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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 14:35

Agoravox - 20 Septembre

 

De tout temps à la bourse, celui qui gagne de l’argent est celui qui dispose de l’information la plus complète avant les autres. Le développement des cotations en continu assisté par ordinateur a permis l’éclosion d’un nouveau type de marché exclusivement basé sur la vitesse : le High Frequency Trading. Voici comment il fonctionne, et comment il est en train de déraper, entrainant dans sa chute les sociétés de cotation boursières.

Depuis la libéralisation des marchés boursiers et surtout leur informatisation complète, une nouvelle technique de spéculation s’est développée en bourse, le High Frequency Trading, que l’on pourrait traduire par marché à haute fréquence. Par la suite, et par conformité au sabir des salles des marchés, je m’en réfèrerai par l’acronyme HFT.

Les sociétés de bourse se proposent de fournir à qui le demande un prix pour un certain nombre d’action. C’est le principe même de la cotation en continu. Un client (trader) demande un prix pour N actions du groupe trucmuche, reçoit le tarif, et accepte ou annule la vente. Pour connaitre l’ensemble du marché à un moment donné, il suffit donc de demander le prix de toutes les actions du marché, et annuler ensuite l’acte d’achat.

Et voilà pourquoi le HFT est né, comme un système permettant de gagner à tous les coups pour ceux qui ont la capacité et les moyens de mettre en place une infrastructure informatique suffisante le plus près possible des serveurs de cotations (pour gagner quelques fractions de millisecondes). Ils ont avant tout le monde une image de l'ensemble du marché, et peuvent en anticiper les mouvements et donc placer leurs billes sur des actions dont ils connaissent le prix à l'avance. Ayons une pensée émue pour le petit porteur tenté par l’aventure boursière par le truchement de l’un des nombreux sites de trading en ligne : le HFT, ce n’est pas pour lui mais qu'il se rassure : les pertes lui sont réservés.

Revenons à notre sujet. Pour un demandeur, il n’y a virtuellement aucun coût pour demander une cotation. Par contre, pour celui qui fournit cette cotation, il doit stocker, transmettre, analyser les données afin de répondre à la demande de cotation, ce qui engendre un cout supplémentaire en terme d’infrastructure, qui croit bien plus vite que l’augmentation de la quantité de données. Doubler sa capacité de traitement informatique coute bien plus que le double du prix de base, par exemple un routeur réseau de capacité 1 Gb/s coute environ 200 $, un modèle de 10 Gb/s revient à 10.000 $.

En fait, on peut comparer cela aux pourriels (spam) qui inondent votre boite à lettre électronique. Ça ne coute rien à l’expéditeur, par contre le récepteur doit se doter du matériel adéquat pour gérer le flux additionnel, pourtant sans intérêt pour son activité.

Et comme pour les pourriels, le requêtes ne donnant lieu à aucune transaction prennent des proportions propres à saturer les serveurs de cotation en continu. Car c’est le paradoxe succulent de la chose : le HFT est en train de tuer la bourse, tout du moins la profitabilité de ceux qui en fournissent les cotations … En effet, la société boursière étant payée sur les transactions menées à terme, il y a toujours plus de transactions qui seront in fine annulées, donc ne rapportent rien tout en ayant nécessité du matériel et de la bande passante.

La société Nanex, spécialisé dans le développement d'outils financiers fournit tout un ensemble d’études du marché boursier de New-York qui explique et corrobore ce phénomène.

Elle publie le graphique suivant qui représente la quantité moyenne de cotations ayant été nécessaires pour effectuer une transaction d’une valeur de 10000$ :

local/cache-vignettes/L600xH396/2007010120118ed7-d20c0.png

Horizontalement, l’échelle donne l’heure de cotation (de 9H30 à 16H00 à New York). Verticalement, il s’agit du nombre moyen de cotations nécessaires pour générer 10000 $ de transaction. La coloration arc-en-ciel donne la date, du violet pour le plus ancien (1er janvier 2007) au rouge pour le plus récent (14 septembre 2011). Pour établir ce graphique, Nanex a compilé 535 milliards de cotations pour 35 milliards de transactions, sur une durée de 1172 jours de marchés ouvert.

La lecture du graphique permet de s’apercevoir qu’alors qu’en 2007 il fallait entre 5 et 6 cotations pour réaliser une transaction, il en faut maintenant plus de 50, et la densité du graphique en zone rouge montrant lui-même que le phénomène est en augmentation rapide. C’est un signe clair que le système est en train de déraper : Toujours plus de cotations pour autant voire moins de transactions.

Afin de maintenir le volume des échanges - donc leurs finances - les sociétés de bourse sont forcées à augmenter en permanence les capacités en cotations par secondes, qui sont saturées immédiatement sans avoir donné lieu à une augmentation des transactions.

Mais il y a pire : des opérateurs ont déjà testé des algorithmes qui permettent de faire disjoncter les serveurs de cotations par une forme d'attaque par déni de service, en saturant de requêtes de cotations. Cela jette les prémisses d’une guerre boursière, par ordinateur interposé – mais c’est une autre histoire que l'on peut lire en Anglais dans le texte, dans cet autre rapport de Nanex - Overloading the US stock market.

Il y a un an et demi, l'économiste Frederic Lordon proposait dans les colonnes du monde diplomatique : "Et si on fermait la bourse ?". Récemment, l'économiste et anthropologue Paul Jorion a complété cette proposition. "Pas la peine, les ordinateurs s'en chargent !" Ces deux économistes hétérodoxes, qui ont déjà démontré un certain talent analytique vont-ils une fois encore avoir raison ? L'avenir nous le dira, et j'ai l'impression qu'il nous le dira bien vite.

Références :

Frédéric Lordon - Et si on fermait la bourse ?

Paul Jorion – Faut-il fermer la bourse ? Pas la peine, les ordinateurs s’en chargent !

