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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 11:07

LEMONDE.FR avec AFP | 12.10.11 | 12h32

 
 

 

La plupart des associations distribuent l'aide sous forme de colis que les personnes viennent chercher. Sinon, il s'agit d'"épiceries sociales", de repas assis ou de repas distribués dans la rue.

La plupart des associations distribuent l'aide sous forme de colis que les personnes viennent chercher. Sinon, il s'agit d'"épiceries sociales", de repas assis ou de repas distribués dans la rue.AFP/JACQUES MUNCH

Le Secours populaire français a redit, mercredi 12 octobre, sa crainte d'"un désastre alimentaire sans précédent" en Europe, en raison de la disparition programmée en 2013 du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD).

Peu avant la "Journée mondiale du refus de la misère" le 17 octobre, Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, appelle à "ne pas rajouter de la misère à la misère" et arrêter ce "tsunami alimentaire programmé". "Mais ce 17 octobre 2011 s'annonce avec de très mauvaises décisions", car "si les autorités européennes ne reviennent pas sur leur décision, un désastre alimentaire sans précédent menace des millions de familles qui ne mangent que grâce" au PEAD, s'inquiète M. Lauprêtre.

"13 MILLIONS DE PERSONNES"

"En Europe, un peu plus de 13 millions de personnes accèdent à ce programme d'une valeur de 480 millions d'euros. En France, le programme est de 72 millions d'euros et aide près de 4 millions de personnes à se nourrir", rappelle le communiqué.

"La décision de la Cour européenne de justice, appuyée par l'Allemagne et 5 autres Etats, pénalise 19 Etats, dont le nôtre, avec son objectif visant à diminuer de 75 % le Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) en 2012, et sa suppression totale, en 2013", déplore M. Lauprêtre.

"Derrière la froideur de ces chiffres, se cache la détresse d'enfants, de familles, de personnes âgées, de chômeurs, de travailleurs pauvres, de jeunes, etc. (...) Au moment où la valse des milliards est orchestrée, l'argent versé par le PEAD représente seulement 1 euro par habitant d'Europe", souligne le Secours populaire.

En avril, un arrêt de la Cour de justice européenne a donné raison aux six pays (Allemagne, Danemark, Royaume-Uni, Pays-Bas, République tchèque, et la Suède) qui arguaient que la politique sociale ne relève pas de la Commission euroépenne et des fonds de la politique agricole commune (PAC), remettant en cause l'achat massif de produits de base destinés à la distribution des repas par les associations caritatives.

Depuis, Bruxelles propose d'ajouter un nouveau fondement légal au PEAD, à savoir l'objectif de "renforcer la cohésion sociale de l'Europe", afin de surmonter les objections de la Cour européenne de justice qui avait estimé en avril qu'il s'était éloigné de son objectif initial de fournir un débouché aux stocks d'excédents agricoles.

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 14:55
Libération - Aujourd'hui à 11h18

L'augmentation est destinée à soutenir le secteur agricole. "Cela devient vraiment insupportable", estime le représentant des industries alimentaires.


Des canettes de soda (© AFP Joel Saget)

Le président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-René Buisson, a déploré lundi sur Radio classique un "cumul" des taxes sur le secteur alors qu'un doublement de la future taxe sur les sodas devrait être annoncé cette semaine.

"Nous avions dit dès le départ que c'était normal que l'on participe, à condition que tout le monde y participe, à la lutte contre les déficits", a déclaré M. Buisson. "Simplement, on ne veut pas être la variable d'ajustement de tous les déficits qui passent et sur lesquels nous n'avons pas grand chose à voir", a-t-il poursuivi, citant le coût du travail des agriculteurs qui "n'est vraiment pas notre problématique".

«Insupportable pour l'industrie alimentaire»

Le gouvernement a annoncé fin août une taxe sur les sodas pour lutter contre les déficits publics. Le président Nicolas Sarkozy devrait parler de cette taxe cette semaine lors d'un déplacement dans la Creuse. Une augmentation, qui pourrait aller jusqu'à un doublement, devrait être annoncée pour aider le secteur agricole. En cas de doublement, elle rapporterait 240 millions d'euros par an.

"La taxe Fillon, effectivement on aurait pu considérer que c'est notre participation à l'effort collectif. Deux taxes, c'est beaucoup", a estimé M. Buisson, déplorant le "cumul". "Cela devient vraiment insupportable pour l'industrie alimentaire", a-t-il ajouté, soulignant qu'outre les 240 millions de la taxe soda, le secteur verse déjà 380 millions sur les spiritueux. Un doublement de la taxe soda représenterait, selon lui, une hausse estimée "entre 2 et 3 centimes" par canette.

"Pour le consommateur, ça représente beaucoup d'argent quand vous savez que l'augmentation du sucre est aussi de l'ordre de 40%, (...) que le gaz, le pétrole, l'ensemble des matières premières augmentent, ça fini par avoir une répercussion" sur le budget des consommateurs, a-t-il souligné.

«Pas de problème sur le bisphénol»

Par ailleurs, en ce qui concerne l'interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires à compter de 2014, M. Buisson a relevé qu'il n'existait pas actuellement de solution "sûre" de substitution.

