Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 14:05

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89

 

 

Ubérisation du squat : "Ils entrent chez nous n'importe quand"

 

Ubérisation du squat : "Ils entrent chez nous n'importe quand"

 

Contrôle, surveillance, interdictions, soucis d'entretien, contrats de « résidence temporaire »... Bienvenue dans le monde des agences anti-squat.

 

 

C'est une idée absolument capitaliste qui consiste à mettre des gens dans des lieux inoccupés pour protéger ces mêmes lieux des squatteurs.

Un type d'hébergement court terme qui ne garantit ni les droits de locataires, ni les droits du code du travail tels que la sécurité ; et qui est fourni par des sociétés qui prennent de l'argent du côté des propriétaires et des résidents. Un double jackpot.

C'est au Pays-Bas qu'ont émergé, il y a quelques années, les agences dites « anti-squat » -- elles préféreront le terme de « gestionnaire de biens immobiliers temporairement vacants ».

Leur motto : « la protection par occupation », comme l'explique Olivier Berbudeau, le directeur de développement de Camelot en France.

 

Candidat Résident Temporaire

Camelot est le leader de ce nouveau marché florissant des biens immobiliers vacants, où l'on trouve aussi Ad Hoc, Alvast, Ambika, et d'autres sociétés plus petites.

Son business : répondre aux besoins de surveillance et d'entretien des anciens logements sociaux, et plus largement, des bâtiments vides en général – bureaux, écoles, hôpitaux, piscines, mairies, casernes, sites industriels – pendant la période de transition jusqu'à leur vente ou leur destruction.

Dans les contrats, il est écrit :

« L'Organisme a pour activité la gestion d'immeubles vacants. Des propriétaires fonciers lui confient le soin d'assurer la protection et la préservation de leurs immeubles inoccupés dans l'attente d'un projet. »

« Pour sa part, le Candidat Résident Temporaire souhaite pouvoir bénéficier d'un hébergement temporaire à moindre coût dans l'immeuble. Il reconnaît être parfaitement conscient du caractère provisoire et précaire de l'hébergement. »

Voilà donc la combine : héberger des gens sur la base de licences dérogatoires qui permettent de contourner les droits habituellement garantis aux locataires, comme le délai d'expulsion de deux mois.

 

« Le soucis à propos de l'amiante »

Comme l'expliquent des résidents de Camelot interrogés par Rue89 (leur contrat ne les autorisant pas à parler aux journalistes, ils ont tenu à rester anonymes) :

« Quand on arrive dans les bâtiments, on nous demande de ne toucher à rien. Pourtant, rien n'est nettoyé, même pas le minimum, même pas les « chambres ».
Alors on a des heures et des heures de ménage, sur des surfaces énormes, pour rendre l'endroit un minimum vivable. »

Ils évoquent aussi des problèmes de maintenance comme la plomberie, l'électricité. Et aussi, le soucis à propos de l'amiante, revient régulièrement au détour des conversations.

Dans un rapport de 2016 pour DAL (association Droit au Logement), en partenariat avec le Bond Precaire Woonvormen (équivalent néerlandais), Aurélie Baloche dresse un état des lieux du développement de ces agences anti-squat. Où l'on trouve par exemple le témoignage de Peer, résident anti-squat depuis 10 ans :

"Les résidents sont marginalisés, dans une situation très fragile parce qu’ils peuvent être jetés très facilement de leur lieu de vie. L'organisation possède un très grand niveau de pouvoir sur eux, et l'utilise pour imposer ses inspections mensuelles."

 

Interdit d'avoir des enfants

Et si les agences anti-squat comme Camelot proposent un toit pour un prix défiant toute concurrence (en moyenne 180 euros par mois, sans compter les nouveaux frais de ménage et de hot-line), les contreparties sont très lourdes.

Comme ces nombreuses interdictions infantilisantes :

  • inviter plus de deux personnes sans demander l'autorisation,
  • partir plus de trois jours sans prévenir,
  • avoir des enfants,
  • fumer, avoir des animaux,
  • s'approprier le logement,
  • parler aux journalistes sans autorisation...

La liste est longue.

Pour garantir l'application systématique de ces règles, la multinationale a recours à plusieurs combines, au premier rang desquelles les inspections dont parle Peer.

Les candidats, au préalable sélectionnés au regard de nombreux critères – « être majeur sans enfants », « être en mesure de déménager rapidement » – continuent par la suite à faire l'objet d'une surveillance envahissante, voire carrément abusive.

Camelot détient le double de vos clefs, et peut procéder au contrôle de votre logement au moins 2 fois par mois, que vous soyez là ou non. Ce qui revient à une intrusion dans la vie privée.

 

Marché européen

Seulement implantée en France depuis 2011, l'entreprise est née aux Pays-Bas en 1993. Une date qui coïncide avec les politiques de logement engagées dans le pays à partir du début des années 1990.

Jusque-là, ce pays était considéré comme un modèle de protection des locataires, grâce au système des woningcorporaties, des organisations de logement social privées à but non lucratif.

Mais depuis un accord conclu en 1993, marquant le désengagement de l'état dans la politique de logement, ces woningcorporaties sont complètement indépendantes.

Une indépendance qui les a poussées à renoncer à loger, pour ouvrir leur parc de logements aux investisseurs privés, afin de recouvrer une santé financière. Laissant ainsi des immeuble entiers vides.

Une stratégie appuyée en 2009 par l'Union Européenne. Ainsi, comme l'explique Annie Pourre, de DAL :

« En réduisant la proportion du secteur de la location sociale, cette directive marque l'orientation politique de l'Union Européenne : elle considère que la protection est une obstruction au marché. »

Donc, le marché avant tout. Un marché du logement vide flairé par... Camelot.

Aujourd'hui, l'entreprise s'étend à travers l'Europe où elle développe ses activités dans 18 bureaux. Aux Pays-Bas donc, mais aussi en Allemagne, en Belgique, au Royaume-uni, en Irlande, et en France où elle loge environ 400 personnes.

 

La carte de Noël de Christine Boutin

En France, cette licence est permise par la procédure du « bail de résidence temporaire », mis en place par la loi « dérogatoire » du 25 mars 2009, dite de « mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion ». L'article 101 de cette loi dispose :

« Il est institué, à titre expérimental, un dispositif visant à assurer la protection et la préservation de locaux vacants par occupation par des résidents temporaires. »

Comme le raconte Bob de Vilder – PDG de Camelot – dans la vidéo ci-dessous (5'58''), cette disposition a été négociée en amont entre la multinationale et la ministre française du logement d'alors (sous Nicolas Sarkozy), Christine Boutin :

« La ministre française du logement est venue en bus, elle a visité quelques logements Camelot, ils ont filmé, puis elle est repartie à Paris où elle a fait voter une loi.
Madame Boutin nous a même envoyé une lettre pour nous souhaiter Joyeux Noël. »

Or Christine Boutin, semblait ignorer certains effets des dispositions qu'elle avait fait passer à l'époque, comme le fait qu'une femme enceinte soit susceptible d'être expulsée de son logement, puisque l'entreprise refuse la présence d'enfants.

Une possibilité avérée, comme l'explique Aurélie Baloche dans son rapport, pour lequel elle a pu entrer en contact avec une femme tombée enceinte pendant son contrat de résidence avec l'entreprise Ad Hoc :

« La famille n’a pas été expulsée, car les parents ont renoncé à garder l’enfant dans la maison et ont décidé de le placer chez les grands-parents. »

 

« Machine à fric »

En 2013, la néerlandaise Janneke van Gaal est morte électrocutée alors qu'elle prenait une douche dans son logement Camelot. Cette maison de mairie avait pourtant été qualifiée d'inhabitable quelques années auparavant, en raison d'un système électrique défaillant.

Pour la mort de cette femme, Camelot a été condamné par la justice néerlandaise à une amende de 180 000 euros.

Quand on sait qu'en France, le chiffre d'affaire de l'entreprise s'élevait à plus de 800 000 en 2015, pour quelques 300 personnes logées à l'époque, on imagine le chiffre d'affaire de l'entreprise aux Pays-Bas, où elle loge plus de 50 000 personnes.

Et du coup, l'aspect risible de cette amende de 180 000 euros.

Au moins, Olivier Berbudeau a le mérite d'être honnête, lorsqu'il dit au téléphone :

« Nous ne prétendons pas à la perfection. Nous avons une démarche d'entreprise. »

D'entreprise oui, l'un des résidents que Rue89 a pu interroger parle lui de « machine à fric ».

 

"Ils entrent chez nous"

Si l'activité de l'entreprise peut paraître très louable de prime abord (louer des bâtiments vacants à des prix défiants toutes compétition), quelques indices nous signalent que l'orientation de Camelot n'est pas franchement le social.

