses mots d’ordre.

Ruffin: "Si jamais on gagne dans cette circo populaire où le vote FN est énorme, il y aura une valeur de l'exemple"

“Aux régionales, les gens de gauche ne sont pas allés voter. Mon objectif, c’est d’abord de les refaire voter, et de reconquérir les électeurs qui sont tombés dans l’escarcelle du FN”, nous confie-t-il après son discours.

Pour ce faire, François Ruffin et son équipe vont mouiller le t-shirt. Littéralement. Dans son entourage, on a évalué à 20 000 heures le temps nécessaire pour couvrir toute la circonscription en faisant du porte-à-porte. Mais ce n’est pas tout : Picardie Debout a une équipe de foot, qui organise des rencontres dans les villages, pour ensuite discuter politique. “On a 113 jours pour se battre. C’est de Picardie qu’est partie la Grande Jacquerie de 1358 [une révolte paysanne contre les nobles, ndlr]. L’objectif aujourd’hui c’est de faire partir de Picardie une grande jacquerie électorale”, sourit François Ruffin. La campagne va être sportive.

 

le 18 février 2017 à 14h32
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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 17:12

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Plusieurs rassemblements en France « contre la corruption des élus »

 

Ils en ont assez des « privilèges » et l’affaire des soupçons d’emplois fictifs touchant François Fillon et son épouse les exaspère.

 

Le Monde.fr avec AFP |

 

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche 19 février à Paris pour dénoncer la « corruption des élus ».

Paris, Rennes, Lyon, Strasbourg… Dimanche 19 février, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes de France pour dénoncer « la corruption des élus ». A Paris, des centaines de personnes étaient réunies place de la République. « Un peu d’éthique chez nos politiques », « Paris debout pour l’abolition des privilèges », « Stop à l’impunité des politiques et à la corruption », pouvait-on lire sur les panneaux brandis.

 

Ce rassemblement, notamment organisé par l’intermédiaire d’un événement Facebook comptabilisait plus de 50 000 personnes intéressées. Répondant à cet appel lancé sur le modèle de Nuit debout, les manifestants considèrent qu’« il n’est plus tolérable d’être gouvernés par un corps élu qui a la possibilité de pratiquer l’inverse de ce qu’il défend », comme l’affirme le texte de l’appel.

 

« Touche pas au grisbi Penelope »

Les manifestants visaient notamment François Fillon, soupçonné d’avoir embauché son épouse pour un emploi fictif, mais rémunéré, d’assistante parlementaire. Marine Le Pen était également citée par certains manifestants, soupçonnée quant à elle d’avoir établi un faux contrat de travail pour son ex-assistant et garde du corps Thierry Légier, et d’avoir fait bénéficié une collaboratrice, Catherine Griset, d’un emploi fictif.

 

Lire aussi :   Affaire Fillon : comprendre le déroulé de l’enquête

 

« Fillon en prison, la corruption est un poison », « Il n’y a pas d’exemplarité sans exemplarité : Fillon 18 novembre 2016 », « Touche pas au grisbi Penelope » : de nombreuses apostrophes visaient le candidat de la droite à la présidentielle. Les pancartes brandies par la foule faisaient également référence à la Révolution française, évoquant « Paris debout pour l’abolition des privilèges » ou « 1789, à bas les privilèges ».

« Au-delà d’eux [François Fillon et Marine Le Pen], c’est un problème de système », observe l’écrivain Alexandre Jardin, présent dans la foule, pour qui il faudrait « a minima un contrôle par la Cour des comptes » de « l’argent de nos élus ». « C’est bien parce que ce minimum n’est pas fait que les colères montent », juge-t-il.

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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Source : http://www.lepoint.fr

 

Plusieurs centaines de manifestants à Paris "contre la corruption des élus"

 

Publié le | AFP

 

 

Plusieurs centaines de manifestants à Paris "contre la corruption des élus", Place de la République, le 19 février 2017

Ils en ont assez des "privilèges" et l'affaire d'emplois fictifs présumés touchant François Fillon les exaspère : plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris pour dénoncer la "corruption des élus", a constaté une journaliste de l'AFP.

