Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 18:36

 

 

Rue89  -   « Pas très catholique » 16/11/2012 à 17h46

  Emilie Brouze | Journaliste Rue89


« Pour les nonnes et les bons pères, charité bien ordonnée commence toujours par eux-mêmes » : mercredi, Le Canard enchaîné a dressé la liste des couvents, abbayes ou monastères parisiens vides ou sous-occupés. Une sorte de « pèlerinage pas très catholique », résume l’hebdomadaire satirique.

Alors que des milliers de personnes sont à la rue dans la capitale, la ville est remplie de logements vides – Cécile Duflot, ministre du Logement, avait d’ailleurs promis de renforcer les réquisitions avant d’adoucir sa proposition.

On compte parmi ces espaces vacants les ensembles immobiliers des communités religieuses, dont certains jouissent de plusieurs hectares dans les arrondissements les plus chics . L’hebdomadaire a pu constater que les logements de l’Eglise sont le plus souvent au trois quarts vides :

« Plus charitables, certains ordres ont transformé une partie de leurs murs en hôpital, en maison de retraite ou en foyer pour étudiants de bonne famille. De rares communautés ont même fait le choix de vivre à l’étroit dans des quartiers populaires. D’autres ont cédé au démon de la cupidité et ont préféré vendre une partie de leurs terrains pour construire des résidences de luxe. »

Partager cet article
Repost0
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 20:43

 

Nouvel Observateur - Créé le 15-11-2012 à 16h25 - Mis à jour à 16h32

Une cinquantaine de mal-logés ont occupé pendant quelques heures jeudi l'hôtel particulier accueillant à Paris le siège du Centre d'analyse stratégique (CAS), un institut d'expertise au service du Premier ministre, a constaté un journaliste de l'AFP. (c) Afp

Une cinquantaine de mal-logés ont occupé pendant quelques heures jeudi l'hôtel particulier accueillant à Paris le siège du Centre d'analyse stratégique (CAS), un institut d'expertise au service du Premier ministre, a constaté un journaliste de l'AFP. (c) Afp

PARIS (AFP) - Une cinquantaine de mal-logés ont occupé pendant quelques heures jeudi l'hôtel particulier accueillant à Paris le siège du Centre d'analyse stratégique (CAS), un institut d'expertise au service du Premier ministre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ces sans-abri, dont de nombreuses femmes accompagnées d'enfants, étaient installés depuis jeudi matin dans le hall d'entrée du bâtiment, situé dans le VIIe arrondissement, à l'appel du Collectif des mal-logés en colère.

Ils en ont été délogés vers 14H00 par les forces de l'ordre, sans avoir eu accès à un interlocuteur, a précisé un porte-parole du collectif.

Lors de l'évacuation, une femme de 62 ans sans domicile, qui réclame un logement social depuis un an, a perdu connaissance et a été transportée aux urgences de l'hôpital Cochin, ont indiqué des membres du collectif. Son état de santé n'a pas été précisé.

"Les déclarations se suivent et se ressemblent. François Hollande et Cécile Duflot ne cessent de proclamer que le mal-logement est une priorité, que des mesures vont être prises (...) mais la réalité ne change pas d'un pouce: l'aggravation de la condition des mal-logés ne fait que s'intensifier", souligne le collectif dans un communiqué.

"Le Samu Social ne peut toujours pas répondre aux demandes d'hébergement: concernant les familles, un système de rotation inhumain a été mis en place. Une famille est accueillie pour une semaine, puis on lui explique que la prise en charge va s'interrompre quelques jours, avant de reprendre et de s'interrompre de nouveau. Des enfants sont déscolarisés, des personnes perdent leur emploi", ajoute le collectif.

Selon le responsable de la communication du CAS, le collectif des mal-logés en colère avait déjà investi les lieux il y a quelques mois.

 

 

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 23:03

Depuis le printemps, Mme B. est aux abonnés absents. Ses factures de gaz et d’électricité sont en souffrance au fond de sa boîte à lettres. Ce mercredi matin d’octobre, Laetitia Delalande, agent de médiation au sein de l’association Gleam, tente une nouvelle fois de la joindre au téléphone. En vain. M.L., lui, a un impayé de 88 euros. En fin de droits, ce chômeur est suivi par une assistante sociale. Lui décroche son combiné. "Ça y est, c’est réglé, s’empresse-t-il de répondre à la jeune médiatrice. J’ai envoyé un mandat."


Dans le bureau de Laetitia Delalande, agent de médiation au sein de l'association Gleam, à Laval. (Photo : Stéphane Lagoutte/MYOP, pour Le Monde)

 

Trois demi-journées par semaine, la jeune femme ou l’un de ses collègues tient la "permanence solidarité énergie" mise en place par le Gleam, une structure créée par des entreprises et des institutions en charge de services publics (transports en commun, énergie, habitat social…).

Dans un petit bureau, situé dans le centre communal d’action sociale (CCAS) de Laval, la jeune femme reçoit les clients des fournisseurs d’énergie en difficulté. Dans ses quelques mètres carrés, elle essaie de résoudre petits et grands problèmes, de la simple aide à l’ouverture d’un contrat à la négociation d’échéanciers pour payer une facture d’énergie et éviter la coupure.

 

Au siège de l'association. (Photo : Stéphane Lagoutte/MYOP pour Le Monde)

 

Depuis ses débuts en 2009, les questions liées aux factures sont à l’origine de la plupart des visites ou des appels téléphoniques. Viennent ensuite les problèmes de contrat et, loin derrière, ceux liés à la consommation (réclamation, relevé de compteur, raccordement, etc.). Avec la crise, les difficultés se sont accentuées mais surtout le public a changé. "A notre lancement, nous avions plutôt des bénéficiaires des minima sociaux. Depuis un an, nous avons vu arriver des salariés, au smic ou à temps partiel, qui ne peuvent plus faire face à une grosse facture", explique Nicolas Lefoulon, le jeune directeur du Gleam.