Nanex - And to anyone who might say : "To my knowledge there's been no proof shown that high-frequency trading has been detrimental.", we'd like to submit this paper as Exhibit A. Et à toute personne qui prétends : “A ma connaissance il n’y a aucune preuve qui démontre que le marché à haute fréquence est préjudiciable”, nous aimerions lui soumettre ce papier comme « Pièce A ».

Nanex - Overloading the US Stock Market. Surcharger le marché boursier US. L'illustration "nuke button" est tiré de cet article.

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 14:32

Agoravox - 19 Septembre

 

Une étoile va-t-elle bientôt disparaître du drapeau Européen ?  La solidarité à ses limites… 68% des français réfractaires à une nouvelle aide à la Grèce … À la fin de l’année 2010, il y a moins d’un an, presque 70% des français étaient d’accord pour aider les grecs. En juin 2011 nous étions encore près de 60%. Nous sommes aujourd’hui presque le même pourcentage à avoir une idée totalement contraire. Apparemment cette situation se confirme un  peu partout dans les autres pays européens de la zone euro. Pourquoi ce revirement soudain ?

Le montant de la dette Grecque était estimé à 300 milliards d’euros fin 2010. En 2011, elle devrait gonfler très sensiblement pour atteindre des sommets. 

Pour faire face, les grecs doivent trouver entre 10 et 20 milliards d’euros, tout de suite… mais beaucoup plus, très rapidement et avant la fin de l’année…

Si les français et les autres pays européens de la zone euro n’aident plus la Grèce, que va-t-il se passer ? La Grèce va tout simplement faire faillite et les dettes devraient être rayées d’un coup de plume… 

Mais est-ce aussi facile que ça ? Et après, que va-t-il se passer, pour la Grèce, mais aussi pour la zone euro toute entière ?

Jutta Urpilainen, la ministre Finlandaise des finances est très ferme, plus de prêts sans garanties, mais quoi comme garanties ? Des promesses ça ne marche plus, il faut du concret. Des hypothèques sur les biens de l’état grec ? Je crains qu’il faille passer en deuxième, voire en troisième position ! Des garanties sur les biens des particuliers, et sur ceux des entreprises ?

Après il ne restera pas grand-chose, sauf peut-être une garantie sur tous les avoirs des grecs dans le monde. Là, il y aurait peut-être de quoi se caller une dent et même deux.

Les ministres des Finances de la zone euro, réunis à Wroclaw, en Pologne, renâclent dur. Ils n'ont pas avancé d’un pouce sur la concrétisation d’un éventuel second plan d'aide de 150 milliards d'euros prévu d’accorder à la Grèce. 

Par contre, et là c’est peut-être un signe, poussés par le FMI de madame Lagarde, ils ont très avancé sur le projet de recapitalisation des banques Européennes. Et si les Européens étaient tout simplement en train de lâcher les grecs. Préparent-ils le terrain, en renforçant les banques qui devraient faire face à une attaque en règle des spéculateurs ?

 Je sais, vous allez encore dire que c’est pas juste, que c’est pas de la faute du peuple grec, que ça retombe sur les plus vulnérables, et… . Si la Grèce se retrouve dans cette situation, n’est-ce pas à cause des grecs, de tous les grecs ? Bien sûr on va incriminer les gouvernements successifs, mais la Grèce est un pays démocratique, il revenait donc aux grecs et à l’opposition de faire le ménage.  Croire au Père-Noël, ça ne peut pas toujours durer, dépenser plus qu’on ne gagne, il arrive un moment où ce n’est plus possible. 

Attention à la chute : pour les grecs, c’est l’heure, et pour d’autres, l’échéance n’est pas loin…

Et pour les banques françaises qui sont très engagées dans ce pays ? Leurs difficultés vont-elles se répercuter sur la France et les français ? 

Si une telle situation se présentait en France, comment réagirions-nous ? Les Français et toutes les personnes vivants sur le sol de France ou ayant des intérêts en France, seraient-elles prêtes à accepter une hypothèque sur leurs biens, quels qu’ils soient ? Les français possédant des biens à l’étranger seraient-ils d’accords pour participer ?

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 14:15

Libération le 20 Septembre

CARTE INTERACTIVELibération publie la carte de France des collectivités locales ayant contracté des produits financiers fournis par Dexia qui pourraient risquer, dans certains cas, de les conduire à la ruine.

337 commentaires

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Votre commune, votre région, votre département, votre communauté de communes, mais aussi l'hôpital du coin ou le syndicat qui s'occupe des ordures ménagères, sont-ils infectés par les «emprunts toxiques», ces produits très spéciaux distribués dans les années 2000 aux collectivités locales par les banques, et principalement par Dexia Crédit local? Y a-t-il un risque que tout ce beau monde fasse faillite?

Pour se faire une idée, rien de plus simple, jetez un coup d'oeil à la carte que publie Libération. Construite à partir du fichier 2009 des clients de Dexia (une information normalement confidentielle, mais que Libération s'est procurée), elle indique, collectivité par collectivité, le volume total des emprunts structurés contractés auprès de Dexia ainsi que le surcoût attendu que devra prendre à sa charge le contribuable.

>>>Lire Libération en kiosque mercredi ou dans notre zone abonnés

 

Pour consulter la carte, cliquez-ci dessous.

Les emprunts toxiques constituent un risque énorme. La plupart fonctionnent sur le modèle suivant: trois ou quatre ans après le début du prêt, débute la phase dite «structurée». Les taux sont alors calculés en fonction de formules abscondes, à partir d'indices financiers très variés (comme le cours du franc suisse, du yen, du dollar ou les CMS, un taux de référence utilisé uniquement par les investisseurs avertis). Et ce, pendant une période de 15 à 25 ans. Ce qui veut dire que, durant cette période, n'importe quelle évolution (à la hausse ou à la baisse) des marchés peut avoir des répercussions énormes sur le taux de remboursement de la collectivité.