"C'est notre grande problématique", a-t-il reconnu, rappelant que "jusqu'à l'an dernier, (...) les grandes organisations internationales et européennes nous disaient qu'il n'y avait absolument aucun problème sur le bisphénol".

"Nous pensons toujours qu'il n'y a pas de problème sur le bisphénol aux doses où il est utilisé. Mais à partir du moment où, sociologiquement, l'opinion publique n'en veut plus, même si le produit est bon, il faut le changer", a-t-il poursuivi. "Il nous faut simplement le temps de trouver un nouveau produit et nous considérons qu'à moins de trois ans ce sera très difficile", a-t-il considéré.

Les biberons contenant du bisphénol A sont interdits en France depuis 2010.

(Source AFP)

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 14:40
Libération - Aujourd'hui à 11h37

L'Organisation mondiale de la Santé est exaspérée par la guérilla judiciaire des vendeurs de cigarette contre les lois anti-tabac.

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Une femme fume une cigarette (© AFP Nicolas Asfouri)

La directrice de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Margaret Chan, a dénoncé lundi à Manille les "coups fourrés" de l'industrie du tabac qui dépense des fortunes en procédures pour combattre les législations anti-tabac.

"C'est horrible de penser qu'une industrie connue pour ses coups fourrés et ses sales affaires soit autorisée à passer par-dessus ce qui participe clairement de l'intérêt général", a déclaré Margaret Chan lors d'une réunion de l'OMS dans la capitale philippine.

Mme Chan faisait notamment allusion au projet du gouvernement australien de renforcer son arsenal antitabac, l'une des plus strictes au monde, en imposant à partir du 1er janvier 2012 la même couleur aux paquets de cigarettes, qui seront couverts d'avertissements.

 

«Une tactique d'épouvante»

Le fabricant de tabac Philip Morris, qui a déjà traîné l'Uruguay devant la cour d'arbitrage de la Banque mondiale, a annoncé qu'il allait engager une action judiciaire pour contester le projet de Canberra.Une "tactique d'épouvante", selon Mme Chan, destinée à dissuader d'autres pays de suivre l'exemple australien.

"Il est lourd, pour tout pays, de supporter le coût financier de ce genre de procédures, mais plus lourd encore pour les petits pays. Les grandes firmes de tabac, elles, ont les moyens financiers de s'attacher les services des meilleurs avocats et agences de relations publiques", a-t-elle dit.

"L'argent pèse plus lourd que tout argument relevant de la morale, de l'éthique ou de la santé publique, et peut même fouler aux pieds la preuve scientifique la plus éclatante", a-t-elle encore estimé.

La ministre australienne de la Santé, Jane Halton, a réaffirmé la détermination du gouvernement auquel elle appartient malgré les "tactiques subversives" des cigarettiers. "Nous sommes prêts pour repousser les assauts des grands fabriquants de tabac mais nous savons que ce sera un combat difficile", a déclaré Mme Halton.

(Source AFP)

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 14:31
Aujourd'hui à 15h48

Les enseignants dénoncent des coupes dans le soutien aux élèves en difficulté

Près de 3000 postes devraient être supprimés parmi les "Rased", spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire.

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Rentrée scolaire le 5 septembre 2011 à l'école Harouys à Nantes (© AFP Frank Perry)

Le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, a dénoncé lundi les coupes budgétaires qui conduisent "l'école dans une impasse", avec la suppression de 3.000 postes de "Rased", enseignants spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire, dans un communiqué.

Le projet de loi de finance 2012 prévoit la suppression de 14.000 postes dans l'éducation nationale dont 5.700 dans les écoles primaires publiques. Dans ce projet de budget, "les coups de ciseaux devraient être avant tout destinés aux postes d'enseignants "Rased" déjà bien affaiblis par plusieurs années de coupes claires", déplore le syndicat.

Appel à la mobilisation

Outre les "Rased", le ministère a "prioritairement" deux autres types de postes "dans le viseur": 700 postes d'intervenants langues et 2.000 enseignants remplaçants. "Des coups de rabots menacent aussi les conseillers pédagogiques", ajoute le syndicat. "De plus, dans les écoles qui attendent des élèves supplémentaires, les ouvertures de classes seront impossibles et la scolarisation des moins de trois ans va poursuivre sa chute", poursuit-il.

"Ainsi mise en oeuvre, cette politique laisserait des élèves en difficulté sans aide spécialisée, des classes sans remplaçants, des effectifs encore plus chargés. A moins qu'il ne soit prévu de recourir à des contractuels précaires pour enseigner dans les écoles, comme le rectorat de Paris vient de l'annoncer", s'inquiète le SNUipp-FSU.

"Ces choix budgétaires conduisent l'école dans une impasse. Le SNUipp-FSU va poursuivre sa campagne d'interpellation des parlementaires contre le vote des suppressions de postes" et appelle les enseignants à se mobiliser lors de la journée interprofessionnelle de mardi, destinée à dénoncer le plan d'austérité du gouvernement, conclut-il.