Répondant à un appel lancé sur les réseaux sociaux sur le modèle de Nuit debout -ces rassemblements citoyens organisés au printemps dernier-, les manifestants considèrent qu'"il n'est plus tolérable d'être gouvernés par un corps élu qui a la possibilité de pratiquer l'inverse de ce qu'il défend", comme l'affirme le texte de l'appel.

Plusieurs centaines de manifestants à Paris "contre la corruption des élus", Place de la République, le 19 février 2017 © Lionel BONAVENTURE AFP

"Fillon en prison, la corruption est un poison", "Il n'y a pas d'exemplarité sans exemplarité : Fillon 18 novembre 2016", "Touche pas au grisbi Penelope" : de nombreuses pancartes brandies dans la foule visent le candidat de la droite à la présidentielle empêtré dans une affaire d'emplois fictifs présumés accordés à sa femme et deux de ses enfants.

Annie, 71 ans, qui se définit comme une électrice de gauche, a fabriqué une petite pancarte pour prévenir François Fillon : "Si tu es au second tour on ne se déplacera pas".

"On ne peut pas élire un escroc. J'ai voté Chirac mais si c'est Fillon-Le Pen, ils se démerderont sans moi", explique cette dame au regard vert et à la chevelure bouclée.

Patrice Roblet, retraité de 66 ans venu du Val d'Oise, reproche à François Fillon de "faire la morale aux autres".

Et sa désillusion vis-à-vis des élus est grande. "Ils votent leurs lois et leurs privilèges, on ne s'en est pas sorti en fin de compte depuis la révolution", regrette-t-il, brandissant une pancarte sur laquelle on peut lire "abolition des privilèges et de la monarchie".

De nombreuses pancartes font référence à la Révolution française, évoquant "Paris debout pour l'abolition des privilèges" ou "1789, à bas les privilèges".

Plusieurs centaines de manifestants à Paris "contre la corruption des élus", Place de la République, le 19 février 2017 © Lionel BONAVENTURE AFP

Outre François Fillon, la candidate FN à la présidentielle Marine Le Pen est elle aussi confrontée à des soupçons d'emploi fictif de son garde du corps comme assistant au Parlement européen.

Mais, "au-delà d'eux, c'est un problème de système", observe l'écrivain Alexandre Jardin, présent dans la foule, pour qui il faudrait "a minima un contrôle par la cour des comptes" de "l'argent de nos élus". "C'est bien parce que ce minimum n'est pas fait que les colères montent", juge-t-il.

 

19/02/2017 16 :46 :58 -  Paris (AFP) -  © 2017 AFP

 

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:49

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

Verbalisée pour avoir donné un livre

 

 

 

16 Février 2017

 
 

par Gwenaelle, professeure des écoles région parisienne et « semeuse de livres », une défenseure de la libre circulation des livres.

 

 

Le 31 janvier Gwenaelle a voulu, comme souvent, déposer un livre dans la rue. Une manière de partager la culture encouragée par les bibliothèques. Sauf que des policiers ont décidé de lui coller une amende au nom de la lutte contre les incivilités.

Je donne beaucoup de livres. La dernière fois, c’était un mardi, le 31 janvier. Un bel ouvrage de photos, tout neuf, que j’avais seulement feuilleté. Je ne pouvais pas le garder, ça déborde chez moi et je n’avais personne de précis en tête.

Alors, je l’ai déposé contre la vitrine du Gibert Joseph entre Barbès et Château Rouge, bien en évidence, vertical, à l’abri de la pluie.

 

J’ai voulu partager un livre. J’ai reçu 68 € d’amende !

Je m’apprêtais à m’éloigner pour observer cinq minutes, comme souvent, qui viendrait le récupérer. Et là, j’ai croisé une dizaine de policiers. C’était la fin d’une « opération zéro tolérance contre les incivilités », leur chef était en train de féliciter ses gars, je pense avoir été leur dernière prise.

Ils m’ont collé 68 euros d’amende, même tarif que pour une crotte de chien.

Pour moi, déposer un livre dans la rue, c’est une pratique régulière. Les recommandations des bibliothèques (link is external) de la ville de Paris, elles-mêmes, suggèrent de le faire.

Je le fais parce que je crois en la circulation des livres, j’ai même constitué petit réseau d’amis pour envoyer des livres d’occasion en Haïti quand ils ne sont pas trop franco-français.