Le relevé de "régularisation annuelle" d’EDF, GDF ou d’un autre opérateur, qui intervient après dix ou onze mois de prélèvement automatique, suffit désormais à faire plonger les petits budgets. "Si l’estimation de la consommation a été sous-évaluée, les personnes se retrouvent avec un supplément qu’elles n’avaient pas prévu et qu’elles ne peuvent pas payer", poursuit le responsable associatif.

Patrick Guillois, 45 ans, fait partie de ces usagers du Gleam. Par quatre fois, il s’est fait aider par l’association pour obtenir un étalement de ses impayés. Titulaire d’une pension d’invalidité, ce fan de Johnny Hallyday a pu ainsi sortir du rouge. Depuis, comme il l’explique, à chaque facture, il a le "réflexe Gleam". "Soit je peux la payer tout de suite, soit je vais voir l’association. Eux arrivent à discuter avec EDF et à négocier un délai ou un échelonnement. Si j’appelle directement, ça ne marche pas."


Titulaire d'une pension d'invalidité, Patrick Guillois s'est fait aider quatre fois par l'association pour étaler ses impayés. (Photo : Stéphane Lagoutte/MYOP pour Le Monde)

 

Entre deux rendez-vous, Laetitia Delalande fait aussi ce que l’on appelle ici de la "médiation sortante" pour EDF, un des partenaires de l’association. Chaque semaine, le fournisseur d’énergie lui transmet une liste de clients en retard de paiement. "Nous arrivons à contacter 70% environ des personnes, explique la jeune femme. Pour 30% d’entre elles, notre appel intervient alors qu’elles sont en cours de règlement. Pour ceux qui n’ont pas encore trouvé de solution, nous essayons de les accompagner soit en négociant avec les fournisseurs d’énergie des échéanciers, soit en planifiant des facilités de paiement, soit en les orientant vers des travailleurs sociaux…"

En 2011, l’association a ainsi réussi à établir 1500 contacts avec des clients en difficulté et estime que plus de 1000 coupures d’électricité ont pu être évitées.

 

Nicolas Lefoulon, directeur de Gleam, voit depuis un an des salariés au smic ou à temps partiel frapper à la porte de son association (Photo : Stéphane Lagoutte/MYOP pour Le Monde)

 

En amont de tout problème, la permanence est là aussi pour donner des conseils et faire de la prévention. "Certains usagers pensent encore que c’est au bailleur d’ouvrir le contrat", constate Laetitia Delalande, "ou encore que les coupures n’interviennent pas en hiver". Beaucoup ignorent aussi l’existence de tarifs sociaux, destinés aux ménages fragiles. Comme cette dame venue ce matin-là pour l’ouverture d’un contrat. Seule avec deux enfants, cette élégante mère de famille, titulaire de la CMU (couverture maladie universelle), est donc éligible pour le tarif de solidarité. Mais sa principale préoccupation semble d’être mensualisée. "Je préfère payer tous les mois ma facture, comme ça, on s’organise mieux", explique-t-elle.

Chaque année, plus de 500 personnes passent par la permanence de Laval. Dans le département, le Gleam assure deux autres points d’accueil à Mayenne et Château-Gontier. L’association a par ailleurs développé depuis mi-septembre un réseau de permanences numériques dans sept communes excentrées du département. Via des bornes implantées dans des lieux de services publics, les usagers peuvent entrer en contact, par visioconférence, avec un conseiller du Gleam. L’association espère ainsi aider des populations vivant en milieu rural et qui sombrent souvent en silence dans la précarité énergétique.

_____________________________________

A lire également : Loyers, énergie : l'inquiétante hausse des impayés

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 22:47

 

Le Monde.fr | 14.11.2012 à 17h21

 

 
Les locaux de Facebook ont été perquisitionnés par le fisc français, selon le magazine "L'Expansion".

Les géants américains du numérique sont bien dans le collimateur du fisc français. Mercredi 14 novembre, L'Expansion révèle ainsi que la Direction nationale des enquêtes fiscales et des douanes a perquisitionné le siège parisien de Facebook pendant l'été. Des documents ont été saisis, dans le but de déterminer le montant d'impôts et de TVA dont ne se serait pas acquittée l'entreprise, qui facture ses clients français en Irlande.

"En France, comme dans chacun des pays dans lesquels la société est implantée, [Facebook] respecte ses obligations fiscales et travaille avec les autorités compétentes afin de s'assurer que l'entreprise est en conformité avec la loi ", a répondu une porte-parole interrogée par L'Expansion.

 

 AMAZON, GOOGLE ET MICROSOFT CIBLÉS

Depuis cet été, le fisc multiplie les actions à l'encontre des sociétés américaines qui paient leurs impôts dans un pays à la fiscalité plus clémente. Lundi 12 octobre, Amazon a déclaré que le fisc lui réclame 252 millions de dollars (198 millions d'euros) d'arriérés d'impôts, déclarant son chiffre d'affaires au Luxembourg. Pour sa part, Microsoft avait été perquisitionné fin juin par le fisc, pour la facturation des clients français par une autre filiale européenne.

Autre cible, Google risquerait un redressement fiscal de plus d'un milliard d'euros, même s'il affirme qu'il ne lui a pas été notifié. Le chiffre d'affaires 2011 de l'entreprise en France est estimé entre 1,25 et 1,4 milliard d'euros, alors qu'elle n'a versé que 5 millions d'euros d'impôt sur les entreprises. Google facturerait ainsi ses revenus français en Irlande. Le groupe a été débouté de sa demande d'annulation des saisies de documents lors d'une perquisition de son siège français. Egalement attaquée par la presse et sur des questions de vie privée, l'entreprise espère trouver un accord avec le gouvernement d'ici la fin de l'année.

Mercredi, la porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem, a indiqué que la France réfléchit à la base taxable des activités numériques, rapporte l'AFP. "Les activités, que ce soit d'Amazon, de Google ou d'autres entreprises, entrent difficilement dans les notions habituelles d'impôts sur les sociétés que nous connaissons ici ou dans d'autres pays voisins et qui impliquent de déterminer le territoire sur lequel la valeur ajoutée est produite", a expliqué la porte-parole. Cette idée se rapproche de la "taxe Google" du sénateur UMP Philippe Marini, qui souhaite mieux taxer les entreprises étrangères en France.