(Source AFP)

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 14:20

Publié le 10-10-11 à 12:48    Modifié à 13:04     par Le Nouvel Observateur     

Comment Paris et Bruxelles ont été obligés de se répartir la dépouille du premier cadavre bancaire de la crise de l’euro.

Si casse il y a, ce sera bien aux contribuables belges et français de payer ! Sur le papier, ils ont déjà perdu 5 milliards d’euros. (Virginia Mayo -Sipa) Si casse il y a, ce sera bien aux contribuables belges et français de payer ! Sur le papier, ils ont déjà perdu 5 milliards d’euros. (Virginia Mayo -Sipa)

A quoi peut bien songer Pierre Richard, ce 16 septembre au Théâtre de la Ville, en regardant la première du spectacle avant-gardiste ramené du Groënland par le metteur en scène suisse Christoph Marthaler ? Président du Festival d’Automne à Paris, l’ancien banquier à la barbe rousse passe désormais plus de temps dans les salles de spectacle que dans les conseils d’administration. Confortablement retraité – il touche 600?000 euros par an –, il vit pleinement sa passion. Pourtant, pendant qu’il papote dans son fauteuil avec Pierre Bergé, "sa" banque, Dexia, est en train de mourir… Pour la deuxième fois. Incapable de financer ses activités, elle vient d’être placée sous tutelle de la France et de la Belgique et va être progressivement démantelée. "Enfin !" souffle un banquier qui n’a jamais cru à cette aventure.

Six milliards d'euros injectés en 2008

Il y a exactement trois ans, peu après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, Dexia s’est déjà trouvée asphyxiée sur les marchés financiers. Plus personne ne voulait prêter d’argent à cet établissement franco-belge un peu bizarre, parti à l’assaut des Etats-Unis et devenu un gros acteur du marché des subprimes, ces crédits hypothécaires qui ont surendetté les ménages pauvres et provoqué la crise mondiale. Les Etats belge et français avaient alors déjà volé à son secours. Pas question de laisser tomber une banque qui gère en Belgique la trésorerie des collectivités locales et les dépôts de 4 millions de clients ! Côté français, elle est moins connue du grand public, mais c’est elle qui finance la plupart des villes, départements et régions. Pour sortir de cette première ornière, Belges et Français ont injecté 6 milliards d’euros au capital de la banque.

Mission de surveillance

Ce fameux week-end de septembre 2008, où le sauvetage de Dexia a commencé, restera dans les annales de la crise. Les réunions d’urgence s’enchaînent... Mais, au lieu de se battre pour Dexia à Paris, Pierre Richard est à Aix-en-Provence, chez sa fille. "C’était prévu de longue date", nous avait-il alors confié, un peu embarrassé. "J’ai vu mon petit-fils, précisait-il, mais j’ai passé mon temps au téléphone." Certes, c’est son directeur général, Axel Miller, qui était à la manœuvre. Depuis 2006, Richard n’était plus "que" président du conseil d’administration et n’avait donc pas de fonction "opérationnelle". Mais il touchait tout de même, pour cette mission de surveillance, une rémunération annuelle de 400?000 euros, en plus de sa retraite !

Grande banque des collectivités locales

"Il aurait dû partir en 2006", soupire un de ses amis. Pour Pierre Richard, impossible?: il n’était pas concevable de quitter "sa créature". De fait, Dexia est bien l’œuvre de ce polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées, passionné d’urbanisme et, autrefois, concepteur de la ville nouvelle Cergy-Pontoise. Sous la présidence de Giscard, Richard navigue dans les cabinets ministériels, avant de devenir directeur des collectivités locales au ministère de l’Intérieur. En 1983, il rejoint la Caisse des Dépôts. C’est là que germe son idée de grande banque des collectivités locales.

Vague de libéralisme financier

Surfant sur la vague de libéralisme financier encouragée par la gauche, il transforme la vieille Caisse d’Aide à l’Equipement des Collectivités locales (CAECL) en tout nouveau Crédit local de France (CLF). En 1991, le CLF fait son entrée en Bourse. En 1993, il est le premier sur la liste des privatisations Balladur, séduisant 60?000 actionnaires. Le haut fonctionnaire survolté ne parle plus que de croissance, de capitalisation boursière et de création de valeur pour l’actionnaire. En 1996, il fusionne le CLF avec le Crédit communal de Belgique. Le groupe devient alors Dexia. Il lorgne aussi le CIC en cours de privatisation. L’affaire lui échappe. Il se console en faisant une myriade de petites acquisitions aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne…

L'Europe trop étroite

Le monde n’a plus de limite. Ceux qui s’interrogent sur cette frénésie trouvent en face d’eux "un volontarisme hypertrophié", témoigne un banquier. Aux journalistes, le bâtisseur reproche de ne pas assez saluer ses prouesses. Il use tout le monde, à commencer par ses administrateurs ou les élus locaux, qui se consolent, à son invitation, au Festival d’Avignon ou à l’Opéra. Bientôt, Pierre Richard trouve l’Europe trop étroite, et son métier ennuyeux. Il rachète, à la barbe de la Caisse des Dépôts, la société financière américaine FSA. Il ne sait pas encore qu’il signe sa perte.