Exemple, avec le « Dualys optimisé », un type de prêt structuré refilé en 2008 au Conseil général de Seine-Saint-Denis. Chaque année, au 1er décembre, et jusqu'en 2026, son taux pour l'année est calculé en fonction des cours relatifs de l'euro, du dollar et du franc suisse suivant une formule, détaillée sur dix lignes, qui fait frémir. Extrait: «Si l'écart entre le cours de change de l'euro en francs suisses et le cours de change de l'euro en dollar est strictement inférieur à 0, le taux d'intérêt est égal à 3,27% plus 25% fois la différence entre le cours de change de l'euro en dollar et le cours de change de l'euro en francs suisses ». Comprenne qui pourra!

Risque de «faillite»

Cette carte constitue une bonne base pour évaluer le risque collectivité par collectivité, mais elle ne clôt pas le débat. Les chiffres datent de 2009, et certains prêts ont été renégociés depuis. De plus, si Dexia (ex-Crédit local de France) est la banque historique des collectivités, elle n'est pas la seule à avoir distribué des emprunts toxiques. Les Caisses d'Epargne, la Société générale, le Crédit agricole... ont aussi été très actifs sur ce marché. Reste quelques chiffres qui permettent de prendre la mesure du risque pour les finances locales françaises. DCL avait distribué pour 25 milliards d'euros de produits structurés à 5500 clients, et à la fin 2009, la banque évaluait le surcoût de ces emprunts à 3,9 milliards d'euros. Mais l'addition pourrait encore grimper. Depuis, de nombreux événements ont certainement renchéri ce surcoût. Ainsi, la hausse du franc suisse, ces derniers mois, a vu les lignes d'emprunts fondées sur la devise helvète (comme le prêt Dualys du conseil général de Seine Saint-Denis), devenir de plus en plus chères à rembourser. Et de nombreuses communes ont alors brandi la menace d'un risque de faillite. De quoi conclure sans risque que les emprunts toxiques devraient pourrir la vie des collectivités encore de nombreuses années.

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:42

Si, en rentrant un dimanche soir chez vous, vous voyez la silhouette d'un homme étendu sur le trottoir dans le faisceau de vos phares, et que vous descendez immédiatement de votre voiture pour lui porter secours ; si cet homme présente des blessures certes impressionnantes (une énorme plaie au front, un œil tellement abîmé que vous savez rien qu'en le regardant qu'il est déjà fichu) mais datant visiblement de plusieurs jours ; s'il parle d'une voix empâtée par l'alcool, ce que confirment fortement son haleine et le fait qu'il ne tienne pas debout ; s'il vous demande d'avoir la gentillesse de bien vouloir le ramener dans son centre d'hébergement à 3 km de là ; alors vous avez deux solutions :

  • soit vous prenez la responsabilité de transporter cet homme blessé et en état d'ébriété ;
  • soit vous lui cassez la gueule. Vous l'amochez encore plus qu'il ne l'est déjà. Vous lui démontez la tronche.

Parce que personne, PERSONNE le transportera à votre place :

  • ni les pompiers, qui ne prennent pas en charge une personne ayant bu sans blessures évidentes ;
  • ni le Samu social, car il ne se déplacera que si la personne n'a pas d'hébergement. Le Samu médical fera le trajet, mais constatera, comme vous, impuissant, qu'une personne qui refuse l'hospitalisation ne peut être prise en charge par leurs soins.

Les compagnies de taxis, elles, accepteront sans rechigner une femme aux derniers stades de l'accouchement, mais refuseront catégoriquement un passager ivre sous prétexte qu'il pourrait vomir dans leur véhicule.

Reste la police, qui, si elle daigne se déplacer, collera le quidam – qui veut juste regagner sa chambre au foyer pour regarder France 2 – en cellule de dégrisement.

Il est alcoolique et SDF en plus

Vous pouvez toujours le laisser dehors, ce monsieur inconnu, comme s'il n'avait jamais croisé votre chemin, parce que, comme il vous l'a dit, il est alcoolique, et SDF en plus. Les températures descendront sous les 7°C dans la nuit et, l'alcool aidant, l'hypothermie devrait le faire s'endormir vite, très vite…

Il n'y a personne, on vous dit… Ah ! si, il y a vous. En colère, triste, vous allez le faire – difficilement – monter dans votre voiture et le raccompagner jusqu'à la grille de son lieu d'hébergement. Et ne vous éloigner que lorsque la personne qui n'a pas décroché le téléphone quand vous avez appelé une demi-heure plus tôt va répondre à l'interphone et l'admettre dans l'enceinte de l'établissement.

Ce n'est pas cette fois qu'il mourra dehors.

Et vous, vous avez mal. Vous avez du mal aussi… Du mal à croire que ce que vous avez vécu ce dimanche soir, ça se passe ici, en France.

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:32

Non seulement contente de lâcher l'industrie nucléaire si chère à notre pays, l'entreprise allemande Siemens aurait joué un tour cantonesque à une grande banque française. En retirant de ses guichets 500 millions d'euros – en liquide ! – pour les planquer au chaud de la Banque centrale européenne.

Le motif invoqué par le Financial Time ayant révélé la manipulation : l'inquiétude sur la solvabilité de la banque en question. Et on apprend que la Bank of China aurait suspendu des opérations avec trois établissements bancaires français :

  • la BNP,
  • le Crédit agricole,
  • la Société générale.

Les rats quittent le navire…

Comme on l'avait prévu, les rats ne pouvaient manquer de quitter le navire. Et comme on le voit, les plus gros semblent n'avoir pas tardé.

Pour l'heure, on ne connaît pas le nom de la banque en question, mais à voir la montée de boucliers immédiate des capitaines de rafiots devant la révélation, on se dit qu'il y a sacrément péril en la demeure. Michel Pébereau, président du conseil d'administration de la BNP, sur RTL, ce mardi matin :

« Nous n'avons pas besoin aujourd'hui d'aides quelles qu'elles soient. »

Michel Pébereau parlait prudemment de l'ensemble des banques françaises, et nous n'aurons pas l'imprudence d'incriminer la seule BNP. Mais essayez donc d'aller retirer tout de suite 500 millions en liquide au guichet de votre agence. Vous allez voir si elle ne se met pas à hurler au secours !