Et laisser un livre de portraits de personnalités politiques à la Goutte d’Or, c’est un moyen de le mettre en relation avec un nouveau public. Je fais tout cela comme acte citoyen.

 

 

« Pour moi, déposer un livre dans la rue, c’est une pratique régulière […] Je fais tout cela comme acte citoyen » Gwenaelle, dealeuse de livres

 

Je suis une « trafiquante de livres »

Je suis une « trafiquante de livres », mon hall est toujours rempli d’ouvrages à envoyer à l’étranger ou à transmettre à mes amis. Les librairies et les bibliothèques me donnent leur pilon [les volumes destinés à être détruits], j’en ai collecté 2.000 à la fin de la foire aux livres de mon quartier l’année dernière.

J’en récupère même plusieurs dizaines par an entre les sacs poubelles des Parisiens.

En toute bonne foi, j’ai expliqué ma démarche à l’agent qui consultait ma carte d’identité et dictait le procès-verbal à son appareil. Il m’a écouté assez surpris, avant d’être rejoint par un autre agent : « Alors, la dame elle a jeté une cigarette ? ».

Puis un troisième… et ainsi de suite. Tous tenaient le même discours : « On comprend ce que vous dites, mais on ne peut pas déroger aux ordres ».

Cet excès de zèle rend la situation absurde, ubuesque même. Dans le procès verbal, dont je n’ai pas eu copie, le premier agent a accepté d’inscrire les mots clés « livres » et « Culture », en me disant que la Mairie s’arrangerait peut-être avec ça.

Je suis resté calme jusqu’au bout. Sur l’amende que j’ai reçu chez moi, il est marqué « Dépôt d’ordures ». Je vais la contester, avec des liens vers tous les mouvements militants qui font circuler des livres de cette façon.

 

Mon acte est avant tout citoyen

Ce n’est pas tellement la somme de 68 euros qui m’embête le plus. J’ai peur que chaque acte citoyen ne devienne un délit. Le zèle risque toujours d’amener des dérives. Pour l’instant, ça ne va pas m’empêcher de recommencer.

Parmi les personnes qui m’ont contacté pour me soutenir, il y a ceux qui prétendent que les policiers sont tous des illettrés. Et ceux, beaucoup plus intéressants, qui proposent d’abandonner des livres dans les salles d’attente des commissariats. Pourquoi pas ? C’est une idée d’action militante intéressante.

Propos recueillis par Maxime Grimbert
 

 

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:42

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Le parlement facilite la vie des fraudeurs financiers

Par martine orange
 
 

En pleine affaire Fillon, les députés ont adopté le jeudi 16 février un amendement prévoyant un délai de prescription pour les infractions « occultes » et « dissimulées ». Il sera encore plus difficile de mettre au jour des montages de fraude complexes. Une vraie prime à la fraude financière.

 

C’est ce qui s’appelle avoir le sens de l’actualité, voire un sens politique. En pleine affaire Fillon, les députés ont adopté le jeudi 16 février un amendement prévoyant un délai de prescription pour les infractions « occultes » et « dissimulées ». Alors que jusqu'à présent la loi ne prévoyait aucune limite dans le temps, le parlement a décidé de fixer à 12 ans à partir du moment des faits les possibilités de poursuite pour tous les délits financiers : abus de bien social, abus de confiance, trafic d’influence, corruption, détournements de fonds (lire ici notre article sur le cas d'espèce de François Fillon).

Cet amendement, repéré par Le Canard enchaîné, s’inscrit pourtant dans un texte de loi censé au contraire renforcer l’effectivité de la loi et des poursuites pénales. Il n’y est question que « d’améliorer les procédures pour faciliter la répression des délits », « de renforcer la réponse pénale », « de lutter contre le terrorisme ». Cela illustre le ton général du débat : le répressif, l’autoritaire, la sanction l’ont emporté sur tout, dans tous les domaines. Sauf pour les délits financiers.

Cet amendement a été glissé par le ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, lors de la discussion sur la prescription pénale. « J’ai un petit amendement à proposer », aurait-il glissé lors de l’examen du texte au Sénat, le 13 octobre, comme le rapporte LCP. En fait de petit amendement, c’est une vraie prime à la fraude financière.