Folie des grandeurs

FSA fait un métier nouveau et en apparence astucieux : ce "rehausseur de crédit" apporte sa garantie aux collectivités locales qui empruntent sur les marchés financiers. Elles obtiennent ainsi des taux moins cher. Pour se diversifier, FSA commence aussi à assurer des produits subprimes. Rien de plus toxique… mais Pierre Richard n’y voit que du feu. En 2005, toujours emporté par sa folie des grandeurs, le patron de Dexia négocie une alliance avec l’italien SanPaolo IMI, dans le dos de ses actionnaires belges, qui perdraient le contrôle du groupe. Ceux-ci le poussent sur la touche mais le laissent choisir son successeur?: un avocat wallon, Axel Miller.

Stratégie casse-cou

Ce quadra décomplexé, pour ne pas dire arrogant – il affirme que "la banque est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux banquiers" –, poursuivra, pied au plancher, la même stratégie casse-cou. "Dexia a commis trois péchés mortels", résume un financier. Le premier, c’est son aventure américaine, qui se soldera par 5 milliards d’euros de pertes "au bas mot", selon une source interne. Le deuxième aura été d’inciter les collectivités locales à s’endetter avec des produits compliqués, qui leur permettaient d’emprunter moins cher mais leur faisaient prendre de lourds risques sur les fluctuations monétaires. Ces montages qui virent au cauchemar pour les clients (voir ci-contre) généraient pour Dexia des marges bien plus copieuses que celles des crédits classiques.

De la spéculation pure

Le troisième péché ressemble à de la spéculation pure : Dexia, qui pouvait emprunter de l’argent pas cher à court terme, s’est endetté pour acheter des obligations à long terme, qui lui rapportaient plus. Certaines étaient des produits complexes, d’autres des obligations grecques, espagnoles, portugaises, italiennes, voire islandaises… En langage de banquier, cela s’appelle faire de la transformation. "Mais à cette échelle, soupire un financier, ce n’était pas la roulette russe… c’était la roulette belge : avec cinq balles dans le barillet?!" La direction des risques de la banque avait bien tiré la sonnette d’alarme, "mais les notes ne sont jamais remontées au conseil", regrette un administrateur.

"Nous devions emprunter tous les jours 110 milliards"

A l’automne 2008, exit donc Axel Miller et Pierre Richard. Ils seront remplacés par Pierre Mariani, un banquier chevronné de BNP Paribas, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au Budget, et par l’ancien Premier ministre belge Jean-Luc Dehaene. "Quand je suis arrivé, se souvient Mariani, encore incrédule, nous devions emprunter tous les jours 110 milliards d’euros, pour financer le portefeuille obligataire de Dexia." Compliqué, dans un moment où les banques répugnent à se financer entre elles. Ce portefeuille pesait 260 milliards d’euros, l’équivalent, à l’époque, de la dette de la Grèce. Les nouveaux dirigeants en ont vendu 90 milliards. "Mais nous avons gardé les dettes des Etats, comme Christine Lagarde l’a demandé aux banques après le premier plan de sauvetage de la Grèce", insiste Mariani.

Limiter la casse

Bien qu’il ait réussi à se séparer de la funeste filiale américaine de Dexia et des subprimes et à dégonfler un bilan obèse, Mariani a perdu son impossible course contre la montre… et toutes ses illusions sur la finance. Dexia va être démantelée. Aujourd’hui, tout ce qui est rentable est à vendre. Le reste – deux petites banques, italienne et espagnole, et un portefeuille d’une centaine de milliards d’euros d’obligations – sera liquidé au fil de l’eau, en essayant de limiter la casse. Car si casse il y a, ce sera bien aux contribuables belges et français de payer ! Sur le papier, ils ont déjà perdu 5 milliards d’euros. Lors du sauvetage de 2008, les Etats sont entrés au capital du groupe franco-belge au cours de 9,90 euros. A l’heure du démantèlement, l’action vaut moins de 1 euro…

Sophie Fay - Le Nouvel Observateur

(Cet article est publié dans le Nouvel Observateur de mercredi 12 octobre 2011)

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 20:56

libération - Le 08/10/11 à 10h07

Dette : la note de l'Espagne et de l'Italie abaissée, la Belgique menacée

L'agence d'évaluation financière Fitch Ratings a abaissé vendredi les notes de l'Espagne et de l'Italie, sa concurrente Moody's envisage faire de même avec celle de la Belgique.

L'agence d'évaluation financière Fitch Ratings a abaissé vendredi les notes de l'Espagne et de l'Italie, tandis que sa concurrente Moody's a indiqué qu'elle envisageait d'abaisser celle de la Belgique.

Fitch a abaissé de deux crans la note de l'Espagne, qui s'établit désormais à "AA-", contre "AA+" auparavant, soit la quatrième la plus élevée sur une échelle de vingt.

Plus inquiétant, cette note est assortie d'une perspective "négative", qui implique que l'agence pourrait l'abaisser de nouveau à moyen terme.