La France n'est pas le seul pays à soupçonner ces entreprises de fraude fiscale. Ce lundi, l'entreprise a dû expliquer ses méthodes d'optimisation fiscale, avec Amazon et Starbuck, devant le Parlement britannique.

Inde : 10 millions d'euros d'amende pour Google

 

Selon The Economic Times, Google a été condamné en Inde à verser 760 millions de roupies (10,8 millions d'euros) à l'Etat indien. L'entreprise est accusée de facturer les clients indiens de la régie publicitaire Adwords via sa branche irlandaise. Google nie cette accusation.

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 22:37

 

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 14.11.2012 à 12h21 • Mis à jour le 14.11.2012 à 17h37


 
Manifestation de fonctionnaires en Grèce, le 13 novembre.

Si un effacement de dette grecque détenue par la zone euro serait trop dangereux pour la stabilité en Europe, une réduction des taux d'intérêt payés par le pays asphyxié pourrait lui apporter un bol d'air, a estimé mercredi 14 novembre à Athènes le directeur général de l'Institut de la finance internationale (IIF), Charles Dallara.

"Je crois qu'un effacement de dette par le secteur officiel, sur le mode de ce que les créanciers privés ont fait, ça mettrait le feu aux poudres en Europe. Ce n'est pas le moment", a déclaré devant des banquiers grecs le chef de l'organisme, basé à Washington, représentant les principales banques de la planète. Alors que le FMI pousse pour que les Européens s'engagent à effacer une partie de la dette grecque qu'ils détiennent, M. Dallara a dressé un vibrant plaidoyer à l'adresse des prêteurs institutionnels du pays pour qu'ils cherchent des solutions "non conformistes" afin de sauver la Grèce, et ainsi assurer la stabilité du système financier mondial.

Il a notamment appelé l'Union européenne et le FMI à desserrer l'étau budgétaire sur le pays, dont le PIB aura chuté fin décembre de près de 20 % depuis le début de la crise. "Ce que le secteur officiel devrait faire en priorité, c'est réduire les taux d'intérêt" que la Grèce doit payer, aussi bien sur les anciens prêts que sur d'éventuels prochains prêts, a préconisé M. Dallara.

 

"LA DETTE N'EST PLUS AU COEUR DU PROBLÈME"

"C'est à la zone euro et au Fonds monétaire international de trouver le bon mélange" entre baisse des taux d'intérêt et extension des maturités, a-t-il ajouté en évoquant par ailleurs la possibilité d'octroyer des prêts à taux zéro, comme le FMI le fait déjà pour certains pays en difficulté. Cette proposition avait déjà été évoquée la veille par le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble.

 M. Dallara a négocié l'hiver dernier avec le gouvernement grec, au nom des banques privées, un effacement volontaire d'une partie de la dette souveraine (107 milliards d'euros) qu'elles détenaient.  Selon lui, "la dette n'est plus au coeur du problème" grec. "C'est sur la croissance que l'accent devrait être mis", a-t-il poursuivi, en estimant que le pays avait surtout besoin d'un "assouplissement du rythme" de son adaptation budgétaire pour lui permettre une bouffée d'oxygène et la relance de son économie.

 

Lire en édition Abonnés : Grèce : vers une nouvelle restructuration de la dette ?


M. Dallara a nettement mis la pression sur le FMI pour qu'il fasse un effort supplémentaire. "Le FMI ne devrait pas se contenter de réduire les taux mais il devrait aussi trouver les moyens d'accroître sa propre participation financière", a-t-il dit. Il a aussi appelé la Banque européenne d'investissement à faire preuve de créativité pour aider la Grèce à relancer son économie.

M. Dallara a estimé "qu'il était temps de reconnaître que l'austérité seule condamne non seulement la Grèce mais l'intégralité de l'Europe à la probabilité d'une ère douloureuse avec une croissance faible ou nulle" 

L'IIFI a joué un rôle pivot lors des négociations sur la restructuration de la dette publique grecque qui ont abouti en mars à un accord permettant d'effacer une partie des dettes aux créanciers privés. Les banques, les compagnies d'assurance et les autres investisseurs qui détenaient quelque 206 milliards d'euros d'obligations émises par l'Etat hellénique ont consenti une décote de 53,5 % sur la valeur faciale de leurs titres dans le cadre de cet "accord PSI" ("private sector involvment").

 

 RÉCESSION MARQUÉE

Ce changement de discours apparait d'autant plus justifié que l'Autorité des statistiques grecques a publié mercredi 14 novembre des indicateurs alarmants pour le troisième trimestre, faisant état d'une contraction du produit intérieur brut (PIB) 7,2 % sur un an au troisième trimestre 2012. Cette contraction, plus marquée encore que celle de 6,3 % enregistrée sur le trimestre précédent, a été annoncée trois jours après l'adoption par les députés du projet de budget 2013, une nouvelle fois dominé par des mesures d'austérité qui devraient peser sur l'économie l'an prochain.

Le pays traverse sa cinquième année consécutive de récession. Depuis 2009, le produit intérieur brut (PIB) grec a chuté d'environ 20 %, une "Grande Dépression" qui a mis au chômage plus d'un actif sur quatre. Pour les analystes, les derniers indicateurs pourraient préfigurer une dégradation supplémentaire de la conjoncture car les chiffres du troisième trimestre sont censés avoir été soutenus par le pic estival d'activité du secteur touristique.

En déplacement en Malaisie, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a affirmé mercredi souhaiter une "véritable solution" à l'endettement astronomique de la Grèce, et non "une solution au rabais". La directrice s'est simplement félicitée que l'ensemble des partenaires du pays partageaient "les mêmes objectifs et le même souci" de permettre un assainissement des finances grecques.