Au premier rang desquels ce « flicage » infantilisant, l'arbitraire des contrôleurs, loin d'être nécessaire, comme l'expriment les résidents. Un résident témoigne à Rue89 :

« Ils entrent chez nous à n'importe quel moment : sortir de sa chambre en pyjama (si ce n’est en petite culotte) et se retrouver nez  à nez avec des inconnus en costard, qui s’installent parfois dans votre salon pour papoter pendant quelques heures, c'est désagréable.
Comme s'ils avaient le soucis de maintenir un sentiment d'insécurité en permanence, de faire passer le message 'vous n'êtes pas vraiment chez vous'. »

Autre point épineux, le « gardiennage » effectué par les résidents, comme indiqué dans le contrat :

«Le but de cette licence est de donner au gardien l’accès à l’espace désigné, dans le but de fournir un service de gardiennage. »

Or être gardien, c'est quand même un vrai métier : virer les personnes qui s'introduisent sur les terrains, nettoyer, parfois vider les bâtiments... Dans un témoignage pour Comptoir, une résidente raconte :

« Ils nous ont dit : 'Vous pouvez occuper cet appartement mais vous devez le nettoyer intégralement, le rendre plus agréable, vivable'.
Et puis : 'Quand le contrat sera fini, nous avons d’autres maisons à vous proposer'. Évidemment, c'était basé sur le même principe. »

 

Ubérisation du logement

Comment alors les entreprises comme Camelot arrivent à justifier tout cela devant les pouvoirs publics ? Comment ont-ils pu s'implanter en Belgique, un pays où les droits sont si bien protégés ?

Pour Annie Pourre :

« Ils ont forcément bien vendu leur affaire, avec un discours 'charity', la réutilisation du discours d'ONG type 'comment peut-il y avoir des gens dans la rue, alors que tant de logements sont vacants'. »

Pourtant il existe des initiatives intéressantes – les housing cooperative très développées en Angleterre notamment – et il n'en faudrait pas beaucoup à Camelot pour que son action bascule dans l'intérêt général. Surtout que certaines initiatives vont dans le bon sens, comme la location d'espaces éphémères pour des activités artistiques.

Ce phénomène d'agences anti-squat, s'il est encore limité en France (et pourtant, même les mairies s'y mettent, comme à Marseille), est révélateur d'un phénomène qui dépasse cela : l'état du marché du logement en Europe.

Ce à quoi nous assistons aujourd'hui, c'est le désengagement public dans ce domaine – comme en atteste l'absence de ministère du logement dans le nouveau gouvernement –, la voie faite à la privatisation, à la spéculation, avec comme conséquence l'accès de plus en plus difficile au logement. Et le cercle vicieux de la précarité est lancé.

Même Annie Pourre, emballée par la bataille de la Coalition Européenne d'Action pour le Droit au Logement et à la Ville contre ces entreprises, ne peut s'empêcher de s'inquiéter :

« Après la France, quoi, l'Espagne ? Où les expulsions de plus de 460 000 familles propriétaires ne pouvant plus rembourser leurs hypothèque bancaire après la crise, ont laissé un nombre immense de logements vides ? Une aubaine pour Camelot. »

Aller plus loin 

Carte : votre commune est-elle pleine de logements vides ?

Mais où donc est passé le Ministère du Logement? Dans la Cohésion des territoires! Ah bon...

Squat : « Mme Duflot, je me suis auto-octroyé un appartement »

« Il est pas mal lui » : on a assisté à un « casting » d’attribution de HLM

 

 

 

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89

 

 

Repost 0
1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 13:49

 

 

Source : https://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Municipalisme

Contre le néolibéralisme et l’extrême-droite, les « villes sans peur » se donnent rendez-vous à Barcelone

 

par

 

 

 

 

Barcelona en Comú, la coalition au pouvoir dans la ville de Barcelone, organise du 9 au 11 juin un grand sommet des « villes sans peur » - ces villes et ces citoyens qui résistent aussi bien à la haine et à l’extrême-droite qu’aux multinationales et à la régression sociale. « La démocratie est née au niveau local, et c’est au niveau local que nous pouvons la reconquérir. » Des maires et des collectifs locaux de toute l’Europe, des Etats-Unis, d’Amérique latine ou de Syrie. Basta ! organise, en partenariat avec Barcelona en Comú et OpenDemocracy, un événement parallèle « Médias sans peur » sur le rôle des médias indépendants et alternatifs.

« Dans un monde où la peur et l’insécurité sont instrumentalisées par la haine, et où les inégalités, la xénophobie et l’autoritarisme sont en hausse, villes et villages se mobilisent pour défendre les droits de l’homme, la démocratie et le bien commun.

En Europe, les villes refuge accueillent les réfugiés qui fuient la guerre et la terreur, et poussent les gouvernements nationaux et l’Union européenne à faire davantage pour mettre fin à l’hécatombe aux frontières du continent.

Aux États-Unis, les villes sont en première ligne de la résistance à Trump, en défendant la diversité, les droits des femmes et des LGBTI [Lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexués, ndlr] et en luttant contre le changement climatique. Les « villes sanctuaires » ont gagné l’admiration du monde entier en reconnaissant les contributions et les droits des résidents sans papiers et en les protégeant contre les expulsions.

En Turquie et en Syrie, les villes kurdes sont un bastion de la démocratie participative, du féminisme et des droits de l’homme dans un océan de violences et de discriminations.

En Amérique latine, de nouveaux mouvements municipalistes émergent et combattent la pauvreté et les inégalités en créant des alternatives économiques depuis la base.

À Hong Kong, de jeunes militants de la démocratie ont été élus au parlement de la ville, où ils dénoncent la répression et la censure de l’État chinois.

La démocratie est née au niveau local, et c’est au niveau local que nous pouvons la reconquérir.

Il est temps de démontrer le pouvoir des villes et des villages pour résister à la haine et stimuler une transformation démocratique à travers le monde. Face à la haine, aux murs et aux frontières, nous construirons des réseaux mondiaux de solidarité et d’espoir regroupant mairies et citoyens.

Rendez-vous à Barcelone du 9 au 11 juin pour « Fearless Cities », le sommet international municipaliste des villes sans peur organisé par Barcelona en Comú. »

 

La soirée d’ouverture réunira les maires de Barcelone, Madrid, Naples, Grenoble, Valparaíso (Chili), Berkeley (Californie), Derik (Kurdistan syrien), Saragosse, Cadix et La Corogne, ainsi que la gouverneure de la région Attique en Grèce et des conseillers municipaux de Rosario (Argentine), Vancouver (Canada), Philadelphie (États-Unis) et Belo Horizonte (Brésil).

Site web et inscriptions : http://fearlesscities.com/

À noter que Basta ! organise, en partenariat avec Barcelona en Comú et OpenDemocracy, un événement parallèle « Médias sans peur » sur le rôle des médias indépendants et alternatifs.

 Page Facebook de l’événement : https://www.facebook.com/events/293750187746228/

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : https://www.bastamag.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 13:33

 

 

Source : https://www.bastamag.net

 

 

Agenda social

Code du travail, chômage, retraites : ces réformes prêtes à êtres dégainées après les élections législatives

 

par

 

 

 

 

L’agenda social du Président Macron se remplit : d’abord, un approfondissement de la loi El-Khomri, touchant les salaires comme les conditions de travail et sa durée légale ; ensuite, une restructuration du système d’assurance chômage, avec le risque que celle-ci se transforme en protection minimaliste pour des travailleurs précarisés ; enfin une nouvelle réforme des retraites, potentiellement explosive. Sans oublier la refonte de la formation professionnelle et la suppression progressive de 120 000 postes de fonctionnaires. Basta ! fait le point sur ce qui attend tous ceux qui vivent de leur travail une fois passées les élections législatives.

Foncièrement impopulaire, la loi El-Khomri, en élargissant les possibilités de dérogation au code du travail par accord d’entreprise, a suscité le plus long et l’un des plus intenses mouvement social des cinquante dernières années. Qu’importe. Fraîchement élu président de la République, Emmanuel Macron est déterminé à en élargir – le plus vite possible – le champ d’application, à l’aide d’une nouvelle réforme, cette fois dictée par la voie des ordonnances. Et il ne compte pas s’arrêter là. Le nouveau pensionnaire de l’Élysée promet de restructurer deux autres piliers du compromis social tissé au sortir de la guerre : d’une part le système d’assurance-chômage, d’autre part celui des retraites. Avec en toile de fond, un double objectif : maîtriser les dépenses budgétaires et, s’agissant du code du travail, « simplifier la vie des entreprises » au risque d’augmenter encore le chômage et la précarité. En cinq ans, le nombre d’inscrits au Pôle emploi, sans activité ou en activité réduite, a bondi de 30 %, et concerne désormais plus de 5,5 millions de personnes [1].

 

Une nouvelle réforme du travail, version XXL

La vivacité de l’opposition à la loi El-Khomri avait suscité la consternation à Bruxelles : pour les fonctionnaires de la Commission, la réforme, qui concernait essentiellement la question du temps de travail, n’était qu’un minimum. Publiée le 9 août 2016, la loi travail consacre notamment la primauté de l’accord d’entreprise, qui peut désormais prévoir des dispositions moins favorables que la loi ou l’accord de branche – la fameuse « inversion de la hiérarchie des normes » – dans un plus grand nombre de domaines : durée maximale de travail hebdomadaire (qui peut désormais être portée de 44 à 46 heures sur douze semaines d’affilée), durée quotidienne (12 heures maximum au lieu de 10, toujours sur simple accord d’entreprise), ou encore taux de majoration des heures supplémentaires (10 % au lieu de 25 %)...