Moody's devrait de son côté se prononcer d'ici à fin octobre sur un éventuel abaissement de la note espagnole, actuellement à "Aa2" (la troisième meilleure possible).

"Avec des besoins de financement importants" de l'Etat espagnol, pour couvrir ses dépenses budgétaires et sa dette nette externe qui est "l'une des plus élevées du monde" (91% du PIB), rappelle Fitch, "la volatilité plus forte a un effet négatif sur les conditions de financement sur le marché de l'Espagne".

Mais il y a aussi des facteurs internes au pays: "les risques pour la consolidation budgétaire du fait des performances de certaines régions" et "la révision à la baisse des perspectives de croissance de l'Espagne à moyen terme".

Fitch a également abaissé d'un cran la note de l'Italie, à "A+", contre "AA-" et n'exclut pas de la revoir encore à la baisse si le pays devait manquer ses objectifs de réduction du déficit budgétaire.

Fitch était la dernière des trois grandes agences de notation internationale à ne pas avoir abaissé la note de l'Italie depuis le début de la crise de la dette en zone euro.

Elle explique que "le haut niveau de la dette publique et les besoins de financement budgétaire, cumulé avec le faible niveau de la croissance potentielle (du pays), ont rendu l'Italie particulièrement vulnérable à un choc externe", tel que celui généré par la crise budgétaire dans d'autres pays de la zone euro.

La Belgique a également été la cible d'une agence de notation vendredi: Moody's a indiqué qu'elle envisageait d'abaisser sa note, actuellement à "Aa1", soit la deuxième meilleure possible.

L'agence a invoqué trois raisons: la crise en zone euro, les inquiétudes pour la croissance économique et l'éventualité d'un soutien supplémentaire au système bancaire, en particulier à l'établissement franco-belge Dexia.

"Moody's compte évaluer les coûts potentiels et engagements supplémentaires qui pourraient incomber à l'Etat pour soutenir le groupe Dexia", a signalé l'agence.

Fitch a fait le point sur le Portugal, confirmant la note "BBB-" (la dernière avant de tomber dans la catégorie "spéculative"), et son maintien sous surveillance négative, au moins jusqu'à la fin de l'année.

L'agence de notation a précisé qu'elle prendrait notamment en compte, pour décider ou non un nouvel abaissement, les performances du pays relatives au programme de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), son budget pour 2012, les avancées en matière de privatisations ainsi que les risques concernant son secteur bancaire et ses perspectives économiques et budgétaires à moyen terme.

La troisième grande agence mondiale de notation, Standard and Poor's, avait confirmé mardi la note "BBB-" du Portugal, tout en maintenant elle aussi une perspective négative.

Le Portugal, troisième pays de la zone euro après la Grèce et l'Irlande à bénéficier d'une assistance financière internationale, est confronté à de nouvelles difficultés économiques qui mettent à mal ses efforts pour assainir ses comptes publics.

(Source AFP)

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 20:53

07-10-11 à 19:06 par Marco Mosca 

Une étude menée par des parlementaires sur les conséquences fiscales des ventes illicites de tabac fait un état des lieux instructif sur le business du tabac en France.

 (c)SIPA (c)SIPA

2,7 milliards d'euros. C'est ce que coûtent les ventes de cigarettes hors réseau légal au fisc français, selon un projet de rapport d'information parlementaire que Challenges.fr a pu consulter. La vente illégale de tabac prend des proportions inquiétantes en France. Ses conséquences sont fiscales, économiques, mais surtout sanitaires. Dans ce projet, les députés Jean-Marie Binetruy (Doubs, UMP), Jean-Louis Dumont (Meuse ,PS) et Thierry Lazaro (Nord, UMP), apporte un éclairage sur le business du tabac en France, entre contraintes sanitaires et fiscales d'un côté, et le poids du lobby des buralistes de l'autre.

Le montant des pertes est "considérable dans le contexte budgétaire actuel", souligne d'entrée de jeu ce rapport sur "les conséquences fiscales des ventes illicites de tabac". A titre de comparaison, la fiscalité sur le tabac devrait rapporter 13,6 milliards de recettes à l'Etat cette année, les dépenses de soutien aux buralistes s'élèvent à près de 300 millions d'euros et le coût pour l'assurance maladie des dépenses de soins remboursées attribuables au tabac est estimé à 6,8 milliards d'euros…

La pression fiscale favorise-t-elle le développement du marché parallèle?

"Aujourd'hui, avec un taux de taxation de 80,64%, la France exerce une des plus fortes pressions fiscales sur les produits du tabac en Europe", précise-t-il, ce qui a permis aux ventes de cigarettes de décliner en vingt ans, de 97,1 milliards d'unités en 1991, à 54,8 milliards d'unités en 2010. "Cette baisse est principalement imputable aux fortes augmentations de prix de janvier et d'octobre 2003 et de janvier 2004" qui ont fait passer le prix du paquet de cigarettes à 5 euros. Mais depuis, les hausses des prix n'ont plus d'incidences réelles sur les ventes qui stagnent. Les consommateurs se sont notamment reportés sur les tabacs à rouler et les tabacs à pipe, qui ont eux, augmenté entre 2004 et 2010 (9% pour le tabac à rouler), parce que meilleur marché. Et selon les rapporteurs, cette pression fiscale favorise le développement du marché parallèle.

