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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 21:51

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

L214 dénonce un scandale sanitaire dans un élevage breton de cochons

 

Une vidéo-choc de l’association L214 montre des animaux forcés de vivre au milieu de cadavres en putréfaction ou d’ossements, dans une exploitation près de Quimper

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

 

 

C’est une nouvelle vidéo-choc sur l’industrie de la viande. Cette fois, elle ne dévoile pas l’intérieur d’un abattoir, mais celui d’un élevage intensif de cochons, situé à Pouldreuzic, dans le Finistère. Ces images de l’association L214, que Le Monde a pu visionner en exclusivité, révèlent, jeudi 16 mars, les « conditions d’hygiène déplorables » de l’établissement, « engendrant des souffrances intolérables pour les animaux ». L’ONG a porté plainte devant le tribunal de grande instance de Quimper pour maltraitance animale – une peine passible de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende – et elle a lancé une pétition demandant aux autorités la fermeture immédiate de l’entreprise agricole concernée.

 

La vidéo a été réalisée fin janvier au sein de l’EARL de Trégonguen, une exploitation de taille moyenne, qui fait naître et engraisse chaque année plusieurs milliers de cochons pour les envoyer à l’abattoir. On y voit des animaux maigres, blessés, malades, voire agonisants. Dans leurs enclos et leurs cases gisent un cadavre de truie en état de putréfaction et plusieurs porcelets morts. Des ossements porcins, notamment de mâchoire et de pied, parsèment le couloir principal.

Les cochons côtoient des cadavres de porcelets.

Les cochons côtoient des cadavres de porcelets. L214

« Insalubrité sordide »

Plus largement, les images attestent d’une absence de nettoyage et de désinfection des bâtiments : des excréments jonchent les allées et d’immenses toiles d’araignée couvrent les murs et les plafonds, barrant même les couloirs permettant d’accéder aux salles d’engraissement. Des seringues usagées et des produits vétérinaires périmés traînent sur des étagères, tandis que le matériel chirurgical destiné à la section des queues gît à même le sol.

« Cette insalubrité générale est sordide. L’éleveur ne doit pas contrôler quotidiennement le bon fonctionnement de l’élevage, comme il le devrait. Les animaux sont livrés à eux-mêmes, nourris automatiquement, dénonce Sébastien Arsac, porte-parole de L214, qui prône la fin de toute exploitation animale. Les défauts de ventilation entraînent des problèmes respiratoires pour les animaux, comme en témoignent les médicaments trouvés dans l’élevage. »

« Nous avons aussi remarqué que tous les cochons ont la queue partiellement sectionnée », ajoute-t-il. Cette pratique, utilisée pour éviter que les porcs ne dévorent l’appendice de leurs congénères, n’est pourtant pas autorisée de manière systématique mais seulement lorsqu’il existe des preuves de blessures.

L’association questionne également la surpopulation de certains enclos et leur dénuement qui empêche les cochons « d’exercer leurs comportements de recherche et de manipulation, ce qu’exige la réglementation ». A défaut de foin, de paille ou de sciure de bois, les truies ne disposent ainsi que d’une simple balle reliée à une chaîne métallique. Au bout du compte, l’élevage contrevient à plusieurs directives européennes et arrêtés français relatifs à la protection des porcs et des animaux d’élevage.

Des antibiotiques périmés occupent les étagères, où les toiles d’araignée et la poussière s’accumulent.

Des antibiotiques périmés occupent les étagères, où les toiles d’araignée et la poussière s’accumulent. L214

« Le risque de transmission de dangers ayant un impact sur la santé animale, mais aussi sur la santé humaine, est maximal », prévient la vétérinaire Hélène Gateau, à laquelle l’association a soumis les images. « Comment peut-on laisser des animaux, des êtres vivants, à la charge d’un éleveur visiblement dépassé ? Que font les autorités et les services vétérinaires ? », s’interroge-t-elle.

 

Surchage de travail

Contacté par Le Monde, l’éleveur n’a pas souhaité s’exprimer, de même que la direction de la protection des populations du Finistère. Ce sont ses services vétérinaires qui avaient inspecté l’exploitation le 25 mai 2016. Cet élevage est membre de la coopérative Triskalia, cinquième producteur de porc de Bretagne, avec ses 700 éleveurs et ses 1 700 000 cochons commercialisés par an. Le groupe approvisionne le géant français de la viande Bigard, avec lequel il se targue d’avoir développé des filières de qualité (Label Rouge Opale, Bleu Blanc Cœur, etc.).

« L’exploitation en question est un élevage de 130 truies naisseur-engraisseur sur lequel l’éleveur, âgé de 29 ans, travaille seul. Ce dernier s’est installé, en 2013, en pleine période de crise porcine, en rachetant un élevage à un éleveur partant en retraite, indique Triskalia, dans un communiqué. Le manque de nettoyage des bâtiments montré sur les images n’est absolument pas représentatif des élevages de porcs en France et que cette situation est exceptionnelle. Dans cet élevage, la surcharge de travail a amené l’éleveur à se concentrer sur les soins et l’alimentation des animaux au détriment de l’entretien général des porcheries. »

Le groupe précise qu’il va « immédiatement mettre en place un plan d’actions pour accompagner l’éleveur », en lien avec la DDPP, sans évoquer de fermeture de l’établissement.

 

Agriculture intensive

Les truies sont confinées dans des stalles individuelles, où elles ne peuvent se retourner, au début de leur gestation et pendant toute la maternité.

Les truies sont confinées dans des stalles individuelles, où elles ne peuvent se retourner, au début de leur gestation et pendant toute la maternité. L214

Pour Sébastien Arsac, la tenue « très préoccupante » de l’exploitation de Pouldreuzic « s’ajoute aux souffrances entraînées par l’ensemble des élevages industriels, qui ne répondent pas aux besoins physiologiques des animaux ». En France, 95 % des porcs sont élevés hors-sol, dans des bâtiments fermés, où ils n’ont pas accès à l’extérieur ni toujours à la lumière du jour. Ils évoluent sur des caillebotis en béton surplombant des fosses dans lesquelles tombent leurs excréments. Les truies sont confinées dans des stalles individuelles, où elles ne peuvent pas se retourner, au début de leur gestation et pendant toute la maternité. Elles passent toutefois une partie de leur vie dans des enclos en groupe, depuis une directive européenne relative à la protection des porcs de 2013. Elles mettent bas près de trente porcelets par an, puis sont tuées après moins de trois années de service.

Les porcs charcutiers, eux, sont engraissés dans des salles communes depuis leur sevrage jusqu’à leur abattage, 180 jours plus tard. La mortalité est élevée : 14 % des porcelets nés vivants n’atteignent pas cette étape, selon l’Institut du porc.

Au fil des années, le nombre d’animaux par élevage n’a cessé d’augmenter, à mesure que ces derniers se sont concentrés. Avec 25 millions de cochons tués chaque année, la France est le troisième producteur en Europe, après l’Allemagne et l’Espagne. Plus de la moitié du cheptel tricolore se trouve en Bretagne, une région où l’agriculture intensive s’est imposée dès les années 1960.

 

Crise du porc

Ces derniers temps, ce modèle a été mis à mal. Entre 2010 et 2015, la production porcine française s’est réduite de plus de 5 %, en raison d’une forte concurrence sur le marché européen, de difficultés à l’exportation et d’une baisse des achats par les ménages (chaque Français consomme 34 kg de porc par an), selon le service de statistiques du ministère de l’agriculture.

Toutefois, après cette crise du porc, le cours du cochon reprend actuellement du poil de la bête. Au Marché du porc breton, le kilo de carcasse se négociait 1,4 euro le kilo, mercredi 15 mars, soit une progression de 25 % par rapport à il y a un an, notamment grâce aux exportations vers la Chine. Le gouvernement a également donné un coup de pouce aux éleveurs l’an passé, en allégeant les charges et les cotisations sociales d’une partie d’entre eux. Reste une inconnue : la consommation des ménages.