Soulignant une nouvelle fois sa volonté de voir la Grèce retrouver un niveau d'endettement viable, Mme Lagarde n'est pas revenue sur les divergences de point de vue avec la zone euro au sujet de la date à laquelle la Grèce devrait ramener son taux d'endettement public à 120 % du PIB. L'Eurogroupe envisage de la repousser à 2022, tandis que le FMI préfère conserver la date butoir de 2020.

 


Partager cet article
Repost0
13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 18:17

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 13.11.2012 à 10h13 • Mis à jour le 13.11.2012 à 10h39

 

 

 

Le marché du travail demeure très dégradé : 50 400 emplois seraient encore détruits dans les secteurs marchands non agricoles au premier semestre.

L'emploi salarié dans les secteurs marchands a perdu 50 400 postes au troisième trimestre 2012 (– 0,3 % sur trois mois), dont les deux tiers dans l'intérim, selon des estimations provisoires publiées mardi par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Cette nette dégradation est proche de celle observée au troisième trimestre 2008. Sur un an, 63 800 postes ont disparu en France (– 0,4 %), portant à 16,065 millions le nombre d'emplois dans les secteurs marchands (non agricoles). Après un dernier semestre 2011 très mauvais, l'économie française avait connu une embellie au premier trimestre 2012 (+ 22 800) avant de renouer avec une tendance dégradée au deuxième trimestre (– 22 400).

Comme au trimestre précédent, la saignée concerne tous les secteurs et est tirée par une chute de l'emploi intérimaire, qui diminue encore plus fortement ce trimestre (– 32 800 postes, – 6 %) qu'au deuxième trimestre (– 18 900 postes). En un an, l'intérim, considéré comme un indicateur avancé du marché du travail, a perdu 73 600 postes, soit 12,5 % de ses effectifs, souligne l'Insee. Au total, avec l'intérim, le tertiaire perd 36 700 postes. Même hors intérim, la France a continué à détruire des emplois au troisième trimestre (– 17 600).

 

 ENVOLÉE DES INSCRITS À PÔLE EMPLOI

L'industrie essuie une perte de 9 800 postes, plus qu'au trimestre précédent (– 7 700). L'hémorragie se réduit en revanche un peu dans la construction, qui perd 3 900 emplois (contre 6 800 au 2e trimestre). Dans sa dernière note de conjoncture, l'Insee prévoit une poursuite de la dégradation et anticipe 67 000 destructions d'emplois dans les secteurs marchands non agricoles pour le seul second semestre. Le taux de chômage devrait ainsi atteindre 10,2 % à la fin de 2012 en France métropolitaine, contre 9,7 % constatés au deuxième trimestre.

Les derniers chiffres publiés par Pôle emploi ont montré une envolée du nombre d'inscrits avec, à la fin de septembre, 3,05 millions de demandeurs d'emploi sans activité en métropole, 46 900 de plus qu'en août (+ 1,6 % en un mois, 10 % en un an), et plus de 3,3 millions avec les DOM. Au plus fort de la crise, l'économie avait perdu plus de 165 000 emplois dans les secteurs marchands au cours du seul premier trimestre 2009.

 

 

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 18:01

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 13.11.2012 à 16h22 • Mis à jour le 13.11.2012 à 17h12

 
 

Le gouvernement britannique a promis mardi 13 novembre de sévir s'il était avéré que de grands groupes ont manipulé le marché du gaz. "Nous soutiendrons les régulateurs afin qu'ils prennent toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que la loi soit appliquée dans toute sa force", a déclaré le secrétaire d'Etat à l'énergie Edward Davey devant les députés.

Les preuves rassemblées dans le cadre de ces enquêtes sur de possibles manipulations des prix de la part de grandes compagnies d'énergie en Grande-Bretagne pourront être utilisées dans le cadre de poursuite pénales ou civiles.

"La violation des règles du marché est toujours une mauvaise chose, mais en cette période où les ménages et les entreprises se débattent face à des factures énergétiques élevées, le pays peut attendre de nous que nous prenions des mesures fermes si ces allégations s'avèrent fondées - et c'est ce que nous allons faire", a déclaré M. Davey.

Le responsable gouvernemental a également appelé les témoins d'éventuelles manipulations à apporter des preuves aux enquêteurs, leur promettant la protection de leur anonymat si nécessaire. Le gouvernement britannique se félicite d'avoir par le passé "fourni aux régulateurs les pouvoirs nécessaires pour faire face aux violations des règles des marchés".

 

EXAMEN D'UN ABUS DU MARCHÉ

L'Autorité britannique des marchés financiers (FSA) a annoncé son intention d'enquêter sur de possibles manipulations sur le marché du gaz de la part de grands groupes d'énergie en Grande-Bretagne, après des informations publiées en ce sens par le journal The Guardian. "Nous pouvons confirmer avoir reçu des informations concernant le marché physique du gaz que nous allons analyser", a affirmé la FSA.

The Guardian avait indiqué dans son édition de lundi 12 novembre que l'autorité de régulation britannique enquêtait sur des plaintes de manipulations des prix de la part de certains grandes compagnies d'énergie en Grande-Bretagne. Le journal relève que ce scandale rappelle l'affaire de manipulation de taux interbancaires comme le Libor, qui a éclaboussé le secteur bancaire dans le royaume.

Elle intervient également quinze jours après que Barclays a annoncé être concernée par une autre enquête, concernant son activité de courtage d'énergie dans l'ouest des Etats-Unis, entre fin 2006 et 2008.

"Etant engagés à appliquer la nouvelle réglementation européenne destinée à lutter contre les abus du marché, nous allons examiner attentivement toute preuve portant sur des abus du marché qui sont portés à notre connaissance et nous agirons en conséquence", a indiqué un porte-parole d'Ofgem, qui "a déjà activé ses procédures habituelles pour examiner l'information en sa possession".

 

 REJET EN BLOC DES ACCUSATIONS

Les grandes compagnies d'énergie ont rejeté l'accusation. Un porte-parole de ScottishPower (Iberdrola) a indiqué que le groupe "n'a jamais tenté de fixer les prix de gros sur les marchés du gaz". "Notre division marché a toujours agi avec intégrité et respecté toutes les règlementations dans nos engagements sur les marchés", a-t-il dit.