Le volume des achats de tabac réalisés en dehors du monopole de distribution de l'Etat ne cesse de croître ces dernières années pour atteindre désormais 20% des ventes total de produits du tabac. "15% proviennent d'achat hors réseau, légaux ou non selon les quantités transportées (duty free, franchises légales, achats transfrontaliers, achats auprès de revendeurs); 5% d'achats illégaux hors réseau (contrebande, contrefaçon, achats sur internet)".

11 recommandations pour s'en sortir

La mission d'information avance un certain nombre de recommandations pour lutter contre ce phénomène. Elle préconise notamment de "soutenir les efforts du gouvernement" pour une convergence des prix pratiqués en France et dans les pays voisins. Cela permettra notamment de réduire les achats transfrontaliers qui représentent 50% du marché "parallèle". La mission souhaite également que les prochaines hausses, dont celles annoncées le 24 août dernier par le Premier ministre, de 6% à compter d'octobre 2011 puis de 6% à nouveau en 2012, s'inscrivent dans le cadre du Plan Cancer 2009-2013.

Elle invite aussi à "engager une réflexion sur la fiscalité des tabacs à rouler, en vue de contrecarrer l'effet de substitution à chaque hausse des prix de cigarettes". La mission prend ici des pincettes pour ne pas froisser une industrie qui a vu son chiffre d'affaires passer de 13 milliards d'euros en 2000 à 16,65 milliards d'euros en 2010 en grande partie grâce aux ventes de tabac à rouler. Il n'est aucunement question ici d'aligner les prix de ces paquets vendus au poids sur ceux des cigarettes…

A ces mesures s'ajoutent également une campagne nationale sur les dangers de la contrefaçon, un affinage du marquage des paquets pour faciliter l'identification de leur origine, le refus du paquet générique proposé par Bruxelles qui standardise l'aspect des paquets et favorise la contrebande, la lutte contre la vente illicite sur Internet, le durcissement de l'arsenal répressif.

Autant de mesures pour remettre les consommateurs dans les rails d'une consommation légale. Est-ce pour autant suffisant pour réduire les dépenses de santé liées aux conséquences du tabac, qui représente près de 3% des 234 milliards d'euros de dépenses de santé? Le tabac est responsable de 60.000 décès environ par an en France.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 15:35
Régis Soubrouillard - Marianne | Jeudi 6 Octobre 2011 à 18:01 


Désignée comme un exemple de rigueur, le modèle allemand commence à susciter de sérieux doutes jusque dans la presse économique allemande de référence. Dans un dossier, complètement ignoré par la presse internationale, le quotidien économique Handelsblatt révèle Le grand mensonge économique allemand: la dette publique du pays annoncée à 2.000 milliards d'euros serait, en projection, beaucoup plus proche des 7.000 milliards d'euros.



Angela Merkel et Georges Papandréou
Angela Merkel et Georges Papandréou
« Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ! ». Le proverbe s’applique parfaitement aux relations paradoxales que l’Allemagne de Merkel entretient avec la Grèce de Papandréou. Pendant que la chancelière allemande donne des leçons de rigueur permanente au gouvernement grec, qu'elle se fait tirer les oreilles pour augmenter la contribution allemande au Fonds européen de solidarité financière, sur fond de vives tensions politiques internes, le quotidien économique allemand Handelsblatt, lâchait la semaine dernière une bombe.

La rigueur allemande, vantée par tous les éditorialistes de la place, citée imparablement en exemple par tous les politiques en manque d’inspiration, autant de moutons-postulants au poste suprême, ne serait que pur fantasme. Au point que même son quotidien économique de référence commence à en douter…
Dans un dossier intitulé « La vérité », le journal déconstruit ainsi la mythologie du modèle de vertu germanique, recensant  les subterfuges utilisés par les gouvernements qui se sont succédés depuis quatre décennies et notamment celui de Merkel pour cacher la dette abyssale du pays.

Officiellement, la dette allemande en 2011 est de 2 000 milliards d’euros. Mais ce n'est que pur mensonge affirme le Handelsblatt car la majeure partie des dépenses prévues pour les retraités, la sécurité sociale, l’évolution démographique défavorable du pays, les malades et les personnes dépendantes ne sont pas inclues dans le calcul. D'après de nouveaux calculs, l’addition est autrement plus salée : un mensonge à 5 000 milliards d’euros supplémentaires. Soit un total de  7 000 milliards d’euros de dette publique !
L'Allemagne serait donc endettée à hauteur de 270 % de son produit intérieur brut et non pas 83 % comme officiellement annoncé. Par comparaison, la dette grecque devrait être de 186% du PIB en 2012 ! Le hic, c'est que la comparaison devient branlante. Avec ces critères, la Grèce affiche, de son côté une dette publique qui dépasse les...700% de son PIB !