Les rémunérations sont aussi visées par la loi El-Khomri, via les « accords de préservation ou de développement de l’emploi », qui peuvent être conclus non seulement en cas de difficultés économiques mais aussi, désormais, pour « conquérir de nouveaux marchés » – on parle alors d’accords « offensifs ». Emmanuel Macron veut aller plus loin, et profiter de la légitimité issue de son élection pour taper vite et fort : une nouvelle loi travail, si possible bien plus ambitieuse que la précédente. Il compte étendre encore les possibilités de dérogation dans plusieurs domaines essentiels, en particulier les salaires ou les conditions de travail, relativement épargnés jusqu’ici. À ce jour, le contenu détaillé de ces mesures n’est pas arrêté – du moins officiellement. Il dépendra pour partie du futur rapport de forces avec les organisations syndicales, et du résultat des élections législatives.

 

Référendum d’entreprise et sécurisation... des licenciements

Au sein du code du travail, le gouvernement souhaite aussi renforcer plusieurs dispositifs contenus dans les dernières réformes. D’abord, le référendum d’entreprise. Suite à la loi El-Khomri, celui-ci peut être convoqué par des syndicats représentant 30 % des salariés (donc minoritaires), afin d’entériner un accord d’entreprise. Le gouvernement souhaite aujourd’hui étendre cette possibilité à la direction. Mis en place pour faciliter la production d’accords collectifs, les référendums sont très mal vus par les organisations opposées à la loi travail, qui y voient un moyen de contourner les représentants syndicaux, mais aussi un risque de division des salariés ou de chantage à l’emploi. Ainsi chez Novo Disk, un passage aux 39 heures payées 37 a récemment été validé par les employés, alors que les syndicats majoritaires étaient contre.

Autre mesure qui fait son retour : le plafonnement des indemnités prud’homales pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, ou « licenciement abusif ». Une vieille demande patronale. Rappel : après un premier échec avec la loi Macron en 2015, la mesure revient l’année suivante par la fenêtre de la loi travail. Sous la pression des syndicats, elle y perd cependant son caractère obligatoire : le juge peut s’inspirer de ce « référentiel indicatif », mais n’y est pas contraint. C’est sur ce dernier point qu’entend revenir le président. Problème : les salariés ont peu à y gagner, et sans doute beaucoup à y perdre. Par exemple, si le barème actuel devenait obligatoire, un salarié en CDI depuis 18 mois et licencié de manière abusive, aurait droit au maximum à deux mois d’indemnités prud’homales… De quoi licencier à moindre frais ?

Enfin, dernier élément du train de mesures prévues pour l’été, la généralisation de la délégation unique du personnel (DUP), déjà étendue par la loi sur le dialogue social (loi Rebsamen) de 2015. Jusqu’ici, la DUP, qui permet – sur décision de l’employeur – de fusionner les trois instances de représentation du personnel (délégué du personnel, comité d’entreprise, CHSCT [2]) en une seule, était réservée aux entreprises de moins de 300 salariés. Là encore, les syndicats « non-alignés » n’ont jamais été chauds : ils y voient un affaiblissement des instances, avec moins de moyens consacrés, en particulier pour les questions relatives à la santé et la sécurité des travailleurs. « Ces dernières vont perdre leur spécificité, être écrasées par l’impératif économique », juge ainsi Eric Beynel, porte-parole de Solidaires.

 

Délivrance uniquement sur ordonnances

Sur ces différents points, la méthode envisagée irrite déjà plusieurs organisations syndicales. Emmanuel Macron l’a dit et répété : il compte aller vite, et pour cela réformer le code du travail par la voie des ordonnances. Prévue par l’article 38 de la Constitution, cette procédure permet au gouvernement d’édicter des normes de valeur légale à partir d’ordonnances prises en Conseil des ministres. Au préalable, une loi d’habilitation doit être votée par le Parlement : elle fixe la thématique et la durée sur lesquels le gouvernement est autorisé à agir. Elle prévoit aussi un délai au terme duquel l’exécutif doit, sous peine de nullité des ordonnances, avoir déposé un projet de loi de ratification, permettant in fine au Parlement de valider (ou non) ces mesures.

Sur le calendrier précis, le gouvernement entretient un certain flou. Le premier ministre Édouard Philippe a annoncé, mardi 30 mai, une loi d’habilitation pour juillet, et une publication des ordonnances « avant la fin de l’été », donc avant le 21 septembre [3]... Formellement, la concertation avec les syndicats est prévue pour s’achever mi-juillet. Mais ces derniers, tout en étant pour certains prêts à se mobiliser, réclament a minima des échanges jusqu’à fin septembre. Pour l’instant, « tout le monde s’observe », commente Fabrice Angéï, membre du bureau confédéral de la CGT. Un chose est sûre : jusqu’aux élections législatives, qui donneront une idée plus précise de ses marges de manœuvre, le gouvernement n’a pas intérêt à donner l’impression de vouloir passer en force. Pour autant, même après les élections, il devra prendre en compte un calendrier qui ne s’arrête pas à la nouvelle réforme du travail.

 

L’assurance-chômage sous la coupe de l’État

Un embrasement dans les rues et dans les entreprises, comparable au scénario de l’année 2016, pourrait en effet compromettre la suite du calendrier social, dont la deuxième étape devrait être une profonde réforme de l’assurance-chômage. L’exécutif souhaite, en premier lieu, procéder à l’étatisation de cette caisse, gérée de manière paritaire depuis 1967 [4]. Dans quel but ? Officiellement, pour prendre acte du rôle de l’État dans sa gestion, celui-ci étant garant de son financement. Dans les faits, il s’agit d’abord pour le gouvernement de reprendre la main sur les paramètres d’indemnisation (durée, montant...) pour effectuer, le cas échéant, les ajustements jugés nécessaires. Ensuite, via un recours accru à l’impôt (la CSG), d’alléger la part des cotisations sociales dans le financement du système, avec le risque de glisser progressivement d’une véritable assurance-chômage à un « filet de sécurité » minimaliste, sur le modèle anglo-saxon...

Autre volet de la réforme, la couverture chômage doit être étendue à des catégories jusqu’ici non-protégées : auto-entrepreneurs, chefs d’entreprise, artisans et commerçants, professions libérales, ou encore agriculteurs. Un droit à la démission tous les cinq ans, permettant de toucher des indemnités, doit aussi être instauré. Des mesures présentées comme progressistes, mais dont le financement pose là-encore problème : d’après les annonces du nouveau président, il sera reporté sur les demandeurs d’emploi, via un renforcement des dispositifs de contrôle des recherches. Un corps de contrôleurs doit être créé pour assurer ces vérifications. Une nouvelle fois, le calendrier n’est pas précisément connu, mais ces réformes pourraient intervenir d’ici le début de l’année 2018.

Il en va de même pour la future réforme de la formation professionnelle, qui est aussi dans les cartons. Il s’agirait d’une petite révolution, puisque la gestion des financements pourrait échapper aux OPCA, les organismes paritaires chargés de collecter la contribution patronale, et revenir à la Caisse des dépôts et aux Urssaf. Les crédits seraient directement affectés aux comptes personnels de formation (CPF) des salariés, qui s’adresseraient ensuite eux-mêmes à des organismes de formation labellisés. Le système viserait à réduire les intermédiaires pour faciliter l’accès à la formation. Plus proche d’une logique de marché, il éloignerait aussi les représentants des salariés de sa gestion effective.

 

Les pièges de la retraite par points

Quatrième gros dossier : la remise à plat du système des retraites. Un temps évoquée pour l’après 2022, son calendrier vient de connaître une accélération notable : il est désormais question d’une loi déposée d’ici la fin de l’année, pour un vote du Parlement, là encore, début 2018. Quel sera le contenu de cette réforme ? L’ancien ministre de l’Économie devenu président veut d’abord mettre fin à la multiplicité des régimes existants, au nombre de 35 aujourd’hui entre les régimes de base et les régimes complémentaires, pour instaurer un « système universel », dans lequel « un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé ».

En clair, tout en restant à ce stade sur un système par répartition – dans lequel, selon le principe de solidarité intergénérationnelle, les actifs paient les pensions des retraités – il s’agirait de fusionner l’ensemble des régimes de retraite (régime général, régime agricole, fonctions publiques, régimes spéciaux, indépendants, etc.) en un seul et unique système. Seconde clé de voûte de la réforme : la cotisation par points, accumulés sur un compte personnel tout au long du parcours professionnel, quel que soit le secteur d’activité. Le montant de la pension serait ensuite calculé en multipliant le nombre de points par leur valeur au moment du départ en retraite, comme cela est déjà le cas dans les régimes complémentaires AGIRC et ARRCO, en prenant en compte la durée de cotisation, ou encore des critères de pénibilité.

 

120 000 fonctionnaires en moins ?

Touchant aux régimes spéciaux, la réforme est potentiellement explosive, puisqu’elle promet, à terme, de niveler les modalités de départ en retraite, de même que le calcul des pensions. Bien que le nouveau président se soit engagé à ne pas modifier ces éléments durant le quinquennat, l’unification du système permettra à terme à l’État, comme pour l’assurance chômage, de jouer plus facilement sur ses paramètres généraux. Pour l’économiste Jean-Marie Harribey, le système par point pose également problème, en accentuant l’individualisation du système et en affaiblissant sa logique redistributive. Pour ce dernier, l’introduction d’un critère d’âge de départ à la retraite pour calculer le montant des pensions (plus quelqu’un part tard, plus sa retraite est élevée) aurait aussi pour effet de pousser les salariés à se maintenir plus longtemps sur le marché du travail, en particulier pour les revenus les plus faibles.