… et les souris continuent de danser

Pendant ce temps-là, que se passe-t-il sur les entreponts envahis par des déferlantes de plus en plus alarmantes (la baisse de la note de confiance de l'Italie par Standard & Poors, par exemple) ?

Rien, la routine ! Dans les coursives boursières, les yoyos de l'équipage ressemblent de plus en plus à des embardées incontrôlées. Et dans leur carré de plus en plus cerné, les officiers continuent de faire donner leurs improbables orchestres pour tenter d'apaiser les souris dansant sur les ponts inférieurs.

Dernière ritournelle entonnée en date : le retrait de Siemens deviendrait une simple opération de pure spéculation. En liquide ? Normal. Et qu'importe si les craquements sinistres se multiplient. AFP, 20/09/2011, 16h10 :

« Le nouveau propriétaire américain du site Meetic, Match.com, veut que le portail de rencontres place son argent dans une banque américaine et non française, a indiqué mardi le fondateur du groupe français, Marc Simoncini, sur la radio BFM Business. »

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:25

Colis alimentaire du Secours populaire (Camille Vega/Secours populaire).

C'est un coup de massue sur l'aide alimentaire. Les associations, alarmées, font les comptes : si le Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) est bien amputé de 400 millions d'euros en 2012, impossible de continuer à distribuer les produits de base aux plus pauvres. Ils sont pourtant de plus en plus nombreux en France.

La justice européenne compte imposer une réduction de ce programme de 75% l'année prochaine pour le faire disparaître en 2013. Ces dernières années, les surplus agricoles, amoindris, ont dû être compensés par l'achat de nourriture financé par la PAC (politique agricole commune).

L'Allemagne a porté plainte : en avril, la Cour européenne de justice de Luxembourg a
estimé que ces transactions n'étaient pas compatibles avec la politique
agricole de l'UE. Une telle démarche relevant du domaine du social, pas
de l'agriculture.

« Certains comptent voler pour se nourrir »

Camille Vega, en service civique au sein du Secours populaire de l'Orne, avait alerté Rue89 le 5 septembre :

« Beaucoup des bénéficiaires nous expliquent qu'ils seraient dans l'incapacité de pouvoir acheter des produits laitiers ou de la viande.

En cas de suppression, certains disent qu'ils devront voler pour se nourrir. Ils sont persuadés d'assister à des émeutes de la faim. »

Un rayon du libre-service alimentaire du Secours populaire (Camille Vega).

La distribution alimentaire : des colis d'urgence

Au Secours populaire, plus de la moitié des colis garnis de pâtes, riz, boîtes de conserve ou steaks hachés surgelés proviennent du PEAD. Un programme qui fonctionne depuis 1987, dans le cadre de la PAC. Il s'agit en fait d'écouler le surplus alimentaire. Avec un principe : il est plus cher de stocker que de donner.

En France, la Croix-Rouge, les Restos du Cœur, les Banques alimentaires et le Secours populaire reçoivent ces denrées comme d'autres associations européennes. Elles remplissent chaque mois le colis de produits de base et le carton de produits frais distribués toute l'année aux bénéficiaires.

Camille Véga se désole :

« Si le PEAD est supprimé, nous ne pourrions compter que sur les partenariats privés (supermarchés, centrale d'achats…) qui représentent un apport très aléatoire : ne sont donnés que les invendus.

La distribution alimentaire du Secours populaire se résumerait alors qu'à des colis d'urgence ponctuels. »

Dernière chance avant le « tsunami alimentaire »

« Crise », « tsunami alimentaire » : les associations françaises ont donné l'alerte avant la réunion de la « dernière chance », lors du conseil des ministres de l'Agriculture ce 20 septembre. Dans une lettre commune, ils préviennent :

« Sans une réforme rapide, le PEAD est condamné. »

Les eurodéputés ont adopté en juillet une résolution pour que la Commission modifie le régime de distribution des denrées. L'enjeu est crucial : il s'agit de sauver l'assistance alimentaire de près de 13 millions d'Européens.

Pourtant, les ministres européens n'ont finalement pas réussi à se mettre d'accord mardi : la décision est reportée au mois d'octobre.

Photos : colis alimentaire du Secours populaire ; un rayon du libre-service alimentaire du Secours populaire (Camille Vega).

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 14:42

Agoravox -19 Septembre

 

Le monde marche sur la tête. Après les "riches" qui veulent payer plus d'impôts voilà que des personnalités de droite ou des institutions réputées comme libérales réclament des nationalisations. Et pourquoi pas Pierre Woodman chez les moines trappistes ?

Dégradation du Crédit agricole et de la Société générale par Moody's, division par deux des capitalisations boursières des banques françaises, inquiétude des Français concernant leur épargne, opacité des réels engagements des banques vis à vis des pays à risque, sentiment répandu dans la population que la finance n'est plus au service de l'économie réelle...n'en jeter plus pour que le thème d'une nationalisation des banques revienne sur la table. 

Calme ta joie, toi le gaucho nostalgique de Mitterrand ! Il ne s'agit pas de nationalisations massives et définitives comme la France l'a connue en 1981. L'intervention de l'Etat ne concernerait que le secteur financier (les banques et à la limite les compagnies d'assurances) et pour une durée de 3 ou 4 ans maximum (au delà on rejoindrait Cuba et la Corée du Nord ! Faut pas déconner). 

Pourquoi nationaliser les banques et pas les constructeurs automobiles ?

Sauver le job d'un ingénieur de chez Peugeot ou d'un ouvrier de chez Renault est-il moins important que de préserver les bonus d'un trader de la Société générale installé à Londres ou de garantir le capital placé à la BNP d'une veuve milliardaire ? Moralement non mais économiquement oui. En fait la spécificité des banques sur n'importe quel autre secteur économique est la capité de nuisance systémique qu'on leur prête (même si cette idée est battue en brèche par l'exemple Islandais où l'Etat a laissé tombé ses banques et qui actuellement connait une forte croissance mais cette histoire n'est pas finie comme je l'explique ici). Pour faire simple, si Peugeot fait faillite Montbéliard tombe, si une banque française, même de taille modeste, fait défaut les répercutions peuvent se faire sentir jusqu'en Nouvelle-Zélande. C'est pourquoi les Etats sont plus sensibles au sort des banques que des constructeurs auto, c'est injuste mais le monde est injuste.
 