Un porte-parole de British Gas (Centrica) a pour sa part souligné que sa compagnie s'est toujours pliée aux directives de l'Union européenne et de Grande-Bretagne.

En octobre, le premier ministre britannique David Cameron avait annoncé une prochaine loi pour contraindre les groupes énergétiques à offrir les meilleurs tarifs à leurs clients, alors que les prix du gaz et de l'électricité explosent pour les ménages britanniques.

Les fournisseurs d'énergie sont accusés d'avoir des grilles tarifaires opaques. Des groupes comme British Gas, Scottish Power ou encore Npower (RWE) ont ainsi annoncé récemment des hausses de leurs tarifs, bien au-delà de l'inflation, invoquant la hausse des coûts de l'énergie.

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 17:56

 

                                                                                                                                                                                                                           Y a un truc! On ne peut s’empêcher d’avoir ce réflexe dubitatif, lorsque, bluffé par un tour de passe-passe, abusé par ce que nos yeux n’ont pas pu détecter, on tente de remettre un peu de rationnel dans une réalité qui nous dépasse. Starbucks, Amazon ou Google sont des entreprises admirées pour leur capacité à dégager des bénéfices, mais leur habileté ne s’arrête pas là. Leur «truc» à elles s’appelle l’optimisation fiscale. Gagner le maximum dans un endroit donné, tout en payant le minimum d’impôts. Trop fort!

 

 

Ce petit manège agace de plus en plus les Etats, qui, asphyxiés par la dette, cherchent légitimement à récupérer leur dû. Une commission parlementaire britannique a ainsi réclamé, lundi 12 novembre, à ces trois multinationales américaines de lui révéler le dessous des cartes.

Par exemple, comment fait Starbucks pour continuer à s’évertuer à perdre de l’argent au Royaume-Uni? Treize ans que cela dure, et malgré tout, la chaîne de café s’entête à y investir. «Soit vous gérer mal l’entreprise, soit il y a un truc», s’est énervé un parlementaire britannique. «Nous n’avons gagné de l’argent qu’en 2006», s’est presque excusé le directeur financier de Starbucks, Troy Alstead. En fait, tout l’art de la magie consiste à s’adapter à son public. Car en 2009, la direction assurait la main sur le cœur aux analystes financiers que la filiale britannique gagnait de l’argent. Sans doute un excès de naïveté de leur part. Ou bien avaient-ils oublié de prendre en compte les «faux frais» de Starbucks dans ce pays. Ainsi, 6% du chiffre d’affaires doit être reversé à la filiale néerlandaise au titre de «l’usage de la marque». Sans compter la société interne de courtage, basée en Suisse, qui revend le café à Starbucks au Royaume-Uni en prenant au passage une marge de 20%. Une fois passés au percolateur de l’optimisation fiscale, on comprend que les bénéfices s’évaporent vers des contrées plus accueillantes en matière fiscale.

Chez Amazon, le «truc», c’est le Luxembourg. Les clients britanniques du libraire en ligne n’achètent pas leurs livres au pays de Shakespeare, mais auprès d’une société logée au Grand-duché. Le contribuable anglais n’a plus qu’à tourner la page. Le fisc français, lui, s’y refuse et réclame 252 millions de dollars d’arriérés d’impôts à Amazon. Pour Google, c’est l’Irlande, où le climat fiscal est des plus cléments, tout en disposant d’un siège aux Bermudes. On est jamais trop prudent avec la météo.

«Nous ne faisons rien d’illégal», clament en cœur ces multinationales, dont la liste n'est pas exhaustive. C’est bien le problème. Il ne tient qu’aux Etats de mettre fin à la prestidigitation.

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:51

 

 

LE MONDE | 12.11.2012 à 14h00 • Mis à jour le 12.11.2012 à 17h45 Par Ulrich Beck, sociologue et philosophe allemand

 

 

 
La chancelière allemande, Angela Merkel, le 16 octobre 2012 à Berlin.

Nombreux sont ceux qui voient en la chancelière allemande la reine sans couronne de l'Europe. Quand on pose la question de savoir d'où Angela Merkel tient son pouvoir, on est renvoyé à l'une des caractéristiques qui définissent sa façon de faire : une habileté machiavélique.

Selon Nicolas Machiavel (1467-1529), premier penseur à se pencher sur la nature du pouvoir, le prince ne doit tenir sa parole donnée hier que si elle peut lui apporter des avantages. Si l'on transpose cette maxime à la situation d'aujourd'hui, cela donne : il est possible de faire aujourd'hui le contraire de ce que l'on a annoncé hier, si cela augmente les chances de gagner les prochaines élections. Les affinités politiques entre Merkel et Machiavel - le fameux modèle Merkiavel, comme je l'appelle - reposent en gros sur quatre composantes destinées à se compléter les unes les autres.

1. L'Allemagne est le pays le plus riche et économiquement le plus puissant de l'Union européenne. Dans l'actuel contexte de crise financière, tous les pays endettés dépendent de la bonne volonté des Allemands prêts à se porter garants des crédits nécessaires. Le machiavélisme de la chancelière tient au fait que, dans le conflit virulent qui oppose les architectes de l'Europe et les souverainistes, elle se garde de prendre parti - ou plutôt elle reste ouverte aux deux options.

Elle n'est pas solidaire des Européens (ni en Allemagne ni à l'étranger) qui demandent à cor et à cri des garanties allemandes, pas plus qu'elle ne soutient la fraction des eurosceptiques qui s'opposent à toute aide. Mme Merkel préfère - et c'est là toute l'ironie machiavélique de sa posture - faire dépendre la disposition de l'Allemagne à accorder des crédits de la disposition des pays endettés à accepter les conditions de la politique allemande de stabilité. C'est le premier principe de Machiavel : quand il s'agit d'aider les pays endettés avec l'argent allemand, la position d'Angela Merkel n'est ni un oui franc ni un non catégorique, mais un "mouais" entre les deux.