La filière « doit désormais concentrer ses efforts sur la promotion de la viande. Se faire accompagner pour contrer les antiviande, qui sont très efficaces sur les réseaux sociaux », jugeait Michel Bloc’h, le président de Triskalia, dans une interview à la presse professionnelle, le 10 mars. « Il faut raconter une histoire au consommateur. Mais il faut que ce soit concret, sinon cela ne dure pas. » Après ce nouveau scandale, difficile de savoir si les Français garderont le même appétit pour le porc.

 

Lire aussi :   Le cours du porc a repris du poil de la bête

 
 

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

 

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 16:40

 

 

Source : http://multinationales.org

 

 

France

Grands chantiers d’infrastructures : Bouygues et Vinci, pollueurs multirécidivistes

 

Une récente décision de justice condamnant Bouygues et Vinci pour des pollutions délibérées sur le chantier de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux met en lumière les pratiques environnementales douteuses des grands groupes de BTP, derrière leurs beaux discours verts. Mais les amendes restent dérisoires au regard des sommes mobilisées par ces grands chantiers.

La justice vient de condamner deux filiales de Vinci et Bouygues, les sociétés Cosea et DTP, à des amendes pour des infractions environnementales à répétition sur le chantier de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. Celle-ci, sous le nom de Ligne Europe Sud Atlantique, doit être inaugurée en juillet prochain. Ce sera la première ligne à grande vitesse déléguée au secteur privé en France, pour un budget de près de 8 milliards d’euros.

Un article de Mediapart revient en détail sur certains des faits reprochés à Bouygues et Vinci, en contradiction totale avec les engagements qu’elles avaient pris au moment de la slignature des contrats :

En Indre-et-Loire, les sociétés Cosea et DTP ont été condamnées à des amendes d’une lourdeur inhabituelle : plus de 110 000 euros pour la filiale de Vinci construction (en additionnant ses condamnations au pénal et au civil) et 60 000 euros pour la filiale de Bouygues. Elles sont sanctionnées pour de multiples infractions aux arrêtés préfectoraux autorisant les travaux. Le 15 octobre 2013, un inspecteur de l’environnement constate sur le chantier du viaduc de la Manse que des bassins d’assainissement obligatoires n’ont pas été réalisés et qu’un autre est sous-dimensionné. Résultat : des boues chargées de matières en suspension se déversent dans le cours d’eau. Huit jours plus tard, à l’aval du point de rejet, le fond du lit de la rivière est entièrement colmaté par des matériaux sableux. Le milieu est pollué. Le 30 janvier 2015, une nouvelle inspection révèle que les fossés de collecte des eaux de ruissellement ne sont toujours pas aux normes et que des eaux chargées continuent de polluer la Manse.

Autre exemple : le 26 mars 2014, l’employé d’un chantier interrompt le pompage en cours d’une zone humide à l’approche de l’inspecteur qui constate, quelques jours plus tard, le rejet des eaux de fouille, sales, sans passage par le bassin d’assainissement, pourtant obligatoire. Par ailleurs, les barrières de mise en défense destinées à empêcher les amphibiens d’accéder à la zone de chantier, pour que les engins ne les écrasent pas, sont « totalement inefficaces ». Et un amoncellement d’encombres et de débris végétaux empêche la circulation des poissons dans le cours d’eau. Au fil des semaines, l’inspecteur de l’environnement multiplie les visites des chantiers de la ligne ferroviaire et découvre régulièrement de nouveaux écarts. Le 21 mai 2014, un bassin destiné à recueillir les eaux de ruissellement est hors d’usage, si bien que des rejets pollués s’écoulent dans le cours d’eau. En août, trois mois plus tard, des rebuts du chantier continuent de se déverser dans le milieu naturel « à chaque pluie ». Pour la justice, « le caractère réitéré de la méconnaissance des prescriptions réglementaires, à quelques semaines d’intervalle, témoigne de la part des prévenus d’une absence de prise en compte réelle des enjeux environnementaux qu’implique la réalisation d’un tel chantier ».

Lire l’intégralité de l’article sur le site de Mediapart (abonnement).

 

Multi-récidivisme

Selon la fédération France Nature Environnement, les faits reprochés à Bouygues et Vinci sur la ligne Tours-Bordeaux n’ont rien d’isolé. Elles relèvent de pratiques routinières sur les chantiers liés aux grands projets d’infrastructures en France. Par exemple ? « Arcos, société de Vinci et concessionnaire du futur contournement Ouest de Strasbourg, a commencé le 30 septembre 2016 les travaux de forage sans attendre l’autorisation de Ségolène Royal. » Ou encore « la société OC’VIA, dont Bouygues Construction et Alstom sont actionnaires, chargée de la conception, de la construction et du fonctionnement du ’contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier’ (CNM) a lourdement impacté 17 hectares d’habitats de l’Outarde canepetière, oiseau menacé d’extinction ».

Les amendes restent toutefois dérisoires : quelques dizaines de milliers d’euros pour la ligne Tours-Bordeaux, 7000 euros seulement pour OC’VIA ! Bref, pour ces géants du BTP, « il est plus rentable d’être en infraction que de respecter la loi », d’autant plus que ce sont des filiales au nom inconnu du grand public qui sont condamnées, tandis que les sociétés mères Vinci et Bouygues peuvent continuer à communiquer imperturbablement sur leurs engagements « verts » auprès du grand public.

La fédération environnementaliste annonce donc son intention de poursuivre directement les géants du BTP devant le tribunal de grande instance de Nanterre pour dénoncer leur « greenwashing ». Des poursuites qui pourraient rappeler celles engagées contre Auchan et Samsung ces derniers mois pour leur communication « éthique », en contradiction totale avec la réalité de leurs pratiques. Pour que la délinquance environnementale ne puisse plus se cacher derrière des beaux discours verts.

Olivier Petitjean

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Photo : JLPC / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0

 

 

 

Source : http://multinationales.org

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 16:36

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Partenariat public-privé

Tours-Bordeaux, première ligne TGV privée de France : profits assurés pour Vinci ?

 

par

 

 

La ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux entrera en service le 2 juillet prochain. Inaugurée par François Hollande le 28 février, c’est la première ligne à grande vitesse privée en France, puisqu’elle a été construite par le groupe de BTP Vinci, leader du consortium Lisea [1], dans le cadre d’un partenariat public-privé. Ce consortium assurera l’exploitation de la ligne, qui permettra de relier Paris à Bordeaux en deux heures, jusqu’en 2061. L’État a apporté 4 milliards d’euros sur les 7,8 milliards de budget total, à quoi s’ajoute une garantie sur l’emprunt de 3 milliards contracté par Lisea. Les fonds propres apportés par les partenaires privés ne représentent qu’un peu plus de 700 millions d’euros.

Face aux critiques de cette opération, Vinci se défend en soulignant que ce partenariat public-privé est le premier qui fasse assumer le risque commercial au concessionnaire et non à l’État. Autrement dit, si la ligne n’est pas rentable, c’est l’opérateur qui est censé en assumer les conséquences financières. L’expérience prouve cependant que si la ligne se retrouve en état de faillite, faute de revenus suffisants, les pouvoirs publics risquent fort de payer les pots cassés. C’est ce qui est arrivé il y a quelques mois pour la ligne Perpignan-Figueiras, confiée au groupement TP Ferro (filiale commune d’Eiffage et du groupe espagnol de BTP ACS). Ce dernier ayant été mis en faillite en raison de son endettement, ce sont la SNCF et son homologue espagnole qui ont dû reprendre la ligne.