Les banques françaises sont-elles en danger ?
 

Les banques Françaises ont trois épées de Damoclès au dessus de la tête : Les PIIGS, la rumeur et une OPA.

- Les banques françaises sont bien plus engagées dans les pays victimes de la crise de la dette que leurs consœurs allemandes ou britanniques (c'est d'ailleurs pour cette raison que Merkel et Sarkozy ne sont pas d'accord sur les modalités de sauvetage de la Grèce comme je l'explique dans ce papier). 27%, 23% et 20% de la dette publique (ou 10, 5,8 et 2,8 milliards d'euros) respectivement grecque, portugaise et irlandaise sont détenus par les établissements bancaires français. A cela s'ajoute de grosses filiales bancaires installées en particulier en Grèce et en Italie. Pas besoin d'être commissaire au compte pour comprendre qu'en cas de défaillance d'un de ces pays le système bancaire français boira la tasse, mais survivra, et qu'en cas d'effet domino, entrainant l’Espagne ou l'Italie, c'est le calice jusqu’à la lie.

- La rumeur est au système financier ce que le placebo est à la médecine...enfin en sens inverse. Si le marché pense qu'une banque est sur le point de faire faillite ou suit une rumeur qui l'accrédite, la banque fera faillite car ceux qui ont des billes en jeux les retireront et les autres ne voudront pas ou plus lui prêter -c'est ce qu'on appelle une prophétie auto-réalisatrice-. Malheureusement les banques françaises sont victimes de rumeurs qui se nourrissent, soit de maladresses politiques, soit de l'opacité des comptes des banques. Quand les conseillers du président Sarkozy affirment, en pleine crise bancaire cet été, que celui-ci n'a aucune raison d'écourter ses vacances et que quelques jour plus tard il organise un conseil des ministres d'urgence, il nourrie la rumeur. Quand Christine Lagarde, directrice générale du FMI, déclare que les banques européennes devaient être recapitalisées, elle nourrie aussi la rumeur puisque qu'en tant qu'ancienne ministre de l'économie donc ministre de tutelle des banques, elle était une des mieux placée pour connaitre l'état réel de ces établissements (voir mon papier à ce sujet "L'AMF doit-elle ouvrir une enquête contre Lagarde ?").

Les banques aussi ont leur propres responsabilités dans le foisonnement de rumeurs. Personne ne prend au sérieux le stress test organisé par le CESB (Comité des superviseurs bancaires européens). Ce test destiné à rassurer les marchés face à la crise grecque a même eu l'effet opposé. Si quasiment tout le monde le passe, c'est qu'on nous cache quelque chose se lamentent les analystes financiers rattrapés par le syndrome conspirationniste.

- Plus une société cotée en bourse est sous-évaluée par rapport à sa valeur réelle plus le risque d'une OPA hostile augmente, c'est un classique. La capitalisation de la Société générale est descendu le 12 septembre dernier sous les 12 milliards d'euros soit 8 mois de résultat net du Chinois ICBC en 2010 !
La France, contrairement à l'Allemagne, n'est pas leader mondial dans beaucoup de secteurs économiques ; les produits de luxe, la construction d'automobiles, l’aéronautique, le vin, le camembert et la finance. C'est peut être pas le moment de perdre la main sur un secteur stratégique qui pèsent plus de 400.000 emplois qualifiés.

Les banques nationalisées vont-elles changer leurs "mauvaises habitudes" ?

Ceux qui pensent que les "mauvaises habitudes" sont le monopole du secteur privé, avide d'argent et amoral, ont la mémoire courte ou feignent de ne plus se souvenir du Crédit lyonnais et du GAN. Est-ce que les banques françaises doivent se cantonner à distribuer du crédit à des particuliers pour l'achat d'un logement et à des PME qui veulent s'équiper de machines-outils et ainsi laisser le champs libre aux banques anglo-saxonnes pour les produits financiers plus complexes mais globalement et sur le long terme plus rentables et générateurs de nombreux employés hautement qualifiés et bien rémunérés ? C'est détruire l'expertise française, connue et reconnue, dans le domaine de l'ingénierie financière et les débouchés qu'elle offre. Je sais, c'est pompeux mais c'est la réalité.

Quels coûts et y a-t-il des alternatives au nationalisations ?

Avec des capitalisations riquiqui, la nationalisation des banques françaises ne serait pas d'un coût exorbitant (surtout comparé au prix d'un sauvetage d'une banque en faillite) et pourrait même s’avérer être un investissement extrêmement juteux pour l'Etat, mais à deux conditions. D'abord le gouvernement ne doit pas accorder une prime d'indemnisation extravagante aux actionnaires. Il doit se comporter comme n'importe quel requin de la finance, si la Générale vaut 13 milliards en bourse aujourd'hui contre 30 il y a plus d'un an, l'Etat doit la racheter sur la base des derniers cours sans tenir compte des cours historiques, c'est à dire 14 milliards voir 15 à tout casser mais surement pas 20 ou plus. Le rôle de l'Etat n'est pas de soulager les pertes des actionnaires. La nationalisation ne doit ni être obligatoire sinon on entre dans un processus d'expropriation toujours risqué juridiquement (c'est pas Nanard ou Lagarde qui me contrediront) ni spoliative (on est pas des sauvages !). Seconde condition à une nationalisation partielle réussie, les banques ne doivent pas planquer des cadavres dans les armoires sinon la facture peut devenir vertigineuse. Vu que les postes les plus importants des banques sont trustés par d'anciens haut fonctionnaires c'est pas trop difficile de le savoir, à moins de jouer l'aveugle.