Enfin le compte pénibilité, instauré sous François Hollande mais dont la conception fait l’objet de vives critiques, notamment patronales, devrait être réexaminé, potentiellement en parallèle de la réforme des retraites. Emmanuel Macron a déjà annoncé un moratoire sur la mise en œuvre du dispositif, initialement prévue au 1er septembre. Mais sur tous ces dossiers, auxquels on pourrait encore ajouter la réduction des effectifs prévue dans la fonction publique – annoncée à 120 000 fonctionnaires en moins, dont 70 000 dans les collectivités locales – l’exécutif n’abattra ses cartes qu’une fois les résultats des élections législatives connus. Emmanuel Macron bénéficiera-t-il d’une majorité pour conduire ses réformes tel qu’il l’entend ?

@Thomas_Clerget

Photo : © Eros Sana

 

Notes

[1Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégories A, B et C est passé de 4 239 730 en mai 2012, à 5 517 036 en mars 2017, soit une augmentation de 1 277 306 personnes. Pour la seule catégorie A (demandeurs sans aucune activité), l’augmentation est de 734 911 personnes.

[3Un document publié le 31 mai par Mediapart révèle que le gouvernement viserait une adoption des ordonnances en Conseil des ministres le 20 septembre.

[4Elle était auparavant gérée uniquement par les représentants des salariés.

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : https://www.bastamag.net

 

 

 

Repost 0
1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 13:04

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

Modèle allemand ?

Allemagne : La précarité atteint son point le plus haut depuis 13 ans : un avant-goût des réformes en France ?

 

 

 

 

Lilly Freytag, Klasse Gegen Klasse Alors que le taux de chômage officiel a baissé de façon record, les chiffres de ce qu’on appelle les emplois « atypiques » nous montrent sur quoi se base ce succès : une part de plus en plus importante d’employés précaires, avec des temps partiels, des mini-jobs, de l’intérim et des CDD.

Le taux de chômage en Allemagne était de moins de 6% en avril 2017, aussi bas qu’en avril 1991, il y a 26 ans. Cela ne correspond pas à l’ambiance qui existe lorsqu’on discute avec nos collègues ou nos amis. Notre peur face à la question de l’emploi est-elle seulement imaginaire ? Non, car la réduction du chômage dans les dernières années repose sur l’augmentation du nombre d’emplois précaires : depuis 2003, le nombre d’employés réguliers a baissé.

Selon les chiffres de l’Institut des Sciences sociales et économiques (WSI) de la fondation Hans-Böckler, le taux d’emplois atypiques a atteint sa plus haute part depuis 13 ans en 2016 : alors que le nombre de mini-jobs a légèrement diminué, le nombre de personnes travaillant à temps partiel ou en intérim a augmenté. En tout, 39,3 % des salariés ont un emploi principal sous une de ces formes, ce qui est donc tout sauf « atypique ». Les femmes représentent la plus grande partie de ce groupe : 70,4% des salariés occupant un emploi atypique (40% de l’ensemble des salariés) sont des femmes. Autrement dit, 2 emplois précaires sur 3 sont occupés par des femmes. Chez les femmes, la précarité s’exprime surtout au travers des temps partiels, tandis que pour les hommes, il s’agit surtout de mini-jobs (type d’emploi partiel et précaire associé au versement des allocations chômage).

A cela s’ajoute le nombre d’emplois en CDD, qui ne sont pas comptés par le WSI : ceux-ci ont presque doublé au cours des vingt dernières années, selon des chiffres de 2015. De plus, les femmes occupent plus d’emplois en CDD que les hommes (7,6% contre 6,5%). Les jeunes hommes sont particulièrement concernés, à savoir 20% des 15-25 ans. Un CDD veut aussi dire un salaire plus bas : 30,8% des salariés en CDD gagnent moins de 10,36 euros brut de l’heure. C’est trois fois plus que la part d’employés en CDI qui gagnent aussi peu.

Tout cela laisse supposer qu’il est difficile pour les employés précaires de trouver ensuite un emploi stable. Les situations de travail précaire se renforcent pour la plupart des personnes concernées. Le miracle de l’emploi allemand ne leur permet pas de s’en sortir. Mais au cours des dernières années, un secteur d’employés précaires, qui ne veut plus accepter ces conditions et qui se mobilise est apparu.

 

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 11:22

 

 

Source :  http://www.lemonde.fr/planete

 

 

« Monsanto papers » : la guerre du géant des pesticides contre la science

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Pour sauver le glyphosate, la firme a entrepris de nuire par tous les moyens à l’agence des Nations unies contre le cancer. Premier volet de notre enquête.

 

 

Avia Terai, province du Chaco, Argentine : un technicien prépare les produits chimiques destinés à l’épandage par avion en mai 2014.

Avia Terai, province du Chaco, Argentine : un technicien prépare les produits chimiques destinés à l’épandage par avion en mai 2014. ALVARO YBARRA ZAVALA / REPORTAGE BY GETTY IMAGES

« Nous avons déjà été attaqués par le passé, nous avons déjà subi des campagnes de dénigrement, mais nous sommes cette fois la cible d’une campagne orchestrée, d’une ampleur et d’une durée inédites. » Christopher Wild a vite replié sa haute silhouette et son sourire. Les toits de Lyon se déroulent en contrebas de la tour où siège le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), derrière les épaules de son directeur.

Christopher Wild a pesé chaque mot avec une gravité à la mesure de la situation. Depuis deux ans, un feu roulant cible l’institution qu’il dirige : la crédibilité et l’intégrité de son travail sont défiées, ses experts dénigrés, harcelés par voie d’avocats, ses financements fragilisés. Chargée depuis près d’un demi-siècle, sous les auspices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de dresser l’inventaire des substances cancérogènes, la vénérable agence commence à vaciller sous l’assaut.

 

Les hostilités ont été ouvertes à une date bien précise : le 20 mars 2015. Ce jour-là, le CIRC annonce les conclusions de sa « monographie 112 ». Elles laissent le monde entier abasourdi. Au contraire de la majorité des agences réglementaires, le CIRC juge génotoxique – il endommage l’ADN –, cancérogène pour l’animal et « cancérogène probable » pour l’homme le pesticide le plus utilisé de la planète. Ce pesticide, c’est le glyphosate, principal composant du Roundup, le produit phare de l’une des entreprises les plus célèbres au monde : Monsanto.

C’est aussi le Léviathan de l’industrie agrochimique. Utilisé depuis plus de quarante ans, le glyphosate entre dans la composition de pas moins de 750 produits commercialisés par une centaine de sociétés dans plus de 130 pays.

Le glyphosate, clef de voûte de Monsanto

Entre 1974, date de sa mise sur le marché, et 2014, son usage est passé de 3 200 tonnes par an à 825 000 tonnes. Une augmentation spectaculaire qui est due à l’adoption massive des semences génétiquement...

 

L’accès à la totalité de l’article est protégé  Déjà abonné ?

 

 

Source :  http://www.lemonde.fr/planete

 

 

Repost 0
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 17:21

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/la-baule-veolia-privatise-la-plage-et-provoque-la-colere-des-habitants_2186525.html#xtor=CS2-765-[facebook]-

 

 

France 3
avatar
France 3France Télévisions

Mis à jour le
publié le

 

La Baule : Veolia privatise la plage et provoque la colère des habitants

 

 

La plus grande plage d'Europe est désormais privatisée. Veolia a obtenu la concession des cinq kilomètres de La Baule (Loire-Atlantique). Les commerçants comme la population s'interrogent sur les conséquences de cette gestion par une entreprise privée.

 

 

 

Avec ses restaurants au bord de l'eau prisés des stars, La Baule est une des stations balnéaires les plus réputées de France (Loire-Atlantique). Ces établissements posés sur la plus grande plage d'Europe seront pourtant détruits l'an prochain et remplacés par des bâtiments démontables. Des constructions standardisées et un loyer en hausse d'au moins 57%. "On espère bien pouvoir être reconduits et pouvoir y arriver, mais il y a beaucoup de petits établissements pour qui ça va être compliqué", explique Stéphane Malhaire, gérant d'un restaurant sur la plage de La Baule.
 
Une première en France
La raison ? La mairie vient de déléguer la gestion de sa plage pour douze ans à une entreprise privée. C'est désormais Veolia qui fixe les règles et les loyers. Une première en France. Se décharger d'une lourde tâche et s'éviter des négociations difficiles avec les gérants, c'est les raisons de ce choix fait par la mairie. Beaucoup d'habitants ont du mal à le comprendre. Si les redevances augmentent, c'est pour payer de futurs aménagements, se justifie Veolia. Mais le but reste bien de réaliser des bénéfices. Privatiser les plages pourrait-elle alors être une pratique qui s'impose en France ? 
 
 
 
 
 
 
 
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 17:09

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=-qiNlCkiqII&feature=youtu.be

 

 

 

10.6 millions d'électeurs FN : Diaboliser ou entendre ? par Osons causer

 

 

 
Ajoutée le 10 mai 2017

10.6 millions d’électeurs FN au 2eme tour. Diaboliser ce vote ne le fait pas baisser.Osons Causer se propose dans cette chronique Mediapart de prendre du recul pour analyser et comprendre qui sont les électeurs derrière le vote FN. La carte du vote FN en recouvre une autre, dont on parle très peu, et qui n’est pas celle de l’immigration… Découvrez-là en 5 minutes.