 

Un partenariat déséquilibré

En l’occurrence, le consortium Lisea table sur des chiffres de fréquentation très ambitieux, avec un doublement de la fréquentation actuelle des trains Tours-Bordeaux, malgré l’augmentation prévisible du prix des billets. Les derniers mois du chantier ont été marqués par un bras de fer entre Vinci, la SNCF et l’État sur le nombre de trains devant circuler chaque jour, ainsi que sur le montant des péages qui devront être acquittés par la SNCF, seul « client » du consortium Lisea, pour y faire passer les trains. Les dirigeants de Vinci ne s’étaient pas privés de brandir la menace d’une mise en faillite pour peser dans ces négociations.

Le fait que le chantier ait été livré dans les temps a déjà permis à Vinci de s’arroger des bénéfices confortables. Les travaux ont pourtant occasionné toute une série de dégâts écologiques (lire cet article). Le contrat de concession signé en 2011 prévoit expressément que la responsabilité financière de Vinci en cas de faillite sera limitée à 350 millions d’euros. Si la LGV génère des profits à court ou à long terme, ils iront en revanche dans leur totalité aux partenaires du consortium privé. Bref, dans un cas, c’est Vinci qui gagne, dans l’autre, c’est l’État qui perd.

Olivier Petitjean

 

 

Notes

[1Vinci est associée au sein du consortium Lisea à la Caisse des dépôts et à deux fonds privés : Meridiam (fonds d’investissement dans les infrastructures fondé par un ancien de la Caisse des dépôts) et Ardian (ex Axa Private Equity).

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 15:21

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Commerce

Ces « zones libres » en Europe qui privilégient les alternatives locales face au néolibéralisme global

 

par

 

 

 

 

Des élus volontaristes pourront-ils, demain, soutenir la relocalisation de l’économie, favoriser les aliments bios et locaux dans les cantines scolaires ou reprendre la main sur la gestion de l’eau ou de l’énergie ? L’accord de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada – le Ceta – va leur compliquer la tâche en multipliant les contraintes légales. Face à cette menace, des centaines de collectivités locales, communes ou régions dans toute l’Europe, se sont déclarées « zones libres ». Leur résistance s’organise avec l’appui de citoyens et de mouvements.

De nouvelles règles de libre-échange entreront en vigueur dans les prochains jours, suite à la ratification le 15 février dernier de l’accord Ceta entre l’Union européenne et le Canada [1]. Les collectivités locales et leurs habitants sont en première ligne. Celles qui favorisent une relocalisation de l’économie, développent l’approvisionnement de leurs cantines avec des aliments biologiques et locaux ou remunicipalisent des biens communs comme l’eau ou l’énergie, redoutent que cet accord vienne entraver leurs choix politiques, en accélérant la libéralisation des services, l’industrialisation de l’agriculture et la déstructuration des filières locales. « L’essentiel des compétences concernant la transition écologique et sociale relèvent du niveau local, souligne Amélie Canonne de l’association Aitec et membre du collectif Stop Tafta-Ceta. Quand il s’agit de soutenir l’économie locale, d’assurer la restauration collective, d’organiser les transports, ce sont les collectivités locales qui le gèrent. »

Le Ceta vient ajouter une nouvelle couche de contraintes juridiques et pourrait compliquer davantage la mise en œuvre de politiques favorisant l’économie locale des deux côtés de l’Atlantique. Le chapitre 19 du Ceta prévoit notamment de nouvelles obligations et procédures dans la passation des marchés publics [2]. . « Dans les faits, celles-ci conduiront à un accroissement des publications légales et des dossiers techniques à produire, ce qui freinera l’accès des PME locales », craint Amélie Canonne. Les principes de non-discrimination et de transparence pourraient encourager encore un peu plus qu’aujourd’hui les acteurs publics à retenir le prix comme critère essentiel de sélection des offres, et à reléguer au second plan la plus-value sociale et environnementale. Face à ces menaces, de quelles manières les communes peuvent-elles résister ?

 

1er acte : se déclarer « communes libres »

Environ 2100 collectivités territoriales – de la commune rurale à des régions entières – en Europe se sont déjà déclarées « hors-Tafta », « hors-Ceta » ou « hors-Tisa » [3]. Une partie de ces collectivités, soucieuses de ne pas en rester à de simples déclarations, se sont réunies les 17 et 18 février à Grenoble, dans le cadre des deuxième rencontres paneuropéennes des villes contre les nouveaux traités de libre échange et pour des alternatives locales [4]. Une dynamique qui se révèle relativement forte en Allemagne, en Autriche, en Belgique et en France.

 

Tiles © Esri — Sources: GEBCO, NOAA, CHS, OSU, UNH, CSUMB, National Geographic, DeLorme, NAVTEQ, and Esri

 

Pour visualiser la carte, cliquer ici

 

 

En France, des régions, des conseils généraux, et des centaines de communes se sont déclarées « libres » de ces accord commerciaux contraignants [5]. C’est le cas du 14e arrondissement de Paris où la maire, Carine Petit, « socialiste frondeuse », assume cette position, même si le Ceta divise le PS (notre article). « Nous avons toujours ouvert les portes de la mairie pour que les rencontres et les débats puissent se tenir. Nous devons réaffirmer dans chacune des collectivités locales ce droit à l’accès à l’information des citoyens », précise Carine Petit.

 

2e acte : continuer à favoriser les produits biologiques et locaux

Olivier Deleuze est maire écologiste de la commune bruxelloise de Watermael-Boitsfort en Belgique. « Les gens nous demandent avant tout que leurs enfants mangent bien à l’école, qu’il n’y ait pas de pesticides dans les espaces publics ou que des peintures sans métaux lourds soient appliquées sur les bâtiments publics », énonce t-il. Mais il constate la difficulté d’établir le lien entre ces politiques locales et les accords de libre-échange. « En déclarant notre municipalité « hors-Ceta », on tente de sensibiliser les citoyens sur le fait que ce type de traité peut empêcher nos communes de se fournir en produits bio et locaux dans les prix moyens », souligne t-il [6]. Comment un accord global de libre-échange peut-il remettre en cause un approvisionnement biologique et local ? Par les systèmes d’appels d’offre qui devront désormais s’ouvrir aux entreprises canadiennes au-dessus d’un certain montant. « Les règles de cette libéralisation ne s’appliquent pas en-dessous d’un plancher de 252 000 euros et ne devraient donc pas concerner les petites communes françaises. C’est surtout un changement majeur pour les petites collectivités du côté canadien où le plancher était plus haut », explique Amélie Canonne. Le nouvel accord pourrait cependant inciter les petites communes à constituer des appels d’offre communs afin d’atteindre ce plancher. 

La directive européenne sur les marchés publics excluait déjà la mention de circuits courts dans les appels d’offres en raison de leur caractère jugé discriminatoire. Avec le Ceta, l’introduction dans l’appel d’offres d’un critère « issu de l’agriculture biologique » demeurera possible mais sans préciser la provenance, ce qui peut favoriser une agriculture industrielle éloignée des lieux de consommation. De nombreux élus ont trouvé des solutions pour contourner ces contraintes en fractionnant, par exemple, leurs commandes pour permettre aux petits producteurs de candidater à l’appel d’offre. Ou en utilisant le critère de « performance en matière d’approvisionnement direct des produits de l’agriculture » (lire notre enquête sur les cantines scolaires avec des repas 100% bio et locaux). L’État lui-même pousse les maires à développer les circuits courts en jouant avec les règles européennes [7].

 

3e acte : relocaliser l’économie

Le principe du « traitement national » prévu par le Ceta implique que les investisseurs étrangers doivent bénéficier au minimum des mêmes droits que les investisseurs locaux. « Les règles qui incitent à la discrimination positive au bénéfice d’entreprises locales sont interdites à tous les niveaux », précise Amélie Canonne. « Il en est de même pour les taxes à l’importation ou les subventions. » Certaines communes ont donc décidé d’agir en amont des appels d’offres en réalisant des consultations préalables afin de connaître les entreprises locales. Le 19 janvier dernier, Grenoble a ainsi organisé la première action de « sourçage » [8]. La municipalité a identifié les fournisseurs potentiels de la ville sur les travaux de maintenance des bâtiments municipaux – 665 biens soit environ 750 000 m2 nécessitant 8 millions d’euros de travaux par an. 49 entreprises ont été identifiées, autant de filières locales à structurer en ajustant la commande publique pour leur permettre d’y répondre. « Le premier levier est de relocaliser l’économie. Nous y parvenons grâce à la commande publique », assure Anne-Sophie Olmos, conseillère municipale de Grenoble et déléguée au contrôle de gestion externe.