Ne pas nationaliser les pertes et privatisés les gains


Pourtant je pense que les nationalisations doivent être la dernière mesure à prendre et l'exemple irlandais devrait nous mettre en garde, à vouloir sauver toutes ses banques, le tigre celtique a frôlé la faillite. Heureusement pour nos amis rouquins (je plaisante) l'EU est venu à leur rescousse même si Dublin trouve encore les moyens de pinaller sur les conditions de l'aide (voir mon papier "L'Union européenne doit-elle renégocier le plan de sauvetage de l'Irlande ?). Cependant la France n'est pas l'Irlande, c'est un trop gros morceau pour être secouru même pas l'Allemagne.
C'est un peu facile de nationaliser les pertes et de privatiser les gains comme le rappellent à juste titre beaucoup de dirigeants de gauche (pour certains en oubliant au passage que c'est le gouvernement Jospin qui a conduit le plus de privatisation). C'est non seulement immoral mais contre-productif car cela incite les banquiers à l'imprudence, ce qui devrait être le contraire des valeurs de leur profession.

Aide toi et le ciel t'aidera

Les banques peuvent sa sauver elles-mêmes en prenant des mesures pour améliorer leurs bilans et éviter d'en arriver à une nationalisation même si leurs marges de manœuvre sont limitées.

1- Céder des actifs ? Les trois grandes (BNP-Paribas, Générale et Crédit agricole) ont déjà annoncé des programmes de cession d'actifs. Malheureusement le contexte économique étant ce qu'il est, il sera difficile de ne pas brader et donc de se priver de revenu future ce qui au final revient à affaiblir encore plus la banque vendeuse.

2- Augmenter le capital ? Trop tard, il fallait le faire avant que les cours de bourse ne plongent à moins d'accepter de diluer complétement le poids des actionnaires historiques parmi lesquels on trouve de nombreux salariés et les dirigeants. En plus avec des capitalisations représentant à peine des actifs des banques en moyenne c'est aussi futé que la vente de l'Alaska aux Etats-Unis par la Russie.

3- Ne plus distribuer les résultats et provisionner plus ? Encore trop tard, les dividendes viennent d'être versés en juin ou juillet, il faudra attendre le prochain exercice si les marchés ont de la patience bien sûre.

4- Virer les traders trop bien payés ? Sauf que généralement ceux qui sont très bien payés sont aussi ceux qui rapportent le plus. Un bon exemple, Kerviel, qui n'était pas un trader vedette surpayé, c'est même peut-être cette raisoncal qui l'a poussé à prendre des risques insensés.

Un cocktail de plusieurs solutions à doser avec la dextérité d'un Jerry Thomas

Les banques doivent se séparer des activités non rentables au meilleur prix et se renforcer dans les métiers profitables et d'avenir, virer les plus mauvais traders et garder les bons, provisionner plus largement et accepter de mettre une croix sur la distribution de dividendes pour 1 ou 2 ans. C'est facile à dire ?...oui mais c'est pour cela qu'un PDG d'une banque est mieux payé qu'un cantonnier.
L'Etat ne gérera pas mieux ni moins bien les banques puisque le plus souvent les grands patrons de banques sont d'anciens grands commis de l'Etat. La seule différence c'est qu'en nationalisant une banque celle-ci devient un boulet pour la nation toute entière même si elle l'est ,de facto, à cause de la garantie sur les dépôts bancaires.

Globalement les Français paieront, soit en tant que clients, soit en tant que contribuables. Mais plutôt que de vouloir jouer le rôle de pompier de service et de préteur en dernier ressort l'Etat devrait se cantonner à faire ce qu'il fait de mieux ; Légiférer pour séparer les activités de banque de dépôt -qui serait garantie- et de banque d'affaire où nos joyeux spéculateurs pourraient se plumer entre eux en toute liberté.

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 13:16

La conversion des socialistes français à la nécessité de réduire le déficit public, manifeste lors du premier débat télévisé qui a opposé le 15 septembre les six candidats à la primaire, a quelque chose de paradoxal. Elle survient en effet à un moment où des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent chez les économistes, et au-delà, pour mettre en garde les pouvoirs publics contre un excès de rigueur et/ou une rigueur généralisée.

L'Allemagne, on le sait, a inscrit dans sa Constitution le passage à un déficit structurel quasi nul (0,35% de son produit intérieur brut) à partir de 2016 et elle a d'ores et déjà obtenu que  certains de ses 16 partenaires de la zone euro suivent son exemple.

Or, dans une note diffusée le 7 septembre 2011, Henri Sterdyniak et Catherine Mathieu, chercheurs à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), observent que la règle d'or allemande  n'en est pas une. Et surtout, ils indiquent que la "vraie" règle d'or des finances publiques, énoncée par Paul Leroy-Beaulieu à la fin du XIXème siècle, reconnaît à l'Etat le droit d'avoir un déficit tant qu'il finance l'investissement public.

Il ne va donc pas de soi ni du point de vue de l'économie classique, ni, bien entendu, du point de vue de la théorie keynésienne, qu'il faille se fixer pour objectif d'avoir un solde nul des finances publiques. Le "bon" niveau de déficit structurel dépend de la situation économique.

"Un déficit de 2,3% du PIB correspondait à la vraie règle d’or en 2006 pour la France ; un déficit de 7,5% du PIB  était nécessaire en 2009, compte tenu de la situation économique", précisent les deux auteurs. Et d'ajouter en bons keynésiens : "dans une situation de faible croissance, de fort chômage, où les taux d’intérêt sont déjà très faibles (le 1er septembre, la France s’endettait à 10 ans à 2,9%), la priorité n’est pas de réduire le déficit public mais de soutenir la demande privée".

Ces interrogations ne sont pas limitées aux seuls keynésiens. Ainsi Christian de Boissieu, professeur associé à Paris-I, confesse-t-il ne pas savoir "d'où les Allemands sortent leur chiffre de 0,35% ni à quoi il correspond". "La règle d'or allemande pose des problèmes, en particulier parce qu'elle ne reconnaît pas à l'Etat le droit d'emprunter pour investir  et parce qu'elle implique, à terme, un taux d'endettement public tendant vers zéro, ce qui est absurde",  analyse Patrick Artus, directeur de la recherche économique de Natixis. Et de pointer d'autres règles moins "simplistes", comme l'interdiction de financer par la dette les dépenses publiques courantes.