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=-qiNlCkiqII&feature=youtu.be

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:55

 

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

De la prise d’otages

par Frédéric Lordon, 3 mai 201
 
 
 

 

JPEG - 392.6 ko

« Les fractures boulangères suivent les fractures banquières... tout le monde est pris en otage même le pain ! »
 

« Si ce personnage fameux qui riait de tout vivait dans notre siècle, il mourrait de rire assurément », écrit Spinoza à l’un de ses correspondants. Et sans doute de même en le nôtre. Car c’est vrai qu’il y a de quoi rire longtemps au spectacle de choix qui nous est offert – sous la condition tout de même d’avoir le cœur bien accroché, car en réalité ça n’est vraiment pas drôle. Dans le concert pour cymbales et sanibroyeurs qui tympanise le pays entier, il n’est, à quelques exceptions près, pas un instrumentiste qui n’ait une part de responsabilité, politique ou idéologique, dans la situation présente – contre laquelle il jure ses grands dieux être prêt à faire barrage de son corps (si seulement…).

La consolidation du face-à-face entre le néolibéralisme et son repoussoir fonctionnel d’une part, la détestation ouverte de la différence de gauche seule capable de briser cette splendide harmonie d’autre part, sont les deux propriétés caractéristiques de cet ensemble symphonique qui orchestre à intervalles réguliers la reconduction du même par exhibition de la différence monstrueuse – après avoir mis, entre temps, son énergie entière à empêcher tout surgissement de l’autre différence.

 

La morale des incendiaires

On n’en finirait pas de dresser la liste des éditorialistes, des experts, des économistes à gages, des intellectuels de service, des roitelets de matinales qui, pénétrés du sentiment de leur liberté, récitent à l’année le catéchisme de l’époque – « Mais enfin vous n’envisagez tout de même pas du protectionnisme ? Mais les entrepreneurs partiront ! Mais ce sont les entreprises qui créent l’emploi ! Mais sortir de l’Europe c’est la guerre ! Mais les charges détruisent la compétitivité ! » – pour découvrir un matin, stupides et interdits, les effets réels des politiques dont ils sont les desservants. Et surtout qu’une partie croissante de la population est prête à n’importe quelle solution, fut-ce la pire, pour donner une expression à sa rage.

Lire aussi Renaud Lambert, « Duplicité économique du Front national », Le Monde diplomatique, mai 2017. Ça tombe bien, on lui en propose une, toujours la même, bien faite pour être inacceptable, d’où résulte invariablement que, certes, « on a entendu la souffrance », « qu’on va enquêter sur la France de la colère », « qu’il faut une Europe plus sociale », mais que pour l’instant on va quand même repartir pour un tour – le monde est bien fait. Si, donc, le jugement de l’histoire était doté de ses moyens matériels, un simple panier à salade par exemple, il lui suffirait de faire le tour des réseaux sociaux et de ramasser l’un derrière l’autre les fulminants du « barrage » pour aligner ipso facto les responsables réels de la situation qui les fait fulminer – encore faut-il s’entendre sur les motifs véritables de la fulmination : non pas la situation elle-même, mais qu’on puisse trouver à y redire, et plus encore vouloir s’en extraire.

Et c’est assurément de cela que l’homme qui rit de tout se tiendrait les côtes : que ceux qui ont si continûment œuvré à installer ce monde ignoble, à en chanter la supériorité et, partant, à en armer deux fois le légitime dégoût, que ce soient ceux-là qui viennent l’index tremblant et la morale en bandoulière mettre en demeure les électeurs de ne pas accomplir tout à fait les conséquences de ce qu’eux-mêmes ont préparé, sauf à ce que les malheureux en portent l’entière responsabilité. C’est que dans cette morale particulière de l’incendie, la responsabilité va exclusivement aux brûlés et jamais aux incendiaires.

Et comme le tableau doit être complet, que pas un détail dans l’obscénité ne doit manquer, voilà que ces derniers nous appellent à faire barrage aux effets en nous enjoignant de voter pour les causes – insultant au passage ceux à qui il reste un peu de logique, et qu’on reconnaît précisément à ce fait qu’avant d’en arriver là, eux avaient entrepris de s’en prendre aux causes. On pourra dire ce qu’on veut du candidat Mélenchon, mais on aura du mal à éviter de voir que pour la première fois il a ramené du vote populaire vers la gauche, et contesté efficacement le vote « jeunes » au FN. C’est donc à cette performance, première du genre depuis vingt ans, que le pharisaïsme de l’antifascisme, dont tout ce qu’il soutient par ailleurs en fait l’auxiliaire objectif de la fascisation du pays, vient faire procès « d’absence de consignes » ou « d’insuffisante netteté » – mais l’antifascisme en mots se reconnaît précisément à ce qu’il n’a rien tant en horreur que l’antifascisme en actes. Il y a comme ça des arrière-pensées qui peuvent difficilement se dire : « le FN, c’est horrible, mais quand même, c’est épatant ».

En réalité, le dérèglement est partout. Car on finit par se demander si certains à gauche, pourtant très prompts à l’inflammation morale antifasciste et à l’invocation des enseignements de l’histoire, ont vraiment pris au sérieux, entendons autrement qu’en mots, l’événement de 2002, et la nécessité qu’il ne connaisse aucune réplique. N’étant pas feignants ni de l’appel grandiloquent ni du vote utile – on en connaît qui, avec une prescience remarquable, appelaient dès février à ce que Mélenchon se retire en faveur de Hamon et déjà bien sûr « pour faire barrage au fascisme » (1)… – on aurait logiquement attendu que, disons sur le coup de début avril, ils appuyassent de tout leur renfort la candidature de gauche manifestement en position de dégager le FN du second tour. Étrangement, les appels sont restés en carafe – quand ils n’ont pas insinué au contraire –, pour ne claironner à nouveau qu’à partir du 24 avril. Et l’on admire toutes les géométries variables dont sont capables les haines idéologiques caparaçonnées de vertu.

 

Voter pour les possibilités stratégiques d’une présidence Macron ?

On en est là, et il s’agit maintenant de savoir quoi faire, en tout cas pour tous ceux qui ne recouvrent pas leur macronisme foncier, ou rampant, de moralisme édifiant malaxé de comparaisons historiques approximatives – pour la première fois de sa vie Le Monde se met en devoir de lire le Trotsky des années trente pour en faire un usage anachronique sans vergogne, doublé d’un dégoûtant brevet de moralité politique (2). Le Monde ! Enveloppé dans Trotsky ! Admirable vertu révélatrice des crises, qui exposent au grand jour tout ce dont certains sont capables. Pour tous les autres, donc, et une fois rappelée l’évidence, toujours bonne à redire, qu’en aucun cas les deux candidats ne pourraient être mis en équivalence, il reste à tout prendre deux arguments rationnels en balance — car il y a une situation politique autour de cette inéquivalence, qui justifie que la discussion ne s’arrête pas aussitôt.

Le premier argument part de la question stratégique qui demande dans quel état du monde les luttes sociales à venir trouvent leurs meilleures conditions. Au moins, de ce point de vue, c’est vite tranché. D’un côté le FN est comme un iceberg de merde dont on aurait vaguement blanchi la seule partie émergée. Parmi ceux à gauche qui se posent sérieusement la question du second tour – sérieusement s’entendant : autrement que sur le mode de l’injonction hystérique mêlée d’hypocrisie –, il n’en est pas un qui ne sous-estime la dangerosité de la chose, ni ce qu’il en coûtera aux plus exposés, dans les quartiers – à eux-mêmes également qui auront, dans la rue, à en affronter concrètement le risque : policier et judiciaire (quand ils « résistent », BHL pétitionne depuis Saint-Germain et Quatremer tweete des selfies dans une péniche).

D’un côté, donc, le FN, de l’autre Macron, qui est comme le candidat optimal pour la phase finale de la décomposition, dont il ne faut alors pas méconnaître les bonnes propriétés stratégiques objectives. C’est sans doute un propre des situations de grande crise que la nécessité historique trouve toujours les agents individuels qui lui conviennent pour s’accomplir. Ici particulièrement. Car Macron s’annonce comme l’accélérateur de tous les processus. Fabriqué par l’oligarchie comme réponse à la crise, il est le meilleur agent de l’approfondissement de la crise.

Tout ce qu’opacifiaient les habitudes et les pratiques institutionnelles de ce qu’on peut déjà qualifier par anticipation d’ancien régime, va devenir soudain – est déjà devenu – clair comme un lac de montagne. Il fallait un peu d’acuité (pas beaucoup…) pour apercevoir dans le débonnaire conseiller régional premier secrétaire Hollande le fondé de pouvoir du capital – qu’il est réellement, et depuis très longtemps en fait (3). Mais l’oligarchie, sans doute exaspérée par l’urgence d’un début de dislocation, n’a plus la patience du long travail de la mise en forme, et porte maintenant au pouvoir directement l’un des siens, propulsé sans intermédiaire ou presque d’un emploi dans un autre. Mis sur orbite avec pareil lancement, et comme l’indique déjà sa campagne du second tour, il vaut mieux ne pas s’attendre à quelque reprise de contention et, au point où nous en sommes, c’est tant mieux : tout va maintenant se montrer à nu.