A une vingtaine de kilomètres de Grenoble, la commune de La Buisse (3200 habitants) s’est aussi déclarée « zone hors-Tafta et hors-Ceta ». Le maire, Patrick Cholat, reconnaît volontiers que les débats sur les traités de libre-échange ne sont pas prioritaires dans les campagnes. Avec les autres élus municipaux, tous issus de la société civile, ils ont donc décidé d’être plus concrets en développant deux axes : l’autonomie énergétique et l’autonomie alimentaire. Pour impulser la dynamique en termes de production électrique, le conseil municipal a mis à disposition le toit d’un bâtiment public pour l’installation de panneaux photovoltaïques. « Suite à une réunion sur ce sujet, un groupe de citoyens a monté une société par actions simplifiée. Deux centrales citoyennes photovoltaïques fonctionnent aujourd’hui sur la commune », se réjouit le maire qui voit le projet essaimer dans les villes voisines. Sur le volet alimentaire, La Buisse est en train d’acquérir des terrains pour les allouer à des habitants ou des associations souhaitant développer la production locale et biologique.

 

4e acte : les services publics locaux sous « contrôle populaire direct »

Une clause du Ceta prévoit qu’en cas de litiges commerciaux, les différends entre les parties signataires soient jugés par la Cour internationale d’investissement, une sorte de tribunal d’arbitrage permanent qui risque de compliquer davantage la remunicipalisation des services publics [9]. Des villes envisageant par exemple de remunicipaliser leur gestion d’eau pourraient être poursuivies par les prestataires privés, comme ce fut le cas en Argentine [10].

En dépit des risques de lourdes indemnités à payer, de plus en plus de villes et de territoires s’engagent dans un processus de remunicipalisation de l’eau, de l’énergie, des cantines ou bien encore des transports en commun, pour résister à la dérégulation du commerce et de l’investissement. Lavinia Steinfort de l’organisation néerlandaise Transnational Institute a recensé plus de 800 cas dans le monde. En France, une centaine de communes, dont Paris, Rennes, Montpellier et Grenoble, ont lancé un processus de remunicipalisation de l’eau. Bastion de la multinationale Suez, Barcelone tente depuis quelques mois de reprendre la main sur son eau. Les élus de la coalition citoyenne Barcelona En Comú (« Barcelone en commun »), emmenée par Ada Colau élue maire en 2015, estiment que la remunicipalisation permettra de réduire le prix de l’eau, d’accroître les investissements et de lutter plus efficacement contre les fuites (notre article).

« Quatre mairies ont réussi pour le moment à remunicipaliser le service de l’eau, confirme Isabel Vallet Sanchez, députée au Parlement de Barcelone du parti indépendantiste catalan Candidature d’unité populaire. Mais notre bataille porte aussi sur la remunicipalisation des écoles, des crèches, des déchets et des centres de santé. Face au Ceta, il ne faut pas simplement lutter contre la privatisation en remunicipalisant, mais créer des espaces de contrôle populaire direct des services. Il faut que les citoyens aient conscience de leurs droits sur les services publics. » C’est aussi la conviction de la grenobloise Anne-Sophie Olmos qui aspire à « démocratiser les biens communs ». « Les habitants pourraient par exemple rentrer dans la gestion des services publics via des Scic (sociétés coopératives d’intérêt collectif) », illustre t-elle. (Lire à ce sujet l’entretien avec le chercheur David Bollier, militant infatigable des biens communs).

 

5e acte : créer des lieux de contre-pouvoirs citoyens

Nathalie Perrin-Gilbert est maire du 1er arrondissement de Lyon. Réélue en 2014 sur une liste citoyenne, clairement revendiquée à gauche, elle considère que « pour être fort, il faut partager le pouvoir et la responsabilité avec les citoyens et associations ». Bien que son arrondissement dépende des services de Lyon et de la métropole, elle dispose de marges de manœuvre via les équipements de proximité. « Nous avons dédié une maison à des associations travaillant sur l’économie circulaire, en clair à un autre modèle économique : développement de monnaie locale, repair café, conseils de quartier, paniers bio... On veut en faire un lieu de contre pouvoir citoyen et permettre à des associations de se regrouper pour être plus fortes et agir. »

Une dynamique similaire est à l’œuvre dans la commune de Parla au sud de Madrid. Beatriz Arceredillo est élue municipale pour le mouvement citoyen Mover Parla. Bien que la ville se soit déclarée « hors Tafta » en août 2015, l’élue constate deux difficultés majeures. D’un côté, le gouvernement dirigé par le Parti Populaire (droite conservatrice) tend à la centralisation et à nier toutes voix dissidentes issues de l’administration locale. De l’autre, une grande partie de la population, très préoccupée par la crise économique et sociale du pays, peine à se mobiliser sur le front des traités de libre-échange. « Notre stratégie est de se centrer sur les plus jeunes et les femmes, souligne Beatriz Arceredillo. Nous tentons d’établir un centre autogéré, avec l’idée que ce soit un centre de culture, d’éducation, de formation où l’on puisse voir les effets négatifs des traités internationaux. »

 

6e acte : se regrouper et développer des échanges entre « zones libres »

Résister aux traités de libre-échange implique d’affronter l’influence de lobbies et de grandes entreprises privées. « L’enjeu, c’est de se grouper pour renverser la donne », affirme Carine Petit, la maire socialiste du 14e arrondissement. Elle propose de s’inspirer du Cities Climate Leadership Group (C40), un réseau mondial de 90 grandes villes – présidé depuis 2016 par Anne Hidalgo, la maire de Paris – qui vise à accélérer la mutation écologique de leur territoire. Se réunissant plusieurs fois dans l’année, ces élus des grandes métropoles mettent en commun leurs expériences pour résoudre des problèmes relatifs au trafic automobile, à l’efficience énergétique des bâtiments ou à la gestion des déchets. « Réaliser des groupements d’achat avec plusieurs métropoles pour des véhicules propres, cela fait partie des marges de manœuvre que les collectivités se redonnent de manière concrète », souligne Carine Petit.

En parallèle, Barcelone est en train de constituer un réseau mondial des villes « municipalistes » [11]. Un accord de collaboration a d’ores et déjà été signé entre Barcelone et Paris sur la question du tourisme, de la gestion de l’eau et de la mémoire historique. « Il s’agit maintenant de développer des échanges d’expériences et des projets en commun entre zones libres », appuie Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon. Elle invite à réfléchir à plusieurs sur les questions foncières, sur l’eau mais aussi sur la culture comme bien commun. L’élue propose notamment d’ « adopter des clauses de réciprocité, en prêtant par exemple de l’ingénierie sur quelques jours, et réciproquement ».

« Le 14e arrondissement de Paris a fait le choix d’aider financièrement les coopératives d’agriculteurs bio d’Ile-de-France pour qu’elles puissent s’équiper en légumerie et répondre ainsi aux marchés publics », renchérit Carine Petit. Cette démarche volontariste aboutit aujourd’hui à 50 % de produits bio dans les cantines de l’arrondissement qui fournissent 7500 repas par jour. « Depuis les cuisines, on peut aussi changer les choses petit à petit. Échanger nos idées et bonnes pratiques est essentiel face aux risques de régressions spectaculaires pour l’environnement, la justice sociale et la citoyenneté que font peser le Ceta. Nous sommes dans une démarche où l’on montre que c’est possible. »

Sophie Chapelle

Photo : © Caroline Peyronel / Collectif Stop Tafta

 

Notes

[1La Commission européenne avait prévu de faire entrer une large partie des dispositions prévues par le traité dès le 1er mars 2017. Des sources internes indiquent que la Commission s’accorde un délai d’application d’un à deux mois suite à la ratification du traité par le Parlement européen.