2. Comment est-il possible de faire passer cette position paradoxale dans la pratique politique ? Chez Machiavel, il conviendrait à cet endroit de faire preuve de vertu, mélange d'énergie politique et de pugnacité. C'est ici que nous touchons du doigt une autre forme d'ironie : le pouvoir de Merkiavel repose en effet sur le désir de ne rien faire, sur son penchant pour le ne-pas-encore-agir, à agir plus tard, à hésiter. Cet art de l'atermoiement sélectif, ce mélange d'indifférence, de refus de l'Europe et d'engagement européen est à l'origine de la position de force de l'Allemagne dans une Europe malmenée par la crise.

Certes, il y a de multiples raisons qui poussent à hésiter - la situation mondiale est si complexe que personne n'est capable de la débrouiller ; on n'a souvent plus le choix qu'entre des alternatives dont on ne peut mesurer les risques. Mais ces raisons justifient en même temps la politique de l'atermoiement comme stratégie de pouvoir. Angela Merkel a mené à un point de perfection la forme de souveraineté involontaire légitimée par le credo de l'austérité.

La nouvelle puissance allemande en Europe ne repose donc pas, comme ce fut le cas par le passé, sur la violence en tant qu'ultima ratio. Elle n'a besoin de recourir à aucune arme pour imposer sa volonté à d'autres Etats. Voilà pourquoi il est absurde de parler de "IVe Reich". La nouvelle puissance fondée sur l'économie est bien plus souple et bien plus mobile : elle est partout présente, sans qu'il soit nécessaire de lancer les troupes.

3. C'est de cette façon que peut être réalisé ce qui apparaissait comme la quadrature du cercle : réunir en une seule et même personne la capacité à être réélue dans son propre pays et à passer en même temps pour une architecte de l'Europe. Mais cela veut dire aussi que toutes les mesures nécessaires au sauvetage de l'euro et de l'Union européenne doivent d'abord réussir leur test d'aptitude à l'intérieur des frontières allemandes - savoir si elles sont propices aux intérêts de l'Allemagne et à la position de force de Merkel.

Plus les Allemands deviennent critiques à l'égard de l'Europe, plus ils se sentent encerclés par des pays peuplés de débiteurs qui n'en veulent qu'au porte-monnaie des Allemands, plus il sera difficile de maintenir ce grand écart. Merkiavel a répondu à ce problème en sortant sa carte "l'Europe allemande", qui est un véritable atout autant à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières de l'Allemagne.

En politique intérieure, la chancelière rassure les Allemands, qui ont peur pour leurs retraites, leur petit pavillon et leur miracle économique, et elle défend avec une rigueur toute protestante la politique du non - bien dosé -, tout en se profilant comme la maîtresse d'école seule capable de donner des leçons à l'Europe. En même temps, elle conçoit, dans les affaires extérieures, sa "responsabilité européenne", en intégrant les pays européens dans une politique du moindre mal. Son offre qui a aussi valeur d'appât se résume en cette formule : mieux vaut que l'euro soit allemand plutôt qu'il n'y ait pas d'euro du tout.

En ce sens, Mme Merkel continue à se révéler une très bonne élève de Machiavel. "Vaut-il mieux être aimé que craint ?" demande celui-ci dans Le Prince. "La réponse est qu'il faudrait l'un et l'autre, mais comme il est difficile d'accorder les deux, il est bien plus sûr d'être craint qu'aimé, si l'on devait se passer de l'un d'eux." La chancelière allemande recourt à ce principe de façon sélective : elle veut être crainte à l'étranger et aimée dans son pays - peut-être justement parce qu'elle a enseigné la crainte aux autres pays. Néolibéralisme brutal à l'extérieur, consensus teinté de social-démocratie à l'intérieur : telle est la formule qui a permis à Merkiavel de consolider sa position de force et celle de l'Europe allemande.

4. Angela Merkel veut prescrire et même imposer à ses partenaires ce qui passe pour être une formule magique en Allemagne au niveau économique et politique. L'impératif allemand est le suivant : Economiser ! Economiser au service de la stabilité. Mais dans la réalité, cette politique d'économie révèle qu'elle est surtout synonyme de coupes claires au niveau des retraites, de la formation, de la recherche, des infrastructures, etc. Nous avons affaire à un néolibéralisme d'une extrême violence, qui va maintenant être intégré dans la Constitution européenne sous la forme d'un pacte budgétaire - sans faire cas de l'opinion publique européenne (trop faible pour résister).

Ces quatre composantes du merkiavellisme - la liaison opérée entre souverainisme et leadership de la construction européenne, l'art de l'atermoiement comme stratégie de mise au pas, le primat donné aux échéances électorales et enfin la culture allemande de stabilité - se confortent les unes les autres et constituent le noyau dur de l'Europe allemande.

Et on trouve même chez Merkel un parallèle avec ce que Machiavel appelle la necessita, cette situation d'urgence à laquelle le prince doit être capable de réagir : l'Allemagne comme "aimable hégémon", position tant vantée par Thomas Schmid, directeur de la publication du quotidien Die Welt, se voit contrainte de placer ce qui résulte d'un danger au-dessus de ce qui est interdit par les lois. Pour élargir à toute l'Europe, et de façon contraignante, la politique d'austérité de l'Allemagne, les normes démocratiques peuvent, selon Merkiavel, être assouplies ou même contournées.

Certes on assiste en ce moment à l'émergence d'un front d'opposition constitué par tous ceux qui pensent que l'avancée rapide de l'européanisation met à mal les droits du Parlement allemand et qu'elle est contraire à la Loi fondamentale, l'équivalent de la Constitution. Mais, en habile manoeuvrière, Mme Merkel parvient à instrumentaliser ces bastions de résistance en les intégrant dans sa politique de domestication par atermoiement. Une fois de plus, elle gagne sur les deux tableaux : davantage de pouvoir en Europe et davantage de popularité à l'intérieur, tout en recueillant la faveur des électeurs allemands.