 

Jean-Jacques Urvoas, ministre de la justice © Reuters

Jean-Jacques Urvoas, ministre de la justice © Reuters

 

Le texte propose en effet de faire courir un délai de prescription de 12 ans à partir du moment où la fraude est découverte. Impossible d'aller au-delà. Un retour en arrière complet par rapport à la législation en vigueur contre les délits financiers.

 

Si les législateurs n'avaient pas encadré les délits financiers dans un délai de temps à partir du moment où les faits sont découverts, c’est en connaissance de cause. « La Cour de cassation avait fixé un principe clair, au terme duquel dans les affaires d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics ou privés, la prescription ne courait qu’à compter de la découverte et non pas de la commission d’infraction. Cette jurisprudence avait évidemment pour effet de rendre insécure [sic] la situation des délinquants, qui ne pouvaient pas s’estimer tranquilles une fois passé le délai de prescription des délits, qui était alors de 3 ans », rappelle Corinne Lepage, en s'indignant de cette adoption qu'elle juge être « une faute politique ».

Les délits financiers, la corruption, les abus de biens sociaux sont les plus difficiles à découvrir et à prouver. Il faut avoir une connaissance très précise de ce qui se passe à l’intérieur d’une entreprise, avoir accès à des documents internes, qui, par nature, sont soigneusement dissimulés, pour comprendre les méfaits commis. Souvent, les fraudeurs ont recours à des montages compliqués, cachés, comme l’ont prouvé les scandales Panama Papers et Lukleaks. Tout cela demande du temps et parfois beaucoup de chance pour le découvrir.

Avec le nouveau texte, il y a de grands risques de ne pouvoir plus jamais enquêter sur bien des affaires financières complexes. Et d’étouffer ainsi nombre d’affaires sensibles...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:28

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

https://twitter.com/afpfr/status/832598227312521217/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw

 

 

#Présidentielle2017 INFOGRAPHIE. Hamon, Mélenchon, Jadot : les points d'accord et ce qui les oppose, en un coup d'œil

 

 

Hamon, Jadot, Mélenchon : les constellations de la galaxie de la gauche par

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:14

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Enquête

Fillon et ses amis, la vie en colloques

Par Renaud Lecadre , Luc Peillon et Pauline Moullot (mis à jour à )
 
 

 

Jérôme Chartier, le 4 octobre à Paris.

Jérôme Chartier, le 4 octobre à Paris. Photo Albert Facelly

 

En trois ans, le candidat LR s’est fait rémunérer entre 140 000 et 210 000 euros pour des interventions à l’étranger coorganisées par ses proches Jérôme Chartier et Arnaud Vaissié. «Libération» dévoile les arcanes de ces petits arrangements, certes légaux mais moralement discutables.

Peu connu, c’est l’un des volets de la très rentable PME Fillon : ses conférences rémunérées à l’étranger, qui viennent nourrir les comptes de 2F Conseil, sa petite société montée en juin 2012. On savait, jusqu’ici, qu’il avait exercé au moins une fois ses talents de conférencier, en 2013, au Kazakhstan, contre quelque 30 000 dollars (soit environ 28 800 euros). En réalité, selon notre recensement, François Fillon a participé, entre 2013 et 2016, à au moins onze colloques à l’étranger. Pour quatre d’entre eux - trois en Russie et un à Doha, il assure ne pas avoir été payé. Mais pour les sept autres, il a touché des «honoraires» allant de 20 000 à 30 000 euros, assure à Libération sa responsable de communication, Caroline Morard. Soit une confortable enveloppe de 140 000 à 210 000 euros au total. Parmi les destinations phares de François Fillon : le Kazakhstan, où il s’est rendu quatre fois en trois ans.

Mais une série de quatre conférences, moins exotiques, mettent en lumière un système bien huilé entre le député de Paris et deux de ses proches : le patron Arnaud Vaissié, responsable de la structure qui chapeaute les chambres de commerce et d’industrie (CCI) à l’étranger, et le député Jérôme Chartier, conseiller spécial du candidat et président de l’association les Entretiens de Royaumont.

Cette dernière organise, depuis 2003, des débats en France, auxquels participe régulièrement François Fillon, comme beaucoup d’autres hommes politiques de tout bord. Et à chaque fois gracieusement. Mais les conférences à l’étranger, lancées en 2013, ont un tout autre statut. A quatre reprises, en 2014 à Varsovie (Pologne), en 2015 à Madrid (Espagne) et en 2016 à Abou Dhabi (Emirats arabes unis) puis à Rabat (Maroc), Fillon y a participé. Et à chaque fois, contre rémunération.