Le grand mensonge allemand

La dette publique allemande "officielle"
La dette publique allemande "officielle"
Néanmoins, depuis l’arrivée au pouvoir de Merkel en 2005, le montant de la dette a augmenté de 500 milliards : « Merkel a créé autant de nouvelles dettes que tous les chanceliers des quatre dernières décennies réunis », remarque l'auteur de l’article « Le grand mensonge allemand ».

Déjà avec une dette publique « officielle » de 2 079 milliards d'euros, soit 83,2% de son PIB, en valeur, l'économie la plus performante de la zone euro était montée sur le troisième place du podium des pays les plus endettés au monde. De quoi relativiser les sempiternelles comparaisons avec le meilleur élève de l’Europe dont les « zexperts » nous rebattent  les oreilles, multipliant les démonstrations infondées qui voudraient que ce dernier aurait su maîtriser sa dette publique alors que la France ne cessait de sombrer.

Contrairement aux indicateurs classiques, l'économiste Bernd Raffelhüschen utilise le concept de « dette implicite générationnelle » soit tous les déficits budgétaires en termes de santé, sécurité sociale, retraites etc. qu'une génération devra supporter. En l'occurrence, c'est essentiellement le déficit démographique de l'Allemagne qui explique le poids de sa dette implicite. Pour exemple dans son étude intitulée Poids de la dette et démographie, le chercheur se base sur un taux de fécondité projeté à 1,5 en 2060 pour l'Allemagne et 1,9 pour la France. En 2060, l'Allemagne compterait ainsi 67 habitants de plus de 65 ans pour 100 habitants âgés de 20 à 65 ans. La France parviendrait à limiter la casse, avec un peu plus de 50 personnes âgées de plus de 65 ans.  « Avec une population croissante, la puissance économique des états va augmenter, leur PIB également, et par lâ même leur base d'imposition. Un élément impossible à prendre en compte pour l'Allemagne » écrivent les auteurs de l'étude.   

« Ces 7 000 milliards d'euros sont un chèque sans provision que nous avons signé et que nos enfants et petits enfant devront payer » selon les auteurs de l’article. Et le journal d’accompagner ce terrifiant constat d’un article sur les moyens « d’échapper au piège de la dette ». Flexibilité, augmentation des impôts, taxes à la consommation, économies dans les dépenses sociales, coupes claires dans certains budgets de l’Etat. Rien que de très classique.

Encore un effort et avant d’aller à Athènes, la fameuse troïka des inspecteurs de l’UE, du FMI et de la BCE dont la seule annonce de leur arrivée sur le tarmac suffit à déclencher des manifestations fera un détour par Berlin…
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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 14:06
Libération - Aujourd'hui à 0h00

Par VINCENT GIRET

«Il y a crise quand l’ancien monde ne veut pas mourir et que le nouveau monde ne peut pas naître.» Cette définition du théoricien italien Antonio Gramsci s’applique à la lettre au moment de tension extrême que subissent la planète financière en général et le monde de la banque en particulier. De l’ancien monde, tout semble encore en place, ou presque. Près de deux décennies après le scandale du Crédit lyonnais, le drame de Dexia en témoigne jusqu’à la caricature : prise de risques inconsidérés, spéculation à coups de «produits» toxiques, tergiversation irresponsable des Etats, «stress tests» bidons et sauvetage public sans contreparties… Comme si chacun se refusait à tirer la moindre leçon de la catastrophe. Aucune mesure sérieuse d’encadrement et de contrôle des instruments financiers n’a été prise, ni en Europe ni aux Etats-Unis, depuis le sévère avertissement de 2008. Au moment où s’esquisse un nouveau plan de sauvetage des banques, cette fois à l’échelle européenne, il faut rappeler à tous qu’une banque est d’abord et avant tout un bien public. Les Etats ne sauraient mobiliser à nouveau des milliards d’euros sans exiger des règles nouvelles et, notamment, une place au conseil d’administration des établissements aidés. Nicolas Sarkozy s’y était refusé en 2008. Les peuples européens ne comprendraient pas aujourd’hui que nul ne soit en charge du rappel permanent et exigeant de l’intérêt général. La politique y joue son crédit. Le monde nouveau ne naîtra pas sans un électrochoc.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 13:03

Rue89 - Par Robin Carcan | Journaliste | 05/10/2011 | 17H37

 

Miroir social

 

Fichiers confidentiels en accès libre, serveurs plantés plusieurs jours… A deux semaines des élections professionnelles dans l'Education nationale, qui vont amener plus d'un million de personnes à choisir par Internet leurs représentants, de nombreux bugs perturbent leur organisation. Le ministère minimise les problèmes, et le prestataire informatique, Atos, se mure dans le silence.

Entre le 3 et le 12 septembre, une organisation syndicale qui préfère garder l'anonymat a pu consulter en toute tranquillité listes électorales et professions de foi de tous ses homologues en lice pour les élections professionnelles du 20 octobre dans l'Education nationale. Officiellement, chaque organisation n'avait accès qu'à son espace sur une application baptisée « Candelec », au moyen d'un identifiant et d'un mot de passe. A moins… de remplacer le nom d'un syndicat par un autre dans les adresses internet et de faire ainsi apparaître la liste concurrente. Une manipulation de niveau geek débutant.