Lire aussi Pierre Rimbert, « Dans les cuisines du marché électoral », Le Monde diplomatique, mai 2017. La prise du pouvoir en direct par le capital, sans plus aucun effort de médiation, son programme outrancièrement de classe, l’inféodation des médias sous contrôle des puissances d’argent : tous les masques vont tomber. Même la crise civilisationnelle, dont le corps social est profondément travaillé mais sans en avoir l’idée claire, va apparaître en pleine lumière, devenir comme une évidence, annoncée par la start-up nation, la managérialisation de la politique depuis le sommet d’un gouvernement de co-workers jusqu’à la base d’un parti de helpers. Et toute à son ravissement infra-culturel, la secte macronienne égocentrique – elle croit être « la France » alors que, par adhésion, elle ne représente en réalité que 10% de l’électorat (4) ! –, cette classe nuisible assistée de tous ses porte-voix, va nous régaler de sa philosophie d’open space, de son impayable sabir, de ses visions de la vie et de sa pensée positive. L’écœurement général, au milieu d’un irrépressible sentiment de grotesque, va connaître de foudroyants progrès. Et avec lui, comme toujours dans les périodes de crise, la conscience politique.

On peut donc au moins accorder à Macron son slogan : pour sûr, on est en marche ! Et même à grands pas. Tout promet d’aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite. Au sein de cette mauvaise nouvelle – car certaines catégories sociales vont salement ramasser –, il y en a donc une bonne : la grande accélération politique arrive. Nous entrons dans une période de hautes énergies, et les vrais points critiques se rapprochent à grande vitesse. C’est bien.

Et puis il faut aussi considérer ceci : Macron, c’est le naufrage définitif de la presse ancillaire. Libé, L’Obs, L’Express, au minimum : morts. Cinq ans dans les carrioles de la modernité start-up, du monde ouvert contre le repli, et de l’agilité pour tous, c’est plus que ces rafiots déjà à l’état d’épaves n’en pourront supporter. Le Monde en première ligne, comme le navire-amiral du macronisme. BFM plus odieuse que jamais. Avec la connexion pouvoir-oligarques-médias jetée en pleine lumière, et l’intégration organique des trois composantes du système devenant monstrueusement visible, c’est le rejet général qui va croître.

Toutes ces excellentes perspectives médiatiques font assurément partie de l’équation stratégique d’ensemble – nonobstant les glapissements de la corporation, scandalisée de voir son trépas inclus dans les motifs d’espérance, et qui proteste qu’avec elle c’est la démocratie qu’on assassine. Mais c’est là un sophisme pour cruchons du système. On va donc expliquer à ces esprits embrumés l’idée fort simple qui se tient derrière tout ça : c’est la menace sur la presse affranchie des pouvoirs qui est une mauvaise nouvelle démocratique ; la presse du capital sub-claquante, c’en est assurément une bonne ! Et doublement au demeurant car, du même mouvement, la disparition de la seconde libère l’espace pour la première. Or il faut bien voir que, pour la presse du capital, Le Pen élue, c’est la providence, le rétablissement inespéré. Toutes les semaines un appel contre la haine, un dossier « résistance », une terrine de BHL, un pâté de Glucksmann junior, hauts les cœurs contre le fascisme pour faire oublier par quoi il est arrivé. Et surtout les lecteurs, légitimement horrifiés par le régime, qui reviennent en masse, prêts à avaler n’importe quelle bouillie pour se consoler du désastre.

 

S’abstenir pour en finir avec la prise d’otages

Au critère des vertus stratégiques objectives, la supériorité d’un président Macron n’est même pas discutable. Ça n’en fait pas pour autant la raison suffisante d’un vote. C’est que voter répétitivement sous le régime de la prise d’otages commence à devenir un problème, auquel se plier n’offre aucune autre perspective que son éternelle reconduction. Pour « l’homme qui rit » la période est décidément faste, car on lit de tout à ce sujet. Thomas Piketty explique que non seulement il faut voter Macron mais le porter au plus haut pour qu’il soit « bien clair que ce n’est pas son programme qui a gagné (5»

Après l’immense réussite des primaires, l’engagement clairvoyant auprès du candidat Hamon au moment historique où le PS s’apprêtait à mettre la clé sous la porte, ou encore le parlement de l’euro dont nos amis allemands admettront l’évidence pour peu qu’on en discute raisonnablement avec eux, l’intelligence politique des intellectuels social-démocrates est toujours aussi éblouissante. Piketty, à qui on demande quel souvenir il a gardé du 21 avril 2002, a visiblement oublié qu’« ensevelir Chirac sous les bulletins de vote », le porter à 80% « pour qu’il soit bien clair etc. » était déjà le mot d’ordre du moment, dont toute la suite a prouvé la formidable efficacité.

Dans une veine similaire d’autres adjurent Macron de « parler à la gauche » – sans doute pour adoucir leur propre tourment électoral. Se rendent-ils compte de ce que ce mot d’ordre secondaire est rigoureusement contradictoire au mot d’ordre principal ? En appeler à l’« ensevelissement » du candidat Macron sous les bulletins ne constitue pas exactement l’incitation optimale pour obtenir de lui quelque « écoute ». Mais quand bien même Macron « parlerait à la gauche », qu’en recueillerait-elle à part des mots ? Il faut croire aux elfes ou à la fée Marjolaine pour imaginer qu’il en tiendra le moindre compte. Les institutions de la Ve sont ainsi faites que, dès le 8 mai, et comme jadis Chirac l’« enseveli », Macron, du haut de sa base réelle de 10 % d’inscrits, fera bonjour, ou même autre chose, à tous les autres qui se seront ajoutés pour faire les 60 % (d’exprimés) du second tour.

Il faut alors avoir le goût du paradoxe hasardeux pour imaginer déjouer la prise d’otages en y collaborant, et en fait la passion de la servitude pour se proposer ainsi de lui donner son emprise maximale – en assurant n’importe quel forcené libéral de passer dans un fauteuil, du moment qu’on aura réussi à lui mettre une Le Pen en face. Si la chose était réalisable – mais on sait bien qu’elle ne l’est pas puisqu’elle échappe à tout contrôle –, il faudrait plutôt souhaiter l’exact inverse : que Macron passe mais avec la plus décevante des marges – par le seul effet de l’abstention bien sûr et, pour Le Pen, à nombre de voix constant, si possible même en baisse. Si ce résultat « idéal » est en pratique une fiction, au moins exprime-t-il un idéal stratégique : desserrer la capture électorale. Car c’est bien là le seul moyen de faire sentir à ceux qui depuis 2002 jouent sans vergogne la prise d’otages qu’elle est à efficacité dangereusement décroissante, que la fois d’après le « pari sur du velours » pourrait très mal tourner, et que maintenant il va vraiment falloir en finir avec ces ignobles petits calculs.

Au vrai, l’usure du procédé est déjà constatable, ne serait-ce qu’au vu des sondages de second tour. Mais pas seulement : un historien se pose à lui-même la grave question de savoir « pourquoi la rue est amorphe ? » (6). Mais c’est vrai ça : pourquoi n’y a-t-il pas un million de personnes dans la rue cette fois-ci ? Et l’historien d’envisager les explications les plus académiques, sauf une qui pas un instant ne lui traverse l’esprit : il se pourrait que, depuis le temps, une bonne partie de la population commence à en avoir soupé de sa condition d’otage électoral et renâcle à ce qu’on lui demande, en plus de voter comme il faut, de la célébrer selon les rituels appropriés.

 

L’économie de la responsabilité remise sur ses pieds

Ceux qui ont décidé de ne pas se rendre sans autre forme de procès à l’injonction des fulminants n’ont donc aucune raison de se laisser culpabiliser – et, s’ils choisissent de s’abstenir, certainement pas celle, tout à fait sophistique, de « laisser les autres faire le sale boulot » (voir annexe). Aucune faute, ni politique ni encore moins morale, ne peut leur être imputée d’hésiter, de résister comme ils peuvent à ce nouveau spasme fusionnel dont le pays fait maintenant répétitivement l’expérience, et de chercher leurs voies hors d’un chantage politique qui a atteint le stade organisé. C’est donc peu dire au total que tout légitime leurs interrogations.

Il est d’abord illogique d’instituer le vote comme pratique atomisante, condamnant les individus à l’insignifiance microscopique, pour leur faire porter ensuite, séparément, la responsabilité d’un résultat macroscopique. Il l’est identiquement de les appeler à raisonner moralement comme s’ils étaient des « agents représentatifs », capables à eux seuls de faire le vote et de porter tout le poids du vote, alors qu’ils n’en portent qu’une part infinitésimale, et que leur désir de dépasser cette condition par l’action coordonnée ne trouvera jamais aucune réponse dans l’isoloir (voir annexe).

Il est par contre légitime de poser stratégiquement le refus de la prise d’otages. Même à un esprit modérément sophistiqué, il doit apparaître que plier répétitivement au chantage, voire exprimer avec entrain son « devoir » d’y plier, n’est pas le meilleur moyen de le dissuader pour l’avenir. Mais peut-être s’agit-il d’une situation où certains ont de troubles raisons de se trouver bien.