A lire aussi Affaire Fillon : l’enquête prend son temps

 

Statut à part

Il serait même l’un des seuls à avoir obtenu une gratification. Plusieurs participants affirment ainsi à Libération n’avoir jamais été payés en échange de leur présence. Tout juste ont-ils été défrayés. «On m’a payé le billet d’avion et l’hôtel, mais c’est tout», raconte un patron de PME qui a assisté aux Entretiens de Varsovie, en 2014. Tout en expliquant que François Fillon avait un statut à part : «C’était l’un des seuls à faire un discours en tant que tel. Et plutôt pas mal, d’ailleurs.» Invité aux Entretiens à Madrid en 2015, le député socialiste Christian Bataille, qui intervenait sur les questions d’énergie, confirme : «On ne m’a jamais proposé d’être payé, je suis venu à titre gracieux…» Même chose du côté de Michèle Sabban. Ancienne vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France et responsable de l’ONG R20, elle est intervenue aux Entretiens d’Abou Dhabi en 2016. Sans toucher un copeck.

François Fillon est-il le grand privilégié des Entretiens de Royaumont à l’étranger ? En tout cas, Jérôme Chartier, veut à tout prix se détacher des sessions à l’international. «Les Entretiens de Royaumont ne sont les organisateurs que des seuls Entretiens en France, explique-t-il. Chacun est libre de faire figurer le terme Entretiens de Royaumont, ou pas, mais nous n’avons rien à voir.» Difficile à croire. Les invités français le sont directement par les Entretiens de Royaumont et à chaque édition à l’étranger, Jérôme Chartier intervient, quand son association n’est pas directement présentée comme coorganisatrice. Enfin, le logo est un dérivé de celui de Royaumont.

Pour autant, l’association n’a jamais payé Fillon, jure Jérôme Chartier, qui indique qu’il «faut regarder du côté de l’organisateur». Disons plutôt l’autre coorganisateur de ces conférences. En bref, les chambres de commerce et d’industrie (CCI) françaises présentes localement. Ont-elles payé François Fillon quand il est intervenu dans leurs pays respectifs ? La quasi-totalité des CCI contactées n’ont pas répondu à nos sollicitations. Seule la chargée de communication de la CCI de Rabat, au Maroc, affirme que sa structure n’a pas rémunéré François Fillon. Faut-il remonter un cran plus haut ? Toutes les CCI françaises à l’étranger sont effectivement regroupées au sein du réseau «CCI France international», avec lequel les Entretiens de Royaumont sont liés. Preuve en est, selon le site de l’association, quand elle lance le cycle de conférences en Espagne, en 2014 : «Répondant à l’attente de nombreux francophiles, les Entretiens de Royaumont ont décidé de lancer, avec le concours actif de CCI France International, regroupant les chambres de commerce françaises à l’étranger, les premiers entretiens de Royaumont à Madrid.»

 

Premier cercle

C’est là que l’on retombe sur un autre très proche de Fillon : CCI France International est présidé par Arnaud Vaissié, PDG de l’entreprise International SOS, leader mondial de l’accompagnement santé-sécurité des boîtes à l’étranger. Et qui fait partie du premier cercle du candidat Fillon. Membre de l’équipe de campagne, comme Chartier, il a inspiré une partie du programme économique du député de Paris. Son entreprise, International SOS, tout comme le réseau des CCI qu’il préside, sont d’ailleurs des sponsors officiels des Entretiens de Royaumont.

A Varsovie en 2014, c’est même lui qui ouvre, avec l’ambassadeur de France en Pologne, la conférence, comme «président de CCI France International». Contacté jeudi par Libération, l’entourage d’Arnaud Vaissié fait savoir que «ce sont les chambres de commerce qui, dans chaque pays, décident de l’organisation de leurs colloques. A ce titre, CCI France International n’a pas connaissance des contrats passés avec les conférenciers ou intervenants». La provenance des fonds reste donc un mystère. Sollicité, l’entourage de François Fillon refuse d’en dire plus.

 

Renaud Lecadre , Luc Peillon , Pauline Moullot

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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