[2L’organisation des marchés publics était déjà régie par une directive européenne et un accord de l’Organisation mondiale du commerce : la directive européenne 2014/24 et l’Accord multilatéral sur les marchés publics de l’OMC.

[3Le Tafta fait référence au projet d’accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne, et le Tisa à l’accord sur le commerce des services.

[4Les premières rencontres se sont tenues à Barcelone le 21 avril 2016. Quarante collectivités locales ont fait une déclaration commune. La rencontre de Grenoble a donné lieu à une nouvelle déclaration intitulée « la réplique de Grenoble ».

[5Voir la carte des collectivités françaises hors-tafta, Ceta ou Tisa

[6Télécharger la motion type des collectivitésse déclarant hors-Tafta ou hors-Ceta. Plus d’informations ici

[7Un « guide d’achat pour favoriser l’approvisionnement local et de qualité en restauration collective » a ainsi été édité par le ministère de l’Agriculture.

[8L’action de sourçage est autorisée depuis un an en vertu du nouveau code des marchés (article N° 2016-360 du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics).

[9Voir les articles 8.18 à 8.45 du Ceta

[11Voir ce texte de membres de Barcelona En Comú

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 14:46

 

 

Info reçue par mail

 

 

 

 

Action choc d’Attac contre l’évasion fiscale : Apple doit rendre l’argent !

 
 

Action choc d’Attac contre l’évasion fiscale : Apple doit rendre l’argent !

 
 

Communiqué 13 mars 2017

 
 
Ce lundi 13 mars à 8 h 30, 30 militant·e·s d’Attac ont symboliquement opacifié les vitrines d’Apple Store de Saint-Germain-des-Près pour dénoncer l’évasion fiscale pratiquée par la marque à la pomme. Attac appelle à multiplier ces actions pour que les multinationales rendent l’argent qu’elles ont détourné depuis des années et qu’elles payent enfin leur juste part d’impôts dans les pays ou elles exercent réellement leurs activités.
 
 
Ce lundi 13 mars à 8 h 30, 30 militant·e·s d’Attac ont opacifié la vitrine de l’Appel Store de Saint-Germain-des-Près, en la recouvrant de blanc de Meudon. Ils dénonçaient l’opacité financière et l’évasion fiscale pratiquée par à la marque à la pomme pour échapper au paiement des impôts dans les pays où elle vend ses ordinateurs, smartphones et autres objets connectés. En 2016, la Commission européenne a déjà condamné Apple à rembourser 13 milliards d’euros à l’Irlande. À cette occasion, elle a mis en évidence que les client·e·s d’Apple achetaient leurs produits à une filiale irlandaise plutôt qu’aux magasins qui leur vendaient ces produits. Par divers accords fiscaux passés avec l’Irlande, Apple a réussi l’exploit de payer entre 2 % et 0,005 % d’impôt sur les sociétés pour l’ensemble des activités européennes. Pour Annick Coupé, Secrétaire générale d’Attac, « cette amende de 13 milliards d’euros n’est que la partie visible de l’Iceberg. En 2016, Apple détenaient 215 milliards de dollars sur des comptes offshore. Des sommes colossales qui échappent à la fiscalité des pays dans lesquels la multinationale exerce réellement ses activités  ».
Pour lutter contre l’opacité financière, la société civile se mobilise depuis des années en faveur du «  reporting pays par pays » , soit l’obligation pour des multinationales comme Apple de rendre publics le nombre de filiales, le chiffre d’affaires, les profits et le nombre d’employés dans tous les pays où elles sont implantées. Cela permettrait de jeter la lumière sur leurs pratiques d’optimisation fiscale. À 48 h du verdict du procès en appel du «  LuxLeaks  », cette action est également l’occasion de rappeler qu’Apple fait partie des clients du cabinet d’affaires PwC qui ont passé des accords secrets avec le fisc luxembourgeois. Ces accords secrets, la course à la baisse des taux d’imposition, la multiplication des niches et autres incitations fiscales ont des conséquences désastreuses sur l’équité fiscale ou la progressivité des systèmes fiscaux partout en Europe.
En pleine période électorale, alors que des candidat·e·s promettent de diminuer le nombre de fonctionnaires, de couper les vivres aux collectivités locales ou de reculer encore l’âge de la retraite parce que les « les caisses de l’État sont vides » , nous voulons démontrer que de l’argent, il y en a beaucoup, accumulé, dissimulé, évadé par les plus riches et les multinationales. Attac France s’apprête à publier un rapport « Rendez l’argent » qui fera la démonstration qu’il est possible – et urgent ! – de récupérer près de 200 milliards d’euros par an. Comment ? Par des mesures balisées et crédibles, qui pourraient être mises en œuvre par un gouvernement volontariste et poussé par les citoyen·ne·s, associations, mouvements et syndicats mobilisés en ce sens.
Cette action est la première d’une série d’actions qui seront menées partout en France dès le samedi 1er avril, notamment dans le cadre de la semaine mondiale d’action contre les paradis fiscaux #EndTaxHavens. Qu’elle soit légale ou illégale, l’évasion fiscale, qui permet aux multinationales et aux personnes fortunées d’échapper au paiement de leur juste part d’impôts, est une pratique de plus en plus insupportable pour une majorité de la population.

 

 

Attac France — 2017
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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 18:25

 

 

Source : http://ecologie.blog.lemonde.fr

 

 

Le Parlement européen se prononce pour la fin des lapins en cage

 

 

 

 

C’est l’animal le plus détenu en cage en Europe. Chaque année, 320 millions de lapins sont élevés pour leur viande sur le continent, et 99 % d’entre eux sont enfermés entre quatre barreaux. Mardi 14 mars, les députés européens ont voté, en séance plénière, un rapport d’initiative demandant l’élaboration de « normes minimales » pour améliorer le bien-être de ces mammifères et notamment la suppression progressive des cages. Ils ont également appelé la Commission européenne à adopter une législation spécifique sur cet élevage industriel répandu mais qui reste méconnu.

 

« Il existe des normes réglementaires pour protéger les porcs, les veaux, les poules pondeuses ou les poulets de chair. Mais pas une seule ne concerne la protection des lapins », a déploré devant le Parlement le rapporteur de cette résolution – juridiquement non contraignante –, l’élu allemand Stefan Eck (gauche unitaire européenne/gauche verte nordique)

« Aujourd’hui, dans l’Union européenne, les lapins sont élevés dans des conditions cruelles dans des fermes d’élevage et d’engraissement », indique le rapport d’initiative. Ces animaux passent en effet leur vie entière derrière des barreaux, dans des espaces trop étroits : ils naissent dans de petites cages grillagées hors-sol et y restent jusqu’à leur mort, soit entre 60 et 80 jours plus tard. Les lapines reproductrices sont quant à elles maintenues isolées et confinées pendant 13 à 24 mois jusqu’à leur réforme, c’est-à-dire leur abattage.

« Les cages les empêchent d’exprimer leurs comportements naturels, comme se mettre debout, faire des bonds, creuser, ronger, et leur causent des blessures et un stress permanent », dénonce Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France, l’ONG qui a lancé une vaste campagne pour mettre fin aux élevages de lapins en batterie, dévoilant à plusieurs reprises leurs « conditions de vie désastreuses ».

Tous sont par ailleurs gavés d’antibiotiques : les léporidés sont les animaux les plus exposés à ces médicaments, devant les volailles et les porcs, selon l’indicateur ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobials) livré par l’Agence nationale de sécurité sanitaire, même si ce chiffre baisse depuis quelques années.