Il est en tout cas politiquement honteux que ceux qui ont contribué de toutes leurs forces à structurer un choix de second tour aussi calamiteux se défaussent du résultat, s’il tournait mal, sur ceux qui auront été jetés dans cette situation désastreuse. Les vrais responsables, quoi qu’il arrive, ce seront les architectes du choix à une case, ceux-là mêmes qui après le 21 avril 2002 avaient prononcé de solennels « plus jamais ça », mais se sont parfaitement accommodés, quand ils n’y ont pas activement œuvré, de voir s’installer le chantage originaire en routine, c’est-à-dire comme l’hypothèse avantageuse de toute stratégie électorale future.

Au tribunal de l’histoire, ce ne sont pas les abstentionnistes qui comparaîtront : ce seront tous ceux qui, en position de peser sur le cours des choses, ont délibérément agencé le paysage des différences pour n’y admettre que l’innommable fonctionnel du FN, ceux à qui a été répétitivement expliqué, exhibé, démontré la causalité irréfragable, confirmée dans bien d’autres pays, entre politiques néolibérales, délabrement social et pathologies politiques, et qui n’auront rien voulu entendre. Et puis aussi les directeurs éditoriaux du Point, de L’Express ou de Marianne, dont les innombrables couvertures islamophobes déguisées (ou même pas) en combat pour la laïcité, se seront fait un devoir d’exciter la pulsion raciste dans tout le pays, assistés de leurs intellectuels répandus. Tous auront pris plus que leur part dans la fonctionnalité globale du dispositif : amener le FN à son niveau optimal, celui qui lui fait passer le premier tour, mais censément lui interdit de franchir le second – sauf si…

Sauf si l’électorat, condamné à l’archi-passivité, décide un matin de recouvrer brutalement sa capacité d’agir, mais alors dans des conditions où l’on est par construction certain qu’elle se manifestera pour le pire – puisque la seule alternative aménagée est celle du pire. C’est avec ce risque, dont elle est pourtant avertie depuis 2002, dont elle a vu à nouveau la matérialisation avec le TCE en 2005, avec le Brexit, et puis avec Trump, c’est avec ce risque qu’aura joué, entre folie et aveuglement, une classe élitaire qui s’est d’ores et déjà ménagé sa place dans l’histoire – mais pas exactement celle qu’elle croit. Admirables « élites » qui, s’efforçant de pousser le bouchon toujours plus loin, jouent à la roulette russe mais avec la tempe des autres.

Pendant ce temps, à stade égal de désespérance, abstentionnistes et malgré-nous du macronisme se sautent mutuellement à la gorge, sans jamais songer (enfin surtout les seconds) à se tourner vers ceux qui, au dessus d’eux, ont aménagé le terrain de leur empoignade, pour ensuite jeter tout ce qu’il faut d’huile sur le feu — exactement comme les pauvres s’en prennent aux encore-plus-pauvres, ce conflit engendré du néolibéralisme qui fait la joie du Front national. Passé ce scrutin pestilentiel, il faudra bien songer à s’interroger à propos des irresponsables « responsables » qui installent pareilles catastrophes, dont ils croient pouvoir ensuite se laver les mains. Quel que soit le résultat du 7 mai, celui-ci leur appartiendra et à eux seuls, comme le résultat d’une nécessité appartient à ceux qui ont armé la nécessité.


« Les abstentionnistes laissent les autres faire le sale boulot », ou l’anti-politique de l’isoloir

Assurément c’est l’argument qui tient la corde dans la chasse à l’abstentionniste : il se réjouira in petto que Le Pen ne passe pas mais pourra clamer post festum ne s’être « pas sali les mains ». Bref il se défausse du devoir de barrage sur les autres.

Un philosophe kantien qui passerait par-là ne manquerait pas d’évoquer l’impératif catégorique : une règle de comportement ne vaut comme maxime morale que si elle peut être universalisée. Or à l’évidence, l’abstentionniste escompte que les autres agiront différemment. Son choix individuel ne peut donc être converti en règle générale.

L’argument n’a pourtant rien d’irrésistible. D’abord parce qu’il s’agit ici de politique et non pas de morale. Or la politique n’est pas une affaire de maxime universalisable mais de conflits, donc de fragmentation et de rapports de force. Il est assez évident que l’argument de l’abstention ne s’adresse pas à tout le monde. Il ne fait sens (politique) que pour une fraction déterminée de l’électorat : de gauche, celle précisément qu’on tente de réduire à merci – au passage on observera que nul ne se met en peine d’obtenir des serments ou des abjurations de l’électorat filloniste, dont le taux probable de report sur le FN est pourtant le plus important et auquel on fout néanmoins une paix royale.

L’objection du free riding (« laisser les autres faire le sale boulot ») ne tiendrait que si la position abstentionniste se voulait universalisable. Mais, proposition politique adressée, elle n’y prétend en rien. C’est alors ici que s’éclaire du même coup une aporie fondamentale du vote.

Si Sartre déclarait l’élection « piège à cons », c’est parce qu’il voyait combien la politique, pratique fondamentalement collective, se trouve immanquablement dégradée quand elle se donne l’expression atomistique du vote. La politique se fait ensemble, le vote chacun par devers soi. Et l’on ne passe pas de l’un à l’autre sans solution de continuité. Mais la puissance de la politique comme activité collective est telle qu’elle cherche à toute force à réinvestir l’atomistique du vote : la pratique individuelle du « vote utile » ou les logiques spéculaires (c’est-à-dire le fait de stratégiser son propre vote en fonction du vote anticipé des autres) sont autant de tentatives de recréer de l’action coordonnée (donc du collectif) là où, par construction, n’existe aucune instance de coordination. De même, suggérer que l’abstentionniste « laisse les autres faire le sale boulot », c’est réintroduire subrepticement la grammaire de la coordination collective dans l’univers atomistique du vote, précisément agencé pour qu’elle en soit absente… c’est-à-dire objecter à un comportement individuel par un argument de logique collective dans un univers d’où cette logique est exclue et où, par le fait, les agents n’en ont aucun moyen. On peut le dire maintenant : c’est la même raison qui condamnait au statut de fiction l’idée de « faire élire Macron avec la plus décevante des marges ». Les deux idées sont d’ailleurs l’envers l’une de l’autre.

Le vote utile, comme symétriquement l’abstention stratégique, ce sont les tentatives désespérées d’un électeur de refaire de la politique (collective) dans l’univers anti-politique (atomistique) du vote – c’est-à-dire de faire face à l’absence d’instance coordinatrice… dans la situation où les aspirations individuelles à la coordination sont les plus impérieuses. Pas seulement parce que l’essence même de la politique, mutilée par le vote, c’est le collectif. Mais aussi parce que cette aspiration procède du désir de voir son vote accéder au seul moyen de peser : par inclusion dans une formation collective, quand, isolément, il n’est qu’une contribution infinitésimale, quasi-nulle, au résultat macroscopique. Chacun s’est dit au moins une fois que l’absence de son vote « n’aurait rien changé », et c’est vrai ! – quoique cet énoncé vrai au niveau individuel devienne faux par passage au niveau collectif, mais ça n’est là qu’un autre énoncé du problème même dont il est question ici.

Car en effet, pour peser vraiment, et contrebattre l’insignifiance qui frappe le vote individuel, il faudrait pouvoir trouver un lieu pré-électoral où se coordonner (à l’image, par exemple, des groupes à l’Assemblée nationale, qui coordonnent des votes collectifs, donc des votes qui pèsent). Mais précisément, pour l’électeur ordinaire, un tel lieu n’existe pas. A sa place, on a mis le fatal isoloir. Hors de toute possibilité d’action concertée ex ante, on ne sait qu’ex post si « on » a pesé et de combien – quoique en réalité ce « on » soit un pur artefact.

En tout cas, aussi bien le vote utile que l’abstention stratégique, comme également l’objection du free riding (« laisser faire le boulot… »), sont toutes rigoureusement équivalentes sous ce rapport : toutes expriment, sous des aspects différents, le même problème. Aussi celui qui veut dénigrer l’une depuis la position de l’autre est-il aussitôt frappé d’incohérence – et spécialement le moraliste : « laisser les autres faire le sale boulot », c’est l’injonction de se soumettre à une logique de la coordination que le vote exclut par construction.

Frédéric Lordon

 

 

 

Source : http://blog.mondediplo.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:11

 

Info reçue par mail

 

 

 

Les vrais pourcentages de la présidentielle 2017

 

 

Voici donc les vrais résultats, l'image réelle de l'élection avec des chiffres qui n'oublient aucun Français et aucune Française en âge de voter.

 

Ce sont les pourcentages que les élites dirigeantes et les grands aboyeurs des médias ne donnent pas, en refusant de compter les votes blancs, les nuls, les abstentions et les non-inscrits sur les listes électorales, soit pour cette élection 41 % de la population majeure en 2017.

 

 

 

D'après les données démographiques de l'INSEE.

 

 

France en 2017 - population de 18 ans et plus (en âge de voter) : 53,3 millions sur une population totale de 67,3 millions

 

 

Second tour de l'élection présidentielle 2017

 

Voix:                   Macron: 20,75 millions

 

Pourcentages:    39 %(= 20,75: 53,3)

 

 

                        Le Pen: 10,64 millions

 

                        20 %(= 10,64: 53,3)

 

    de la population française en âge de voter

 

 

N'ont pas donné leurs voix: 21,91 millions soit 41 %

 

 

 

Autres aspects de la réalité chiffrée de cette élection

 

 

1 - Ce sont 59 % des 18 ans et plus qui ont joué le jeu: élire un président (100 – 41).