Autrement dit, il n'y a aucune raison de faire "le concours de celui qui réduira sa dette le plus vite", selon l'expression d'Arnaud Montebourg, et Martine Aubry trouvera dans la littérature économique de solides arguments à opposer à François Hollande sur la nécessité ou pas de se fixer un objectif de zéro déficit des finances publiques en 2017.

Le cas de la Grèce retombée en récession deux ans après un premier plan d'austérité montre que le rétablissement de la soutenabilité des finances publiques exige du temps et un certain doigté. "Lorsque l'on va trop vite et trop loin, on casse la croissance et on aggrave le ralentissement économique ou on accentue la récession", observe Christian de Boissieu.

Si, comme le confirme Philippe Aghion, professeur d'économie à Harvard et à l'école Polytechnique, "il n'existe pas à proprement parler de définition de la rigueur", les pays sinon les plus rigoureux, du moins " les plus vertueux" sont, à ses yeux, "ceux qui ont des faibles niveaux moyens de dette publique ou de déficits publics sur PIB et qui de surcroît mènent des politiques contracycliques (augmentation des déficits en récession, réduction des déficits en période d'expansion), ce qui leur permet de minimiser les conséquences du cycle économique sur l'emploi et les investissements de croissance".

Christian de Boissieu  met pour sa part en avant au moins trois indicateurs utiles pour donner un contenu à la rigueur, ce terme emprunté aux politiques (de Raymond Barre à François Fillon en passant, bien sûr, par le socialiste Pierre Mauroy et son fameux tournant de 1983 ) : la baisse des salaires nominaux et des salaires réels (donc du pouvoir d'achat) , la caractère restrictif des politiques budgétaire et monétaire et leurs coûts d'ajustement économiques et sociaux, qui peuvent être extrêmement élevés (les Irlandais, les Grecs et les Portugais en savent quelque chose).

Si la rigueur peut se retourner contre la croissance et, dans les cas extrêmes, contre le redressement des comptes publics, sa généralisation, au même moment, à l'ensemble des pays de la zone euro, déjà affectés par le ralentissement économique mondial, ne peut qu'engendrer une spirale dépressive, alerte un nombre croissant d'économistes.

Dans son édition du 15 septembre, l'International Herald Tribune rapporte qu'un des membres du comité de politique monétaire de la Banque  d'Angleterre est un économiste américain, Adam Posen. Et que ce spécialiste du Japon et de ce qu'on appelle souvent sa "décennie perdue" met en garde depuis des semaines cette instance et les pouvoirs publics en Europe et aux Etats-Unis contre les risques de répétition des erreurs des années 1930, à savoir amplifier le ralentissement économique par des politiques monétaires encore trop conventionnelles et par des coupes budgétaires.

Que la Banque d'Angleterre tolère semblable énergumène en son sein alors que le premier ministre britannique, le conservateur David Cameron, plaide pour un Etat minimal et fait des coupes claires dans les dépenses publiques, montre bien, s'il en était besoin, à quel point les réponses aux problèmes de l'heure sont peu évidentes

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 15:00

LEMONDE.FR | 16.09.11 | 15h27   •  Mis à jour le 16.09.11 | 17h41

 
 

 

Des dizaines de communes interdisent l'accès à la cantine aux enfants dont les deux parents ne travaillent pas, provoquant des situations compliquées pour les familles.

Des dizaines de communes interdisent l'accès à la cantine aux enfants dont les deux parents ne travaillent pas, provoquant des situations compliquées pour les familles.AFP/MYCHELE DANIAU

Le 13 septembre, Le Monde.fr vous proposait une carte des cantines qui réservent l'accès à la restauration scolaire aux enfants dont les deux parents travaillent, excluant de fait les enfants de chômeurs. Depuis, nous avons reçu de nombreuses contributions qui nous ont permis de mettre à jour la carte avec une quinzaine de villes supplémentaires et de prendre connaissance de témoignages de parents qui n'arrivent pas à inscrire leurs enfants. Sur la carte mise à jour, nous avons identifié 37 communes qui restreignent l'accès de leur cantine.

AUCUN MOMENT DE LIBRE POUR TROUVER UN EMPLOI

Karine a quitté son emploi en Loire-Atlantique pour s'installer avec son mari à Fontainebleau (Seine-et-Marne). Et elle s'est retrouvée confrontée à la mairie et au règlement de la cantine. Comme elle ne travaille pas, ses enfants n'ont droit qu'à un jour de cantine par semaine. "Trois enfants, dans deux écoles différentes." Il fallait pour elle "gérer les quatre allers-retours dans la journée", "organiser le déménagement", "trouver ses marques", ce qui ne lui laisse aucun moment de libre pour trouver un emploi.

Karine a eu l'occasion de trouver un emploi cet été, et depuis cette date, tous ses enfants sont accueillis à la cantine. 25 élèves sur 27 dans la classe de sa fille bénéficient de la restauration scolaire. "Donc la capacité d'accueillir ces enfants est-elle vraiment un problème", se demande-t-elle ?

Jeanne, qui habite dans l'Isère, n'a quant à elle pas hésité. "J'ai dû mentir et tricher afin d'obtenir que mes enfants soient gardés à midi et en fin d'après-midi. (...) J'ai dû tricher pour conserver ce droit d'avoir du temps pour moi et ma recherche d'emploi et je ne le regrette absolument pas. Aujourd'hui, si je retravaille, c'est parçe que j'ai pu me rendre par deux fois aux entretiens de mon employeur actuel en me rendant disponible dans la journée même."