Il se pourrait néanmoins que la méthode Merkiavel touche peu à peu à ses limites, car il faut bien reconnaître que la politique d'austérité allemande n'a pour l'instant enregistré aucun succès. Au contraire : la crise de l'endettement menace maintenant aussi l'Espagne, l'Italie et peut-être même bientôt la France. Les pauvres deviennent encore plus pauvres, les classes moyennes sont menacées de déclassement et l'on ne voit toujours pas le bout du tunnel.

Dans ce cas, ce pouvoir pourrait bien conduire à l'émergence d'un contre-pouvoir, d'autant plus qu'Angela Merkel a perdu l'un de ses plus solides alliés en la personne de Nicolas Sarkozy. Depuis que François Hollande est arrivé au pouvoir, les équilibres ont changé. Les représentants des pays endettés pourraient se regrouper avec les promoteurs de l'Europe à Bruxelles et à Francfort pour mettre sur pied une alternative à la politique d'austérité de la chancelière allemande, souvent très populiste, surtout axée sur les seuls intérêts allemands et motivée par la peur de l'inflation, et repenser ainsi la fonction de la Banque centrale européenne pour qu'elle se cale davantage sur la politique de croissance de la Banque centrale américaine.

Un autre scénario est aussi possible : on pourrait assister à un duel entre Angela Merkiavel, l'européenne hésitante, et Peer Steinbrück, candidat du SPD contre Mme Merkel en 2013, passionné d'échecs, qui s'est découvert une vocation de Willy Brandt sur le plan européen. Si la formule gagnante de ce dernier était "le changement par le rapprochement" [entre l'Est et l'Ouest], la formule de M. Steinbrück pourrait être : plus de liberté, plus de sécurité sociale et plus de démocratie - par le biais de l'Europe. On pourrait alors assister à une surenchère de deux proeuropéens. Soit Peer Steinbrück parvient à mettre Merkiavel mat au niveau européen ; soit Merkiavel l'emporte parce qu'elle aura découvert l'importance stratégique de l'idée européenne et se sera convertie en fondatrice des Etats-Unis d'Europe.

D'une façon ou d'une autre, l'Allemagne est confrontée à la grande question de l'Europe : être ou ne pas être. Elle est devenue trop puissante pour pouvoir se payer le luxe de ne pas prendre de décision.

Traduit de l'allemand par Pierre Deshusses

Ulrich Beck, sociologue et philosophe allemand

Ulrich Beck est l'auteur notamment de "La Société du risque" (Aubier, 2001) et, avec Edgar Grande, de "Pour un empire européen" (Flammarion, 2007). Il enseigne à la London School of Economics et à Harvard. Dernier ouvrage : "L'Europe allemande" (non traduit, éd. Suhrkamp).

Nucléaire, eurobonds : l'art des volte-face

 

 

Angela Merkel s'est longtemps battue pour que soit prolongée la durée de vie des centrales nucléaires, tout en considérant avec désinvolture leur possible abandon par le reste de l'Europe. Après la catastrophe de Fukushima, on a assisté à une volte-face et elle a prôné l'abandon du nucléaire et l'ancrage dans l'Europe. Depuis, elle se révèle être une virtuose du "sauvetage de dernière minute".

 

A propos des eurobonds, forme de mutualisation de la dette publique européenne, son credo d'hier était : pas question, "tant que je vivrai". Aujourd'hui, elle laisse le soin au ministre des finances, Wolfgang Schäuble, de trouver un détour-retour et accepte que la Banque centrale européenne accorde des crédits aux banques et aux Etats en faillite, qui, si ça tourne mal, devront être remboursés en fin de compte par le contribuable allemand. Tergiverser pour mieux domestiquer - telle est la tactique de Merkiavel.

 

La contrainte ne prend plus la forme d'une intrusion agressive d'argent allemand, au contraire : il s'agit désormais de menace de repli, de report et de refus de crédits. Si l'Allemagne refuse de donner son aval, c'est la ruine sans appel pour tous les pays endettés. Il n'y a donc qu'une chose qui soit pire que d'être victime de l'afflux massif d'argent allemand, c'est de ne pas en être victime.

 

En même temps, il faut bien se rendre compte que, si l'Allemagne s'est hissée au niveau de puissance dominante dans "l'Europe allemande", ce n'est pas le résultat d'un plan de grande ampleur issu d'une tactique préméditée et d'une débauche de ruses. Tout s'est passé de façon involontaire et sans calcul ; ce fut d'abord le résultat de la crise financière et de l'anticipation de cette catastrophe. Mais au fil du temps (et c'est une chose que l'on peut supposer en voyant le déroulé des événements), on a assisté à une organisation plus planifiée et plus consciente des choses. La chancelière a bien vu que la crise était pour elle la grande occasion, "la faveur du moment". Dans un mélange de fortuna [hasard] et de vertu, elle a réussi à mettre à profit cette occasion historique pour en tirer parti, tant au niveau intérieur qu'extérieur.

 

 

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 16:52

 

Par Okeanos
12 novembre 2012 - 11:44
(dernière modification le 12/11/2012 - 12:32)

 

La Grèce n’est pas seule…

Imaginons un pays.

 

Une crise financière sans précédent provenant de Wall Street va déstabiliser son économie. En moins d’un an, le pays plonge en récession et la baisse de la production combinée à l’augmentation du chômage de 9 à 14% de la population active vont gravement détériorer les finances de l’état. Ces finances étaient déjà fragiles à cause d’une dette importante contractée de manière plutôt contestable. Mais la nouvelle montée en flèche de l’endettement due à la crise économique inquiète les autorités qui procèdent à un changement de gouvernement et mettent au pouvoir un conservateur issu de la bourgeoisie, économiste formé à la London School of Economics.

Le gouvernement formé par ce dernier a alors un objectif prioritaire : faire baisser la dette du pays et relancer l’économie. La solution leur semble très simple : l’état va devoir économiser en coupant dans les dépenses et en augmentant les impôts. La souffrance engendrée sur les classes les plus pauvres est vue comme un mal nécessaire pour rétablir des finances « saines ».