Un accès protégé… en théorie

Le syndicat à l'origine de cette découverte se dit « effaré d'un si faible niveau de protection des données pour une élection au sein de la fonction publique d'Etat ». Près de 3,2 millions d'agents sont concernés par ce scrutin de liste à un seul tour du 20 octobre, qui va leur permettre de choisir leurs représentants dans les instances de dialogue social (comités techniques et commissions administratives paritaires). Seule l'Education nationale, sur décision du ministre Luc Chatel en 2010, a hérité d'une procédure unique de vote électronique.

Contactée par Miroir social, la directrice générale des ressources humaines du ministère, Josette Théophile, ne veut pas croire à un tel bug. Et elle nous a mis au défi :

« Si une quelconque organisation a pu pénétrer dans l'application, qu'elle nous en apporte la preuve ! »

Et bien, nous le relevons : elle tient dans un procès-verbal de constatation, que nous avons consulté, effectué par un huissier à la demande du syndicat. Vingt-neuf pages qui décrivent par le menu une liste d'adresses auxquelles ont eu accès sans difficulté le syndicat à l'origine de cette information. (Cliquer pour agrandir le PV de constation)

Cliquer pour agrandir le PV de constation.

Est-ce grave ? Bien que ne pouvant pas être qualifiées de « sensibles », les données auraient dû rester confidentielles au moment où le syndicat en a pris connaissance. Il pouvait – en théorie – faire encore pression par exemple sur tel ou tel candidat.

Des serveurs bloqués pendant trois jours

Ce bug à lui seul n'aurait sans doute pas généré autant de ramdam. Mais les 24 et 25 septembre, le service en charge des élections à la DGRH a dû battre le rappel de ses troupes pour une petite astreinte de crise en plein week-end. Direction le « bunker », surnom donné par les délégués syndicaux aux locaux hébergeant l'infrastructure technique à Vendôme (Loir-et-Cher). Et selon nos informations, 26 salariés du prestataire ont aussi été appelés en renfort. Les serveurs qui devaient permettre à chaque électeur (professeur, agent du ministère, personnel académique…) de vérifier en ligne avant le 28 septembre son inscription sur les listes électorales, récupérer un mot de passe, etc. étaient restés bloqués trois jours de suite pour cause d'affluence.

L'intégrateur du système de vote électronique et de ses applications n'est pourtant pas un acteur de second rang : il s'agit de la SSII Atos (appelé Atos Origin jusqu'en juillet). Ce spécialiste de l'intégration technologique et de l'infogérance, présidé depuis 2008 par Thierry Breton, qui peut se targuer d'être leader en Europe sur son secteur, aurait-il vu un peu juste ?

Malgré nos demandes répétées, Atos a refusé de nous mettre en contact avec un interlocuteur pour évoquer la faille de sécurité constatée début septembre. Porte fermée aussi pour obtenir des informations sur son expertise en matière de vote électronique.

La seule référence véritable est une prestation, effectuée en 2009 pour le vote à distance pour l'élection de l'Assemblée des français de l'étranger. Questionnés sur le CV d'Atos en la matière, plusieurs syndicats internes nous ont livré peu ou prou la même version :

« Nous avons entendu parler de cette solution technique, mais sans savoir exactement quelle est la filiale concernée ! » […]

Un marché cher payé

Nos interrogations se sont prolongées avec l'examen du marché public décroché par Atos, d'un montant de 4,5 millions d'euros […]. Cela reste cher payé pour une élection professionnelle, fut-elle au service d'un million d'électeurs, comme nous l'ont expliqué plusieurs prestataires spécialisés. « Ce n'est pas le nombre de votants qui fait le montant de la facture mais bien la qualité et la fiabilité de l'infrastructure de vote », précise Erwan Léauté, directeur commercial de RDI-Univote. Or, à un coût moyen de 5 euros par électeur, nous sommes ici bien au dessus des tarifs pratiqués en matière d'élection professionnelle par voie électronique. La sécurité a sûrement un prix… à condition qu'elle fasse ses preuves.

La sécurité dans ce dossier a décidément le dos large. A ce jour, les électeurs sont en possession d'une notice de vote, avec identifiant à gratter pour récupérer le mot de passe. Mais tous ceux qui auront perdu leur identifiant après le 12 octobre ne pourront pas, hélas, le récupérer. Josette Théophile, la DGRH du ministère, nous a expliqué que cette option a été décidée justement pour accentuer la sécurité.

Sauf que les prestataires de e-vote savent par expérience que quantité d'électeurs perdent leur identifiant dans la dernière semaine. D'où en général la mise en place d'une procédure de récupération des identifiants jusqu'au tout dernier jour du vote. Sur un million , les « écartés » du scrutin pourraient être nombreux, sachant que beaucoup de non-titulaires – environ 85 000 personnes – ont composé ces dernières semaines avec un calendrier très serré d'inscription sur les listes électorales, leurs contrats étant en effet signés (ou renouvelés) courant septembre.

En partenariat avec Miroir social

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