 

Systèmes de parcs

La résolution, qui appelle à limiter l’usage des médicaments, demande surtout d’éliminer progressivement – sans date butoir toutefois – l’élevage de lapins en batterie pour « s’orienter vers d’autres méthodes d’élevage telles que les systèmes de parcs qui prévoient un espace suffisant par lapin et dans lesquels les lapins peuvent être élevés en groupes ». Les éleveurs procédant à cette reconversion devraient recevoir un soutien dans le cadre de la politique agricole commune, enjoint le texte.

« C’est une victoire formidable, un changement de paradigme. Ce combat était difficile car les lapins sont souvent associés aux clapiers. Mais les cages sont bien pires. Nous nous réjouissons que le texte parle de leur fin progressive et non de leur aménagement, se félicite Léopoldine Charbonneaux, qui avait remis aux ministres européens de l’agriculture une pétition de 600 000 signatures en ce sens. C’est un signal fort que la Commission ne peut ignorer. »

L’exécutif européen n’a aucun projet en ce sens, a toutefois indiqué dans l’hémicycle la commissaire chargée des consommateurs, Vera Jourova. Les lapins, a-t-elle rappelé, sont déjà protégés par une directive du Conseil concernant l’ensemble des animaux dans les élevages, datant de 1998. En outre, « la Commission est d’avis que les Etats membres concernés sont les mieux placés pour gérer les problèmes relevant de la production de lapins« , a-t-elle ajouté.

La plupart des Etats membres ne disposent pas de législation spécifique, à l’exception de l’Autriche et de la Belgique, qui ont récemment interdit les cages en batterie en faveur des parcs, ou de l’Allemagne et du Royaume-Uni, qui ont amélioré la législation sur le bien-être de ces animaux. « Ce sont des pays qui ont une très faible production cunicole. Très peu de députés européens étaient au final concernés par ce texte », remarque Dominique Le Cren, directrice du Comité lapin interprofessionnel pour la promotion des produits français (Clipp).

 

Chute de la consommation

L’Union européenne est le 2e producteur mondial de viande de lapin (derrière la Chine), provenant à 80 % de l’Espagne, de l’Italie et de la France. L’Hexagone en élève 37 millions pour leur chair chaque année, essentiellement dans l’ouest du territoire. Un chiffre élevé, pour une consommation en réalité très faible : 55 000 tonnes, soit à peine 1 % de la viande engloutie chaque année par les Français. Surtout, cette part chute de façon continue au fil des années (– 10 % en 2015, – 2 à 3 % en 2016), en particulier chez les jeunes.

« C’est une viande qui présente un frein à l’usage : elle pâtit de l’image d’un produit qui nécessite d’être mijoté, alors qu’on peut le cuisiner vite, même au quotidien, assure Dominique Le Cren. Mais il est vrai que les filets déjà désossés sont plus chers à l’achat que d’autres viandes. » Le rapporteur allemand Stefan Eck, lui, voit davantage un « boycott de la viande de lapin par les consommateurs car les souffrances animales infligées dans les élevages sont désormais connues ».

L’interprofession française se dit « pas opposée à des évolutions » mais appelle à « ne pas aller trop vite en supprimant les cages, qui présentent des avantages ». « Le système des parcs n’est pas encore abouti, et peut engendrer des risques de blessures pour les lapines lors de la mise-bas et de la lactation, car elles sont soumises à l’agressivité de leurs congénères, soutient Dominique Le Cren. Surtout, ils sont préjudiciables à la pérennité de notre filière. Ils entraînent un surcoût de l’ordre de 30 % pour l’éleveur, qui se répercute sur le prix de la viande. Or, nous n’avons pas l’assurance que les consommateurs sont prêts à le payer pour le bien-être animal. » Les 1 200 éleveurs français professionnels « ont peu de moyens, et une capacité d’investissement faible », assure-t-elle.

« Il est intéressant d’investir aujourd’hui dans un système qui a toutes les caractéristiques pour répondre aux attentes des consommateurs de demain, juge de son côté Amélie Legrand, chargée des affaires agroalimentaires pour le CIWF. Il faut aussi savoir expliquer ces choix aux consommateurs afin qu’une éventuelle répercussion sur le prix d’achat puisse être mieux comprise et acceptée. » Pour les poules pondeuses, comme pour les lapins, l’ère sans cage débute dans les foyers.

Audrey Garric

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>> Lire mes autres articles sur le site du Monde

 

 

 

Source : http://ecologie.blog.lemonde.fr

 

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:14

 

 

Source : http://blogyy.net

 

 

Tsipras attaque à nouveau les squats, cette fois à Athènes !

 
La tension monte à Athènes depuis l’aube, suite à une nouvelle agression du pouvoir contre le mouvement social et les réfugiés.
 
 
TSIPRAS ATTAQUE À NOUVEAU LES SQUATS, CETTE FOIS À ATHÈNES !
 
 
Huit mois après l’attaque surprise et simultanée de trois squats à Thessalonique le 27 juillet 2016*, Tsipras vient de recommencer ce matin à l’aube, mais cette fois au centre de la capitale.
 
C’est à nouveau un squat de réfugiés et de migrants qui a été la victime principale de sa répression policière : le squat « Scholeio » (École) de la rue Alkiviadou (Alcibiade), dans le quartier d’Acharnon, à 500 mètres d’Exarcheia .

Les 126 réfugiés et migrants, pour la plupart des familles syriennes (une cinquantaine d’enfants), ont été malmenés, effrayés et parfois trainés sur le sol dans la rue selon des témoins, avant d’être envoyés au centre d’identification des étrangers de Petrou Ralli. Ils rejoindront par la suite les indignes camps de rétention de l’Attique, pour la plupart conçus à l’initiative des dirigeants de l’Union européenne. Début 2016, Bernard Cazeneuve (alors ministre de l’intérieur) s’était déplacé en personne, accompagné par plusieurs dizaines de techniciens français pour faire ce sale boulot en Attique et dans plusieurs îles dont Lesbos.

Le squat « Scholeio » (Ecole), rue Alkiviadou

Simultanément, une deuxième attaque a été planifiée, à l’aube également, contre le squat « Villa Zografou », au cœur d’un parc tranquille de l’autre côté du Lycabette, qui était pourtant occupé depuis 2012 et offrait de nombreuses activités gratuites ou à prix libres à tous les habitants du quartier : projections de films, débats, activités sportives et artistiques, jardins partagés… 7 camarades anarchistes et antiautoritaires ont été arrêtés et transférés à la Division générale de la police de l’Attique (GADA) et le parc est bouclé par une armada de CRS (MAT).

Le squat « Villa Zografou »

Préparée en secret, l’ensemble de l’opération a été coordonnée par le sinistre Nikos Toskas, ministre de l’ordre public, homme de main de Tsipras et ancien général de l’armée à la retraite.
 
Alors que la journée avance, une forte présence policière vient d’être déployée dans plusieurs secteurs du centre d’Athènes, principalement autour d’Acharnon, Exarcheia, Zografou et derrière le parlement.
 
Parmi les premières ripostes du mouvement social, en ce moment même, des rassemblements ont commencé : place Gardenias à Zografou, place Exarcheia, mais aussi dans d’autres villes en solidarité avec les expulsés.
 
Le rassemblement de la place Exarcheia vient maintenant de se déplacer devant le nouveau squat « Gare » situé 74 rue Kalidromiou à Exarcheia. Une grande manif « Pas touche aux occupations » est prévue ce soir à Athènes, à 18 heures locales, au départ de la place Gardenias. Demain, il y aura également une manif à motos et d’autres actions (dont probablement plusieurs mauvaises surprises pour le pouvoir).
 
Une rumeur évoque un risque d’attaque dans les prochains jours au cœur même d’Exarcheia. Des assemblées ont prévu, dès ce soir, de débattre et de s’organiser pour parer à cette éventualité. Une attaque qui ne serait pas sans dommages collatéraux, quand on connait l’énorme capacité de résistance d’Exarcheia, qui plus est à quelques jours de l’arrivée du convoi solidaire** (avec son soutien politique, financier et matériel, et la présence dans le quartier des 57 camarades venus de France, Suisse, Espagne et Belgique).
 