Mais la situation politique est très instable, et passer de telles mesures au parlement n’est pas évident. C’est donc par une suite de décrets-loi exceptionnels que quatre plans d’austérité vont être successivement appliqués au pays au cours des deux années suivantes.

La liste des mesures prises est sans fin : baisse de 25% des salaires dans le secteur public, baisses à répétition de toutes les allocations sociales (chômage, famille, assurance maladie), augmentations à répétition de l’impôt sur le revenu, de la TVA, et des taxes sur des produits de consommation comme la cigarette et l’alcool.

Cette cure d’amaigrissement très violente du budget de l’état a des conséquences catastrophiques : l’économie s’écroule et le chômage explose de 14% à 22% en un an alors que la production économique (PIB) chute de 7,7%. La société est en état de choc et les orientations politiques se polarisent vers l’extrême gauche et le parti nazi, ce dernier connaissant subitement un succès fulgurant.

Malgré cette évolution, le gouvernement décide d’intensifier l’austérité, étant convaincu que son échec est dû à l’insuffisances des mesures prises. Un nouveau paquet d’austérité est adopté par décret alors que le chômage est à 22%. Dans une déclaration officielle, le gouvernement annonce « qu’il reste maintenant moins de 100 mètres jusqu’à la cible. »

La suite de l’histoire est connue : un an plus tard, le PIB chute à nouveau de 7,5% et le chômage passe à 28%. La radicalisation politique de la population s’intensifie, menant à l’arrivée au pouvoir en 1933 du parti nazi et d’Adolf Hitler, ce dernier s’étant servi de l’effondrement économique et social du pays comme levier pour sa campagne de propagande.

Car en effet, il n’est pas question ici de la Grèce. Cette description factuelle est celle des dernières années de la république de Weimar entre 1929 et 1933, les années sombres qui ont mené au nazisme et à la deuxième guerre mondiale. Le gouvernement dont il est question ici est celui du chancelier Heinrich Brüning, nommé à cette fonction en 1930 par le président fédéral Paul von Hindenburg. Son entêtement à mener une politique d’austérité extrême a fait imploser l’économie et la société allemande en l’espace de deux ans.

Cette expérience de cure d’austérité et ses conséquences, l’accession du parti nazi au pouvoir menant quelques années plus tard à la deuxième guerre mondiale, ne semble en fin de compte pas avoir été aussi traumatisante que cela. Il faut chercher très profond dans les archives internationales des trois dernières années pour trouver des journalistes ou des personnalités médiatiques faisant référence à ce précédent historique pour aborder la problématique actuelle.

Sous l’effet de l’austérité, le taux de chômage en Grèce est passé de 9,5% en juillet 2009 à 12,5% en juillet 2010, 17,8% en juillet 2011 et 25,1% en juillet 2012.

Simultanément, on sait que  le parti néo-nazi grec « aube dorée » est passé de 0,46% des votes aux élections européennes de 2009 à 5,3% aux élections municipales d’Athènes en 2010, puis 6,92% aux élections législatives de Juin 2012, et que 12% des personnes sondées approuvaient l’attitude du parti en mai 2012, part qui atteint les 22% en Septembre 2012.

L’accumulation de ces faits ne cherche en aucun cas à prédire une accession, peu probable, d’un parti néo-nazi au pouvoir d’un pays subissant l’austérité européenne. Les mêmes causes ne peuvent avoir les mêmes effets dans le domaine si aléatoire des comportements sociaux. Ce qui est démontré par contre, c’est que la situation économique et sociale atteinte à l’automne 2012 en Grèce est du même ordre que celle de l’Allemagne en 1933.

Il est alors sidérant et inquiétant de constater que le niveau de préoccupation atteint par les institutions et les politiciens européens ne dépasse pas une sporadique phrase de compassion, pommade cynique servant à faire passer les nouveaux plans d’austérité et de privatisation.

Fin 2010, on a pu s’inquiéter des risques économiques que pourraient amener l’austérité.

Fin 2011, les conséquences dramatiques de ces mesures laissaient espérer une prise de conscience et un virage politique.

Fin 2012, le potentiel destructeur avéré et abouti de cette politique combiné à un aveuglement proportionnel des grands décideurs européens ne laisse plus beaucoup de place à l’optimisme pour les temps à venir.

Le grand traumatisme fondateur qui régit aujourd’hui la politique économique allemande et européenne est la peur de l’inflation et de l’instabilité monétaire. Pourtant, la grande crise d’hyperinflation a eu lieu en Allemagne en 1922-1923, une décennie avant la grande dépression et la montée du nazisme. Dans la conscience collective des décideurs, il semble que l’annulation par l’inflation de toutes les fortunes personnelles d’Allemagne ait un impact bien plus important que la destruction de l’économie et de la société allemande par les politiques d’austérité en 1930-1933.

Quelle explication trouver au fait qu’une erreur si grossière et dramatique soit reproduite 80 ans plus tard exactement à l’identique par l’élite du même pays? La seule différence, de taille, est que cette erreur est aujourd’hui infligée à un autre peuple et non au sien…

On pourra remarquer que le mot « Schuld » en allemand signifie aussi bien « dette » que « faute » ou « culpabilité ». Pour les élites conservatrices germanophones, le fait que les pays surendettés aient « fauté » n’est même plus un rapprochement facile : le concept linguistique est tout simplement équivalent. On peut alors se demander si ce n’est pas un excès d’antique morale religieuse qui pousserait la classe dirigeante allemande à assimiler le « mal nécessaire » de l’austérité à une « punition ».

La question de la responsabilité de ce drame restera probablement longtemps ouverte, mais il y a maintenant urgence à éviter le pire.

Etienne Haug – article à lire sur le site des Chroniques d’un hiver européen

L’article dans sa version anglaise : Similarities

Dans le cas ou vous souhaitez partager cet article, vous devez a minima copier également le texte ci-dessous (en conservant le lien) :
source : OkeaNews

Merci de votre compréhension.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22