 

Le sénat et d'autres sources annoncent que 43% des votes pour Macron sont des votes de barrage à Le Pen. Prenant en compte cela, les vrais électeurs de Macron sont: 39% x 0,57* = 22,23%. D'où:

 

 

2 - Ce sont 22,23 % qui ont vraiment choisi Macron (contre 20 % pour Le Pen).

 

 

3 - Au total, 22,23 + 20 = 42,23 % se sentent vraiment représentés par Macron ou Le Pen.

 

 

* 0,57 = 57% = 100% - 43%         1

 

 

Pour les grands partisans et conservateurs du système, on comprend qu'il n'est pas question de donner ces chiffres qui disent la réalité triviale des élections.

 

Notre démocratie exemplaire, son sommet électoral qu'est la présidentielle, la victoire «éblouissante» de Macron, le danger Le Pen.... tout cela serait-il aussi crédible avec ces autres %, plutôt qu'avec les chiffres dissimulateurs qui sont unanimement assénés ?

 

On en parle parfois entre nous: les chiffres officiels donnés par l'Etat et par tous les médias sont tronqués, depuis toujours. Tout le monde le sait, mais on l'oublie parce que tout ce qui contribue au quotidien à faire et à diffuser le discours dominant, n'en parle pas.

Pourquoi n'en parlent-ils pas ?

 

Parce que nos élites s'en fichent ou parce qu'il faut cacher le talon d'Achille du système?

 

Nous-mêmes, on s'évertue à répondre ce que l'on veut nous faire penser : qu'«ils» ne comptent pas toutes ces «non participations» aux élections parce ce que ça n'a aucune importance pour eux. Et qu'ils se contrefichent de ce que leur dit cette partie croissante de

la société. Pour cette présidentielle 2017, c'est 41 % des gens en âge de voter qui, malgré la pression de la propagande, ne participent pas à l'élection du président de la République et à celles d' autres «représentants» de l'Etat ou de l'UE.

 

Derrière le voile de l'apparence et son tissage, la réponse est tout autre:

 

ils ignorent cette population-là, non pas parce qu'ils s'en fichent. Mais parce que de toute évidence, reconnaître officiellement leur poids dans le résultat des élections pourrait déclencher une remise en cause. Avec le risque important que celle-ci soit profonde, au point de menacer les grands privilèges que les «grands» citoyens tirent de ce système.

 

Avec la croissance maintenant continue de la dissidence électorale, la crise s'annonce. Le mur du silence que les chiffres officiels ont érigé et entretiennent, se fissurera et laissera entendre le murmure des paroles demandant des comptes. Puis, assez rapidement, viendra le bruit de paroles plus nombreuses et plus audibles.

 

Quand? Qui peut le dire. Mais on va s'en approcher si la dissidence poursuit sa montée rapide. La politique unique, les dégradations qu'elle induit, l'éloignement du pouvoir, la mondialisation des marchés, les «affaires», etc... tout dit qu'elle continuera.

 

Ce que l'on appelle: la légitimité des élu-es, c'est-à-dire la force symbolique qu'ils ont auprès de nous, dans nos têtes en réalité, sera peu à peu remise en cause. Or, ils tirent cette légitimité des résultats supérieurs à 50%, la fameuse majorité qui leur donne la victoire et le droit de s'imposer à tous.

 

Alors, pouvez-vous imaginer que le mur du silence résistera toujours... tel un mur de Berlin immuable ! Imaginer qu'élection après élection, les abstentions, les votes blancs et les nuls atteignant durablement le seuil de 50%, cela ne changera rien parce que les

poignées de dominants pratiquent l'omerta ? Allons, hommes et femmes libres !

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:05

 

Réflexion d'un Indigné-NuitDeboutiste Nîmois

 

 

Uber ou Ûber alles, sortie des urnes..

Frère Emmanuel est élu. Sur un ton de jeune curé primo-shooté il a confirmé qu'il dirait rien. Il est grave disent les journalistes.

Il y a de quoi: 2° président le mieux élu de la courte histoire de la V°, l’abstention record et le score dit historique du vote blanc lui ont soufflé la victoire,  représentant plus du tiers des inscrits. Avec en vrai 1 inscrit sur 4, et à peine 20% de « vrais sympathisants » là d’dans, entouré d’ opportunistes volants (c’est bien le mot) au secours de la victoire, Macron est le président le moins légitime de la longue histoire de France. En même temps !

On pourrait en rire mais nous avons nous aussi toutes raisons d'être graves. Frère Emmanuel cache bien mal sous sa soutane son beau costard  (Arnys ?) de bon trader. Une O.P.A. inamicale sur la démocratie a bien eu lieu, quelques « délocalisations » sont à prévoir. En Marche sur l’eau vers on n’sait où (mais on devine), jamais tous ensemble les français n'ont eu autant envie d'y aller à reculons. Il est élu, Macron, c'est malgré nous, sans rien en croire... mais il est élu, c’est bien l’arnaque.

C’est à cacher et à empêcher d'émerger le "nous" du malgré que vont s’employer ardemment tous les « analystes politiques » dans les minutes qui suivront l’élection. C’est déjà dit, ce sera dit: si vous êtes contre Macron et son monde repeint façon Mickey, vous êtes soit rétrograde coincé catho d’Ancien Régime (Filloniste de surcroît), soit un allié objectif de la nazie potentielle. Vous avez voté pour elle ou pour Méluche, vous êtes les vieux, les petites gens, aigris, perdus,  déboussolés. Frère Macron vous aime et il comprend, dormez, dormez petits enfants. (sur l’air de « trust in me…just in me…close yours eyes...believe me», Susheela Raman).

Renouveau, ouverture, jeunesse, destin bonapartique que paradoxalement l'Europe appréciera, Lafayette…si, si cela s’est dit et là c’est nous qu’on apprécie, c’était un  traître, un royaliste. La future ligne éditoriale des « merdias » est claire. Elle n’a pas varié depuis des années, niveau « Plantu » pour l’analyse, niveau « Goebbels » pour la propagande. Tiens, ça pourrait juste être l’inverse et ça serait bien l’idée que je m’ fait d’Macron…çui du Macron=Le Pen.

L’Erdogan femelle et bonne française l'a bien montré, en live. Second pitre au Grand Barnum (mais on savait): son seul registre personnel est ricanement, tout le reste piqué ailleurs, elle n'en a rien compris mais elle répète. J'invente rien, parole présidentielle, lui l'a dit 20 fois : bête. Tellement « bête » qu'elle en est devenue humaine la dadame, un instant, devant l’algorithme-expert ni droite ni gauche tout comme elle mais juste "expert", lui…et bien fils de pépère, tout pareil. C'est une opposition en chocolat de cuisine (brun, dur…) et c'est la seule dont les « merdias » ont et vont parler, il n'y a plus qu'eux, les ahuris, qui se posent la question de savoir pourquoi ils nous font ça.

Cette opposition de pacotille d'un état déchu, Le Pen la définit déjà comme: les patriotes contre les mondialistes, formidable escamotage sur les problèmes et leurs solutions que beaucoup vont adopter adorer et répéter, Manu Premier aussi bien sûr. Quelle Patrie? Quel Monde? Nul n'en a cure, s'en fait des rêves à la place des autres.

Quand on dit qu'il faut, autant que possible, produire à proximité ce que nous consommons sommes nous des altermondialistes à la « conscience planétaire » ou des nostalgiques du "bien de chez nous" qui confondent un peu « Ordre » et « bien rangé » ? Nous disons il est vrai « sobriété »…et eux traduisent « misère » et ça, ils n’en veulent pas, on les comprend. Mais quand on dit « Nantis » ils voient pas que c’est eux, y n’en veulent pas des « Partageux ». Pourtant c’est vrai, y sont gavés et nous avec et ça c’est dur à avaler, non négociable pour eux. Leur liberté : je veux des fraises en plein hiver, petit exemple, multipliez puis levez l’ nez. Y’à des avions partout le ciel, cherchez pas, y vont aux fraises.  C’est bien un vol, dans tous les sens quand on y pense. Et là Le Pen=Macron.

Quand on dit « nous voulons décider ensemble, en peuple constitué et pas borné» est-on libertaire qui rêve démocratie concrète ou horrible Souverainiste qui rêve le patronat mais bleu, blanc, rouge. Et là, le moins possible, bien tout au bout du drapeau qui s’effiloche, même franco-française la chienlit c’est la chienlit, ça s’élimine.

Quand pour finir on dit « pas de démocratie sans démocratie au travail », on  est affamé de sang ou de justice ?

Ni droite ni gauche… après ni gauche ni gauche…vous y croyez ? Alors vous avez bien la Foi, celle qui rase les montagnes, remplit les mers et fait péter Fukushima. C’est alors ça l’ fameux Progrès ? Non bien sûr, l’insurrection tonne dans nos urnes. On est nombreux à l’avoir fait savoir en blanc, en marchant pas, çui là nous fait plus peur que le fascisme car il l’engendre.

 

A cette heure, p’tit frère Macron, cherche un bon Ministre de la Paix,

 

Restez Debout camarades.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22