A suivre…
 
Yannis Youlountas
 
* L’attaque des trois squats à Thessalonique le 27 juillet 2016 et les suites :
 
** Le convoi solidaire de 23 fourgons qui est attendu à Exarcheia le 28 mars :

 

 

 

 

Source : http://blogyy.net

 

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:02

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Impôts

« Rendez l’argent ! » : Apple épinglé pour ses pratiques d’évasion fiscale

 

par

 

 

 

Le 13 mars à 8h30, une trentaine de militants de l’association Attac ont recouvert en blanc la vitrine d’une boutique Apple Store, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris [1]. Cette action symbolique visait à opacifier les vitrines de la marque à la pomme pour dénoncer son opacité financière et ses pratiques d’évasion fiscale.

En septembre 2016, la Commission européenne a condamné Apple à reverser plus de 13 milliards d’euros à l’Irlande, pour compenser des impôts dûs et non versés entre 2003 et 2013. Elle pointait notamment le caractère « illégal » de deux rescrits fiscaux (ou rulings) accordés à Apple par l’Irlande en 1991 et en 2007. Ces accords secrets conclus entre administrations fiscales et multinationales – au centre du scandale Luxleaks dont la décision du procès en appel sera rendue le 15 mars – fixent à l’avance les conditions d’imposition de ces dernières, conditions généralement extrêmement avantageuses. En l’occurrence, les deux rescrits incriminés ont permis à Apple de faire baisser son taux réel d’imposition en Irlande à seulement 0,005 % de ses bénéfices en 2014 ! La Commission les a assimilés à des aides d’État déguisées (lire à ce sujet notre précédent article).

Pour Annick Coupé, secrétaire générale d’Attac, « cette amende de 13 milliards d’euros n’est que la partie visible de l’iceberg. En 2016, Apple détenait 215 milliards de dollars sur des comptes offshore. Des sommes colossales qui échappent à la fiscalité des pays dans lesquels la multinationale exerce réellement ses activités. » Pour lutter contre l’opacité financière, de nombreux organisations de la société civile réclament la mise en place d’un « reporting pays par pays » public, soit l’obligation pour des multinationales comme Apple de rendre publics la liste de leurs filiales dans tous les pays où elles sont implantées, avec le chiffre d’affaires, les profits et le nombre d’employés de chacune. Attac appelle à multiplier les actions « pour que les multinationales rendent l’argent qu’elles ont détourné depuis des années et qu’elles payent enfin leur juste part d’impôts dans les pays ou elles exercent réellement leurs activités ». Le manque à gagner pour l’État français du fait de l’évasion fiscale est évalué entre 60 à 80 milliards d’euros par an.

Photo : Twitter / Attac

 

Notes

[1Ils ont utilisé du blanc de Meudon, une poudre blanche à base de craie, lavable à l’eau.

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:32

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

Certains compteurs électriques surestiment largement la consommation réelle

 

 |   |  379  mots

 

 

 

Les chiffres indiqués sur un compteur sont-ils forcément le reflet de la consommation d'un ménage ?

Les chiffres indiqués sur un compteur sont-ils forcément le reflet de la consommation d'un ménage ? (Crédits : REUTERS/Albert Gea.)

 

 

Les appareils de mesure électrique affichent des données erronées parfois six fois plus importantes que la réalité selon une étude menée par deux universités néerlandaises.

Les compteurs électriques intelligents mesurent-ils vraiment de façon précise notre consommation électrique ? La réponse à cette question peut paraître évidente tant l'objet semble indispensable dans notre quotidien. Pourtant, les mesures effectuées par certains compteurs peuvent donner des résultats complètement faussés - près de six fois supérieurs à la consommation réelle -, selon une étude publiée le 3 mars dans la revue scientifique IEEE Electromagnetic Compatibily Magazine.

 

Des compteurs inadaptés aux nouvelles ampoules

Menée par l'université de Twente (Pays-Bas) en collaboration avec l'université d'Amsterdam des sciences appliquées, l'étude a connecté neuf compteurs intelligents, construits entre 2004 et 2014, à un tableau électrique afin qu'ils mesurent la consommation de différents appareils. Au terme de l'expérimentation, cinq des neufs compteurs testés affichaient des données bien plus élevées que la consommation réelle - un écart allant jusqu'à 582% a été constaté - tandis que deux autres compteurs étaient nettement en deçà de la réalité - environ 30% - , comme le raconte un article publié sur le site de l'université de Twente.

La principale raison de cet écart est dû aux nouvelles technologies en matière d'éclairage domestique. Les nouvelles ampoules à basse consommation et LED altèrent en effet la forme "parfaite" du courant électrique, qui devient plus difficilement mesurable. Ainsi, les compteurs utilisant l'effet Hall, qui "produit une tension à l'image exacte du courant sortant", ont sous-estimé la consommation réelle. A contrario, ceux utilisant l'enroulement de Rogowski, qui mesure le courant alternatif, l'ont sur-estimée.

"Les compteurs électriques que nous avons testé répondent à tous les critères légaux et sont certifiés. Cependant, ces critères n'ont pas suffisamment tenu compte des dispositifs de commutation modernes", déplore Frank Leferink, professeur de Compatibilité électromagnétique à l'université de Twente, cité dans l'article.

Si ce problème peut sembler technique et lointain, il concerne en fait de très nombreux ménages. En France, les compteurs Linky utilisent le même principe de comptage  - l'effet Hall - que certains des compteurs testés par l'université de Twente et qui avaient, au cours de l'étude, sous-estimé la consommation électrique réelle.

 

>> Lire aussi Linky : ce qui va changer avec l'installation de ces nouveaux compteurs

 

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:18

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Souveraineté alimentaire

Après le départ de Monsanto, les paysans burkinabè veulent reconquérir leur autonomie semencière

 

 

par , Mien De Graeve, Wouter Elsen

 

 

 

 

Si Monsanto a décidé de quitter le Burkina Faso, les sociétés cotonnières maintiennent leur main-mise sur les semences de coton. Des milliers de producteurs de coton burkinabè entrent aujourd’hui en résistance pour reconquérir leur autonomie. Troisième et dernier volet de notre enquête.

Épisode 3, suite de notre série sur la filière du coton OGM au Burkina Faso (voir l’épisode précédent : De la Françafrique à la corruption : les dessous de la filière coton au Burkina Faso).

Les paysans burkinabè ne parlent pas tous négativement de Monsanto et du coton transgénique, mais tous regrettent le monopole des sociétés cotonnières et de l’Union des producteurs sur le business des semences. Les premiers résultats de la thèse du burkinabè Edouard Sanou concernant l’impact socio-économique du coton OGM sur la population agricole, confirme nos impressions [1] : la quasi-totalité des paysans disent n’avoir jamais été consultés ni informés sur l’introduction des OGM tout en déclarant avoir des expériences positives avec ces variétés. Le coton transgénique requiert moins de traitements de pesticides – deux aspersions sur les six nécessaires en conventionnel – et son rendement n’est pas inférieur au coton conventionnel (à lire également, le reportage de Basta ! en 2013 au Burkina Faso).

Pourtant, si rien ne change, les paysans devront continuer à travailler jour après jour sous un soleil de plomb, sans aucune emprise sur la semence. Même une fois Monsanto parti. Avec le maïs, le coton est en effet la seule culture de rente au Burkina Faso : elle permet aux paysans d’épargner pour payer l’école et les soins de santé. Un « luxe » auquel n’ont pas accès ceux qui pratiquent la seule agriculture dite « de subsistance ». « Avec l’argent du coton, je peux envoyer les seize enfants à ma charge à l’école », illustre Bazabo Bognana.