"C'EST PARCE QUE TA MAMAN EST AU CHÔMAGE"

Le cas de Nicolas est aussi problématique. Sa femme effectue des missions d'intérim. Pour que les enfants soient acceptés à la cantine, elle doit, à chaque contrat "donner à l'école un justificatif d'embauche". Il explique qu'en plus, si elle doit se présenter à un rendez-vous, elle ne dispose que de quinze jours par an "et pas un de plus". Il conclut avec une interrogation : "Ce que nous ne comprenons pas, c'est que, quand notre enfant va à la cantine quand nous pouvons le justifier, l'école s'arrange à l'accueillir. Alors pourquoi ne pas pouvoir l'accueillir à temps plein ?"

Il termine son témoignage par ces mots : "Il est difficile de répondre à notre enfant : 'Papa, pourquoi je ne vais pas tous les jours à la cantine ?' C'est sûr que nous ne pouvons pas lui dire : 'Mon enfant, c'est parce que ta maman est au chômage'."

LE CRITÈRE DE SÉLECTION LIÉ À L'ACTIVITÉ DES PARENTS EST DISCRIMINATOIRE

Patrick Mondon, conseiller municipal de Levet (Cher), a lui décidé de saisir le tribunal administratif d'Orléans. Dans sa commune, la majorité au conseil a décidé de voter un réglement en connaissance de cause, privilégiant l'accès à la cantine aux enfants dont les deux parents travaillent. Le tribunal administratif d'Orléans a rendu un jugement qui précise que la délibération du conseil municipal est suspendue. "Le tribunal a retenu comme motif que le critère de sélection lié à l'activité des parents est discriminatoire et sans rapport à l'objet du service de restauration scolaire, justifiant ainsi la suspension du règlement de la cantine scolaire."

IL N'EXISTE PAS DE SOLUTION IDÉALE

Nous avons aussi reçu le témoignage de Pierre, qui a été directeur général des services dans plusieurs communes de la région Rhône-Alpes. Il essaie d'expliquer pourquoi les mairies en viennent à sélectionner ceux qui peuvent ou pas manger à la cantine. Pierre commence par préciser qu'une commune n'a pas l'obligation de proposer une service de restauration scolaire, et que souvent les cantines ont été prévues au siècle dernier, alors qu'il y avait moins d'enfants.

Selon lui, "l'augmentation des effectifs dans les cantines, c'est donc une augmentation des locaux, du personnel de restauration et de surveillance, et au final une augmentation des impôts". Il explique ensuite qu'il existe plusieurs solutions si l'agrandissement des locaux n'est pas possible :

  • Augmenter le nombre de services en respectant pour chaque enfant une "pause méridienne" d'une heure trente.
  • Organiser un self-service, ce qui n'est pas possible en maternelle, mais permet d'augmenter de 10 % les effectifs.
  • Limiter l'accès et donc rompre l'égalité devant le service public. Dans ce cas, plusieurs critères peuvent être pris en considération :
    - les familles dont les deux parents travaillent, en considérant qu'ils n'ont pas le temps de s'occuper de leurs enfants.
    - les familles dont les parents sont en recherche d'emploi ou ayant de faibles revenus, en considérant qu'ils ont moins les moyens de s'occuper de leurs enfants.
    - enfin, ne pas choisir de critères, mais limiter l'accès à deux ou trois jours par semaine.

"Nous aurons compris qu'il n'existe pas de solution idéale", conclut-il.

Alexandre Léchenet

 

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 14:52

Le nouvel observateur-

LE PLUS. Les dettes publiques des pays fragiles ne diminueront pas au cours des dix prochaines années, et l'Allemagne ne pourra pas les payer, comme certains le souhaitent. 

Gaël Giraud

> Par Gaël Giraud chercheur en économie

Edité par Aude Baron   Auteur parrainé par Guillaume Malaurie

Le symbole euro à Francfort en Allemagne, en 2005 (Wikimedia Commons - Lars Aronsson - cc)

Le symbole euro à Francfort en Allemagne, en 2005 (Wikimedia Commons - Lars Aronsson - cc) 

 

Certains espèrent que l'Allemagne pourra in fine financer l'excédent de dette publique des pays fragiles de la zone euro. Cet espoir est insensé. L'Allemagne ne peut pas payer ces dettes. La raison en est simple : elles continueront d'augmenter dans les années à venir, et plus rapidement que ne le permet la croissance allemande (pourtant vigoureuse). Soyons précis : pour pouvoir ne fût-ce que stabiliser sa dette publique aux conditions actuelles du marché ou des prêts du FMI et du Fonds Européen de Stabilité Financière, la Belgique, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, la France et la Grèce auraient besoin de réaliser des excédents budgétaires totalement hors de portée. Athènes, par exemple, devrait passer en un an de 9% de PIB de déficit à 11% d'excédent budgétaire ! Les plans d'austérité ne serviront à rien : non seulement ils ne permettront pas de réaliser la saignée budgétaire nécessaire, mais encore ils précipitent nos pays dans la récession et, en diminuant davantage encore les trop maigres recettes fiscales, ne font qu'aggraver le mal.

 

Consentons donc à l'évidence : les dettes publiques des pays fragiles (France incluse) ne diminueront pas au cours des dix prochaines années. Si l'on veut ramener ces dettes au niveau de 75% du PIB des pays concernés, cela représente la bagatelle de 1.322,134 milliards d'euros, soit 53% du PIB allemand en 2010. En admettant - hypothèse héroïque ! - que l'Allemagne connaisse pendant dix ans une croissance annuelle de 3% et une inflation de 2%, cela lui coûterait entre 3 et 4 points de PIB chaque année. Soit, davantage que ses gains de croissance. Pendant dix ans ! Serait-ce suffisant pour “calmer les marchés” ? Même pas : l'Espagne est aujourd'hui à 75%, et n'est pas épargnée par les attaques spéculatives. Et nous serions encore très loin des 60% exigés par Maastricht.

 

Il n'y a donc pas d'autre issue au mur des dettes publiques européennes que celle de la restructuration ou de la monétisation des dettes par la planche à billets. Quant aux banques qui seront en faillite en cas de restructuration, il faudra se résoudre à les nationaliser, en sécurisant les avoirs des petits épargnants.

 

 

Cet article a été publié dans "Le + des lecteurs" dans le Nouvel Observateur du 15 septembre 2011.

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