 

Les paysans obligés de racheter leurs propres graines

Face à des paysans « condamnés » à produire du coton, les entreprises cotonnières se sont appropriées tout un système de multiplication des semences. Traditionnellement, les paysans au Burkina Faso produisent et améliorent eux-mêmes leurs graines pour des cultures comme le maïs, les haricots, le sésame et le sorgho. Mais pour le coton c’est impossible. Les semences ne sont pourtant pas « terminator », c’est à dire impossibles à resemer. Mais les entreprises cotonnières abusent de l’impossibilité à séparer manuellement les graines de la fibre – toutes contenues dans la capsule de la plante – pour le faire elles-mêmes dans leurs usines d’égrenage. Elles commercialisent ensuite le coton sur le marché, et expédient une partie des graines vers des usines d’huile. Le reste est revendu aux agriculteurs comme semences.

« Ils reçoivent les meilleures semences issues de leur production, assure Georges Yameogo de la société burkinabè des fibres textiles (Sofitex). Le processus de la multiplication des semences est sûr et correct, garanti par l’Institut national d’expérimentation et de recherche agricole (INERA). » Mais la séparation industrielle de la fibre et de la graine donne lieu à beaucoup de corruption et d’abus. Certains paysans travaillant dans les usines de la Sofitex concluent un accord avec les chefs de l’usine et reçoivent gratuitement, à la fin de leur période de travail, des semences de bonne qualité.

De plus, contrairement à ce que dit Georges Yameogo, le cycle de reproduction de la semence ne recommence pas chaque année. « Si je reçois des semences de 1ère ou 2ème génération, j’ai de la chance : il y aura beaucoup de graines dans mon coton et le poids par hectare sera bon, détaille Mohamed Traore. Mais souvent je reçois des semences de 3ème, 4ème voire même 5ème génération. Ces semences produisent toujours de la fibre, mais presque plus de graines. Vu que la Sofitex paie mon coton au poids, je suis perdant puisque j’ai travaillé et investi autant que si j’avais eu des bonnes semences. »

Pour Mohamed Traore le coton est devenu le symbole de la lutte paysanne. Avec ses collègues et compagnons, il sensibilise les paysans aux abus de l’union des cotonculteurs et des sociétés cotonnières. © Wouter Elsen

Un paysan de Dédougou, qui souhaite rester anonyme, ajoute : « J’achète un sac de semences OGM à la Sofitex. Une fois les cultures prêtes, l’entreprise vient chercher mon coton et récupère jusqu’à 15 fois le nombre de graines que j’ai semées ! Il est faux de dire que la plupart des semences partent à l’huilerie après la deuxième multiplication. Je connais des gens à l’usine. Ils m’ont dit que les graines sont simplement revendues. » Les paysans se retrouvent obligés de racheter leurs propres semences à des prix excessifs !

La multiplication des semences est un business florissant pour les sociétés cotonnières. En principe, 28 % des recettes des semences OGM vont à Monsanto mais il n’y a pas beaucoup de contrôle. « C’est une question de confiance, souligne Georges Yameogo de Sofitex. On envoie des rapports à Monsanto. Ils peuvent venir faire des prélèvements dans les champs. » Ce que confirme l’ancien employé de Monsanto : « C’est une simple déclaration de leur part. La Sofitex fait ce qu’elle veut, il n’y a aucun contrôle. Des montants énormes partent dans les poches des responsables. »

 

« La réponse ne se trouve pas chez les bio-ingénieurs mais chez les paysans »

Pour que les paysans se réapproprient cette étape cruciale de la culture du coton, s’attaquer aux seules multinationales ou aux OGM ne suffit pas. Le débat sur les semences transgéniques ne relève pas tant d’une discussion technique ou scientifique que politique. « Pour l’instant, il y a peu de consensus entre agronomes sur la définition des "bonnes semences" , constate Lodewijk van Dycke, doctorant au centre des communications, nouvelles technologies et propriété intellectuelle à Leuven en Belgique. Les bonnes semences dépendent de beaucoup de facteurs : le sol, le climat, l’accès à d’autres technologies, la culture locale, l’enseignement, l’information. »

« Cela dépend également de quel objectif on souhaite atteindre avec ces semences. Voulons-nous produire davantage ? Voulons-nous plutôt des récoltes sûres ? Voulons-nous des cultures qui nourrissent davantage ? Voilà des questions politiques porteuses de valeurs. La réponse à ces questions ne se trouve pas chez les bio-ingénieurs. Elle ne se trouve pas non plus chez Monsanto ou d’autres entreprises parce qu’ils ne recherchent que leur propre intérêt commercial. La réponse se trouve chez les paysans. Nous devons aspirer vers une démocratie plus participative qui accorde de plein droit la parole aux paysans. Ce n’est que par la suite que l’on peut juger le rôle positif ou négatif de Monsanto et de Sofitex, des OGM et d’autres formes de biotechnologie. »

Seul un dialogue démocratique accru avec les paysans permettra de découvrir quelles semences conviennent dans quelles circonstances. Afin de susciter ce dialogue, ce ne sont pas seulement les entreprises et les politiques, mais aussi les chercheurs et ONG qui doivent être associés au débat sur les biotechnologies agricoles. Il est indispensable d’investir dans la formation des paysans, et de pouvoir renforcer leur prises de participations dans les entreprises qui gèrent les semences. L’expérience négative avec les OGM au Burkina Faso a également fait réfléchir l’ancien employé de Monsanto, qui s’oppose à la ligne officielle de l’entreprise : « Ce n’est pas la biotechnologie qui va résoudre la faim dans le monde, c’est le fait de mettre cette technologie à la disposition des agriculteurs, le fait d’avoir un système agricole qui puisse absorber cette technologie. »

 

Le début d’une lutte paysanne pour se réapproprier leur filière

Les cultivateurs de coton, en réflexion depuis plusieurs mois, sont désormais prêts à se lancer dans la lutte. Soutenus par des structures telles que l’organisation pour la démocratie et la jeunesse (ODJ) ou la coalition contre la vie chère (CCVC), ils arpentent le pays à la rencontre des paysans : « On se réunit tôt le matin, chacun cotise pour le carburant des motos et on visite cinq à six villages par jour, témoigne Mohamed Traore. On parle et on écoute les paysans. »

Les carnets de revendication adressés à l’Union des producteurs et à la Sofitex les aident à élargir la mobilisation : ils exigent que le prix du coton couvre au moins leurs investissements. Ils réclament également des audits des entreprises cotonnières et de l’Union, et veulent l’implication des paysans dans le cycle du coton depuis la semence jusqu’au produit commercial. La combativité de Mohamed et de ses compagnons est contagieuse. Le groupe grandit rapidement et l’indignation est forte. Ce qui est important est que leur vision dépasse leur propre champ de coton. « La meilleure solution, dit Mohamed Traore, c’est de produire notre coton ici, d’égrainer ici et de tisser notre coton ici. Le combat a commencé partout. »

Mien De Graeve, Wouter Elsen, Abdul Razac Napon

Traduction du néerlandais : Jos Mestdagh

Photo de Une : Afin de préserver la qualité et la couleur du coton, celui-ci doit être bien sec. Les femmes qui font la récolte secouent régulièrement le coton afin qu’il puisse bien sécher. © Wouter Elsen

 

- Premier épisode : Comment le coton OGM de Monsanto s’est transformé en fléau pour les paysans du Burkina Faso

 

 

- Deuxième épisode : De la Françafrique à la corruption : les dessous de la filière coton au Burkina Faso

 

 

Cette enquête a pu être réalisée grâce au soutien de Journalismfund (Flanders Connecting Continents). Les auteurs remercient chaleureusement les deux jeunes chercheurs, Edouard Idrissa Sanou et Lodewijk van Dycke, pour leurs points de vue précieux et innovants ainsi que pour leurs conseils scientifiques. L’article a été publié initialement en néerlandais sur le site www.mo.be.

 

Notes

[1Thèse réalisée à l’International Plant Biotechnology Outreach/Université de Gand, Belgique

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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